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 Suspicion always haunts the guilty mind.

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Ysbridion
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Message#Sujet: Suspicion always haunts the guilty mind.   Lun 12 Aoû - 16:48

Courir après du vide. C'est ni plus ni moins ce à quoi les aurors s'attèlent depuis un moment. Les attaques de neo Grindelwaldiens se multiplient, mais les pistes restent maigres, et les indices accumulés par le bureau, peu tangibles. Ils ne font pas dans la dentelle, pourtant, ils sont bien moins appliqués que n'a pu l'être Grindelwald de son temps, leurs motivations demeurent plutôt floues (qu'en savent-ils seulement ? ), leurs attaques sont aléatoires. C'est peut-être ce qui les rend si insaisissables, en fait. On ignore quand ils vont attaquer, où ils vont attaquer. Quand nous mettons la main sur l'un d'entre eux, il est déjà mort, et les témoignages que nous parvenons à obtenir des survivants de ces attaques ne permettent pas d'établir un profil psychologique vraiment précis. C'est assez frustrant. Mais je ne désespère pas. Tout imprévisibles qu'ils sont, ils sont également plus aptes à faire des erreurs, et le jour où ils en commettront une trop grave pour être ignorée, je serai là pour fondre sur eux. Enfin, à mon niveau, puisque le travail de terrain ne m'appartient plus vraiment, depuis que je suis afilié au bureau de criminologie, quand bien même j'ai fait partie de ceux qui ont mit à mal Grindelwald il y a moins d'un an de cela.

Le travail de terrain est en effet réservé et accordé aux plus jeunes, et c'est l'un de ces jeunes aurors, d'ailleurs, qui m'intrigue tout particulièrement. Oh, je n'ai aucun grief spécifique contre lui. Mais le temps et l'expérience m'ont appris à ne pas avoir trop de mal à sonder l'esprit humain (après tout, c'est mon métier), et j'ai le pressentiment que, dernièrement, quelque chose a changé chez le jeune homme. Il reste quelqu'un d'extrêmement dévoué, c'est vrai, il est rare de voir un auror se donner à ce point corps et âme dans son travail, et pourtant, il me semble que cet excellent élément à quelque chose à cacher. J'ignore quoi, mais je me pense tout à fait apte à le découvrir. Et c'est donc pour le cuisiner un peu que je l'ai convoqué dans mon bureau, sans même chercher un prétexte (de l'avantage d'appartenir à la hierarchie).

En attendant son arrivée, je demeure assis à mon bureau, et j'épluche le dossier de plusieurs criminels, connus pour avoir servi Grindelwald du temps où celui-ci était encore en vie, et qui pourraient très bien avoir eu envie de poursuivre l'oeuvre de leur grand mentor. Je suis tout affairé à cette tâche lorsqu'on toque à la porte de mon bureau. Inutile de me demander de qui il s'agit.

-Mr Colloway. Entrez, je vous attendais.
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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Ven 16 Aoû - 10:28


Suspicion always haunts the guilty mind
L'

esprit légèrement embrumé, Gwendall buvait son cinquième café de la matinée, tentant du mieux qu'il le pouvait de palier à son évident manque de sommeil lui qui la veille n'avait pas dormi de la nuit. C'était là l'inconvénient de la double vie qu'il s'était pourtant choisi en son âme et conscience, il n'était pas rare que les missions qu'on lui confiait aient lieu la nuit, et même s'il les accomplissait à coeur joie, il devenait difficile de combiner ces deux métiers contraditoires qui étaient pourtant deux passions. Il ne voulait négliger ou abandonner aucune d'entre elles pour se livrer pleinement à l'autre, il demeurait pleinement convaincu du fait qu'il pouvait exceller en un lieu comme un autre sans avoir besoin de sacrifier quoi que ce soit. Utopie ? Sans doute, c'était du moins ce que laissaient penser les gobelets à café qui s'amassaient sur son bureau, mais pour peu qu'il troque la caféine contre une substance plus efficace (il était un sorcier, après tout, ce ne devait pas être bien difficile de se procurer une potion - qu'elle soit légale ou non avait peu d'importance, au point où il en était - qui lui permette de mener de front ses différents objectifs).

Il feuilletait sans grand intérêt le dossier qu'on avait laissé sur son bureau ce matin, le profil du criminel potentiel qu'ils devraient pister dans l'après-midi. Le mot "criminel" était d'ailleurs un peu fort pour parler de ce simple trafiquant qui n'avait certainement commis aucun meurtre de sa vie. Une journée bien tranquille, en somme. Un fin sourire s'afficha sur le visage de Gwendall. Il songea à Sasha et à la réflexion qu'elle lui avait faite sur l'inutilité des aurors, qui se contentaient de feuilleter des dossiers poussiéreux dans leur bureau. Dans l'état où il se trouvait actuellement, il aurait été tout simplement incapable de la contredire. Cette matinée était décidément très calme... Bien plus calme que d'habitude. Tant mieux. Cela lui laissait le temps de se remettre d'une nuit qui avait été bien trop agitée... Il y a trois heures encore, il débarrassait la scène de crime de  toute trace de sang. À présent on lui demandait d'en éviter une autre. Contradiction plaisante. Mais contradiction épuisante. Gwendall était, vous l'aurez compris, exténué.

