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 When you fall, you fall hard - Gabriel

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Reha Shafiq
Reha Shafiq
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Message#Sujet: When you fall, you fall hard - Gabriel    When you fall, you fall hard - Gabriel  Icon_minitimeSam 30 Déc - 0:29

❝ Gabriel & Reha❞When you fall, you fall hard Ce fut une semaine, en réalité un mois horrible. Un peu comme si tout le monde c’était passé le mot et qu’un nombre incalculables d’évènements contrariants avaient décidé de s’accumuler avec pour seul but de la contrarier un peu plus à chaque fois. Parfois, Reha a cette désagréable impression d’être spectatrice d’une vie qu’elle n’a pas voulu. Elle voudrait, l’espace de cinq minutes, faire pause ; prendre le temps de se poser et d’examiner c’est qu’est devenu sa vie. Bien sûr, c’est impossible. Peu d’artefacts magiques le permettent et ils ne sont pas accessibles pour de bonnes raisons. Ca ne l’empêche pas d’y penser, voir d’espérer pouvoir le faire. Cette envie se manifeste généralement les jours où elle est de mauvaise humeur. Ceux où tout semblent aller de travers, où tout ses choix de vie lui semblent mauvais.

Une attitude particulièrement étonnante quand on connait l’ancienne rouge et or. Reha a bien des défauts mais voir la vie en noir, s’attarder sur le passé et regretter ses actions ne sont pas des choses qui lui ressemblent. Tout l’inverse. Ce fut une accumulation de petites choses ; pas si petites que ça pour certaines, qui ont fini par épuisé la patience déjà limitée de la jeune femme. Un changement de supérieur au travail, un département chamboulé, elle et plusieurs autres chefs de service que l’on refuse d’écouter. Ce ne serait pas grand chose si d’un point de vue personnel les choses se passaient bien. Pourtant, là aussi, des grains de sable sont venus gripper les rouages de sa vie déjà compliquée.

Ca ne devrait plus la toucher depuis le temps mais Sélène, fidèle à elle-même, ne peut pas s’empêcher d’essayer de contrôler la vie de ses deux enfants encore célibataires ; quant bien même aucun des deux ne vit encore sous son toit. Avec Hari, elle est plus timide. Quoique la mort de sa femme date désormais de quelques années, le sujet reste encore sensible et Sélène, contrairement au reste de la famille, probablement aveuglée par l’amour qu’elle porte à son fils refuse de croire qu’il n’a pas pris cette décision humiliante de son propre grés. Dans sa tête, elle s’imagine toujours qu’il a été ensorcellé si bien qu’elle prend des pincettes avec l’aîné. Reha n’a jamais eu droit à la même courtoisie. Si Tibérius a gracieusement accepté de porter le blâme dans la rupture de leur fiançaille, celles-ci datent désormais d’il y a trop longtemps pour que sa mère ait la moindre indulgence avec elle. Les relations entre mère et fille ont de toute façon toujours été tendue et si Sélène répète a qui veut l’entendre qu’elle aime sa fille autant que ses fils, il n’empêche que rien de ce que sa cadette fait n’a jamais réussi à trouver grâce aux yeux de la matriarche. De son physique à l’état de ses relations, tout semble irriter sa mère et leur dernière discussion en date n’a rien fait pour apaiser les tensions entre les deux femmes. Tout l’inverse.

Ajoutons à ça une vie sentimentale en dent de scie, remplis d’hommes plus inapproprié les uns que les autres. Que ça soit Tibérius, Harfang, Thorn ou Gabriel, il semblerait que chacune des relations de Reha soit destiné à ne pas être satisfaisante. Un peu comme si, inconsciemment, elle choisisait toujours de se mettre dans des situations impossible. Or, quoique Rowle n’est probablement pas compris son rejet c’est bien pour ça qu’elle a décidé de ne pas aller plus loin avec lui.

Comme si ce n’était pas assez, un problème plus important est venu se greffer : Hawthorn. En réalité, plutôt Reed que Thorn mais c’est son ami qui a fait l’oiseau de mauvais augure et c’est lui qui fut l’impulsion aux actions stupides de Reed. Se débarrasser de Setor Hammond ? Evidemment Reha n’a jamais rien eu contre. Néanmoins, il faut faire les choses intelligemment. Le tuer n’apporte rien tandis que l’humilier comme il a humilier Thorn aurait été satisfaisant. Sans compter qu’il n’a jamais été question qu’ils se salissent les mains. Travaillé pour le Lord inclus ne pas tuer pour son plaisir mais seulement pour la cause. Or, ceci pourrait bien attirer une attention non voulue sur eux et nul doute que le déplaisir de leur maître se ferra sentir s’ils devaient lui attirer des problèmes à cause de ça. Evidemment, parce que Reha est probablement une de ses amies les plus proche et parce qu’elle connaît parfaitement la situation, Thorn est venu la trouver. En bonne Gryffondor, celle-ci a bien entendu accepter de l’aider. L’aider, oui mais l’aider à quoi ? Comment faire pour que cette histoire n’aient pas des tomber négatives sur eux mais aussi sur Reed. Quoique celui-ci risque de passer un très mauvais quart d’heure quand elle lui mettra la main dessus, il reste leur cousin et si les sang pur ne font pas preuve de solidarité entre eux; ils ne sont pas mieux que de vulgaire né-moldu.

