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 Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius

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Thaddeus Yaxley
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Message#Sujet: Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius   Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius Icon_minitimeJeu 6 Jan - 22:28

Querelle de frères, querelle de diablesTibérius & Thaddeus

Voici trois jours que Thaddeus a quitté le manoir et s’est installé chez Rose suite à sa dispute avec Tibérius. Trois jours qui lui ont semblé une éternité ; le cadet Yaxley a pourtant eu de quoi s’occuper, entre la récupération de ses affaires, ses premières recherches d’appartement et quelques visites à Archie, durant lesquelles il a pris soin de ne rien dire des derniers événements ; mais le temps persiste à passer avec une incroyable lenteur, comme pour rendre encore plus difficile cette période déjà compliquée.

Au Ministère de la Magie, les deux frères - pur hasard ou calcul de leur part, nul ne peut le dire - ne se sont pas croisés. C’est un soulagement pour Thaddeus qui, malgré ce qu’il a écrit à son frère, ne se sent pas vraiment prêt pour une grande discussion. Bien sûr, il faudra bien qu’ils se parlent, et le plus tôt sera le mieux, mais c’est une perspective terrifiante pour un homme comme Thaddeus qui fuit autant qu’il le peut toute forme de conflit.

Il s’est d’ailleurs renseigné, prudemment, sur l’emploi du temps de son frère, lorsqu’il décide de passer au manoir pour rendre visite à sa mère. Tibérius a eu beau lui dire que la vieille demeure restait son foyer, il n’est pas tranquille à l’idée de s’y rendre. Objectivement, son aîné ne lui reprocherait jamais de prendre soin de Circé, et c’est un peu idiot de se comporter en proscrit ; cependant, il a délibérément choisi l’après-midi où Tibérius enchaîne les audiences, juste comme ça. Pour plus de sûreté, il n’a pas annoncé sa visite ; de toute façon, il est certain de trouver sa mère à la maison. Elle ne quitte plus guère le manoir et a peu à peu réduit son cercle social à ses enfants et à leurs conjoints. Le reste de l’humanité la fatigue, alors elle reste chez elle, à lire ou à s’occuper de ses plantes.

C’est d’ailleurs dans le jardin d’hiver que Thaddeus la trouve, munie de tout son matériel de jardinage, entourée des plantes exotiques qu’elle affectionne tant. Toute à sa joie de retrouver son cadet, elle abandonne cependant sans regret sécateur, pulvérisateur en engrais pour entraîner Thaddeus dans une longue promenade dans le parc. C’est qu’ils ont beaucoup de choses à se dire. Circé semble toujours un peu hors de la réalité, mais elle a parfaitement compris ce qui s’était passé entre ses deux aînés. Tibérius, assure-t-elle, finira par changer d’avis. Il n’a pas l’air dans son assiette, d’ailleurs, depuis le départ de Thaddeus.

Le temps passe vite lorsqu’on est en plaisante compagnie, et Circé n’est guère pressée de voir repartir son grand. Elle l’invite donc à rester pour le thé, ce qu’il accepte sans prendre garde à l’heure ; sa mère le retient encore un très long moment, puis il se lève pour prendre congé, non sans avoir dû promettre qu’il amènerait un jour Archie, dont Circé, sans qu’il sache comment, a fini par apprendre l’identité.


-Il faut absolument que tu me le présentes, lance-t-elle en oubliant allègrement que le jeune Ollivander a longtemps eu ses entrées au manoir. Venez boire le thé un de ces jours, ça me fera plaisir. J’attends ton hibou, d’accord ?

L’horloge sonne six heures, et elle se décide enfin à laisser partir son fils. Elle ne le raccompagne pas, et il devine qu’elle va verser une petite larme. L’elfe le retarde encore un instant en lui apportant une énorme boîte de biscuits qu’il a cuisinés dans l’après-midi, et voilà Thaddeus enfin prêt à reprendre le réseau de Cheminette pour retourner chez Rose, en se félicitant d’avoir réussi à éviter son frère aîné.
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Message#Sujet: Re: Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius   Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius Icon_minitimeMer 19 Jan - 1:01



Querelle de frères, querelle de diables
Thaddeus & Tibérius
Le portrait de son père agace Tibérius, ces derniers temps, alors il l’évite. C’est bien la première fois, d’ailleurs, qu’il esquisse un mouvement de révolte ou de rébellion contre Augustus. Vivant, il n’aurait jamais osé, et même ce tableau le terrifie. Souvent, le vieux patriarche se mêle encore des affaires de la famille ; parfois, il joue encore les conseillers, intrusif et sévère, comme si son fils n’était encore que son héritier, ou sinon son représentant, par procuration. Ledit fils a finalement mis longtemps à lui raconter les choses. Il n’ose même pas en parler à sa mère, qui sait pourtant tout, Yaxley en a la conviction, y compris qu’il ne vit pas mieux la situation que Thaddeus et qu’il n’est pas très fier de lui. On ne peut rien cacher à sa mère, et elle le connait comme si elle l’avait fait, ce qui est littéralement le cas. C’est autant par honte que pour ne pas lui faire de peine que Tibérius n’a rien dit, entreprise manquée sur tous les plans. Il a honte, sa mère a de la peine. Mais de toute façon, il n’est arrivé à en parler à personne, même pas à Rose, puisqu’il est tombé sur Thadd lui-même, chose à laquelle il ne s’attendait pas, pas plus qu’il n’y était prêt – trop tôt, trop vite. Alors il ressasse, c’est sa grande spécialité, pas prêt à rendre des comptes. Il est allé en audience une ou deux fois, mais le cœur n’y est pas. Secrétement, il s’est pris à espérer qu’il finirait par croiser son frère au Ministère ; peine perdue.

Finalement, Augustus s’en est mêlé. Alors, Tibérius a raconté, forcément. S’est entendu répondre qu’il avait manqué de courage et qu’on ne respecte pas ses ordres. Il a tiqué, heurté et blessé – parce que c’est vrai, après tout, Thaddeus ne les respecte pas. Si on conçoit ce rôle de chef de famille comme celui de dirigeant, comme Augustus l’était, il faut bien avouer qu’il n’inspire sincèrement ni le même respect ni la même obéissance. Mais ce sont des euphémismes pour dire terreur, et si Tibérius s’en rendait compte, ou si c’était réellement le cas, il n’en serait pas plus heureux, au contraire : il ne veut pas perdre la proximité qu’il a toujours eu avec ses frères et sœurs. C’est d’ailleurs pour cela que cette querelle l’affecte autant, et que quoiqu’il en dise, il s’en veuille. Tibérius n’a pas un instant réussi à se convaincre qu’il avait bien fait, et chose inédite, l’impression a persisté même en écoutant son père. « Tu aurais du y aller plus fort, c’était le minimum à faire, qu’est-ce que ce revirement, d’ailleurs, et cette air plein de regret ? » Tibérius a haussé les épaules, relevé les yeux de la cigarette qu’il laissait s’éteindre, et s’est entendu répondre : « Je ne crois pas que ce soit si grave, ni que j’aurais du m’emporter. On ne peut pas voir comme une victoire que la famille soit aussi divisée. »  Son propre courage l’a étonné lui-même. A ce moment précis, il s’est attendu à une explosion de colère, pour le moins. Mais non. Le portrait a eu l’air singulièrement étonné puis très indigné, puis pincé, à la manière comique de la vieille tante Lysandra, avant de tout bonnement disparaitre. Son fils en est resté interdit un moment, s’interrogeant sur la portée de ses actes. N’a-t-il pas raison, après tout ? N’est-ce pas Augustus qui disait, justement qu’ils étaient les maillons d’une même chaine et qu’ils ne pouvaient compter que sur eux ? Et qu’il fallait rester uni malgré les désaccord ?