Si bien qu'il hésita à se laisser fermer les yeux quelques secondes ... Les circonstances voulurent que non. Une note vola alors jusqu'à son bureau et s'y déposa à la manière d'un oiseau de papier. Gwendall, habitué à ce que les messages au sein du bureau soient transmis de la sorte, ne s'en formalisa pas. Il déplia le morceau de papier, se disant qu'on allait peut-être l'obliger à moins de flegme et plus d'action. Au final, il ne su pas à quoi il devait s'en tenir. Christopher McDowell, le directeur du département de criminologie, demandait à le voir. Autant le dire, l'Auror n'était pas des plus rassurés. Pour le peu qu'il connaissait Christopher McDowell, il ne s'était jamais senti très à l'aise en sa compagnie. Il avait le sentiment que, d'un regard, cet homme savait sonder le fond de son âme, et c'était parfaitement désagréable. Pourtant, il admirait cet homme, pour lui, il était un véritable exemple. Il n'empêche que, ignorant les motifs de cette convocation, il ne se sentait pas très à l'aise. Il tenta de ne rien y laisser paraître néanmoins, et se dirigea donc vers le bureau de son supérieur hiérarchique et toqua à sa porte. Une fois qu'on l'invita à entrer, il fit un pas à l'intérieur.

-Vous vouliez me voir ?



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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Jeu 22 Aoû - 18:33

Tout doit y passer, tout doit être passé au crible, analysé dans les moindres détails et sans aucun ménagement, c'est d'une importance capitale. C'est des réflexes que l'on acquière avec l'expérience, qui nous permettent d'apprendre les fondamentaux, les gestes qui trompent, ceux qui ne trompent pas, les attitudes suspectes, ou celles qui ne le sont pas suffisamment. Dans ce domaine, ce bon vieux Merlin sait que j'ai de l'expérience ! Certes, dans ce domaine, elle s'est accrue dès lors que j'ai rejoint le département de criminologie et me suis attelé à un travail de bureau, mais elle me servait déjà lorsque j'actais sur le terrain. Cela me permettait, entre autres, d'anticiper les actes de criminels notoires, ou de confondre certains suspects. La gestuelle de chacun en dit en effet long sur le caractère d'un individu, et sur son état d'esprit ou au moment où l'on s'adresse à lui. Savoir faire attention à ces détails, c'est disposer d'armes qui peuvent priver votre adversaire des siennes. En gros, c'est une excellente chose. Et pour cette raison, et bien qu'aucun indice ne puisse encore me prêter à fonder de réels soupçons sur la personne de Gwendall Colloway, j'examine en détail son attitude, du moment où il toque à ma porte jusqu'au moment où il prend enfin la parole. Et je continuerai après cela.

-Vous vouliez me voir ?


Cette question est rhétorique mais logique, rien de bien suspect là-dedans, il se place seulement dans la dynamique qui doit le servir : affirmer par quelques détours qu'il n'a aucun soupçon de... mes soupçons, justement. Il n'y a rien de profondément suspect dans son attitude à l'heure actuelle, je dois bien l'admettre. Mais j'ai tout à fait conscience que Gwendall Colloway est quelqu'un d'intelligent, s'il a quelque chose à se reprocher (et j'en conserve l'intuition), il ne le laissera pas paraître si facilement. Il est tout de même remarquable qu'il n'a pas l'air complètement à son aise, mais ceci ne prouve rien. Après tout, il vient d'être convoqué dans le bureau de l'un de ses supérieurs, il est on ne peut plus logique que qui que ce soit dans sa situation ressente au moins un peu d'appréhension. C'est un sentiment naturel.

-C'est exact. je réponds de manière tout à fait rhétorique, comme l'a fait mon interlocuteur précédemment. Asseyez-vous, je vous prie. Je lui montre la chaise vide en face de moi afin de l'inviter à y prendre place.

Le temps qu'il s'exécute, je jette un oeil discret à mes dossiers. Je n'ai, en vérité, pas de prétexte concluant pour justifié l'avoir convoqué, mais l'expérience (encore elle, mais que voulez-vous, il faut bien qu'il y ait également des avantages au fait d'atteindre un certain âge) m'a appris à savoir sans trop de mal à improviser. Faisant mine de ne pas être bien pressé d'aborder le sujet supposé l'avoir conduit ici, je reporte mon attention sur lui (je ne dois pas négliger de surveiller sa gestuelle) et prononce ces quelques mots :

-J'ai appris que vous aviez passé quelques jours à Sainte-Mangouste. Vous allez mieux, j'espère ?

