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 Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)

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Message#Sujet: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Lun 12 Fév - 14:57


L'expression "avoir un emploi du temps de ministre" prenait absolument tout son sens quand on occupait bel et bien ce poste : jamais de temps mort, jamais vraiment d'espace de pause ou de liberté, du travail en continu ou presque.

Wilhelmina évitait autant que possible le surmenage, elle savait que burn-out n'était pas du tout synonyme d'efficacité, mais il n'était pas toujours si simple de ne pas se laisser dépasser par le poids de responsabilités nombreuses et qui nécessitaient bien souvent des réponses directes et réfléchies, comme si les deux pouvaient vraiment aller de pair.

Wilhelmina avait depuis un bon moment renoncé à la possibilité de s'accorder ne serait-ce qu'une pause déjeuner, ce qui avait été pourtant pour elle une étape cruciale avant tout cela.

Le plus souvent, on lui faisait apporter son repas directement au bureau et elle mangeait sur le pouce, le nez dans un dossier, en évitant quand même de le tacher (ça ne ferait pas bon jour, même si un coup de baguette magique pouvait réparer ça)... et elle devait espérer avoir un dîner et déjeuner d'affaire (heureusement, ceux-ci étaient courants) pour caresser l'espoir de se nourrir décemment. Et là, encore, puisqu'il n'était question que de travail, elle n'en profitait pas vraiment.

Les moments comme celui qu'elle s'occtroyait à l'heure actuelle étaient donc rare. Le plus souvent, elle était coincée dans son bureau et voyait à peine le soleil se lever et se coucher... Mais là, elle avait senti qu'elle avait besoin de marcher un peu, alors elle avait attendu un moment d'accalmie et décidé d'aller déjeuner dehors.

Elle s'était installée à la terrasse d'un petit restaurant du chemin de traverse. Pas le plus discret et elle craignait un peu de se faire alpaguer de toutes parts, mais elle avait eu besoin de prendre un peu l'air, et de profiter de ces premiers rayons du soleil du mois de mars qui faisaient du bien après deux mois d'hiver aussi gris que le moral des troupes. Le froid était encore assez mordant, mais rien qui ne soit insupportable.

Le nez dans son journal, elle buvait à la va-vite son café, elle n'avait pas intérêt à traîner. Ce fut ce moment qu'elle choisit pour lever les yeux, grave erreur de sa part. Grave erreur, car en face d'elle, il y avait une jeune femme qu'elle connaissait bien, beaucoup trop bien, même.

Agrippine.
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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Lun 12 Fév - 22:26


Qui a parlé d'amour maternel ?
E

lle s'était réveillée beaucoup trop tard... Elle avait des tas de choses à faire, tout un tas de personnes à voir et un nombre à peine concevable de babioles à récupérer avant ses rendez-vous du soir, et elle avait pris un retard considérable. Bon, en même temps, il fallait s'y attendre. Se pinter au whisky pur-feu à deux heures du matin dans un bar sordide avec un inconnu certes charmant mais dont elle serait bien infichue de se rappeler le prénom pour finir la soirée chez elle à s'achever à elle ne savait même plus quelle potion illicite, c'était pas la meilleure manière d'être en forme le lendemain. Mais bon... tant pis ? Le gars était sympa, bien foutu, et surtout, c'était un excellent coup, alors même si était à la bourre en plus d'avoir la gueule de bois, elle n'avait aucun regret. De toute manière, ça faisait bien longtemps qu'elle avait appris à considérer les regrets comme une véritable faiblesse. Elle allait retarder ses rendez-vous du soir et elle verrait bien, voilà tout.