Depuis la visite d’Avery, elle tourne en rond. Comme un lion en cage, elle n’arrive pas de redescendre de l’état de nervosité qui est le sien. Elle a besoin de faire tomber la pression. Besoin de penser à autre chose et, sans qu’elle puisse se l’expliquer, la seule personne qui lui vient à l’esprit dans cette situation, c’est Gabriel. A l’instant même où elle pense à lui, elle le regrette. Pourtant, impossible de l’ôter de son esprit. Depuis le baiser qu’ils ont échangé dans le salon et de son frère et sa belle-soeur, ils se sont à peine croisé. Bien sûr, ils ont participé à des évènements communs mais ils se sont salués de loin, sans que l’un ne cherche à aller vers l’autre. Un peu comme si Rowle avait enfin compris où elle voulait en venir où comme s’il respectait sa décision.

Comble de l’irone, elle ne peut pas s’empêcher d’en être irritée. Après l’avoir prié de lui donner de l’air, Reha est désormais contrariée qu’il le fasse. Impossible de l’avouer sans perdre la face. Or, comme beaucoup, elle a horreur de perdre la face. N’est-ce pas précisément ce qu’elle est en train de faire alors que, de chez ses parents, après une enième discussion houleuse avec sa génitrice, elle prend la poudre de cheminette entre ses doigts pour la lancer dans les flammes. Il y a un bref moment d’hésitation. Un peu comme si elle n’était pas certaine de ce qu’elle allait faire mais avant qu’elle puisse vraiment y réfléchir, elle se contente de prononcer les mots qu’elle a déjà prononcé des centaines de fois au cours de sa vie :

- Manoir Rowle.

Elle débarque dans le hall d’entrée familier et il ne faut que quelques secondes pour le pop familier de l’elfe de maison se fasse entendre.

- Miss Shafiq, mes maîtresses ne sont pas …

La créature n’a pas le temps de finir que Reha lui coupe la parole.

- Est-ce que ton maître est là ?
- Oui mais ...

Encore une fois, la créature n’a pas le temps de finir sa phrase :

- Pas besoin de m’annoncer, je ne suis pas attendue et je connais le chemin. Retourne à tes occupations.

Elle laisse tomber sa cape à terre sachant qu’il s’en occupera et s’enfonce dans la demeure dont elle connaît bien les couloirs à la recherche du maître de séan. L’elfe, lui, aurait bien voulu dire que son maître était occupé mais Reha et Gabriel étant apparenté, il ne peut pas désobéir à un ordre même donné sans y penser si bien qu’il n’a d’autres choix que de prendre les effets de la médicomage et retourner à son travail.

De son côté, il ne faut que quelques minutes à la jeune femme atteindre le bureau de Rowle et avec sa brusquerie habituelle, elle en ouvre la porte sans prendre la peine de s’annoncer.

- Rowle, il faut qu’on …

Et puis soudain sa voix s’éteind alors qu’elle regarde ce qu’elle a sous les yeux. Rien d’extraordinaire. Gabriel est en discussion avec une sorcière, plus jeune qu’elle, assez jolie, blonde avec de jolis yeux vert et un teint de pêche. Tout l’inverse d’elle-même. Sans trop savoir pourquoi, elle se crispe et ses yeux s’étrecissent tandis qu’elle ressent une pointe de quelque chose qu’elle se refuse à identifier. D’un ton plus neutre mais aussi plus contraint que précédemment, elle reprend.

- Mes excuses, je n’avais pas compris que tu avais de la compagnie. Je repasserai plus tard.


Et elle tourne les talons tout en sachant qu’elle ne le ferra pas.
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Gabriel Rowle
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Message#Sujet: Re: When you fall, you fall hard - Gabriel    When you fall, you fall hard - Gabriel  Icon_minitimeSam 30 Déc - 18:28

When you fall, you fall hard
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C’était à la mort de Castiel que Gabriel s’était persuadé d’un chose qui, depuis, avait été le fil rouge de sa vie : les hommes de sa famille étaient tous maudits. La mort avait fauché Uriel et deux de ses descendants comme d’un rien, presque par jeu aurait-on dit. Elle avait laissé son frère la voir arriver pour le prendre à son tour, savoir qu’il était le prochain sur la liste. Elle l’avait laissé, lui, Gabriel, les regarder tous succomber les uns après les autres et rester, seul et dernier représentant des Rowle capable d’en transmettre le nom. Le journaliste n’avait ainsi jamais pu s’empêcher de se poser la question : quand serait-il le prochain ? La faucheuse attendrait-elle qu’il ait lui-même un fils pour le faire périr à son tour ?

Par Merlin, il n’était pas près de mourir, si tel était le cas.

