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 You can't always get what you want

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MANGEMORT
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Message#Sujet: You can't always get what you want   Mar 6 Mar - 17:43

En retard. J’enrage. Sur la listes des choses que je déteste le plus au monde, être en retard est en très bonne position. Je déteste devoir me justifier auprès de mes professeurs, sous le regard de tous les autres élèves, en plus. L’aspect très pudique de ma personnalité, que je cache comme je peux, ressort toujours dans ces moments là. Je n’aime pas donner de moi l’image d’un tire-au-flanc, totalement incapable de déchiffrer les aiguilles de sa montre. Je passe souvent pour un bon élève, assidu et qui ne s’absente de cours qu’avec une excellente raison, je tiens beaucoup à cette réputation. Mais là, c’est sûr, je vais la ternir, je ne serai jamais à temps au troisième étage. Le cours commence dans cinq minutes, il est 13h55, et je suis toujours dans le hall, déjà essoufflé d’avoir juste fait le chemin de mon dortoir jusqu’ici. Je ne suis pas endurant, et pas un grand sportif non plus, je m’en sors très bien sur un balai (après tout, je fais partie de l‘équipe des serpentards), mais le Quidditch est plus une question d’habilité que de force physique, sauf quand on est batteur, et encore. Il me suffit de courir deux minutes pour que mon cœur batte déjà la chamade, comme s’il me suppliait d’arrêter. Être en retard ne me va vraiment pas. Je vais arriver en cours d’histoire de la magie complètement à plat, et amorphe.

Je me suis mal débrouillé, je dois dire. Je me suis crée un planning de révision il y a quelques semaines, en prévision des aspic. Je sais que j’ai encore un peu de temps devant moi, mais les examens me rendent très nerveux, surtout les examens pratiques. En plus de ça, je met toujours la barre très haut quand il s’agit de réussite scolaire. Je n’aime pas échouer, j’ai beaucoup d’exigences envers moi-même. À mon grand dam, quand certaines personnes arrivent à obtenir des résultats remarquables sans avoir à lever le petit doigt, ce n’est pas mon cas. Je dois travailler dur pour y arriver (d’aucun dirait : travailler plus pour gagner plus). Généralement, c’est payant, mais voilà, ça m’oblige à me créer ce planning de révisions qui en angoisserait plus d’un, ou dont beaucoup se seraient moqué. Pour l’instant, je respecte plutôt bien mon programme, je suis même parvenu à me ménager du temps pour me consacrer à Voldemort si jamais il a besoin de moi.

Hier, j’ai quand même prit pas mal de retard. Plusieurs devoirs se sont ajoutés à ceux que je devais déjà faire, et pour faire bonne mesure, je me suis couché plutôt tard. J’ai quand même programmé mon réveil tôt pour ce matin. Le mardi est ma journée la plus tranquille de la semaine : je n’ai que quatre heures de cours, contrairement aux autres jours, où je suis surbooké. Je n’ai pas voulu délaisser de matières, surtout que j’avais obtenu de brillants résultats dans toutes, et que je ne suis pas encore très décidé au sujet de ce que je vais faire après Poudlard. Je pense à un travail de bureau, pas trop haut placé, mais suffisamment bien payé. Contrairement aux autres jours, je n’ai pas cours le mardi matin (je suis content d’être débarrassé de l’arithmancie, la seule matière qui m’a fait défaut durant mes BUSE)., je m’étais planifié deux heures de révisions avant d’aller en défense contre les forces du mal… L’ennui, c’est que je ne me suis pas réveillé ce matin. Mon réveil n’a pas sonné, et levé à 9h30, j’ai juste eu le temps de me lever, de me laver rapidement, et d’avaler en vitesse mon petit déjeuner.

Pour me rattraper, j’ai travaillé entre midi et deux, et ai sauté le déjeuner. Le temps n’est pas mon ami aujourd’hui, je n’ai pas vu le temps filer, et me voilà, montant quatre à quatre les marches des escaliers qui ont au moins la gentillesse de se tenir tranquilles, pour une fois. Au bout de ma course, devant la porte de la salle de cours, je m’arrête quelques secondes, le temps de reprendre contenance et de reprendre mon souffle, aussi. J’ai dix minutes de retard. Je n’aime pas ça, mais comme je tiens à ma réputation, je vais faire comme si ça ne me posait pas problème.

J’ouvre la porte de la salle de cours. Le professeur a commencé son cours, bien sûr. Il fait à peine attention à moi quand je fais mon entrée, regardant dans sa direction, l’air plus décontracté que je ne le suis, évitant de croiser le regard d’aucun de mes camarades.

-Désolé du retard. Fais-je.

Ma voix n’est miraculeusement pas altérée par l’effort que je viens de fournir. Une chance. Les professeur prend à peine le temps de lever les yeux de ses fiches de cours, qu’il se contente de lire à chaque séminaire, de sa voix monocorde que je déteste. Il me montre du doigt une place libre dans la rangée de devant. Il y a beaucoup d’autres places vacantes dans la pièce, très peu d’élèves de septième ont décidé de continuer l’histoire de la magie, je les comprend. Être devant ne me dérange pas. Je suis souvent devant, en classe, à vrai dire, c'est ce qui avait contribué à ma réputation d’intello, avant qu’il ne vienne m’en libérer.

Ce n’est qu’une fois installé que je réalise à côté de qui je viens de m’asseoir. Elle. Celle. Pomona Fitz. Mon cœur s’arrête une fraction de seconde, puis les battements reprennent, comme s’ils ne s’étaient pas remis de ma course de tout à l’heure. Je sors mes affaires de mon sac. Mes mains sont moites, comme à chaque fois que je me trouve un peu trop près d’elle. Avant de me rendre compte de ce que je ressens pour elle, je pensai que l’amour était une formalité, alors j’en faisais mauvaise usage, je le fais toujours. Mais maintenant, je sais que l’amour est une maladie, elle s’accompagne de stupides symptômes physiques, incontrôlables, et ça fait mal, extrêmement mal. Je ne sais pas à quel moment j’ai pu tomber amoureux d’elle. Elle fume, se coiffe à la garçonne, est plus intelligente que moi et ne partage pas mes opinions, c’est bête. Je me le répète tous les jours pour oublier cette lubie absurde, mais essayer de l’oublier me fait inévitablement penser à elle, c’est un cercle vicieux. J’évite de la regarder, je sais ce que ça provoque en moi. J’essaye de suivre le fil du cours, toujours prononcé  de ce ton soporifique qui était propice à l’hypnose, mais essayer de reprendre le cours quand on a manqué le début difficile. Pour moi, le faire à côté de Pomona est impossible.