Déjà, elle était réveillée, lavée, habillée, c'était un sacré progrès. Et contrairement à ce que les circonstances avaient toutes les meilleures raisons du monde de laisser présager, elle n'avait pas une enclume à la place de la tête. Bon, elle avait la bouche pâteuse et l'envie de retourner in extremis se coucher, mais rien qu'un petit déjeuner royal agrémenté d'un bon litre de café ne puisse résoudre. Bon, d'accord, il était treize heures, mais passons. C'était dans cette optique qu'elle s'était rendue sur le chemin de traverse, parce que le contenu de ses placards n'y suffirait clairement pas. Il y avait là un petit restaurant où elle avait ses habitudes... Ce dont elle n'avait pas l'habitude, en revanche, c'était de la présence de la femme qui se trouvait à la terrasse de ce dernier. Bon, sang, c'était sa mère. Elle doutait de rien, celle-là.

-Bah alors, on dit pas bonjour à sa fille chérie ?
la nargua Agrippine en décidant, pour la peine et en pure provocation, de s'installer face à elle. Je t'en prends un peu, tu m'en veux pas, hein ? J'ai la gueule de bois, je mourais pour un café bien tassé, dit-elle en s'emparant sans gêne de la tasse que sirotait quelques instants plus tôt. On en fait des caisses, sur la vie de ministre, mais visiblement c'est plutôt cool, t'as le temps de te la couler douce.






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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Ven 23 Fév - 17:26


-Bah alors, on dit pas bonjour à sa fille chérie ?

Non. Ni bonjour ni quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs. C'était à peine si la ministre voulait bien tolérer que cette jeune fille était bien de son sang, elle ne comptait pas lui accorde d'autres privilège que celui-là.

Elle s'était émancipée, elle avait coupé les ponts, et tout le monde n'en avait que mieux vécu (sauf peut-être Ignatius, mais Wilhelmina, jouant sans doute l'autruche, refusait de le constater). Dorénavant, elle lui saurait gré de faire ce qu'elle faisait de mieux, c'est-à-dire se tenir à l'écart des Tuft. Mais ce n'était pas dans ses intentions, apparemment.

N'aurait-il pas été plus simple et plus sain pou tout le monde qu'elles prennent le parti de s'ignorer. Mais Agrippine semblait dévouée à ne jamais rien faire simplement, et encore moins sainement, ce qui suscitait le plus sévère agacement chez la ministre.


Je t'en prends un peu, tu m'en veux pas, hein ? J'ai la gueule de bois, je mourais pour un café bien tassé.

Wilhelmina lui adressa un regard mi-pincé, mi-courroucé. Fallait-il vraiment, après cela, se demander pourquoi elle ne voulait plus d'Agrippine dans sa vie ? La demoiselle n'était bonne qu'à s'attirer des ennuis et à en attirer aux autres, et elle était tout bonnement incapable, semble-t-il, de ne serait-ce que se tenir convenablement. Non, pensez-vous. Plus aucun reste de son éducation passée. Pourquoi s'étaient-ils seulement donné la peine de lui enseigner des rudiments de civisme ? La demoiselle était un cas désespéré;

Et la situation actuelle confirmait exactement toutes les prédictions que la ministre avait pu faire à son sujet, et sans s'en cacher. Elle avait été convaincue que sa fille gâcherait sa vie et deviendrait proprement infréquentable... et voilà le résultat. Plus que jamais, Wilhelmina se sentait honteuse de l'avoir pour mère. Elle n'aurait réellement jamais dû naître.

On en fait des caisses, sur la vie de ministre, mais visiblement c'est plutôt cool, t'as le temps de te la couler douce.
Et voilà maintenant qu'elle moquait sa profession... elle, la moins que rien, se permettait de lui donner des leçons. Pourtant, des deux, qui était au sommet de l'échelle sociale et qui d'autres se trouvait aux bas-fonds de celle-ci.

"Je n'attends pas de toi que tu sois à même de comprendre les implications d'un poste à haute responsabilité, il faudrait pour cela que la simple notion de responsabilité te soit un tant soit peu familière."

