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 Dimanche 17 novembre 1944- Le rouge et le noir [Libre]

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Le vieux fou citronné. Mr Lemon.
[Last] Albus Dumbledore
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Message#Sujet: Dimanche 17 novembre 1944- Le rouge et le noir [Libre]   Dimanche 17 novembre 1944- Le rouge et le noir [Libre] Icon_minitimeMar 8 Fév - 0:44

Music: Ludovico Einaudi- Primavera
    Il passa devant le perchoir de Fumseck et ouvrit son armoire de chêne pour revêtir un de ses nombreux manteaux. Enveloppé d'un violet sombre, relevé de fils d'argent, qui s'accordait avec les tons plus clairs de son pantalon et de son veston, Dumbledore remit doucement ses manches en place et réajusta le foulard qu'il portait au cou d'un geste lent, pensif. Ses yeux bleus étaient tombés dans ceux de l'homme qui lui faisait face et ils se toisaient mutuellement, cherchant à percer les secrets de l'un et de l'autre. De hautes pomettes, un visage légerement ridé annonçant le début d'une vieillesse paisible, des cheveux abondants qui se mélangeaient dans une palette de brun, de roux, d'argent, de blanc, mettait le professeur de métamorphose face à un homme calme, sûr et qui attendait patiemment un mouvement de sa part. Ami ou ennemi? Albus ne parvenait pas à une réponse satisfaisante. Une barbe aussi abondante que sa chevelure encadrait ce visage imperturbable rayonnant d'une force tranquille, impénétrable et qui ne lui permettait donc pas de décider du statut de celui qui lui faisait face. Tout était si étrange. Comment pouvait-on supporter de rester ainsi, toujours stable, toujours prêt sans personne sur qui se reposer. Pour achever le tableau il portait partout où il le posait un regard d'un bleu profond qui en cet instant détaillait Dumbledore d'un œil critique, cruellement lucide. Il n'avait jamais remarqué la présence d'éclat dorés dans ces pupilles, dans ses yeux. Ses propres yeux. Les pans de son manteau s'écartèrent et disparurent dans l'encadrure de la porte alors que Dumbledore se détournait de son reflet et quittait son bureau.

    Les élèves avançaient en rang serré plus ou moins silencieusement à travers le parc de Poudlard. Après qu'ils aient tous été réuni dans la la grande salle, Le directeur avait annoncé le départ pour Pré-au-lard dans une voix lasse, triste. Une semaine s'était écoulée depuis que le village des sorciers s'était embrasé dans une gerbe de feu et de sang et tout l'agitation qui s'était produit dans les jours suivant avait totalement sapé le moral et l'énergie d'Armando Dippet. Les grilles du château s'ouvrirent laissant passer le cortège, dont Dumbledore fermait la marche. Il donna un coup de baguette derrière lui, remettant en place le bouclier qui entourait l'école de sorcellerie et reprit sa route sans un regard en arrière.

    Le village avait été reconstruit, seule quelques maisons portaient encore quelques rares traces des événements passé. Mais au cœur de tout cela, l'Auberge des TroiBalais avait été laissée dans son état de désolation et on avait simplement retiré ce qui était le plus dangereux pour les passants. Ils marchèrent le long de l'avenue principale pour finalement arriver au lieu dit: devant les TroisBalais. Le vieux professeur leva les yeux au ciel. Une estrade avaient été installée, supportant déjà le poids d'un auditoire privilégié murmurant et autour duquel se trouvait d'autres groupes de sorciers. Des teintures noires se tenaient en arrière plan cachant davantage le corps ravagé de l'auberge Mais si Dumbledore avait eu ce mouvement d'exaspération c'était surtout à cause du nombre incalculable de journalistes qui se trouvait déjà là et qu'on pouvait repéré à leur plume à papote et appareil photo aussi divers que variés. Ajouté à cela une musique sombre, triste et fausse qui plus est, était joué en fond le temps que tout les invités s'installent. Dumbledore observait tout cela de son air calme, jetant un regard aimable au collègue qui l'accompagnait. Il ne parlais pas, ne disait rien. Sa paume portait maintenant de légère marques rosacées, seul souvenir de ce jour. Il avait finalement décidé d'effacer le message de Gellert et cesser de se mortifier. Le mage aurait malgré tout envoyé cette bombe qu'il le veuille ou non, à son attention ou non. Inutile d'obscurcir son esprit pour de telle futilité.