Des femmes, il en avait eu, et plus d’une, s’il pouvait se permettre cette précision. Pourtant, aucune n’avait jamais su lui donner la moindre envie d’enfin endosser pleinement son rôle de chef de famille. Se marier, perpétuer son nom… De quel droit prétendait-il à tout ça, en premier lieu ? C’était Castiel qui aurait dû s’adonner à ce jeu du père modèle, pas lui. Longtemps, Gabriel avait pensé qu’il passerait sa trentaine à être l’oncle célibataire adoré par une brochette de neveux et nièces qu’il aurait pourris gâtés jusqu’à la moëlle sous l’œil réprobateur du reste de sa famille. Cela lui semblait doux, à l’époque, de ne jamais avoir à prendre de véritable décision, que l’on n’attende pas ça de lui. Il aurait peut-être fini par trouver une femme, pour le beau jeu, mais presque plus par jeu que par réelle envie.

Rien ne s’était passé comme ça. Castiel était mort, il n’aurait jamais d’enfants, et c’était Gabriel le chef de famille, celui qui devait créer cette ribambelle de rejetons Rowle pour la beauté du nom, pour cocher une case de plus qui ancrerait toujours plus dans les esprits son rôle de chef de famille. Merlin, que n’aurait-il donné pour ramener son frère, pour lui rendre ce qui lui revenait de droit et dont il n’avait hérité que par fatalité.

C’était d’ailleurs une pensée récurrente que celle de son frère, notamment depuis quelques temps. Le fantôme de Castiel semblait avoir retraversé le voile pour le hanter plus efficacement, s’immisçant dans ses rêves – cauchemars – et se mêlant quelques fois à une autre figure familière que Gabriel aurait préféré ne pas imaginer aussi souvent… Car il n’avait jamais autant pensé à Reha que depuis qu’elle l’avait repoussé, quelques semaines plus tôt. Coup dur s’il en était, mais ce n’était pas tant son refus qui taraudait le journaliste que ce qu’il impliquait. Une attirance était apparue entre eux, comme un détail sur lequel on pose soudain les yeux, se rendant compte après coup qu’il a toujours été là. Gabriel, trop habitué à son style de vie, avait voulu consommer immédiatement cette étincelle nouvelle, peut-être pour l’éteindre au plus vite, ne pas lui laisser la chance de s’étendre. Il était inutile de mâcher ses mots : c’était une gigantesque foirade. Le trentenaire avait bien compris les tenants et aboutissants que lui avait exposé la médicomage… mais il ne parvenait pourtant pas à se résoudre. Et, plus que tout, c’était le fait de ne pas pouvoir balayer la situation d’un haussement d’épaule qui le taraudait. Car Gabriel ne voulait pas de cette vie-là, de cet engagement-là, il en était persuadé.

Il avait donc repris – bon gré, mal gré – sa routine, se montrant aux soirées, faisant les yeux doux à toutes les femmes qui posaient les yeux sur lui, évitant obstinément de croiser le regard de la seule que, au fond, il aurait vraiment aimé avoir. Se changer les idées, c’était le plus important, et puis Gabriel avait toujours été assez doué pour occulter ce qui tentait de le faire douter : pourquoi cela aurait-il dû être différent avec Reha ?

C’était donc bien pour ça qu’il se retrouvait, à cet instant précis, à une distance à peine raisonnable des lèvres de Diane, la jeune stagiaire de la Gazette du Sorcier. Il s’était arrangé pour la faire venir dans son bureau aujourd’hui sous un motif quelconque et, à en juger par les battements de cils frénétiques qui agitaient la jeune femme, elle semblait parfaitement ravie d’être là. Il ne se passait encore rien de fondamentalement compromettant et Gabriel ne put que grandement s’en féliciter lorsque la porte du bureau s’ouvrit sur un « … je vous ferai parvenir ces informations lundi au plus tard sans fautes, Monsieur Rowle ». Si la phrase n’était pas prononcée sans un certain soupir troublé, elle lui évitait néanmoins d’avoir trop d’explications à fournir à Reha, qui se tenait désormais sur le seuil de son bureau.


Bien malgré lui, une certaine frénésie, presque une sorte de peur, s'empara brusquement de lui. Que dire ? Que faire ? S’il y avait bien une chose à laquelle Gabriel ne s’était pas attendu, c’était bien celle-là. La venue de Reha était quelque chose qu’il n’aurait jamais pu envisager connaissant la médicomage, mais cela voulait dire beaucoup. Beaucoup plus, en tout cas, que le ton trop poli qui suivit. Alors, oublié la jeune blonde, oublié les dernières semaines. Comme brûlé, Gabriel s’écarta brusquement de Diane, la regardant comme si elle venait d’apparaître devant lui.

- Je…

Aussi vite apparue, aussi vite évaporée : Reha était plutôt du genre à profiter de l’effet de surprise qu’à laisser le temps de s’en remettre.

- Reha ! l’interpela Gabriel, se précipitant à la porte de son bureau.
- Monsieur Rowle, que… ?
- Rentrez chez vous, Diane, lança-t-il avec un regard agacé pour la blonde. Et les informations, compilée sur mon bureau, lundi.

