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 ZELDA & LOUISA - Quand on agonise

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Serdaigle
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Message#Sujet: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Ven 27 Juil - 16:51

★ Quand on agonise... ★



Pourquoi ? Pourquoi ? Par les chaussettes de Dumbledore, pourquoi il fallait que ça lui arrive à elle ? Que je vous explique. Louisa, à force de ne pas vouloir voir sa mère à l'infirmerie, avait développé des anticorps ultra puissants (c'était sa théorie, en tous cas) et une propension à juste dire « ce n'est rien » quand elle souffrait d'un mal de tête, d'un rhume, ou même de quelque chose de plus grave. Tout était bon pour ne pas se rendre à l'infirmerie, et ça pour plusieurs raisons : déjà, elle n'appréciait pas ses face à face avec sa mère, durant lesquelles, à cause de son petit caractère, elles se prenaient sans cesse la tête, mais aussi parce que s'il lui arrivait quelque chose d'un peu grave, et qu'elle devait rester au repos quelques jours, tout le monde allait dire que sa mère faisait du favoritisme avec elle. Qu'elle ait l'air ou non de souffrir le martyre, ces crétins s'en foutaient.

Et aujourd'hui, la petite Louisa souffrait le martyre. Elle n'avait pas réussi à trouver le sommeil la veille. Elle s'était tournée et retournée dans son lit, avec un horrible mal de ventre et une migraine atroce. Elle s'était dit qu'elle tiendrait le coup, qu'elle finirait par s'endormir, et que le lendemain, ce serait comme si de rien n'était (elle croyait dur comme fer à ces anticorps magiques qui devaient faire leur boulot mieux que n'importe lequel des médicaments que sa chère maman pouvait lui prescrire). Sauf que ça ne s'améliora pas, en fait ça empira. Elle passa la première moitié de la nuit à remuer dans son lit, bouillonnante de transpiration, et la deuxième dans les toilettes de la salle commune, à vomir... Résultat, elle n'avait pas dormi. Donc ce matin là, elle était exténuée, malade comme un chien... et convaincue qu'elle n'irait pas en cours. Elle pensait passer la journée dans son lit, à rattraper sa nuit et à attendre que sa passe. Elle préférait écoper d'un avertissement plutôt que de passer par l'infirmerie et d'avoir une dispense.

Elle pensait comme ça, mais ça avait fini par devenir intenable. Sur les coups de onze heures, sa fièvre était apparemment monté si fort qu'elle se sentait en proix au délire.
Bon. Comme on dit : il faut soigner le mal par le mal.
Rassemblant les minuscules forces qui lui restaient, elle se leva, et d'un pas totalement faible, elle se traîna misérablement jusqu'au troisième étage. Elle était au supplice quand elle toqua à la porte de l'infirmerie. Pourquoi elle ? POURQUOI ?
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Ysbridion
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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Lun 30 Juil - 22:49

L'approche des examens ne devait être le moment de prédilection d'aucun infirmier dans aucune des écoles (de magie ou non) de ce bas monde. L'imminence de ce genre de tests coïncidaient étrangement avec une affluence totale face à son bureau. Logique. Ces pauvres petits imbéciles avaient passé l'année à flemmarder et à ne rien faire, alors quand la fin de l'année approchait, ils se rendaient compte qu'il n'avait pas profité du temps qui leur avait été imparti pour travailler. Ils espéraient donc glaner quelques jours en se faisant porter pâle et en obtenant une dispence de la part de l'infirmière de Poudlard. L'ennui était le suivant : Zelda Sparkley n'était pas dupe. Elle les connaissait bien, ces imbéciles de malades imaginaires, elle était suffisamment intelligente pour reconnaître les vrais malades des faux, et elle ne supportait pas qu'on lui fasse perdre son temps. Les pauvres gosses qui osaient croire qu'en lui toussant au visage ou en simulant un malaise allaient parvenir à leurs fins se fourraient le doigt dans l'oeil jusqu'à la rotule. Et Zelda savait se montrer particulièrement désagréable (pour ne pas dire odieuse) envers les gamins qui lui mentaient effrontément en pensant s'en sortir blancs comme neige.

