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 Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]

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GUILDE
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Message#Sujet: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Mer 14 Sep - 16:17

    Melody poussa un large soupir tandis qu’elle tournait une nouvelle page de son ouvrage de soin aux créatures magiques. Elle n’avait vraiment pas le cœur à travailler. Oh, elle l’avait rarement, mais là moins encore. Depuis plusieurs semaines, elle ne faisait plus son travail qu’à moitié, et cela se ressentait dans ses résultats scolaires. Melody, si elle n’était pas studieuse, était quelqu’un d’intelligent, assez pour réussir à obtenir des notes très correctes en faisant le minimum syndical… Sauf que là, on s’écartait de ce minimum syndical, vraiment. Même dans des moments comme celui-ci, où Melody faisait au moins l’effort d’ouvrir un livre, elle ne parvenait à rien. Elle n’avait plus envie de faire quoi que ce soit. Après avoir passé de longues secondes à relire la même phrase sans prendre la peine de la comprendre, elle abandonna, ferma son livre, et le balança par terre, sans le moindre égard, avant de s’allonger de tout son long sur son lit. C’était la fin de l’après-midi, les cours étaient fini, et la plupart des élèves avaient rejoint leur salle commune, attendant patiemment qu’arrive l’heure du dîner. Melody les avait imité… à moitié. Au lieu de s’asseoir sur un des fauteuils de la salle commune, elle s’était directement dirigée vers son dortoir, consciente que personne ne s’y retrouverait, à cette heure ci. C’était devenu dans ses habitudes, depuis quelques temps. Dès qu’elle voyait Lysandre dans la salle commune, elle fuyait dans son dortoir, dès que Lysandre se dirigeait vers son dortoir, Melody décidait de retourner dans la salle commune.

    Oui, elle évitait sa jumelle… et elle était bien consciente que c’était ridicule. À un moment ou à un autre, il fallait bien qu’il y ait confrontation. Melody ne savait tout simplement pas comment s’y prendre… Elle n’évitait pas Lysandre pour les mêmes raisons qui l’avaient fait éviter Linus. Concernant ce dernier, elle avait seulement voulu prendre la distance nécessaire afin de réagir de la manière adéquate. Avec Lysandre, c’était différent. Si elle l’évitait, c’est qu’elle avait peur, tout simplement. Une confrontation mettrait fin à ce qui avait importé le plus dans sa vie depuis le jour où elle était née : sa relation avec sa sœur. Elle avait peur de la perdre et pourtant, elle n’imaginait pas les choses autrement, il fallait qu’elle la perde. Elle avait accumulé tant de haine à son égard… plus rien ne serait jamais pareil, quoi qu’il en soit. Melody fixa un long moment le plafond, réfléchissant une nouvelle fois à la façon dont elle devrait aborder les choses avec sa jumelle. Elle avait envisagé une multitude de scénarios, et tous se finissaient mal, c’était ce qui l’inquiétait, et pourtant c’était inévitable.

    Elle ne su pas trop quel élan soudain la poussa à se redresser d’un coup, mais quoi qu’il en soit, elle se releva soudainement. Cette situation ne pouvait plus durer. Elle allait détester faire ça, mais elle détestait tout autant imaginer la scène sans jamais l’avoir vécu. Ça ne pouvait plus durer. Si elle attendait encore, ça n’aurait plus aucun sens. Melody reposa donc ses pieds au sol, et, après avoir pris une grande inspiration, quitta son dortoir, et se dirigea vers la salle commune. Elle ne mit pas longtemps à repérer Lysandre, il faut dire que leur couleur de cheveu si caractéristique ne leur permettait pas de passer inaperçu. Elle était assise, seule, sans doute en train de faire ses devoirs. Parfait. Melody fit les quelques pas qui la séparaient de sa sœur et alla s’asseoir en face d’elle.


    « Salut! »
    dit-elle du ton le plus naturel possible, comme si cela ne faisait pas près d’un mois qu’elle ignorait son interlocutrice. « J’ai un truc important à te dire » ajouta-t-elle avant que Lysandre ait eu le temps de répondre quoi que ce soit.

    Elle voulait faire ça le plus rapidement possible, comme pour un pansement qu’on retirerait d’un coup sec, il n’était donc pas question de tourner autour du pot, le petit script qu’elle avait choisi de suivre, et qu’elle avait vu, revu et corrigé tant de fois, elle comptait bien le respecter à la lettre.


    « Linus et moi… on est plus ensemble, voilà. »
    à nouveau, elle tentait de ne laisser transparaitre ni haine ni mépris dans sa voix.