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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Lun 26 Aoû - 15:07


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wendall ne se laissait que très rarement impressionner, pourtant, il n'en menait jamais large quand il se trouvait en présence de Christopher McDowell. Non pas que cet homme lui faisait peur en soi. Il avait beau être pince-sans-rire et autoritaire, l'auror ne l'avait jamais vu faire quoi que ce soit qui puisse lui laisser soupçonner qu'il soit dangereux en soi.... Mais tout de même. Il s'avérait qu'il admirait son supérieur autant qu'il n'appréciait pas grandement leurs tête à tête. Depuis qu'il avait rejoint les neo-grindelwaldiens, c'était encore pire. C'était peut-être une forme de paranoïa de la part de l'aîné de la fratrie Colloway, mais il avait le sentiment que chaque regard de l'homme qui lui faisait face tentait de lui transpercer l'âme afin d'en deviner les secrets les plus sombres. Il espérait savoir se montrer suffisamment bon acteur pour ne rien laissait paraître à un malaise qui était pourtant bel et bien là. Il n'empêche qu'il aurait largement préféré se trouver n'importe où plutôt qu'à cet endroit. D'autant qu'il ne savait toujours pas exactement pourquoi le responsable du département de criminologie avait demandé à le voir, ce dernier se gardant bien de révéler tout de suite ses intentions, s'il comptait seulement les lui révéler.

Pour Gwendall (qui à nouveau, ne savait pas s'il voyait juste ou cédait à nouveau à un accès de paranoïa), il devenait évident que McDowell cherchait à le tester. Au nom de soupçons véritables ou d'une simple intuition ? Allez savoir, mais l'homme n'avait pas l'intention d'alimenter ni l'un ni l'autre. Et s'il pouvait pour de bon taire ces soupçons qu'il lui semblait déceler chez son interlocuteur, alors il ne s'en priverait pas, loin s'en faut. Il lui semblait avoir jusqu'ici fait un sans fautes, et si sa double vie l'épuisait, elle n'était sue que de ceux qu'il avait bien voulu renseigner, somme toute sa soeur et l'intrigante Sasha. Et il n'imaginait ni l'une ni l'autre le trahir (et il avait grand tort de penser ainsi, bien sûr). S'il commençait à avoir McDowell dans les pattes, la situation allait se compliquer...

Il fit au mieux pour garder son calme, quand bien même il n'était pas si assuré et rassuré qu'il voulait bien le laisser croire. Il fallait maintenir l'illusion, laisser les suspicions au stade de la suspicion, sans rien qui puisse laisser croire qu'il y avait davantage à savoir ou à découvrir. Il ne quitta pas son interlocuteur des yeux, quand bien même il avait le sentiment, par la même, de lui laisser délibérément libre accès aux tréfonds d'une âme qu'il avait voulu de lui-même torturée.

-Je vais bien mieux, je vous remercie.


Il hésita à donner plus de précisions sur les circonstances qu'il s'était inventé afin de justifier son absence des bureaux, qui avait tout de même duré plusieurs jours mais il jugea rapidement que rien ne le ferait plus passer pour le coupable qu'il était effectivement que de commencer à se justifier à tous va. En fait, il n'ajouta rien de plus. Il avait le sentiment de devoir peser le moindre de ses mots... Et dans de telles circonstances, en dire le moind possible semblait donc préférable.
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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Mar 10 Sep - 10:59


-Je vais bien mieux, je vous remercie.


Gwendall est un jeune homme futé. Je le sais bien, et ça ne me surprend guère. Il faut être futé pour s'armer des intentions que je lui prête (même si j'ai encore un doute à ce sujet). Une personne peu sûre d'elle, prise la main dans le sac, et se sentant soupçonné, aurait certainement expliqué en détail, sans même que cela lui soit demandé, les raisons qui l'avaient conduit à l'hôpital. Oui, Gwendall a été suffisamment intelligent pour se contenter d'une réponse brève et polie. Intelligent... Au fond, c'est un fait, il me plaît bien, ce petit. Si je n'était pas convaincu qu'il trafique quelque chose de louche, je pense même que je l'inviterais à rejoindre mon département plus spécifique. Mais le fait est que même si je reconnais en lui une étonnante droiture, et une certaine dignité, je suis certain qu'il cache quelque chose, quelque chose de grave, tout comme je pressens que les raisons qui l'ont entraîné à Sainte-Mangouste ne sont pas étrangères à ces activités des plus louches auxquelles, à mon humble avis, il s'adonne (tout en s'était certainement trouvé un prétexte bien rassurant pour justifier ses actions déplacées, car de ce que je discerne de son caractère, il n'agit pas sans avoir trouvé un motif moral à son action... Dommage... s'il savait mieux suivre le chemin de la raison, il pourrait être un élément véritablement prometteur).

S'il ne compte pas lâcher le morceau si facilement concernant ses raisons, ce pourquoi il avait dû être hospitalisé à Sainte-Mangouste plusieurs jours durant, je n'ai pas l'intention, moi, de lâcher l'affaire. Ma soif de savoir a toujours été plus forte que toute autre chose. Et à cet instant, elle m'anime et me tenaille. Je ne compte pas laisser couler, au contraire, je vais le cuisiner, quitte à le rendre mal à l'aise. Le rendre mal à l'aise est même mon but. C'est dans ces moments là que la vérité se découvre au milieux de l'océan des mensonges.