Ce jour là, elle en avait vu défiler, des petits crétins venus lui gâcher son temps et altérer sa patience (qui n'était déjà pas très grande), plus que de vrais malades. En fait, il n'y avait eu que deux vrais malades : l'un qui était tombé dans le lac (où s'y était plongé comme un pauvre crétin, oui) et qui s'était fait piquer par une algue urticante, l'autre s'était pris en pleine figure un sortilège cuisant par l'un de ses petits camarades. Les autres avaient tous cherché des prétextes absurdes, et se conduisaient comme de pauvres abrutis. Elle les avait rembarré l'un après l'autre avec de moins en moins de délicatesse au fil des heures.

Au moment où Louisa toquait à sa porte, Zelda était exténuée. Elle sentait venir un nième petit insolent décidé à lui faire perdre son temps. Mais non. C'était sa fille, à la porte. L'infirmière afficha une mine sincèrement surprise, qui ne lui était pas coutumière. C'était la première fois que Louisa toquait à sa porte. Depuis son arrivée à Poudlard, la petite faisait tout pour éviter sa mère, et cette dernière la soupçonnait de rester dans son coin lorsqu'elle était malade juste pour ne pas la voir. L'infirmière aurait voulu que sa fille vienne uniquement pour la voir, mais visiblement ce n'était pas le cas. La pauvre petite était pâle comme un linge, elle n'avait vraiment pas l'air au meilleur de sa forme.


"Louisa ? Qu'est-ce que tu as ?"


à la voir comme ça, Zeld' craignait presque que Louisa s'effondre juste devant elle. Sans lui demander son avis, elle l'aida à marcher jusqu'au lit le plus proche où elle la fit s'asseoir. Elle appuya sa main sur le front de la serdaigle : elle avait visiblement de la fièvre.
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Serdaigle
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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Sam 4 Aoû - 11:40

★ Quand on agonise... ★



"Louisa ? Qu'est-ce que tu as ?"

Quand la porte de l'infirmerie s'ouvrit sur la petite serdaigle, sa mère ne dissimula pas sa surprise. Ça pouvait se comprendre, Louisa avait souvent dit qu'elle préférait crever plutôt que d'avoir à entrer dans le bureau de sa mère. Enfin... on était bien forcé de revoir ses priorités lorsqu'on avait vraiment l'impression qu'elle allait crever. Elle se sentait horriblement mal, et à choisir, oui, elle préférait supporter la présence de son infirmière de génitrice ! C'est pas pour autant qu'elle se sentait plus heureuse d'être là. Elle aurait aimé être n'importe où ailleurs, et disparaître. Elle allait sûrement faire mine d'être trop mal pour parler histoire que sa mère lui fiche une paix royale. Etant donné qu'elle n'allait vraiment pas bien, ce ne serait pas difficile pour elle... elle n'aurait pas spécialement à faire semblant.

Louisa chancelait à l'entrée de l'infirmerie, et l'aide que lui apporta sa mère pour s'installer jusqu'au lit le plus proche était plus qu'utile, même si la petite aurait voulu utiliser ses dernières forces pour la refuser. Elle avait voulu faire un geste pour se détacher de l'emprise de sa mère, mais elle était déjà trop faible pour ça.... et elle avait grand besoin de s'allonger un peu. Elle n'attendit pas que l'infirmière lui en fasse signe pour s'étaler de tout son long sur les draps. Son front ruisselait de sueur, et elle avait tout sauf l'envie d'expliquer ses symptômes. C'était le boulot de sa mère que de les déceler de toute manière, non ?


-À ton avis ? Je pète la forme et je suis venue te dire bonjour... répliqua-t-elle d'un ton cinglant.

