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 Nobody warns you before the fall + Rafa

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeLun 5 Avr - 22:09



Nobody warns you before the fall
Rafa & Finn
Une fois que ses larmes se sont un peu calmées, Finn a repris la Bentley pour filer tout droit au Cohan. Il n’est même pas descendu de la voiture lorsqu’il s’est garé, expédiant Slim chercher Rafa d’un coup de klaxon. A voir la gueule que le second tire, il doit avoir une sale mine, mais Callahan ne se soucie pas d’expliquer pourquoi pour le moment : « T’as fait tes bagages ? » Puis sans attendre : « Liam t’a dit que j’étais passé et que je te cherchais ? Tu lui redis de se tenir prêt pour une descente des flics et de faire passer le mot aux gars. Je vais dire à Mike de venir l’aider quand on sera à l’aéroport. » Michael Maguire, c’était le second de son oncle et celui qui gère ses affaires à Los Angeles. Ce vieux briscard saura très bien y faire à Londres. La mine sombre, il fait signe à Rafa d’aller transmettre ses consignes. « Tu me prends deux gars fiables pour surveiller Eve, aussi, on sait jamais. Je t’attends. Après on se tire.  » Ses bagages à lui sont déjà dans le coffre : il faut dire que Finn avait pris de l’avance, vadrouillant à droite à gauche pour dire au revoir à ses copains du cinéma à qui il a vendu un film qu’il ferait pendant l’été avec la Warner et aux gars à qui il a dit qu’il reviendrait bientôt. Sauf qu’il ne remettra pas les pieds à Londres et que cette fois c’est définitif, du moins essaie-t-il de s’en convaincre. Alors que Rafa claque la portière pour s’installer à côté de lui, Finn coupe court à toute interrogation : « Me parle pas d’elle. J’ai eu ton message. Je l’ai vu. C’est une espionne. » Il répète d’un ton rageur : « Une putain d’espionne anglaise. Je me suis fait avoir, depuis le début. » Si en informer Rafael lui semble logique, ça ne rend pourtant pas les choses plus faciles. Au contraire, les verbaliser les rend réelles. Pour un peu, les larmes le reprendraient en repensant à la scène éprouvante qu’ils viennent de vivre.  Après quelques minutes de silence lugubre plus tard, il ajoute sombrement : « On ne reviendra pas. » Son second comprendra pourquoi. C’est trop dangereux, ils ne peuvent pas prendre le risque. Ils ne sont pas dans le même camps, c'est tout, et il n'aura jamais de réponse.

C’est comme ça. C’était la meilleure et seule chose à faire. Partir tant qu’il est encore temps. Avec le recul, Finn en vient même à se dire qu’il n’aurait jamais du venir en premier lieu. En dehors du coup à fil à Mike, une fois arrivé à Heathrow, il plonge dans un mutisme renfermé, fumant nerveusement sans décrocher un mot à son second. Sentiment de trahison et peine s’emmêlent avec le remord. Fermant les yeux, il tente de trouver un peu le sommeil, sa nuit blanche l’ayant épuisé, mais la fin de sa conversation avec Eve lui revient. Reste. Cette demande le hante, et la culpabilité aussi. Et s’il s’était trompé ? Arrachant plusieurs pages de son agenda, il commence à écrire frénétiquement sous l’œil d’un Rafa étonné, et grogne : « Fiche moi la paix, tu veux ? » L’annonce du départ ne l’atteint même pas, et il continue d’écrire alors que Rafael insiste sur le fait qu’il faut y aller : « J’arrive, j’arrive. Deux minutes ! » La lettre ne lui plait pas : tour à tour, elle lui semble trop distante et éloignée de ses regrets ou trop larmoyante au vu de la rancœur qu’il ressent, et l'acteur ne sait pas quoi en faire. L'envoyer, ou non ? La voix agacée d’une hôtesse de l’air le dispense de répondre et lui fait relever les yeux. Chiffonnant les pages dans son portefeuille, il se lève pour suivre Rafa, la fusillant du regard : « Deux minutes, j’ai dit, Bon Dieu ! Pour qui elle se prend, dis-moi, elle ? »

Du décollage jusqu’à leur atterrissage à New York, une petite vingtaine d’heures plus tard, Callahan ne dit ensuite plus rien, continuant à ressasser d’un air morose en regardant l’Atlantique défiler sous ses yeux. Ce n’est que la deuxième fois qu’il prend l’avion de sa vie, pourtant le trajet ne l’intéresse guère et le vol lui parait sans aucun intérêt. A peine leur arrivée à New York lui remonte-t-elle le moral. S’il éprouve indubitablement du soulagement à l’idée d’avoir mis un océan entre lui et ses problèmes londoniens, cela n’enlève rien à la douleur d’avoir perdu Eve. Il ne boit plus, certes, mais il ne dort pas beaucoup non plus, et son humeur est massacrante : le mafieux alterne phases de colère et de déprime à une vitesse inégalée, même pour lui.

Finalement, il faut qu’ils débarquent à Los Angeles pour qu’il se reprenne et se calme un peu. Finalement, la plage, le soleil, les palmiers, Venice Beach et Hollywood lui avaient sacrément manqué. Accueilli à bras ouverts par des frères Warner ravis de retrouver une bête de somme à écraser de commandes et un Mickey Cohen plutôt amical car dans ses bons jours – et influencé par un coup de fil d’un Frank Costello ayant favorablement accueilli le retour du neveu de son vieil ami Tony Montenza – il y a quelques jours où Finn ne pense plus à rien, sinon à ce qu’il va faire maintenant qu’il est de nouveau à Los Angeles. La nuit, pourtant, c’est autre chose, et il reste de longues heures éveillé au salon sans même songer à se coucher, laissant ses cigarettes se consumer sans les fumer. Le jeudi, songeant à l’opération de Eve, il ne tient pas en place, mais ne sait pas où trouver refuge ni quoi faire.  

C’est le lendemain, vendredi, que tout bascule. Alors qu’il prépare une réunion de ses lieutenants dans la cité des Anges, une sonnerie violente retentit au salon. « Rafa, le téléphone ! » Lance Callahan sans lever les yeux de divers documents, agacé par le bruit. La conversation, dont il n’entend que de vagues échos, l’intrigue, lorsqu’il comprend que l’appel vient de Londres, et il passe la tête dans le salon pour interroger O’Riordan : « C’est qui ? » Il semble à l’acteur percevoir une voix féminine. Passe-le-moi, je vais lui expliquer, entend-t-il. Pas de réponse de Rafa, plongé dans la conversation : « C’est Florence ? Les flics sont venus ? » Le mafieux a un drôle de pressentiment, et l’inquiétude et la colère montent d’un coup. Il traverse donc la pièce pour secouer son second : « Eh, il se passe quoi, à la fin, arrête de m’ignorer ! »
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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeLun 5 Avr - 23:35

Nobody warns you before the fallFinn & Rafa


Il y aurait des tas de questions à poser, mais la tronche du patron indique clairement que ce n’est pas le moment, et Rafa sait quand il vaut mieux la boucler. Alors il la boucle, soigneusement, aussi complètement qu’il est possible. Il se borne à prononcer les paroles strictement essentielles, pour presser un peu Callahan qui semble décidé à leur faire rater l’avion, ou pour répondre à l’hôtesse qui lui demande s’il veut boire quelque chose. Le reste du temps, c’est silence radio. Dans le siège d’à côté, Finn ne bronche pas, les yeux vers le hublot. On pourrait le croire endormi, mais lorsqu’il jette un coup d’oeil vers lui, Rafa voit son reflet dans la vitre et ses yeux grands ouverts. De son côté, le second a prévu un bouquin, qu’il a ouvert et qu’il fixe avec une apparente attention, mais dont il ne tourne pas les pages. Ce départ lui laisse un goût amer dans la bouche. Quitter Londres ? Il s’en fout ; après tout, rien ne le retient plus à Londres qu’ailleurs. Sa famille est à Dublin, et ça fait des années qu’il ne les a pas vus. Pour envoyer à sa mère une carte à chaque Noël, peu importe qu’il soit à Londres ou à Los Angeles. Des amis ? Des amours ? Rien de tout ça. Sa vie tourne autour de Finn Callahan, de ses caprices et de ses exploits, et il ne le regrette pas. Il lui semble naturel de le suivre ; aucun déchirement de ce côté-là, simplement un nouveau chapitre.

C’est ce chapitre-ci qui se conclut d’une curieuse manière. Depuis que le patron l’a informé qu’Eve était une espionne, au service de la couronne anglaise, Rafa se sent salement trahi, comme si c’était dirigé contre lui personnellement. Une espionne, putain. Durant les heures de silence qui ont suivi cette information, O’Riordan s’est mentalement répété ces trois mots, des dizaines, des centaines de fois. On aurait pu pardonner à Eve d’être une sorcière, d’être Anglaise, mais une sorcière au service du roi d’Angleterre, c’est autre chose, et c’est trop pour une seule femme. Pas étonnant que le patron tire une gueule de six pieds de long. Sans s’en rendre compte, son second tire à peu près la même, et, à les voir, on jurerait qu’ils se font la tronche.