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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Mar 27 Fév - 0:15


Qui a parlé d'amour maternel ?
L

e malaise de madame la ministre était au-delà de palpable, tout comme était évident le dédain qu’elle éprouvait à son adresse, et la demoiselle devait bien reconnaître que ce n’était pas pour lui déplaire, et pour cause, c’était très exactement les sentiments qu’elle avait espéré inspirer à son interlocutrice. Manifestement elle était parvenue à ses fins. Wilhelmina n’essayait même pas de prétendre, de faire mine de ne pas être incommodée par sa présence, elle assumait plutôt même de ne vouloir rien avoir affaire avec sa progéniture. C’était sans doute une chose qu’Agrippine ne pouvait effectivement pas reprocher à sa génitrice. La ministre, aux yeux de sa fille, était fondamentalement hypocrite, mais elle ne l’était pas vis-à-vis d’elle, elle ne l’avait jamais été, elle n’avait jamais oublié de lui témoigner sans faux-semblants le méprise, voire le dégoût qu’elle lui inspirait. Agrippine n’irait pas dire que c’était agréable à vivre, c’est un fait qu’elle souffrait beaucoup de cette absence totale d’amour maternel, mais il avait bien fallu qu’elle apprenne à vivre avec au bout du compte, et c’était ce qui avait forgé son caractère et son tempérament de feu, qui faisait qu’à présent elle tenait tête à Wilhelmina Tilley, qui n’était autre que la plus grande figure d’autorité du monde magique britannique, du moins en termes purement politiques (ce qui donc ne signifiait pas grand-chose aux yeux de la jeune femme, il faut bien le dire) sans gêne et avec un malin plaisir, même, il faut bien le dire.

-Et c’est la mère la plus irresponsable au monde qui me dit ça
, répliqua Agrippine en levant les yeux au ciel quand sa mère lui fit remarquer qu’elle supportait des responsabilités auxquelles elle n’était, bien sûr, pas capable de comprendre quoi que ce soit.

Ben voyons… Agrippine avait choisi une voie sombre et particulière, c’est une certitude, mais en attendant, elle savait très bien ce qu’elle faisait, et elle considérait qu’elle avait, à son échelle, un ensemble de responsabilités que sa génitrice serait bien incapable d’assumer… et elle était loin d’être la mère la plus responsable du monde, effectivement. Avec Agrippine, elle n’avait pas manqué en tout cas. Peut-être qu’elle avait parfaitement accompli son rôle avec Ignatius, mais la concernant, elle avait été pour le moins… négligente et l’attitude présente d’Agrippine en découlait totalement.

-Moi, au moins, quand je me regarde dans la glace, je sais à qui j’ai affaire. Je ne me mens pas.







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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Mar 6 Mar - 14:05


-Et c’est la mère la plus irresponsable au monde qui me dit ça.


La mère la plus irresponsable au monde ? Comment osait-elle affirmer une chose pareille ? Wilhelmina adressa un regard sévère à Agrippine. Non, elle était loin de se considérer comme une mère irresponsable, au contraire, même, elle s'estimait parfaite dans son rôle de mère et elle était convaincue qu'Ignatius témoignerait d'office en sa faveur à ce sujet. Avec Agrippine, ce n'était pas la même chose.

Elle n'était sa mère qu'au sens biologique du terme, et déjà, c'était de trop. Si elle avait voulu gagner une once du respect qu'elle adressait à son fils, alors il aurait fallu qu'elle se comporte différemment. Mais elle n'avait pas daigné faire cet effort. Tous les reproches lui revenaient en l'occurrence. Ou en tout cas, Wilhelmina avait décidé de se rassurer avec cette affirmation, refusant à Agrippine tout droit à la douleur, tout droit aux sentiments.

-Moi, au moins, quand je me regarde dans la glace, je sais à qui j’ai affaire. Je ne me mens pas.

Wilhelmina se mentait, c'était assez évident, mais puisqu'elle se mentait à elle-même depuis des années, et assez brillamment, il lui était impossible de reconnaître le fait que son interlocutrice avait raison. Tout le monde avait ses démons, volontaires ou non. Wilhelmina avait personnifié le sien sous la forme d'une enfant non désirée, à qui elle attribuait tous les maux et tous les défauts du monde. Des maux et des défauts qui incombaient bien plus à sa fille qu'à lui, bien sûr.


"Et pour quel résultat"
, répliqua la ministre en adressant un regard froid et méprisant à sa fille. "Le spectacle de ton reflet serait insoutenable pour qui que ce soit d'un tant soit peu... décent."

Elle se montrait aussi désagréable que possible, c'était sa manière de mettre le maximum de distance entre elle et sa fille.

Elle faisait ça de cette manière, refuser d'essayer de l'aime, c'était se punir de ses écarts passés, refuser de lui adresser un regard maternel et compatissant, c'était ignorer son regard et craindre de reconnaître dans ses yeux le regard de Thésée. C'était impossible, donc.


"Ecoute, ta compagnie m'importune autant que l'inverse, alors pourquoi tu ne t'en irais pas, tout simplement ?"

Elle était sûre du fait qu'Agrippine refuserait. Mais sait-on jamais.
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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Mar 6 Mar - 18:27


Qui a parlé d'amour maternel ?
C

a ne faisait aucun doute, Wilhelmina Tuft était vraiment une politicienne. La manière qu'elle avait de s'exprimer et de retourner ses phrases. Tu m'étonnes qu'elle parvenait à faire face à ses opposants politiques, elle n'avait aucune difficulté à arranger le moindre discours à son avantage, à rejeter la faute sur les autres. Agrippine était habituée à cela, ce n'était pas pour rien que la jeune femme considérait sa mère comme la reine des faux-semblants, et elle le lui prouvait une fois encore. Peut-être que ce qu'elle voyait dans son reflet quand elle y jetait un début de regard n'avait rien de forcément glorieux, parce qu'on y découvrait un véritable rebuts de la société, et un rebuts volontaire, qui plus est. Mais au moins, elle, quand elle se mirait dans la glace, elle voyait quelque chose de brut, de vrai, de sincère. Comme elle l'avait dit plus tôt, elle, elle ne mentait pas, elle, elle ne trichait pas du tout. Et c'était ce qui débectait tant sa mère : elle n'avait pas adopté les faux-semblants familiaux, elle avait décidé de faire les choses à sa manière et de se détacher des codes qui régissait l'existence en apparence impeccable des Tuft, mais qui ne l'était pas tant si on décidait de creuser un peu sous la surface. Mais au moins, pour une fois, Agrippine devait reconnaître que sa mère faisait preuve d'une certaine sincérité puisqu'elle osa haut et fort affirmer que sa présence l'importunait.

-Bah alors, c'est quoi le problème, maman ?
demanda Agrippine sans bouger un seul instant de sa place.

Si elle n'avait pas voulu de la présence de sa mère, elle, elle aurait tracé son chemin, et ce n'était pas le cas. Elle souhaitait sa compagnie, pour les mauvaises raisons, certes, mais elle en voulait bien quand même. Parce qu'elle aimait provoquer sa génitrice, parce qu'elle aimait la confronter à ses contradictions et lui interdire la moindre opportunité de se dérober à son jugement tranchant et incisif. La jeune femme, sans la moindre gêne, mit les pieds sur la table. On la rappellerait sans doute à l'ordre, mais pour ce qu'elle en avait à faire.

-Je te fais honte ? T'as peur qu'on nous voie ensemble ?
Sans rien demander, cette fois, elle trempa à nouveau ses lèvres dans sa tasse à café. C'est dommage, alors, parce que j'ai pas l'intention de bouger d'ici.



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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Lun 12 Mar - 16:43


-Bah alors, c'est quoi le problème, maman ?

Wilhelmina serra les dents. Elle détestait qu'Agrippine l'appelle "maman", de sa part, ces mots devaient être proscrits. Dans les faits, biologiquement parlant, elle était sa fille, c'est vrai, et elle ne pouvait pas faire semblant du contraire, c'était comme ça... Mais ces mots l'avaient toujours horrifiée.