Se montrer sympathique envers sa génitrice était une chose dont Louisa n'était plus capable depuis bien longtemps. On pouvait même croire, à se montrer aussi désagréable, que la petite serdaigle n'avait que de l'animosité à offrir à sa mère. La vérité était un brin plus complexe que cela. Louisa, sous ses airs de haïr la terre entière et sa génitrice plus encore, aimait sa mère, et même si elle ne l'avouerait pas, même sous la torture, elle était plutôt contente d'être là... enfin... elle était malade comme un chien, donc elle ne le réalisait pas vraiment, il n'empêche qu'il y avait longtemps qu'elles ne s'étaient pas retrouvées seules toutes les deux, et que ce n'était peut-être pas aussi désagréable pour elle qu'elle voulait bien se le faire croire. Après tout... qui, lorsque les choses n'allaient pas, n'avait pas envie de se réfugier dans les bras de sa maman ?
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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Lun 6 Aoû - 0:34

Zeld' avait toujours su prendre sur elle, et ne pas donner l'impression de pouvoir être affectée par quoi que ce soit, n'empêche que la froideur avec laquelle s'exprimait sa fille lui faisait mal. Louisa, c'était à peu près la seule personne au monde qui comptait pour l'infirmière de l'école, la seule personne pour laquelle elle était capable de se battre, de tout faire, même l'impossible... et tout l'amour qu'elle avait pour elle, sa fille le lui rendait très mal. Alors forcément, c'était douloureux. Mais pas question de jouer la carte du grand épanchement sentimental. Zelda était nulle, pour montrer ses sentiments, même à sa fille. Même lorsque son mari était encore en vie, elle était nulle à ça, avec sa mort, elle était devenu totalement étrangère aux démonstrations d'affection et à la façon dont elle était supposée agir, y compris avec Louisa. Comment faisait-on, quand votre fille vous faisait une crise d'adolescence avant l'heure ? Zeld' n'était pas préparé à ça. Elle ne s'était pas attendue à ce que le fait qu'elle soit scolarisée là où elle travaillait soit aussi traumatisant pour la petite, qui n'était déjà plus tout à fait elle-même depuis la mort de son père (ce qui était totalement compréhensible).

Zeld' choisissait de faire comme si... comme si ce n'était pas sa fille en face d'elle, comme si ce n'était pas grave qu'elle se montre aussi désagréable et ne prenne jamais la peine de venir la voir, comme si elle avait envers elle les mêmes égards qu'avec n'importe lequel de ses patients. Elle l'examina, elle avait vraiment, mais vraiment l'air au plus mal. L'infirmière était inquiète, mais comme pour tout le reste, elle le cachait bien. Elle utilisa son thermomètre afin de vérifier sa température. Comme c'était à prévoir, elle avait de la fièvre.


"Dis moi où tu as mal, précisément ?"

Louisa n'était pas très conciliante, mais Zeld' avait besoin du plus d'informations possibles afin de diagnostiquer au mieux la maladie de sa fille. Même si cette dernière était bornée, elle devait bien comprendre que c'était pour son bien et dans son intérêt de ne pas faire trop d'histoire, et de lui répondre clairement. Elle avait vraiment l'air très mal, mais dans le monde des sorciers, il n'y avait que peu de maladies qui soient vraiment graves, mais bon, pour bien les soigner, il fallait bien les analyser, et Zeld' craignait un peu que Louisa lui donne du fil à retordre. Elle n'aimait pas la voir dans cet état. Être mère, c'était développer une certaine empathie envers votre enfant. C'était en tous cas le cas pour Zeld', et elle irait mieux quand le fruit de ses entrailles, lui aussi, irait bien.
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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Sam 11 Aoû - 10:08