Même après leur arrivée à Los Angeles, Rafa n’ose poser aucune question. Il continue de gamberger dans son coin. Comment Callahan peut-il en être sûr ? Comment l’a-t-il appris ? Et que sait-il d’autre ? Quelle est la mission de Talbot ? Malgré sa langue habituellement bien pendue, il ne trouve pas le courage d’aborder le sujet. Il profite des premiers jours en Californie pour se retaper un peu après quelques jours éprouvants, et puis les affaires suivent leur cours, ça l’occupe presque assez pour qu’il ne pense plus trop à Eve. Le patron reprend doucement du poil de la bête, il se remet au travail, épaulé par un Rafa qui ne peut qu’admirer sa faculté à toujours échafauder de nouveaux projets. Après le fiasco de l’enlèvement, on pourrait craindre qu’il ait un passage à vide, mais il est regonflé à bloc par ce retour à Los Angeles. Pour être honnête, Rafa n’est pas mécontent, lui non plus, de retrouver cette ville où il a fait ses débuts. Sans être sentimental, il éprouve une pointe de plaisir à revoir ces lieux chargés de souvenirs - le Strip, le restaurant de Joey, le hangar à bateaux où on avait installé sa petite imprimerie, et puis la villa de Callahan, à Beverly Hills, où Rafa se souvient avoir aperçu Ava Gardner, un soir - juste là où il se trouve actuellement, d’ailleurs, sur la terrasse, sous un immense palmier.

Mais l’ambiance n’est pas, comme ce fameux soir, à la fête. Assis face à face, Callahan et son second sont en plein travail, des tas de papiers étalés devant eux. La sonnerie stridente du téléphone vient briser le calme studieux qui règne sur la villa, et Rafa file au salon pour prendre la communication.


-Qui ça ? Ah, Florence, ça me fait plaisir de… Quoi ? Mais putain… mais quelle bande de chèvres !

Pas étonnant que ces abrutis aient eu peur d’appeler eux-mêmes, et que ce soit Florence qui s’y colle. Les deux corniauds que Rafa avait choisis pour filer Eve ont réussi à se faire semer, et puis…

-Quoi ? Tu déconnes, Florence… Dis-moi que tu déconnes, bordel…

Mais elle est très sérieuse. Rafa se laisse tomber sur une chaise, près du téléphone, sans vraiment se rendre compte que Finn s’est pointé à son tour dans le salon.

-Non, non, je m’en occupe. T’en fais pas, je lui dis. Dis aux gars de pas bouger et d’attendre les ordres, je vous rappelle. Merci, Florence.

Il aurait besoin de quelques instants pour digérer la nouvelle, et pour savoir comment l’annoncer au patron, mais le susdit est là, pas content qu’on ne lui réponde pas illico quand il pose une question. Lentement, les lèvres pincées, Rafa repose le combiné, puis il se relève pour faire face à Callahan :

-C’était Florence, patron. Les gars ont pas osé vous avertir eux-mêmes. Eve les a semés, et puis… elle a été agressée. Très violemment. Elle est à l’hosto, là. Elle est hors de danger, mais... ben… y a pas eu besoin des services de Fraser, si vous voyez ce que je veux dire.

Et c’est de ma faute, devrait-il ajouter, puisque c’est lui qui a désigné les deux prodiges qui ont réussi à perdre Eve - et qui n’ont même pas le courage d’annoncer eux-mêmes le fiasco.


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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeMar 6 Avr - 23:10



Nobody warns you before the fall
Rafa & Finn
L’instant d’avant, Finn essayait encore de s’intéresser à la reprise de son ancien vie à Los Angeles. Il avait presque réussi à se convaincre que c’était pour le mieux, de retourner à cette vie sous le soleil californien et qu’il n’aurait jamais du quitter l’Amérique. Après tout, ce n’était pas si mal, cette vie hollywoodienne, détachée de tout sentiment amoureux, qu’il ne s’était jamais soucié de connaitre, loin des ennuis qu’il lui apporte et des disputes à n’en plus finir. Le patron est de retour en ville, murmure-t-on d’ailleurs, et il a cru entendre que ses lieutenants préparaient une grande fiesta. Et il profite, en apparence du moins, de sa villa, l’air heureux derrière ses lunettes miroirs, ayant retrouvé ses costumes d’été et ses chemises à fleurs et la chaleur indolente de la Los Angeles.

Et puis il entend le téléphone, et tout bascule. Il s’est passé quelque chose, Finn le sait, il suffit de voir la gueule de papier maché de son second pour s’en rendre compte. Pourtant, quand Rafa lui annonce ce qu’il s’est passé, il reste un moment abasourdi, sans réagir. C’est trop, en réalité, et Finn est incapable d’assimiler la nouvelle. Il fronce les sourcils, comme s’il n’avait pas entendu ou pas compris : « Quoi ? Mais… » Le choc est simplement trop violent et il est incapable de gérer la nouvelle. « Mais… » C’est comme regarder un accident au ralenti : un moment, Finn a l’impression qu’il regarde tout cela d’un point de vue extérieur à la scène. Il se voit presque, les bras ballants et muet de stupeur. Sans qu’il ne s’en aperçoive, des larmes apparaissent au coin des yeux de Callahan et c’est complétement perdu et anéanti par la nouvelle que son regard se fixe se fixe dans celui de Rafa. Il murmure, hésitant et hébété, espérant encore, vainement, que le second lui dise qu’il a mal compris  : « Le bébé… » C’est une mauvaise blague, un cauchemar, même, il va se réveiller. Mais O’Riordan ne dit rien et la vérité lui explose à la gueule avec une violence insupportable.  Eve a été agressée, elle a perdu l’enfant. Leur enfant. Celui qu’elle ne voulait pas garder, mais leur enfant tout de même.

Retrouvant d’un coup la pleine possession de ses moyens, il lance avec empressement : « Rappelle-les ! Rappelle ! » Le mafieux hurle, sans s’en apercevoir, à mesure que le stress le gagne de façon incontrôlable. Soudainement, rien ne lui parait plus important sinon de savoir précisément ce qu’il s’est passé, de parler à des gens à Londres. Rafa lui parait lent, comme s’il ne comprenait pas l’enjeu, alors il décide de prendre les choses en main : « Bon, pousse-toi, donne-le-moi ! » Mais ses mains tremblent tellement que Finn n’arrive à rien, et il accumule les erreurs dans les chiffres et ne parvient même pas à obtenir une opératrice pour lui passer Londres. « Putain, évidemment ça ne marche pas…allez, sonne…sonne… » D’un mouvement de rage, il balaie le téléphone avec un cri d’impuissance et l’appareil passe dans un vol plané spectaculaire et un bruit de verre brisé par la fenêtre de la baie vitré pour atterrir dans la piscine. « Bordel ! » Son cœur bat à la chamade et il est incapable de raisonner correctement. Haletant, il s’appuie contre le buffet, essayant de rassembler ses esprits. Pourquoi n’a-t-il pas moyen de joindre ce putain d’hôpital directement, et d’ailleurs, de quel hôpital s’agit-il ?

Se redressant, Finn se met à faire les cent pas, désigne le meuble du téléphone entre deux allers retours : « Trouve moi en un qui marche. Je veux savoir dans quel hôpital elle est et comment elle va. » Il voudrait parler directement à Eve, mais ni Rafa, ni personne ne peuvent lui donner ce qu’il veut. Callahan le sait, ce qui ne l’empêche d’être mortellement inquiet et qui le fait aboyer : « Tu les rappelle, et tu dis aux gars de me trouver qui a fait ça, et quand je reviens, ils ont intérêt à savoir qui sinon ils y passeront avec ce salopard, c’est clair ? » Ces abrutis, c’est de leur faute, qu’est-ce qu’il avait besoin de tanches pareilles. Et ceux qui s’en sont pris à Eve…des milliers d’hypothèses jaillissent dans son esprit, toutes pires les unes que les autres. Ce que lui a dit Rafa, que la jeune femme était tiré d’affaire, ne semble pas s’imprimer dans l’esprit du mafieux : « Et tu trouves un avion ! » Soudainement, son second, qui ne lui a pourtant rien fait, lui parait vouloir protester et argumenter, et Finn se retrouve à le saisir par le col pour lui répéter, détachant syllabe par syllabe un ordre vibrant de colère : « Tu. Trouves. Un. Putain. D’avion ! Pas de discussion ! Demain, je veux qu’on soit partis ! » Il finit par le repousser et tourne les talons, crachant sans un regard en arrière : « Et la prochaine fois que je dis deux gars fiables, Rafael, c’est deux gars fiables ! »

La porte de son bureau claque derrière Finn et il se laisse tomber dans son fauteuil, abattu et à bout de nerfs, sans savoir quoi faire. Il est terrifié, en colère, et surtout complètement perdu. Nerveusement, il essaye d’allumer une cigarette, mais ses mains tremblent et il en est tout bonnement incapable. Comme le téléphone, il lance rageusement son paquet et les cigarettes le plus loin possible de lui. Ils s’écrasent au sol avec un bruit métalliques et restent là sans que Callahan ne les ramasse. Prostré dans son fauteuil, il se prend le visage dans les mains. Il a la fois le vertige et la nausée. Eve est à des milliers de kilomètres de là, blessée, toute seule, en ayant perdu leur enfant, peut-être mourante et sans qu’il ne puisse lui parler ou revenir rapidement à son chevet. Il ne sait même pas qui est responsable de son agression. Rory ? Un type du monde sorcier ? Ou est-ce en rapport avec le MI5 ?

Il aurait du être là, il n’aurait jamais du partir. Finn le réalise avec horreur et les larmes coulent à gros sanglots, à présent, sans qu’il ne puisse les arrêter. Les épaules affaissées et secouées par ses pleurs, il ne parvient pas à se reprendre. Il a oublié tous les griefs qu’il avait contre Eve, qui lui paraissent bien dérisoires par rapport à son inquiétude et ce qui est arrivé à la jeune femme. Il ne lui reste que l’angoisse et la culpabilité, à présent. Et si les larmes se tarissent au bout d’un moment, il est incapable de se relever et sombre peu à peu dans une apathie pleine de terreur. Il lui semble cauchemarder éveillé, et il faut de légers coups à la porte pour que Finn relève la tête et émerge de la torpeur dans laquelle il s’était plongé.