-Cela semblait grave, tout de même. Qu'est-ce qui vous est arrivé ?


J'affiche un air légèrement soucieux, mais je ne pense pas que Gwendall s'y laissera prendre, il est plus intelligent que cela. Ce n'est pas grave, au contraire, c'est même mieux. je veux qu'il sente que je le soupçonne, que je le pousse dans ses derniers retranchements. Je m'attends à une pirouette, pour répondre à ma question. Dans tous les cas, j'avoue que je suis curieux de savoir ce qu'il va pouvoir dire pour sa défense. Il ne s'est pas fait cela au travail, si cela avait été le cas, nous l'aurions su au sein du bureau des aurors, il faut donc espérer pour lui qu'il se soit trouvé une excellente excuse. Et si excellente soit-elle, je ne suis pas certain que j'y croirai. Je me fie toujours à mon instinct. Et mon instinct me somme de défaire l'homme qui est en face de moi.
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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Mer 11 Sep - 0:19


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rave, oui, ça l'avait été, et Gwendall avait bien craint que son séjour à l'hôpital s'éternise. Il n'avait jamais passé autant de temps à Sainte-Mangouste, et n'avait pas pensé (douce naïveté) que cela lui arriverait un jour. Lorsqu'il avait intégré l'hôpital le matin, c'était en pensant qu'il serait de nouveau apte à retourner au travail le lendemain. La magie n'était-elle pas faite, après tout, pour rendre les blessures les plus graves parfaitement innocentes ? Apparemment pas. Finalement, c'était une semaine entière qu'il avait passé là-bas, cloué dans son lit d'hôpital. Certes, ça n'avait pas été de trop, et l'auror en avait bien conscience. Même s'il l'avait voulu, il avait été parfaitement incapable de quitter son état avant qu'on le lui accorde. Ce séjour avait été d'une longueur infernale. Même si cela avait été un mal pour un bien. Sans toute cette histoire, jamais il n'aurait rencontré Sasha. Et Sasha, qu'il le veuille ou non, était en train de changer sa vie. C'est qu'il avait été sacrément amoché, au cours de ce combat dont il s'était sorti de justesse, il aurait très bien pu y passer... Mais c'était le genre de choses qu'il ne pouvait évidemment pas dire à son interlocuteur. Il avait agi au nom d'une cause qui devait complètement dépasser le directeur du département de criminologie... et qui, par moments, dépassait Gwendall lui-même, d'ailleurs. Il fallait qu'il lui serve une excuse à la place. Mais quoi ? Bien sûr, il avait un scénario en tête, mais il ne le trouvait pas complètement aboutie. Pas suffisante, en tous cas, pour endormir un esprit aussi aiguisé que celui de son interlocuteur. Car oui, Gwendall ne se leurrait pas, il voyait bien que c'était là que McDowell voulait en venir, il avait clairement des soupçons, et il tentait de le confondre. L'ennui ? Gwendall ne se sentait pas vraiment de taille face à un tel adversaire. À certains, il pouvait sortir l'argument du combat mené en tant qu'auror, mais McDowell savait exactement quelles avaient été les missions de Gwendall, il savait donc qu'une telle histoire ne pouvait pas coïncider avec son accident. Néanmoins, il était une alternative à laquelle il avait choisi de s'essayer. C'était une alternative risquée, il le savait bien, mais quitte à être coupable aux yeux de son interlocuteur, autant que ce soit pour un crime moindre. Et il préférait les conséquences qui en découleraient à celles qu auraient pu succéder naturellement à de réels aveux.

-Pour être tout à fait honnête.
Il baissa les yeux, il serait plus simple pour lui de se montrer convaincant les yeux baissés. J'ai commis une erreur. J'étais en dehors de mes heures de service. J'ai croisé cet homme, dans un pub, l'un de nos suspects... J'ai cherché à l'appréhender, les choses ont mal tournées... Je sais que je n'aurais pas dû agir en dehors de la brigade d'intervention.

C'était un mensonge qui aurait des retombées, mais toujours moins que la vérité.
Enfin, encore fallait-il que sa parole soit crue par McDowell qui, il le savait, était bien difficile à convaincre.

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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Mer 25 Sep - 21:43

-Pour être tout à fait honnête.