Oh, et puis qu’il aille voir un scroutt à pétard si j’y suis, a finalement conclu Tibérius. Après tout, c’est lui le chef de famille, songe-t-il à présent férocement, s’affirmant, finalement, pour la première fois comme tel. Seule son opinion compte, et s’il a envie de considérer que c’était une erreur qu’il doit rattraper, ce n’est pas un portrait qui l’en empêchera. Courageux mais pas téméraire, il a évité le bureau, tout de même. Ce désaccord avec Augustus est le premier : il va lui falloir du temps pour en assumer les conséquences et s’y habituer.

De toute façon, ça ne résout rien. Regretter est une chose ; savoir comment le dire en est une autre. Surtout quand on s’appelle Tibérius Yaxley, que parler de soi vous est, en bon anglais, bon juriste rigide, et bon sang pur bon teint, doublé d’un homme de son temps sujet à une légère tendance au machisme et ayant le préjugé facile, aussi facile de s’ouvrir les veines, et que vous excusez, même si vous savez que vous êtes en tort, vous fait autant envie que de vous jeter vivant dans un feudaymon. D’autant que s’il regrette, il reste une partie de lui qui est en colère, parce qu’il déteste toujours autant Archibald Ollivander. Du moins c’est plus facile de le croire parce que ça évite de s’interroger sur le fait de savoir comment une nécessaire discussion, même si vous êtes habituellement du genre à vous targuer d’être à l’aise avec le débat et le conflit.  D’ailleurs Rose va l’entendre, elle aussi, se dit-il, sans que ça ne puisse tromper quiconque le connait. Le fait qu’il ait accepté sans broncher la lettre de la jeune femme sans y répondre, après avoir modéré son ton dans sa propre missive, parle de lui-même.

C’est dans cet état d’esprit, c’est-à-dire assez perdu, que Tibérius a lu la lettre de son frère. Sans savoir trop quoi en penser, il est parti une première journée en audience. Et puis deux, et nous voilà aujourd’hui. Ça n’a pas arrangé les choses.  Il culpabilise d’autant plus, goutant peu à l’idée d’être pris en faute, le rôle de donneur de leçon lui étant habituellement dévolu. Il est un peu en colère aussi : si lui a réfléchi, Thaddeus n’a pas infléchi une seconde sa position, et le juge un instant que son frère pourrait faire un effort.

Voilà où il en est lorsqu’il passe de nouveau le feu du manoir, un peu tardivement pour un horaire normal de bureau, mais tôt pour une audience dont Yaxley pensait qu’elle finirait à 21 heures. Feu qu’il ne passe que pour tomber nez à nez avec son cadet. « Thadd ? » Il ne devrait pas être aussi surpris. Après tout, lui-même a dit qu’il ne le chassait pas, ne compte pas le faire, et il sait bien que son frère vient voir leur mère. Tibérius n’a rien dit et préféré faire comme s’il ne savait pas : c’est aussi une manière d’approuver de façon silencieuse. « Décidemment. » Qui chercherait bien verrait dans cette remarque un sourire en coin, une manière de rire de lui-même. Peut-être pas assez explicite, ceci-dit, mais Yaxley a au moins la décence de ne pas ajouter « ça devient une habitude ». En fait, il ne sait pas trop quoi dire. D’un ton dégagé, parce qu’il ne peut pas rien dire, il lance : « Tu es venu voir mère ? » Il connait déjà la réponse, du moins pense la connaitre, parce qu’il sait aussi que la lettre de Thaddeus était un pas vers lui et que son frère n’en fera pas d’autre – que c’est à lui de le faire, aussi.  « J’allais te répondre. J’ai eu ta lettre hier. » Ajoute-t-il donc après un instant de silence. Ça tombe mal, un peu comme un cheveu sur la soupe, mais c’est dit. A vrai dire, Yaxley a aussi honte de ne pas avoir fait le premier pas, alors, il prend son courage à deux mains, et achève :  « Je pense aussi que nous devrions parler. Enfin, si tu veux bien. »

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Message#Sujet: Re: Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius   Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius Icon_minitimeJeu 20 Jan - 22:47

Querelle de frères, querelle de diablesTibérius & Thaddeus

-Romsy… Ce n’est pas la peine, vraiment pas…

La main déjà dans le pot de Poudre de Cheminette, Thaddeus a été stoppé net par la petite voix de l’elfe de maison qui accourait vers lui, une grande boîte en métal brandie au-dessus de sa tête. Dans la boîte, un assortiment de gâteaux, de biscuits, de mignardises en tout genre.

-Romsy les a cuisinés exprès pour Maître Thaddeus, lance l’elfe avec fierté.
-Tu sais, je mange très bien, chez Rose. Ce n’est vraiment pas la peine de t’inquiéter.
-Romsy a aussi préparé des tartelettes au citron pour Maîtresse Rose,
ajoute l’elfe. Maître Thaddeus pourra partager avec elle.

Comment résister à une telle prévenance ? Incapable de décevoir le minuscule serviteur qui le regarde avec des yeux suppliants, Thaddeus accepte la boîte de friandises, ce qui comble de joie la créature.

-Romsy doit retourner préparer le dîner ! lance l’elfe dans une ultime courbette avant de s’éclipser à toute allure.

Le juge le regarde filer, un sourire attendri aux lèvres, puis, revenant soudain à la réalité, se rappelle qu’il devait partir. Il manque de renverser le pot de Poudre de Cheminette lorsque le feu de l’âtre se met tout à coup à rougeoyer, signe d’une arrivée imminente. Et quelle arrivée ! Le maître de maison en personne. Le sourire de Thaddeus s’efface instantanément, tandis qu’il salue son frère avec un brin de raideur :


-Bonsoir, Tibérius. J’allais partir, ajoute-t-il par réflexe.