Le cours s’achève, les élèves rangent leurs affaires, j’ai réussi laborieusement à prendre quelques notes pendant que Pomona a gratté plusieurs pages. Je me blâme d’avoir pu être distrait par sa seule écriture. L’amour est une plaie. Et tout ça ne va pas arranger mes révisions. Et attendez le pire : je me racle la gorge, j’ouvre la bouche, et je m’adresse à elle, pourquoi est-ce que je m’adresse à elle?

-Hum… Tu pourrais me prêter tes notes, que je puisse rattraper le début du cours?


Pourquoi est-ce que je suis en train de dire ça, hein? On est pas nombreux à ce cours, mais demander à n’importe qui d’autre vaudrait mieux. Pour avoir quelque chose d’elle? Est-ce que je deviens fou? Est-ce que je deviens bête? Les deux? J’ai sauvé le coup en parlant froidement, mais quand même…
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Jeu 8 Mar - 19:09

Assise en tailleur sur son lit, Pomona mangeait avec cette lenteur qui lui était coutumière chaque fois qu’il s’agissait pour elle d’absorber de la nourriture le morceau de pain qu’elle avait dérobé aux elfes de maison dans les cuisines.

En faisant cela, elle feuilletait les dossiers qu’elle avait eux-mêmes dérobés à l’infirmerie. Décidément, le vol, pratique qu’elle abhorrait, pourtant, devenait monnaie courante, chez elle. C’était peut-être anodin mais c’en devenait effrayant.

Sa traque de Jedusor semblait commencer à la changer en profondeur. Elle espérait, en tous les cas qu’à force de lutter contre un ennemi, elle ne finirait pas par lui ressembler. C’était sa plus grande hantise. Fort heureusement, Miyria était là, l’aiderait à faire en sorte que son chemin ne dévie pas.

C’était l’heure du déjeuner, en conséquence, elle était seule, et s’était bien ce que Pomona avait escompté en s’isolant ici.

Après ses quatre heures de cours, elle avait suivi de près Cara, Olive et Vassilissa, afin de s’assurer que ses camarades de chambrée se rendaient bel et bien dans la grande salle après leur cours de défense contre les forces du mal.

Ce fut effectivement le cas, et les voyant se rendre dans cette salle où l’on déjeunait quotidiennement, elle bifurqua, quand à elle, en direction des cachots, faisant au passage un petit détour par lees cuisines afin de pouvoir malgré tout se remplir l’estomac.

Elle serait seule et donc tranquille. En la circonstance, ce n’était pas seulement un luxe mais une nécessité, elle n’avait pas envie que qui que ce soit soit au courant de ce qu’elle faisait.

Elle lança aux dossiers, son lit et ses vêtements un sortilège amélioré d’imperméabilité, afin que les éventuelles miettes de pain qu‘elle pourrait laisser tomber ricochent aussitôt jusque dans la corbeille à papiers posée pou l’occasion au pied de son lit (Pomona était quelque peu maniaque).

Elle ouvrit tout d’abord et très délicatement le dossier de Meredith, et fut pour le moins déçue de son contenu. Il était vide ou presque, et contenait moins encore d’informations que ce qu’elle avait pu en récolter dans son carnet.

Celui d’Olive, en revanche, s’avéra aussi instructif que surprenant. La soudaine révélation de sa maladie provoqua deux réactions distinctes : elle se blâma elle-même de n’avoir pas compris, tant cela lui semblait évident à présent que toutes les pièces du puzzle étaient rassemblées.

Sa deuxième réaction fut de ressentir un pincement au cœur, douloureux, une sensation qui lui était presque étrangère… elle était condamnée. Elles n’étaient pas proches, encore moins récemment, mais Pomona se sentait impliquée dans la vie d’Olive et, d’une manière ou d’une autre, elle y était attachée.

Elle passa une bonne heure à s’interroger sur les tenants, les aboutissants, les causes, les conséquences… et ce qui se passerait, à présent. L’avenir semblait bien obscur, pour cette pauvre Olive, qui n’avait rien demandé à personne.

Elle en était à ses considérations quand elle quitta son dortoir, après avoir soigneusement dissimulé les dossiers, qu’elle pouvait à présent rendre.

Il lui fut difficile de se concentrer, au début de son cours d’histoire de la magie, trop de pensées lui passaient par la tête…

-Désolé du retard.

Elle fit à peine attention à Caleb quand il pénétra dans la pièce. Certes, son retard était inhabituel, mais pour une fois, elle n’était pas d’humeur à observer.

Le jeune homme vint s’installer à côté d’elle, à la demande de leur professeur. Elle l’ignora, comme il le faisait à son égard en règles générales. Elle se força tout de même à regagner en attention, elle avait la désagréable impression que son voisin de table lorgnait sur ses notes, elle n’appréciait pas qu’on regarde par-dessus son épaule.


-Hum… Tu pourrais me prêter tes notes, que je puisse rattraper le début du cours?

Pomona ne s’était pas attendue à cette question. Caleb ne lui parlait jamais, ou très rarement. Pomona n’avait jamais voulu avoir affaire à lui, étant donné qu’il était l’un des sbires de Jedusor quoi qu’il en soit.


"Un "s’il te plaît" n’a jamais tué personne."
Dit-elle du même ton froid avec lequel il s’était adressé à elle.
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Mer 14 Mar - 12:40

-Un "s’il te plaît" n’a jamais tué personne.