Voilà un début de phrase qui peut tout laisser présager. De véritables aveux (qui seraient dans ce cas si facilement arrachés que j'en perdrais un peu de plaisir, je dois dire ce qui est) comme un mensonge particulièrement éhonté et culotté, puisqu'il ose utiliser l'adjectif "honnête" pour introduire son discours. J'attends donc. J'essaye de décrypter quelque chose dans son regard ou dans l'expression de son visage, mais le bougre a les yeux baissés, ce qui est très loin de me faciliter la tâche. J'y vois comme un indice. S'il évite de croiser mon regard, c'est bien qu'il cherche à me cacher quelque chose, non ? Mais je l'admet, peut-être qu'au final, je pense trop. C'est une chose qu'on m'a déjà reproché plus d'une fois, mais je ne peux pas l'empêcher, je n'aime pas voir s'échapper le moindre indice, quel autre choix ai-je alors ? Aucun, c'est du moins ce que je pense. J'ai la ferme intention de savoir ce que ce malotru me cache, et par Merlin, quelle que soit l'excuse qu'il va me trouver dans la seconde, je m'engage à avoir le fin mot de toute cette histoire.

-J'ai commis une erreur. J'étais en dehors de mes heures de service. J'ai croisé cet homme, dans un pub, l'un de nos suspects... J'ai cherché à l'appréhender, les choses ont mal tournées... Je sais que je n'aurais pas dû agir en dehors de la brigade d'intervention.

L'excuse peut se tenir. Elle a le mérite d'être crédible, au moins. Je suis même tenté de le croire. Mais je n'y peux rien, quelque chose m'en empêche. Peut-être que je le soupçonne depuis trop longtemps de je ne sais quoi, je n'arrive pas, quoi que je fasse, à m'ôter cette idée de la tête, c'est plus fort que moi. Mettons, néanmoins, qu'il dise vrai, son inconséquence aurait pu avoir de graves conséquences. Il est en tous cas de mon devoir d'en apprendre davantage. Et si cela peut me permettre, au demeurant, de percer à jour cet auror qui, à mes yeux cache clairement quelque chose, eh bien c'est encore mieux, ma foi !

-Je vois... Vous vous doutez bien que le règlement voudrait que je rédige un rapport concernant votre conduite.
Je m'empare d'une plume et approche de moi un morceau de parchemin. Vous ne serez pas le premier à avoir fait preuve de tant de "légèreté", vous ne devriez pas risquer grand chose si ce n'est recevoir un avertissement, mais vous comprendrez que c'est dans votre intérêt. Qu'il écope d'au moins cela si je ne suis pas capable de lui faire endurer pire. Il va me falloir davantage de détails quant à ce qui s'est passé. Les circonstances peuvent jouer en votre faveur... Quel était le nom de cet homme ? Que s'est il exactement passé ?

Je ne fais que mon travail, mais j'espère en même temps le déstabiliser. J'ai le léger espoir que son mensonge, s'il en est un, n'est pas suffisamment rodé, et que cela lui fasse commettre des erreurs.
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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Ven 27 Sep - 21:12


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vait-il cru en son bobard ? Gwendall n'en était pas vraiment certain. En même temps, en présence de Christopher McDowell, l'Auror n'était jamais certain de rien. Quand le responsable du département de criminologie semblait parvenir à sonder les âmes avec une facilité déconcertante, la sienne paraissait tout bonnement inaccessible à l'intelligence moyenne (et même un brin au-dessus de la moyenne, car oui, l'aîné de Colloway n'oubliait tout de même jamais de se sous-estimer). Il ne pouvait se fier à ses impressions, même si elles n'étaient pas mauvaises, et justement parce qu'elles n'étaient pas mauvaises. Christopher McDowell était, du département des aurors, peut-être le moins difficile à duper, se retrouver en face de lui, armé de ses seuls mensonges, semblait assez faible... Mais il s'en tirerait tête haute. Il arrivait à témoigner le moins possible de son angoisse, et à jouer assez bien la comédie, c'était déjà ça. L'homme qu'il avait en face de lui avait au moins une chose en commun avec Gwendall, il tenait au respect du protocole. Sans preuve tangible, il ne pourrait ni ne ferait rien contre lui, et l'Auror s'employait à ce que des preuves tangibles, il n'en ait jamais.

Gwendall approuva d'un léger signe de tête quand son supérieur lui fit comprendre que son attitude, ou tout du moins ce qu'il faisait passer pour son attitude, lui vaudrait un avertissement. Il n'avait pas vraiment à feindre son air coupable et légèrement honteux. La perspective de recevoir un blâme ne le rendait effectivement pas plus heureux que cela. Il avait toujours très scrupuleusement suivi tous les règlements auxquels il avait été confronté (même s'ils s'étaient permis quelques graves entorses, mais à ses yeux nécessaires) dernièrement. Se voir recevoir un avertissement, c'était à ses yeux une sorte de défaite... mais au fond, il s'agissait également d'une moindre nécessité, s'il voulait que son trop terrible secret demeure préservé. Il devait, à tous prix, demeurer à l'abri des oreilles indiscrètes. De celles de McDowell encore plus que d'autres, car Gwendall ne savait que trop bien de quoi il serait capable s'il venait à apprendre la cruelle vérité.

Il lui demandait plus de détails. Si cela pouvait très bien être entendu comme le fruit d'une obligation professionnelle (il était logique, après ses révélations, qu'il donne plus de détails), Gwendall ne pouvait s'empêcher d'y voir davantage un moyen pour lui de le cuisiner. Lui demander de donner le plus de détails possibles, c'était lui donner davantage d'occasions de commettre des erreurs.