Un grognement indique à Rafa qu’il est autorisé à entrer et qu’il ne se prendra pas un objet quelconque en pleine figure s’il le fait. A vrai dire Finn ne lui en veut pas vraiment, trop anxieux de toute façon.  Fébrilement, il enchaine les questions avec inquiétude et sans grande cohérence : « Ils ont trouvé qui a fait le coup ? Tu as des nouvelles de Eve ? Et l’avion ? Et explique-moi pourquoi tout ce bordel met aussi longtemps, on devrait déjà être partis… » Elle est seule et lui est coincé en Californie, loin d’elle à se ronger les sangs. Secouant la tête, il ajoute : « Elle est toute seule, putain, Rafa, toute seule, c’est pas possible, et moi je peux rien faire… » Il renifle d'un air pitoyable, essuyant une larme égarée sur son visage. Et puis s’apercevant que O’Riordan ne dit rien, il ne se demande s’il n’y a pas pire, et la colère ressurgit : « Alors, tu la craches, ta valda ? »
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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeMer 7 Avr - 11:34

Nobody warns you before the fallFinn & Rafa

Un instant, Rafa demeure interdit, face à la réaction désordonnée de Callahan. C’est un déferlement d’ordres, de gestes fébriles, et, pour que la fête soit complète, de violence. Le téléphone est le premier à en faire les frais, puis c’est O’Riordan, qui n’en demandait pourtant pas tant, qui se fait choper au col et secouer comme un prunier. Il manque de tomber quand le patron le lâche brusquement, et il encaisse le dernier coup, la remarque acide, sans avoir rien vu venir.

Mais va bien te faire foutre, Callahan. La prochaine fois, comme tu dis, tu feras tes commissions toi-même au lieu de me les confier. Tu recruteras toi-même des gars fiables. Et si tu trouves un autre brave con pour prendre ma place, surtout, t’hésites pas, tu l’embauches. Moi, j’en ai ma claque, de tes sautes d’humeur. Les States sont bien assez vastes pour que je puisse me tirer, profiter des trois sous que j’ai mis de côté, sans que tu me retrouves jamais. Et sinon, y a le Canada. Tu viendrais m’y chercher, au Canada ?

Furax, Rafa quitte le salon, passe en vitesse dans sa chambre, et file droit au garage. La Lincoln est prête à démarrer, comme toujours, le plein fait et le pare-brise soigneusement briqué. La portière claque, et Antonio, le vieux qui fait office de gardien de la villa, n’a que le temps de s’écarter de sous les roues. Dans un nuage de poussière, la berline traverse le parc, un peu trop vivement pour ne pas trahir la nervosité du chauffeur. Le Canada, ouais. Ça fait une sacrée tirée, depuis Beverly Hills. Rafa réfléchit, méthodiquement. Il a assez de fric sur lui pour faire le voyage, et une fois là-bas, il pourra récupérer ce qu’il a placé en banque - car, en homme avisé, il a toujours épargné une bonne partie de son salaire. Les papiers ? Il a ce qu’il faut. Un passeport au nom de Rafael Ward, citoyen irlandais, confectionné par ses soins. Organiser son départ, point par point, l’aide à se calmer un peu. Ne reste que le regret de n’avoir rien répondu à Callahan, de ne pas l’avoir envoyé se faire foutre, mais au moins, il aura la surprise. Toutes les répliques qu’il aurait pu et dû servir au patron se bousculent dans sa tête, et il les contre, une par une, par de nouveaux détails de son départ. Trouver des dollars canadiens. Il y aura bien un bureau de change près de la frontière. Ah, il va en tirer, une gueule, le Callahan…

Remâchant toujours sa rancune, Rafa gare la Lincoln sur le parking de l’aéroport. À contre-coeur, il va faire la tournée des comptoirs de compagnies aériennes. Lorsqu’il sort, il a dégoté deux billets pour Londres, via New York, et il a passé un coup de fil au Cohan Tournant le dos au Canada, il regagne la villa, en s’offrant un détour par la route de la côte, un petit luxe avant d’aller retrouver l’humeur massacrante de Callahan. Dans sa chambre, où il vient se rafraîchir après la chaleur écrasante de l’extérieur, une surprise l’attend. Un hibou, posé sur la rambarde de la fenêtre.


-Putain… c’est quoi, encore ?

Nerveusement, il détache la lettre, la lit, la relit plusieurs fois, en s’attardant sur les deux mots “son cousin” avec une sorte de joie revancharde. Et ça, c’est ma faute, peut-être ? C’est moi qui ai merdé, sur ce coup ? Callahan mériterait qu’il aille lui coller le message sous le pif, tiens. Rafa s’assoit, plongé dans sa réflexion. Machinalement, il verse un verre d’eau qu’il offre à l’oiseau ; tandis que l’animal se désaltère à longues gorgées, Rafa, après une hésitation, prend de quoi écrire et griffonne une réponse à Eve. En plus de sa hargne contre Callahan, sa méfiance toute neuve contre l’espionne remonte, et le message qu’il confie au hibou sonne assez sec. Rien, cependant, comparé à ce qui l’attend en bas.

Lentement, O’Riordan redescend, les mâchoires crispées, le message d’Eve toujours serré dans sa main, pour venir toquer à la porte du bureau du patron. Un grognement lui parvient, qu’il interprète comme une invitation à entrer . Et c’est comme si quelqu’un avait appuyé sur un bouton : Callahan se remet à parler, sans beaucoup de cohérence, enchaînant les questions sans laisser à son second le temps de répondre. En voyant les yeux rougis du patron, Rafa oublie sa propre rancune, le Canada et la promesse qu’il s’était faite de l’envoyer se faire mettre ; après tout, ce n’est ni la première, ni la dernière fois qu’il prend un soufflon injustement, juste parce qu’il est là au mauvais moment. Et quitter Finn… ce n’était pas sérieux. Il est bien conscient que le patron ne laissera pas un type qui en sait autant que lui prendre la clé des champs, et puis… et puis il ne pourrait pas, de toute façon. Il lui suffit de voir le désarroi de Callahan pour que la rancune laisse place à l’inquiétude, et il baisse les yeux, désolé de venir  donner un coup supplémentaire. Il commence par les bonnes nouvelles, manière de se donner un peu de temps pour le gros morceau :


-J’ai trouvé des billets, patron. Départ dans un peu moins de quatre heures. J’ai dit à Antonio de se tenir prêt avec la Lincoln. Et puis j’ai appelé au Cohan. J’ai transmis ce que vous m’avez dit tout à l’heure. Sauf…

Bon, il va falloir y arriver. Rafa prend une inspiration et poursuit, en parlant vite comme pour se débarrasser de ce qu’il a à dire :


-Sauf qu’ils ont pas besoin de trouver qui a fait le coup. Je viens d’avoir un message. Un message d’Eve. Elle dit que c’est votre cousin, patron.


Il hésite un peu, et puis il lui tend le parchemin envoyé par Eve, parce qu’il sait que Callahan ne le croira pas sans preuve - même si c’est une mauvaise idée de lui faire lire ça.

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeMer 7 Avr - 23:35



Nobody warns you before the fall
Rafa & Finn
Est-ce que Finn se rend compte de la colère de son premier lieutenant ? Est-ce qu’il pense blesser Rafa ? Pas le moins du monde. Il faut dire que O’Riordan paye surtout parce qu’il est là et non parce qu’il lui en veut personnellement. Callahan ne le tient même pas vraiment pour responsable et il est surtout en colère contre lui-même. S’il était moins angoissé et qu’il avait la tête à autre chose que sa terreur d’avoir perdu Eve, à son inquiétude de la savoir à l’hopital et à cette inexplicable tristesse qu’il ressent en pensant à cette fausse-couche, l’acteur le verrait. Sans doute s’en voudrait-il même un peu, parce qu’il sait que Rafa fait de son mieux, toujours, quand il donne des ordres, et que jamais il ne lui nuirait volontairement. En termes de chiens de gardes, même Shane n’est pas aussi loyal que ce gosse. La preuve, il a fait tout ce qu’il voulait. A la manière dont son second le regarde, planté devant son bureau sans rien dire, le mafieux se dit cependant qu’il n’y a quelque chose qui ne va pas. Un moment, il se remet en colère, mais l’hésitation continue, alors, harassé, il se rassoit, dans un état de nerfs pitoyable. Cherchant mécaniquement ses cigarettes, il regarde d’un air égaré autour de lui, alors que son second expose les mesures qu’il a prise. Un instant, il pense que la voix un peu hésitante de Rafa est liée au risque qu’il se mette de nouveau en rogne, alors il approuve d’un signe de tête et déclare d’une voix éraillée : « Bon, c’est bien. Tu… » Mais la suite lui coupe le sifflet, alors qu’il essuyait ses yeux rougis par les larmes. Il y a un blanc, un long moment où il reste interdit, et pour la seconde fois de la journée, Callahan souffle : « Attends, quoi ? » Il prend la lettre, mais les mots sont flous et il n’arrive même pas à la tenir immobile devant lui pour la relire. Il lui faut s’y reprendre à trois ou quatre fois pour y parvenir.