Elle ne l'avait jamais voulu pour fille, et même si c'était inconscient, elle s'était parfaitement arrangé pour que sa fille ne veuille pas d'elle comme mère, alors quand elle prononçait ces mots, ce n'avait rien d'une marque d'affection, c'était de la pure provocation. Qu'attendre d'autre de la part d'Agrippine, en même temps ? Il n'y avait rien d'autre à attendre de sa part.

Tout ce qu'elle cherchait à faire, c'était à mettre sa patience à rude épreuve, à l'embarrasser. Les pieds qu'elle venait de négligemment poser sur la table en disaient suffisamment long et parlaient pour elle. Et Wilhelmina avait beau tout voir de la stratégie de sa fille, elle tombait malgré tout dans le panneau. Sa patience était toujours particulièrement limitée quand il devenait question de celle qui était pourtant la chair de sa chair.

-Je te fais honte ? T'as peur qu'on nous voie ensemble ? C'est dommage, alors, parce que j'ai pas l'intention de bouger d'ici.

Aux deux premières questions, la réponse était simple, et c'était oui. Oui, elle lui faisait honte, et oui, elle avait peur qu'on les voie ensemble. Elles étaient face à une rue clairement passante ou n'importe qui pouvait les voir et elle devait veiller à garder d'elle une image irréprochable.

Ce qui la plaçait au passage face à un dilemme. Soit elle tolérait qu'on les voie ensemble et devait se faire passer pour la mère prévenante qu'elle n'était pas (peu risqué), mais dans ce cas, elle devait exiger un peu de tenue de la part de sa fille, soit elle mettait le holà tout de suite. Si Agrippine ne voulait pas s'en aller, la ministre pouvait bien décider de le faire, alors, mais alors, elle ne pourrait pas présumer de la réaction de sa fille. Et aussi, elle aurait le sentiment de lui donner le dernier mot.


"Descends tes pieds de là",
grinça-t-elle entre ses dents, avant d'ajouter, la toisant d'un regard sévère. "Qu'est-ce que tu veux ?"


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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Lun 12 Mar - 19:28


Qui a parlé d'amour maternel ?
E

ntendre ainsi sa mère la sommer d'enlever ses pieds de la table lui donnait l'impression de retomber en enfance. Pour certains, c'était peut-être agréable, de retomber en enfance, pas pour elle. Quand elle se faisait réprimander comme ça, les coups de martinet pleuvaient presque aussitôt ensuite. Elle en ressentait la morsure rien que d'y penser, mais elle ne laissa rien transparaître et garda son sourire fiché sur son visage. De toute façon, elle ne risquait plus rien, maintenant. Le paternel avait clamsé, la maternelle était trop lâche pour prendre la suite de son côté. Et puis, ça la foutrait mal si madame la ministre pétait les plombs sur un lieu public, pas vrai ? En même temps, ce n'était pas pour rien si Agrippine insistait à ce point, comme ça. Elle aimerait bien que la génitrice pète un bon cable digne de son nom. Mais non, pour l'instant, madame la Ministre conservait encore son self-control. Il allait falloir qu'elle mette les bouchées doubles si elle voulait obtenir gain de cause, très exactement. Tout en toisant sa mère, les pieds toujours sur la table et un sourire toujours aux lèvres, donc, Agrippine écouta sa mère lui demander ce qu'elle voulait, vaste question que voilà.

-Parce que tu te soucies de ce que je veux, maintenant ?
demanda -t-elle alors en lui adressant pour la peine son plus souverain mépris, même si son attitude restait quand même très détachée.

Elle croisa les bras, toisa sa génitrice. Ce qu'elle voulait, ce qu'elle avait voulu, c'était tout simple : de la tendresse, de l'attention, des encouragement. En fait, tout ce qu'on avait accordé à Ignatius et à quoi elle n'avait pas eu droit... parce que son sexe n'était pas le bon, sans doute... ou pas. Elle était loin de s'imaginer les vraies raisons du dédain que Wilhelmina lui adressait.