-Cormac Newton. Je suppose que son dossier vous est familier. Ça fait plusieurs mois que nous le pistons, sans succès, nous l'avons déjà interrogé plusieurs fois.
Quitte à choisir parmi certains de leurs suspects, il avait jeté son dévolu sur l'un de ceux qui lui donnait le plus de fil à retordre, et qu'il aurait eu le plus de plaisir à combattre dans une rixe violente. C'était un pub moldu, les probabilités pour que je l'y rencontre étaient quasi nulles, je pense qu'il m'a suivi. Il marqua une pause. Ça faisait plusieurs semaines qu'on avait plus de nouvelles de lui, j'ai saisi l'occasion de lui parler... et la conversation a mal tourné.

Pour le moment, fort heureusement pour lui, il ne commettait pas le moindre impair. L'affaire risquait fort de devenir plus complexe ensuite.

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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Jeu 3 Oct - 17:07

-Cormac Newton. Je suppose que son dossier vous est familier. Ça fait plusieurs mois que nous le pistons, sans succès, nous l'avons déjà interrogé plusieurs fois.

Quand mon interlocuteur me parle de Cormac Newton, je hoche légèrement la tête. Bien sûr, je connais le dossier de cet homme. Voilà un bon moment à présent que les indices contre cet homme s'accumulent sans que nous ayons jamais rien eu de suffisamment tangible pour pouvoir appréhender ce criminel notoire et le mettre derrière les barreaux. Il faut dire que le bougre sait s'entourer de très bons avocats, ce qui ne facilite pas la tâche des Aurors. Pourtant, c'est comme s'il était écrit "coupable" sur son front. C'est en cas beaucoup plus flagrant qu'en ce qui concerne Gwendall Colloway. À son sujet, l'indécision demeure. Je veux croire que mon instinct ne me trompe pas, après tout il ne me trompe que rarement. Mais pour autant, il n'est pas non plus infaillible. Il se peut tout à fait que je me fourvoie. À l'entendre parler avec tous ces détails de ce qui lui est arrivé, je suis de plus en plus enclin à le croire, mais le doute ne s'estompe pas. Si ce n'est pas ce que je soupçonne, il y a tout de même quelque chose d'anormal, chez lui, c'est un fait que je considère comme étant indéniable, et quel que soit le temps que cela me prendra, je découvrirai de quoi il s'agit. Après tout, si j'étais connu pour lâcher prose au moindre obstacle, je n'aurais pas eu la carrière que je peux me vanter d'avoir suivi.

-C'était un pub moldu, les probabilités pour que je l'y rencontre étaient quasi nulles, je pense qu'il m'a suivi.


Pourquoi pas ? Je ne peux pas dire que ce soit improbable, quand on sait de quel individu il est question. Si nous nous évertuons à envoyer cet homme à Azkaban, c'est que nous sommes presque certains que, non content d'avoir assassiné sa voisine de l'époque avant de s'envoler dans la nature (selon nos suspicions) il a également tué l'un de nos Aurors, à sa poursuite à l'époque, et dont nous déplorons la perte à ce jour. Pas de preuve concrète, pas d'arrestation, et lui, toujours déterminé à faire taire tous ceux qui veulent le voir à l'ombre. C'est une théorie des plus acceptables, même si elle ne m'aide pas franchement ni ne me crédibilise étant donné ce que je soupçonne moi-même.

-Ça faisait plusieurs semaines qu'on avait plus de nouvelles de lui, j'ai saisi l'occasion de lui parler... et la conversation a mal tourné.


S'il a inventé les choses de toutes pièces, il est bigrement doué, plus que je ne l'imaginais ! D'accord, il n'a toujours pas l'air plus à l'aise, mais reprocher à un employé de ne pas se sentir totalement à son aise lorsqu'il fait face à son supérieur... non, ce n'est pas un reproche que je peux décemment lui faire, et effectivement, ça ne prouve rien. Je ne vais pas lâcher l'affaire pour autant. J'espère l'avoir sur ces détails qu'il n'aura peut-être pas anticipé, et c'est pour cette raison que j'y vais donc de ma question :

-Et quelle était la nature de cette conversation, exactement ?