★ Quand on agonise... ★



Parfois, Louisa se disait qu'elle agissait comme elle agissait uniquement dans l'espoir de voir enfin sa mère avoir mal, de percevoir en elle une ombre d'émotion. Mais c'était toujours vain, l'infirmière laissait rarement quoi que ce soit paraître, même en présence de sa propre fille... Elles se ressemblaient beaucoup trop, en fait (même si Louisa aurait préféré avaler un saladier de verracrasses plutôt que de le reconnaître), elles avaient la même blessure en commun, le même désir de se réaliser en toute indépendance et à ne pas se faire marcher sur les pieds, la même difficulté à accepter de l'aide ou à faire à nouveau confiance en qui que ce soit... La mort du père de la petite serdaigle avait creusé plus profondément le début de fossé qu'il y avait déjà entre la mère et la fille. Le dialogue était bloqué. C'était triste, mais c'était comme ça. Comme aucune des deux ne faisait d'efforts pour améliorer les choses, ça resterait sûrement comme ça indéfiniment... La preuve. Une maman normale aurait engueulé sa fille pour son mouvement d'humeur, puis l'aurait serré dans ses bras pour l'assurer, pas Zelda Sparkley, qui à la place, agissait comme la (presque) parfaite infirmière qu'elle était. Louisa aurait voulu qu'elle fasse le premier pas. Elle l'aurait repoussé, bien sûr, mais ça l'aurait rassuré. Que sa mère rentre dans son jeu, ça ne lui plaisait pas le moins du monde. ça voulait dire que ça pourrait rester comme ça éternellement, et quand le jour arriverait (et avec toutes ces histoires de guerres moldues, ce ne serait pas si incohérent), elle se retiendrait de pleurer sur sa tombe, et ne s'excuserait jamais.

"Dis moi où tu as mal, précisément ?"

Au coeur? Elle allait négliger ce détail. A contrecoeur, la gamine se laissa le temps de la réflexion, pour bien apprécier chacun de ses symptômes. Céder à sa génitrice ne lui plaisait pas, mais il valait mieux qu'elle soit la plus précise possible si elle voulait espérer guérir rapidement, et être débarrassée de sa mère le plus rapidement possible (ce qui était évidemment dans ses projets les plus chers). Il lui était quand même difficile de donner une réponse précise. Elle avait mal à peu près partout. Elle se sentait généralement faible, comme si elle était dans un constant état de fatigue, et elle avait froid comme si elle avait décidé de se baigner dans le lac noir par moins vingt degrés.

-J'ai... mal à la gorge. J'ai du mal à avaler. Mal à la tête, aussi. J'ai froid... et j'ai des vertiges, parfois...


Elle baissa la tête en prononçant ces mots. Vous ne pouvez même pas imaginer l'effort qu'il lui avait fallu pour daigner répondre à la réponse de sa mère sans lui lancer une nouvelle pique un peu méchante. Enfin, l'heure était grave, elle voulait se sentir mieux, et vite! Elle espérait qu'il existait bien un de ces médicaments miracles sorciers qui vous faisait aller mieux en deux secondes et que sa mère ne l'obligerait pas au repos dans son antre maléfique. Moins longtemps elle s'y trouvait, mieux elle se portait. Elle avait tout sauf l'intention de s'éterniser, cela va sans dire.

Et, bon. De façon générale, elle aimerait aller mieux le plus vite possible, je ne pense pas que l'état d'agonie dans lequel elle se trouvait puisse plaire à qui que ce soit. Elle se sentait mal. Si mal...

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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Jeu 23 Aoû - 1:31

Zeld' savait pertinemment que si n'importe qui d'autre, même quelqu'un de cent fois moins compétent qu'elle (et ils étaient tous moins compétents qu'elle), avait demandé à Louisa ses symptômes, elle n'aurait pas mit autant de mauvaise volonté à les énoncer. C'était... vexant, attristant, douloureux... mais tant pis. Après onze années, elle avait appris à connaître sa fille, et même si ces dernières années avaient été plus difficiles que les précédentes (la mort du père de la petite serdaigle avait creusé entre elles un fossé impossible à combler), elle avait apprit à faire avec son humeur exécrable, ses piques déplaisantes, son attitude toujours détachée, voire parfois agressive en sa présence. Elle savait. Elle ne cautionnait pas, mais elle savait. Et elle acceptait. Elle se disait toujours que sa fille et son affection lui reviendraient, le jour où elle serait prête. Mais ce jour risquait de mettre longtemps à venir, malheureusement... Comme toujours parfaite maîtresse de ses émotions, Zeld' ne donna pas l'impression de pouvoir souffrir une seule seconde de la mauvaise volonté de sa fille. Elle s'estima même satisfaite du peu que la bleue et bronze voulait bien lui donner. Au moins, elle cessait de lutter et acceptait de se faire soigner. C'était bien parce qu'elle devait avoir mal, mais passons, on se contentait de ce qu'on pouvait avoir.