-Tu ne peux pas tout marchander, tu sais. Peut-être que le chantage et les pots-de-vin, c'est ton truc, mais ça marche pas, avec moi.

Bon, ça, c'était quand même un peu l'hôpital qui se fout de la charité, parce qu'en vérité, au quotidien, les chantages, les pots-de-vin et toutes autres manigances du genre, c'était ni plus ni moins que son quotidien. Mais bon, sa mère n'appartenait pas exactement au même monde, il faut quand même être assez lucide à ce sujet.



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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Jeu 22 Mar - 13:22


-Parce que tu te soucies de ce que je veux, maintenant ?

Wilhelmina ne pouvait pas donner tort à sa fille, elle ne s'était jamais souciée de ce qu'elle voulait... ou non, le propos était à nuancer. Elle se moquait des aspirations et des choix de sa progéniture tant que ces derniers ne lui faisaient pas ombrage... mais Agrippine avait tendance à ne pas faire les choses à moitié, et la situation échappait très souvent à ses intentions, à son emprise.

Elle ne se souciait pas de ce qu'elle voulait au sens où elle ne voulait pas la voir obtenir ce qu'elle souhaitait, mais ça ne changeait quand même rien au fait qu'elle se souciait en revanche de son image, et la jeune femme avait par trop de possibilités de ternir cette image jusqu'à un point peut-être irréversible. Cela lui déplaisait déjà avant, mais maintenant qu'elle était ministre de la Magie, encore plus, elle devait garder la main, conserver le contrôle.

C'était simple avec les adversaires faits du même bois qu'elle, parce qu'elle pouvait présumer de leurs attitudes et de leurs réactions... Agrippine, elle, compliquait tout. Elle avait beau être de sa chair et de son sang, elle était beaucoup trop... incontrôlable. Alors il était impossible de vraiment savoir par où elle allait peut-être vous atteindre. Si elle choisissait de le faire.


-Tu ne peux pas tout marchander, tu sais. Peut-être que le chantage et les pots-de-vin, c'est ton truc, mais ça marche pas, avec moi.

Une provocation de plus à l'impression palmarès de sa progéniture. Wilhelmina pourrait bien s'évertuer à démentir. Elle n'aurait pas tort de le faire après tout. Elle savait exactement ce qu'elle valait. Et elle avait obtenu son poste honnêtement.

Pareillement, elle menait son oeuvre sans passer par ces méthodes peu recommandables. En fait, il n'y avait qu'en compagnie de sa fille que son attitude laissait à désirer, mais ça, elle n'y pouvait rien. C'était quelque chose de profond, de viscéral. Agrippine était l'incarnation de ses erreurs et de sa culpabilité. Elle n'arrivait pas à être insensible.


"Je n'étais pas en train de marchander"
, répliqua Wilhelmina du ton purement politicien qui avait tendance à la caractériser. "Mais on sait très bien, toi comme moi, que tu n'es pas là sans raison."

Elle attendait quelque chose, et la ministre attendait donc une occasion de le lui refuser.
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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Jeu 22 Mar - 19:03


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A

grippine trouvait que sa mère jouait sacrément avec les termes, mais elle n'était pas particulièrement surprise de cette attitude de sa part. A ses yeux, c'était raccord avec son attitude globale. Pour la jeune femme, sa génitrice avait toujours été une planquée. Elle se cachait derrière de belles formules alambiquées et des discours à dormir debout et de cette façon elle parvenait à dissimuler sa vraie nature. Ca marchait bien, c'est sûr, même son propre fils était tombé dans le panneau. Mais elle, elle ne pouvait pas l'avoir de cette manière, elle se considérait plus maligne que ça. D'accord, c'est vrai que pour l'instant, elle n'avait pas encore marchandé avec elle... mais elle la connaissait, elle était convaincue que ça arriverait à un moment ou à un autre, parce que sa chère maman donnerait absolument n'importe quoi pour pouvoir se débarrasser d'elle. S'il pouvait lui être possible de remonter le temps et de tout simplement faire plus attention le jour de sa conception, elle s'en donnerait à coeur joie et sans hésiter, ça, la jeune femme en était convaincue. Mais pas de bol, elle était là, et elle avait bien l'intention d'y rester par-dessus le marché. Elle n'avait pas la moindre intention de dégager l'espace. Justement parce que ça ferait trop plaisir à sa génitrice.

-Oui, effectivement, je suis pas là sans raison. Je suis ta fille, putain, je vais quand même pas t'ignorer quand je te croise dans la rue, répliqua-t-elle en accentuant le mélodrame. Et te crois pas si importante non plus, je passais par là par hasard. Mais bon, maintenant que je suis là, hein... Son sourire s'agrandit. J'ai bien l'intention de rester. Juste parce que ça t'emmerde.

Et c'était en effet sa seule et unique motivation. Elle n'avait rien de mieux à faire, et saper le moral de sa mère en mettant un petit coup à sa réputation au passage, si possible, c'était ma foi une activité plutôt... ludique. En tout cas, Agrippine, qui avait pourtant tendance à se lasser très rapidement, ne s'en était pas lassée encore, et prenait un malin plaisir à faire durer encore un peu cette situation. Elle trouverait bien d'autres chats à fouetter à un moment donné, mais ce n'était pas encore le cas, alors en attendant, madame la ministre allait devoir faire avec. Tout simplement.



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Message#Sujet: Re: Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)   Mar 27 Mar - 15:24

-Oui, effectivement, je suis pas là sans raison. Je suis ta fille, putain, je vais quand même pas t'ignorer quand je te croise dans la rue.

La ministre ne se laissa pas attendrir par son interlocutrice. C'était trop facile de présenter les choses de cette manière et de prétendre que si Wilhelmina ne s'était jamais comporté en mère avec Agrippine, Agrippine, elle, s'était comportée en fille avec elle, ce n'était pas le cas.

Elle pourrait très bien l'ignorer, elle n'avait aucun mal à le faire en temps normal (et réciproquement). C'était quelque chose qui avait fait partie de leur accord tacite quand la jeune femme avait décidé d'échapper au giron familial. C'était très bien comme ça. Elle pouvait prétendre ne pas avoir de fille et sa fille ne pas avoir de mère.

Mais il ne fallait pas espérer que cela marche à chaque fois, malheureusement... Et là, elle ne savait vraiment pas quoi faire ou dire pour que son interlocutrice la laisse tranquille et lui permette de finir son repas tranquillement. Déjà qu'elle avait bien trop peu de temps pour elle...

Mais bon, maintenant que je suis là, hein... J'ai bien l'intention de rester. Juste parce que ça t'emmerde.

Elle avait raison, ça l'emmerdait. Autant que le langage inapproprié dont sa fille faisait usage, mais ça, elle s'y était habituée, malheureusement. Maintenant qu'elle était là, oui... Et combien de temps allait-elle rester, ça... En tout cas, c'est sûr, sa pause déjeuner était fichue.

Elle n'avait pas à subir l'insolence de sa fille, certainement pas, elle restait la figure d'autorité, à plus juste titre encore qu'elle n'était pas seulement la mère d'Agrippine, elle était aussi sa ministre, donc elle ne devrait pas se permettre de la chercher autant.

Elle se releva, hésita à jeter l'argent de son repas sur la table. Agrippine la récupérerait en douce, elle en était sûre... donc rejoindre le comptoir semblait être la méthode la plus sûre, même si un peu dégradante.


"La place est libre, je n'ai pas de temps à perdre avec tes enfantillages."

De toute façon, elle allait bientôt devoir retourner travailler, car elle, elle avait un vrai métier, et des personnes qui attendaient après elle, contrairement à sa très chère progéniture qui ne faisait rien de ses journées si ce n'est "emmerder" son monde, comme elle le disait si bien.

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Qui a parlé d'amour maternel ? (Agrippine)

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