Et j'espère bien qu'il ne va pas rester vague. Je veux trouver le détail qui me permettra de le confondre, même si je me rend bien compte que je ne vais sûrement pas réussir à obtenir ce que je veux si facilement.
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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Ven 4 Oct - 22:08


Suspicion always haunts the guilty mind
L

à où les choses allaient clairement à l'avantage de McDowell, c'était que quand Gwendall devait déployer des trésors de méticulosité et de mensonges pour faire de sa version des faits quelque chose qui puisse être jugé acceptable par celui que l'on pouvait qualifier sans mal comme étant l'un des plus grands criminologues qu'ait connu le bureau des Aurors, si ce n'était le plus grand, Mc Dowell, lui, pouvait se contenter de faire purement et simplement son travail. Si Gwendall commençait à penser sérieusement que cette conversation tenait plus clairement de l'interrogatoire que de la simple convocation entre un employé et son supérieur, il ne pouvait lui reprocher son attitude. D'une, parce que s'il se méfiait, il avait toutes les raisons du monde de le faire, de deux, parce qu'il était de son devoir, en tant que supérieur, d'apprendre les détails de l'affaire s'il voulait en faire le rapport aux autorités compétentes. Très franchement, l'Auror se serait sans mal épargné de voir sa réputation ternie par ce point d'ombre sur son dossier, mais il valait tout de même mieux cela qu'un détour par Azkaban, ou que son honneur soit remis en cause plus encore. Sa double vie de maintenant nécessitait qu'il consente à quelques sacrifices. Il se le serait épargné sans aucun mal mais au fond, le voyage serait-il aussi intéressant s'il n'y avait pas quelques embûches sur le chemin. S'il quittait ce bureau avec juste un blâme, et peut-être un peu moins d'estime à l'égard de McDowell (cela étant, Gwendall gageait qu'il ne l'estimait déjà pas beaucoup de toute manière), il pourrait s'estimer parfaitement satisfait. En attendant, il ne pouvait pas faire grand chose, si ce n'est céder à l'autorité, et daigner répondre à la question qui lui était posée, même si ça ne le mettait pas très à l'aise. Plus il lui fallait entrer dans les détails, plus il risquait de commettre des erreurs. Et à tous les coups, McDowell le savait. À tous les coups, il n'attendait que ça, ou alors c'était la paranoïa de Gwendall (plus que jamais de mise en la circonstance) qui le poussait à de tels raisonnements ?

-À vrai dire, on a pas eu l'occasion d'avoir une longue conversation... Je l'ai interpellé, il a cherché à s'enfuir, mais j'ai réussi à le rattraper par le bras. J'ai été brusque, c'est vrai, j'ai voulu le mettre face à ses erreurs. Je lui ai demandé ce qu'il faisait là, il a joué les innocents, alors... je lui ai fait l'inventaire des crimes dont il était soupçonné. Il les a avoué à mi-mot, je voulais m'en servir comme prétexte pour le mener au ministère. Mais il s'est débattu comme un beau diable, bien sûr.


L'excuse était-elle juste ou bancale ? Au point où il en était, Gwendall rêvait surtout de pouvoir partir de ce bureau, et de pouvoir mieux respirer à nouveau. À l'instant, il avait quelque peu le sentiment d'étouffer, et plus il lui tenait la jambe, pire c'était.

-Je vous rédigerai un rapport plus précis, si vous le souhaitez.


Il serait plus à l'aise par écrit qu'à l'oral, sans aucun doute. Pourvu qu'il le laisse partir.


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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Ven 18 Oct - 23:47

A-t-il parfaitement rôdé son mensonge au point d'en avoir pensé les moindres détails (dans ce cas, j'admets très humblement l'avoir sous-estimé) ? Improvise-t-il au fur et à mesure (dans ce cas, je lui reconnais des talents d'acteur que je ne lui soupçonnais pas) ? Ou s'avère-t-il simplement qu'il dit vrai, et me délivre une vérité dont il n'est pas fier, dont il a sincèrement honte et dont il cherche à se repentir ? Croire en cette dernière hypothèse est plus que tentant. Et pourquoi pas, après tout ? Il n'y a pas outre mesures de raisons pour que je ne le crois pas, étant donné que son récit et scrupuleux, et sans failles pour l'instant, étant donné que je n'ai par ailleurs aucune raison tangible de ne pas croire en ce qu'il m'affirme. Mais malgré tout, mon sixième sens, ce sixième sens qui ne me trompe presque jamais et m'invite à la plus grande des prudences et à une suspicion égale, m'exhorte de poursuivre sur la voie que j'ai moi-même initié. Il y a en lui une réelle part d'ombre. Je ne la discerne pas complètement, peine un peu à la comprendre, mais elle est bel et bien là, indéniablement. Il me faut en tenir compte, il m'est impossible de faire autrement. Même si cela ne doit me mener à rien. Dans l'immédiat, en tous cas. Car pour l'instant en effet, j'avoue que Gwendall Colloway ne me fournit aucun véritable motif de l'inquiéter, si ce n'est en lui collant un avertissement. Ce qui, à mon humble avis, sera loin d'être suffisant.

-À vrai dire, on a pas eu l'occasion d'avoir une longue conversation... Je l'ai interpellé, il a cherché à s'enfuir, mais j'ai réussi à le rattraper par le bras. J'ai été brusque, c'est vrai, j'ai voulu le mettre face à ses erreurs. Je lui ai demandé ce qu'il faisait là, il a joué les innocents, alors... je lui ai fait l'inventaire des crimes dont il était soupçonné. Il les a avoué à mi-mot, je voulais m'en servir comme prétexte pour le mener au ministère. Mais il s'est débattu comme un beau diable, bien sûr.


Le récit demeure encore assez flou et imprécis, mais je ne peux me fonder sur cette seule observation pour targuer Gwendall d'avoir des choses à se reprocher ou quelques cadavres dans son placard. Ce n'est pas ainsi que les choses marchent, et il est évident que je ne peux pas lui demander, tout de même, d'y aller plus précisément encore... En demeurant vague, il marque quand même un bon point. S'il avait su me reciter mot pour mot le dialogue de cette nuit là, il est évident que j'aurait définitivement eu raison de me méfier. Enfin. Qu'il soit très vicieux, très bon dissimulateur ou tout simplement plus innocent que ce que je veux croire, je suis obligé de faire avec sa version des faits, du moins temporairement, et ça même si elle est très loin de me satisfaire. J'aurais toujours matière à trouver des erreurs ou des indices dans ce fameux rapport qu'il doit rédiger.

-Je vous rédigerai un rapport plus précis, si vous le souhaitez.

Je hoche la tête, bien sûr que je le souhaite ! Outre le fait que ce soit la procédure d'usage, je compte bien décrypter chaque mot, chaque lettre, tout, afin de ne rien oublier, et de découvrir ce que je veux. L'ennui d'un rapport écrit est que son auteur a eu le temps de le préparer, et que je ne peux voir sa réaction à vif, mais je crains fort d'avoir à m'en contenter, quoi qu'il en soit. Tant pis, je ferais avec. Cela me donnera au moins l'avantage de considérer cela à tête reposée, et peut-être aussi de recourir à un point de vue plus objectif. Un exercice de plus que je pourrais donner à Pomona, à présent que j'y pense.

-Effectivement, cela me semble nécessaire.
Je marque une légère pause. Vous m'avez dit ce que je voulais savoir, je vais devoir toucher deux mots au directeur du département, et j'attends votre rapport sur mon bureau demain matin afin que je puisse le communiquer à mon tour. En attendant, vous pouvez disposer.
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Message#Sujet: Re: Suspicion always haunts the guilty mind.   Lun 21 Oct - 22:04


Suspicion always haunts the guilty mind
C

ette affaire était encore bien loin d'être finie, Gwendall ne se faisait pas la moindre illusion à ce sujet. Il connaissait suffisamment bien Christopher McDowell pour savoir que ce dernier était obstiné, ne lâchait jamais le morceau, et était capable de tout, hargneux et buté au possible pour poursuivre ses idées quand il avait celle-ci en tête. S'il avait le moindre soupçon au sujet de l'Auror, il était évident qu'il allait chercher à le confirmer par tous les moyens, détournés ou non, et il en avait plus d'un à sa disposition... Tout comme il avait plus d'un as dans sa manche, c'était un fait avéré et incontestable. Au terme de cet entretien, Gwendall était donc loin d'être complètement soulagé. Mais au moins pouvait-il se satisfaire du fait qu'il allait avoir la paix au moins temporairement, et il n'exigeait pas davantage à l'heure actuelle, tant cette discussion avait su le mettre mal à l'aise, bien qu'il ait su s'en cacher, et surtout lui donner le sentiment d'être comme un animal prit au pièce. Une épée de Damoclès flottait au-dessus de sa tête depuis qu'il avait rejoint les Chevaliers de Walpurgis, il en prenait plus que jamais conscience, et cette perspective n'était pas des plus plaisantes.

Néanmoins, il lui était offert de quitte la pièce. Son interlocuteur n'avait donc rien d'autre que ses soupçons, et si l'Auror n'avait su les faire taire, il n'avait au moins pas tendu le bâton pour se faire battre. Il était resté digne, et surtout n'avait rien dit qui puisse affirmer sa culpabilité, du moins le pensait-il. Restait donc à rédiger ce fameux rapport. Gwendall n'en doutait pas, il allait très certainement être passé au crible par son supérieur. Ce n'était guère rassurant, mais puisqu'il en était conscient, il lui était possible d'éviter au mieux les bévues. En soi, c'était dors et déjà une excellente chose, nul n'aurait su le contredire. Il envisagea d'offrir à Nemesis d'examiner le détail du rapport en question lorsqu'il aurait achevé de le rédiger. Son avocate de soeur, experte dans ce domaine, saurait certainement repérer les failles éventuelles de son dossier, et le préparer par la même à un nouvel interrogatoire dissimulé tel que celui-ci. Il tenait trop à ses deux statuts pour renoncer à l'un ou à l'autre, c'était une certitude.

-Ce sera fait. Bonne journée.
répondit tout simplement, et en toute politesse Gwendall quand son interlocuteur lui offrit de disposer. S'il se contenta d'un sourire de circonstance, il avait bien plus envie, en vérité, de manifester son grand soulagement.

Il referma la porte derrière lui et retourna, l'air de rien, à son bureau. Qu'allait-il se passer à présent ? Il n'en savait trop rien, mais il pensait s'en tirer à meilleure compte que ce que beaucoup avaient dû supposer.


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