D'après ce que sa fille était en train de lui dire, elle souffrait d'une angine. En soi, c'était rien de grave, mais elle devait être en plein accès de fièvre, d'où ses vertiges, et dans un tel état, n'importe lequel de ses symptômes était amplifié. Une chance pour la petite, elle n'aurait pas à supporter de longues nuit d'agonie à l'infirmerie, si le diagnostic de Zeld' était exact. Une potion, deux heures de repos, et elle pourrait se débarrasser de sa compagnie. Et encore, les deux heures de sommeil n'étaient pas indispensable, mais Zeld' aimait ce prétexte, qui lui permettrait de profiter plus longtemps de sa progéniture. Quitte à mettre une goutte de somnifère dans son médicament. Quoi? On attrape pas une mouche avec du vinaigre.

"Bon, ouvre la bouche et fais "ah""

Zeld' était sûre et certaine que cet ordre tout simple, et particulièrement classique, arriverait déjà à faire dresser les cheveux de Louisa sur sa tête, d'autant plus qu'elle devait considérer que c'était le comble de l'humiliation. Mais bon... Elle avait pas le choix, de toute façon. Et si ça pouvait l'énerver un peu, tant mieux. Il ne fallait pas croire qu'elle se laissait marcher sur les pieds sans répliquer, même si c'était sa fille qui lui écrasait les orteils. Après tout, l'infirmière se sentait humiliée, elle aussi, de voir sa fille la traiter avec aussi peu d'égard, et ne pas vouloir être associé à son nom. C'était une maigre vengeance. Une chance pour Louisa qu'elle soit la seule personne au monde pour laquelle elle avait de l'affection, une véritable affection, ça lui évitait de la traiter avec déférence, comme elle le faisait avec ces élèves qui l'exaspéraient comme pas possible.
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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Jeu 23 Aoû - 9:07

★ Quand on agonise... ★



"Bon, ouvre la bouche et fais "ah""

Oh non, pas ça. Tout sauf ça. C'était tellement cliché, ça devait être en page 1 du manuel du parfait infirmier, cette phrase bidon! Ok, c'est vrai que son ordre était bien logique, dans le fond. Elle avait extrêmement mal à la gorge, qu'on lui examine la trachée pour voir dans quel état elle se trouvait était normal, une formalité, et la petite serdaigle aurait pu pointer du doigt l'incompétence de sa mère si elle ne l'avait pas fait. Alors dans le fond du fond de l'extra fond de sa conscience, oui, elle savait que c'était logique, et qu'il faudrait qu'elle s'exécute. Mais là... elle avait juste envie de refuser. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle avait le sentiment que s'exécuter sans protester un minimum, c'était faire preuve de faiblesse. Sa trop grande fierté l'invitait à ne surtout pas faire ce plaisir à sa génitrice. Le simple fait de devoir lui faire plaisir, ça l'agaçait profondément. Oui, elle aimait sa mère, oui, il y avait une part de douleur en elle à chaque fois que Louisa voyait qu'elle la faisait souffrir, mais elle ne savait pas faire autrement, elle en était tout simplement incapable. C'était plus simple de faire sa crise d'adolescence de se rebeller contre l'unique autorité parentale, et de gérer le vide causé par la mort de son père de cette manière plutôt que d'une façon plus rationnelle. Elle roula des yeux de façon à ce que l'infirmière ne puisse que le voir.

-Misère maman, c'est tellement cliché!

Elle se retint de mettre la main devant sa bouche quand elle réalisa ce qu'elle venait de faire. Elle voulait se montrer désagréable, comme d'habitude, mais dans le feu de l'action, elle avait aussi commis ce qu'elle qualifierait d'erreur : elle l'avait appelé "maman". ça faisait deux bonnes années qu'elle avait banni ce mot de son vocabulaire. Encore un moyen de torturer psychologiquement sa pauvre génitrice, qui n'avait rien fait d'autre sinon faire de son mieux en tant que veuve et mère célibataire dans un contexte où les femmes dans ces conditions n'avaient que peu de chances de s'en sortir. On peut dire que la petite bleu et bronze ne lui facilitait pas du tout la tâche. Louisa ressentait une certaine gêne à l'idée d'avoir prononcé ce mot qui aurait semblé naturel à n'importe quel autre enfant. Elle dissimula sa gêne dans la crise de toux dont elle fut prise.

