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 Au nom du père (Thésée)

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Wilhelmina Tuft
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Message#Sujet: Au nom du père (Thésée)   Mer 7 Nov - 8:34


C'était... c'était vraiment n'importe quoi... Elle se l'était répétée durant tout le trajet qui l'avait menée jusqu'à ce fichu palier. Elle avait résisté un bon milliard de fois à la tentation de rebrousser chemin, mais la conviction qu'elle ne savait pas vraiment ce qu'elle faisait demeurait...

Elle ne reculait pas, pourtant... ou plutôt, elle ne reculait pas pour cette fois, parce que depuis leur conversation forcée dans l'ascenseur du ministère, depuis sa discussion houleuse avec Ignatius, elle comprenait bien que la boîte de Pandore avait été ouverte, et si elle voulait garder un minimum de contrôle sur la situation (si c'était encore possible), elle devait... prendre les devants avant que quelqu'un ne le fasse à sa place.

Il n'empêche, elle n'avait pas le sentiment de s'être sentie un jour plus angoissée qu'en cet instant. Pas même lors de son discours d'investiture au ministère. En même temps, elle avait toujours été plus à l'aise dans son rôle de ministre que dans le simple rôle de Wilhelmina, épouse adultère et mère indigne... qui payait à présent les conséquences de ses actes.

Se rendre ainsi, tardivement et sans forcément prévenir jusque chez Thésée avait tendance à lui rappeler d'anciens souvenirs, qui n'étaient pas tous désagréables, au passage, loin de là, même, mais qu'elle avait crus totalement enterrés, qu'elle n'aurait plus jamais à convoquer, en aucune façon. Mais il ne faut jamais présumer de rien, et maintenant, il lui fallait rassembler tout le courage nécessaire pour prononcer des aveux qu'elle ne s'était pas imaginée formuler un jour. Pour la deuxième fois. Avant que quelqu'un d'autre ne s'en charge, avant que la vérité ne devienne trop... incontrôlable.

Elle avait envisagé de le trouver dans son bureau, afin d'éviter de le revoir dans un cadre - disons - trop intimiste, ou bien de lui donner rendez-vous dans un café, en espérant qu'il se présenterait, mais les murs ont des oreilles, et cet adage n'était jamais plus vrai qu'au ministère de la Magie, et il y avait des choses qui nécessitaient d'être dit sans qu'aucune oreille indiscrète soit susceptible de traîner. Alors tant pis, elle s'était fait une raison, et elle se trouvait à présent devant sa porte. Une grande inspiration elle avait frappé. Et maintenant, elle ne pouvait plus reculer.

S'il était là, s'il lui ouvrait... Les dés seraient jetés.


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Thésée Dragonneau
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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Mer 21 Nov - 19:24

Au nom du père
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Encore une nouvelle journée de terminée. Et Merlin savait qu’elle avait été longue, comme toutes les autres en même temps. Mais ça ne dérangeait pas vraiment Thésée de se laisser submerger par le travail, bien au contraire. Il avait toujours agi plus ou moins comme ça, mais encore plus ces dernières années. Sûrement le poids de la solitude qui pesait de plus en plus avec les années qui passaient et le confortait dans l’idée qu’il finirait seul.

Cela pourrait être pire, il le savait. Il avait toujours Norbert, qui lui avait une famille et donc par extension, c’était un peu la sienne. Et il en était reconnaissant, seulement, cela ne changeait rien au fait que lorsqu’il rentrait chez lui, il était seul. Personne ne l’attendait, et il n’attendait personne. Il aurait voulu que les choses soient autrement, même s’il le démentait, aussi bien à lui-même qu’aux autres. Malheureusement, il avait le don de tomber amoureux des mauvaises femmes, peut-être une façon qu’avait la vie de lui faire comprendre que ce n’était pas pour lui, ou qu’il n’y avait pas le droit.

Dans tous les cas, Thésée n’avait plus envie d’essayer, il était trop vieux pour ça après tout. Et puis autant l’avouer, il n’avait ni la force, ni l’envie de recommencer. De trouver une femme, s’ouvrir à elle, l’aimer… il avait assez donné et avait été assez déçu. Pour un homme qui ne lâchait jamais rien dans le cadre de son travail, il abandonnait rapidement lorsqu’il s’agissait de sa vie amoureuse, mais bon, c’était comme ça. Que ce soit Leta ou Wilhelmina, ses deux principales histoires s’étaient terminées de manière brutale et douloureuse, ça ne donnait pas vraiment envie de réessayer à nouveau.

Il fut tiré de ses pensées en entendant des coups à la porte. Il était un peu surpris, il n’attendait personne… Peut-être Norbert, ou quelque chose comme ça. Il se leva et alla ouvrir la porte. Il resta un moment bloqué, plus que surpris de découvrir Wilhelmina Tuft sur le seuil. Il eut des rapides bribes de souvenirs, du temps où ils étaient amants et qu’il l’accueillait chez lui avec plaisir et joie. Il ignorait totalement la raison de sa venue ici, peut-être qu’il y avait un souci, ou alors… ou alors il ne savait pas du tout, et il était loin de se douter de la vérité, c’était le moins qu’on puisse dire.

« Wilhelmina ? Qu’est-ce que tu fais ici ? Il y a un problème ? Entre je t’en prie… »

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Wilhelmina Tuft
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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Jeu 22 Nov - 13:30


Il était là, il lui ouvrit. Maintenant, elle ne pouvait plus faire marche arrière... Au fond d'elle, elle avait espéré qu'il ne soit pas là, trouver une porte close qui l'aurait pour de bon dissuadée dans son initiative, dans ses aveux qui allaient tout changer. Mais il était là, et même si cette idée l'angoissait, elle ne voulait pas faire marche arrière.

La surprise se lisait sur son visage. Normal, elle n'avait normalement aucune raison de se trouver là, sur le pas de sa porte. Et la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés dans ce cas de figure, eh bien... Les circonstances étaient très différentes. Quelque part, elle en éprouverait presque de la nostalgie, et ça n'arrangeait pas du tout son cas, en cette situation.


« Wilhelmina ? Qu’est-ce que tu fais ici ? Il y a un problème ? Entre je t’en prie… »

Tout en acceptant son invitation à entrer, elle fit un premier pas à l'intérieur. Si elle n'était pas si angoissée, elle prendrait sans doute soin de jeter un oeil autour d'elle, par curiosité, par intérêt, mais là, son esprit n'était accaparé que par une seule et unique chose, et ça la paralyserait presque. Elle s'était rarement sentie à ce point... mal.

Elle savait garder contenance en n'importe quelle circonstancef, normalement, il n'en fallait pas moins quand on était ministre de la magie, mais là, face à Thésée, sa belle détermination fondait comme neige au soleil.


"J'ai..."
Elle prit une nouvelle inspiration. Elle ne savait vraiment pas comment elle irait jusqu'au bout de la conversation sans céder à une vraie crise de panique. Mais elle ne se démonterait pas... Elle avait retourné la question dans tous les sens, déjà. Elle avait dit la vérité à Ignatius, il était trop tard pour faire marche arrière, maintenant. Et d'ailleurs, elle ne voulait pas faire marche arrière. "J'ai quelque chose à te dire." Elle passa une main dans ses cheveux, réflexe qui témoignait d'un stress qui devait avoir l'air évident. "Je sais pas... Je sais pas comment te dire ça."

Il n'y avait pas de manière de le dire, de toute manière, et en vérité, elle le savait bien. Elle allait devoir, tout simplement, passer aux aveux, et peut-être éviter les détours inutiles au passage. La vérité, quelle que soit la manière dont elle la présenterait, resterait quoi qu'il en soit brutale. Il n'y avait pas de façons de faire passer cette pilule, c'était beaucoup trop tard pour ça.


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Thésée Dragonneau
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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Lun 10 Déc - 9:33

Au nom du père
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Thésée était surpris, tout ce qu’il y a de plus normal en soit. Pendant près de trente ans, Wilhelmina et lui ne s’étaient pas échangés une seule parole, un seul regard, une seule lettre… alors après une entrevue forcée dans l’ascenseur, il ne s’attendait pas à la voir débarquer chez lui. Et ne savait pas trop comment il était censé réagir, ni ce qui l’amenait ici.

Il lisait sur son visage que ce n’était probablement pas une bonne nouvelle. Mais ce n’était pas comme s’ils étaient encore amants, alors il se demandait bien sur quel sujet cela pouvait être. Mais il était tout de même curieux d’entendre ce qu’elle avait à lui dire. Il ne pouvait pas se douter sur le moment, qu’après son annonce, beaucoup de choses allaient changer.

Il ne pouvait pas deviner qu’Agrippine était sa fille, il aurait pu s’interroger à l’époque peut-être, mais maintenant… le temps était passé, et il avait tenté d’oublier toute cette histoire avec Wilhelmina, même s’il n’y était pas vraiment parvenu jusqu’à Leta, mais aujourd’hui, tout se mélangeait et Thésée se sentait complètement perdu. Et la venue de Wilhelmina n’allait rien arranger. Mais il n’en savait rien encore.

"J'ai..."

Thésée restait silencieux. Vu la façon qu’elle avait de se tenir, elle n’était clairement pas à l’aise. Il appréciait de moins en moins cette situation. Si elle s’était déplacée jusqu’ici, c’est que c’étai t très important, il le savait, et quelque chose en lui savait qu’il en serait bouleversé.

"J'ai quelque chose à te dire. Je sais pas... Je sais pas comment te dire ça."

Thésée était maintenant certain que ce qu’il allait entendre avait peu de chances de lui plaire. Pourtant, ce n’était pas une mauvaise nouvelle d’apprendre que l’on avait un enfant, surtout que Thésée en avait toujours voulu. Mais apprendre qu’ils avaient déjà près de trente ans ? Surtout qu’Agrippine n’était pas une étrangère pour lui, elle était son indic. Bien qu’après tout cela… il ne serait peut-être pas en mesure de travailler encore avec elle.

« Eh bien… je ne sais pas. Commence par le début, ou dis le d’un coup. De toute manière, ça ne changera pas le fond et je n’ai pas trop de préférences sur la forme, alors comme tu veux. »

Il tentait lui, de se préparer psychologiquement, mais étant donné ce qu’elle comptait lui dire, il n’était pas certain que cela serve à quelque chose. Mais bon, il pouvait toujours essayer après tout.

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Lun 10 Déc - 13:03


« Eh bien… je ne sais pas. Commence par le début, ou dis le d’un coup. De toute manière, ça ne changera pas le fond et je n’ai pas trop de préférences sur la forme, alors comme tu veux. »

Commencer par le début... Solution simple, logique, efficace, pragmatique... le genre de solutions que Wilhelmina aurait privilégié en n'importe quelle autre circonstance. Mais pas là. Ce n'était pas possible. Ou en tout cas, elle avait le sentiment que ça ne pouvait pas l'être.

Parce que le début, c'était lui, c'était elle, et il le connaissait déjà, et même s'il ne devait rien comprendre à ce qui était en train de se passer, il se doutait sans doute que cela avait un rapport avec leur passé commun. Qu'est-ce qui, autrement, pourrait justifier qu'elle vienne ainsi frapper à sa porte quand leur champ de communication ces dernières décennies s'étaient réduites à une conversation forcée dans un ascenseur... Mais conversation lourde de sens malgré tout... sans laquelle, malgré sa discussion avec son fils, elle n'aurait peut-être pas trouvé le courage nécessaire pour aller frapper à sa porte aujourd'hui.

Alors non, commencer par le début semblait impossible, alors ne restait qu'à dire les choses de but en blanc. Mais l'information était si... brutale qu'elle aurait aimé être capable d'y mettre les formes, de pouvoir en tout cas justifier son silence à son interlocuteur. Ce ne serait pas si simple. Lui, dans tous les cas, ne savait pas à quoi s'attendre, il voulait sans doute seulement qu'elle crache le morceau, rien d'autre.


"Je ne te l'avais jamais dit, parce que..."
Elle prit une grande inspiration. "L'autre jour, dans l'ascenseur..." Bon, elle se perdait définitivement dans son discours. "Quand je t'ai dit que je n'étais jamais venu te parler pour que tu ne me retiennes pas... C'est vrai... et tu aurais eu raison de me retenir." Elle hésita. Bon peu importe la manière qu'elle pouvait avoir de s'y prendre, c'était totalement maladroit... Et elle ne pourrait sans doute rien faire contre le sentiment d'injustice que ressentirait Thésée en découvrant qu'il avait eu une fille, tout ce temps. "Tu ne t'es jamais demandé... si Agrippine était de toi ?"

Elle y avait pensé, parfois. La naissance d'Agrippine qui coïncidait avec la période de leur rupture... Il avait sans doute eu des soupçons, à l'époque.

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Jeu 27 Déc - 15:53

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But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Thésée avait beau chercher, il ne voyait vraiment pas ce qu’elle pourrait venir lui dire… Surtout si c’était quelque chose de compliqué. Ou bien, peut-être que ça ne l’était pas vraiment. Mais qu’étant donné leur relation compliquée et leur manie de passer de tout à rien, elle avait du mal à lui dire quelque chose qui serait passé sans problème s’ils avaient été amis ou quelque chose du genre. Ce n’était pas comme s’il pouvait se douter qu’elle comptait lui annoncer un secret qui durait depuis le jour où elle était venue le quitter, et qui allait très clairement bouleverser toute sa vie.

Mais quoiqu’il en soit, il était tout à fait disposé à l’écouter. Il était même, très impatient d’en savoir plus sur tout cela. Il espérait tout de même que ce n’était pas quelque chose de grave. Mais vu la tête qu’elle faisait, il avait de plus en plus de doutes. Il avait l’impression qu’elle allait lui annoncer la pire nouvelle qui soit… il eut une pensée pour sa famille, mais il ne voyait pas en quoi ils pourraient avoir des soucis. Et il doutait de plus en plus que cela ait un quelconque rapport avec le Ministère ou son travail d’Auror. Si elle était venue jusqu’ici, c’était que c’était de l’ordre privé.

Mais leur vie privée était terminée depuis près de trente ans à présent… Alors que comptait-elle déterrer ? Il n’était pas certain d’être prêt, mais il n’avait pas vraiment le choix à présent. Il espérait que ce n’était pas aussi important que ce que cela semblait être. Vraiment.

"Je ne te l'avais jamais dit, parce que... L'autre jour, dans l'ascenseur... Quand je t'ai dit que je n'étais jamais venu te parler pour que tu ne me retiennes pas... C'est vrai... et tu aurais eu raison de me retenir."

Pour le moment, il avait un peu de mal à voir où elle voulait en venir. En fait, il ne comprenait rien à ce qu’elle lui racontait, ou ce qu’elle essayait de lui dire. C’était confus, il voyait bien qu’elle cherchait ses mots, mais il ne voyait pas comment il pourrait l’aider. Sachant qu’il ignorait tout de ce qu’elle tentait de dire.

"Tu ne t'es jamais demandé... si Agrippine était de toi ?"

Il haussa les sourcils, puis les fronça. Il n’aimait vraiment pas cette question, parce qu’elle sous-entendait beaucoup trop de choses. La question l’avait effleuré, c’est vrai, mais il pensait que si c’était le cas, elle le lui aurait dit. Parce qu’après tout, elle était censé l’aimer, elle le lui avait dit à l’époque, et il ne voyait pas comment elle aurait pu lui cacher ça dans ces conditions. C’était beaucoup trop important.

« Si, mais je me suis dis que tu n’aurais pas pu me cacher une telle chose. Me mentir à ce point. Mais le fait que tu poses la question maintenant… est-ce que tu es en train de me dire que c’est ma fille ? »

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Dim 30 Déc - 12:23



« Si, mais je me suis dis que tu n’aurais pas pu me cacher une telle chose. Me mentir à ce point. »

Bien sûr... Et Wilhelmina avait compté là-dessus, en effet. Thésée était loin d'être le dernier des idiots, il était même l'homme le plus intelligent qu'elle ait jamais rencontré, alors elle supposait qu'elle devait avoir des doutes, mais elle en avait en effet compté sur la confiance qu'il avait eu en elle autrefois pour supposer qu'Agrippine était la fille d'Elliott et non la sienne.

Et ce faisant, elle l'avait manipulé. Elle n'allait pas s'en cacher, c'était la vérité. Elle avait eu deux choix : du moins n'avait-elle voulu considérer qu'il n'y en avait que deux : dire toute la vérité à Thésée ou se taire. Dans les deux cas, sa décision était prise : elle resterait avec son époux, pour protéger Ignatius, pour ne pas perdre son fils.

Dans un cas, donc, elle lui apprenait la vérité et prenait le risque de le faire souffrir plus que ne devait déjà l'ébranler leur rupture... sans compter la possibilité qu'il cherche à récupérer
Agrippine par tous les moyens (ce qui aurait certainement mieux valu, tout bien considéré, à présent qu'elle avait la distance nécessaire sur la décision et voyait comment les choses s'étaient déroulées). Dans l'autre, elle lui faisait du mal mais lui éparnait la douleur de perdre un enfant... douleur qu'elle s'était elle-même refusée à endurer en gardant précieusement Ignatius auprès d'elle.

Oui, aujourd'hui encore, elle considérait avoir pris la décision qui s'imposait, mais il était difficile de n'éprouver aucune culpabilité quand son ancien amant s'adresser à elle de la sorte.

Elle avait menti, un mensonge d'une gravité extrême, et qui avait à jamais modifié le cours de leurs vies à tous : Thésée, Agrippine, Ignatius, Elliott. Tout avait dépendu d'elle et d'elle seule. Et elle ne pouvait pas se dérober derrière de fausses excuses. Elle était l'unique responsable. Elle avait fait un choix. Simple et sans équivoque. Elle avait menti. Et mentirait encore s'il le fallait.

Même si l'heure était à présent aux révélations tardives. Aux vérités qui fâchent.


« Mais le fait que tu poses la question maintenant… est-ce que tu es en train de me dire que c’est ma fille ? »

Wilhelmina hocha doucement la tête. Ce n'était pas comme si elle pouvait encore sauter sur l'opportunité de se dérober, à présent. Elle en avait définitivement trop dit.


"Oui. Agrippine est ta fille."

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Dim 6 Jan - 14:30

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Thésée n’appréciait pas le tournant de cette conversation, en fait, il n’y avait pas que le tournant. Il n’appréciait rien de cette conversation, parce qu’il ne voulait pas comprendre ce que Wilhelmina tentait de lui dire. Ça impliquait beaucoup trop de choses. Et surtout, cela changerait énormément la donne. Thésée avait pris la décision d’avoir confiance en son ancienne amante. Il y avait eu de l’amour entre eux, ils se l’étaient dit, il y avait donc eu de la confiance. Et quand Wilhelmina l’avait quitté, il avait tenté de faire de son mieux pour la laisser partir et s’occuper de ses enfants. Certes, elle avait rapidement été enceinte d’Agrippine après cela, mais il n’aurait pas imaginé qu’elle puisse être sa fille, tout simplement parce qu’il était persuadé qu’elle lui aurait dit.

Au final, c’était peut-être bien naïf de sa part, surtout qu’au final, il s’avérait qu’Agrippine était bel et bien sa fille. Mais à l’époque, Thésée était encore bien jeune, et il avait voulu croire en l’amour, même si c’était avec une femme mariée, il était encore plein d’espoir, plein de confiance. Mais il ne pouvait pas croire qu’elle aurait pu lui cacher quelque chose d’aussi important. Ce n’était pas anodin, ce n’était pas sans importance, c’était… c’était sa fille, sa chair, son sang… Son enfant. Il avait eu confiance en Wilhelmina, et il allait le regretter dans quelques instants, parce qu’au final, elle lui avait menti, par omission peut-être, mais menti tout de même, alors qu’il n’avait jamais douté d’elle.

"Oui. Agrippine est ta fille."

C’était tombé comme ça… et Thésée ne l’assimilait pas. Comment le pourrait-il ? Comment pourrait-il croire que son indic de vingt-huit ans était en réalité sa fille ? Comment pouvait-il seulement assimiler qu’il avait un enfant, alors qu’il avait fait une croix dessus depuis des années maintenant ? Il ne dit rien pendant plusieurs minutes, et resta parfaitement immobile, se repassant ces mots dans sa tête en boucle. « Agrippine est ta fille. » Jamais il n’aurait pensé un jour entendre ça. Et surtout… pourquoi ? Pourquoi lui avoir caché pour lui dire maintenant ?

Il ne savait pas ce qu’il ressentait. Stupéfaction, colère, trahison, choc… tout cela se mélangeait en lui et il essayait tant mieux que mal de ne pas tout laisser éclater. Il ne voulait pas s’énerver, il dire n’importe quoi à Wilhelmina. Il fallait qu’il ne contrôle… Il voulait garder l’esprit clair.

« Pardon ? C’est une plaisanterie ? Tu viens m’annoncer vingt-huit ans plus tard qu’Agrippine est ma fille, sans aucune raison ? Et comment tu as pu ne serait-ce que me le cacher au juste ? »

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Lun 7 Jan - 14:40

« Pardon ? C’est une plaisanterie ?»

Inutile de répondre à cette question, bien sûr. Outre le fait que le sens de l'humour avait pour ainsi dire toujours fait défaut à Wilhelmina, la farce était de bien trop mauvais goût pour qu'elle vienne frapper à la porte de son ancien amant dans le but de lui faire croire que sa fille était en vérité leur fille, et qu'elle avait attendu près de trois décennies pour le lui apprendre.

Bien sûr que ce n'était pas une plaisanterie, et Thésée le savait, il manifestait seulement son incompréhension, le choc logique qu'il devait ressentir, et elle serait bien la dernière à pouvoir le lui reprocher. Il était normal qu'il tombe complètement des nues et elle le trouvait, à vrai dire... particulièrement calme, au regard des circonstances.

Elle n'aurait pas trouvé anormal qu'il explose ou choisisse de s'en prendre à elle (ce qui pouvait encore arriver, cela dit)... Il faut dire que vivre au quotidien avec un homme violent altérait peut-être sa perception de comment la colère pouvait se manifester chez d'autres hommes.


« Tu viens m’annoncer vingt-huit ans plus tard qu’Agrippine est ma fille, sans aucune raison ? »

Sans aucune raison, pas vraiment. Si cela n'avait tenu qu'à elle, si elle avait eu le plein contrôle de la situation, elle n'aurait jamais rien dit et emporté ce secret dans sa tombe. Cela avait été sa décision première d'ailleurs.

Mais tout s'était emballé. Elle avait perdu son époux, la langue d'Agrippine s'était déliée, Ignatius lui avait demandé des comptes, et face à son fils, elle n'avait plus réussi à se taire... Ajoutez à cela le fait qu'elle avait revu Thésée, et surtout parlé avec lui après avoir cherché à l'ignorer toutes ces années... ça avait été trop d'un coup. Alors si, elle avait ses raisons... mais elle doutait fort que son ancien amant les comprenne... Elle-même ne savait pas franchement si elle faisait bien d'agir comme elle le faisait. Mais reculer n'était plus une option.


« Et comment tu as pu ne serait-ce que me le cacher au juste ? »


Comment ? Difficilement. Mais même aujourd'hui, malgré cette situation, elle se disait qu'elle avait bien agi. Peut-être qu'elle avait perdu Ignatius pour toujours, et qu'il ne lui pardonnerait jamais pour ce qu'il avait découvert. Mais au moins, elle l'avait vu grandir, devenir l'homme qu'il était... et si tout ça, ça avait été le prix à payer pour ces quelques années de sa vie, alors elle ne regrettait rien... Enfin. Presque rien.

"Je ne voulais pas prendre le risque de tout perdre."
, se contenta-t-elle de répondre d'une voix blanche. Elle ne voulait pas se défendre, crier, pleurer, supplier ou quoi que ce soit. Elle était là pour dire la vérité, et c'était tout. Et donc, si elle lui parlait maintenant, c'est qu'elle avait perdu tout ce qu'il lui restait : Elliott, et sans doute Ignatius. "Mais tu avais le droit de savoir."
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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Dim 13 Jan - 15:29

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Thésée n’arrivait tout simplement pas à y croire, et il avait du mal à faire le tri dans tout ce qu’il ressentait. Tant d’émotions se mélangeaient qu’il se sentait un peu perdu. Il n’aurait jamais pensé vivre une telle situation. Ni penser que Wilhelmina aurait pu lui mentir sur une chose aussi importante, quelles que soient ses raisons, elle lui avait menti. N’avait-il jamais vraiment compté pour elle ? Il y avait de quoi se poser des questions dans cette situation.

Mais il était encore trop abasourdi. Agrippine était sa fille… Il l’avait côtoyé plusieurs fois, il la voyait plus ou moins régulièrement, et elle était sa fille. Il n’avait jamais soupçonné quoique ce soit… Et elle, était-elle au courant ? Il n’en savait rien. Mais la mère et la fille n’avaient pas de très bonnes relations, il le savait. Il se sentait vraiment déboussolé en cet instant.

Il ne savait pas ce qui primait en lui. La colère, la stupéfaction, la déception, un soupçon de joie tout de même, à l’idée d’avoir un enfant. Il ignorait ce qu’il était censé dire, ou faire. Il ignorait vraiment la façon d’agir qu’il devrait adoptée. Il était encore trop sous le choc pour vraiment réagir à cette nouvelle. Mais il voulait surtout des explications. Savoir pourquoi Wilhelmina ne lui avait pas dit plus tôt, et pourquoi maintenant. Pourquoi aujourd’hui précisément. Il avait vraiment besoin de savoir.

Est-ce que cela avait un rapport avec leur conversation forcée dans l’ascenseur ? Il y avait des chances… Mais cela lui faisait mal au cœur de se dire qu’elle ne lui aurait jamais dit s’ils ne s’étaient pas parlés. Mais peut-être que tout était autre. Qu’il y avait une autre raison. Il ne se doutait pas qu’elle avait révélé à Ignatius qu’Elliot n’était pas le père d’Agrippine. Et encore moins que ce dernier était allé le dire à sa sœur. Il ne savait rien de tout cela. Et ce qu’il venait d’apprendre avait tout de même beaucoup de mal à passer, c’était une réalité. Même s’il ne rejetait pas l’idée, il avait du mal à l’assimiler.

Il aurait voulu que les choses se passent autrement, c’était une certitude. Mais comment… il n’en savait rien. Comment les choses se seraient passées si jamais elle lui avait dit dès le début ? Ou pendant sa grossesse, à la naissance d’Agrippine… durant son enfance. Il ne le savait pas, mais il se rendait compte qu’il avait tout loupé dans la vie de sa fille. Ce qui n’était pas un constat très joyeux o qui le réjouissait.

"Je ne voulais pas prendre le risque de tout perdre. Mais tu avais le droit de savoir."

Cela lui faisait mal. Evidemment. Elle ne voulait pas risquer de tout perdre, donc lui ne comptait pas c’est ça ? Au final, elle s’était juste servie de lui au moment où elle se sentait seule et délaissée par son mari. Et puis elle était partie quand elle s’était lassée, sauf qu’elle était tombée enceinte. C’était ainsi qu’il voyait les choses aujourd’hui.

« Et avant non ? Je n’avais pas ce droit ? Est-ce que j’ai seulement compté ne serait-ce qu’un peu pour toi ? »

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Mar 15 Jan - 15:00



« Et avant non ? Je n’avais pas ce droit ? »

Si, il l'avait. Et elle avait longuement hésité à tout lui dire, d'ailleurs... Elle ne l'avait pas fait. C'était un choix, calculé, méthodique. Après avoir retourné le problème dans tous les sens possibles, elle s'était tout simplement dit qu'il s'agissait de la meilleure option possible.

Elle savait que dans tous les cas, il serait impossible de gérer cette situation sans aucun dommage collatéral, alors à sa manière, elle pensait avoir limité la casse. Pour elle, c'était réglé, elle ne pouvait pas divorcer. Pas seulement pour la réputation qui en résulterait forcément et qu'elle aurait eu du mal à assumer (surtout que dans l'état où elle était alors, la preuve de son adultère aurait été plus que flagrante), mais pour Ignatius. Elle savait qu'elle n'aurait jamais obtenu sa garde, alors elle avait tranché.

Et quitte à trancher, elle n'avait pas voulu faire à Thésée un mal qu'elle n'avait pas jugé nécessaire. Qu'elle lui dise ou non la vérité, Agrippine devrait être considéré par tous comme l'enfant d'Elliott. Alors à quoi bon lui infliger une souffrance inutile ?

Et à quoi bon lui en parler maintenant, en vérité... Elle aurait peut-être pu, dû s'abstenir. Mais le mensonge était fragile. Maintenant qu'elle avait avoué la vérité à Ignatius, elle appréhendait l'effet boule de neige.


« Est-ce que j’ai seulement compté ne serait-ce qu’un peu pour toi ? »
Cette question faisait mal, mais elle comprenait que Thésée la lui pose. Elle ne pensait pas, à ce stade, qu'il comprendrait si elle affirmait qu'elle avait voulu le préserver, que c'était justement parce qu'il comptait pour elle qu'elle ne lui avait rien dire, ça semblait bien trop absurde, incohérent. Et pourtant, elle avait voulu se montrer aussi logique que possible.

Il était trop tard pour tout lui révéler, et donc trop tard pour s'excuser, dans le fond... Quelle importance qu'il pense qu'elle ne l'avait jamais aimé, à ce stade ? Aucune, techniquement. Et elle n'avait aucune envie qu'il le pense, pourtant...


"Je t'aimais..."
Elle marqua une légère pause. "Je ne voulais pas perdre mon fils. Et je ne voulais pas que tu souffres."

Elle savait que ces excuses ne lui suffiraient pas. Elles ne lui suffiraient pas à elle non plus si les rôles étaient inversés, mais elle ne pouvait pas revenir en arrière dans tous les cas.

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Jeu 24 Jan - 14:45

Au nom du père
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Thésée tentait de comprendre Wilhelmina, mais honnêtement, ce n’était pas simple, vraiment pas. Il pouvait difficilement se mettre à sa place, et quand bien même, il ne pouvait pas dire ce qu’il aurait fait dans sa situation. Non, ce serait vraiment trop compliqué. Mais dans tous les cas, elle lui avait menti, et il avait du mal à l’avaler.

Thésée n’était pas du genre à donner sa confiance à n’importe qui, et quand il le faisait, il espérait ne pas se tromper, pourtant c’était parfois le cas. Mais pour son ancienne amante, il était… déçu. Il aurait espéré plus de considération de sa part, qu’elle soit honnête avec lui, même si c’était en le quittant. Il avait le droit d’apprendre avant qu’il avait un enfant, une fille, et pas vingt-huit ans après sa naissance. Il n’avait pas mérité ça, du temps de leur liaison, il avait tout donné à l’actuelle ministre. Son cœur, son corps, son temps… elle avait eu tout ce que son mari ne lui donnait plus, et elle lui avait menti, elle lui avait caché une fille. C’était presque comme lui faire un enfant dans le dos.

Il estimait tout de même avoir le droit d’être au courant, avant aujourd’hui. Mais bon, il est vrai que c’était trop tard pour avant, et au moins, elle lui disait maintenant. Elle aurait pu ne jamais le lui dire et il n’aurait jamais été conscient de la vérité. C’est quelque chose dont il avait conscience.

Il attendait en tout cas plus de justifications de sa part, d’explications, il voulait juste comprendre ce qui l’avait poussée à lui mentir. Si c’était par manque d’amour, ou autre chose. Il l’avait vraiment aimée. C’était même la première femme qu’il avait vraiment aimée, puis il y avait eu Leta, et aujourd’hui, il ne savait vraiment pas où il en était avec ses sentiments, il était vraiment perdu. Il voulait la vérité, toute la vérité. Elle avait commencé, alors autant elle termine, il ne savait pas s’il pouvait tout entendre, mais autant y aller de toute façon, étant donné là où ils en étaient.

"Je t'aimais... Je ne voulais pas perdre mon fils. Et je ne voulais pas que tu souffres."

Il l’observa durant quelques instants, restant silencieux. Elle l’aimait… et en un sens, cela le rassurait. Tout n’avait pas été factice, tant mieux. Il soupira et se passa une main sur son visage, il entendait ce qu’elle lui disait, et il pouvait comprendre. C’est vrai qu’Ignatius était né à cette époque, et il comprenait qu’elle ne voulait pas se séparer de lui. Et peut-être que s’il avait appris qu’elle était enceinte, il ne l’aurait pas laissée partir.

« Je peux comprendre… Je ne sais pas si tu as pris la bonne décision, et de toute façon, c’est trop tard maintenant pour se déclarer… mais… Je peux comprendre. J’ai tout de même souffert quand tu m’as quitté cependant, je t’aimais aussi. »

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Ven 25 Jan - 11:57



« Je peux comprendre… »

Peut-être était-ce parce qu'il était sous le choc, mais Wilhelmina s'attendait vraiment à une réaction plus virulente de la part de Thésée, pas parce qu'elle le tenait pour quelqu'un de violent (mais elle s'était accoutumée à certaines réactions violentes auxquelles on ne devrait jamais s'accoutumer), mais parce que la situation pouvait susciter une vive réaction...

Mais elle n'allait pas s'en plaindre, bien évidemment... Elle préférait que Thésée réussisse à la comprendre, ou tente au moins de se mettre à sa place. Elle n'avait pas eu envie de lui faire du mal autrefois, elle ne le voulait toujours pas maintenant... Elle lui révélait seulement une vérité qu'elle craignait qu'il apprenne par un autre biais. Quitte à ce qu'il découvre le pot-aux-roses, il fallait que ce soit elle qui ait initié cela. Même si ce n'était pas simple. Et toujours douloureux, même maintenant.


« Je ne sais pas si tu as pris la bonne décision, et de toute façon, c’est trop tard maintenant pour se déclarer… mais… Je peux comprendre. »

Elle non plus, ne savait pas si elle avait pris la bonne décision. Pour tout dire, elle n'était pas convaincue qu'il y ait bel et bien une bonne décision dans ces circonstances.

La seule chose qu'elle savait, c'est qu'elle avait pu voir son fils grandir et s'épanouir auprès de ses parents, et elle n'échangerait les instants passés avec son fils, et qui lui auraient peut-être été autrement dérobés, contre rien au monde.

Ce qui importait, c'est qu'il savait, à présent, et qu'il faisait vraiment l'effort de la comprendre. Une preuve de plus, donc, s'il en fallait encore, de combien Thésée était... une bonne personne. Wilhelmina s'était même dit plus d'une fois qu'il était la bonne personne. Pour elle du moins. Mais le destin en avait décidé autrement. Elle en avait décidé autrement.


« J’ai tout de même souffert quand tu m’as quitté cependant, je t’aimais aussi. »

Cette dernière remarque lui serra le coeur, même si elle n'apprenait pas vraiment quoi que ce soit... Elle le savait, oui. Il le lui avait dit, à l'époque, et elle n'avait jamais douté, pas la moindre seconde, de sa sincérité.

"Je sais"
, répondit-elle doucement, un sourire un peu triste aux lèvres. "Je regrette... je voulais seulement... te faire le moins de mal possible... Et ça m'a fait du mal aussi, de te perdre."

Une douleur qu'elle avait fini par reprocher à Agrippine, indirectement, elle qui n'avait pourtant rien demandé à personne, encore moins de naître.

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Lun 4 Fév - 11:38

Au nom du père
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Thésée ne pensait pas que s’énerver servirait à quelque chose. Et de toute façon, il était encore trop sous le choc pour s’énerver. Même si, les choses étaient loin d’être simples. Pas du tout. Il venait d’apprendre qu’il avait une fille, mais qu’en plus de ça, cette fille était adulte depuis pas mal d’années déjà. Il avait loupé tous les moments de sa vie, il n’avait pas pu être un père pour elle, et maintenant, il était censé faire quoi au juste ? Il devait réagir comment ?

Il ne savait pas, mais il ne voulait pas crier. Il ne voulait pas s’énerver, et encore moins devenir violent. Il n’était pas de nature violente, et il ne voulait pas le devenir, sous aucun prétexte. Cette histoire lui tombait dessus comme ça, sans prévenir, et il se sentait démuni. Il était totalement perdu, et il n’avait absolument aucune idée de ce qu’il était censé faire. Il ne savait pas. Mais quand il lui disait qu’il tentait de comprendre sa décision, c’était la vérité. Thésée avait un esprit analytique, et il était naturel pour lui de tenter de comprendre Wilhelmina.

Elle avait voulu protéger sa famille, ou du moins, protéger Ignatius, elle n’avait pas voulu prendre le risque de le perdre et avait donc fait en sorte que Thésée n’essaye pas de retenir Wilhelmina. Qu’il n’essaye pas de récupérer sa fille. Il ne savait pas comment il aurait réagi, si jamais il avait su dès le début qu’elle attendait un enfant de lui, et il trouvait que ce n’était pas utile de se poser ce genre de questions, puisque le temps était passé. Les choses étaient faites, et elles ne pouvaient plus être changées.

Elle avait voulu éviter de lui faire du mal, en lui apprenant l’existence d’un enfant qu’il ne pouvait pas connaître, peut-être qu’elle avait bien fait, peut-être pas, mais en tout cas, il avait tout de même souffert de cette rupture, parce qu’il avait vraiment aimé Wilhelmina, et qu’il lui avait donné tout ce qui lui était possible de donner, sans restriction, sans mensonge, sans masque.

"Je sais. Je regrette... je voulais seulement... te faire le moins de mal possible... Et ça m'a fait du mal aussi, de te perdre."

Thésée l’observa un moment, il avait envie de la croire. Peut-être était-ce une erreur, il n’en savait rien, mais actuellement, il avait besoin d’une certaine accroche, et il avait envie de croire ce qu’elle lui disait. Il avait toujours été faible, quand il s’agissait de ses sentiments, c’était une vérité. Il leva une main et caressa doucement sa joue, ne sachant pas vraiment pourquoi, c’était presque instinctif.

« Je ne sais pas quoi te dire… ni quoi penser… »

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Mar 5 Fév - 14:25



Wilhelmina sentit un léger frisson lui parcourir doucement l'échine quand Thésée caressa sa joue du bout de doigts, un geste empli de tendresse qui avait oublié de lui être familier mais qui, même après toutes ces années, réussissait à faire battre son coeur à toute allure.

Cette situation était vraiment étrange, et avait le don de la troubler plus encore qu'elle ne l'avait soupçonné... Elle s'était attendu à... pas à tout, de toute évidence, mais à ce qui lui semblait être tout sauf ça. Si elle avait eu le temps de se faire de Thésée une image nimbée de nostalgie, elle était... perturbée de constater que la situation collait si bien à l'image qu'elle avait gardée de lui.

Dans une situation comme celle-ci... tout lui revenait en mémoire, les sentiments se bousculaient... contradictoires et... oui, il n'y avait pas d'autre mot, c'était tout bonnement perturbant. Elle avait vraiment de la chance qu'il réagisse de cette façon... ou non, ce n'était pas de la chance. Thésée se contentait d'être fidèle à lui-même. Et il était... incroyable...


« Je ne sais pas quoi te dire… ni quoi penser… »

C'était parfaitement normal. Et elle non plus, d'ailleurs, ne savait ni quoi dire ni quoi penser. Elle avait fait des choix, pris des décisions. Et elle ne pensait pas devoir répondre un jour de ses choix et de ses décision. Mais maintenant, il savait. Et forcément, elle ne pouvait s'empêcher de s'interroger, plus qu'elle ne le devrait sans doute, de se poser de nombreuses questions... des interrogations qu'elle s'était interdit de formuler jusqu'alors.

Notamment : que se serait-il passé s'ils avaient eu cette conversation bien plus tôt ? Elle en avait bien conscience, ce serait retourner le couteau dans une plaie supposée cicatrisée depuis bien longtemps que de se pencher plus encore sur la question.

Oui, là, tout de suite, elle ne savait pas quoi penser, ni quoi dire, mais elle n'avait surtout pas envie de se taire. Et elle se sentait franchement perdue... moins que lui, elle le savait. Et il serait malvenu de s'exprimer à son propre sujet, mais...



"Moi non plus... Tu devrais me détester, j'imagine..."


Ce qu'elle ne voulait surtout pas, mais parce qu'elle lui avait menti, puisqu'elle lui avait privé d'une fille, ça semblait réellement logique.

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Mar 26 Fév - 21:16

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Thésée s’était rarement, voire même jamais senti aussi perdu dans sa vie. Et pourtant, un grand nombre d’années s’écoulaient déjà derrière lui. Plus d’un demi-siècle. Mais en même temps, il n’avait jamais rien vécu d’aussi… fort ? Déstabilisant ? Choquant ? Tous ces termes convenaient, et en même temps, ils n’exprimaient pas aussi clairement l’état dans lequel il se trouvait en ce moment.

Pour le coup, il aurait peut-être, très certainement, besoin d’un remontant. Mais il préférait garder les idées claires, du moins, aussi claires que possible. Parce qu’en ce moment même, ce n’était qu’un fouillis total dans son esprit, et il peinait vraiment à réussir à tout réorganiser. C’était vraiment difficile. Mais il fallait qu’il y parvienne s’il voulait réussir à savoir où il en était, et ce qu’il devait faire.

Il se retrouvait presque totalement démuni face à Wilhelmina. Tantôt il se sentait calme, et arrivait à mettre les choses dans l’ordre, et tantôt quelques secondes après, il était en colère. Pourtant, il ne voulait pas s’énerver après son ancienne amante. Peut-être que c’est ce qu’elle méritait, mais cela ne servirait à rien, et surtout, cela ne ferait pas avancer la situation. Si tenté est qu’elle devait avancer.

Le fait qu’Agrippine soit sa fille tournait en boucle dans son esprit, pourtant, il n’arrivait pas à mesurer tout ce que cela impliquait. Agrippine était sa fille… Il avait une fille, il était père… Près d’une femme de vingt-huit ans, qu’il n’avait ni élevée, ni reconnue, qui ne savait peut-être pas la vérité, et que le chemin avait tout de même mis sur sa route, puisqu’elle était son indic. Était-ce un hasard, ou alors la vie avait voulu les rapprocher ? Il n’en savait rien, mais les choses étaient ainsi pour le moment.