Écrire à son aîné était déjà difficile, mais se retrouver face à lui est une véritable épreuve. Thaddeus a réussi à éviter toute rencontre avec lui au Ministère, pas par hostilité, mais, précisément, pour ne pas avoir à se lancer dans une pénible explication avec lui. Son aversion pour toute forme de conflit lui fait penser qu’il vaut mieux se murer dans le silence que d’avoir une conversation trop franche. Leur ébauche de dispute de l’autre jour lui a amplement suffi, et pourtant elle semblerait bien pâle à la plupart des gens. Une dispute ? Quelques mots un peu vifs, tout au plus, diraient les personnes habituées aux véritables altercations.


-Oui, je suis venu passer l’après-midi avec elle, j’avais pris congé spécialement, poursuit Thaddeus en réponse à la question de Tibérius, toujours sur ce ton un peu mécanique qu’il n’aime pas s’entendre.

Un instant, il songe qu’il est temps de couper court, de franchir à son tour le feu pour rentrer chez Rose, dans le confort rassurant de son appartement - il est terriblement triste de se rendre compte à quel point le manoir est devenu, en quelques jours, un cadre oppressant. Mais son frère ne l’entend pas de cette oreille, et il poursuit la conversation en abordant le sujet de la lettre.


-Ce n’est pas la peine que tu répondes si tu ne le souhaites pas, répond Thaddeus, un peu trop précipitamment pour ne pas trahir une certaine gêne. Je n’attendais pas forcément de réponse. Il y a des choses que je tenais à te faire savoir, c’est tout.

C’est que cette lettre, si abruptement franche, reste un douloureux souvenir pour le cadet Yaxley, plus habitué à prendre sur lui qu’à exposer ses sentiments. Écrire lui a fait du bien, mais en envoyant la missive, il s’est senti penaud, comme s’il se dénudait, comme s’il faisait quelque chose de mal, d’immoral. Il a un peu l’impression de s’être imposé, quelque chose qui lui est aussi étranger que de chercher le conflit. Le simple fait que Tibérius reparle de cette lettre suffit à le mettre mal à l’aise. Il n’est donc pas surprenant que la suite le laisse presque sans voix - quelques secondes, pas plus, parce qu’il faut bien répondre, sous peine de passer pour un idiot vindicatif.

-Que nous devrions parler, répète-t-il comme pour se familiariser avec cette idée. Si tu veux, oui, d’accord. Pas ici, je suppose. Où allons-nous ? Dans ton bureau ?

S’intéresser à ce détail concret permet de rendre la perspective d’une discussion moins effrayante. Croyant déceler une certaine répulsion pour le bureau dans la moue de Tibérius, il propose une autre solution :

-Nous pourrions faire quelques pas dans le parc, il fait encore bon.

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Tibérius Yaxley
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Message#Sujet: Re: Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius   Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius Icon_minitimeJeu 27 Jan - 1:24



Querelle de frères, querelle de diables
Thaddeus & Tibérius
Dans le conflit, Tibérius Yaxley n’est pas mauvais : sur le moment, il a souvent la certitude d’avoir raison et il ne comprend pas qu’on ne se rallie pas à son point de vue, alors il le défend jusqu’au bout, à moins qu’on ne lui démontre, en général sur le même ton pour qu’il accepte de l’entendre, qu’il a tort. Le problème d’une telle attitude, c’est qu’elle ne fonctionne que pour des choses sans enjeux véritables et des choses pour lesquelles Tibérius est vraiment sûr de lui, ce qui est loin d’être le cas, en témoignent ses doutes constants depuis le départ de Thaddeus et sa querelle avec son père. Surtout, une telle attitude ne peut fonctionner qu’avec des gens auxquels il ne tient pas et dont les opinions l’indiffèrent. S’il s’enorgueillirait presque de se moquer des états d’âmes des gens de façon générale, si peu rationnels, si contradictoires, et si contrariants car ne respectant pas son schéma de pensée pourtant logique (selon lui) car basé sur les traditions et l’ordre naturel du monde sorcier ou des règles fixes du droit, il en va autrement des membres de sa famille. Parce qu’indéniablement ils sont à part. Parce qu’il a de l’estime pour eux. Et peut-être aussi parce qu’il n’a qu’eux, en vérité, pour la simple et bonne raisons qu’ils sont du même sang et par conséquent qu’ils ont la même manière de raisonner. Toujours est-il que dans le cas de ces gens, et Thaddeus, qui a toujours été son frère préféré, il ne peut pas s’en moquer et soudainement, le conflit qui est son terrain de jeu devient sa hantise. Cette manière de trancher les choses définitivement lui joue des tours, d’autant plus qu’il n’est pas très bon pour se contrôler lui-même ou revenir sur ses propos, ou les nuancer. Le compromis n’est guère le fort de Tibérius, pas plus que les excuses ou exprimer à quel point il est malheureux d’une situation.

Encore moins à l’improviste. Ses blocages ne sont pas ceux de son frère, encore qu’on pourrait dire qu’ils se ressemblent, non sur le conflit, mais sur le fait de ne pas parler de soi et de ses états d’âmes, pour des raisons différentes. Alors la conversation démarre sur un ton un peu raide, qui essaye de garder une neutralité acceptable pour le public : rien n’est dit et pourtant tout ce conflit prend toute la place entre eux. Ne voulant pas en remettre une couche, Tibérius n’est pas non plus aidé par le fait qu’il a excessivement peur d’être mal compris, alors qu’en Thaddeus lui dit qu’il s’en va, il s’empresse de répliquer : « Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ne te sens pas obligé de partir parce que je viens d’arriver. » Il y a eu assez de qui pro quo comme ça, et il voudrait bien que son frère comprenne qu’il était sincère lorsqu’il a dit que le manoir restait son foyer. Au demeurant, il ne veut pas reprocher à son frère de venir voir leur mère. Circé a besoin de compagnie, le juge le sait. Il a un peu honte de lui infliger ça à elle aussi, ce qui fait définitivement beaucoup de culpabilité et d’interrogations à porter en ce moment. Sa mère doit se douter de certaines choses, il le sait. Sans doute avoir pris le parti de Thaddeus, il s’en doute également, ça a toujours été son préféré. Tibérius laisse faire. Il n’a pas le cœur à se battre avec elle dans son état, ni à interdire à Thaddeus de la voir. Il a même fui toute forme de conversation avec Circé, faisant semblant de ne pas entendre les sous-entendus de sa mère. Il n’est ni au clair avec lui-même ni avec Thaddeus, alors rendre des comptes à sa mère…et puis il a déçu suffisamment de gens comme ça. Evidemment, Circé le connait par cœur, elle n’est pas dupe – mais personne ne connaissant suffisamment Tibérius ne le serait. Il est mal.