Bon, ça devenait ridicule. Elle avait la gorge en feu, et le simple fait d'avaler était un véritable supplice. Il fallait qu'elle guérisse, très vite, qu'elle puisse s'en aller d'ici, et ne surtout pas revenir avant une bonne éternité. à contrecoeur, elle ouvrit donc grand la bouche, attendant qu'on lui inspecte le fond de la bouche. Par contre, elle se refusait catégoriquement à prononcer ce grand classique qu'était le "Aaaaaaa" profondément ridicule. Elle avait ses limites.
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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Jeu 30 Aoû - 0:49

L'infirmière su dissimuler sa joie (ce qui ne lui était pas bien difficile, étant donné qu'elle passait ses journées à tirer la tronche), mais elle n'en était pas moins fière que d'avoir entendu sa fille l'appeler "maman". Ce qui pouvait semblait naturel à beaucoup était difficile à tirer de la bouche de la petite Louisa, qui savait parfaitement jouer les pestes lorsque l'envie lui prenait (et malheureusement pour Zeld', l'envie prenait très souvent à la petite), alors quand elle entendait ce mot, forcément emprunt d'affection (même si Louisa semblait vouloir s'enfoncer six pieds sous terre afin de se punir pour son erreur), elle le savourait. Elle se sentait à présent bien plus d'humeur à supporter le sale petit caractère de la bleue et bronze (non, personne ne se demandera de qui elle l'avait hérité). D'autant plus que, même si sa fille y mit toute la mauvaise volonté du monde, elle concéda à s'adonner à l'exercice. Enfin... pas complètement Il aurait été trop présomptueux de supposer que Louisa Sparkley pouvait s'abaisser à prononcer la voyelle A tout en ouvrant la bouche, apparemment, aucun son ne s'échappa de ses lèvres. Le fait de demander à un patient de dire "ah" n'était pas anodin, pourtant, c'était en fait une façon d'observer certains réflexes musculaires, mais puisqu'on l'invitait à faire sans, Zelda ferait sans. De toute façon, tout ce qu'elle voulait était inspecter le fond de la gorge de son interlocutrice, afin de confirmer son diagnostic, un diagnostic qui pour elle était évidemment juste, puisque Zelda Sparkley avait la fierté et la suffisance de croire qu'elle ne se trompait absolument jamais. D'ailleurs, une fois de plus, elle avait vu juste (Bingo). A en juger par les petites tâches rouges qui tapissaient le fond de la gorge de la petite blonde.

"C'est ce que je pensais, t'as une angine."


Sur ces mots, l'infirmière se leva de sa place et alla fouiller dans sa réserve à la recherche d'une flasque de potion. Elle contenait un ingrédient bleuâtre à l'aspect et à la texture (semblable à celle de la boue) peu ragoûtants. Elle en versa dans un verre, et posa ce verre sur la table de chevet, à côté du lit où était assise sa fille.


"Bois ça."


ça tombait sous le sens, mais elle préférait préciser quand même. On est jamais trop prudent, et encore moins lorsqu'on s'adresse à Louisa Sparkley. Cette petite avait de qui tenir, et par moment, Zeld' en arrivait à se maudir de ne pas avoir meilleur caractère. Sa fille lui opposerait peut-être moins de résistance si elle-même n'était pas aussi revêche et désagréable avec le monde entier.


"Je te laisse rester ici une heure, le temps de te reposer."

Bien sûr, Zeld' faisait semblant qu'il s'agissait d'une faveur alors que pas du tout. Louisa aurait très bien pu partir se reposer dans son dortoir. Mais quel genre de mère aurait-elle été si elle n'avait pas voulu veiller sur sa fille alors qu'elle était souffrante?
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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Dim 2 Sep - 11:34

★ Quand on agonise... ★



-C'est ce que je pensais, t'as une angine.