    Ce qu’elle voulait, c’était que Lysandre se trahisse, qu’elle lui fournisse d’elle-même une raison de s’en prendre à elle plus directement, leur inéluctable séparation en serait peut-être moins douloureuse… Elle guetta donc la réaction de sa jumelle, sans rien dire de plus. Elle ne savait pas trop à quoi elle s’attendait. Lysandre était quelqu’un de réservé, elle n’allait certainement pas sauter de joie, mais déterminée à avoir des preuves sur lesquelles fonder les accusations sous lesquelles sa sœur croulerait sous peu, elle était bien décidée à ne rien laisser lui échapper, une variation dans la voix, un geste inattendu, va savoir…

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Message#Sujet: Re: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Sam 24 Sep - 18:46

    Le cours de botanique s'était fini, et Lysandre avait suivit la masse, quittant les serres et remontant les étages un à un, suivant le flot bronze et bleu des quatrièmes années. Avec un pincement au cœur, elle avait vu Melody filer comme une fusée dans leur dortoir... En soupirant, elle avait fini par poser son sac de cours près d'une table. Et après être partie laver ses mains terreuses dans les salles d'eau, communes aux serdaigles, elle avait ouvert sans grande motivation le Traité des Créatures Magiques Européennes.

    Melody l'évitait encore... Inlassablement. Et depuis presque un mois. Au début, Lysandre avait essayé de comprendre. De trouver ce qu'elle avait bien pu faire de mal pour arriver à cette situation. Ou l'apparition d'un quelconque bouleversement dans sa vie. Elle avait cherché. N'avait rien trouvé. Et à présent, elle s'était résignée à attendre, ayant toutefois quelques moments où la question, sans réponse, venait jouer avec ses neurones affaiblis.

    Et elle ressassait cette même question à cet instant, son index se baladant négligemment sur les contours d'une créature ressemblant approximativement à un singe. Lorsque la chaise en face d'elle fut tirée, elle leva instinctivement la tête, son regard cherchant à identifier l'étudiant qui s'installait à la même table qu'elle. Et la réponse lui vint instantanément, sans qu'elle ait besoin de chercher. Melody. Surprise sur le coup, elle se ressaisit rapidement et lui adressa un sourire timide. Elle revenait vers elle? Une douce chaleur se répandit dans son cœur alors que sa jumelle prenait place sur le siège.

    - Salut! J’ai un truc important à te dire.

    Entendre de nouveau la voix de Melody s'adresser à elle la réconforta un peu, lui faisant prendre conscience d'à quel point cela lui avait manqué. Leurs conversations, souvent banales et gamines, parfois intelligentes et sérieuses, mais ô combien importantes pour elle.

    - Linus et moi… on est plus ensemble, voilà.

    Sous l'effet de la nouvelle, les yeux de la rouquine s'agrandirent de surprise. Melody et Linus avaient... Rompu? Elle n'arrivait pas à s'y faire. Dans son esprit, Melody était tellement accro au Poufsouffle qu'à ses yeux, le couple qu'il formait était fait pour durer. Et Linus aimait énormément sa jumelle. Alors, comment en étaient-ils arrivés là?... Mais tout cela n'était pas important. Levant un regard anxieux vers sa jumelle, elle chercha rapidement des larmes imminentes ou une quelconque trace de tristesse chez elle. Lâchant sa plume d'oie et l'abandonnant sur la table, elle en fit rapidement le tour pour venir s'asseoir à côté de Melody.

    Une mine inquiète sur le visage, elle passa un bras autour des épaules de sa moitié, l'enlaçant tendrement.

    - Mel', je suis désolée... Après un court silence, elle demanda: Ca va toi?

    Et naïvement, Lysandre pensait tenir le bout de la réponse. Le bout du pourquoi Melody ne lui parlait plus.

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Message#Sujet: Re: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Mar 27 Sep - 18:36

    Mince. La réaction de Lysandre était… une vraie réaction de sœur, compatissante, gentille, généreuse. Melody ne savait pas si elle devait en être heureuse ou agacée. D’accord, ça lui faisait plaisir de constater que, apparemment, Lysandre se souciait très sincèrement de son bien-être, elle semblait presque désolée pour elle, mais d’un autre côté, elle aurait voulu saisir chez sa jumelle un indice quelconque, une trace de satisfaction qui aurait trahi ce qu’elle pensait vraiment. Elle voulait un prétexte définitif, assez grand pour l’aider à tenir sa résolution, celle de couper les ponts avec Lysandre, une résolution qui lui aurait paru totalement absurde il y a un mois de cela. Sa jumelle ne l’aidait pas vraiment, à se montrer si sympathique au moment où elle aurait voulu ressentir chez elle un peu de satisfaction. Pourquoi devaient-ils être si adorables? Que ce soit elle au Linus, elle avait vraiment la sensation qu’on cherchait à tous prix à lui donner le mauvais rôle, alors qu’elle était après tout la victime dans toute cette histoire. Certes, il était injuste de blâmer Lysandre pour être en train d’agir en sœur aimante, mais il était tout aussi injuste de devoir subir le spectacle de la trahison des personnes les plus importantes à vos yeux. Elle en avait assez…

    Raison pour laquelle elle choisit de ne pas se laisser aller à cet élan premier auquel elle était fortement invitée par sa sœur et par la situation actuelle. Elle n’allait pas pleurer. Elle avait versé assez de larmes comme ça, alors qu’ils n’en valaient pas la peine, il était hors de question qu’elle joue les arrosoirs, dans les bras de Lysandre, qui plus est, elle ne voulait pas être triste, elle aimait davantage être en colère, cette douce colère qui rendait sa situation moins douloureuse, l’espoir de vengeance devait avoir des vertus curatives. Chaque fois qu’elle y pensait, elle se sentait un peu mieux. Qu’on ne la prive pas du seul remède dont elle avait besoin!