Souvent, je me demande pourquoi diable Pomona m’attire autant, comment, pour l’amour du ciel, j’en suis arrivé à tomber amoureux d’elle. Même là, maintenant, alors qu’elle me traite de façon hautaine, comme un moins que rien, je sens mon cœur battre à tout rompre, et ressens l’irrépressible envie de la serrer contre moi, de l’embrasser, de le lui dire. Par chance je ne suis pas encore complètement esclave de ces sentiments étranges et désagréables, je peux me contenir et afficher un masque de froideur sur mon visage. C’est la seule arme que je puisse avoir contre elle. C’est vrai, je l’aime, mais je ne veux pas sembler aussi faible que je le suis ou me laisser marcher sur les pieds. Pas par elle. Alors peu importe ce que je ressens, je fais semblant, je fais semblant de mépriser l’objet que je convoite. Je la toise, je fais semblant de la trouver insignifiante alors que c’est tout le contraire, qu’elle m’indiffère alors que je crois bien qu’il s’agit de la plus belle chose que j’ai jamais vu de ma vie. Tout d’abord, je trouvai son physique banal, elle ne prend vraiment pas soin d’elle, non pas qu’elle soit laide, mais elle ne fait rien pour attirer les regards de la gente masculine, contrairement aux filles avec qui je suis sorti, ou à Ashley, celle avec qui je sors. Sans être profondément superficiel (je ne fais rien pour attirer les regards à moi non plus, c’est même plutôt l’inverse), j’admet que la beauté est un critère d’appréciation évident, mais je me rend compte que c’est aussi quelque chose de très subjectif. La première fois que je l’ai vu, j’ai seulement trouvé Pomona banale, aujourd’hui je la trouve belle, magnifique. Je dois toujours me contrôler pour ne pas paraître stupide en la regardant. Merlin! Que je déteste les gens amoureux, ce qu’ils sont ridicules! Comme je hais être l’un d’entre eux! J’ai l’impression d’appartenir à une communauté d’abrutis finis. Je suis un abruti. Abruti par elle…
Je m’assure que mon souffle soit régulier, afin qu’il ne me trahisse pas lorsque je m’exprimerai, je fais en sorte également de garder un visage impassible, et un regard au moins un peu méprisant.

-Désolé, j’ignorai qu’il fallait que je m’incline et supplie à genoux pour que mademoiselle daigne m’accorder cette simple faveur.


Mon ton est glacial, exactement comme je l’espérai. C’est parfait. Je ne suis pas trop mauvais acteur, j’arrive généralement à faire croire aux gens que je veux duper ce dont j’ai envie. Je pense que je suis convaincant. Pomona n’a jamais eu de raisons de soupçonner quoi que ce soit, ni personne d’autre, d’ailleurs. J’ai toujours su dissimuler mon affection pour elle aux yeux de tous. J’ai la ferme intention de poursuivre sur cette voie. Personne ne saura jamais rien, je ferai tout pour que ce secret meurt et finisse enterré. Avec un peu de chance, moi-même, je finirai par oublier. J’essaye d’oublier, c’est un effort quotidien. C’est pour ça que je sors avec Ashley. Mais ce n’est pas vraiment efficace. La preuve, dans une situation comme celle-là, tout me prouve que guérir d’elle sera difficile. Si j’y arrive un jour. Je commence à douter de cela.

Il est hors de question que je fasse preuve de politesse, ce serait me rabaisser. Traiter mal Pomona comme je le fais, c’est ma façon de dresser une barrière entre nous deux, ça rend l’impossible encore plus impossible, ça m’évite d’y croire ou de me bercer d’illusion. Faire en sorte qu’elle n’envisage jamais de s’attacher à moi, c’est la meilleure solution possible. Parce que si cette réciprocité dont j’ai rêvé plus d’une fois devait finir par devenir une réalité, les choses seraient beaucoup plus complexes, et elle souffrirait, elle aussi. Mais pourquoi se leurrer? Je n’ai rien d’attirant, elle est en tous points meilleure que moi.

-Alors, tu me les donnes, ces notes, ou pas?

Je sais bien qu’elle ne me les donnera pas, je ne sais même pas pourquoi j’insiste. Quelqu’un qui regarderait la scène d’un œil extérieur, devrait penser que je fais juste ça pour garder le dessus, j’aime cette version des faits… mais sans me faire d’illusions, je crois bien que je dis ça juste parce que j’ai envie de rester plus longtemps avec elle.
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Jeu 15 Mar - 18:33

-Désolé, j’ignorai qu’il fallait que je m’incline et supplie à genoux pour que mademoiselle daigne m’accorder cette simple faveur.

Pomona leva les yeux au ciel, agacé par tant d’autosuffisance. Caleb Lestrange n’était pas le genre de personne qui s’exprimait vraiment beaucoup, mais quand il le faisait, où en tous cas quand il s’adressait à elle, il se montrait toujours d’une grande froideur.

C’était égal à la jeune fille. Elle accordait peu d’importance à l’opinion des autres, encore moins à celle de Caleb, qui ne lui avait jamais attiré la moindre sympathie (il faisait tout pour, il faut dire).

Tous les larbins de Jedusor possédaient cette tare. Ils se montraient prétentieux et d’une grande vanité, et pourtant, ils se faisaient dociles et moins que rien quand leur maître était dans les parages.

Caleb, comme eux tous, possédait une surprenante propension à se montrer hautain dès qu’il daignait ouvrir la bouche, mais son attitude lui semblait cependant différente. Pomona, qui était observatrice, savait qu’il n’était pas aussi sûr de lui qu’il le laissait entendre. Il dissimulait sa vraie nature, une nature plus timide et moins confiante, qui ne le faisait pas?


-Alors, tu me les donnes, ces notes, ou pas?

Bien sûr, Pomona n’avait pas l’intention de lui donner quoi que ce soit. Il fallait savoir oublier tout altruisme, parfois, pour son propre équilibre. Pour bien signifier à Caleb qu’il n’avait rien à espérer d’elle, elle rangea toutes ses affaires (notes y compris) dans son sac.

C’est en enfilant sa veste qu’elle s’adressa à lui, façon basique de lui signifier qu’elle n’avait pas la moindre envie de perdre son temps en querelles. Les joutes verbales n’étaient pas sa tasse de thé.


"Tu es l’archétype même du fils de riche pourri gâté qui ne supporte pas que quelqu’un d’autre - une femme, surtout - remette en cause son autorité." Remarqua Pomona de ce ton analytique qui lui était propre, et qui en déstabilisait plus d’un à juste titre.