Puis il se lança après la médicomage. Il la rattrapa au niveau de l’escalier qui redescendait vers le salon, vers la cheminée qui signerait son départ. Il dévala les quelques marches d’avance qu’elle avait sur lui, la saisissant par le bras dès qu’il le put, la stoppant enfin. Sur son visage s’affichait l’air buté qu’il lui connaissait si bien, celui qui se résumait à un « je m’en moque » qui sonnait fort mal à propos au vu de sa réaction.

Bien malgré lui, Gabriel laissa un sourire étirer ses lèvres – ce sourire qu’elle détestait tant, et qu’il adorait lui servir. Il n’était pas idiot, la présence de Reha ici impliquait tout un tas de choses particulièrement sérieuses – mais c’était plus fort que lui.

- Je te manquais ?
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Reha Shafiq
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Message#Sujet: Re: When you fall, you fall hard - Gabriel    When you fall, you fall hard - Gabriel  Icon_minitimeDim 31 Déc - 1:06

❝ Gabriel & Reha❞When you fall, you fall hard Difficile, quand on s’appelle Reha Shafiq, d’admettre qu’on est jalouse. Pourtant, c’est précisément ce qu’elle ressent en voyant Gabriel et la greluche qui l’accompagne aussi proche. Bien entendu, c’est ridicule et Reha, se voilant la face comme peu de Gryffondor le font, refuse de reconnaître le sentiment. Incapable de se laisser aller à une telle faiblesse, c’est la colère qui prend le dessus. La colère, voilà une émotion familière, une émotion dont elle a l’habitude et qu’elle peut gérer sans avoir peur de l’examiner sous tout les angles.

Reha est en colère contre Gabriel. Un schéma narratif commun qu’ils pratiquent depuis des années. Elle est en terrain familier et ça la rassure. Refoulant donc cet élan de jalousie qu’elle refuse d’assumer, elle peut d’une voix mesurée et distante prendre congé des deux sorciers. Dans le couloir, elle fulmine si bien qu’elle n’entend même pas le journaliste l’appeler et encore moins se précipiter à sa suite. Tout ça, c’est sa faute, songe-t-elle. Quelle humiliation ! A quoi pensait-elle en venant ici ? Elle n’en a aucune idée. Merlin, est-elle vraiment désespéré à ce point ? Encore plus que contre Gabriel, c’est en réalité contre elle-même qu’elle est en colère. Venir ici était une faiblesse et la médicomage le regrette déjà.

Alors qu’elle commence à descendre les escaliers, le souvenir de la petite sorcière blonde avec ses yeux de biche lui revient. Sa main se crispe, son regard se fait plus dur et sa bouche se tort de dédain. Elle devrait avoir l’habitude pourtant. Rowle a toujours été comme ça, ce n’est une surprise pour personne. Certainement pas elle. Ca serait d’ailleurs particulièrement hypocrite de sa part. Ne fait-elle pas exactement la même chose ? Ils vivent la même vie. Une vie dissolue dirait sa mère. Il n’empêche, le savoir le ne change rien. Ca ne fait que rajouter à son exaspération. Elle n’a pas de raison d’être jalouse. Peut-être est-ce bien la le noeud du problème. Reha n’a aucune raison légitime d’en vouloir à Gabriel . Pire, elle déteste se sentir jalouse et voudrait bien tout daire pour ne pas ressentir cette piqure mesquine et désagréable alors qu’elle repense à la jeune femme dans le bureau du journaliste.

Non, en réalité, le pire, c’est le soulagement qu’elle ressent alors qu’il la rattrape se plante devant elle dans les escaliers pour l’empêcher de passer. Oui, le pire, c’est probablement cet espèce de sensation qui lui retourne l’estomac quand elle le voit afficher ce sourire qu’elle connaît si bien. Incapable de mettre un mot sur ce qu’elle ressent, elle reste bien décidée à ne pas lui faciliter les choses. L’humiliation éprouvée en cet instant n’est peut-être pas de son ressort, ça ne l’empêchera pas de rejeter la faute sur lui.

- Vraiment. C’est la seule chose qui te vient à l’esprit. Je me suis déplacée ici parce que tu me manquais ?


C’est un peu plus compliqué que ça tout de même. Oui, évidemment, même si elle mourrait plutôt que de le dire, Rowle manque étrangement dans le paysage de Reha ces derniers temps. Leur dernière discussion et sa conclusion n’a pas aidé à amélioré l’humeur de la jeune femme mais s’il n’y avait eu que ça, elle n’aurait probablement pas céder. Godric sait qu’elle est tétue et sa venue ressemble a une défaite. Non. Il a fallu que Thorn arrive pour l’achever avec la nouvelle de la mort de Setor Hammond pour qu’elle ressente le besoin de se réfugier un moment vers une personne de confiance. Quelqu’un sans aucun lien avec tout ce qui est en train de se passer. Quelle surprise de voir que la première personne qui lui soit venue à l’esprit soit justement Rowle. Gabriel, une personne de confiance, il y a de quoi rire tant c’est impossible.

- Ne me regarde pas comme ça. Je ne sais pas pourquoi je suis venue.

Elle dégage son bras et claque des doigts :

- Lizzo, ma cape. Je pars.