    Les chaises raclèrent sur le sol lorsque les jeunes sorciers et sorcières de Poudlard s'installèrent aux places qui leur avait été réservées. Dans la foule certains y avait reconnu leur parents ou leurs amis et faisait des signes de la main pour leur signaler leur présence. Dumbledore rejoignit les autres professeurs et s'assit sur une chaise vide entre Horace et Zelda, jambes et bras croisés, imperturbable.

    Quelques minutes plus tard le ministre remplaçant Berwald Chester, s'avança sur l'estrade d'une démarche qu'il aurait voulu la plus assurée possible. Mais il se rendait ridicule par ses membres démesurés et ses lunettes en cul de bouteille légerement tordues. Dumbledore reconnut les signes de stress dont il avait fait preuve une semaine auparavant et poussa un long soupir intérieur. Il faudrait que cet homme apprennent à contrôler les frissons qui parcouraient sa mâchoire et faisait frémir ses favoris noirs lorsqu'il était fébrile. La baguette pointée sur son cou, il se raclait la gorge pour attirer l'attention de son auditoire.


    -Bonjour, je vous souhaite à tous la bienvenu en ce jour de deuil et de réunion.

    Les conversations se turent petit à petit et le ministre continua.


    -Nous sommes réuni en ce jour pour perpétrer la mémoires de nos cinq compatriotes, arraché à la vie, il y a de ça une semaine à cette même heure. L'accident tragique et funeste dont nous avons été victime...

    Dumbledore se retint à nouveau de pousser un soupir, gardant un visage poli et intéressé. La suite n'était qu'oraison funèbre des plus banale, lyrique au possible toujours accompagné de cette musique détestable qui rythmait les phrases de Chester. Dumbledore en profita pour regarder autour de lui, découvrir qui était là ou non. Ses yeux se perdirent aussi sur les courbures morbides de l'auberge des TroiBalais. Son attention fut de nouveau happé par la logorrhée qu'émettait le pauvre homme sur l'estrade.


    -...Les moldus dans leur ignorance ont laissé tomber sur nous cette pluie fatale. Toutes les mesures nécessaires ont été prise pour que plus rien n'advienne à l'avenir et...

    Le professeur de métamorphose garda un regard imperturbable, mais l'on pouvait y lire une lueur glaciale qui était bien rare chez lui. Il ne s'attendait pas bien sûr à ce que Berwald écarte totalement la solution moldu ni qu'il allait accuser Grindelwald. Mais ce bout de phrase faisait que cette dernière option était pratiquement rayé du menu des possibilités possibles. Plusieurs fois Berwald répéta que les moldus s'étaient "trompés", que les sorciers n'étaient pas visés mais que tel était le résultat. Dumbledore fulminait presque. Le discours était tourné de telle façon qu'on avait l'impression désagréable que le ministre cachait la vérité et Albus se doutait fort bien que pour beaucoup l'idée de moldu agressif, conscient de leur actes étaient une aubaine. Tout s'opposait dans ces mots quand on y regardait bien. C'était complétement contradictoire. Berwald Chester avait de toute évidence été mal conseillé ou avait très mal compris la situation.

    -...Ils resteront à jamais dans nos cœurs et nous les remercions de veiller sur nous.

    La musique atteint une apothéose stridente et les voiles noirs qui se trouvaient ici jusqu'alors tombèrent dans une cascade pli noirs. Les portraits des 5 morts s'élevèrent doucement regardèrent l'assistance et Perséphone lança un petit sourire charmeur en voyant ses anciens camarades. Quelques sanglots et reniflements se firent entendre dans l'assistance. C'était d'un mauvais goût affligeant d'avoir ainsi affiché les cinq défunts, surtout après avoir remis en ordre les alentours des lieux de leur mort dans le but criant de les oublier une fois cette cérémonie achevée. Berwald se déplaça sur le côté laissant la place à Armando Dippet. A son tour il prit la parole, louant une Perséphone exemplaire que la mort avait prise beaucoup trop tôt. C'était un avenir brillant qui avait prospéré sous leur yeux et tous était attristé par la perte immense de cette élève exemplaire toujours prête à aider ses camarades et amis. Il déplora aussi la mort de Johana, jeune sorcière pleine d'entrain et toujours à l'écoute de tous., si aimable et gentille L'école avait désormais un poids terrible sur les épaules qu'elle partageait avec le reste de la communauté magique. Le ministre reprit le devant de la scène lorsque le directeur eu terminé ces phrases interminables.

    -Dans un ultime hommage ces bougies rouges q-ui apparurent aux mots du ministre- sont ici pour être allumées par vous et vos proches. Elles s'élèveront dans un grande union qu'est notre pays et notre gouvernement. Soudé ensemble nous nous tournons vers ces 5 sorciers de l'ordre de Merlin seconde classes, qui seront pleuré comme ils le méritent.

    Il toucha du bout de sa baguette une bougie qui s'alluma, prit son envol paresseusement et s'arrêta légerement au-dessus des photos Les dignitaires remettaient les médailles aux familles des victimes et les premiers sorciers se dirigèrent vers l'estrade pour allumer leur bougies. Dumbledore regarda autour de lui préférant rester assit le temps que la foule se passe. Horace Slughorn se tourna vers les quelques élèves qui s'étaient levés et leur demanda de patienter un moment. On avait assez de problème comme ça pour que les élèves ne se dispersent pas à tout bout de champ tout de même. Les bougies rouges s'élevaient et devenaient de plus en plus nombreuses. Finalement Dumbledore regarda Horace et dans un hochement de tête se leva.

    -Nous pouvons y aller.

    Les élèves commencèrent à se lever lentement, attiré par les lumières rouges, dans un contraste flamboyant avec la couleur obscure de leur uniforme.

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Message#Sujet: Re: Dimanche 17 novembre 1944- Le rouge et le noir [Libre]   Dimanche 17 novembre 1944- Le rouge et le noir [Libre] Icon_minitimeMer 23 Fév - 10:09

Bon bon bon... On y était. Dès l’annonce de cette cérémonie, Zeld’ avait su que ça allait être tout ce qu’elle détestait. Une cérémonie pour faire honneur aux décédés du pré-au-lard, Zeld’ était plutôt d’avis que c’était pour le ministre remplaçant le moyen d’asseoir un peu son autorité, histoire de se faire mousser un peu, des fois que l’actuel ministre, qui agonisait joyeusement dans son infirmerie, finirait par casser sa pipe. C’était d’autant plus affligeant, tout ça, c’était une immense campagne politique faite sur le dos de cadavres dont presque tout le monde se foutait, au fond. ça avait l’air sévère, comme jugement, c’est vrai. Mais est-ce que c’était faux pour autant? Sans doute pas. Tous les élèves de Poudlard, là, ils connaissaient p’têt O’Connor, mais n’allez pas me dire qu’ils avaient tous besoin de s’appitoyer sur son sort malheureux. Cette cérémonie n’était définitivement pas faite pour les proches de ces gens, eux, ils avaient déjà eu la cérémonie qu’ils voulaient, l’enterrement de leur proche en petit comité, ça, c’était juste un remplissage abject et superflu. Tenez, la preuve, quand on eut fini de raconter à tout le monde un blabla de très mauvais goût parmi ceux qui ne se levaient pas, il y avait les vrais proches des victimes.

Zeld’, elle, fut bien obligée de se lever, quand on leur demanda d’allumer une bougie en l’honneur des machabbées, ce qui confirmait ce qu’elle pensait, elle n’était proche d’aucune des personnes qui était morte la semaine préccédente, et elle se levait quand même. Un vrai tissus d’immondices, une vraie connerie, une mascarade de mauvais goût... Mais bon, elle ne pouvait pas se permettre de protester, pas pour l’instant, et comme elle faisait partie des adultes présents, il fallait bien qu’elle représente l’autorité et qu’elle donne l’exemple aux élèves qui étaient là... Même si bon, au fond, si elle pouvait n’écouter qu’elle, elle resterait assise les bras croiser et inviterait tout le monde à l’imiter. Enfin... ce n’était pas le moment de faire un scandale, elle allait s’abstenir.

Elle donna donc l’exemple en allumant une des bougies rouges qui devait faire honneur aux disparus. Par ce geste, Zeld’ avait surtout l’impression qu’on faisait tout pour ne pas les laisser partir, pour enchaîner leur mémoire à la terre. Tout en allumant sa bougie, Zeld’ fixait le sol, pour mieux éviter de ne pas croiser le regard de ces cadavres en papier glacé.

“Affligeant.” souffla-t-elle à mi-voix avant de pouvoir retourner à la place où elle était assise plus tôt.

Vivement que ça se termine et qu’elle puisse retourner chez elle, mais ce ne serait pas pour tout de suite, il fallait qu’elle se charge de surveiller cette masse de gosses en uniforme noir au cas où la situation finirait par dégénérer... et y’avait des risques, avec toutes les rumeurs qui couraient, en ce moment, sur la cause des événements. Zeld’ ne pouvait pas être aussi catégorique que le ministre remplaçant, ceci dit elle n’avait absolument pas d’avis tranché sur la question, à quoi bon être catégorique quand on ne sait pas de quoi on parle?

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Message#Sujet: Re: Dimanche 17 novembre 1944- Le rouge et le noir [Libre]   Dimanche 17 novembre 1944- Le rouge et le noir [Libre] Icon_minitimeLun 28 Fév - 15:32

    Beaucoup de gens ne devaient pas se sentir très à l’aise à l’idée de se rendre à une cérémonie en hommage à des morts qu’ils ne connaissaient pas ou connaissaient à peine... pour Luna, c’était encore pire, elle avait moins que qui que ce soit sa place au sein de ce rassemblement malsain. Elle ne connaissait absolument pas ces gens, et pour les quelques fois où elle avait croisé Perséphone, elle s’était seulement promis de ne pas l’approcher de trop près pour s’épargner elle-même. Résultat des courses, elle ne connaissait absolument aucun de ces gens. Elle n’avait pas eu l’intention d’assister à cette cérémonie, elle n’y avait pas sa place, tout comme elle n’avait pas vraiment sa place dans cette époque. Evoluer dans un temps qui n’était pas le sien, c’était une chose, prendre part à un événement majeur de cette époque qui ne lui appartenait pas, c’en était une autre, une chose qui la mettait terriblement mal à l’aise.

    Non, elle n’avait pas voulu y aller, elle avait eu l’intention de se cacher au fin fond de son dortoir, et d’y rester toute la journée, le temps de... C’était son projet, mais elle ne put malheureusement pas le respecter. Il y avait certains détails de son plan génial qui ne l’étaient pas tant que ça, il faut le dire... Elle ne s’était, ainsi pas vraiment attendue à ce que ses camarades de chambrée décident de squatter le dortoir avant le départ, histoire de se préparer à l’événement. Assise en tailleur sur son lit, Luna les regardait se préparer, commentant leurs tenues respectives. Noires. Toutes noires, elles plaisantaient sur leurs tenues mutuelles comme si elles allaient se rendre à une fête de village sans intérêt. La serdaigle sentit son estomac se nouer. Quand il fallut partir, tous les regards se tournèrent vers elle. Apparemment, la logique la plus élémentaire voulait qu’elle suive ses camarades de dortoir (qui, au passage, n’avaient pas l’air affligés le moins de monde mais s’étaient montrés presque choqués au moment où elle avait émis l’hypothèse qu’elle ne viendrait pas. Pour une fois qu’elles acceptaient de se soucier de son opinion...). .. Luna n’était pas forcément du genre à suivre aveuglément ses comparses, mais ne pas les suivre lui avait donné l’impression d’être un monstre (surtout parce que ses camarades de dortoirs lui renvoyaient très clairement cette image), alors elle s’était executée contre sa propre volonté.

    Ses camarades de serdaigle avaient pour autant toutes les raisons de s’indigner, puisque de fait, Luna ne s’était pas préparé en quoi que ce soit pour l’événement, elle avait conservé les vêtements qu’elle avait choisi de porter pour la journée... et puisque c’était Luna qui les avait choisi, ils n’étaient pas forcément du meilleur goût. Elle était vêtue d’un bas de jogging à imprimés fleuris et d’un pull à rayures aux couleurs criardes. Pour sûr, elle ne portait pas la tenue idéale pour un événement aussi morbide mais bon, c’était apparemment la condition de son effort de présence. Elle finit donc par se mêler à la foule d’élèves, essayant de repérer parmi elle un visage connu, mais aucune trace de Ginny, Harry, Ron, Hermione ou Neville... Ils avaient dû réussir à mieux se débrouiller qu’elle pour échapper au spectacle auquel, elle, serait obligée d’assister, sans la moindre possibilité d’obtenir un quelconque soutien moral, de toute évidence. Elle crut très rapidement repérer la silhouette de Daniel. Le pauvre, c’était pour lui que ça devait vraiment être dur. Mmm... Venait-elle vraiment de s’appitoyer sur le sort du vert et argent? D’aucun diraient qu’il n’avait eu que ce qu’il méritait, et ils avaient certainement raison.

    Luna prit place sur les gradins, le plus à l’arrière possible. Elle n’avait pas la moindre envie de se faire remarquer (quoi que sa tenue ait pu suggérer le contraire). Préférant faire mine d’écouter sans écouter vraiment, elle se récita intérieurement une chanson qu’elle aimait bien, et qui avait le mérite de vous envahir la tête très rapidement tant son thème était répétitf. Cela fonctionna un temps, elle n’entendit presque rien du discours du ministre remplaçant. Mais ce fut bien plus difficile de s’extraire de cette scène tout en y étant présente quand une musique, peut-être jolie, et appropriée qui sait, empêcha sa concentration. Ses yeux se levèrent alors en direction de la scène et croisèrent ceux des défunts qui toisaient la foule depuis leurs portraits. Ces visages lui étaient si inconnus qu’elle avait la sensation que tout ça n’avait pas vraiment lieu, et l’idée qu’elle n’était pas où elle devait être n’alla, de ce fait, qu’en s’intensifiant.

    Bientôt, tous les élèves furent invités à se lever, et Luna, par réflexe, immita ses camarades sans réellement savoir ce qu’on attendait d’elle. Elle ne le comprit que lorsqu’elle vit certains d’entre eux allumer les bougies qui se trouvaient là. Luna ne se sentait pas de faire une chose pareille, ça aurait presque tenu du blasphème. Ne sachant quoi faire d’autre, elle resta debout un temps raisonnable, perdue dans la foule, personne ne s’intéressait vraiment à ce qu’elle faisait ou ne faisait pas.... puis finalement, elle alla se rasseoir quand elle vit d’autres élèves faire de même avant de s’empresser de se remettre en tête la mélodie qu’elle y avait déposé plus tôt. En continuant à agir ainsi... qui sait, avec un peu de chance, le temps passerait plus vite. Tout se passerait comme dans un rêve.

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Message#Sujet: Re: Dimanche 17 novembre 1944- Le rouge et le noir [Libre]   Dimanche 17 novembre 1944- Le rouge et le noir [Libre] Icon_minitimeMer 9 Mar - 14:02

    Tom ne cherchait pas à s’interroger le moins du monde sur la dimension éthique de cette cérémonie. Certes, c’était ou très respectueux, ou particulièrement affligeant, mais qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, peu lui importait, il y avait longtemps que l’Héritier avait abandonné tout sens de l’éthique, bien qu’il n’en laissait rien voir en apparence. Pour lui, cette cérémonie n’avait pas plus d’importance qu’un quelconque bal stupide destiné à l’hommage d’un fantôme. Tout ce qui importait était la manière dont il avait calculé son attitude, il prenait naturellement le parti le plus attendu, et le dernier qu’il aurait sans doute adopté s’il avait dû obéir à sa vraie nature, il irait feindre le deuil, pour la mort de ces “héros” bientôt courronnés pour une gloire qu’ils ne méritaient pas, lui qui ne ressentait pas le moindre embryon de peine quant à leur disparition.