Elle n’aimait pas les joutes verbales, mais elle n’était pas non plus prête à se laisser insulter sans réagir. Elle avait son caractère, et son franc parler. Ce n’est pas parce que Caleb était du sexe opposé qu’il pouvait croire la traiter comme il le faisait sans qu’elle riposte.


"Toi et les autres toutous de Jedusor vous êtes une véritable énigme ethnologique : comment peut-on s’armer d’une telle autosuffisance et dans le même temps s’aplatir comme une carpette devant un garçon d’un an de moins que soi?"

Effectivement, pour Pomona, ce point avait toujours été un véritable mystère, ce pouvoir d’attraction conjugué de soumission qu’avait Jedusor était fascinant… mais effrayant, surtout.

Ce n’était pas pour autant qu’elle avait envie de discuter de la question avec le vert et argent. Sa seule envie, à vrai dire, était de s’en aller, et d’avoir enfin la paix, raison pour laquelle elle ajouta d’un ton sec :


"Tu n’auras qu’à demander tes notes à quelqu’un d’autre. Maintenant, si tu veux bien m’excuser…"
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Dim 18 Mar - 17:14

-Tu es l’archétype même du fils de riche pourri gâté qui ne supporte pas que quelqu’un d’autre - une femme, surtout - remette en cause son autorité.

Je ne suis pas de ceux qui se vexent pour un rien, il n’empêche que comme tout un chacun, j’ai ma fierté, et je ne supporte pas qu’on me manque de respect, même quand c’est elle qui se le permet. Je ne parviens pas à lui en vouloir, mais il n’empêche que sur le moment, l’envie de serrer mes mains autour de ce joli cou m’effleura, et eut bien du mal à m’abandonner. Ce qui me rend d’autant plus sujet à me sentir vexé par ce que Pomona vient de dire, c’est que comme souvent, elle n’a pas complètement tort. Effectivement, je suis ce qu’on peut appeler un enfant pourri gâté. Mes parents compensaient leur absence et le peu d’affection qu’ils avaient le temps de m’accorder en me couvrant de cadeaux excessivement cher. Parfois, d’ailleurs, souvent, même, je pense que les cadeaux qu’ils m’offrent ne sont pas vraiment une marque d’affection, ou une façon de se déculpabiliser, mais plutôt un moyen de garder intacte leur réputation. Leur fils doit avoir le meilleur, pour qu’ils puissent s’en vanter ensuite. Je suis toujours habillé de vêtements chers, mes fournitures scolaires sont excessivement coûteuses. Je suis habituée à posséder ce qu’il y a de mieux, si du jour au lendemain on me privait de mon luxe et de mon confort, je pense que je le vivrais très mal, quand on vous habitue à l’or, tout autre métal vous semble banal. C’est vrai, oui, je suis pourri gâté. Et c’est vrai que je considère aussi que les femmes ont naturellement moins de capacité que les hommes. Je suis et resterai vieux jeu sur ce point : les femmes sont inférieures. Généralement, les filles comme Pomona, féministes et en dehors de leur temps me donnent prodigieusement envie de les faire taire. Mais elle… Je veux bien admettre, même, qu’elle est supérieur à moi, c’est pour ça que je ne pourrais jamais l’atteindre. Ça me tue de le dire mais elle est plus raisonnée, plus intelligente… Je ne fais pas le poids.

-Toi et les autres toutous de Jedusor vous êtes une véritable énigme ethnologique : comment peut-on s’armer d’une telle autosuffisance et dans le même temps s’aplatir comme une carpette devant un garçon d’un an de moins que soi?

Pomona dans toute… sa splendeur. Je ne la comprend pas. Je n’arrive pas à saisir ce qui peut bien la motiver à observer et analyser les gens, comme ça. D’un côté, ça me fascine, de l’autre, je trouve qu’elle perd vraiment son temps. Ce qui m’insupporte aussi, c’est qu’elle vise plutôt juste quand elle analyse les gens. Ses remarques seraient plus faciles à supporter si elle avait tort. Je n’ai pas aimé qu’elle me traite de toutou, mais je ne peux pas dire qu’elle emploie ce terme à tord, pourtant. Quand je suis avec Voldemort, j’oublie ma personnalité initiale, et je me consacre uniquement à lui, à ce qu’il peut désirer ou attendre de moi. Je pense que je ne suis pas le seul dans ce cas. Nous devons tous beaucoup à notre maître, d’une manière ou d’une autre, sinon nous ne lui serions pas fidèles comme nous le sommes. On s’oublie soi-même, lorsqu’on est un chevalier de Walpurgis. C’est une des conditions intrinsèque d’un tel engagement Nous ne le disons pas par fierté, mais nous le savons tous. Nous gagnons tous à être auprès de lui, même si personne à l’extérieur de nos rangs ne sont capables de le comprendre. S’ils voyaient Tom Jedusor tel que je le vois, ils comprendraient. Mais Pomona a un avis bien tranché sur lui, si tranché qu’à la longue, elle pourrait même finir par être dangereuse pour le Lord. Cela représente encore une nouvelle raison pour moi de rester à l’écart d’elle, et une raison de plus d’en souffrir.

-Tu n’auras qu’à demander tes notes à quelqu’un d’autre. Maintenant, si tu veux bien m’excuser…

Que Pomona veuille rapidement mettre un terme à cette conversation et s’éloigner de moi est totalement compréhensible. Je ne suis jamais poli ou agréable quand je m’adresse à elle. N’empêche que la regarder me fuir, comme ça, ça me fait vraiment mal au cœur. Moi, je voudrais qu’elle reste. Ne jamais la quitter, et rester avec elle, même si c’est pour la regarder me détester. Non, je ne peux pas la laisser partir comme ça. De toute façon, il est hors de question de la laisser partir et de rester insulté.

