AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 La lettre écarlate (Clyde)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1335
Humeur :
50 / 10050 / 100

En couple avec : ...

QUI SUIS-JE?
Baguette: roseau, 23,2 cm et crin de licorne
Camp: Bien
Avatar: Carey Mulligan

Message#Sujet: La lettre écarlate (Clyde)   Mer 28 Mar - 15:53

"… rivés sur elle, leurs regards sévères – sur elle, oui, sur elle, Hester Prynne, debout, là, au pilori, un enfant sur ses bras et la lettre A, fantastiquement brodée d’écarlate et d’or sur sa poitrine.
Était-ce vrai ? Était-ce possible ? Elle serra si farouchement l’enfant contre sa poitrine qu’il poussa un cri ; elle baissa les yeux sur la lettre écarlate, la toucha même du doigt pour s’assurer qu’elle-même et l’enfant et sa honte étaient bien réels. Oui, ils étaient réels, ils constituaient même ses seules réalités : tout le reste avait disparu. "

Pomona marqua la page de son livre et leva son regard en direction du ciel. Il faisait très beau, chaud, même, un temps radieux dont elle n’était pas seule à profiter. Partout, dans le parc, et autour du lac, les élèves prenaient des bains de soleil, riaient, conversait. Pomona avait déjà constater que le temps influait considérablement sur la psychologie et la sociabilité des êtres.

La jeune femme s’était trouvé une place un peu à l’écart. Le soleil ne l’invitait pas plus que le mauvais temps à se lier à autrui. Elle était adossée à un arbre, au bord du lac, et savourait un peu de lecture entre deux révisions, une lecture connue.

Ce n’était pas la première fois qu’elle lisait La lettre écarlate, au contraire, c’était même la troisième. Le roman de Nathaniel Hawthorne était l’un de ses préférés.

Cependant, le propos de cette fiction ne la lassait jamais. En mûrissant, elle découvrait de nouvelles choses, de nouvelles perspectives, aiguisait sa compréhension et son esprit critique… et surtout, elle finissait par comprendre certaines choses qu’elle ne comprenait pas avant.

Malgré elle, à la lecture de cette ouvrage qui faisait état du puritanisme en Amérique, de la gestion de la honte, du pêché… elle songea à Olive.

Ce n’était pas tant l’histoire de l’ouvrage en elle-même qui l’y faisait penser… C’était cette notion de lettre écarlate. Un symbole physique qui était le signe de la plus grande des hontes.

Olive portait avec elle cette lettre écarlate chaque jour de sa vie, elle était malade, elle était mourante… elle était l’objet involontaire d’une honte familiale. Pomona ne connaissait pas très bien cette maladie moldue, mais depuis qu’elle avait appris, elle s’était renseigné.

Voilà à quoi menait l’obsession du sang-pur de ces grandes familles de sorciers. À la consanguinité, à un dégénérescence physique. Olive était Pearl. Victime injuste.

Depuis qu’elle savait, Pomona se sentait au plus mal. Chaque fois qu’elle voyait Olive, dans leur dortoir ou en cours, elle était tentée de lui dire quelque chose, mais elle ne savait pas comment s’y prendre, et surtout, elle s’attendait à une attitude similaire à celle qu’elle avait eu dans la salle des trophées, elle ne voulait pas réitérer cela.

Pomona allait replonger son nez dans son livre quand son regard tomba sur le frère d’Olive, Clyde, qui se prélassait comme à son habitude, dans l’herbe, de l’autre côté du lac.

Pomona hésita un instant. Il aurait été plus simple de reprendre sa lecture et de l’ignorer, mais elle ne le pouvait plus… pas alors que ses préoccupations concernant Olive l’assaillaient. Si elle ne pouvait pas lui parler à elle, elle pouvait peut-être essayer d’en parler à son frère. De tout Poudlard il devait être le seul avec Abby Hornby, Mrs Sparkley, et sûrement Dippet, outre Olive et elle, à être au courant.

La vert et argent se leva, débarrassa sa robe de sorcière des brins d’herbes qui s’y trouvaient, prit une grande inspiration, et entreprit d’aller voir le Poufsouffle. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle allait lui dire, mais il fallait qu’elle le dise. Ce poids lui dévorait les entrailles, et tant pis si cela signifiait qu’elle devait entamer la conversation avec Clyde, qui de manière générale l’exaspérait beaucoup.

Arrivée à son niveau, elle hésita à faire marche arrière, mais ne se dégonfla pas.


"Salut, Clyde… "
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1010
Humeur :
90 / 10090 / 100

En couple avec : Marié à l'ô combien délicieuse Bonnie

QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,2 cm, bois de meurisier et poil de doxy
Camp: Neutre
Avatar: Robert Sheehan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Dim 1 Avr - 17:00

    Le printemps! Quelle traitresse que cette saison! Séduisante et irrésistible, comme toute traitresse, elle vous entraîne au vice. Comment, en effet en cette délicieuse période de l’année, où le soleil éclaire merveilleusement une herbe verdoyante, parsemée de fleurs, où la nuit tombe plus tard, où il fait la température idéale : ni trop chaud ni trop froid, demander à un pauvre élève certes innocent mais ô combien influençable de travailler? Mais oui, Clyde n’était une victime dans toute cette histoire, ce n’est pas qu’il manquait de bonne volonté ou de motivation, c’était juste que la nature elle-même s’était liguée contre lui pour l’empêcher de faire ce que le bon sens voulait qu’il fasse. D’accord, les ASPIC étaient à présent dans moins de deux mois, d’accord, le poufsouffle ne pouvait pas vraiment se permettre de les louper une seconde fois… mais… mais le printemps faisait tout pour le dissuader de travailler. Oui, sérieusement, c’était la météo qui le dissuadait de mener à bien son travail, absolument pas son attitude de mangouste atrophiée. Ne pouvant pas lutter contre les forces de la nature (ce serait parfaitement absurde, vous pensez bien), d’autant plus que c’était le week-end, et que travailler le week-end était une idée encore plus absurde, Clyde répondit aux appels que lui adressait le soleil depuis les carreaux de son dortoir.. Du moins, après qu’il ait comaté dans son lit jusqu’au début de l’après-midi.