En témoigne sa gêne quand il parle de la lettre. Les mots sont sortis tous seuls, à vrai dire. Il n’était pas prêt à cette confrontation, mais il ne veut pas que son frère croit qu’il l’ignore. Non, ce n’est pas ça, aimerait bien répondre le juge. En fait, c’est simplement que par lettre, ça aurait plus facile. Quitte à prendre un peu plus de temps pour rassembler ses arguments, et se confronter à l’idée d’avouer qu’il a eu tort. Mais ce n’est pas se confronter réellement aux choses et ce serait source de qui pro quo et c’est un peu lâche. Alors Tibérius finit par proposer qu’ils parlent. Après tout, ça le dispense de faire ce premier pas pour lequel il n’a pas la moindre idée de comment s’y prendre. Et puis voilà, de toute façon, maintenant, c’est fait, il ne peut plus reculer.

Encore que la perspective de retourner dans on bureau le contrarie soudainement. Thadd n’a évidemment pas la moindre idée de la querelle qui se joue avec le portrait de Augustus, mais son ainé saute avec soulagement sur la proposition alternative : « Le parc, c’est très bien, oui. »

Les voilà partis, cheminant côte à côte sans rien dire un moment. Il y a quelque chose d’un peu gauche dans cette démarche, alors que tout autour d’eux est pourtant familier. C’est le parc de leur enfance ; au bout, il y a le verger, et puis loin encore les champs, et quelques pâturages, domaine campagnard s’il en est et qu’ils apprécient pourtant tous. A la fin, c’est Tibérius qui rompt le silence, auparavant à peine troublé par le crissement des graviers sous leurs pas. « Le portrait de père est…extrêmement mécontent de mon attitude, je crois que c’est le mot. A l’idée que je puisse vouloir répondre à ta lettre. Il trouve que je ne vais pas assez loin et que mon attitude, est, je cite, faiblarde. Je suppose qu’il désapprouverait également que nous ayons cette conversation de vive voix. » A vrai dire, Augustus désapprouve à peu près tout à propos de cette histoire et nul besoin de préciser à son frère qu’il est concerné au premier chef. Il sera sans doute plus étonnant pour Thaddeus de constater que son héritier et successeur est en désaccord profond avec lui sur le sujet, même si Tibérius serait bien incapable de préciser pourquoi.

De toute façon, pour le moment, le portrait ne le préoccupe pas et pour la première fois de sa vie, Tib’ se dit que ce n’est qu’un tableau. Ce qui compte, c’est ce qu’ils se sont dit, finalement, car ses mots à lui sont les seuls à avoir causés de véritables dégâts – du moins entre eux, car évidemment, c’est autre chose dès que l’on rapporte ça aux propres angoisses de Yaxley quant à son rôle de chef de famille. Le silence retombe donc un moment alors qu’il cherche comment commencer, avant de lâcher d’un ton sourd : « Je ne pense pas que ce serait mieux si tu étais mort, et ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, je ne le souhaite pas non plus. Ce n’était pas… » Ce n’était pas contre toi, ni même cette relation, c’est simplement cette saleté de situation, parce que je suis chef de famille et qu’il faut bien que je donne des ordres ? Il n’achève pas, pourtant. N’est-ce pas une marque de faiblesse, l’aveu d’un échec ? Il ne sait pas trop. En attendant, Tibérius voudrait aussi que son frère comprenne que s’ils sont en désaccord, voire en froid, cela ne vaut pas et n’est pas un bannissement à vie.  « Et c’est la même chose, également, quand j’ai dit que je ne te chassais pas. Je ne pensais pas…enfin, il n’était dans mes intentions de faire comme si ça m’indifférait et que tu n’existais plus. J’essayais simplement de…trouver les mots. Parce que je m’étais emporté. Et que je voulais…enfin, je ne voulais pas en arriver à une rupture définitive. »

l faudrait des excuses, mais les mots ne sortent pas. Chez lui, c’est simplement beaucoup d’un coup, rien que de dire tout cela, alors même qu’il craint que le remède soit pire que le mal et que malgré ses tentatives, pas toujours assumées et toujours maladroites, Thaddeus ne comprenne pas de nouveau. Au moins ils parlent et ce n’est pas un conflit, ce qui est bien, déjà, car ils ne sont pas aidés par leur caractère respectifs, ici. Tournant la tête vers son cadet, Yaxley essaye de deviner si le message passe et s’ils se comprennent. Dire franchement les choses aiderait sans doute l’introverti qu’est son frangin, mais sur le point, ils se valent et la fierté de Tibérius n’aide pas non plus. « Tu reste mon frère, si je n’ai pas été clair sur ce point. Et je le pensais quand je disais que tu restais le bienvenue.  » Il s’arrête de marcher, pour finir, en plein milieu du chemin : « Et je ne veux pas que cette famille se délite ou explose. Mais je ne vois pas comment faire sans imposer des règles, parce que c’est mon rôle, ni si vous n’obéissez pas. Je veux dire, c’est à ça que je sers. Si je suis incapable de faire respecter une décision ou mes opinions, c’est un échec. Et au vu de ce qu’il s’est passé entre nous, je m’aperçois que je ne sais pas faire. Si en plus, c’est contre-productif et qu’on ne se parle plus…bref. Peut-être que père a raison, finalement. C’est pour ça que je dis que ça ne peut pas être pire. » Ce discours est-il très clair ? Non, pas forcément. Cette confession faite à Thaddeus est venue de nulle part. Tibérius ne parle que très peu de son rôle : il fait, c’est tout, avoir des doutes n’est pas acceptable, ou en tout cas verbalisable – à l’instant, il est aussi surpris qu’il a honte de s’être laissé aller ainsi. Mais il se sent un peu plus léger. Ça n’excuse rien, mais peut-être est-ce un bon éclairage et un bon point de départ pour comprendre sa réaction – pour la contrition en elle-même, on verra plus tard.

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Message#Sujet: Re: Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius   Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius Icon_minitimeVen 28 Jan - 22:53

Querelle de frères, querelle de diablesTibérius & Thaddeus

Durant quelques instants, les deux frères marchent en silence, chacun attendant vraisemblablement que l’autre entame la conversation. Thaddeus s’efforce, avec toute la bonne volonté dont il est capable, de trouver quelque chose à dire, mais toutes les idées qui lui viennent lui semblent inappropriées. Il se tait donc, observant le paysage si familier de ce parc, en proie à des réflexions un peu hors sujet. Ils ont parcouru mille fois ces allées, lorsqu’ils étaient deux gamins et que seuls leurs jeux occupaient leur esprit. Tibérius, il en a conscience, a eu une part d’insouciance bien moins importante que la sienne ; dès son plus jeune âge, Augustus l’a pris sous son aile pour le préparer à son futur rôle de chef de famille, privant Thaddeus de son meilleur camarade de jeu. C’est à ce moment-là que leurs chemins se sont séparés, même s’ils sont toujours restés unis ; l’un portait les espoirs paternels et a sans s’en rendre compte copié toute l’austérité de leur père, tandis que l’autre, inapte à toute forme de leadership, a pu pousser sans entraves, comme une plante aussi luxuriante qu’inutile. Il est miraculeux, se prend à songer Thadd, qu’ils se soient toujours si bien entendus, en dépit de telles différences de trajectoire. La rupture était sans doute inévitable, si on y réfléchit bien, entre le digne héritier d’Augustus et le petit préféré de Circé. Difficile de ne pas le regretter, cependant ; malgré leurs caractères opposés à bien des égards, c’est une véritable complicité qui unissait les deux frères.