    « ça va très bien, ne t‘en fais pas, c’est très bien comme ça. Linus est un con, un lâche et un menteur, j’ai perdu mon temps avec lui. »


    Même aujourd’hui, alors qu’elle ne serait sûrement jamais plus en bons termes avec son ancien petit ami, elle ne pensait pas ce qu’elle disait, pas totalement en tous cas. Après tout, s’il était tout ça à la fois, jamais il ne l’aurait intéressé. Mais le fait est, malgré tout, qu’il l’avait trahi, et déçu, tout comme Lysandre, qu’elle avait le sentiment qu’on s’était moqué d’elle, qu’on l’avait manipulé… Elle n’avait pas la moindre intention de vivre avec ce sentiment plus longtemps. Elle réclamait réparation, de préférence contre le grés des principaux concernés (car une fois de plus, c’est plus amusant ainsi).

    Si elle avait prononcé ces mots, d’ailleurs, ce n’était pas tant pour accabler le poufsouffle de reproches en l’absence de ce dernier (même si elle devait tout de même avouer que ce n’était pas désagréable) mais pour obtenir enfin de Lysandre la réaction qu’elle espérait. Elle le défendrait, elle le défendrait forcément. Ils avaient passé tant de temps ensemble tous les trois qu’elle ne la croirait pas, et se dirait que Melody exagérait ses propos (ce qui n’était pas loin d’être le cas, c’est vrai) et puis, puisque Lysandre, de toute évidence, était amoureuse de l’ennemi à abattre, elle ne pourrait sans doute pas s’empêcher de se faire l’avocat du diable qu’il était devenu à ses yeux. C’était ce que Melody voulait. Une fois de plus, elle attendait que Lysandre lui donne d’elle-même l’occasion de l’accabler de reproches, elle attendait qu’elle dise ou fasse quelque chose qui tromperait ses sentiments et ses intentions réelles, dès lors, Melody serait en droit de mettre fin à leur amitié en se sentant moins coupable (si du moins c’était possible). Tout ne dépendait plus que d’elle et de sa réponse. Si jamais elle s’avisait de ne pas la reprendre sur ce qu’elle venait de dire, elle saurait qu’elle mentait, si elle préférait défendre Linus, elle pointerait cette grave erreur du doigt. Dans tous les cas, elle était certaine d’avoir en main les armes suffisantes pour neutraliser le reste de lien qui subsistait entre elle. Restait à savoir si elle aurait le courage d’aller jusqu’au bout, d’appuyer sur la détente.

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Message#Sujet: Re: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Sam 15 Oct - 13:21

    Oui, ça devait être ça. Melody se sentait mal. Mal à cause de sa relation terminée avec Linus. Et c'était pour ça qu'elle l'avait évité, pendant tout ce temps. Pour ça qu'elle ne s'asseyait plus à côté d'elle en classe, pour ça qu'elle ne se mettait plus en binôme avec elle lors des travaux pratiques de botanique et de potions. Pour ça aussi qu'il était devenu impossible pour elle de la croiser dans la tour de Serdaigle, celle-ci la fuyant dès qu'elle entrait dans la pièce où Mel' se trouvait. Pour ça aussi qu'il y avait eu ce silence pesant et quasi permanent entre elles.

    Bizarrement, sa sœur ne bougeait pas... Lysandre s'était plutôt attendue à ce que cette révélation soit suivie, voire ponctuée de pleurs et de larmes. Une manière pour Melody d'évacuer toute la tristesse qu'elle devait ressentir. Mais non. Les joues de Mel restaient sèches. Et pourtant, Lysandre ne doutait pas que sa sœur souffre. Elle avait dû pleurer ces dernières semaines plus que l'année dernière dans sa totalité. Seulement, elle l'avait fait seule, ou dans d'autres bras que les siens... Cette pensée serra le cœur de la rouquine. Elle aurait voulu être là pour sa jumelle aux moments où elle avait besoin de quelqu'un à ses côtés, tout comme Melody était là pour elle lorsqu'elle n'était pas en forme ou avait le moral à zéro...

    - Ça va très bien, ne t‘en fais pas, c’est très bien comme ça. Linus est un con, un lâche et un menteur, j’ai perdu mon temps avec lui.

    Les paroles amères de Melody lui firent un instant froncer les sourcils, affichant sur le visage de la quatrième année une mine à la fois surprise et stupéfaite. Elle ne pouvait pas dire à quoi elle s'attendait, mais ce n'était pas vraiment à ça... Après tout, pour elle, Linus était toujours un ami. Et Lysandre s'avouait sans problème avoir du mal à se faire à la nouvelle. Dans sa mémoire, linus était toujours considéré comme l'ami Poufsouffle sympathique et un peu timide, avec lequel sa sœur sort... Ou plutôt sortait, et qu'elle aime... bien.

    Elle força son cerveau à actualiser la case « Linus » et l'action lui serra le cœur. Elle ne verrait plus aussi souvent le Poufsouffle maintenant, et elle ne savait pas comment elle réagirait si elle se retrouverait en compagnie des deux élèves. Quelle attitude adopter... Même si Melody ne resterait sûrement pas longtemps en compagnie du Poufsouffle à présent. Mais ces considérations étaient bien secondaires...

    - Qu'est-ce qui c'est passé Mel'?

    Lysandre voulait comprendre. Comprendre pourquoi le couple s'était cassé alors qu'une semaine plus tôt, tout allait bien. Comprendre pourquoi sa sœur tenait ses propos. Comprendre ce qui les avait amenés jusqu'ici. Oui, comprendre, simplement.

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Message#Sujet: Re: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Ven 21 Oct - 21:17

    Pas un signe, néant. Rien qui ne vienne trahir les pensées où les émotions de sa jumelle. C’en était presque exaspérant. Comment devait-elle faire, hein? Pour qu’elle puisse tranquillement détester les gens qu’elle avait envie de haïr? Enfin, « envie » n’était peut-être pas le terme approprié, elle aimait trop Lysandre pour vouloir la haïr, mais en l’occurrence, elle s’en faisait une obligation, alors elle aurait bien voulu que la tâche ne lui soit pas compliquée. Après avoir poussé un soupir résigné, elle accepta l’irrémédiable vérité, c’était une nouvelle fois elle qui allait devoir déclencher les hostilités, et ce serait de nouveau elle qui aurait le mauvais rôle. Il allait falloir qu’elle s’y habitue, qu’elle commence à apprécier cela, même, sinon elle n’allait pas pouvoir supporter cette situation bien longtemps, déjà qu’elle ne voyait absolument pas en quoi elle pouvait y trouver quoi que ce soit de confortable. Lysandre lui demandait ce qui s’était passé, quelles étaient les raisons de cette haine nouvelle qu’elle nourrissait à l’égard de son ancien petit ami, eh bien Melody allait le lui dire, pas en détails, bien sûr (elle ne tenait pas à trahir Sebastian), mais elle ne lui épargnerait rien de ce qui lui semblait le plus important.

    « Il m’a avoué qu’il était amoureux de quelqu’un d’autre… »


    Ce n’était pas totalement la vérité, et d’ailleurs, tourner les choses de cette manière pouvait presque laisser penser que Linus n’était pas une si mauvaise personne que cela puisqu’il n’avait pas accepté de vivre plus longtemps en trahissant la confiance qu’elle mettait en lui. La vérité était bien plus stupide et laide, la vérité, c’était que Linus n’était qu’un faux-jeton, qu’il s’était foutu d’elle du début à la fin, et l’aurait sûrement fait encore un bon bout de temps si elle n’était pas intervenue pour lui tirer les vers du nez. Vivre dans le mensonge n’avait pas eu l’air de lui poser le moindre cas de conscience, et elle était certaine qu’il en était de même pour sa sœur.

    « …de toi. » ajouta-t-elle, plantant ses yeux dans ceux de sa jumelle, le regard sévère.

    Là, maintenant, elle serait bien obligée de réagir, elle n’avait plus d’échappatoires. Elle ne pouvait plus seulement se cantonner au rôle de confidente, de sœur aimante et innocente, Melody venait de lui dire qu’elle était directement impliquée dans cette affaire, et elle tenait à ce que Lysandre lui rende des comptes. Ainsi, seulement, elle pourrait tirer un trait sur toutes ces années de vie gâchées, sur tous ces faux semblants, sur cette immonde mascarade dont elle avait été dupe plus de temps qu’il ne devrait être permis. La jeune fille croisa les bras, ne lâchant toujours pas sa sœur des yeux, elle ne voulait pas lui laisser l’occasion de se soustraire à son regard, elle voulait voir poindre la surprise dans ses yeux, elle voulait ressentir ce que Lysandre ressentait, consciente que ça lui ferait peut-être mal. Elle avait le sentiment que pour se guérir de toute cette histoire, il fallait qu’elle l’entende, l’ignoble vérité, de leur bouche à tous les deux, qu’elle passe par cette ultime souffrance pour enfin pouvoir se reconstruire. Elle était jeune, bien sûr que la vie continuait, mais jamais elle n’envisageait qu’elle puisse le faire sans lui… et encore moins sans elle, après tout, elle était sa sœur, sa jumelle, son sang… Ce qui allait arriver une fois cette conversation terminée, Melody le redoutait plus que jamais, mais elle ressentait cet instant précis comme une nécessité, un passage certes désagréable, mais incontournable, par lequel elle devait accepter de passer si elle voulait une fois pour toute passer à autre chose. Oh, ce n’était pas parce que Melody était consciente de cela que les choses étaient pour autant plus faciles, elle appréhendait, la réaction de Lysandre, anticipait le nombre de coups de poignards qu’elle aurait la sensation de s’être fait enfoncer dans le dos… et la seule idée que c’était nécessaire parvenait à la faire supporter l’expérience.