Pour le moment, les derniers mots de Eve ne l’atteignent pas. Crispé dans son fauteuil, l’acteur est tout bonnement pétrifié. Par flash, les évènements lui reviennent. La manière dont Montenza était si férocement intéressé, lorsqu’il lui a dit qu’il partait. Un je serai toi, je saurais quoi faire, lancé mine de rien, comme on donne un bon conseil à un ami lorsqu’il lui a révélé pour le MI5. La joie mauvaise qu’il avait en le voyant se décomposer lorsqu’il a dit que jamais Eve ne lui ferait ça et pour balancer, imperturbable « ah oui, t’es sûr ? ». Et puis, Eve elle-même. Tu préfères vraiment croire un type qui n’hésite pas à te poignarder dans le dos dès que ça l’arrange plutôt que moi ? Non, tu n’as même pas besoin de me croire, mais ton cousin n’est qu’un sombre connard qui se sert de toi et si tu n’étais pas aveugle à ce point tu l’aurais vu. Et puis ce dernier mot, cette supplique, encore. Reste. Et soudainement il comprend. Écarquillant les yeux dans un éclair de lucidité horrible, il tape du poing sur la table avec une force surprenante : « Bon Dieu, descends le téléphone de l’étage et rappelle au Cohan, maintenant ! Dis-leur que c’est pas à une descente de flic qu’il faut qu’ils se préparent, mais à une attaque de Montenza ! Ils bouclent le quartier, ils rappellent les filles et ils sortent les armes, qu’ils se tiennent prêts, tu m’entends ? »

Finn ne reste pas longtemps seul. Rafa le trouve dans un état d’agitation considérable, cherchant à allumer une cigarette qu’il a ramassé par terre en faisant les sang pas, et maugréant contre lui-même : « Mais quel con…quel con ! Je l’ai cru…je l’ai cru, cette espèce...cette espèce...cette enflure, ce putain d'enfoiré de rital ! » Il est épouvanté de ce qu’il a réalisé et il a encore du mal à le croire. « C’est Ludovico qui m’a vendu ce qu’Eve était. Elle n’a pas nié, mais elle n’a pas arrêté de me dire que ce n’était pas moi la cible. C’est lui qui m’a vendu que si, qui m’a conseillé de partir… Je comprends mieux pourquoi maintenant, il savait que je partirais en me disant ça, et après le seul obstacle et lui et Chouvalov, c’était Eve. Et sans elle, il revenait à la situation d’avant 46. Plus qu’à se débarrasser du vieux Nikolai, et voilà. Ludovico Montenza, Capo di tutti capi, mais pour Londres. » Un plan parfait, qui ne devait pas compter sur le fait que Eve était enceinte et que lui, Finn, apprendrait pour la fausse couche.

Il tombe de haut. Déjà épuisé et anxieux, il a l’impression que son monde s’écroule. Avec Ludo, ils étaient les deux héritiers de Tony. Sans doute y avait-il un peu de compétition entre eux et sans doute Montenza était-il moins attaché à l’honneur et moins vieille école que son père, dont Finn a repris les principes. Le jugeant roublard et facilement piqué au vif, Callahan pensait pourtant être resté proche de lui, n’ayant jamais réalisé que Montenza pouvait le voir comme un rival ou un obstacle : après tout, lui n’est que le neveu de Tony, et Ludovico est l’ainé. Bref, sans se l’avouer, Montenza a toujours été comme le frère que Callahan n’a jamais eu. Et maintenant…maintenant, il l’a trahi, comme s’il n’était personne, et il a failli tuer Eve. Et lui, Finn, qu’est-ce qu’il a fait ? Il a marché dans son jeu, c’est tout.

Avec un gémissement, il se laisse tomber dans son fauteuil, abattu, avec un gémissement qui n’augure rien de bon : « J’ai merdé, Rafa. J’aurais jamais du l’écouter. Il se foutait de moi depuis le début… » Maintenant lui reviennent les mots de Eve, couchés sèchement sur la lettre qu’elle a écrite à Rafa, abandonnée sur son bureau. Il l'a perdue, et elle le déteste sans doute à présent, tout ça à cause d'un putain de traître. Il ne peut même pas lui en vouloir : parmi les conneries que Finn a faites, celle là est la pire et il ne peut s'en prendre qu'à lui même. « Elle m’a demandé de rester, elle a essayé de me prévenir, et moi je l’ai laissée toute seule, et maintenant elle veut plus me voir, et elle est à l’hosto…» Il se déteste, à cet instant, plus qu’il n’en veut à Ludovico lui-même. Et dire qu’il a gueulé sur Rafa, et dire qu’il a accusé Eve ! « C’est ma faute…Je sais même pourquoi je t’engueule, c’est ma faute, depuis le début. Juste la mienne, j’aurais jamais du la laisser… » Il secoue la tête, pris d’une culpabilité sourde, et reprend amèrement : « Je savais qu’il pouvait être con, mais je pensais que la famille ça comptait pour lui… » Les larmes sont revenues, coulant dans sa barbe sans qu’il s’en aperçoive. « Comment est-ce qu’on peut être aussi con, aussi maso, aussi aveugle… » Tout son corps tremble, et sans qu’il ne le réalise, Finn n’est pas très loin de tomber dans les vapes. Il découvre les tremblements de sa main avec étonnement, et crache avec tristesse : « Tu parles d’un patron, hein ? » Et les pleurs continuent sans qu’il ne puisse les arrêter. Il a envie de se coucher, de se rouler en boule dans un coin, et de ne plus rien faire. Alors, l’acteur murmure avec lassitude : « Laisse-moi, vas-y si tu veux, t’es pas obligé de me supporter comme ça. » Il n’y a rien à voir, il est simplement en train de s’écrouler, et peut-être qu’il a assez dérangé Rafa comme ça, après tout. Peut-être qu’il a assez dérangé tout le monde, finalement.
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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeJeu 8 Avr - 22:01

Nobody warns you before the fallFinn & Rafa

Ce n’était pas le genre de chose à dire à Finn tant qu’il considérait son cousin comme un frère, mais Rafa n’a jamais senti ce type-là. Sa tête ne lui est jamais revenue - mais aucune tête ne te revient jamais, répondrait Callahan, non sans raison. O’Riordan n’est pas du genre à faire confiance aveuglément, et la méfiance, chez lui, se double souvent d’une hostilité sourde. Concernant Montenza, il l’a toujours trouvé arrogant, en plus de ne pas être franc du collier. Le genre à qui ça arracherait la gueule de saluer le petit personnel de son cousin, et qui ne sait parler qu’à l’impératif. Callahan aussi est une machine à donner des ordres, bien sûr, mais il n’a jamais été méprisant, fût-ce avec le plus obscur de ses hommes de main. Pour Rafa, le mépris est quelque chose de rédhibitoire. Il en a trop vu, qui pétaient plus haut que leur cul et qui se croyaient si supérieurs aux autres qu’ils en devenaient imbuvables. Et Ludovico Montenza, avec sa façon de ponctuer ses ordres d’un claquement de doigts, fait partie de ceux-là. Alors Rafa n’est pas si étonné que ça que la trahison vienne de lui. Le second de Finn Callahan est quelqu’un qui instruit rapidement les procès ; il n’aime pas Montenza, eh bien ! cela fait de lui le coupable idéal de toutes les infamies.

Bien sûr, l’information selon laquelle Montenza est l'agresseur d’Eve mériterait d’être vérifiée, mais de toute évidence, le patron juge l’histoire plausible - si bien qu’il envoie son second prévenir tout le monde, à Londres, de se préparer à une attaque menée par son bon cousin. Une mission dont Rafa s’acquitte en vitesse ; c’est que l’affolement de Callahan le gagnerait presque, quand il songe qu’il est peut-être déjà trop tard. Il regagne le bureau de Finn quelques minutes plus tard, profondément soulagé d’avoir eu Londres au bout du fil. Rien ne s’est encore produit, tout est normal dans le quartier. Maguire se charge d’organiser la défense, ce qui, vu les états de service du bonhomme, est une excellente nouvelle. Mais le patron est en plein monologue, pas du tout en état d’écouter le rapport de son second. Le coup a été rude, pour lui. Rafa allume une cigarette, qu’il passe à Callahan dont les gestes sont trop désordonnés pour qu’il puisse le faire lui-même, puis une autre pour lui, sans cesser de suivre du regard les déambulations de son patron. Il tourne en rond, à tous les sens du terme. O’Riordan se pince les lèvres ; il n’aime pas le voir comme ça, anéanti, désespéré. Le Callahan qu’il aime, c’est le va-t-en-guerre, le type qui sait inspirer la terreur chez ses ennemis. Celui qu’on va bientôt retrouver, espère-t-il en silence. Normalement, après la phase d’abattement, devrait venir la phase de rage - et le rôle du second, c’est justement de hâter le passage à cette seconde phase. Il a un geste nonchalant quand Callahan l’autorise à le laisser, et il pose très familièrement une fesse sur le bureau, en baissant les yeux pour regarder Finn  :


-Vous demande pardon de vous parler comme ça, patron, mais on a pas bien le temps, pour les regrets. On doit être à l’aéroport dans… voyons… trois heures. Le temps de boucler les bagages, de faire la route, et… ah, oui. Santina dit qu’elle vous a préparé des lasagnes et qu’il est hors de question que vous partiez le ventre vide. Vous voulez que je vous aide à faire votre valise ? La mienne, c’est vite vu, j’avais pas pris grand-chose.