    La mère d’Ines était morte? La belle affaire, rien n’aurait pu lui faire plus plaisir à vrai dire que de savoir la verte et argent propulsée plus bas encore dans le gouffre qu’il avait en partie creusé, et pour une fois, il n’y était pour rien. La soeur de Daniel était morte? Tant mieux, c’était ce qu’on appelait un coup de main providentiel, même si bien sûr, Tom ne croyait pas en la providence et n’avait foi qu’en lui-même. Au moment-même où Tom multipliait les moyens de le punir, la mort lui enlevait sa soeur. La vie est parfois bien faite. Pour ce qui était de Perséphone, ne plus l’avoir dans les pattes était un soulagement. Elle lui ressemblait beaucoup trop, et Tom, qui ne supportait pas qu’on lui ressemble, trouvait une grande satisfaction dans le fait que la jeune fille n’ait pas su défier la mort au moment où lui-même lui avait fait un mémorable pied de nez- en s’arrachant un peu d’âme au passage. En ce qui concernait les autres défunts, Tom ignorait tout d’eux, et n’avait guère l’envie d’en apprendre plus. Non, ces morts, ça ne lui faisait rien, ça arrangeait ses affaires plus qu’elles ne les dérangeaient, si on voulait qu’il y trouve quelque chose, mais c’est pourtant du côté de l’affliction qu’il enpruntait son attitude et ses expressions, pour mieux se fondre dans la masse d’élèves en noir qui venait participer à cette cérémonie du dernier hommage.

    Les yeux baissés, feigant une affliction mesurée (car trop en faire n’aurait pas non plus été des plus appropriés en la circonstance), il avait tracé sa route, identique, pour une fois, à celle des nombreux élèves qui l’entouraient. Les yeux à peine levés, il alla s’installer à sa place, entre Lou et Vincent (la proximité de Daniel avec l’une des défuntes avait ce mérite que Tom pouvait s’épargner sa compagnie, pour une fois). Le ministre remplaçant prit alors place sur l’estrade, et déblatéra son discours, du ton mal assurée de celui qui avait été propulsée vers les plus hauts sommets sans s’y être attendu un seul instant. Sur fond de musique morbide, il s’appliquait à faire les louanges de ces êtres qui n’avaient rien fait de plus exceptionnel que de ne pas résister à une explosion. Les survivants auraient peut-être bien plus mérité leur médaille honnorifique. Quelques mots furent ajoutés rapidement sur la cause officielle de l’accident, “officielle” parce que personne ne savait vraiment ce qui s’était passé. Tom, lui-même, n’en était pas certain. Démêler le vrai du faux dans cette affaire n’aurait pas été pour lui déplaire, mais il avait mieux à faire, il préférait prendre l’information telle que le ministère la leur tendait, puisqu’elle était à son avantage, rien de mieux pour raviver les conflits entre sorciers et moldus que ce genre d’informations falsifiées, pour lui, il pouvait s’agir d’un élément de poids. Seul bemol à tout ceci : si cette attaque était bien l’oeuvre de Grindelwald... Il s’agissait là d’un rival dont Tom se passerait bien (heureusement pour lui, son ennemi juré lui ferait la peau avant lui, la vie est bien faite, parfois).
    Sous le regard des cinq défunts, il fut ensuite demandé à chacun d’allumer une bougie. Une fois de plus, Tom ne s’interrogea pas vraiment sur ce qui était moral ou non dans tout cela, il se contenta de s’executer, tout cela n’était, après tout, qu’une immense pièce, et même si pour une fois, il ne l’orchestrait pas, il connaissait son rôle et n’avait pas l’intention de s’en départir.

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