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Message#Sujet: Re: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Dim 20 Nov - 20:34

    L'attente. Concentrée sur sa sœur. Son cerveau fourmillant de questions, d'hypothèses.
    Un coude posé sur le rebord de la table, la tête légèrement penchée en avant pour apercevoir sa jumelle sous un meilleur angle.
    Et un soupir, qui se perd dans le bruit de fond de la salle commune.

    - Il m’a avoué qu’il était amoureux de quelqu’un d’autre…

    Dès que l'information atteint ses neurones, les yeux de Lysandre s'écarquillent. Elle peine à s'y faire, regardant sa sœur avec un air stupéfait et interdit. Pour le coup, elle doit passer pour un attardée mentale, tellement elle est surprise. D'abord, Melody et Linus ne sont plus ensemble. Ça, elle pouvait l'encaisser. Sans doute une dispute, ou une exaspération passagère... Mais qu'il soit tombé amoureux d'une autre fille, ça, c'était déjà plus dur... Après tout, Lysandre s'était imaginé le couple passer les années avec succès, et depuis la présentation officielle de Linus à ses parents l'année dernière, elle avait cessé de croire en une improbable rupture. Remarquant qu'elle avait la bouche entrouverte, elle ferma sa mâchoire en un réflexe mécanique.

    - …de toi.

    C'était les deux mots de trop, qui achevèrent de perturber totalement notre pauvre serdaigle. Son regard qui s'était alors perdu dans le vide revint suivre le cours des choses, fixant les nervures de la table.

    - Quoi?

    Ce simple mot reflétait bien l'étendue d'incertitude de surprise et d'incompréhension dans laquelle se trouvait propulsée Lysandre. Le ton sur lequel il avait était prononcé était tout sauf neutre. Des accents affolés de surprise dissimulaient mal le trouble qu'elle ressentait et son désarroi. Lequel augmenta d'un cran lorsqu'elle posa les yeux sur sa sœur. Bras croisés, elle lu faisait l'effet d'un tribunal convoqué pour la juger. Elle glissa sur le regard que lui lançait sa sœur, sachant qu'elle n'aurait pas la force de le supporter, préférant retourner vers le vague mur du fond de la salle.

    - Je ne savais pas, je...

    Elle n'alla pas plus loin, laissant son murmure se perdre dans le bruit ambiant. Linus l'aimait. Le constat s'imprimait doucement en elle. Doux. Chaleureux. Amer...
    La vie était tellement mal faite... Et pourquoi lui imposait t-elle cette épreuve? Savoir que, peut être, c'aurait été possible entre elle et le jeune poufsouffle? Savoir... a bien y réfléchir, Lysandre savait que cette information, elle aurait payé cher pour ne jamais la posséder. Mais c'était trop tard. Son cœur avait enregistré la nouvelle, distillant dans son être ce qui semblait être un poison. Un poison chargé d'émotion diverses et contradictoires, qui faisait à présent trembler ses mains et avait le don de mettre ses membres inférieurs en coton...

    Elle posa ses mains sur la table de bois, ses doigts crochetant le rebord pour tenter de limiter les tremblements qui les agitaient. Ses yeux s'étaient figés sur eux, immobiles. Et puis, elle pensa à Melody. Melody qui ne devait pas aller bien. Melody qui avait gardé cela pour elle. Melody qui l'avait sans doute éviter à cause de cela. Melody qui souffrait.

    Et alors, Lysandre leva ses yeux vers sa sœur. Cherchant quoi faire. Et comme hier, comme avant-hier, comme d'habitude, elle se laissait porter par sa sœur...

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Message#Sujet: Re: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Mer 23 Nov - 21:32

    « Eh oui, tu ne le savais, il ne le savait pas, je ne le savais pas. C’est con, hein? D’être aussi bête et ignorant, de ne pas voir ce qu’on a juste sous le nez. »

    Elle poussa un léger soupir, rejetant sa tête en arrière, comme pour reprendre un peu son calme. Il ne fallait pas qu’elle s’emporte. Son message aurait beaucoup moins d’impact si elle s’emportait. Mais traiter de ce sujet sans s’énerver, hurler, pleurer, taper contre un mur, était un tour de force. Car au fond, c’était là l’une des choses qui l’agaçait le plus dans toute cette histoire : comment avait-elle fait pour être aussi aveugle? Elle avait passé tout son temps avec Linus et Lysandre, et elle n’avait jamais rien remarqué. On dit que l’amour rend aveugle, c’était cent fois vrai, dans son cas, et maintenant qu’elle avait retrouvé la vue, ses paupières s’ouvraient sur le monde le plus misérable qui soit. Bien sûr, à certains moments, elle avait été jalouse de l’attention que Linus portait à sa sœur, comme durant les dernières vacances, quand il lui avait offert ce jeu d’échec, mais pour une raison qui lui échappait totalement à présent, jamais elle n’avait supposé qu’ils puissent ressentir plus que de l’affection l’un envers l’autre. Merlin ce qu’elle avait pu être bête! Maintenant qu’elle savait, elle voyait partout des indices qu’elle n’avait pas décelé plus tôt. Et dire qu’elle qui se réjouissait que le courant passe si bien entre son petit ami et sa sœur!