-C’est plutôt toi qui dois t’excuser.
 Je lui réplique froidement en lui bloquant le passage vers la sortie. Si tu penses que je vais te laisser m’insulter, crois-moi, tu…

Je n’ai pas le temps de finir ce que j’étais en train de dire. Je suis interrompu par le raclement de gorge du professeur d’histoire de la magie. Je suis rappelé à la réalité et me rend compte alors que nous sommes à présent seuls dans la salle de classe. Tous les autres élèves sont partis, et visiblement, notre professeur attend que nous fassions de même. Je ne sais pas s’il a entendu tout ce que nous nous sommes dit, mais il semble mécontent. Les bras croisés, je pense qu’il attend nos excuses. Les miennes ne tardent pas. Comme toujours face à mes professeurs, je m’écrase. Je n’aime pas leur faire mauvaise impression. Je quitte donc la salle de classe. Je sais que Pomona va me filer entre les doigts si je ne fais rien pour la retenir, alors j’emploie la manière forte. Une fois tous les deux dehors, je l’interpelle avant qu’elle n’ait eu le temps de tourner les talons.

-J’ai pas fini. Je suis peut-être un toutou, comme tu dis, mais moi, au moins, je n’ai pas besoin de fourrer mon nez dans la vie des autres pour me sentir exister.
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Lun 19 Mar - 18:03

C’est plutôt toi qui dois t’excuser.

Typique. Retourner les remarques des autres contre eux était un acte rhétorique de défense des plus classiques. D’ordinaire, on l’appropriait d’ailleurs à ceux qui avaient trop de fierté et pas assez d’imagination

C’est ainsi que Pomona voyait les choses, en tous cas, et elle ne voyait pas d’intérêt à revenir dessus, étant donné que le mépris que Caleb lui accordait ne le lui rendait certainement pas sympatique.

Si la vert et argent avait regardé les choses plus en profondeur, ce qu’elle ne manquait pas de faire d’ordinaire (mais avec ceux qui méritaient son intérêt, aux vues de leur conversation, Pomona n’avait aucune envie de faire de Caleb un sujet d’étude), elle aurait comprit qu’il ne se défendait pas tant contre sa propre bêtise que contre ses sentiments pour elle.

Enfin, cette idée n’aurait jamais pu lui effleurer l’esprit. Elle savait pertinemment que la gente masculine n’était en rien intéressé par elle, et elle ne faisait rien pour que cela change. Si l’idée que Caleb puisse la trouver attirante lui avait effleuré l’esprit, elle l’aurait très vite jugé absurde et serait passée à autre chose.

Elle voulut faire part de son analyse à son interlocuteur, au sujet de la parade qu’il venait d’effectuer, mais il avait enchaîné de sorte qu’elle ne puisse rien répliquer.

Si tu penses que je vais te laisser m’insulter, crois-moi, tu…

Ses menaces en l’air tombèrent à l’eau, et ce ne fut même pas Pomona qui fit cesser Caleb de parler (elle avait pour principe de toujours laisser son interlocuteur parler sans jamais l’interrompre, de sorte à analyser chaque mot qu’il pouvait prononcer).

C’était le professeur Sheperd, qui dans un raclement de gorge, leur faisait comprendre que s’ils voulaient poursuivre cette vaine conversations, ils devraient le faire dehors.

Pomona n’avait aucune envie de poursuivre cette conversation, quoi qu’il en soit. Et même si elle avait beaucoup à dire sur le comportement rabaissé et rabaissant que le jeune homme avait eu à l’égard de son professeur, elle préféra s’abstenir, choisissant de profiter de cette occasion pour s’en aller.

Mais à peine avait-elle mit un pied hors de la salle de classe, que Caleb l’interpellait déjà. Pourquoi donc ne lâchait-il pas? Il lui faisait perdre son temps.

Pomona voulut tout d’abord ignorer le vert et argent, mais c’était sans compter les mots qu’il prononça pour la retenir.


J’ai pas fini. Je suis peut-être un toutou, comme tu dis, mais moi, au moins, je n’ai pas besoin de fourrer mon nez dans la vie des autres pour me sentir exister.

Pomona se figea sur place. Les mots les plus difficiles à entendre étaient toujours ceux qui dissimulaient une certaine vérité. Elle fit volte-face, le visage neutre, mais le regard animé d’une certainne colère, chose que l’on voyait très rarement chez elle.


"Parce que tu crois exister, peut-être? Contrairement à toi, je ne vis pas par procuration. Je n’ai pas besoin de l’aval de quelqu’un d’autre pour faire ou dire ce que j’ai envie d’exprimer. Et chose plus importante encore, je n’ai besoin de personne pour penser à ma place." elle marqua une légère pause. Le ton de sa voix se voulait simplement analytique, mais un filet de dédain s’y laissait entendre. Il avait appuyé sur la corde sensible. "Je ne dissimule pas ma vraie personnalité sous un masque de pacotille sous prétexte que cela déplairait à un adolescent mégalomane."
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Dim 25 Mar - 16:15

Je la crois su le point de m’abandonner, je la vois me tourner le dos, talonner loin de moi… puis je la vois s’arrêter, et mon cœur s’arrête aussi. J’ai réussi à la retenir, c’est tout ce que je voulais, mes mots à eux-seuls ont le pouvoir de la garder près de moi. À quelle prix, je l’ignore. Je la ressens en colère. Mes mots ont fait mouche, j’en ai conscience, je sais qu’elle m’en veut, je ne l’ai jamais vu m’adresser un regard aussi meurtrier jusqu’ici, il me traverse la chaire. Mon cœur se remet à battre et se serre douloureusement. J’étais satisfait de moi il y a peine quelques secondes de ça, maintenant, je me demande si je n’ai pas fait une grave erreur. J’aurais dû la laisser partir. Je dois la laisser partir. Un jour j’y arriverais, pour de bon. Je n’ai pas le choix de toute façon. Mais ce n’est pas pour aujourd’hui. Elle ouvre la bouche, et je l’écoute cracher sur moi des vérités méritées. Elle a l’art de la réplique. Elle est incroyablement intelligente. Merlin! Je dois me soigner. Même quand elle m’insulte et me traite comme un moins que rien, je persiste à l’aimer. Je ne suis pas normal. Je rêve de me guérir d’elle, et en même temps, je ne sais pas comment je vivrais sans cette blessure. C’est comme une accoutumance.

- Parce que tu crois exister, peut-être? Contrairement à toi, je ne vis pas par procuration. Je n’ai pas besoin de l’aval de quelqu’un d’autre pour faire ou dire ce que j’ai envie d’exprimer. Et chose plus importante encore, je n’ai besoin de personne pour penser à ma place. 


Dit-elle vrai? Ne suis-je qu’un pantin? Une marionnette façonnée par les idéaux de mes parents? À qui l’on dicte les pensées, la façon d’être et d’agir? Je n’ai pas eu besoin de Pomona pour me poser cette question. Elle me hante chaque jour de ma vie. Ce serait m’illusionner que de dire que je suis maître de mon destin. Je l’ai remis entre ses mains, entre les mains de mon maître, sciemment, et sans qu’il m’y ait obligé. Je n’ai pas envie de contrôler mon destin. Je préfère qu’on me dise quoi faire. Aussi lâche cela soit-il, je me sens plus rassuré en m’épargnant la responsabilité de ma propre vie, la laisser à quelqu’un d’autre m’a ôté un poids considérable, c’est un fait. Pomona ne supporterait sûrement pas une vie comme celle que j’ai choisi. Je ne l’imagine pas obéir aux ordres de qui que ce soit. Elle est beaucoup plus forte, et beaucoup plus indépendante. Elle n’a pas seulement envie de garder le contrôle, elle est faite pour ça, et je pense que c’est pour cette raison qu’elle analyse comme ça les autres. Je pense qu’elle veut prouver au monde qu’elle est forte et peut s’en sortir. Moi, je ne veux rien prouver du tout. Je veux juste survivre à cette putain de vie, vivre le plus longtemps possible, me ranger du côté du plus fort.

-Je ne dissimule pas ma vraie personnalité sous un masque de pacotille sous prétexte que cela déplairait à un adolescent mégalomane.


Cette remarque me fait plus… me dérange plus que la précédente. Je le sais, que je porte un masque, mais rares sont ceux qui peuvent voir clair dans mon jeu. Sans me vanter, je suis un assez bon acteur, les gens n’arrivent pas à lire en moi. Personne ne devine la timidité qui se cache en moi, et ce que je dissimule derrière toute mon agressivité. J’aurais dû me douter que Pomona, qui perçait à jour l’âme humaine mieux que n’importe qui d’autre, ne se laisserait pas avoir par mes faux airs. Ce qui m’inquiète, à présent, c’est qu’elle soit assez douée pour découvrir ce qui me dévore quand je la regarde. Est-ce que maintenant, alors que mon visage et froid et neutre, quelque chose me trahit? Parvient-il à lire en moi comme dans un livre? J’espère vraiment que non.

Je n’arrive pas à trouver les mots pour répliquer. Je suis beaucoup trop long à répondre. Ça ne me plaît pas. D’habitude, je sais répliquer du tac au tac, là pas. Ça me perturbe. Elle me perturbe. Remets-toi de tes émotions, Caleb! Elle est parfaite, peut-être, mais ça ne veut pas dire que tu ne peux pas gagner cette ridicule petite bataille! Il me reste tout de même un petit peu d’honneur. Assez pour ne pas ressentir d’intérêts majeurs à passer pour un sombre abruti.

-Quelle personnalité? Tu es froide comme un glaçon. Tu ne ris jamais, ne pleure jamais. Tu sais ce que tu es? Un robot.


Je suis de nouveau d’attaque. Ma verve et mon aptitude au sarcasme sont de retour. J’ai déjà été en meilleure forme, mais au moins, je ne lui laisse pas le dernier mot.

-C’est pour ça que tu passes tellement de temps à observer les autres, pour apprendre à devenir humaine?
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Mer 28 Mar - 14:07

-Quelle personnalité? Tu es froide comme un glaçon. Tu ne ris jamais, ne pleure jamais. Tu sais ce que tu es? Un robot.

On lui déclarait qu’elle était froide comme un glaçon, et pour parade, Pomona demeurait effectivement d’une froideur tout à fait polaire.

Ce n’était pas la première fois qu’on lui faisait cette réflexion : qu’elle était toujours distante, préférait s’intéresser aux émotions des autres plutôt qu’aux siennes, et ne se laissait jamais aller à ressentir quoi que ce soit.

Ce n’est pas comme si Pomona était dénuée de tout sentiment. Elle ressentait comme tous la joie et le chagrin, était même capable de haine ou d’affection. Elle ne le montrait jamais, voilà tout. Elle considérait cela plus comme une force que comme une faiblesse.

Elle n’avait jamais pleuré devant qui que ce soit… ou presque. Les larmes lui étaient monté aux yeux le jour où, au même endroit qu’ici, elle avait discuté de son mariage futur avec Morgan. Pour Pomona, pleurer devant quelqu’un, l’exposer à sa faiblesse, était comme se mettre à nu face à cette personne. C’était un exercice dont elle se passait bien.

Caleb pouvait bien parler, d’ailleurs; Lui-même, de ce qu’elle en savait n’étaient pas de ceux qui dévoilaient facilement leurs émotions. Il rétorquerait sûrement que c’était parce qu’il était un homme, si Pomona lui en faisait la remarque. Quelle facilité.


-C’est pour ça que tu passes tellement de temps à observer les autres, pour apprendre à devenir humaine?

Pomona planta son regard dans celui de Caleb.


" « On ne peut décemment pas comparer un robot à un être humain. Mécaniquement parlant, ils sont parfaits, plus que nous le sommes, et leur intelligence nettement supérieure. Mais ils n’ont pas d’âme »." récita-t-elle d’une voix sans timbre. "Rossum’s universal robot, Karel Čapek. Mais je doute que tu en ai seulement entendu parler. C’est un auteur moldu. Se croire cultivé lorsque notre étroitesse d’esprit nous empêche d’observer l’horizon culturel qui s’étend juste sous notre nez, ce n’est pas seulement de la vanité, c’est de la bêtise."

Elle marqua une pause. Elle se dissimulait souvent derrière les très nombreuses citations qu’elle était capable de retenir par cœur, ce pouvait sembler étrange, mais dans des situations comme celle-ci, cela s’avérait utile. La littérature moldue la fascinait d’autant plus qu’elle était d’une richesse que celle sorcière n’atteindrait jamais. Ceux qui, comme Caleb, se braquaient inutilement au nom de valeurs absurdes étaient d’une ignorance crasse.

"Mon âme à moi est intacte. Je ne l’ai pas vendu au rabais au premier venu."

Elle dissimulait à peine ce qu’elle entendait par là. Cela pouvait sembler extrême, mais pour Pomona, Tom Jedusor était le diable, un diable qui se nourrissait de l’âme des plus faibles. Ceux qui avaient la faiblesse de son interlocuteur.


"Un autre auteur moldu, pour toi. Goethe. La lecture de Faust pourrait t’être salutaire. Quoi que je pense qu’il est déjà trop tard pour sauver quoi que ce soit en toi. En toi ou en tes amis... mangemorts? C'est bien comme cela que vous vous appelez entre vous?"

Ne pas introduire le sujet aurait rendu cette entrevue inutile. Elle voulait lire l'expression qui s'afficherait sur le visage de Caleb maintenant que ces mots qui, le pensait-elle, devaient lui être familiers, avaient été prononcés.
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Mer 4 Avr - 13:04

" « On ne peut décemment pas comparer un robot à un être humain. Mécaniquement parlant, ils sont parfaits, plus que nous le sommes, et leur intelligence nettement supérieure. Mais ils n’ont pas d’âme »."

Comment fait-elle pour ainsi retenir des extraits entiers des œuvres qu’elle a lu? J’admire cette capacité à savoir à point nommé trouver la réplique nécessaire à ce genre de situations. Même si je lis beaucoup, je serai bien incapable de réciter d’emblée le moindre extrait de l’une de mes lectures. Une fois de plus, elle me cloue au poteau. Je me sens sans cesse inférieur à elle, je suis assommé par cette intelligence écrasante, qu’elle possède. Je ne me montre pas impressionné pour autant. Comme toujours en sa présence, je fais au mieux pour garder contenance. Rien de ce qu’elle dit n’est supposé m’affecter, rien de ce qu’elle est n’est supposé me toucher. J’aimerais tellement que ce soit vrai. La vérité est ailleurs, dissimulée à ses yeux, et bel et bien là, et je n’ai d’autres choix que d’en souffrir, parce que je n’arrive pas à passer à autre chose. Individu faible et exécrable que je suis.

"Rossum’s universal robot, Karel Čapek. Mais je doute que tu en ai seulement entendu parler. C’est un auteur moldu. Se croire cultivé lorsque notre étroitesse d’esprit nous empêche d’observer l’horizon culturel qui s’étend juste sous notre nez, ce n’est pas seulement de la vanité, c’est de la bêtise."

Un auteur moldu… Nul doute que je n’en avais jamais entendu parler, donc. Mon avis sur les moldus est tout à fait tranché. Ils sont inférieurs. Je ne considère pas cela comme une forme de racisme, je ne suis pas raciste. Le fait est avéré : ils sont inférieurs. Ils ignorent tout de ce qu’est le monde, et surtout, ils n’ont pas été choisis, ils n’ont pas accès à cet infinité de connaissance et de possibilités que permet la magie. Ce doit être un principe de l’évolution : les plus forts sont destinés à survivre, les autres sont destinés à disparaître. Avoir à se cacher des moldus comme notre gouvernement nous l’impose est absurde. C’est eux, qui devraient se cacher de nous. Jamais, comme Pomona, apparemment friande de littérature moldue, je ne me vanterais d’avoir posé un œil sur un livre écrit par un non sorcier, c’est une question d’honneur. Sur ce point, nos avis divergent clairement. Comme sur beaucoup d’autres, d’ailleurs. Cependant, même dans les moments où notre évidente incompatibilité me saute aux yeux, je n’arrive pas à me faire une raison. Cela ne me suffit pas à la détester. Que devrais-je faire, pour parvenir à l’oublier?

"Mon âme à moi est intacte. Je ne l’ai pas vendu au rabais au premier venu."


Bien que me détachant le plus possible de la culture moldue, je vois bien à quel élément patrimonial elle fait référence. C’était plutôt explicite, Pomona compare Voldemort au diable. Je ne suis pas de cet avis, pour moi, Tom Jedusor n’est pas quelqu’un qui pervertit les êtres, il veut leur ouvrir les yeux, leur montrer la voie vers un avenir grandiose, où les sorciers seraient enfin à leur juste place. Je n’ai pas vendu mon âme au diable, je ne suis pas d’accord, je l’ai confié à un précurseur à celui détenant la clé de notre futur à tous.

"Un autre auteur moldu, pour toi. Goethe. La lecture de Faust pourrait t’être salutaire. Quoi que je pense qu’il est déjà trop tard pour sauver quoi que ce soit en toi. En toi ou en tes amis... "

Je veux répliquer qu’aucun auteur de sang moldu ne mérite mon attention, et que penser m’épater en faisant référence aux gribouillages de sous-humains est totalement vain (quoique…). Mais ce qu’elle dit ensuite retient mon intention. Je suis surpris. Parce que d’ordinaire, Pomona ne se trompe jamais, mais il se trouve que le terme de « mangemort » ne me dit absolument rien.

-Désolé, Fitz, mais je ne suis pas nécrophage.
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Ven 6 Avr - 15:18

-Désolé, Fitz, mais je ne suis pas nécrophage.
Pomona savait plutôt bien sonder l’esprit humain, elle avait peu de difficultés à savoir quand quelqu’un mentait ou non, mais il lui était possible de se tromper.

Elle devait se tromper, à ce moment-même, car Caleb lui semblait parfaitement sincère (en même temps, heureusement, qu’il n’était pas antropophage), elle avait guetté la moindre de ses réactions, cherché de la stupeur ou une légère angoisse dans son regard, dans l’expression de son visage… mais elle n’y avait vu que de l’incompréhension, comme si le terme qu’elle avait employé ne lui disait absolument rien.

Était-ce vrai? Ou bien était-il tout simplement un très bon acteur? Pomona préférait croire à la deuxième solution. Pour une fois, son instinct la trompait.

Après tout, pour être au service du plus grand dissimulateur de tout Poudlard, il fallait certainement posséder quelques talents de comédien. Elle ne comprenait pas pourquoi Carter lui aurait menti, et comme lui-même semblait avoir fait preuve de toute la sincérité du monde lorsqu’il lui avait parlé et qu’il lui semblait moins dissimulateur que Caleb, elle préférait croire à sa version. Pourquoi se rangerait-elle ailleurs que dans le camp qui lui semblait le plus juste, d’ailleurs.


"Tu sais très bien de quoi je parle."
affirma-t-elle avec ce qu’il lui restait d’assurance, même si une partie de celle-ci s’était envolée, balayée par les incertitudes qu’elle ne pouvait pas s’empêcher d’avoir à présent. "Et se nourrir de cadavres n’est pas plus offensant que de se nourrir de la crédulité ou de la vanité d’autrui."

Elle n’insisterait pas sur la bombe qu’elle pensait avoir lancé quelques instants plus tôt. Elle comprenait bien que Caleb ne lui dirait rien de ce qu’elle avait espéré savoir, soit parce qu’il ne savait effectivement rien, soit parce que Jedusor l’avait particulièrement bien dressé.

Cette conversation était donc définitivement vaine. Elle l’avait été dès son commencement, et Pomona était lasse de cette joute verbale, qui à ses yeux était dénuée de sens.


"Accorde-toi un peu de temps pour méditer là-dessus. Si tant est que tu es encore capable de réfléchir par toi-même. Sur ce, bonne journée."


Pomona tourna les talons d’un pas décidé.

Cette fois ci, même si Caleb l’interpellait, Pomona ne se retournerait pas (sauf si bien sûr iil se décidait à lui faire des révélations sur son petit groupe, mais quel aurait été l’intérêt à cela pour lui?). Cette discussion avait déjà assez duré, c’était une perte de temps.

Elle s’éloigna de la salle de cours sans un regard en arrière, décidant de se rendre à la bibliothèque, qui se trouvait au bout du couloir. Les propos que Caleb avait tenu à son encontre l’avaient plus exaspéré qu’elle ne voulait bien l’admettre. Elle avait besoin de solitude, de tranquillité… et d’un bon livre. Quoi d’autre, sinon la bibliothèque du château, pouvait lui faire profiter des trois en même temps?
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Message#Sujet: Re: You can't always get what you want   Jeu 12 Avr - 14:07

-Tu sais très bien de quoi je parle.

Non. Je ne sais pas. À mon grand dam, je ne sais pas. Il doit y avoir quelque chose à comprendre, mais je ne saisis pas. Ou je passe pour un idiot, ou elle devient folle. La première suggestion me semble plus crédible que la seconde. Je fais mine de me moquer de ce qu’elle dit. En vérité, je suis vraiment curieux, je voudrais comprendre quel avait été le fond de sa pensée, apparemment, c’est vain. Elle s’impatiente, ma compagnie l’insupporte, elle veut s’éloigner de moi…. Je sens que notre conversation touche à sa fin, mon cœur se serre. Et même si elles sont assassines et m’accusent, je savoure ces quelques paroles qu’elle daigne encore m’adresser.

-Et se nourrir de cadavres n’est pas plus offensant que de se nourrir de la crédulité ou de la vanité d’autrui.


Je veux parler mais reste perplexe, je ne trouve rien à dire. Est-ce ainsi qu’elle me voit? Est-ce ainsi qu’elle voit tous ceux qui se sont mit au service de Jedusor? Je ne me reconnais pas dans ce portrait qu’elle fait de moi. Je ne pense pas que nous nous nourrissons de la crédulité ou de la vanité d’autrui, tout comme je ne pense pas que notre maître se nourrit des notre. J’ai fait le choix d’être à ses côtés, il ne m’y a pas obligé, et je referais cent fois ce même choix, s’il m’était donné de vivre cent fois cette vie. Je suis certain de ne jamais regretter. Pomona comprend beaucoup de choses. Mais elle ne me comprend pas, ne nous comprend pas. C’est de cette incompréhension que découle tant de mes problèmes, cette impossibilité de l’avoir, jamais.

-Accorde-toi un peu de temps pour méditer là-dessus. Si tant est que tu es encore capable de réfléchir par toi-même. Sur ce, bonne journée.


Je n’ai nulle envie de méditer sur la question, il n’y a aucune raison pour moi d’y réfléchir. Je suis certain de mes choix, mon vœu le plus cher aurait été qu’elle soit de mon avis, se range de son côté, qu’il n’y ait pas cette barrière inébranlable entre nous. Elle me dit au revoir, s’extirpe à ma vue, et je la vois tourner les talons sans trouver le moindre moyen de la convaincre de me revenir. Elle a eu le mot de la fin. Je ne trouve rien à lui répliquer; Rien, en tous cas, qui puisse justifier qu’elle daigne encore s’intéresser à moi. Un regard vif, et tranchant comme un rasoir, et assassin comme jamais, s’il m’ait lancé par elle, représente une exquise douleur, la voir détourner les yeux, en revanche, fait tout simplement mal, et rien d’autre. Immobile, je la regarde s’éloigner. Merlin, que je dois avoir l’air idiot! Elle rentre dans la bibliothèque, et l’espace de quelques minutes me vient l’envie d’y suivre, et de lui faire croire à un hasard que, à n’en pas douter, elle n’apprécierait pas. Après tout, la bibliothèque est également l’un de mes lieux de prédilection. Je décide cependant de ne pas pousser plus loin le vice.

À regret, après l’avoir vu disparaître et se dérober à ma vue, je m’en vais à mon tour, dans la direction opposée, pour ma part. Je décide de me rendre dans la salle commune des serpentards, je ne vois pas vraiment ou d’autre je pourrais me rendre. Un mélange confus et surprenant d’amertume et de légèreté m’envahit tandis que j’entre dans la demeure des serpents. Il faut que j’oublie cette conversation. Penser à autre chose, voilà ce que je dois faire. Je décide donc de chercher un livre dans mon dortoir et d’en entamer la lecture. Si douloureux et agréable à la fois que fut ce moment, je veux me l’ôter de l’esprit.
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