* * *
Ce n’est qu’après leur troisième portion de lasagnes que Santina les a enfin laissés partir, non sans avoir fait promettre à Finn de revenir bientôt. Les deux hommes se sentent un peu alourdis lorsqu’ils descendent de la Lincoln qu’Antonio vient de stopper devant l’aérogare. Le vieil homme fourre dans les mains de Rafa une grosse boîte de biscuits, que Santina a trouvé le temps de cuisiner avant leur départ, et, en s’éloignant, O’Riordan marmonne à l’attention de Callahan :

-Faudra quand même qu’on pense à lui dire, un jour, qu’on trouve aussi de quoi becter en Angleterre.

Elle a cette manie de vouloir les nourrir - enfin, surtout Callahan - tant qu’elle les a sous la main, et cette fois-ci n’a pas fait exception ; elle a trouvé que “Finnegan” était maigre, avait mauvaise mine, si bien qu’elle a consacré tous ses efforts, durant ces quelques jours, à lui faire avaler un maximum de petits plats caloriques en diable. Pauvre Santina ! Elle avait déjà prévu trois semaines de menus, et voilà le patron qui repart précipitamment, en lui laissant des kilos de provisions sur les bras. Porca miseria !

-La correspondance à New York n’est pas très longue, annonce Rafa sur un ton énergique, une fois installé dans l’avion. Un peu plus d’une heure, je crois. Je passerai un coup de fil au Cohan pour confirmer notre heure d’arrivée à Sean, c’est lui qui doit venir nous chercher à Heathrow. Comme ça, on aura des nouvelles. Et une fois qu’on est à Londres, c’est quoi, le programme, Boss ?


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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeDim 11 Avr - 0:44



Nobody warns you before the fall
Rafa & Finn
Santina n’a qu’un remède à tous les maux qui existent sur terre, qui se résume en un mot : lasagnes. Et de fait, ça marche pour un nombre impressionnants de choses, au moins chez Finn. Chagrin d’amour ? Lasagnes. Coup de déprimes ? Lasagnes. Crise de colère ? Lasagnes. Ou alors c’est la terreur qu’inspire les menaces de coups de louches données par Santina à Callahan. C’est bien la seule femme qu’il n’a jamais osé contrarier de sa vie, et il ne s’aviserait même pas de lui signaler qu’il est capable de se nourrir tout seul, ni comme le maugréé Rafa, qu’il existe de la nourriture outre-Atlantique – elle ne le croirait pas et balaierait l’argument d’un reniflement méprisant pour ces gens qui ne savent même pas correctement faire cuire des pâtes et mangent de la panse de mouton farcie.

Mais, terreur ou pas, ou peut-être est-ce la pique de Rafael, qui a souvent cet effet là chez lui, le voilà un peu requinqué. Il aurait besoin d’une bonne dizaine d’heures de sommeil en plus, en témoigne le fait que ledit Rafa ne se soit pas fait engueuler pour insolence, ce que le long trajet en avion qui les attend lui permettra peut-être d’avoir. Au moment de monter dans l’avion, l’acteur est pris d’un léger pincement au cœur alors qu’ils tournent le dos à Los Angeles. Il n’y a pas si longtemps, il pensait emmener Eve ici, se disant d’ailleurs que Santina l’aimerait bien. Et maintenant elle ne veut même plus le voir, et tout a changé. Et Santina a eu beau lui dire qu’il la récupérerait – tu n’es pas plus bête qu’un autre, et elle si elle est intelligente, un beau garçon comme toi, elle reviendra, elle ne sait pas la chance qu’elle a…est-ce qu’elle te fait bien la cuisine, d’ailleurs ? – entre deux parts de lasagnes, Callahan a un peu de mal à y croire, comme au fait qu’il reviendra, malgré toutes ses promesses, même si comme pour le reste, il ne s’est pas étendu sur cela, ayant peur de prendre un coup de louche bien placé.

Pour le moment, reste encore à définir ce qu’ils doivent faire. Les choses vont un peu trop vite pour Finn, en réalité : il y a encore une semaine, sa préoccupation était de récupérer Eve, puis sa grossesse, puis le fait qu’elle soit une espionne, puis la fausse couche, puis la trahison de Ludovico...ça fait beaucoup un seul homme, et peut-être encore plus pour Rafa, qui doit subir ses humeurs et ses allers retours d’un bout à l’autre de l’Amérique et de l’Atlantique, même si Callahan n’y songe pas vraiment, habitué à la placidité de son second sur ce plan. Un coup les quelques mots de la lettre de Eve lui reviennent et c’est la tristesse qui le gagne. Une autre, c’est le fait qu’elle soit à l’hôpital et l’angoisse le reprend. Mais c’est la colère qui domine, et le sentiment de trahison. Son cousin a osé s’en prendre à Eve et il l’a trahi. Tout ce gâchis, c’est à cause de lui, et sa culpabilité ne parvient pas à effacer ce constat. Toute forme d’indulgence et d’affection qu’il aurait un jour pu avoir pour Montenza a disparu. La famille est importante pour Finn, quoiqu’il en dise, et justement : on ne trahit pas la famille. Ça marche dans les deux sens : c’est pour cela qu’il n’est jamais entré en conflit direct avec Ludovico, essayant de le recadrer de son mieux pour maintenir le statu quo. Mais un tel affront vaut rupture de ban. Ainsi, peu à peu, ses pensées se mettent en ordre et il est capable de formuler un plan pour son second, avançant d’un air farouchement décidé : « Je vais aller la voir. Je veux voir si elle va bien. T’as réussi à trouver où elle était, à l’hosto ? Miss, deux cafés, merci. » Il fait signe à l’hôtesse et s’empare d’un gâteau. Eve ne voudra sans doute pas le voir, il s’y attend, mais il faut au moins qu’il essaie. Et puis un détail lui revient : « Faut que je récupère Shane, aussi. Tu sais ce qu’il devenu ? » Ca l'inquiète, soudainement. Il continue, dévorant son biscuit :  « Après on rentre. Quand t’auras Sean, tu lui dis qu’ils la bouclent tous sur mon retour. Moins vite ils l’apprennent, mieux c’est. On le laisse venir, et s’écraser s’il essaye. Puis je veux qu’on vérifie qui a fait ça. Je crois pas que Eve se plante, mais on sait jamais. Mais cons comme ils sont, ils ont du baver ce qu’ils avaient fait. Je veux les noms des gars qui lui ont fait ça, et savoir s’il y était en personne.  » Maintenant qu’on parle de cogner des gens et de violence pure, Finn commence à retrouver du panache. Sa colère a besoin d’un exutoire, et la trahison de Ludovico la mérite : « Pour le reste, tu sais ce qu’on fait des traitres. Il pense qu’il peut s’en prendre à elle comme ça, et il pense qu’il peut me la mettre à l’envers sans que je fasse rien. Ben écoute, s’il veut la guerre, on aura la guerre, mais il va perdre. » Le ton est féroce, mais l’humeur est presque joyeuse, maintenant qu’il commence à voir comment il va réduire en centre Montenza, ses hommes et son territoire.

Mettant finalement son projet à exécution de faire un somme, Callahan pique du nez jusqu’à ce qu’ils débarquent à New York, et fait une bonne partie du vol entre l’aéroport de La Guardia et celui de Heathrow sur le même mode, si bien qu’il ne voit pas les heures passer. A Londres, Sean les attend avec la Bentley : le temps de charger les valises, les voilà partis, et il ne leur faut pas longtemps pour rejoindre l’hôpital. Finn claque la portière, entrainant Rafa à sa suite : « Tu nous attends, Sean, on revient. Allez, viens. » Il s’arrête cependant brusquement dans le hall : « Attends, c’était pas un gars de Nikolai, ça ? » Callahan hésite un instant. Eve, il veut juste la voir, pas forcément rester, car au fond, il comprend bien pourquoi elle lui en veut et sa culpabilité n’aide pas. Mais les molosses de Chouvalov, c’est autre chose. Avec eux dans l’équation, pas sûr qu’il arrive à accéder à la chambre. Mais peut-il la laisser ainsi, sans voir si au moins on la soigne bien ? « Bon, bouge pas et garde un œil sur eux. Je vais monter. »

Après avoir réussi à obtenir le numéro de chambre de Eve à accueil, Callahan se faufile prudemment au troisième étage, jetant de temps des temps des coups d’œil inquiet autour de lui pour vérifier qu’aucun russe n’est à l’horizon. Ah ! Coup de chance, la porte est entrouverte. Tapant discrètement contre le bois, il pousse celle-ci pour enfin l’apercevoir, elle, et Shane couché au pied de son lit. Mais la vision de la jeune femme l’arrête sur le pas de la porte. Elle a l’air épuisé et elle est blessée de toute part : on dirait un moineau avec une aile cassée. La gorge nouée, Finn fait un pas dans la chambre alors que les larmes lui viennent : « Eve… »

Ce qu’elle a subit, c’est intolérable, et il voudrait la prendre dans ses bras et le supplier de le pardonner, oubliant toutes ses bonnes résolutions. Mais l’irlandais n’en a pas le temps : quelqu’un le prend fermement par le bras. Les molosses de Nikolai sont revenus. « Non, putain ! Eve, dis leur d’arrêter ça immédiatement ! Eve ! Lâchez-moi, putain, espèces d’enfoirés de ruskoff, vous allez le regretter ! » Affolé et très en colère, Finn se débat du mieux qu’il peut, et les insultes de toutes les langues qu’il connait, de l’anglais au gaélique en passant par l’italien et le shelda, y passent. « Eve ! » Proteste-t-il, lorsqu’il l’entend prononcer quelques mots en russe dont il ne comprend que l’intonation, qui sonne comme un ordre. L’instant d’après, cependant, le voilà sorti de la chambre. Seule la présence des infirmières et des médecins le dissuade de faire un scandale et de se battre avec le russe qui lui lance calmement : « Toi pas revenir. Ou nous casser tes genoux. » Vexé comme un poux, mais un ton plus bas, Callahan rajuste son costume avec la dignité qui lui reste : « C’est ça. Tu ferais mieux de pas te retrouver sur mon chemin de sitôt, surtout, tu ne sais pas à qui tu parles. » Un doux gémissement et la tête de Shane, passée par la porte entrebâillée de la chambre de Eve attire l’attention du mafieux : « Tiens, t’es là, toi. Viens, on y va. Allez. » Avec nouveau gémissement, Shane finit par le rejoindre, la queue basse, et Finn s’éloigne à grand pas.