Et Thésée se sentait toujours aussi perdu. Qu’était-il censé faire avec cette information ? Il n’en savait rien, mais il devait d’abord l’assimiler, et ensuite y réfléchir posément… Il allait falloir qu’il en parle à quelqu’un, probablement, parce que c’était trop pour lui. Trop brutal. Trop soudain. Trop inattendu.

"Moi non plus... Tu devrais me détester, j'imagine..."

Il ne pouvait pas lui donner tort. Il devrait la détester. Elle lui avait cachée une fille, leur fille. Elle avait laissé un autre homme l’élever sans jamais rien lui dire. Elle lui avait enlever le droit d’être un père pour Agrippine, ou au moins pouvoir prétendre l’être. Alors oui, il devrait la détester. Mais il n’y arrivait pas. Il ressentait de la colère oui, mais pas de haine, et pas à l’encontre de Wilhelmina. Elle avait fait ses choix, elle avait fait ce qui pensait être la meilleure des choses. Soit. C’était il y a trente ans maintenant, était-ce vraiment nécessaire de revenir dessus ? Inutile qu’il se demande ce qu’il se serait passé si jamais elle lui avait dit. Parce que cela serait plus douloureux qu’autre chose.

« Ce n’est pas le cas. Je ne déteste pas. »

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Mer 27 Fév - 11:18


« Ce n’est pas le cas. Je ne te déteste pas. »

Wilhelmina afficha un fin sourire. Au fond, qu'il lui en veuille ou pas, qu'il la déteste ou non, ça n'avait sans doute qu'une moindre importance vis-à-vis de la situation. Mais elle avait eu peur, malgré tout, par dessus le marché, qu'il la haïsse. Ce n'est pas comme si ça changeait grand-chose alors que, de toute façon, avant il y a peu, ils ne s'étaient pas parlé pendant des années.

Dans le fond, oui, qu'il la déteste ou non, ce n'était pas ce qui allait résoudre la situation, mais ça l'apaisait quand même un peu. Parce que dans les prochains temps, il serait peut-être le seul à ne pas la détester, au bout du compte. Cette vérité qui éclatait enfin était un ouragan qui balayait tout sur son passage. Elle avait perdu son mari, son fils ne voudrait peut-être plus jamais lui parler... elle avait besoin que, même de loin, Thésée ne la déteste pas, c'était comme ça.

Avec une certaine maladresse qui contrastait avec son comportement d'ordinaire sûr et assuré, elle serra brièvement Thésée dans ses bras, pas très longtemps, juste quelques secondes. Parce qu'elle sentait qu'il avait besoin de réconfort ? Peut-être, un peu... Parce qu'elle en avait besoin aussi de son côté ? Sans doute davantage.

Après cette brève étreinte. Elle laissa passer un temps de silence peut-être un peu trop long au bout du compte, avant de poser une question qui, au fond, ne la concernait peut-être pas, mais l'intéressait malgré tout.


"Qu'est-ce que tu as l'intention de faire ?"


La décision lui appartenait, évidemment, elle n'avait pas son mot à dire, mais elle avait envie de savoir... Parce que tout ça aurait forcément un impact sur elle... voire même sur sa carrière, en réalité.

Sa réputation aurait de bonnes chances d'en pâtir quand on saurait que l'exemple d'intégrité qu'elle semblait être était une femme adultère... Mais c'était ainsi, elle assumerait, chose qu'elle n'avait pas faite pendant des années. La boîte de Pandore avait été ouverte. Maintenant, ils ne pouvaient qu'en assumer les conséquences, ça et rien d'autre.

Et ce n'était pas elle qui en décidait. C'était Thésée, c'était Agrippine, c'était Ignatius...

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Message#Sujet: Re: Au nom du père (Thésée)   Aujourd'hui à 3:40

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A quoi bon la détester après tout ? Cela ne ferait rien avancer, et puis, il n’avait pas la force de la détester non plus. Cela lui demanderait de l’énergie qu’il n’avait pas besoin de gaspiller à la détester en ce moment. Si elle lui avait caché l’existence de sa fille, de leur fille, au moins, elle lui disait tout aujourd’hui. Mieux vaut tard que jamais, certes. Mais elle aurait pu très bien ne jamais rien lui dire, et le laisser dans l’ignorance tout sa vie, jusqu’à sa mort.

Mais ce n’était pas le cas. Il n’avait pas envie de penser au passé, il avait perdu vingt-huit ans dans la vie de sa fille, et actuellement, il n’avait pas envie d’en perdre plus. Pourtant, il était toujours aussi perdu, mais c’était une vérité qui tournait dans sa tête. Il avait besoin de réfléchir à tout cela, il avait besoin… il ne savait même pas de quoi il avait exactement besoin, mais il ne voulait pas se laisser dépasser par les évènements, ce n’était pas faisable. Il avait besoin de toute sa concentration, et de toute ses capacités motrices et intellectuelles.

Il fut pourtant pris au dépourvu, encore une fois, et surpris quand Wilhelmina l’étreignit. Il ne s’y attendait pas trop, mais il ne la repoussa pas pour autant. En fait, cela était assez… réconfortant. Il la laissa faire, et apprécia même ce moment, même s’il était bref. Cela lui rappelait presque de très anciens souvenirs enfouis, des sensations oubliées durant toutes ces années. Ce n’était pas de trop en cette situation précise.

"Qu'est-ce que tu as l'intention de faire ?"

C’était une question logique, mais il n’avait pas encore la réponse. Il ne savait pas du tout quoi faire. Il devait d’abord digérer l’information, puis il aviserait ensuite, de s’il devait en parler ou non. Il était presque certain qu’il mettrait Norbert au courant dans tous les cas, mais pour que qui était d’Agrippine, il n’en savait rien. Est-ce qu’il avait envie de faire partie de sa vie en tant que père ? Bien sûr. Mais il ne voulait pas… la brusquer, lui forcer la main, mettre le fouillis dans sa vie, même s’il était assez bien placé pour dire qu’elle n’était pas très stable. Mais quoiqu’il en soit, il ne savait pas encore.

« J’en sais rien… prendre un verre, probablement. Ou même deux. Pour ce qui est de la suite, je ne sais pas encore. Et toi, qu’est-ce que tu vas faire ? »

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