L’elfe ne tarde pas à arriver avec la cape de la jeune femme. Elle ne la prend pas. Pas encore comme si elle hésitait à partir alors qu’elle est pourtant résolue à ne pas rester.

- Je ne sais pas ce que je fais ici. Honnêtement, c’était une erreur de venir. Je ne sais pas à quoi je pensais.

Non, vraiment. Elle ne sait pas ce qu’elle fait et elle se sent, pour une fois, particulièrement perdue mais ça, pas question de le dire. Tout ce qu’elle peut faire, c’est rester immobile en regardant Gabby et son sourire aussi insupportable que ravageur.
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Gabriel Rowle
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Message#Sujet: Re: When you fall, you fall hard - Gabriel    When you fall, you fall hard - Gabriel  Icon_minitimeDim 31 Déc - 11:26

When you fall, you fall hard
ft. Reha Shafiq
Prétendre connaître et comprendre Reha aurait été présomptueux de la part de Gabriel. Si le Serpentard avait toujours été relativement doué pour cerner le camaïeu de personnalités qui l’entourait, il devait admettre que la médicomage lui posait une colle. Il y avait eu des habitudes, bien sûr, des certitudes, aussi. Gabriel pouvait se targuer de savoir comment faire réagir la plus jeune de la fratrie Shafiq, cela ne permettait pourtant pas d’expliquer sa présence ici aujourd’hui. Une urgence qu’il ne se savait pas capable de ressentir s’était emparée de lui à l’instant même où il avait entraperçu sa silhouette. L’étrangeté de la situation ne lui avait laissé qu’une certitude : s’il la laissait partir maintenant, elle ne reviendrait plus. Jamais.

Les priorités du journaliste avaient semblé se réorganiser d’elles-mêmes. Oubliée la stagiaire au regard de biche, il fallait juste courir ; tout lâcher, tout plaquer pour la rattraper. Gabriel avait l’impression de courir après une tempête : il pouvait la contempler, la subir même, mais il ne pourrait jamais véritablement la saisir, la posséder. N’est-ce pas ? Le voulait-il seulement ? Et puis, que voulait-il vraiment, au fond ? Reha lui avait soumis la question, il avait refusé d’y réfléchir. Et voilà que, alors qu’il comblait les quelques secondes de temps qui les séparaient, il avait l’impression qu’un questionnement sans fin envahissait son esprit. S’il avait été tout à fait honnête avec lui-même, Gabriel aurait peut-être reconnu qu’il n’avait cessé d’y penser ces dernières semaines. Mais cela demandait un courage qu’il ne se connaissait pas encore.

Ce ne fut que lorsqu’il l’eut rattrapé que son esprit sembla enfin faire silence. Gabriel eut alors envie de sourire – mais pas de son sourire signature, non, plutôt d’un sourire idiot, plein de dents, d’un sourire d’enfant tellement plein de sincérité qu’il fait même sourire votre cœur. Il ne put se résoudre à se laisser aller. Et puis quoi ? C’était si peu lui. Alors il se contenta de ce dont ils avaient tous les deux l’habitude, tenta d’alléger sa tension et celle dans l’air d’une remarque gentiment moqueuse. Merlin, qu’elle lui rendait la tache difficile, pourtant.

- Eh bien, j’ai un vague souvenir d’une certaine sorcière disant ne pas vouloir se débarrasser de moi, répliqua-t-il, perdant imperceptiblement de sa superbe face à l’attitude glaciale de la médicomage. Aussi, tu comprendras qu’après ces dernières semaines, je fasse les conclusions qui s’imposent…

Gabriel aurait tout donné, à cet instant précis, pour posséder de solides bases de Légilimencie. Il aurait aimé savoir, comprendre. Trop d’inconnues l’empêchaient encore de saisir la totalité de cette situation – et, bien malgré lui, toutes n’étaient pas du fait de Reha, mais c’était encore une autre histoire, de son humble point de vue. Il rageait de ne pas trouver les bons mots, le bon ton, de tâtonner comme un débutant qu’il n’était plus. Il rageait aussi de se sentir si léger et agité à la fois, si soulagé, en un sens, de la savoir là, devant lui, à portée de main. Il s’en voulut d’autant plus lorsque, d’une voix froidement neutre, elle appela l’elfe, faisant peser la menace de son départ.

- Lizzo, va plutôt préparer un thé, veux-tu, s’interposa-t-il alors, récupérant la cape de Reha des mains de l’elfe. Allez, disparais. Je m’occupe de notre invitée, ajouta-t-il face à l’indécision de la petite créature.

Gabriel considéra un instant la cape qu’il tenait dans les mains avant de la faire disparaître d’un coup de baguette. Il se tourna ensuite vers Reha, faisant l’effort de se montrer un tantinet plus sérieux. La médicomage, une fois n’est pas coutume, semblait perdue, et Gabriel n’avait pas besoin de travailler dans la santé pour comprendre que ses traits tirés témoignaient d’une fatigue trop longtemps accumulée. Un élan de compassion – de tendresse, vraiment, mais il ne l’aurait jamais qualifié ainsi – le prit alors aux tripes et il soupira. Passant un bras autour des épaules de la médicomage, il l’entraîna alors avec lui au rez-de-chaussée.

- Je ne te demande pas d’explications. Du moins, pas pour l’instant. Laisse-moi encore rêver un instant que tu es venue parce que tu étais diablement triste de ne plus m’avoir dans ta vie, veux-tu ? Tu devrais pouvoir vivre avec ça.

Il la conduisit dans un salon privé, son préféré, où un feu ronflait déjà dans la cheminée et où un plateau les attendait avec tout ce qu’il fallait pour recevoir convenablement. Gabriel se fendit d’un sourire peut-être un peu plus sincère, cette fois.

- Je ne saurais dire si Lizzo t’apprécie ou s’il est terrifié par ta présence, mais il ne garnit pas autant le plateau habituellement. Evite de terroriser mon elfe, s’il te plaît, nous ne saurions nous passer de ses services.

Avec un ton bien moins concilient, Gabriel afficha alors un nouveau sourire.

- Et ne crois pas que je vais te laisser t’échapper si facilement. Tu t’es jetée dans la gueule du loup de ton plein gré, il est de bon ton d’honorer ton geste, n’est-ce pas ? Allez-détends-toi, je ne vais pas te manger.

Ce n'était pourtant pas l'envie qui... Oh, non, mieux valait ne pas explorer ce chemin-là pour l'instant.
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Reha Shafiq
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Message#Sujet: Re: When you fall, you fall hard - Gabriel    When you fall, you fall hard - Gabriel  Icon_minitimeLun 1 Jan - 2:06

❝ Gabriel & Reha❞When you fall, you fall hard A quoi bon nier que la présence de Gabriel, au pied de l’escalier, tirerait un sourire à Reha si elle se laissait aller. Sans vouloir l’admettre, une partie d’elle espérait sûrement que sa curiosité aurait raison de lui et qu’il finirait par la rejoindre. Peut-être même aurait-elle été vexée s’il ne l’avait. Non, ça ne sert à rien de mentir. Elle l’aurait été sans l’ombre d’un doute. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’il est là, devant elle, que Reha se décide à rendre les choses aisées pour chacun, elle comprise. Son gros problème ? Sa fierté ! Si elle n’avait pas été aussi obstinée et loyale, ça lui aurait probablement valu une place chez les vert et argent. En attendant, elle n’a jamais été Choixpeau flou. Dès le début, le vieux chapeau a su où la placer et la jeune femme n’a jamais eu a regretter cette décision. Il n’empêche, peut-être aurait-elle pu apprendre à la gérer cette foutue fierté. Dans le fond, est-ce qu’il ne suffirait pas de peu ? Il est là, devant elle, son sourire à la fois irritant et charmant ornant son visage attirant. Il suffirait de lui qu’elle est là parce qu’elle est fatiguée, qu’elle a le moral en berne et que, étrangement, c’est à lui qu’elle a pensé en premier. Impossible. Même si elle le voulait, elle n’y arriverait pas. Sans même parler de sa fierté, ça serait trop étrange. Le sentimentalisme n’est pas la base de leur relation, loin de là et même si Reha n’est pas au mieux de sa forme, elle ne se voit pas s’abaisser à ça. Alors, elle choisit la solution qui ne lui ressemble pas : la fuite.

- Ne dis pas n’importe quoi, Gabriel. Je sais bien que je ne me débarrasserais jamais de toi. Aucun de nous n’a le luxe de couper les ponts avec sa famille et puis ce n’est pas ce que je veux. Peu importe à quel point tu m’exaspères.

Oui, cette partie-là est honnête. Reha n’a pas envie de se débarrasser de Gabriel. Si la situation est pour le moment inconfortable, ça ne veut pas dire qu’elle doit le rester. Dans le fond, parce qu’elle sait que rien de concret ne peut advenir de cette tension qui existe désormais entre eux deux, la jeune femme espère que ce n’est qu’une passade et qu’ils pourront reprendre leur ancienne relation. C’est probablement ce qui l’amène à penser que l’éloignement est la meilleure solution. Loin des yeux, loin du coeur, dit-on. Son moment de faiblesse ne lui ressemble pas et elle est bien décidée à s’en tenir à la ligne de conduite qu’elle avait prévue. C’est pour ça que quelques secondes plus tard, l’elfe de maison est présent, sa cape en main. C’est sans compter sur Gabriel, probablement aussi têtu qu’elle quand il le veut, insistant pour qu’elle reste.

Difficile de résister face à ce qui nous fait vraiment envie et il s’avère que, pour une fois, Reha a vraiment envie de céder à ses propres désirs. Ca ne l’empêche pas d’être piquante, juste ce qu’il faut se dit-elle, sans admettre que laisse transparaître une certaine jalousie.

- Oh, non, vraiment, je ne voudrais pas m’imposer Rowle. J’ai vu que tu étais occupé. Il ne faudrait pas délaisser ton invitée, elle avait l’air fascinée par ce que tu avais à dire.

Malgré ses râleries, elle se laisse prendre par les épaules, dans un geste étrangement familier que Gabriel n’aurait probablement pas eu il y a quelques mois de ça. Il n’engendre pourtant aucune protestation, tout l’inverse.

- Vraiment, c’est ce qui te ferait plaisir ? Savoir que tu me manquais ? J’en déduis que l’inverse serait vrai dans ce cas ?

Encore des ronds de jambe qui ne lui ressemble pas. Ca la met plus mal à l’aise qu’elle ne le croyait si bien qu’elle en dit assez pour ne pas blesser sa propre fierté mais aussi pour ne pas mentir effrontément.

- On se connaît depuis tellement longtemps, ce n’est pas naturel de faire comme si ce n'était pas le cas. C’était étrange si tu veux tout savoir.

Plus que étrange, c’était exaspérant, irritant et surtout triste. Peut-être est-ce aussi pour ça qu’elle a choisi de ne pas réfléchir au moment de prendre la poudre de cheminette pour aller chez Gabriel. Cette situation n’est pas naturel et elle en est malheureuse ; quoiqu’elle ne le reconnaîtrait pas à haute voix, c’est donc une façon comme une autre d’y mettre un terme.

Une fois dans le petit salon privé, autrefois utilisé par les grands, comme ils les appelaient lorsqu’ils étaient enfant, Reha se laisse tomber dans un sofa confortable, fatiguée mais contente d’être au calme. La lumière est tamisée et le feu ronfle tandis que sur la table se trouve déjà le nécessaire pour l’heure du thé. Par habitude, elle se sert une tasse et lance un regard à son compagnon pour savoir si elle lui en sert une également.

- Pas de sucre, pas de lait, je suppose ?

C’est fou comme, sans le vouloir, parce qu’ils ont toujours été ensemble, ils connaissent leurs habitudes respectives. La médicomage n’y avait jamais prêté attention mais finalement c’est un peu comme si elle avait assimilé tout ça sans s’en rendre compte. Elle lui tend sa tasse et prend la sienne, attrapant un shortbread à l’orange au passe et boit une gorgée de thé avant de mordre dans le biscuit.

- Lizzo ? Oh, il est terrorisé, je pense. Tu n’as jamais remarqué ? Il ne peut pas me désobéir parce que, même de loin, on a des liens de sang mais je ne suis pas sa maîtresse. Je pense qu’il est en pleine dissonance cognitive à chaque fois qu’il me voit. Pourtant, je suis une crème, tout le monde le sait,
tente-t-elle.

Un bref sourire mais le cœur n’y est pas aussi retourne-t-elle à sa tasse à thé tandis que Gabriel, lui, ne perd pas le nord.

- Merlin, je ne finirais jamais d’en entendre parler pas vrai ? Je ne sais pas pourquoi je suis là exactement. J’étais chez mes parents et quand je suis partie, le premier endroit auquel j’ai pensé, c’est ici.

Elle hausse les épaules avec une décontraction qu’elle ne ressent pas tout à fait.

- Donc me voilà. J’avais besoin d’un break, je suppose et honnêtement être en froid avec toi, c’est épuisant et je n’en ai vraiment pas envie.

Non, finalement, même quand elle se voilà la face, Reha n’est pas douée pour la fuite.

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Gabriel Rowle
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Message#Sujet: Re: When you fall, you fall hard - Gabriel    When you fall, you fall hard - Gabriel  Icon_minitimeJeu 4 Jan - 0:41

When you fall, you fall hard
ft. Reha Shafiq
D’ici quelques années, Gabriel se dirait sûrement qu’ils auraient pu éviter tout ça, tous ces tours et ces détours. D’ici quelques années, il se dirait qu’au fond, tout aurait pu être bien plus simple entre eux. Un aveugle aurait pu voir l’affection que se portaient Reha et Gabriel. A cet instant, c’était encore timide, encore maladroit, teinté de leur humour caustique et d’un entêtement borné qui caractérisait aussi bien la Gryffondor que le Serpentard. Au fond, pourtant, rien de tout cela n’était insurmontable : ils avaient bien plus en commun que ce que ne laissaient supposer leurs chamailleries habituelles, ou bien même les récents événements. Ils avaient l’un pour l’autre respect et admiration.

Pourtant, quelque chose s’acharnait à leur bloquer la route. La fierté de Reha, oui, sûrement, mais pas que : de son côté, Gabriel n’était pas en reste. Qu’il était dur de laisser tomber le masque quand on avait trop oublié ce qui se cachait derrière. Même à cet instant, alors qu’il aurait pu changer les choses, il se bornait à rester un insupportable petit con, asticotant Reha comme un enfant testant la résistance de ses parents. Il aurait pu tout simplement lui sourire et lui dire qu’il était content de la voir, qu’elle lui avait manqué à lui aussi et qu’il aurait bien fait le premier pas s’il n’avait pas eu peur de perdre un bout au passage. Il aurait pu lui dire, aussi, que cette fille dans son bureau, ce n’était rien, qu’un passe-temps, un amusement tout au plus, une distraction pour penser à autre chose et ne pas se rendre malade de comprendre que, ce qu’il voulait vraiment, c’était être avec elle et arranger les choses.

Il ne fit pourtant rien de tout cela. Son sourire resta celui d’une teigne : piquant, provoquant. Dans l’état actuel des choses, ils ne savaient communiquer que comme ça, de toute façon. Ils se poussaient à bout et attendez que l’un d’entre eux craque. Ils essayaient de gagner une bataille qu’ils menaient davantage contre eux-mêmes que contre l’autre, sans même s’en rendre compte. C’était auquel serait le mieux capable de se protéger de ce qui les attendait. Ce qu’ils n’avaient pas compris, pourtant, c’était que les choses ne fonctionnaient pas ainsi, en témoignait la présence de Reha.

- C’est trop d’honneur, très chère, tu me touches en plein cœur, ricana-t-il alors en saisissant la cape de la sorcière au passage, la faisant disparaître d’un même mouvement, indiquant clairement qu’il ne souhaitait pas la voir repartir comme une voleuse. Eh bien, en tant qu’hôte, je tacherai de me montrer le moins exaspérant possible, mais je ne te promets rien. Après tout, tu fais ressortir le meilleur de moi-même.

Une vague grimace froissa son visage lorsque Reha mentionna Diane – qui devait avoir quitté le manoir depuis longtemps, maintenant – mais Gabriel balaya le tout d’un vague geste de la main.

- Tout le monde est en permanence fasciné par ce que je dis. Il n’y a que toi qui sois insensible à mon talent pour tourner les mots, très chère. Et puis, si elle était si bien pendue à mes lèvres, elle saura parfaitement déposer les informations que je lui ai réclamé sur mon bureau, lundi à la première heure. J’ai pleinement confiance en ses capacités d’écoute et de réaction, ajouta-t-il à l’oreille de Reha tandis qu’il l’emmenait vers le salon.

Il n’avait pas envie de parler plus longuement de Diane, ni de s’attarder davantage sur le sujet. L’un comme l’autre avait dans les placards une quantité d’amants et d’amantes à faire frémir les bien-pensants de toute l’aristocratie londonienne – inutile de revenir là-dessus. Pour l’instant, ne comptait que la présence de la médicomage et ce petit sentiment de satisfaction qui les contentait. Aussi Gabriel se laissa-t-il aller à une pointe de sincérité.

- Et si c’était le cas ? demanda-t-il sur le seuil du salon. Et si tu m’avais manqué ? Qu’est-ce qui s’abattrait sur moi, alors, hmm ?

Il ne put empêcher un ricanement amusé de franchir ses lèvres devant les vaines parades de Reha et se contenta de secouer la tête, la poussant d’une légère pression en bas du dos à pénétrer dans le salon. Cela ne ressemblait pas à la médicomage, tous ces faux semblants, et elle n’avait pas l’air de se rendre compte à quel point elle était peu douée pour jouer le même jeu de dupe que lui. Ce n’était pas dans la nature de Reha que de mentir et de nier. Son domaine d’expertise, c’était le front, c’était la vérité crue, disséquée et exposée à la lumière du jour, la vérité qui faisait autant de bien que de mal, comme un médicament qui pouvait devenir poison à trop haute dose. Pas les ronds de jambe et les dérobades.

Une fois le thé servi, le maître des lieux – puisque tel était son rôle ici – se laissa choir à côté de Reha, dénouant la cravate qui lui sciait le cou. Là, dans cette ambiance, il aurait presque pu croire que tout était possible. Qu’il n’avait qu’à tendre la main et saisir sa chance, que tout se plierait à sa volonté. Reha était là, l’ambiance était légère. Le moment aurait pu être doux sans les non-dits et les sous-entendus qui planaient entre eux.

- Il faudra que tu me présentes ce « tout le monde », dans ce cas, ou bien peut-être n’as-tu jamais jugé bon de me montrer ton côté crème, car je t’avoue avoir du mal à te suivre sur ce coup-là, répliqua de bon cœur Gabriel.

Mais, pour être tout à fait honnête, n’était-elle pas justement en train de le lui montrer ? Lors de leur dernière rencontre, Gabriel avait eu l’impression de se confronter à un mur de glace infranchissable. Aujourd’hui, il avait l’impression d’avoir face à lui la flamme vacillante d’une bougie qui ne savait trop si elle pouvait se permettre de briller ou si elle devait s’éteindre. Il fallait avouer que ça changeait et que, sa franchise retrouvée, Reha s’en montrait presque touchante. Le bras posé sur le dossier du sofa, une main dissimulant à demi un sourire trop franc pour être entièrement révélé, Gabriel se contenta d’hocher la tête, ravi sans oser vraiment l’admettre.

- La franchise te va bien mieux au teint, si tu veux mon avis. Tu n’as pas à te retenir, ici, le sol n’est pas tapissé d’œufs : il n’est rien que tu ne peux dire que je ne saurais entendre. Alors, s’il te plaît, détends-toi, veux-tu ?

Il déposa sa tasse sur la table, les yeux fixés sur le feu de la cheminée. Les mots lui brulèrent un peu les lèvres, alors, mais ce ne fut pas vraiment désagréable.

- Et puis, moi aussi, je suis content de te revoir. En effet, tu m’as manqué, on dirait.

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