    « Mais je vais vous simplifier la tâche, je me retire du jeu. Tu vas pouvoir batifoler avec Linus autant que tu le voudras - et ne me fais pas croire que ce n’est pas ce que tu veux! Parce que oui, je suis parfaitement au courant! Tu caches bien ton jeu, avec tes faux airs de Sainte Nitouche, mais ça ne prend plus. Alors, vraiment, vous pouvez faire ce que vous voulez tous les deux. Je ne veux juste pas être obligée d’assister à ça. »

    Parce que la logique des choses voulait que Linus et Lysandre finissent ensemble maintenant, non? C’était en tous cas comme cela que Melody le voyait, et d’ailleurs, elle les trouverait idiots de ne pas le faire, quand bien même c’était par respect pour elle. Les voir ensemble serait certainement insupportable, pour Melody, mais comme elle comptait bien faire de leur relation futur un cauchemar perpétuel, elle y survivrait. Tout ce qu’il fallait, c’est qu’elle parvienne à enfouir pour de bon ce qui lui restait d’affection pour ces deux là. Concernant Linus, ce n’était déjà pas facile, mais il lui suffisait de se répéter cinquante bonnes fois par jour que c’était un salaud, et ça finissait par rentrer, concernant Lysandre, c’était une autre paire de manche. C’était sa sœur, après tout, sa jumelle, qui plus est. Jusqu’à ces derniers temps, elles n’avaient presque jamais vécu l’une sans l’autre, et ce brusque changement était déjà difficile à vivre, envisager une rupture définitive, ça, c’était encore un degrés au-dessus, et particulièrement douloureux. Mais sûrement moins douloureux que de tenir la chandelle à sa sœur pendant qu’elle échangerait sa salive avec son ex petit ami.

    « Ça me… J’ai juste besoin de tourner la page. Et pour ça, il faut que je coupe les ponts. »

    Plus facile à dire qu’à faire. Quand on appartenait à la même famille, encore plus à une famille aussi unie que la leur, couper les ponts tenait de l’impossible, d’autant plus que Melody n’avait aucune envie de mettre leurs parents au courant de tout ça, elle ne voulait pas qu’ils passent des heures à leur faire la morale. De toute façon, cette histoire ne les concernait que tous les trois.

    « Je ferais semblant de m’entendre avec toi devant les parents, il le faudra bien, et je n’ai pas envie de les mêler à tout ça. Mais il faut que tu saches que chaque fois que je te sourirais devant eux, chaque fois que j’accepterais de parler avec toi sous leurs yeux, ce sera un mensonge. » Elle marqua une pause. Cette sentence était la plus difficile qu’elle ait jamais eu à prononcer, mais elle parvint tout de même à dire ces mots du ton froid de circonstance.  « Tu es morte à mes yeux. »

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Message#Sujet: Re: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Dim 18 Déc - 19:06

    Et devant ses yeux qui se levaient se découvrait un spectacle qu'elle n'avais pas imaginé. Une situation qu'elle n'avait pas envisagée. Tout simplement parce que jamais, au grand jamais, elle ne l'aurait pu. Et parce que, au delà de tout, elle ne le voulait pas. Car devant ses prunelles perdues et apeurées, la Melody qui lui faisait face lui faisait peur. Oh, pas peur par ce qu'elle était. Mais peur par ce qu'elle pouvait faire.

    Lysandre n'avait pas souvent vu sa soeur dans cet état. Mais lorsqu'elle s'y trouvait, la personne en face d'elle le regrettait toujours. Et aujourd'hui, pour la première fois, Lysandre se trouvait sur la ligne de tir. Non... Elle était attaché, pieds et points liés, au poteau d'exécution.

    - Eh oui, tu ne le savais, il ne le savait pas, je ne le savais pas. C’est con, hein? D’être aussi bête et ignorant, de ne pas voir ce qu’on a juste sous le nez.

    Les mots, durs, firent rater un battement à son cœur. Et les larmes, sans qu'elle puisse faire quoi que ce soit pour les retenir, lui montèrent aux yeux, brouillant sa vision. Le soupir que sa sœur poussa la fit se ratatiner sur sa chaise. Elle l'embêtait. Elle l'agaçait... Non. En réalité, c'était pire. Bien pire.

    - Mais je vais vous simplifier la tâche, je me retire du jeu. Tu vas pouvoir batifoler avec Linus autant que tu le voudras - et ne me fais pas croire que ce n’est pas ce que tu veux! Parce que oui, je suis parfaitement au courant! Tu caches bien ton jeu, avec tes faux airs de Sainte Nitouche, mais ça ne prend plus. Alors, vraiment, vous pouvez faire ce que vous voulez tous les deux. Je ne veux juste pas être obligée d’assister à ça.

    - Mel je... Je suis désolée, je ne voulait pas, je te jure... Et... J'aurais jamais rien fait.

    Un murmure à peine audible, désespéré, perdu. Elle s'enfonçait. Littéralement. Lys' avait même l'impression morbide de creuser sa propre tombe. Et surtout, elle se sentait nulle. Si nulle. Elle aurait aimé pouvoir expliquer à sa sœur que, de toute manière, rien de ce qui aurait pu se passer ne l'aurait amener à sortir avec Linus. Même si Melody le quittait. Même si lui la quittait. Même si le monde implosait. Tout simplement parce que, à un moment, sa sœur est le Poufsouffle s'était aimés. Et qu'au fond d'elle, il s'agissait d'une infamie d'entamer une relation avec l'ex de sa moitié. Ce n'était pas sain. Tout simplement. Se sentir constamment comparée. Avoir l'impression qu'il voyait Melody lorsque ses yeux se posaient sur elle... Oh, elle l'aimait oui. Même si elle aurait tout donné pour que ce ne soit pas le cas. Elle s'était mentit trop longtemps avant d'enfin admettre la vérité pour l'ignorer à présent. Mais la rouquine savait aussi que jamais elle n'aurait pu supporter cela.

    - Ça me… J’ai juste besoin de tourner la page. Et pour ça, il faut que je coupe les ponts.

    Les yeux écarquillés, Lysandre redressa la tête rapidement, essayant avec peine de repasser les trois derniers dans son esprit, de les imprimer dans sa mémoire.

    - Je ferais semblant de m’entendre avec toi devant les parents, il le faudra bien, et je n’ai pas envie de les mêler à tout ça. Mais il faut que tu saches que chaque fois que je te sourirais devant eux, chaque fois que j’accepterais de parler avec toi sous leurs yeux, ce sera un mensonge.

    Elle s'aperçut qu'elle retenait sa respiration, ses prunelles horrifiées fixées sur celles de sa jumelle. Elle s'en aperçu, sans pouvoir toutefois renouveler l'air de ses poumons. Comme si elle avait oublié comment l'être humain faisait pour respirer.

    - Tu es morte à mes yeux.

    Et les larmes qu'elle avait retenu tout ce temps là dégoulinèrent enfin, traçant des sillons humides le long de ses joues.

    - Mel, … Mel je t'en prie. S'il te plaît...

    Elle n'y arrivait pas. Elle n'arrivait pas à tellement de chose, en cet instant précis. Elle n'arrivait pas à réaliser ce qui lui arrivait. Elle n'arrivait pas à trouver les mots pour empêcher l'inéluctable. Et surtout, plus que tout, elle n'arrivait pas à imaginer ce qu'il pourrait bien advenir de sa vie si les dires de Melody se vérifiaient.

    - S'il te plait... Je pourrais pas... On peut pas... J ne veut pas... C'est...

    Impossible? Elle allait en avoir un aperçu sous peu, pourtant...

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Message#Sujet: Re: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Mar 20 Déc - 0:31

    C’était sûrement le spectacle le plus difficile qu’elle ait jamais eu à regarder de sa vie, bien plus difficile que cette fois (qu’elle avait pourtant trouvé particulièrement horrible) où son père avait du abattre l’un de leurs moutons volants, celui-ci souffrant d’une maladie incurable. Voir sa sœur fondre en larme et la supplier provoquait chez Melody des sentiments contradictoires, le premier de ces sentiments était la pitié, la compassion… en dépit de tout ce qui était arrivé, de combien elle avait souffert, elle ne pouvait pas détester sa jumelle, ça lui était complètement impossible, c’était sûrement une question de génétique, mais elle était née pour vouloir l’aimer et la protéger, forcer un lien si fort à être rompu était quelque chose de particulièrement pénible. Oui, elle avait envie de se précipiter dans les bras de Lysandre, de tout lui pardonner, de sécher ces larmes qui lui serraient horriblement le cœur, mais elle ne le ferait pas, car il y avait cet autre sentiment, d’une intensité qu’elle n’avait jamais connu auparavant : la rancœur. Elle ne pardonnerait jamais Lysandre, elle ne reviendrait pas sur ce qu’elle avait dit, elle était fermement décidée à aller jusqu’au bout. Oui, une part d’elle voulait se réconcilier avec sa jumelle, mais une part plus forte d’elle-même ne demandait qu’à se réjouir de ce spectacle. Lysandre pleurait, la belle affaire! Melody aussi, avait pleuré toutes les larmes de son corps! Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Oui, qu’elle souffre, elle l’avait mérité! Elle devait souffrir, elle et Linus devaient souffrir, c’était la moindre des choses!

    Elle parvint à conserver son regard glacial, elle ne faiblit pas, même si la tentation fut forte à certains moment, et c’est très froidement qu’elle s’adressa une dernière fois à la jeune fille.


    « Je ne reviendrais pas sur ce que j’ai dit, Lysandre. »

    L’envie l’effleurait, pourtant, et elle regrettait cette faiblesse de sa part, si elle était parvenue à prendre un ton décidé, à avoir l’air sûre d’elle et de sa décision, elle n’en menait pas large, au fond. Au fond, elle se sentait capable de craquer à tous moments, et c’était la raison pour laquelle elle voulait au plus vite mettre fin à cette conversation. Elle ne supporterait pas de soutenir le regard embué de larmes de Lysandre, il fallait qu’elle s’éloigne d’elle, afin de pouvoir récupérer ses esprits, et se convaincre, à froid, qu’elle avait pris la bonne décision.

    « Au revoir. »


    La seule différence entre cet au revoir et un adieu résidait dans le fait que les circonstances voulaient que Melody et Lysandre aient à se revoir à de nombreuses reprises, mais qu’elle importance? Pour Melody, ce serait comme si elle n’était pas là, elle ferait tout pour que ce soit comme si elle n’était pas là, en tous cas.

    Sur ces mots, elle se redressa, tourna les talons, et sans plus un regard pour sa sœur, elle monta en direction de son dortoir. Sitôt arrivée dans sa chambre, elle se précipita sur son lit, où elle s’allongea de tout son long. Bien qu’elle n’ait plus de raison de les cacher, elle fit de grands efforts afin de refouler ses larmes.
    Cette fois c’était vraiment fini.

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Message#Sujet: Re: Sometimes I hate you so much [pv Lysandre]   Mar 20 Déc - 10:52

    - Je ne reviendrais pas sur ce que j’ai dit, Lysandre.

    Le regard désespérément froid, cette voix sans intonation particulière et sans aucun joie, et surtout, ses mots. Ces mots lourds de sens qui, chacun leur tour, tombait tel une enclume sur le chemin fragile que s'était tracé Lysandre. Une avalanche de neige, qui avait tout emporté sur son passage, effaçant le chemin, ne laissant que la possibilité de retracer un nouvel itinéraire. Et du beau sentier de forêt, il ne restait qu'un douloureux souvenir amer.

    Les yeux fixés dans ceux de sa jumelle, Lysandre continuait toutefois à espérer. Lamentablement. Pathétiquement. A espérer un quelconque miracle divin, qui viendrait effacer cette horreur dans laquelle elle était plongée. Mais non. Rien. Rien du tout, a part cette douleur qui s'intensifiait à chaque battement de son cœur, à chaque seconde qui s'écoulait, au fur et à mesure qu'elle comprenait tous les détails de cette nouvelle situation. Et ses larmes, qui n'en finissaient pas de couler, rivières silencieuses et salées.

    - Au revoir.

    Elle sursauta sur sa chaise. Frissonna lorsque le raclement de la chaise sur le sol lui indiqua que sa sœur venait de se lever.
    Elle allait la perdre.
    Elle allait s'éloigner, de plus en plus. Ne lui parlerait plus. Ne lui dirait plus bonjour le matin. Ne lui sourirait plus. Ne débarquerait plus dans sa chambre avec son sourire si particulier. Ne sauterait plus sur son lit le matin pour la réveiller. Ne l'embarquerait plus dans ses aventures loufoques qui, aussi bizarre que cela puisse paraître, ne finissaient pas toujours mal. Ne s'assiérait plus à ses côtés dans le train. Ne se mettrait plus en binôme avec elle en potions, rigolant des ingrédients parfois particuliers ou parfois trop visqueux pour être normaux que l'on utilisait.
    Elle allait la perdre.
    Ne plus faire de courses de mouton. Ne plus se faire trainer dans les boutiques du chemin de traverse. Ne plus s'essouffler à courir après elle dans leurs joggings matinaux. Ne plus espionner leur voisin, cachées derrière des bottes de paille. Ne plus se chamailler gentiment pour savoir qui dormira dans la chambre jaune chez Papydou. Ne plus échanger leurs chaussettes. Ne plus jouer aux échecs. Ne plus …
    Elle allait la perdre.
    La perdre.
    Un murmure s'éleva, comme une prière.

    - Mel...

    Reprise plus fort, alors qu'elle s'enfonçait toujours plus loin.

    - Mel!

    Elle tourna, monta les escalier. Disparu.
    Perdue.
    Perdue.
    Perdue.

    Le mot résonnait en boucle dans sa tête, alors qu'elle s'effondrait sur la table, secouée de sanglots, n'ayant cure de son devoir, à présent mouillé de toutes parts dans l'océan salé qui se répandait sur la table.

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