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 Braise de nuit devient cendre du matin.

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Miss condiments. Le pantin particulier. Modératrice ultime.
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Message#Sujet: Braise de nuit devient cendre du matin.   Jeu 6 Juin - 14:14




« Braise de nuit devient cendre du matin. »



    Est-ce que la perspective l'effrayait? Non, pas vraiment. Plus vraiment. Olive avait sentit son cœur s'affoler lorsqu'elle avait prit sa décision. Elle avait eu un léger vertige, qui l'avait fait s'asseoir le plus vite possible au sol, le dos contre le mur. Et elle était resté ainsi un long moment, à réfléchir. A ce qu'elle avait fait. A ce qu'elle allait faire. Aux conséquences de ses actes. A ce qu'ils pourraient bien changer.

    Et une sensation retrouvée. Celle de se savoir vivante. D'avoir un but à atteindre. Un but qu'elle désirait vraiment atteindre. Le sentiment de faire quelque chose de juste. Et puis, cette tension, ce stress, s'étaient lentement relâchés, pour faire place à une sérénité qu'il ne lui semblait n'avoir jamais ressentit.

    Alors elle s'était relevée, et avait marché jusqu'à la table du salon. Avait ressortit le parchemin, l'encre et les plumes qu'elle n'avait pas osé utiliser lorsqu'Elena était venue lui rendre visite. Et, assise, elle s'était mise à écrire, noircissant de son écriture penchée ces feuilles encore vierges il y a peu. Elle avait écrit, mettant sur parchemin ses pensées, ses idées ou ses sentiments. S'adressant tantôt à de la famille, tantôt à des amies, tantôt à des connaissances. Non, Olive n'était pas allée travailler aujourd'hui. Car à vrai dire, elle avait mieux à faire. Tellement mieux à faire. Depuis maintenant trop longtemps, elle avait enfin l'impression d'effectuer quelque chose de bien. D'essayer de rattraper un peu ses erreurs passées, si cela était encore possible.

    Et puis, une fois ce point final, symbolique à ses yeux, apposé sur le dernier parchemin, elle laissa couler la cire rouge, scellant un à un chacun des documents, et écrivit d'une écriture soignée à qui chacun d'eux était destiné. Cela était fait. Ce constat la fit rester immobile quelques instants, se demandant à quels moments le sort qui l'enchaînait se réveillerait. Ce qu'elle ressentirait alors...

    Secouant la tête pour chasser ses pensées, Olive se rendit dans sa chambre, ouvrant son placard dans une recherche bien précise. Oui. Cette robe blanche d'été, que sa tante lui avait offerte l'année dernière et qu'elle n'avait jamais osé porter. Elle l'enfila avec précaution, ajustant soigneusement les bretelles qui dénudaient ses épaules, lissant les plis et arrangeant l'ensemble pour que la taille du vêtement s'adapte à sa silhouette. Abandonnant sans la moindre considération sa robe noire aux manches longues au sol, Olive sortit de la pièce, puis de son appartement, emportant les lettres et quelques noises avec elle. Sans se préoccuper de fermer la porte d'entrée, elle descendit à l'étage du dessous, où les volatiles piaillaient sans se soucier des clients de la boutique. Elle choisit un moyen duc brun qui, même s'il n'était pas particulièrement beau ou gracieux, avait l'air fiable. Elle laissa les noises sur le comptoir, l'employé n'étant pas revenu de sa pause midi, sans se soucier de laisser bien plus que ce que l'envoi coûtait. Après tout, elle n'était plus à une ou deux mornilles près, à présent.

    Libérée d'un poids, Olive sortit dans la rue. Son destin ne lui appartenait plus à présent. Et à chaque battement d'ailes de son messager, la fin se rapprochait. Etrangement, elle se sentit heureuse de voir le soleil luire dans ce ciel parsemé de nuages. Mettant sa main en visière, elle se surprit à regarder ce ciel si bleu, qu'elle fuyait d'ordinaire. Une bouffée de joie emplit alors son coeur, et un sourire franc trôna alors sur ses lèvres, tandis qu'elle se mettait en route. Elle s'arrêta devant cette ruelle, à laquelle elle jeta un dernier regard. Ultime pèlerinage, dernier hommage à celui qui n'était plus. Et, le coeur un peu plus lourd, elle continua son ascension.

    Pas après pas, elle se dirigea vers l'extérieur du village, laissant sans la moindre appréhension le soleil léchait sa peau et répandre un peu de sa chaleur, qu'elle pensait de plus jamais connaître, en elle. Et puis, fatiguée, Olive s'était assise au pied d'un arbre, non loin de cette cabane défoncée. Levant les yeux, elle avait apprécié le jeu des rayons solaires à travers le feuillage du chêne avant de fermer les paupières et d'inspirer profondément. De façon étrange, c'était à l'aube de sa mort qu'elle se sentait la plus vivante. Comme si le reste de son existence, Olive n'avait fait en vérité que survivre...

    Une petite douleur au poignet la fit tressaillir, ouvrant subitement les yeux. Les cicatrices pâles de son poignet s'étaient réveillées, se retransformant lentement en fines chaînettes enflammées. L'une d'elle se mit à briller un peu plus fortement, avant d'éclater.

    " T'engages-tu à ne révéler à personne tout ce que tu pourrais apprendre sur mon compte? "

    Oui, elle l'avait rompu, ce Serment Inviolable... Elle observa, un peu anxieuse, les deux chaînes restantes, libérées de la troisième, remonter de plus en plus rapidement le long de son avant bras, encerclant la marque des ténèbres, puis de son bras, se dirigeant telles des dragons dorés droit vers son coeur. Elles glissèrent sous le tissu blanc, courant sur sa peau sans la moindre difficulté. Et son coeur s'arrêta subitement sur un dernier battement. Olive papillonna un court instant des yeux, avant que son corps ne s'affaisse dans l'herbe, sans vie...

    Elle était morte, dans cette robe blanche, si inhabituelle chez elle, sans se rendre compte du fait qu'elle mourrait, jour pour jour, trois mois après Morgan.





HJ/ Les lettres sont ici Clic!
Je laisse à Pomm' la possibilité de les donner en main propre via un rp ou de les renvoyer via hibou postal

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