    Après avoir daigné se lever, il glissa larvesquement hors de son lit, s’habilla larvesquement, et se rendit larvesquement aux cuisines. Même pour le déjeuner, il était beaucoup trop tard, s’il voulait manger, et évidemment, il voulait manger, il n’avait pas le choix. Clyde n’avait pas mis longtemps à connaître le chemin qui menait aux cuisines, dès sa première année d’étude, il s’était amusé à harceler un elfe de maison, Twinkle, qu’il avait surpris en plein nettoyage dans sa salle commune, un soir. Clyde avait prit un malin plaisir à le voir s’excuser cent fois d’avoir manqué de discrétion, et obtenir de lui le moyen pour aller aux cuisines avait été un jeu d‘enfant. Depuis, il abusait de ce privilège, et allait se servir, mine de rien, dès que l’envie lui prenait. Cette après-midi là, il était venu aux cuisines armé de son sac de cours, dans l’unique but de le remplir à ras-bord de nourriture. Il se servit de tout et de rien, absolument tout ce que son sac était capable de contenir, puis il quitta le château pour se chercher un carré d’herbe ensoleillé, à proximité du lac.

    Assis dans l’ herbe, il savoura son petit déjeuner improvisé (une pomme, une tablette de chocolat, un morceau de tarte… quand je vous dit que Clyde est un morfale!) avant de s’étaler de tout son long. Il ferma les yeux, et bien qu’il ait déjà dormi le double de ce que devrait dormir un être humain normalement constitué, il resta là à paresser, rêvassant comme un bien heureux, presque prêt à se rendormir… Ce qu’il aurait sans doute fait, d’ailleurs, s’il n’avait pas soudain senti une présence à côté de lui. Choisissant d’abord de ne pas s’en soucier (tous ses instincts primaires de défense avaient été annihilés par sa conviction qu’il valait mieux se conduire en jeune limaçon), il garda les yeux fermés, il ne les ouvrit pas tout de suite non plus quand il entendit une voix féminine s’adresser à lui, mais ses lèvres s’étirèrent en un léger sourire. Il le reconnaissait : ce ton toujours distant et magnanime. Pomona.

    La jeune fille était un véritable mystère, pour Clyde (comme pour beaucoup d’autres, sans doutes), elle était à l’opposée de ce que lui-même pouvait être, et le jeune homme prenait un malin plaisir à tester ses limites chaque fois que les circonstances les amenaient à se croiser. Ce qui était étrange, dans tout cela, c’était que jamais, ô grand jamais, la vert et argent ne lui avait spontanément adressé la parole.


    « Tiens tiens, voyez-donc qui a été attirée malgré elle par mon charme irrésistible! »
    déclara-t-il en ouvrant enfin les yeux, se redressant légèrement en s’appuyant sur ses avant-bras. « Je meurs d’envie d’entendre quel prétexte tu auras trouvé pour justifier ton incommensurable envie de profiter de ma présence! »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1335
Humeur :
50 / 10050 / 100

En couple avec : ...

QUI SUIS-JE?
Baguette: roseau, 23,2 cm et crin de licorne
Camp: Bien
Avatar: Carey Mulligan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Mar 3 Avr - 19:22

"Tiens tiens, voyez-donc qui a été attirée malgré elle par mon charme irrésistible!"


Pomona retint un soupir exaspéré. Ce serait accorder bien trop de crédit aux absurderies de Clyde que de se laisser affecter par elles.

Chaque fois que, par un malheureux hasard, leurs chemins venaient à se croiser, le frère d’Olive se comportait toujours de cette façon tout à fait inappropriée et inconvenante.

Clyde n’était pas quelqu’un de difficile à analyser, pour la simple et bonne raison qu’il ne cachait tristement rien au monde de ses travers, si ce n’est peut-être une compassion qu’il devait tout de même bien ressentir.

C’était un feignant sans ambition et un procrastinateur, en bref tout l’opposé de Pomona. Raison pour laquelle, elle ne le supportait pas. Il la rappelait à tous les travers dans lesquels elle était plus qu’heureuse de n’être pas tombée.

Clyde était également un hédoniste, un épicurien qui ne vivait que pour son bon plaisir et dans l’espoir d’une nouvelle distraction. C’était pour cela qu’il prenait plaisir à embêter autrui, c’est pour cela qu’il prenait plaisir à lui lancer ce genre de répliques, et à tester ses limites.

Mais comme à chaque fois, la jeune fille resterait de marbre. L’indifférence était la meilleure réponse à donner à ce genre de sentences d’une lourdeur apocalyptique.


"Je meurs d’envie d’entendre quel prétexte tu auras trouvé pour justifier ton incommensurable envie de profiter de ma présence!"

À nouveau, Pomona fit mine de ne rien entendre. Elle savait bien qu’elle devrait supporter ce genre de remarques idiotes en s’adressant à Clyde, et quand bien même cela lui était déplaisant, elle trouvait toujours cela plus simple que de devoir parler à Olive, qui n’aurait de toute manière pas la moindre envie de l’écouter.


"Epargne moi ton imbécilité crasse, pour une fois.
"
lança-t-elle d’un ton tout à fait monocorde.

Elle ne cherchait pas une nouvelle joute verbale, ce n’était certainement pas son exercice favori, et elle avait largement eu son compte après son altercation avec Caleb.


"Je voulais te parler d’Olive."

Autant en venir directement aux faits, elle s’éviterait peut-être ainsi de nouvelles déconvenues, et surtout, elle s’assurerait une attention différente de la part de Clyde.

Pomona ne savait pas grand-chose des relations du frère et de la sœur, si ce n’est qu’elles n’étaient pas très fusionnelles, puisque tous les deux ne passaient que très peu de temps ensemble.

Cependant, Pomona avait assez observé et analysé les rapports qu’entrainaient les liens du sang pour savoir qu’il n’existait jamais de haine entre ces gens là qui ne s’accompagnent d’amour. En l’occurrence, elle avait besoin de quelqu’un qui sache, mais qui aime également assez Olive pour pouvoir saisir l’essence de ce qu’elle allait dire, et agir en conséquence.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1010
Humeur :
90 / 10090 / 100

En couple avec : Marié à l'ô combien délicieuse Bonnie

QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,2 cm, bois de meurisier et poil de doxy
Camp: Neutre
Avatar: Robert Sheehan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Ven 6 Avr - 20:47

    Clyde se contenta de sourire lorsque Pomona lui demanda de lui épargner son imbécilité. Oui, il se faisait insulter et traiter d’idiot, et cela l’amusait. Cela faisait bien longtemps qu’il avait compris que pour vivre heureux, il valait mieux ne pas laisser les mots nous atteindre. Clyde comprenait parfaitement le pouvoir des mots, c’était grâce à eux qu’il parvenait à en faire virer chèvres plus d’un, et c’était parce qu’il connaissait ce pouvoir du verbe qu’il pouvait se permettre de laisser les insultes glisser sur lui sans se sentir affecté le moins du monde (pour ça et parce que réagir trop violemment lui aurait demandé beaucoup trop d‘efforts). Il fallait se lever de bonne heure pour blesser Clyde Hornby dans son orgueil… Peut-être parce qu’il manquait clairement d’amour propre. Il n’était jamais rien d’autre qu’heureux lorsqu’on l’assaillait sous les quolibets, c’était la preuve qu’il parvenait à son but, à savoir exaspérer son interlocuteur. Il avait déjà une idée tout à fait précise de ce qu’il souhaitait répondre à Pomona, mais elle le prit de court en explicitant les raisons de sa venue. Ce qui n’avait rien d’étonnant, d’ailleurs. Pragmatique comme l’était la vert argent, elle avait surement envie d’expédier les choses, expliciter rapidement les raisons de sa visite, pour mieux pouvoir se débarrasser de lui.

    Le regard du poufsouffle changea légèrement quand il apprit que Pomona voulait lui parler d’Olive, le fin sourire qui jusqu’alors était accroché à son visage avait disparu. C’était plus fort que lui, dès qu’il entendait une tierce personne parler de sa petite sœur, il ne pouvait s’empêcher d’envisager le pire. Il ressentait la maladie d’Olive comme une bombe à retardement, qui lui exploserait à la figure au moment où il s’y attendrait le moins. Même si sa sœur avait encore un peu (trop peu) de temps devant elle, il lui arrivait de supposer que l’état de sa maladie pourrait s’aggraver… bref, comme Pomona n’avait jamais ressenti le besoin de lui parler, et encore moins d’Olive, Clyde se permettait de penser qu’il s’était passé quelque chose de grave… Après tout, Pomona était mieux placée (et c’était plutôt triste à dire) que lui pour savoir si quelque chose avait changé dans l’état de santé de sa sœur : elles étaient dans la même classe, partageaient le même dortoir… et même si elles ne semblaient pas particulièrement proches, elles n’avaient pas l’air de se détester non plus.

    Demeurant malgré tout fidèle à lui-même, rien ne changea dans son attitude, si ce n’est ce léger mouvement du visage. Il daigna malgré tout, avec une lenteur indéniable (n‘omettant pas de bailler et de s‘étirer moultes fois), se lever, afin de faire face à Pomona. Tout en la fixant, il croisa les bras, parvenant à réaccrocher à son visage le sourire qui l’avait quitté quelques instants plus tôt.


    « Franchement, je suis un peu déçu. Tu aurais pu trouver beaucoup mieux, comme excuse. »
    son ton était plaisantin, détaché, comme d’habitude… Il tentait au mieux de dissimuler le fait qu’il était en train de détailler le visage de son interlocutrice, dans l’espoir de découvrir un indice quant à ce qui pouvait bien se passer. « Je t’écoute, qu’est-ce qui se passe, avec Olive? »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1335
Humeur :
50 / 10050 / 100

En couple avec : ...

QUI SUIS-JE?
Baguette: roseau, 23,2 cm et crin de licorne
Camp: Bien
Avatar: Carey Mulligan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Mer 11 Avr - 15:47

"Franchement, je suis un peu déçu. Tu aurais pu trouver beaucoup mieux, comme excuse."

Pomona s’était attendue à une remarque du genre et ne s’en formalisa guère. Elle constata tout de même qu’elle était parvenue à ce qu’elle voulait, à savoir, attirer l’attention de Clyde.

Le poufsouffle donnait l’air de rien, mais Pomona, comme chacun sait, était une jeune fille très observatrice, elle avait bien constaté que, durant un court instant, un voile d’inquiétude s’était posé devant le visage de son interlocuteur.

La vert et argent parvenait aisément à comprendre pourquoi une telle attitude, si infime soit-elle. Pomona était fille unique, elle ne pouvait affirmer clairement savoir quelle sorte de lien vous lie à cet être si proche de vous, et fait du même sang, mais elle avait Miyria, qu’elle considérait un peu comme la sœur qu’elle n’avait jamais eu, elle n’osait même pas imaginer quelle serait sa réaction si elle apprenait qu’elle était condamnée. Elle avait déjà beaucoup de mal à gérer la nouvelle de la maladie d’Olive.


"Je t’écoute, qu’est-ce qui se passe, avec Olive?"

Clyde était un adepte de l’attitude mollassonne, et il ne la quittait pas, même dans un moment tel que celui-ci. En dépit de cela, il sembla à Pomona voir dans son regard plus de sérieux qu’elle n’en avait jamais vu. Mais cela pouvait tout à fait n’être qu’une surinterprétation de sa part, parce qu’elle voulait voir le poufsouffle réagir, elle en avait besoin.


"Je suis au courant." Elle baissa la voix. "Pour sa maladie."

À seulement prononcer ces quelques mots, elle ressentait un soupçon de légèreté. Ce secret était trop lourd, elle avait besoin de le partager, même si c’était auprès de quelqu’un qu’elle n’appréciait fondamentalement pas.

"C’était involontaire..." se justifia-t-elle, "J’ai entendu une conversation entre elle et Mrs Sparkley…"

C’était évidemment totalement faux, mais elle se sentait si mal quant aux conditions dans lesquelles elle avait découvert tout cela (elle se le serait bien épargné, finalement) qu’elle ressentait le besoin de s’inventer des excuses, et surtout d’éviter les questions embarrassantes.


"Olive n’est pas au courant, alors ne lui dit rien, s’il te plaît."


Il était bien rare que Pomona prie autrui, mais elle se rendait bien compte des conséquences désastreuses que cela pourrait avoir si cette conversation remontait aux oreilles de sa camarade de chambre.


"..je voulais t’en parler parce que… je pense que je ne suis pas la seule à l’avoir découvert. Je crois que le secret d’Olive est entre de mauvaises mains…"


Pomona avait beaucoup réfléchi à la question depuis qu’elle savait. Au moment où elles avaient eu cette conversation dans leur dortoir, Pomona en était arrivée à la conclusion que Jedusor la faisait chanter. À présent, elle était presque certaine que cette maladie était l’objet du chantage dont elle était victime.

Il avait dû promettre son silence en échange.. De quoi, allez savoir. Jusqu’où Olive était capable d’aller pour que son secret soit en sécurité? Pomona craignait qu’elle soit capable d’aller vraiment trop loin.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1010
Humeur :
90 / 10090 / 100

En couple avec : Marié à l'ô combien délicieuse Bonnie

QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,2 cm, bois de meurisier et poil de doxy
Camp: Neutre
Avatar: Robert Sheehan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Jeu 19 Avr - 20:42

    Au courant pour sa maladie… Sans que lui-même s’y attende, il sentit son sang se glacer légèrement. Entendre quelqu’un d’autre que ses parents ou Olive (qui eux-mêmes en parlaient si peu, au fond) évoquer le problème physique que rencontrait sa sœur était un choc. Même quelqu’un d’aussi insensible et lent que Clyde Hornby ne pouvait, de toute évidence, que se sentir touché et concerné par une telle révélation. Il s’était attendu à ce que ce secret reste… eh bien, secret, jusqu’à la mort de la principale concernée, qui arriverait malheureusement bien trop tôt. Il s’était visiblement trompé… Il se sentit tout d’abord surpris à l’idée que sa sœur ait pu lâcher le morceau, elle qui prenait si grand soin à ne rien dire, puis comprit mieux lorsque Pomona lui expliqua qu’elle l’avait elle-même appris par hasard, en surprenant une conversation entre l’infirmière et Olive. Clyde ne faisant fondamentalement confiance ni aux talents de discrétion de Mrs Sparkley, ni à l’absence de curiosité de la vert et argent, pouvait imaginer aisément que le résultat des deux choses combinées amenait à la situation qu’il était en train de vivre. Ma foi, il n’était pas temps de trouver un coupable ou de blâmer qui que ce soit. Que la découverte de ce secret ait été volontaire ou non n’était pas le problème, le problème résidait dans la découverte en elle-même. La famille Hornby avait toujours employé une énergie démesurée à cacher la « tare » d’Olive, celle qui révélait au monde entier que leur obsession du sang conduisait inéluctablement à des soucis congénitaux tel que celui-ci. La principale concernée avait toujours fermement refusé à qui que ce soit, même à ses amis les plus proches, de l’aider à porter le poids d’un tel mal (sauf récemment, lorsqu’elle s’était confiée à Eden, mais cela, Clyde n’en savait rien)… elle réagissait en ce sens bien différemment de la façon dont son frère aurait réagi s’il avait été à sa place. Il s’imaginait, sans pouvoir toutefois l’affirmer, que s’il avait été à la place d’Olive, il aurait profité de sa position de « victime » pour se laisser plaindre et bichonner… ou du moins, auprès de tout le monde sauf de ses parents, qui n’avaient jamais fait grand cas de ce que ressentait leur fille aînée. Il n’aurait certainement pas hésité à révéler sa maladie au monde entier, si cela pouvait mettre dans l’embarras ses géniteurs. Bref, Olive n’étant pas lui, apprendre la divulgation de ce secret était inattendu, et les conséquences pouvaient en être graves.

    … D’autant plus graves que Pomona avait l’air très sérieuse (en même temps, elle avait toujours l’air sérieuse) lorsqu’elle disait que quelqu’un pouvait chercher à se servir d’elle via son secret. Même s’il la charriait très souvent, et la trouvait vraiment trop coincée, Clyde avait une certaine estime pour Pomona, il la savait droite, honnête; et intelligente, c’était la dernière personne qu’il imaginait répéter dans tout le château qu’Olive souffrait d’une maladie incurable. Si elle avait été la seule à savoir, il n’aurait pas été ravi, mais lui aurait fait confiance pour ne rien répéter, comme lui-même le faisait en ne parlant pas, même quand la tentation était forte, par respect pour Olive. Mais, semble-t-il, quelqu’un d’autre était dans la confidence. Quelqu’un de plus dangereux…Et Pomona n’étant pas du genre à lancer ce genre d’informations en l’air, Clyde était tout disposé à la croire. Mais de qui pouvait-il s’agir? Clyde était loin d’être si observateur que l’était Pomona, et si, grâce à l’aide d’Abby, surtout, il avait bien été forcé de constater la proximité nouvelle qui liait sa sœur et Jedusor, il n’avait rien imaginé de malsain là-dessous, il tenait le préfet pour un garçon beaucoup trop sage, bien sous tous rapports… certainement pas pour un manipulateur. Il avait également constaté que l’humeur d’Olive avait quelque peu changé depuis le début de l’année, mais il avait mit cela sur le compte de la mort de Myrtle McGrow, qui devait forcément avoir remué sa pauvre sœur. Il s’en voulait un peu, il faut le dire, de ne pas avoir remarqué que quelque chose de grave arrivait à sa sœur, si tant est que c’était bel et bien le cas. Bien que, pour une fois, il n’était plus vraiment d’humeur à plaisanter, il parvint à garder pour lui ses inquiétudes, et à se montrer aussi nonchalant que si la vert et argent lui avait fait une simple remarque sur le temps qu’il faisait.


    « Mademoiselle Fitz ne serait-elle pas un peu déconnectée des réalités à force de garder son nez plongé dans ses bouquins? J’imagine mal qui que ce soit faire du chantage à Olive. Elle peut être redoutable, quand elle le veut. »


    C’était la vérité. Olive était la personne la plus à même au monde de lancer des rumeurs sur autrui et de rendre la vie impossible à ses petits camarades. Choisir de se la mettre un dos ne semblait pas être un choix véritablement judicieux. Cependant, et bien qu’il n’en montrait rien, le jaune et noir était vraiment inquiet, il mettait juste un point d’honneur à ne pas le montrer. Nul doute que si Pomona lui donnait un nom, et elle le ferait certainement, il quitterait, au moins un minimum, son état de larve amorphe pour s’assurer que la jeune fille ne risquait rien.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1335
Humeur :
50 / 10050 / 100

En couple avec : ...

QUI SUIS-JE?
Baguette: roseau, 23,2 cm et crin de licorne
Camp: Bien
Avatar: Carey Mulligan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Sam 21 Avr - 10:57

L’excès de nonchalance et d’insouciance faisait plus de mal que de bien à Clyde Hornby, c’était l’évidence que Pomona découvrait, tandis qu’elle l’observait feindre de ne rien ressentir plutôt que d’assumer ses sentiments.

En ce sens, bien que cela était fort difficile pour la vert et argent de l’admettre, ils se ressemblaient. Elle aussi, préférait ne pas faire face à son propre ressenti, et aimait mieux rester à l’écart de ses émotions. La différence entre elles résidait plus dans la forme que dans le fond. Et c’était cette forme, cette impression qu’il donnait de se moquer de tout et de tout le monde qui provoquait son exaspération.


"Mademoiselle Fitz ne serait-elle pas un peu déconnectée des réalités à force de garder son nez plongé dans ses bouquins? J’imagine mal qui que ce soit faire du chantage à Olive. Elle peut être redoutable, quand elle le veut."

Il ne fit aucune remarque au sujet de la révélation qu’elle venait de lui faire, n’exprima ni surprise ni crainte, comme s’il considérait qu’il était plus simple de faire comme si de rien n’était, comme si le sujet n’était pas grave.

Pomona devinait que c’était la parade que devait constamment employer le frère d’Olive. Pour la première fois de sa vie, elle essayait de se mettre à sa place. …et d’une certaine manière, elle parvenait à comprendre pourquoi le Poufsouffle préférait minimiser les choses, ce devait être la seule façon de rendre sa vie un tant soit peu supportable.

Elle en viendrait presque à avoir de la compassion pour lui… Presque, mais pas tout à fait, car il lui était totalement impossible de ressentir une quelconque empathie envers un garçon aussi… faible, amorphe…


"Reconsidère ta position, Clyde, tu ne sais pas à qui Olive a affaire."


Et quand elle lui dirait son nom, il y avait de fortes chances pour qu’il ne la croit pas, oui dise qu’elle exagérait. Miyria et Pomona avaient souvent le sentiment de lutter seules contre tous, dans cette affaire, car de prime abord, Tom Jedusor paraissait tout à fait inoffensif.

Elle regarda autour d’elle, par réflexe, avant de reprendre la parole, et baissa la voix.


"Il s’agit de Tom Jedusor."
Elle marqua une pause. "Je ne peux pas t’obliger à me croire, mais si tu ne le fais pas… je pense qu’elle risque gros. Tu es son frère… alors tu peux faire quelque chose pour elle, non?"

Demander de l’aide à quelqu’un d’autre, à Clyde Hornby, qui plus est, ne lui ressemblait pas du tout, mais elle était dans une impasse. Elle ne pouvait parler de tout cela à personne d’autre qu’à lui, et puisqu’elle-même ne pouvait pas raisonner Olive, elle ne voyait pas qui d’autre sinon son frère, pour le faire. Bien sûr, elle avait des doutes à ce sujet, il ne semblait pas de nature à lutter pour autrui, mais la vert et argent était sa sœur, même s’il le cachait, il devait forcément tenir à elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1010
Humeur :
90 / 10090 / 100

En couple avec : Marié à l'ô combien délicieuse Bonnie

QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,2 cm, bois de meurisier et poil de doxy
Camp: Neutre
Avatar: Robert Sheehan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Mer 25 Avr - 11:28

    Tout ce sérieux! Déjà qu’aux yeux de Clyde, Pomona était excessivement posé, raisonnable, réfléchie, au point d’en devenir ennuyeuse à mourir, mais là, elle lui semblait limite austère. Elle accomplissait cet exploit très rare qui était de parvenir à l’inquiéter, lui qui se vantait d’être imperturbable et de ne jamais se soucier de rien. Pomona lui sortit de but en blanc que la personne qui en voulait à sa sœur était Tom Jedusor. Clyde fronça les sourcils. C’est vrai, beaucoup de rumeurs circulaient autour du soudain rapprochement entre Olive et le préfet de serpentard, véhiculés pour la plupart par sa petite sœur, qui ne manquait jamais la moindre occasion de rappeler à ceux qui l’auraient oublié que la jeune fille avait été vue quittant le dortoir du vert et argent. Clyde n’avait jamais vraiment eu d’opinions à ce sujet.

    Il avait beau faire, il n’arrivait pas à imaginer que sa sœur puisse fricoter avec Jedusor… ni avec qui que ce soit d’ailleurs. Ça ne lui ressemblait pas du tout. S’il écoutait son interlocutrice, et il semblait avisé de le faire, ce rapprochement soudain s’expliquait par des raisons bien plus obscures, qui pouvaient même mettre sa sœur en danger. Même si c’était dit avec sincérité, par quelqu’un qui n’avait pas pour habitude de mentir, Clyde avait du mal à y croire. Le poufsouffle n’appréciait pas particulièrement Tom Jedusor, mais il ne voyait rien d’autre en lui qu’un parfait petit préfet, ennuyeux au possible et inintéressant. Il avait du mal à croire qu’il puisse s’agir d’un manipulateur, et que le jeune homme puisse vouloir profiter de la faiblesse de sa sœur pour la faire chanter… Mais une fois de plus, si Pomona le disait, c’est que ça devait être vrai. Jamais elle ne plaisanterait sur un sujet aussi court. Jamais elle ne plaisanterait tout court. La vert et argent n’était pas partisane de la franche rigolade, n’importe qui la connaissant un tant soit peu en avait conscience.

    « Quel mal est-ce que tu crois qu’il peut lui faire? »
    répliqua-t-il tout en haussant les épaules.

    Il tentait de garder un ton indifférent. Il avait une réputation de larve à préserver, et voulait faire croire tant qu’il le pouvait à son interlocutrice, qu’il prenait ses propos pour des élucubrations. Au fond, il n’y aurait rien eu d’illogique à le penser. Tous autant qu’ils étaient, ils n’étaient que des adolescents. À leurs âges, rien ne pouvait être à ce point grave, si? Si. Et en vérité, quelque part, au-delà de toute sa molassonerie, le poufsouffle en avait conscience. Comment ne pas prêter foi à l’attitude et au propos si sérieux de Pomona, qui redoublait d’efforts à chaque réplique pour lui faire comprendre que la situation était grave. D’une façon ou d’une autre, Clyde allait éclaircir cette histoire. C’est vrai, c’était sa sœur, et même s’il le cachait bien, il ressentait le fait de la protéger comme un devoir, il l’avait toujours ressenti ainsi… Quand il posait cette question avec un brin d’ironie dans la voix, il attendait donc une nouvelle réponse sérieuse, afin de savoir à quoi il devait s’attendre, et comment il devait réagir. Il jouait trop rarement les frères protecteurs pour savoir exactement comment agir en de telles circonstances, mais il était effectivement certain qu’il devait agir quoi qu’il en soit. Il devrait sûrement parler à Olive… ou à Jedusor… Il doutait d’obtenir quoi que ce soit de leur part, de l’un comme de l’autre, ceci dit.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1335
Humeur :
50 / 10050 / 100

En couple avec : ...

QUI SUIS-JE?
Baguette: roseau, 23,2 cm et crin de licorne
Camp: Bien
Avatar: Carey Mulligan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Dim 29 Avr - 9:48

Quel mal est-ce que tu crois qu’il peut lui faire?

Clyde Hornby était un intrigant jeune homme, intrigant dans le sens le plus exaspérant du terme.

Pomona ne pouvait juger à l’expression de son visage ou à la tonalité de sa voix s’il se souciait ou non du bien-être de sa petite sœur et de la menace qui pesait sur elle.

La vert et argent osait supposer qu’il avait cette conscience de ce qu’il se passait, car bien qu’il semblait, en apparence, prendre les choses avec légèreté et indifférence, il s’interrogeait, posait des questions. Preuve qu’il songeait tout de même aux éventuels dangers que sa sœur pouvait encourir.

Comment lui expliquer les choses de sorte à ce qu’il prenne cette menace sérieusement? Pomona ne pouvait pas en dire trop.

Il n’était toujours pas question qu’elle parle à qui que ce soit de la torture que Jo lui avait fait subir… mais si elle n’en disait pas assez, son interlocuteur était bien capable de ne pas la croire, de ne pas comprendre… et Olive avait besoin de soutien…

Comme le sien n’était plus le bienvenue, celui de son frère pourrait lui être salutaire… Si quoi que ce soit était véritablement susceptible de la sauver.

"Beaucoup de mal, Clyde."

Elle garda son regard planté dans le sien, ne cillant pas, sa façon de lui prouver s’il le fallait encore qu’elle était sincère, et qu’Olive avait vraiment besoin d’aide, même si cette aide devait venir de son pataud de grand frère.

Elle espérait que cela suffirait. Le problème, dans cette lutte silencieuse contre Tom Jedusor, c’est qu’il n’y avait pas de preuves. Le préfet ne laissait jamais de traces, il était assez malin pour faire accuser les autres à sa place et se sortir blanc comme neige dans toute situation, même les plus délicates et les plus compromettantes.


"Ne te fie pas aux apparences… tu sais que je n’ai aucun intérêt à te mentir."


Effectivement, Pomona était généralement quelqu’un de très intègre et de très honnêtes, même si elle avait multiplié les impasses et les mensonges depuis le début de l’année.

Depuis que Jedusor était devenu une menace évidente, et qu’elle luttait pour protéger ses intérêts et ceux d’autres personnes auxquelles elle ne pensait pas tant tenir.

Elle ne savait quels autres arguments lui donner. Ce n’était d’ailleurs pas vraiment des arguments que ce qu’elle venait d’énoncer.

Son idée était de jouer sur l’image que Clyde avait de lui, et elle avait bien conscience que même si cette image n’était pas forcément flatteuse, elle renvoyait au poufsouffle l’idée d’une jeune fille des plus probes et incorruptibles.

Elle laissa donc le silence s’installer, priant mentalement pour qu’il daigne accéder à sa requête. Dans quelles situations ne cessait-elle de se retrouver, dernièrement!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1010
Humeur :
90 / 10090 / 100

En couple avec : Marié à l'ô combien délicieuse Bonnie

QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,2 cm, bois de meurisier et poil de doxy
Camp: Neutre
Avatar: Robert Sheehan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Ven 4 Mai - 23:45

    À force de lui répondre de la sorte, chaque fois avec un peu plus de sérieux, Pomona arriverait presque à donner froid dans le dos du pourtant si insensible Clyde. Il n’arrivait toujours pas à comprendre en quoi un élève de 16 ans pouvait véritablement traumatiser une camarade plus âgée que lui, au point que cela puisse être considéré comme dangereux par l’élève la plus ennuyeuse/sensée et intelligente qu’il connaissait. En même temps, ce n’était pas si étonnant que ça, étant donné que cette école regorgeait de fous. Mais Clyde, plus connu sous le gentillet surnom de « larve » était trop occupé par le fait de ne pas quitter son état semi-comateux pour se rendre compte de tout ce qui se passait autour de lui. S’il en mesurait vraiment les conséquences, il quitterait peut-être un peu ce monde doux et moelleux dans lequel il s’était enfermé pour voir la réalité en face… et faire quelque chose, peut-être (ce qui était contre tous ses principes, en temps normal).

    Peut-être qu’il finirait par se réveiller, d’ailleurs, secoué ainsi comme il l’était par Pomona, mais cela prendrait un certain temps, si cela finissait par arriver. Même s’il comprenait que les choses étaient sûrement plus graves que ce qu’il était capable d’imaginer, il n’était pas encore décidé à intervenir… ou seulement à sa manière… une manière mollassonne, donc.

    Oui, c’est vrai, Pomona n’avait aucune raison de lui mentir (même si ça aurait pu être une juste vengeance pour toutes les fois où elle passait son temps à l’embêter), mais Clyde avait du mal à aller au-delà des apparences. Tout cela lui semblait si irréel, si étrange… ce genre de choses arrivaient dans les bouquins que Clyde ne lisait pas, pas dans la vraie vie. Il n’y avait pas de dangers dans la vraie vie (oui, le jaune et noir était un grand optimiste devant l’éternel).


    "D’accord, je vais en toucher deux mots à Olive ET je ne lui dirais pas que c’est toi qui m’a parlé de l’ô combien horrible Tom Jedusor, si terrifiant qu’il a l’air d’un mouton sous cellophane."

    Ne pas ajouter une pointe de dérision dans son propos aurait été admettre que Pomona avait réussi à immiscer le doute en lui, et qu’il s’inquiétait. C’est vrai, c’était le cas, mais il était hors de question qu’il se montre trop impliqué… Il était supposé ne jamais s’impliquer dans quoi que ce soit, c’était sa nature… son parraître, plutôt.


    "Par contre… tu te rends bien compte que si je tiens ma langue, tu as une dette envers moi."


    Un sourire légèrement vicieux s’installa sur son visage. Comment ça, c’était mal de profiter de la situation?
    … Oui bon… C’était effectivement très mal, mais quel plaisir y avait-il à ne jamais sortir des sentiers battus, et de ne faire que ce qu’il était préférable de faire? Depuis le temps qu’il cherchait le moyen de faire tourner pour de bon Pomona en bourrique, c’était l’occasion idéale. Il n’était pas un manipulateur dans l’âme, ça lui aurait demandé trop d’efforts, mais il aimait jouer. Pour Clyde, qui se moquait des notions de bien et de mal, le chantage était un jeu comme un autre.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1335
Humeur :
50 / 10050 / 100

En couple avec : ...

QUI SUIS-JE?
Baguette: roseau, 23,2 cm et crin de licorne
Camp: Bien
Avatar: Carey Mulligan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Mer 9 Mai - 9:45

"D’accord, je vais en toucher deux mots à Olive ET je ne lui dirais pas que c’est toi qui m’a parlé de l’ô combien horrible Tom Jedusor, si terrifiant qu’il a l’air d’un mouton sous cellophane."

Il fallait généralement se lever tôt pour provoquer l’exaspération chez Pomona, ou du moins une exaspération suffisamment grande pour qu’elle ne puisse s’empêcher de soupirer très largement et de rouler les yeux.

Clyde y arrivait avec le plus d’aisance qu’il puisse y avoir au monde, et pour cause, c’était toute sa personne qui s’avérait provoquer chez autrui un état constant d’agacement. Sa propension à faire mine de se moquer de tout, et d’être indifférent au moindre mal le rendait pour le moins antipathique.

Pomona songea qu’elle aurait peut-être finalement mieux fait d’informer la sœur d’Olive, Abby Hornby, de ce qui se passait, mais elle n’était pas certaine que ses avertissements et supplications auraient reçu une oreille plus attentive.

Lorsque l’on comparait Olive à ses deux frère et sœur, il était difficile d’établir leur lien de parenté sans le connaître au préalable, et Pomona avait bien envie de décréter que la vert et argent n’était pas verni, avec de tels cas sociologiques pour famille.

Elle s’était tournée vers Clyde parce qu’il était techniquement plus âgé (mais son âge mental, cela ne faisait aucun doute, pouvait aisément se discuter), et parce qu’ils se connaissaient, même si leur relation n’avait rien d’amical et que de manière générale, la serpentard préférait éviter de croiser le chemin du poufsouffle.

…Majoritairement, d’ailleurs, parce qu’il était capable de sortir des réflexions telles que celles-ci…


"Par contre… tu te rends bien compte que si je tiens ma langue, tu as une dette envers moi."

Cela l’amusait sans doute, mais il était bien le seul à pouvoir rire de ce genre de situations. Il fallait, toujours et en toutes circonstances, qu’il profite de la situation… quand bien même la situation était alarmante.

Pomona haussa les épaules, c’était à son tour d’avoir l’air indifférent, même si elle ne l’était pas le moins du monde.

Elle savait bien que Clyde serait tout à fait capable de la faire tourner en bourrique uniquement pour satisfaire son goût stupide pour ce genre de jeux idiots, il le faisait déjà sans ce prétexte, mais il avait effectivement un moyen de pression sur elle… Pomona n’avait pas la moindre envie qu’Olive ait écho de cette conversation. Elle espérait d’ailleurs que Clyde saurait faire montre de discrétion… ce dont sincèrement, ell doutait.


"Réfléchis à ce que je t’ai dit, c’est tout."


Elle ne pourrait pas l’empêcher de faire ce qu’il sous-entendait, alors elle n’avait aucune raison de lutter. Elle espérait juste que ses propos auraient fait leur chemin dans la cervelle de moineau du poufsouffle.

N’ajoutant rien de plus, elle tourna les talons, et sans jeter le moindre nouveau regard en direction de Clyde, elle entreprit de quitter le parc pour achever sa lecture à la bibliothèque.

Avec un peu de chances, il prendrait le temps de réfléchir à ce qu’elle lui avait dit… avec un peu de chance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
RÉSISTANCE
avatar
▌ Messages : 1010
Humeur :
90 / 10090 / 100

En couple avec : Marié à l'ô combien délicieuse Bonnie

QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,2 cm, bois de meurisier et poil de doxy
Camp: Neutre
Avatar: Robert Sheehan

Message#Sujet: Re: La lettre écarlate (Clyde)   Ven 11 Mai - 20:35

    « À plus tard! » la salua l’aîné de la fratrie Hornby, un sourire quiet accroché aux lèvres, tandis qu’il adressait de grands et exagérés signes de la main à la vert et argent qui disparaissait déjà loin de sa vue.

    Il attendit d’être sûr qu’elle était assez loin et ne se retourne pas dans sa direction (ce qu’elle n’avait pas l’air de vouloir faire de toute façon) pour faire disparaître ce sourire en apparence détendu de son visage et le remplacer par une grimace. À présent qu’il était seul, il n’était plus obligé de faire mine de s’en moquer, et pouvait à loisir réfléchir à ce qu’il venait d’entendre et à la façon dont il devait aborder la situation, ce qui n’était guère simple. Il était tiraillé entre l’envie de faire comme si cette conversation n’avait pas eu lieu, de reprendre le cours de son existence pantouflarde comme si de rien n’était (c’était excessivement tentant) et celle de comprendre ce qui se passait. Il n’était pas foncièrement curieux, laisser des mystères irrésolus dans quelques recoins de sa cervelle sans jamais tenter de les percer, c’était tout à fait son genre. Sauf que la, il ne s’agissait pas de n’importe quelle énigme à élucider, il s’agissait de sa sœur… et du mal potentiel qui pouvait lui arriver.

    Il était obligé de prendre les propos de Pomona au sérieux. Les gens comme elle avait ce clair avantage sur lui que, quoi qu’ils disent, on était bien contraints de les croire. Parce qu’ils étaient intègres, sérieux, et ne disaient jamais que la vérité, toute la vérité… pendant que lui-même passait son temps à sortir des mensonges plus gros que lui en espérant qu’on y croit (ce qui, il en était fier, arrivait tout de même assez souvent). Il ne pouvait pas prendre à la légère les avertissements pour le moins étranges de la vert et argent, parce qu’elle n’aurait jamais prit la peine de s’adresser à lui si ce n’était pas de la plus haute importance, et parce qu’elle savait des choses sur Olive qui laissaient à supposer qu’elle ne plaisantait pas. Elle était au courant pour sa maladie, cette maladie que la famille Hornby avait pourtant prit toutes les précautions du monde à cacher au regard d’autrui.

    Oui, il se passait quelque chose. Oui, il devait tenir sa promesse à Pomona, parce que pour une fois, il voulait savoir… et parce que - ça le tuait de l’admettre, si sa sœur était en danger, ou si, en tous cas, quelqu’un cherchait à profiter de sa faiblesse, de son secret… , il se sentait le devoir de la protéger. Mais sans qu’elle n’en sache rien, bien sûr, il avait tout de même sa fierté. Ça y est, Pomona avait disparu à l’intérieur du château. Clyde, lui, décida de se rallonger dans l’herbe. Oui, il fallait qu’il parle à Olive. Ou à Tom. Ou aux deux. Mais ça pouvait quand même attendre un peu… au moins le temps qu’il sache comment aborder la question sans éveiller leurs soupçons, à l’un comme à l’autre. Le soleil était encore haut dans le ciel, et caressait agréablement son visage, mais il était plus difficile d’apprécier le moment à sa juste valeur à présent que questions et pensées (qui n’y avaient généralement pas leur place) se bousculaient dans son esprit. Ce n’était pas pour rien s’il décidait de se moquer de tout! Se faire du soucis était tellement éprouvant.
    Les ignorants sont bénis. L’adage ne lui avait jamais autant parlé qu’en cet instant. En même temps, à présent qu’il savait, il s’en voulait de ne pas avoir su plus tôt. La vie est une garce. Vicieuse et sadique. Et elle lui faisait payer son inconséquence.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

La lettre écarlate (Clyde)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» La lettre écarlate (Clyde)
» Episode 5: Bonnie and Clyde.
» Lettre ouverte au President en rapport avec l'UCREF
» Lettre de George Sand à Musset.
» LA LETTRE DES SENATEURS AU PREMIER MINISTRE
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
T.rouble O.r M.isery (or both) ::  :: 
L'extérieur de l'école
 :: Le lac.
-