La petite Louisa poussa un soupir qui oscillait entre agacement et soulagement. Elle était soulagée, au fond, parce qu'une maladie comme celle-là devait pouvoir se guérir facilement, et en même temps, elle était agacée, parce que sa mère avait prononcé cette phrase avec son air de "j'ai toujours raison". Et malheureusement pour la petiote, c'était vrai que sa mère avait toujours raison. Bon, quand sa vie était en danger (j'exagère à peine), il valait mieux que son diagnostic soit bon, mais la petite serdaigle ne savait jamais être satisfaite de ce que disait sa mère, c'était une question d'état d'esprit, de principe. Etre en désaccord avec sa génitrice, c'était une seconde nature, chez elle. La petite serdaigle regarda sa mère se lever et partir à la recherche de quelque chose dans son placard. Un remède miracle, sûrement. Oui, c'était bien un remède miracle.

-Bois ça.

Et qu'est-ce que tu dirais de te le prendre dans la tronche, à la place. Les gentillesses que Louisa avait envie de prononcer à ce moment précis ne manquaient pas, mais elle se retint d'en dire la moindre, elle se sentait trop crevée, trop mal. Elle voulait juste boire ce fichu médoc et avoir la paix. Elle allait porter le verre à ses lèvres quand sa mère reprit la parole.

-Je te laisse rester ici une heure, le temps de te reposer.


Sérieusement, elle allait devoir rester là encore une heure? Elle grommela. Elle avait vraiment envie de lui balancer cette potion à la figure, mais il était inutile de lutter, elle avait trop mal au crâne. Elle avala donc cul-sec le médicament, et se laissa tomber lourdement sur son lit. Elle n'adressa pas un mot à sa mère et ferma les yeux, comme une invitation pour elle à ne pas lui parler. Avec un peu de chance, elle s'endormirait, et cette heure passerait plus vite que prévu.
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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Mar 4 Sep - 0:15

À en juger par le regard que lui avait lancé sa fille, Louisa n'était pas totalement satisfaite du verdict de Zeld'. D'un côté, elle devait être soulagée de n'avoir rien de plus grave qu'une angine (quand la fièvre vous faut délirer, on peut facilement s'imaginer à l'article de la mort), d'un autre, l'infirmière voyait bien que ça "soûlait" Louisa de devoir rester là. Bien fait pour elle, elle n'avait qu'à pas être une gamine ingrate et désagréable (comment ça, c'était une question d'éducation ? Mais que Nenni ! Zeld' décline toute responsabilité quant au comportement de sa fille). La petite serdaigle daigna boire son médicament, et s'allonger sur le lit sur lequel elle était assise avant. Elle ne mit pas deux secondes à fermer les yeux. Zeld' devinait sans crainte que même si elle ne dormait pas, elle saurait parfaitement faire semblant, histoire d'être sûr que celle qu'elle appelait de façon presque insultante sa génitrice ne viendrait pas la déranger.

L'infirmière poussa un léger soupir (qu'elle fit silencieux pour que sa fille ne puisse pas le percevoir). Elle aurait aimé que les choses se décantent entre elle et Louisa, mais ça semblait peine perdue. Bon, sa fille n'avait que onze ans, elles avaient encore tout le temps de réussir à rétablir la communication, mais pour l'instant, Zeld' était tout simplement lasse d'essayer, et elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait été tentée de jeter l'éponge. L'infirmière regarda un moment sa fille, emmitouflée dans ses couvertures. Comme elle l'était à cet instant précis, les yeux fermés, ses cheveux blonds encadrant son visage, l'air paisible, elle avait presque l'air d'un ange. Pourquoi, par la barbe de Merlin, fallait-il qu'elle soit en vérité une vraie petite diablesse ? En fait, Louisa était le portrait craché de ce que sa mère avait été à son âge, mais ça, elle l'avait occulté vite fait bien fait de sa mémoire.

Pour patienter, Zeld' se lança dans le tris de quelques dossiers. Elle reçut, dans l'heure de repos de Louisa, deux élèves : un poufsouffle qui se remettait difficilement d'un sortilège de crache-limace et une serdaigle qui avait de toute évidence voulut trouver une excuse pour échapper aux cours. Elle s'occupa d'eux vite fait bien fait. Elle avait une folle envie de s'allumer une clope, mais elle se l'interdisait toujours en présence de sa fille. Elle donnait l'exemple comme elle pouvait et dans la mesure de ses capacités, on va dire. Cette heure passa lentement. Zeld' profitait à sa manière de la présence de Louisa. Au moins, quand elle dormait, elles pouvaient rester sereinement dans la même pièce. Mais l'heure passa trop vite, et même si Zeld' avait bien songé à ne pas réveillé sa fille, elle le fit, sachant bien quelle engueulade succèderait au fait qu'elle l'ait réveillé en retard. Elle la secoua donc avec une douceur dont peu de personnes devaient la supposer capable.


"Tu peux y aller." lui souffla-t-elle à voix basse, un peu à contrecoeur, il faut le dire.
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Message#Sujet: Re: ZELDA & LOUISA - Quand on agonise   Mer 5 Sep - 10:29

★ Quand on agonise... ★



Louisa pensait qu'elle n'arriverait pas à s'endormir, pas dans ces conditions, avec sa mère qui la regarderait, à sa merci dans cette infirmerie aseptisée, elle pensait juste fermer les yeux, faire semblant de dormir, et attendre que ça passe. Au final, elle avait tord. Elle ne savait pas si c'était à cause de toute la fatigue qu'elle avait accumulé à cause de sa maladie, ou juste parce que le médicament que sa mère lui avait administré était fort, et assommant (elle était sûre que sa génitrice avait forcé la dose pour la garder ici, la saleté!). Elle n'eut pas le temps de grommeler qu'elle sentait déjà ses paupières devenir lourde. Elle s'endormit en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Son sommeil ne fut pas agité, mais quand même assez étrange. Elle fit un rêve un peu délirant, bon à psychanaliser, et Louisa supposerait à son réveil que la fièvre et la potion qu'elle avait bu avait dû aider à la bizarrerie de la chose : elle rêvait qu'elle était dans une forêt, mais ce n'était pas une forêt comme la forêt interdite ou n'importe quelle autre, les arbres étaient recouverts d'un feuillage semblable à du duvet, et aux couleurs très criardes : roses, oranges, bleues, violettes... La petite Louisa se frayait un chemin dans l'herbe vert pétante qui lui montait jusqu'aux chevilles. Elle marchait, marchait, jusqu'à ce qu'une espèce de bestiole orange, qui faisait à peu près de sa taille et avait la forme d'une immense pomme de terre. Une pomme de terre qui avait la voix de son père, et qui la rassurait, lui disait que tout irait bien, avant de la serrer dans ses bras. Puis au terme de cette étreinte, la pomme de terre s'évaporait. Elle entendait alors le bruit d'un galop, une licorne fonçait droit sur elle, corne en avant, prête à l'éventrer. Louisa faisait plusieurs pas en arrière pour échapper à son agresseur quand...

Tu peux y aller.

Louisa ouvrit les yeux. Sa mère la réveillait au bon moment. La petite blonde fixa le plafond. Elle analysait la façon dont elle se sentait. Elle était bien obligée de constater qu'elle se sentait beaucoup mieux. La fièvre avait complètement disparu, elle ne ressentait plus aucune gêne au niveau de la gorge. Elle avait même retrouvé son appétit. D'accord, sa mère était très efficace. Louisa s'étira, puis se leva, récupéra son sac, et adressa à peine un regard à l'infirmière. Hors de question de lui dire merci ! Ça lui écorcherait la langue.

-C'est ça, à plus.


Elle claqua la porte derrière elle. Être désagréable était une seconde nature, chez elle. À présent qu'elle était mieux, et que cette sieste réparatrice lui avait redonné de l'énergie, elle n'avait qu'une envie : reprendre la lecture qu'elle avait abandonné un peu plus tôt. Je sais, je sais, c'est pas l'activité la plus palpitante du monde, mais Lou ne faisait pas de sport et ne se dépensait jamais qu'intellectuellement. Elle retourna donc à son dortoir, s'assit sur son lit, et reprit sa lecture.

The End.
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ZELDA & LOUISA - Quand on agonise

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