Tibérius se décide à prendre la parole à l’instant précis où son frère se rend compte qu’il est parti en emportant la boîte de gâteaux de l’elfe, et qu’il a l’air d’un idiot à promener ainsi ses provisions. Entendre parler du portrait de leur père n’arrange rien ; personne aussi bien qu’Augustus n’a jamais su faire comprendre à Thaddeus à quel point il était benêt, et superficiel, et décevant. Même mort, il reste une figure terrifiante pour son fils cadet, mais aussi, visiblement, pour son successeur. Sans regarder son frère, Thadd, passant inutilement la boîte de sa main gauche à sa main droite, murmure :


-Je me doute de ce qu’il a dû te dire. Lui n’aurait pas faibli, je suppose. Il…

Le juge s’interrompt, terriblement triste de réaliser que son père l’aurait, au mieux, renié, et peut-être tué. Ce n’est sans doute pas un hasard s’il n’a osé aucune aventure du vivant d’Augustus, il s’en rend compte tout à coup. La tête basse, il écoute les explications de Tibérius, partagé entre le désarroi causé par la réaction de son père et une certaine gratitude à l’endroit de son frère, qui semble bien plus modéré que feu Augustus. Il s’arrête, machinalement, en même temps que son aîné, mais garde le silence quelques instants encore, avant de répondre avec douceur :

-C’est aussi pour cela que je suis parti, tu sais. Je sais que tu n’as pas la tâche facile et je ne veux pas être celui par qui la discorde arrive. Il me semble évident que je ne peux pas vivre dans ta maison si je ne t’obéis pas. Mais je ne peux pas t’obéir. Sache simplement qu’il n’y a rien de personnel là-dedans.

Il frissonne un peu, malgré la tiédeur de cette soirée de fin d’été. Parler à cœur ouvert n’a jamais été son fort, et surtout pas à Tibérius. Son frère a toujours été un modèle pour lui, un personnage un peu idéalisé, si bien qu’il se sent doublement coupable de l’avoir trahi. Ils se remettent lentement en marche, en prenant sans y penser la direction du petit cimetière familial, jusqu’à ce que Thaddeus, soudain nerveux, pose sa main sur le bras de Tibérius :

-Pas par là, s’il te plaît. Allons plutôt vers le verger.

C’est la preuve éclatante de la terreur que continue d’exercer sur lui leur défunt père ; la seule idée de passer devant sa sépulture suffit à le rendre fébrile. Ce n’est pourtant qu’une pierre, comme son portrait n’est qu’un tableau, qu’on ne devrait plus craindre à ce point… Mais c’est plus fort que Thaddeus. Il se sent aussi paniqué que lorsqu’il devait paraître devant un Augustus bien vivant, toujours prêt à lui reprocher quelque chose. Tibérius ne fait pas de difficultés et accepte la proposition de son frère de tourner le dos au cimetière. Soulagé qu’ils aient changé de direction, Thaddeus lance, un peu à brûle-pourpoint :

-Père a toujours su se faire obéir, lui, mais vois quel souvenir il a laissé. Je ne dis pas qu’il a eu tort, mais je ne suis pas sûr qu’il soit un modèle exempt de toute critique.

C’est lui, à présent, qui s’arrête, pour fixer son frère :

-Je prends bonne note de ce que tu me dis. Je n’ai aucune raison de douter de tes paroles. J’espère que toi non plus, tu ne doutes pas des miennes quand je te dis que je n’ai rien fait contre toi. Moi non plus, je ne voulais pas en arriver là. Pour être tout à fait franc, je ne voulais rien de précis. Les choses se sont faites sans que je les aie prévues, en réalité. Je ne nie pas qu’elles soient contrariantes, mais je ne peux pas aller contre le courant.

Rougissant, il reprend sa marche, les yeux baissés, en changeant encore une fois de main sa boîte de biscuits. Il n’a pas le courage de dire clairement qu’il est amoureux d’Archibald et qu’il ne veut pas avoir à choisir entre lui et son frère, mais il a le sentiment d’avoir fait une confession limpide - et parler de ses émotions les plus intimes, même à mots couverts, le remplit de confusion.

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Message#Sujet: Re: Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius   Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius Icon_minitimeDim 13 Fév - 1:12



Querelle de frères, querelle de diables
Thaddeus & Tibérius
C’est très eux, cette conversation, songe Tibérius, en ce qu’elle est représentative de leur personnalité, pas tellement de la relation qu’ils entretiennent. A cheminer ainsi dans le parc, sans vraiment se regarder, on pourrait presque dire que rien n’a changé. Il y a toujours le petit Thaddeus, toujours un peu timide et souvent repris par son père. Le juge lui jette un coup d’œil en coin, curieux, et se demande ce qu’est cette boite qu’il se trimballe. Il faudrait qu’il pose la question, mais ne dit rien. Rien qu’à voir son frère mal à l’aise comme il le devine, comme lorsque leur père les convoquait tous les deux dans son bureau pour les gronder ou dire sa déception, il a plutôt envie de lui mettre un coup de coude discret comme il le faisait alors gamin, manière de dire « ça va aller, on est dans le même bateau ». Tibérius n’a pas eu une enfance très longue et très vite il a fallu s’adapter, et quitter le giron de sa mère. Il a parfois regretté et jalousé l’insouciance de ses cadets et l’absence d’exigences qui pesaient sur eux, mais après tout, c’était son rôle, il n’a jamais protesté, et il a toujours maintenu les liens avec sa fratrie comme il pouvait. Surtout avec Thaddeus – le seul Serdaigle de la bande, celui avec qui il a fait ses classes et surtout le seul qui partage vraiment sa passion pour la littérature. Ses réprimandes à lui ? Peut-être la manifestation de l’affection d’un frère qui estimait simplement que son frère gâchait son talent.