Descendant les escaliers quatre à quatre, le chien sur ses talons, il retrouve Rafa dans le hall. Devançant son second, il lance férocement : « Je ne veux aucun commentaire. Aucun. On rentre. On a des ritals à cramer. » Avec tout ça, il en oublierait presque le principal : Eve est vivante et pour l’instant, en sécurité.
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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeDim 11 Avr - 15:09

Nobody warns you before the fallFinn & Rafa

La suite du programme, en réalité, n’est pas difficile à deviner, et la phrase de Callahan le confirme : tu sais ce qu’on fait des traîtres. Rafa a suffisamment d’expérience dans la profession pour ne pas ignorer ce qui va advenir de Ludo. On peut pardonner une erreur, mais jamais une trahison, question de survie autant que d’honneur. C’est même le propre père de Montenza, le grand Tony lui-même, qui avait un jour dit à Rafa que rien n’est plus noble que de mériter qu’on vous fasse confiance, et que celui qui salit ça, eh bien ! il doit être puni à la hauteur de ce qu’il a fait. Manière pour le vieux chef de clan de conforter O’Riordan dans sa loyauté envers Callahan, à sa façon inimitable, brute de décoffrage. Essaie de manquer à ton devoir, et tu ne pourras pas dire que tu ne savais pas ce qui t’attendait, semblait dire monsieur Montenza à un gamin blême de trouille de se retrouver seul avec le grand chef. En réalité, l’avertissement n’était pas utile, Rafa n’ayant jamais envisagé, fût-ce un instant, de doubler son patron. Mais les mots de Montenza résonnent encore dans sa mémoire, et avec eux le souvenir de ces opérations de représailles impitoyables que le mafieux menait contre ceux qui croyaient pouvoir jouer contre lui. Dans le cas de Ludovico, c’est encore pire que la simple tentative de rébellion d’un subalterne ; Montenza s’est retourné contre son cousin, contre son propre sang, et il devra payer au prix fort. Rafa connaît assez Callahan pour savoir qu’il sera aussi intraitable qu’il a été blessé, ce qui, en termes de violence, promet d’être spectaculaire. Le boucher de Glengall Road, à côté, c’était un pique-nique en famille, songe O’Riordan, vaguement amusé, en s’endormant dans son siège.

Par la suite, ils ne parlent plus beaucoup. Tous deux profitent du vol pour dormir et prendre des forces avant un retour à Londres qu’ils devinent éprouvant. Et lorsqu’ils ne dorment pas, ils cogitent en silence. Rafa passe ainsi un long moment entre New York et Londres, la tête tournée vers le hublot, à gamberger à tout ça. Pas facile de s’y retrouver. Ils sont partis il y a quelques jours à peine pour ne plus revenir - après tout, Eve est une espionne du MI5, un véritable danger pour des gars comme eux… et les voilà déjà de retour, avec le patron qui compte se précipiter à l'hôpital pour la voir. On était pourtant bien, à Los Angeles, au soleil, avec les petits plats de Santina et de nouvelles affaires à mettre sur pied, non ? Il ne dit rien, pourtant. Même quand Callahan se réveille et semble l’interroger du regard, Rafa garde pour lui tout ce qu’il pense, et il se borne à regarder sa montre et à indiquer au patron qu’il reste pas loin de cinq heures de vol, avant de se rendormir lui-même.

Ce que ça caille, en Angleterre ! Rafa frissonne en descendant de l’avion, en regrettant plus que jamais la Californie. Le patron persiste à vouloir aller voir Eve, et son second, bien conscient qu’il est inutile de chercher à le contrarier, donne à Sean l’adresse de l’hôpital. Et c’est reparti pour un tour, songe-t-il en bâillant tandis que la Bentley démarre.

Le passage à l’hôpital est rapide. Juste le temps pour Rafa de se payer un café dans le petit salon de thé du hall ; les gars de Chouvalov sont descendus prendre un thé et fumer une cigarette, mais ils ne restent pas longtemps dehors. Les voilà qui repassent en direction de l’escalier. Rafa hésite un instant sur la conduite à tenir ; les ordres de Callahan, “bouge pas et garde un oeil sur eux”, sont contradictoires. Inquiet, malgré tout, il se décide pour la seconde partie des instructions, et prend résolument, à son tour, la direction de l’escalier ; mais déjà le patron redescend, Shane sur ses talons, et l’air furax. Rafa remballe ses questions, pas candidat à un soufflon en public. Retour à la voiture ; Sean fume tranquillement, appuyé sur le capot, et, tout en ouvrant la portière arrière, O’Riordan vérifie :


-T’as dit aux gars de rester à disposition, Sean ?

Il leur a dit. Surtout aux deux champions qui étaient chargés de pister Eve - deux gus qui ont pourtant fait leurs preuves, et que Rafa avait choisis précisément pour ça. Laissant Callahan s’installer à l’arrière avec le chien, O’Riordan prend place à l’avant, les sourcils froncés. Depuis le début, cette histoire le tracasse. C’est sa responsabilité qui est engagée, estime-t-il, puisque les deux hommes qu’il avait désignés ont failli. Il a hâte d’entendre leurs explications, mais, en même temps, il redoute la réaction de Finn. Non pas qu’il ait peur d’être inclus dans les sanctions qui ne manqueront pas de tomber ; il n’est pas du genre à se défiler et s’il doit prendre des coups, il ne cherchera pas à esquiver. Mais Callahan lui semble furieux, prêt à exploser, et Rafa estime que ce serait une mauvaise idée que ce soient ses propres gars, si fautifs qu’ils soient, qui en fassent les frais. Ce serait contre-productif, en somme.

-Au Cohan, patron ? OK, au Cohan, Sean.

Le pub est fermé au public. Seuls s’y trouvent les hommes de Callahan, armés jusqu’aux dents, et quelques filles, parmi lesquelles Florence qui adresse un sourire radieux au patron et à Rafa. Tout le monde se lève à leur arrivée ; Mike Maguire s’avance vers Finn pour lui faire son rapport, et, pendant ce temps-là, O’Riordan balaie du regard l’assistance silencieuse, à la recherche des deux gars qu’il avait désignés. Il finit par les repérer, plaqués contre un mur, la gueule déjà tuméfiée, et leur fait signe d’avancer.

-Nick, Elwyn, par ici.

Et il recule, laissant au patron le soin d’interroger ses hommes. À tout seigneur tout honneur, après tout.

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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeMar 13 Avr - 23:59



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Rafa & Finn
Grattant distraitement la tête de Shane, qui occupe la moitié de la banquette arrière, Finn regarde défiler le paysage, sourcils froncés, encore secoué par le vision de Eve allongée dans son lit d’hôpital. Le chien pousse un gémissement doux, posant une patte autoritaire sur les genoux de son maître pour attirer son attention. « On ne peut pas retourner la voir, chut. Elle ne veut pas de moi, pour le moment, et puis ce n’est pas un endroit pour les chiens, là où elle est. » Murmure Callahan en continuant de lui gratter les oreilles affectueusement. Les oreilles basses, Shane pousse un nouveau gémissement et pose la tête sur la banquette, continuant de pleurer, comme s’il voulait que Finn fasse demi-tour. Tentant de l’appâter avec un des gâteaux de Santina pour le calmer, que Shane finit par dévorer sans vergogne, le regard du mafieux se fait de nouveau vague, sans que Sean ni Rafa ne le dérangent une fois qu’il a validé la direction du Cohan – soit qu’ils se soient habitués à l’humeur massacrante du patron, soit à sa manie de parler à son chien, ou les deux. Pour le moment, une certaine tristesse l’habite. Eve va bien, mais cette pensée peine à le rassurer tant tout le reste est un sac de nœuds. Reste qu’elle est du MI5, et si maintenant Finn serait plus enclin à croire que Eve lui a dit la vérité, il ne sait toujours pas où il en est. Nulle part et c’est peut-être ça le problème : il lui semble qu’à présent c’est trop tard et il ne peut s’empêcher de culpabiliser. Si seulement il était resté…

S’il n’avait pas écouté Ludovico, non plus. Tout ça, au fond, c’est la faute de Montenza, songe Callahan en débarquant dans un Cohan qui ressemble à Fort Knox. Les consignes sont bien passées pour tout le monde. Alors qu’il salue Florence, qui en profite pour demander des nouvelles d’Eve, Finn voit Maguire s’approcher pour lui faire un bilan. Le quartier irlandais est bouclé, on a fait rentrer les gosses et les mères de famille, les anciens de l’IRA sont de sortie. Du côté de Montenza, ça s’agite mais ça ne vient pas, on ne sait pas encore s’ils ont pigé que la supercherie est éventée. On s’installe autour de la grande table ronde que Liam a sorti, réservées aux réunions et aux conseils de guerre, et sous laquelle Shane se couche sans demander son reste, restant aux pieds de son maître. Il faut donner des ordres, Finn le voit bien, ses hommes sont pendus à ses lèvres. Il balaie d’un regard fatigué et sévère la table. Il ne devrait pas être là. Il devrait être avec Eve, il devrait avoir insisté, la consoler du mieux qu’il peut. Mais ça n’aurait pas du se passer comme ça en premier lieu. Partir, rester, le sentiment de trahison ressenti de part et d’autre, ça n’aurait pas du exister. Il aurait du rester, il aurait du accompagner Eve chez Fraser. La pensée de cet enfant qu’ils ont perdu lui revient brutalement, et une colère sourde le prend, mêlée à une tristesse insupportable, diffuse et incontrôlable.

Il faut que quelqu’un paye pour ça. L’apparition des deux abrutis qui devaient surveiller Eve tombe à pic pour cela – enfin, sans doute pas de leur point de vue tant ils paraissent terrorisés à la simple idée de s’assoir en face de lui. « Assis. » Finn allume une cigarette, fait signe à Liam de lui apporter une bière et d’en donner une à Rafa. Il n’a pas besoin de le dire deux fois : tout le pub sait ce qu’il va se passer après, mais tout le monde sait aussi ce qu’il va se passer s’ils n’obéissent pas. « Vous savez que je fais confiance à Rafa. Et que quand il vous parle, en fait c’est moi qui donne les ordres. » Le ton démarre bas, mais vibre d’une colère contenue, drôle de mélange de l’héritage de Eamon Callahan et de la méthode Tony Montenza. « Autrement dit, s’il peut pas vous faire confiance, les gars, ça veut dire que moi non plus je peux pas vous faire confiance. Et vous savez ce que je fais aux types à qui je peux pas faire confiance, pas vrai ? » Il n’a pas besoin de dire ce qu’il s’est passé. Tout le monde sait ce qui est arrivé à la copine du patron, et ce n’est pas pour rien qu’ils ont envoyé Florence rapporter les mauvaises nouvelles. Et de fait, Callahan est très en colère. Pas vraiment contre eux, comme il n’est en colère contre Rafa, qui a fait de son mieux pour les choisir, en témoigne de cette preuve de confiance renouvelée devant les hommes pour son second. Mais ils sont là, en attendant de trouver Montenza. « J’espère que vous avez une bonne explication. Une qui me dispense de vous péter les os un par un comme ce qu’ils ont fait à Eve alors qu’on vous a dit de la surveiller. » En acceptera-t-il une, d’ailleurs ? Pas sûr. Moqueur, il se fend d’un sourire carnassier : « C’est quoi ces gueules minables, d’ailleurs ? C’est pas vous qu’avez fait ça, les gars ? C’est pas toi, Rafa ? Ou j’ai rien vu pendant cinq minutes ? »  Il y a une tornade de rires suivant le sien, sauvage et froid, un peu nerveux, parce qu’il vaut mieux rire avec le patron qu’être la cible de cette plaisanterie qui s’apparente à une humiliation en règle et qui ne présage rien de bon.

C’est Nick qui rompt le silence, à voix basse, en regardant ses pompes : « ‘mande pardon, boss, c’est pas eux. C’est les gars du clan Montenza. » Elwyn, grand gaillard de Tipperary à la tignasse rousse et au visage habituellement souriant, enchaine en chevrotant, toute son assurance disparue: « Y en avait au moins six, patron. Les frères Russo, ça je suis sûr, Pepi et Bepo, et puis peut-être son second, là, Mariotti. » Finn jette un coup d’œil éloquent à Rafa. Il n’a pas les noms de tout le commando, mais au moins, ils savent que Eve avait raison et que Montenza a bien ordonné son agression. « On a fait ce qu’on a pu, patron, je vous jure. » Non, a envie de hurler Finn, non, si vous aviez fait votre travail correctement, Eve n’aurait pas perdu l’enfant. Son enfant. « Je sais pas, les gars. Qu’est-ce que t’en penses, Rafa ? » Il se lève, fait le tour de la table pour se placer entre eux : « Vous avez l’impression que ça s’est bien fini ? que c’est pas grave ? qu’il faudrait que je sois clément ? Parce que moi, pas tellement, vous voyez, les gars ! » D’un mouvement brusque, il chope chacun par le col pour leur écraser le visage contre le bois de la table. Le craquement du bois ne parvient pas à effacer le bruit des os brisés, ni la flaque de sang qui se répand sur la table. « Rafa, tiens-les-moi en place, les mains à plats, tu veux ? Liam, marteau ! » Le barman le regarde un instant sans comprendre, alors que l’assistance grince déjà des dents. Florence et les filles ont reculé dans un coin avec de petits cris d’effroi et quelques pleurs. « Marteau, j’ai dit ! » Fulmine Callahan, dans un état de rage incontrôlable. Il y a des suppliques, qu’il n’entend pas ; des cris, qu’il n’entend pas non plus, quand le marteau s’abat violemment sur une main, puis deux, puis trois, et quatre, plusieurs fois d’affilé.

Jusqu’à ce que le marteau soit trop lourd, même pour le mafieux, et que la fatigue l’emporte. Le calme revient, et haletant, Callahan entame un drôle de discours, étonnamment clair pour un type aussi échevelé et à la chemise aussi tâchée de sang que lui : « J’ai failli perdre une amie très chère. J’ai perdu un enfant. Ceux qui ont fait ça vont payer. Un par un. Ça, c’était que le début, et je m’arrête là parce que Nick et Elwyn méritent une clémence relative. Rafa, tu leurs trouveras un médecin, tu veux ? Merci. » C'est la première fois que Finn assume et verbalise cette perte et cette relation avec Eve. On pourrait y voir un progrès, mais il n'en retire aucun apaisement, au contraire. « Mais les autres, croyez-moi, les autres vont regretter d’être nés. Je veux pas d’hésitation. Pas de doute. Pas de pitié. Si vous voyez un homme de Ludovico Montenza, il est mort. Il nous a déclaré la guerre. A partir de maintenant, on ne s’arrêtera que lorsque tous ses hommes et lui seront morts et enterrés. Et ceux qui s’y opposeront y passeront avec eux. On ne s’en prend pas à nous comme ça, et il va voir à qui il parle ! » Il y a un silence, puis des approbations, un « bien parlé, patron », qu’il suppose de Rafa, qui lance la machine de l’adhésion et de l’enthousiasme. Surfant sur la vague, Callahan lance une proposition qui renforce l’approbation : « Mille livres à celui qui me ramènera des informations ! Ceux qui partent en patrouille, vous y allez, pour les autres, tournée générale ! Elle est pour moi. » Ça se disperse gentiment pendant que Maguire évacue les blessés avec Sean et que Liam prépare la tournée. De son côté, Finn fait signe à Rafa de le rejoindre à une table à part, emportant sa bière avec lui :  « Tu leur trouveras vraiment un médecin, vu ? » Shane a sauté sur la banquette à côté de lui, et il le caresse un instant avant d’ajouter : « Ils ont l'air convaincu. C'est bien. Ca risque d'être long, même si on gagnera. » Avec un sourire, il lui flanque une bourrade, un peu calmé : « Tu trouves encore que j’en ai trop fait ? Va pas dégobiller, Liam serait pas content. Il le fallait, c'est tout. C'est rien, par rapport à ce qu'ils lui ont fait à elle... » Et de son côté, ni l'inquiétude, ni la colère n'ont disparu.


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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeMer 14 Avr - 21:54

Nobody warns you before the fallFinn & Rafa

Depuis le fameux coup de fil de Florence - ce coup de fil reçu il y a si longtemps, presque dans une autre vie - Rafa est soucieux. Il n’a rien dit au patron, qui a déjà fort à faire avec ses propres angoisses, mais cette histoire de gars semés par Eve, ça l’a gentiment miné. Il les a choisis lui-même avant de partir, et il avait du choix ; lorsqu’il s’est pointé au Cohan avec l’ordre de trouver deux gus pour filer le train à Eve, il en avait pas loin d’une dizaine sous la main. C’est en conscience qu’il a désigné Nick et Elwyn, parce qu’ils lui semblaient avoir toutes les qualités requises pour s’acquitter de la tâche confiée par Callahan. Il leur a donné tous les ordres et toutes les indications nécessaires, et il s’est assuré qu’ils avaient bien pigé ce qu’on attendait d’eux. Ces deux types ne sont ni crétins, ni lâches, et savoir qu’ils avaient échoué a été une source d’inquiétude pour le second de Callahan. Cet échec, c’est un peu le sien. Il a été vexé quand le patron l’a sous-entendu, mais c’est vrai ; commander, c’est être responsable de ses hommes. Que s’est-il passé ? Toutes les hypothèses se sont succédé dans l’esprit de Rafa. Ils ont peut-être quitté leur poste, le temps d’aller boire une bière, et elle leur a échappé. Ou alors ils ont délibérément enfreint les ordres et cessé leur surveillance. Ou bien...

Paradoxalement, voir les sales tronches de ses gars le rassure un peu. Elles prouvent qu’ils n’ont pas provoqué délibérément l’échec de leur mission, par négligence ou par paresse. Ils se sont fait tomber dessus, en bonne et due forme. Ça change pas mal de choses, songe Rafa, immobile à la droite du boss. Pour la première fois depuis le coup de fil, il se détend un peu. Entendre le patron lui témoigner publiquement sa confiance achève de le rassurer ; abandonnant, pour l’occasion, son immobilité, il lui lance un bref regard de gratitude, avant de reprendre sa pose de statue. Callahan ne pourrait pas lui dire plus clairement que non, il n’a pas foiré en désignant ces deux gars, et qu’il n’a finalement rien à se reprocher. Pour autant, Rafa ne se sent pas totalement tranquille. La colère du patron monte, de façon presque palpable, à chaque mot qu’il prononce. Et on ne peut pas en vouloir à Nick et à Elwyn, qui peinent à trouver un filet de voix pour s’expliquer. Moi aussi, à leur place, je crèverais de trouille. Cette colère noire qui enfle et menace de prendre bientôt le dessus, ce n’est pas bon. Pour les deux gars, et pas seulement. Rafa essaie de croiser le regard du patron pour l’inciter à la modération, mais il comprend vite qu’il est trop tard. Finn vient de se lever, et la séance punitive commence. Parmi la noble assemblée, certains détournent le regard, et Florence entraîne les filles à l’écart. Dans le fond, Rafa lui-même préférerait ne pas assister à ça, mais il n’a pas le choix. En tant que premier lieutenant de Callahan, ça la foutrait mal qu’il ne soit pas aux premières loges pour regarder passer la justice du patron. Et comme il est aussi, plus souvent qu’à son tour, l’assistant du bourreau, il est requis par Finn pour l’exécution de la sentence. Il cramponne les avant-bras de Nick, ordonne à Sean d’en faire autant avec Elwyn, et ferme les yeux, malgré lui, quand les coups de marteau commencent à tomber. Les gueulements des deux gars, le bruit des coups et celui des os qui se brisent, c’est trop. Nick rue sous sa poigne, cherchant à échapper aux coups, mais Rafa, malgré son dégoût, ne lâche pas prise.

C’est un soulagement quand il entend enfin le marteau tomber sur la table. Un drôle de silence s’installe sur le pub, quelques secondes, à peine brisé par la respiration saccadée des deux blessés qui contemplent leurs mains - spectacle si immonde qu’ils semblent ne pas en croire leurs yeux. O’Riordan s’empresse de détourner le regard, sous prétexte de regarder le patron qui harangue les troupes ; curieusement, après les quelques minutes effroyables qu’ils viennent de vivre, les gars ne demandent qu’à adhérer, et le discours de leur chef les galvanise. La promesse d’une récompense de mille livres fait naître des sourires, et l’ordre d’éliminer comme des rats les hommes de Montenza suscite l’approbation générale. Les hommes se pressent autour du comptoir pour récupérer la pinte offerte par le patron ; Rafa prend son verre et suit Callahan, mais il marque une pause à la hauteur de Sean et des deux blessés.


-Sean, tu me les conduis chez Matthews, s’te plaît. Tu lui dis de pas lésiner sur la morphine. Tiens, voilà de quoi le payer, ajoute-t-il en sortant quelques billets de sa poche.

Matthews, c’est le médecin officiel du clan Callahan, un toubib qui ne pose jamais beaucoup de questions - et au prix de la consultation, c’est bien le minimum. Il a déjà réparé des dizaines de vilaines blessures ; Nick et Elwyn seront dans de bonnes mains. Tout ce petit monde quitte la salle, et Rafa, un peu las, va rejoindre le patron. Pas envie de tourner le dos à la salle en s’asseyant face à lui, alors il se laisse tomber sur la banquette à côté de Callahan - à gauche, puisque le chien est déjà installé à sa droite. Une putain de trinité, songe-t-il avec une sorte de joie sinistre.

-Le discours était très bien, patron, assure-t-il en s’allumant une cigarette. Du vrai Churchill. Manquait que le cigare. Pour le reste… c’était quand même un peu raide, non ? Enfin, je veux dire… je préfère être à ma place qu’à la leur, disons.

Et puis ça fait deux types en moins, pour plusieurs jours et même plusieurs semaines. Mais ça, ce n’est pas le genre de chose à dire au patron. Alors il garde pour lui cette remarque, et aborde plutôt la question des opérations à venir :

-Et maintenant, alors ? On va pas rester terrés comme des rats à attendre qu’ils viennent nous débusquer, je suppose. Vous avez prévu quoi, patron ? J’imagine que vous savez où trouver ces cons, on peut pas se monter une petite opération coup de poing pour aller cramer tout ça ?

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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeSam 17 Avr - 18:38



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Rafa & Finn
Du Churchill, hein ? Ça ferait presque rire Finn tant la comparaison n’a pas lieu d’être – il n’aime ni les anglais ni les héros de guerre, encore qu’il ait plus de respect pour le vieux lion que pour le Premier Ministre actuel. Mais à sa manière, il sait parler et il sait ce que Rafa veut dire. Il y a une raison pour laquelle c’est lui le chef et pas les autres. La première est peut-être ce rire sauvage avec lequel il entrainerait n’importe qui. La seconde, c’est peut-être que contrairement aux autres, il sait qu’on n’est le chef que parce qu’on est capable d’être celui qui met ses menaces à exécution – celui qui sera le plus barbare ou le plus dingue. Mais cette fois, il y a autre chose, tout autre chose, une blessure plus profonde, que la colère et l’envie de vengeance lui permettent d’ignorer. Pourtant, il écoute l’avis de Rafa. Et si Finn n’essaye pas de se justifier, c’est bien le seul à qui il veut bien expliquer, ou du moins essayer de le faire, les raisons de ses actes : « Tu n’as pas vu comment elle était, Rafa. On aurait dit un genre de moineau blessé. Elle ne se ressemblait pas. » Avec son bras cassé, ses bleus, et sa cheville en vrac, il n’aurait pas presque pas reconnu Eve. Mais encore, tout cela n’est rien par rapport à ce qui est invisible et que Finn sait pourtant. L’air farouche, il ajoute d’un ton qui ne souffre pas de contradiction : « Je me trouve encore sympathique, moi. Elle a…enfin, une fausse-couche, quoi. Je ne pourrais jamais rien faire d’aussi violent que ça, quelque soit le châtiment de qui que ce soit impliqué dans cette affaire. »

Ce ne sera jamais assez, ni jamais trop. Ça ne ramènera jamais cet enfant, ni ne redonnera à Eve ce qu’elle aurait du avoir, le choix, ni ce qu’ils avaient avant, elle et lui. Peu importe ce qu’il puisse faire aussi donc. Insister et essayer de revenir voir la jeune femme ne lui vient même pas à l’idée, d’ailleurs. C’est la tristesse qui parle, bien sûr, chez Callahan. Il touche à son tour à ce sujet tabou et si peu évoqué que sont les fausses couches et à un deuil qu’il n’était pas préparé à vivre à propos de cet enfant. Mais il y a aussi la culpabilité, qui le rend paradoxalement plus lucide qu’il ne l’a jamais été. Elle ne veut pas le voir et pour une fois, faisant preuve d’une maturité rare chez lui, Finn comprend. Il n’y a rien à dire et rien à faire. Il aurait du être là et il ne l’a pas été, même s'il a hésité. Les raisons qu’il pourrait invoquer pour sa défense, comme le fait d’avoir été manipulé par Ludovico, lui paraissent bien faibles par rapport à ce qu’il ressent pour Eve et la catastrophe qui s'est produite. Pas très certain de pouvoir ou de vouloir l’expliquer, tant cela fait de choses douloureuses à accepter, il finit par sourire à Rafa d’un air fatigué et par trinquer avec lui : « Ah, laisse tomber. C’est le genre de trucs que tu ne comprends que lorsque ça te tombe dessus. Je te souhaite d’avoir plus de chance que moi là-dessus. » C’était bien, pourtant, ce qu’ils avaient, et Callahan avait réussi à se persuader que ça durerait toujours ; ne voulait-il pas, comme il l’a dit à Greg, changer pour Eve ? Il faut croire, comme il l’a écrit dans cette lettre qu’il n’a pas envoyé à Eve, qu’il avait raison : les gens ne changent pas, et lui non plus. Ça n’aurait pas du se passer comme ça, ce n’était pas ce qu’il voulait, mais c’est finalement arrivé. Finalement, peut-être que Eve avait elle aussi raison : ça ne pouvait pas bien se terminer. Alors l’amour, bon, alors qu’il ne sait même pas si la reverra, Finn ne pourrait pas le recommander à Rafa.

Ce ne sont pas des pensées agréables, ni de l’ordre de celles qu’il a envie d’expliquer à son second. Ses hommes attendent un plan, de toute façon, et lui, il a besoin de se concentrer sur quelque chose de concret et de matériel, presque mécanique, pour assimiler la tornade de sentiments contradictoires et d’événements qui lui sont tombés dessus, qui lui semblent dater d’une autre vie. Et Finn refuse aussi de se laisser aller à la déprime, à cette sensation si familière, et si tentante qui lui donne envie de se saouler comme il le faisait encore il y a quelque temps. C’est elle qui a donné lieu à tout ce désastre, il en est persuadé. La colère, qui couve en lui depuis le coup de fil de Florence et qui a déjà explosé une première fois, ne demande qu’à s’étendre et à tout dévorer sur son passage. C’est qu’elle est une distraction bienvenue face à la perspective qu’il ne peut pas réparer les conséquences de ces actes, comme la question de Rafa. « Bientôt. » Oui, Finn a un plan, qu’il révèle peu à peu en buvant sa bière, balayant d’un regard sombre la salle du Cohan. « Je vais laisser les gars faire la fête de tous ceux qu’ils rencontrent, ça leur fera du bien. » