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 Je suis venu te dire que je m'en vais [pv Lindsay]

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Message#Sujet: Je suis venu te dire que je m'en vais [pv Lindsay]   Sam 21 Juin - 18:06


Je suis venu te dire que je m'en vais
P

rendre une journée de congé avait finalement été une très mauvaise idée. Il avait espéré que cela lui permettrait de faire le vide, et d'affronter la situation à venir avec plus de philosophie, mais ça n'avait pas le moins du monde été le cas. Tout au contraire. Il n'avait fait que cogiter, ces dernières heure, à tourner et retourner le dialogue en perspective qu'il aurait avec Lindsay dans sa tête sans jamais, à aucun moment, trouver une façon satisfaisante d'amener les choses. Soit il se montrait trop franc trop rapidement, soit il tournait autour du pot pendant mille ans, et c'était encore pire. Dans tous les cas, les scenarii qu'il envisageaient finissaient avec des larmes, des cris de colère... rien de bien agréable. Il n'y avait aucune façon d'achever leur relation sur une note positive, surtout pas avec cet enfant à naître qu'elle lui reprocherait sûrement pour premier argument d'abandonner à son sort. Il s'apprêtait à mettre fin à un mariage raté, mais qui, avant qu'Ethan ne chamboule tout dans sa vie, avait au moins ressemblé à une belle amitié... Il était de plus en plus convaincu que c'était pour le mieux, pour leur bien à tous les deux, mais il avait dans l'intuition que son épouse ne l'entendrait pas de cette oreille.

Alors qu'approchait l'heure à laquelle Lindsay rentrait habituellement du travail, James se sentait plus mal et nerveux que jamais. Il tournait en rond, faisait les cent pas dans l'appartement. Il tremblait tant et si bien qu'il avait cru un instant que le chauffage s'était arrêté, son coeur battait à tout rompre, et il était pâle comme un linge. S'il ne s'évanouissait pas avant d'apprendre à sa femme son intention de la quitter, ce serait un miracle en soi. Les minutes s'écoulaient à une lenteur abominable. Il passait son temps à regarder l'horloge accrochée au mur pour voir ses aiguilles progresser au rythme d'un escargot. Il avait hâte qu'elle arrive. De lâcher ce qu'elle avait sur le coeur et d'en finir une bonne fois pour toutes. Et en même temps, il appréhendait ce moment et se sentait saisi d'une angoisse qu'il n'avait jamais connu si vive. Enfin, le cliquetis des clés dans la serrure l'avertit du retour de Lindsay. Cette fois, son coeur s'arrêta tout net de battre.

-Bonsoir.
l'accueillit-il de la voix la plus tremblante du monde avant de se risquer à déposer un baiser sur sa joue.

Cette ébauche de dialogue et ce simple contact était certainement bien plus que ce qu'ils avaient daigné s'échanger au cours de ces dernières semaines, eux qui ne communiquaient presque plus désormais, ou alors le minimum syndical.

-Écoute Lindsay, je... Il faut qu'on parle.


Cette phrase représentait très certainement en elle-même le plus grand cliché de l'histoire des clichés, mais c'était finalement la première entrée en matière qui lui était venue.






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Message#Sujet: Re: Je suis venu te dire que je m'en vais [pv Lindsay]   Lun 30 Juin - 10:20


Il y a des choses inévitables dans la vie : la vieillesse, la solitude, la douleur, la mort, ce sont rarement des choses joyeuses (ou du moins, on les prend en compte parce qu’elles ne le sont pas), mais on est bien obligés de faire avec. C’est comme ça, ça fait partie de nous, on ne lutte pas contre l’immuable, on l’accepte ou ne l’accepte pas, il est là.

C’était le cas pour Lindsay. Elle voyait bien l’imminence de sa rupture avec James, pire de son divorce d’avec lui. Elle entrapercevait les épreuves à venir : la souffrance de perdre pour de bon, concrètement, le seul homme qu’elle ait jamais aimé, le déshonneur qui s’abattrait sur elle, les problèmes qu’elle rencontrerait, les jugements que porteraient sa famille sur elle, et même le monde entier quand leur regard se porterait sur la cocue divorcée. Non, pas la cocue divorcée. La mère célibataire, cocue et divorcée.

En découvrant la crainte de perdre ce qu’elle chérissait, elle avait aussi découvert quelle énergie peuvent déployer les êtres humains, quand ils sont mis aux pieds du mur. Elle ne s’était jamais trouvée aussi hargneuse, battante, obstinée... et dans un même temps aigri et machiavélique que dès lors qu’elle avait fait le choix de garder un contrôle sur sa vie malgré tout, comme si c’était possible. Elle avait tout de même poussé le vice et la manipulation jusqu’à presque l’obliger à lui faire cet enfant qui grandissait dans son ventre, victime inexorable avant même que d’être né. Lui aussi, saurait ce qu’est l’inévitable.

Et tout ça n’allait pas suffire. S’était-elle même illusionnée un seul instant, au fond ? Pas vraiment, sinon elle n’aurait pas déployé tant d’efforts à se voiler la face. Le couple Hopkirk était mort et bien mort. Sans doute avant même que d’être né. Elle avait toujours été la seule à croire en leur histoire, elle ne le voyait que maintenant, c’est tout.

N’allons pas dire qu’elle était extralucide ou devin, mais avant de tourner ses clés dans la serrure, elle l’avait senti. Elle avait eu un pressentiment qui ne s’était que confirmé quand son regard avait croisé celui de son futur ex époux.


-Bonsoir.


Un ton distant, un baiser furtif sur sa joue. Le pire allait se produire. Le pire allait se produire, et elle n’avait pas de plan de secours pour l’empêcher. La menace ? Le chantage affectif ? Elle avait donné déjà. Elle savait par avance que ça ne fonctionnerait pas.


-Écoute Lindsay, je... Il faut qu'on parle.
Existait-il pires mots que ceux-là ? Dans quelque langue que ce soit ? Elle en doutait sérieusement. Même, elle était convaincue que non. Les mots annonçaient la rupture avant même de l’avoir énoncé. Et ça, par Merlin, elle ne le savait que trop bien.

Elle marqua un temps de silence, le temps de poser sa veste sur le porte-manteau et de le regarder plus attentivement. Son visage, où elle avait cru toujours tout savoir lire, en disait long lui aussi.


"Oh non, James, ne me fait pas ça..."
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Message#Sujet: Re: Je suis venu te dire que je m'en vais [pv Lindsay]   Jeu 3 Juil - 23:21


Je suis venu te dire que je m'en vais
C'

est certain que, en termes de subtilité et de douceur, James n'avait pas franchement fait fort. Un "il faut qu'on parle", quelque soit la façon dont il pouvait être prononcée, ne pouvait jamais qu'annoncer quelque chose de fatidique et de définitif. Et c'était bel et bien le cas, mais ce n'était peut-être pas une bonne chose qu'il l'ait présenté d'office de cette manière. Enfin... Trop tard, à présent, et il se pouvait que ce soit mieux ainsi. Il s'en débarrassait, et plus vite ce serait fait, mieux ce serait, même si ça devait être extrêmement douloureux sur le moment, comme un pansement qu'on arracherait d'un coup sec. Bref. Lindsay avait visiblement très bien compris de quoi il retournait, s'il se fiait à la remarque qui succéda immédiatement à la sienne. À la voir s'exprimer ainsi, il eut aussitôt un élan de remord. Dans les bras d'Ethan, il lui était bien plus difficile d'avoir conscience des réalités, et des souffrances qu'il allait engendrer, dans ses bras à lui, il parvenait à être ce qu'il y a de plus égoïste... C'était nettement plus complexe quand il n'était pas à proximité, et qu'il n'y avait que Lindsay, son air de refus, son ton inquisiteur, et ce désespoir qu'il lui semblait déjà lire au fond de ses yeux. Il sentit son estomac et sa gorge se serrer, alors qu'il était malgré tout décidé à aller au bout de sa décision. C'était bien beau de rêver et de planifier, il était temps de concrétiser, à présent.

-Je suis désolé...
dit-il, se tordant les doigts, comme toujours quand il était mal à l'aise, peinant à retrouver une contenance qu'elle savait si bien lui ôter. J'ai... J'ai beaucoup réfléchi, et on peut pas continuer comme ça. Il prit une grande inspiration. Au final, jamais au cours de toute sa vie, il n'avait eu à rompre avec qui que ce soit. Il réalisait, à présent, que la tâche était tout sauf aisée. Et il se la serait bien épargnée, s'il ne prenait pas en compte tout ce qui viendrait ensuite, tout ce qui en valait la peine, très largement la peine. Toi et moi, ça fait longtemps que ça ne va plus, on le sait tous les deux... Il marqua une légère pause. Il tremblait comme une feuille. Je sais qu'il y a l'enfant, et je promets d'être là pour lui, de pourvoir à vos besoin à tous les deux mais je... ll baissa les yeux, il n'en revenait pas lui-même de ce qui était en train de se passer, et pourtant, c'était bel et bien lui qui l'initiait. Je veux divorcer.

Voilà, c'était dit. C'était clairement les mots parmi les pires et les plus difficiles qu'il ait jamais eu à prononcer, mais c'était dit, pas de retour en arrière possible, et il ne voulait pas revenir en arrière, d'ailleurs. Il assumait ses propos. C'était ainsi, en effet. Ils ne pouvaient plus rester ensemble. Ils seraient tous les deux plus heureux l'un sans l'autre, il l'espérait du moins.




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Message#Sujet: Re: Je suis venu te dire que je m'en vais [pv Lindsay]   Jeu 24 Juil - 10:34


-Je suis désolé...


Des mots qui vous frappent, qui claquent comme des coups de fouet et remue les chairs et le sang comme des coups de poignard. « Je suis désolé », c’est rien comme phrase, « je suis désolé », ça peut même être apprécié. La personne a fait une erreur, elle s’en repend, où est le mal ?

Sauf que ce n’était pas ces trois mots qu’elle voyait s’échapper de ces lèvres qu’elle voulait embrasser pour les taire pour de bon, elle entendait un irrémédiable « je te quitte », admit, pas franchement voilé. Il ne la rassurait pas, il anéantissait le moindre de ses espoirs.

Cette fois ça y est. Et il continuait sans en avoir besoin, en vérité, parce qu’il n’avait pas besoin d’en dire plus pour qu’elle comprenne : il l’abandonnait. Et en plus, il enfonçait la lame plus profondément encore, il en rajoutait. Elle n’était plus à lui et chaque mot, chaque phrase, le confirmait.


- J'ai... J'ai beaucoup réfléchi, et on peut pas continuer comme ça. Toi et moi, ça fait longtemps que ça ne va plus, on le sait tous les deux...


C’était une chose qu’elle ne pouvait lui ôter. C’est vrai qu’ils ne pouvaient guère continuer ainsi. Était-ce une raison pour que tout cesse ? Que tout soit piétiné ? Non.

Le bonheur, c’est vrai, ils n’y goûtaient plus depuis un moment. Mais le bonheur, c’est connu, ça va, ça vient... et revient toujours... Et puis, tous les couples connaissaient des moments de doute, des moments de flottement. Pourquoi baisser les bras pour si peu ?

Elle l’aimait encore, elle l’aimait tellement. Et lui, au fond, devait l’aimer toujours. Cette femme, cette rivale, s’était emparée de son corps et de son esprit, mais ça lui passerait. Il retrouverait la raison. Et alors, vers qui se tournerait-il. Il n’avait plus qu’elle.

Plus qu’eux. Il y avait le bébé aussi, il ne pouvait pas oublier leur enfant. Non, il ne l’oubliait pas, et l’argument qu’il lui opposa ensuite le prouvait, malheureusement.

-Je sais qu'il y a l'enfant, et je promets d'être là pour lui, de pourvoir à vos besoin à tous les deux mais je...

Il savait mais il fuyait ses responsabilités tout de même. Même cet enfant ne le retenait pas. Fallait-il qu’il aime à ce point cette autre femme ! Ou qu’il la haïsse à ce point ... ?

Elle se sentait partagée entre sa rage, cette colère sourde, et le désespoir. Elle avait l’impression que toute sa vie avait toujours tourné autour de James. Qu’allait-elle faire sans lui ?

Mais les trois mots, plus horribles que ceux de « je suis désolé », étaient déjà là, couperet. Définitifs.


- Je veux divorcer.


Le coeur de Lindsay s’arrêta de battre pour quelques instants. Ce n’était pas une surprise, mais tout de même ! Quel mal cela faisait. Comme si on lui arrachait le coeur en petit morceau.

"Tu peux pas faire ça." Sa voix était tremblante mais déterminée. "T’as besoin de moi. T’as pas le droit de me laisser. Ça peut s’arranger, nous deux. C’est rien qu’un mauvaise passe..." Elle croisa les bras. "Elle te larguera, elle s’en moque, de toi. Enfin ouvre les yeux ! Personne ne t’aimera jamais comme je t’aime."
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Message#Sujet: Re: Je suis venu te dire que je m'en vais [pv Lindsay]   Jeu 31 Juil - 14:05


Je suis venu te dire que je m'en vais
P

ames se sentait au bord de la syncope, de l'évanouissement, alors que Lindsay tentait encore de le retenir. Il ne lui semblait pas avoir un jour vécu situation plus terrible et délicate. Tout à coup, son bonheur des derniers jours, à l'idée de pouvoir goûter librement à son amour pour Ethan, lui semblait assez lointain. Là, il n'éprouvait plus que de l'angoisse et de la culpabilité, en présence de celle qu'il avait juré d'aimer et de protéger jusqu'à ce que la mort les sépare et qui, pour ne rien arranger, portait son enfant. Elle s'accrochait aux branches comme on multiplie les efforts pour ne pas reconnaître qu'on a eu tort. James en était convaincu, le nœud du problème se trouvait là. Non pas qu'il ne croyait pas que Lindsay était convaincue de l'aimer, mais il était sûr qu'au fond, son amour pour lui n'était attisé que par l'élan du désespoir. Il espérait, vraiment, de tout son cœur, qu'elle trouverait l'homme qui saurait panser les plaies de son cœur. Autant dire que, à ses yeux, le plus tôt serait le mieux. Elle affirmait qu'il avait besoin d'elle... Ça avait pu être vrai à une époque. Il avait toujours aimé la sécurité, toujours aspiré à la plus normale des vies, et Lindsay lui avait offert tout cela, James ne pouvait pas le lui ôter. Sauf que ce n'était pas là la clé de son accomplissement. À présent qu'il savait les sentiments d'Ethan pour lui, il savait s'être leurré tout ce temps. Il aurait toujours de l'affection pour la jeune femme, oui, mais c'était pour autant un fait indéniable à ses yeux : il n'avait pas besoin d'elle. Et même, sa vie, quand bien même beaucoup la trouveraient indigne, serait bien plus équilibrée une fois que le divorce serait prononcé... Mais ça, Lindsay ne pouvait pas le comprendre, pas encore... et faute de savoir parfaitement se justifier, le libraire se sentait plus mal qu'il n'avait jamais été de son existence.

Elle se trompait sur tellement d'aspect... Ce qu'elle éprouvait pour lui n'était sans doute pas de l'amour, davantage une sorte de co-dépendance dont ils se guérissaient peu à peu. Il ne servait à rien de souffler sur les braises, le feu était éteint, y'avait-il seulement eu la moindre flamme un jour... Elle lui demandait d'ouvrir les yeux, mais James pensait que c'était à elle de le faire, il avait trouvé l'amour, le vrai, il lui souhaitait la même chose.. de tout ce cœur qui n'avait jamais su battre pour elle. Mais comment s'en justifier sans la faire souffrir ? D'autant que, il s'en rendait pertinemment compte, la jeune femme était dans l'erreur, et s'imaginait une rivale qui n'était pas la bonne, se convainquait d'une idylle à mille lieux de celle qu'il vivait. Il n'y avait pas de “elle”, mais quand bien même il aurait dû le lui apprendre, il s'en trouvait complètement incapable.

-Ecoute... je ne reviendrais pas sur ma décision..
Il se risqua à s'avancer vers elle pour déposer un baiser sur son front. Je suis désolé, tellement désolé...






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Message#Sujet: Re: Je suis venu te dire que je m'en vais [pv Lindsay]   Mar 26 Aoû - 16:06

Sans croire être la mégère de service pour autant (ou du moins, elle osait le penser), Lindsay Hopkirk avait toujours eu l'ascendant sur son épouse. Dans leur couple, il n'y avait pas longtemps à se demander qui portait la culotte, et cette autorité qu'elle avait sur lui l'avait sans doute toujours protégé, au fond, de l'inévitable.

Elle pouvait être bien plus douce, bien moins directive, avec d'autres, mais avec James, cela avait toujours été le cas. Elle s'était convaincue que si elle devait user de ce caractère, c'était parce que son cher et tendre mari était quelqu'un de timide, et qu'il avait besoin d'un fort caractère pour compenser le sien, de quelqu'un qui serait capable de se battre à sa place, et de décider pour lui de ce qui valait le mieux pour lui, et pour leur couple.

Elle avait cru que c'était la seule raison qu'elle avait eu d'être aussi autoritaire,  elle s'était dit que c'était le seul mobile d'une action égoïste : sa volonté de le protéger. Elle se rendait finalement compte que c'était surtout sa crainte de le perdre qui avait motivé son attitude. Elle l'avait peut-être toujours su, en définitive, qu'il lui échapperait, ou qu'il ne l'aimait pas. Alors elle avait serré ses serres autour de lui pour l'empêcher de lui échapper. Et il l'avait fait quand même, ça n'avait pas suffi.

James s'était rebellé. Et le convaincre de rester, maintenant, semblait impossible. Elle l'avait perdu. Elle s'était perdue elle aussi dans le processus, puisqu'à trop espérer, penser le garder pour toujours, elle n'avait jamais cherché à s'imaginer la vie sans lui, et l'avenir lui paraissait d'une terrible obscurité. Parce que son ton était décidé, et que pour la première fois,, Lindsay pensait ne pas pouvoir lui faire changer d'avis. Cette fille lui avait retourné les sens et l'esprit. Elle en était consternée.


-Ecoute... je ne reviendrais pas sur ma décision..

Il ne reviendrait pas sur sa décision. Il la quittait, l'abandonnait, et c'était aussi terrible que définitif. Lindsay ne savait quoi en penser. Elle en éprouvait une douleur vive comme jamais, et c'était autant la douleur de le perdre que celle de réaliser s'être trompée. Ce qu'elle avait pensé acquis ne l'était pas, et elle perdait tout.

Lindsay fit un pas en arrière alors qu'il déposait un baiser sur son front. Non, il n'avait plus le droit de lui témoigner la moindre affection. Pas s'il ne lui revenait pas. Ce baiser la faisait frissonner. Elle ne put retenir une larme de couler le long de sa joue.


-Je suis désolé, tellement désolé...

"Non, tu ne l'es pas."
répliqua-t-elle, la voix tremblante, essuyant ses joues d'un revers de manche. "Ou si tu crois l'être, tu es loin du compte." Elle marqua une pause. "Tu vas regretter ta décision, tu vas regretter." Elle poussa un léger soupir. Jouer à quitte ou double. Son intention. Au risque de se brûler les ailes. "James, si tu passes le pas de cette porte, si tu t'en vas, je ne te reprendrais plus jamais, tu m'entends ? Plus jamais. Et… je ne te laisserais jamais voir notre enfant."
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Message#Sujet: Re: Je suis venu te dire que je m'en vais [pv Lindsay]   Jeu 28 Aoû - 21:05


Je suis venu te dire que je m'en vais
J

ames avait su dès le départ qu'il ne serait pas simple que de faire entendre raison à Lindsay. Quand il était question de "gagner la conversation", son épouse avait toujours, en règle générale, plusieurs longueurs d'avance. Sauf que cette fois, James ne comptait pas faire preuve de la moindre faiblesse. Son amour pour Ethan, ce qu'il lui offrait à vivre, méritait qu'il se batte et surtout que, cette fois, il ne laisse pas la jeune femme avoir l'avantage sur lui. Elle était bien plus autoritaire que lui, sortait victorieuse de tous les débats, mais cette fois, c'était de sa vie et de son bonheur, qu'il était question, et il était hors de question pour le libraire de passer à côté de quelque chose d'aussi important... d'autant qu'il voulait croire tout autant que Lindsay, si elle ne le réalisait pas encore, aurait tout à gagner dans cette décision. Il l'enferrait dans une sorte de relation malsaine, d'amour à sens unique. elle aussi méritait d'être aimée. Ce ne serait pas simple au début, mais l'adage ne dit-il pas que le temps guérit les blessures. Pour une fois, James voulait y croire.

Alors il ne voulait pas se laisser impressionner par ses menaces. Qu'elle affirme qu'elle ne le reprendrait plus jamais s'il s'en allait n'était pas pour lui faire changer d'avis. Ils n'avaient plus de raisons d'être ensemble. Dès le départ, d'ailleurs, cela n'avait pas eu le moindre sens. Elle était convaincue que c'était une mauvaise passe, et qu'il finirait par regretter sa décision, mais elle ne comprenait rien... Et lui, malheureusement, ne pouvait pas lui expliquer. S'il en avait eu la possibilité... elle saurait combien ses paroles étaient vaines. Il ne voudrait jamais revenir auprès d'elle. C'était rude et cruel, mais c'était un constat. L'autre propos de sa menace le laissa cependant moins de glace.

...Ne jamais voir son enfant ? Cette perspective le fit frissonner, et il se sentit tout à coup étrange. Cet enfant, la chair de sa chair, il n'en avait pas véritablement voulu, et il avait pensé jusqu'à la veille qu'il ferait un père terrible, il avait craint de ne jamais aimer son fils et sa fille. Il avait fallu ce terrible ultimatum pour qu'il comprenne : si, il aimait et aimerait cet enfant. La perspective d'être séparé de lui, si concrètement, lui arrachait tout à coup le coeur. Pourtant, il ne pouvait céder à un chantage à ce point odieux, c'était même hors de question. Il avait besoin d'Ethan dans sa vie, tout comme Lindsay n'avait pas besoin de lui... S'il se figea plusieurs secondes, son ton fut définitif, bien que sa voix tremblante, quand il lui répondit.

-Adieu, Lindsay.


À quoi bon chercher à argumenter encore ? Il aurait bien voulu lui faire comprendre que ce n'était pas contre elle, et qu'il parviendrait à aimer son enfant à distance, que c'était mieux pour eux deux, qu'un jour ils sauraient rire de cette histoire. Mais il y avait trop de colère en elle, et lui, il n'était pas de taille à l'affronter. Au fond, il avait toujours été lâche. Il n'en tirerait rien de bon. James désobéit à son épouse.

Il passa le pas de la porte.





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Message#Sujet: Re: Je suis venu te dire que je m'en vais [pv Lindsay]   Ven 5 Sep - 17:36

Ne le connaissait-elle donc pas du tout, l’homme qui se trouvait en face d’elle, l’homme avec lequel elle avait décidé de passer sa vie, l’homme qu’elle s’était juré et avait juré devant Dieu d’aimer éternellement, toujours avec la même force, toujours avec la même intégrité et le même aplomb ?

Il lui fallait bien croire que oui, à l’évidence, puisque le James Hopkirk qu’elle avait sous les yeux ne lui semblait plus avoir grand chose à voir avec cet homme auquel elle était prête à tout donner, à tout sacrifier, au père de son enfant...

Pour le retenir, elle aurait absolument tout essayé. Elle avait bien failli supplier, même, tant elle se sentait saisie de désarroi. Elle avait préféré à cela une sorte de chantage affectif qu’elle ne voulait pas nommer ainsi, car ces termes lui semblaient vulgaires, dégradants et inappropriés. Elle n’appelait pas du chantage, elle appelait ça l’énergie du désespoir, celle qui l’invitait à toutes les tentatives, même les plus vaines, afin que son avenir se construise encore auprès de son mari, et non en femme divorcée aigrie, qui en plus de la solitude, devrait supporter d’élever seul un enfant.

Elle pensait d’ailleurs que cet enfant, leur enfant, serait cette sorte de corde sensible, qu’elle saurait faire vibrer, et qui lui rendrait James, par obligation, d’abord, évidemment, mais elle pensait avoir le pouvoir de le rendre amoureux d’elle à nouveau... mais l’avait-il seulement aimé un jour ? Mais cette conviction s’ébranlait en même temps que toutes les autres, et la fragilisait au plus haut degré, non loin de son point de rupture.

Il lui avait semblé le voir tressaillir un peu. Ou bien était-ce son imagination qui lui jouait des tours ? Il n’avait pas l’air indifférent, dans tous les cas, à l’idée de ne plus voir la chair de sa chair, cet enfant dans lequel, qu’il le veuille ou non, coulait tout autant son sang à elle que le sien.

Elle pensa presque qu’il allait revenir. La prendre dans ses bras et s’excuser d’avoir été à ce point cruel avec elle. Mais le repentir tant attendu n’arriva pas. Au contraire.

Il ne fallut qu’un mot, un seul mot, ferme et décisif pour briser le lien, un seul mot pour anéantir son coeur. Deux, si l’on choisissait d’inclure son prénom.


-Adieu, Lindsay.

Et il referma la porte derrière lui, une porte qui se fermait sur sa vie, une page qui se tournait. Le sentiment d’être précipitée dans le vide, jusqu’aux tréfonds les plus profonds de l’angoisse et de la douleur.

Une fois qu’il fut partie, une fois que Lindsay fut certaine qu’il ne ferait pas demi-tour, elle laissa tous ses sentiments, jusqu’ici contrôlé, la saisir, elle pleura, sanglota, et, de rage, brisa le premier objet qui lui tomba sous la main (en l’occurence un vase vide posé sur la commode) pour l’envoyer valdinguer et se fracasser contre la porte d’entrée.

Il pensait que c’était fini, vraiment ? Il croyait qu’elle ne se batterait pas pour lui ?

C’était peut-être lui qui la connaissait mal, au final.

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