Sauf que voilà, dans le rôle du père qui réprimande, maintenant, il y a lui, Tibérius. Il n’est pas tout à fait certain de vouloir de ce rôle. Ce serait presque drôle si ça n’était pas aussi triste : il a passé toute sa vie à se préparer pour des moments comme celui-ci, où il se disait qu’il faudrait ressembler à son père, être prêt et savoir prendre des décisions définitives, quitte à être dur. Parce que parfois c’est nécessaire. Oui, voilà ce qu’on lui a appris. Plus facile à dire qu’à faire, sans doute, surtout temps qu’on ne s’y confronte pas, ce qu’il a sans doute espéré. La position d’héritier était confortable. Elle lui évitait de choisir entre le rôle de frère, ou de le conserver, et celui de chef. De creuser la distance entre eux.

Et maintenant…maintenant, en se donnant ce rôle, en réagissant à l’emporte pièce comme il l’a fait, n’a-t-il pas déjà choisi ? A en croire la réaction de Thaddeus, dont le fil de pensées semble suivre un rythme finalement proche des siennes quant à leur père, l’y voilà déjà assimilé. Comme, si oui, c’était définitivement le camp de la réprimande et du chef de famille tyrannique qu’il avait choisi. Il n’y a plus rien du frère qu’il est pourtant encore, dans cette vision que lui renvoie son cadet. Le moins qu’on puisse dire est que le juge n’aime pas ce qu’il entend, ce qu’il a laissé voir de lui, en imaginant que cela puisse être dans le but de lui nuire ou de nuire à leur famille, et qu’il le chassait de la maison, et ça lui tord soudainement l’estomac douloureusement. Il lui semblait pourtant avoir été clair dans ses explications, mais c’est tout le problème d’essayer de dire qu’on est désolé sans le dire, surtout en le mélangeant à des questionnements personnels et intimes sur le genre de chef de famille qu’il veut être. Une bonne partie des difficultés de Tibérius vient de là, mais il est vrai que lorsqu’on ne sait ni n’excuser, ni être clair, ni faire machine arrière, ça n’aide pas.

Alors au début, il ne dit trop rien, incapable de réagir. Puis il trouve un point d’accroche, quelque chose qui lui semble important de dire, là, maintenant, en plein milieu du chemin, pour contredire Thadd : « Ce n’est pas ma maison. Autant que je sache, c’est la notre. » Merlin sait, pourtant, qu’il a longtemps cru à l’idée qu’il était maitre chez lui et qu’il peut bien ordonner des choses à sa famille et que ceux-ci doivent s’y plier. Il y a peut-être même une part de lui qui y croit encore, mais sans qu’il ne se l’avoue, il s’est résolu. Il ne veut pas être ce chef de famille là, il ne veut pas perdre son rôle de frère. « Je ne sais pas si faiblir est le mot exact. Ni si tu devrais vraiment partir, même de ta propre volonté. De fait, la division est déjà là, puisque tu pars. Et la maison, elle, fait vide, sans toi. Il n’y a pas qu’à mère que tu manques. » Il marque un silence qui peut sembler boudeur, comme si l’aveu, pourtant touchant et réellement destiné à son frère, lui coutait, et il préfère ne pas trop penser à ce qu’il vient de dire, car il sent finalement aussi soulagé que triste : au moins il a dit une partie des choses, mais objectivement, rien n’est résolu. Les sourcils froncés vers ses chaussures, qui lui semblent bien plus facile à regarder que son cadet, il est heureux de se remettre en chemin et d’avoir en quelque sorte une excuse pour se taire.

Guère fâché à l’idée de ne pas croiser la tombe de leur père – l’ombre d’Augustus prend définitivement trop de place dans cette conversation – Tibérius accepte donc volontiers la proposition de son frère, écoutant en silence celui-ci lorsqu’il reprend la parole. Thaddeus touche juste, peut-être sans le vouloir. Oui, il s’agit bien de ça. De savoir quel chef de famille il veut être et quel souvenir il laissera. Et si la méthode de leur père ne conduisait qu’au désastre, cette fois ? Si, comme il le disait, c’était l’ordre et sa posture, et non pas l’action de Thadd lui-même, qui détruisait la famille ? Comme le juge l’a lui-même avoué, le conflit et donc la division sont déjà là. Mais en un sens, ce serait désavouer leur père que de répondre. Mais ça serait lui faire un bien piètre honneur que de s’entêter, et d’être soi même à la source de la désunion, non ?

Ce qui amène le jeune patriarche à une seconde question : est-ce que concrètement, la famille s’écroulerait si Thaddeus persistait vraiment dans cette aventure, au sens propre, comme il a l’air de vouloir l’affirmer ? Non, lui souffle une voix qui ressemble à s’y méprendre à celle de Rose, tu sais bien que non. Pris dans un conflit de loyauté qu’il ne peut pas vraiment résoudre et à un dilemme dont il refuse d’admettre explicitement la seule issue possible, Tibérius allume lentement une cigarette, en proposant une par réflexe à son frère, alors que celui-ci reprend la parole.  

Il sourirait presque en entendant Thaddeus, qui rougit furieusement, alors que lui comprend bien – mais avec beaucoup de retard, ce qui est dommage – ce que son frère veut dire. Du grand Thadd, ce discours, ce qui lui fait dire qui les sincère et le pousse finalement à secouer presque amicalement la tête : « Non, je sais. Tu l’aimes. » Pas de colère ou de jugement, cette fois. C’est presque de l’ordre du constat. Alors qu’ils arrivent au verger, Tibérius ajoute de façon plus explicite : « Je te crois. Je sais bien que ce n’était pas vraiment contre moi. »

Non, maintenant qu’il a décoléré, il le voit bien, et il est capable de faire la part des choses. Même si ça le rassure que Thaddeus dise que ce n’était pas personnel. Après tout, n’est-ce pas précisément ce qui lui est arrivé avec Rose ? Ça vous tombe dessus, l’amour, et vous n’y pouvez rien. C’est contrariant, comme le dit Thaddy, mais il n’y a rien à y faire. « Je ne pense pas que je voulais vraiment te l’interdire. De toute façon, je ne crois pas non plus que ça fonctionnerait. » Les règles ne valent que pour le domaine qu’elles parviennent effectivement à se soumettre, voilà un principe que tout bon juriste connait. Il pourrait bien interdire pour de bon à Thaddeus de fréquenter Archibald, mais à quoi bon de toute façon ? Tibérius est réaliste : ça ne l’empêchera pas de le voir quand même. Il en va des aventures amoureuses comme des feux rouges grillés : si une loi les interdisant éliminait le phénomène, ça se saurait.

De toute façon, ce n’est pas vraiment ce qu’il voulait faire. « C’était peut-être idiot, ça l’était sûrement même, maintenant que j’y repense mais je ne pensais vraiment pas te donner un ordre, sur le moment. Je pense que je ne voulais juste pas admettre que ça puisse être vrai. », concède-t-il donc finalement, tout en examinant un pommier qui lui semble un peu malade. Il y a comme un sourire désolé sur son visage lorsque le juge reprend la parole pour dire à son cadet, se tournant cette fois vers lui : « Tu ne m’en voudras pas si je dis que je préfère définitivement sa cousine. Lui…je ne l’aime vraiment pas beaucoup. Il y a sans doute des raisons pour que ce soit réciproque. » Un autre sujet épineux.

Il a un nouveau silence, où Tibérius ne sait pas trop quoi faire : dédramatiser, ce n’est pas le domaine où il est le plus doué (contrairement à la théâtralité et aux sorties dramatiques, justement). Alors, finalement, il avoue : « Je ne suis pas sûr de savoir quoi faire. » Quoi dire serait plus exact. Faire, il sait, mais il n’ose pas vraiment. Trouver le courage de s’opposer à son père et de parler à Thaddeus est déjà un pas énorme pour Tibérius. Avouer, en filigrane, comme il vient de le faire durant toute cette discussion, qui ne fait peut-être pas avancer les choses, qu’il est désolé, n’est peut-être pas suffisant. Il faudrait être explicite, mais il ne parvient pas à se décider, alors il lance finalement tout de go : « Qu’est-ce que c’est, cette boite ? Des biscuits ? On devrait l’attaquer. »

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Message#Sujet: Re: Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius   Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius Icon_minitimeSam 19 Fév - 22:02

Querelle de frères, querelle de diablesTibérius & Thaddeus

Le crissement familier des graviers, sous les semelles de Thaddeus, a quelque chose de rassurant, presque d’amical. Combien de fois a-t-il arpenté ces allées en compagnie de Tibérius, de ce même pas lent, en devisant de tout et de n’importe quoi ? Des sujets les plus sérieux aux plus futiles, en amis autant qu’en frères - car pour Thaddeus, adolescent toujours un peu en marge, son aîné a longtemps été aussi son meilleur ami. Lui seul semblait comprendre ses extravagances, ses lubies, ses réactions excessives, tout ce qui, pour les autres gamins, faisait de lui un original. De fait, s’il s’est toujours bien entendu avec tout le monde à l’école, Thaddeus n’y a pas noué de véritable amitié. Trop spécial, probablement, même pour un Serdaigle. Et, à la maison, on était souvent plus enclin à le faire tourner en bourrique qu’à subir ses élucubrations de futur grand auteur. Seul Tibérius acceptait de débattre avec lui, au cours de longues promenades ou entre les quatre murs de la bibliothèque. Leurs conversations n’avaient pas toujours une très haute tenue littéraire, mais le rendez-vous était précieux pour Thaddeus. Il se revoit, encore adolescent, remontant cette même allée et récitant à son frère le contenu de ses cours - Augustus, craignant une déconfiture de son cadet aux examens, avait missionné le sérieux Tibérius pour le faire réviser. Il entend encore leurs ricanements, alors qu’ils discutaient de ce roman érotique qu’ils écrivaient en cachette et en planifiaient les rebondissements. Et comment ne pas se remémorer cette promenade presque silencieuse, après les obsèques de leur père, où chacun comptait simplement sur la présence de l’autre pour se réconforter ?

Fallait-il vraiment, se demande tristement Thaddeus tout en marchant, une autre balade dans les allées, pour se rendre compte que son frère ne semble plus être, désormais, l’ami qu’il a pu être ? Ils n’y a pas vraiment d’hostilité dans les propos qu’ils échangent, mais quelque chose sonne faux. Et le juge se surprend à avoir hâte de quitter le manoir et de regagner l’appartement londonien de Rose. Tibérius peut l’assurer que c’est sa maison aussi, il ne s’y sent plus bienvenu. Il ne le dit pas, cependant ; son frère a marmonné quelque chose qui ressemble à un aveu, et pour quelqu’un d’aussi peu expansif, c’est extraordinaire. Soucieux de ne pas doucher la sincérité de Tibérius, il garde pour lui son désir de reprendre la poudre de cheminette, même s’il se trahit probablement en murmurant :


-J’ai promis à maman de revenir la voir plus souvent. Je sais bien que je lui manque.

Non, il n’a pas l’intention - pas pour le moment, du moins - de revenir vivre au manoir. Sans qu’il sache pourquoi, la maison de son enfance ne lui semble plus accueillante. Quoi qu’en dise Tibérius, il ne s’y sent plus chez lui. Même si le grand est beaucoup moins virulent que la dernière fois, même s’il parle avec bienveillance, Thaddeus ne parvient pas à oublier l’expression de fureur qu’il a eue dans la bibliothèque. Il lui sait gré d’être devenu plus raisonnable, mais il ne veut pas risquer d’être à nouveau traité en sale gosse irresponsable. Quoi de mieux, pour cela, que de mettre de la distance entre eux ? On n’est jamais à l’abri d’un revirement. La tête pleine de ces réflexions, Thaddeus hoche tristement la tête lorsque son frère constate qu’il aime Archibald, sans rien ajouter. Il garde le silence un moment, laissant son aîné s’expliquer comme il peut ; lui ne sait pas quoi dire. Les mots se heurtent dans son esprit, des débuts de phrases lui viennent, mais ce qui domine, c’est la confusion. Et c’est elle qui finit par s’exprimer lorsqu’il lâche enfin, un peu plus sèchement qu’il ne le voudrait :

-Personne ne te demande de l’aimer. Je ne compte pas t’imposer sa présence et j’ai bien compris que le savoir ici t’indispose. Cela ne se reproduira pas. Je ne veux pas te blesser, même si je ne sais plus vraiment à qui j’ai affaire.

La phrase, mystérieuse, reste en suspens sans que Thaddeus l’explique. Pour lui, c’est limpide ; il ne sait plus si le Tibérius Yaxley avec qui il parle est encore ce frère en qui il a eu toute confiance, ou s’il n’est qu’une figure d’autorité, de respect des traditions, un épouvantail sans émotions, en somme. Laissant le grand comprendre ce qu’il voudra, ou ce qu’il pourra, il se pose, du bout des fesses, sur le vieux banc en bois du verger, en essayant de sourire :

-Oui, Romsy a manifestement peur que je meure de malnutrition chez Rose. Tiens, sers-toi, si tu en veux. Moi, je n’ai pas très faim.

Un détail révélateur, pour qui connaît Thaddeus et sa passion pour les douceurs en tout genre. Il a ouvert la boîte en métal, dévoilant un superbe assortiment de petits gâteaux et de biscuits secs, qu’il tend à son frère. Il y a un instant de silence, puis il reprend, d’une voix paisible :

-Tu n’as rien à faire, Tibérius. Je ne te demande rien, vraiment. J’ai bien entendu tout ce que tu m’as dit. Je suis content que tu aies compris qu’il n’y avait rien contre toi. Je suppose que c’est un grand pas en avant. Viens, mère va t’attendre pour dîner, et d’ailleurs il est temps pour moi de rentrer, je dois déjà être en retard, ajoute-t-il en se levant, scellant sans le vouloir la division.

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Message#Sujet: Re: Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius   Querelle de frères, querelle de diables || Tibérius Icon_minitimeLun 11 Avr - 0:49



Querelle de frères, querelle de diables
Thaddeus & Tibérius
« Je… » Ce n’est pas ce que j’ai dit, voudrait corriger Tibérius, moi aussi tu me manques. Mais les mots ne sortent pas de sa bouche. Incapable de s’exprimer, il ne devrait pas s’étonner de ne pas être compris par son frère. N’empêche qu’il ne l’est et que la conversation se transforme en impasse alors même qu’il fait des efforts. Il le devine quand Thaddeus songe en creux et à haute voix à repartir. Il l’entend presque lorsque celui-ci affirme qu’il sait qu’il manquera à Circé. Et cela devient quasiment impossible à nier lorsque son frère lui dit qu’il ne sait plus à qui il a à faire. Soudainement, c’est comme si tout s’arrêtait. Aussi livide qu’incrédule, Tibérius se tourne vers son frère, le regardant droit dans les yeux. « C’est vraiment ce que tu penses ? » Le ton est aussi désespéré qu’incrédule. « Ce n’est pas ce que je voulais. » Souffle-t-il, immédiatement après, avant de se détourner.

Voilà peut-être qui dit bien plus que le reste lorsqu’on le connait. Il ne voulait ni être ce chef de famille là, ni perdre la relation qu’il avait avec ses frères et sœurs et encore moins avec Thaddeus. Pas même pour cette relation avec Archibald. Un moment, il a été coincé, outré même, et peut-être était-ce directement la cause de ce tiraillement qu’il ressent. Toujours le même, d’ailleurs. Être comme son père, cet homme qu’il craignait autant qu’il cherchait son approbation ou rester l’ainé sérieux de la fratrie ? Et si la famille se délitait à cause d’une mauvaise décision de sa part ? Mais en chassant Thaddeus il lui semble avoir tout échoué. A être un bon chef de famille, à être le chef de famille qu’il veut être, en fait, à être un bon frère et à garder la famille unie. A présent il sait et il a choisi. Tardivement, certes. Mais de tels efforts ne méritent pas d’être mis à son crédit, alors qu’il essaye d’expliquer ses doutes et de montrer qu’il regrette ses erreurs ? Yaxley a le sentiment – sans doute culotté – d’être traité assez injustement ici, justement parce qu’il fait des efforts. La possibilité qu’ils ne soient pas à la hauteur de l’affront et de la rupture, pas assez explicites, trop maladroits, ne lui vient pas à l’esprit. Habitué à ce que le monde se plie à ses désirs et fonctionne comme il l’entend, le juge estime simplement qu’ils devraient être mis à son crédit. Se heurter à la réalité et se débattre avec l’idée que non, les choses ne s’arrangent pas seules d’elles même est donc pour lui, comme à chaque fois une expérience des plus brutales, si bien qu’il ne sait plus comment réagir.

Tibérius ne dit donc rien d’autre. Il ne s’assoit pas non plus. Même les biscuits ne le tentent pas, lorsque Thaddeus en propose. En fait, comme il le dit explicitement à Thaddeus, il ne sait pas quoi faire. La réponse de son frère, elle, le surprend par sa violence. Est-elle volontaire ? Il ne le sait pas. Ne le pense pas. C’est juste étrange de s’entendre dire quoi faire, comme à chaque fois que son cadet prend la parole d’un ton si autoritaire et affirmatif. Comme si soudainement les places étaient inversées. Il se demande si c’est ce que les gens ressentent quand il hurle, la même sensation d’injustice face au côté péremptoire de l’affirmation de Thaddeus. « Mais… » Le juge voudrait protester, mais rapidement, il abandonne. Ça ne sert rien à rien : son frère a manifestement déjà pris sa décision. Lui a échoué, alors pourquoi lutter ? L’abattement le gagne, un instant. « C’est vrai. Tu as raison, il va être tard. Il faudrait rentrer. »

Finalement, il s’empare piteusement d’un biscuit et le grignote en silence. Il ne sait pas trop quoi dire de plus. De toute façon, il faudrait rentrer, comme l’a dit Thaddeus. « Allons-y, alors. » Ledit retour sonne comme une défaite. Plus personne ne se dit rien, seuls les bruits du parc parvenant aux deux frères alors qu’ils marchent vers le manoir. Tibérius les entend de toute façon à peine et il s’en moque, tout absorbé par la pensée qu’il va falloir conclure et dire revoir à Thaddeus. La question, c’est comment. Il n’en sait rien et aucune formule ne lui parait appropriée. Mais trop tard, il n’a plus le temps de la réflexion. « Bon alors, je suppose…porte toi bien ? »

Que ça sonne plat et faux. Ce n’est pas ce qu’il voudrait dire ou comme ça qu’il voudrait terminer. Un moment, Tibérius a envie de se raviser et ouvre la bouche pour reprendre la parole. S’il invite Thaddeus à diner, est-ce que ce ne serait pas l’occasion de parler pour de bon ? D’essayer, au moins ? Mais tu n’as saisi ta chance depuis tout à l’heure, alors tu crois vraiment que tu vas arranger les choses en t’obstinant à continuer cette discussion ? Sauf que Tibérius se trouve lui-même singulièrement abruti de ne pas le faire et de ne pas savoir comment le faire non plus. Peut-être qu’il vaudrait mieux laisser Thaddy partir et demander conseil à Rose ? Mais Yaxley a aussi une ou deux choses à dire à sa compagne, alors qui sait si elle acceptera de l’aider après la conversation salée qu’ils risquent d’avoir. Quant à son cadet, après tout, ils se sont un peu parlé, le contact n’est plus totalement rompu et c’est déjà quelque chose qui tient du miracle, peut-être ferait-il mieux de ne pas forcer sa chance. En même temps, c’est peut-être l’occasion ou jamais, car qui sait si, quand son frère reviendra, ils se recroiseront ? s’il aura l’occasion de préparer les choses, d’en dire plus, de tenir un discours où il serait moins mécontent de lui-même ? Quasiment indépendamment de sa volonté, Tibérius se retrouve à ouvrir la bouche pour parler, mais Thaddeus est déjà prêt à partir ou presque, main sur la poudre de cheminette. Les épaules du juge s’affaissent en même temps que son enthousiasme retombe. Trop tard, quel con tu fais, Tibérius ! songe-t-il. Il ne peut donc que marmonner encore une fois, sans savoir quoi dire de plus : « Porte-toi bien. » Et il aussi sincère qu’abattu et découragé, en le disant, en se demandant si malgré ses efforts, tout n’est pas fichu pour de bon.

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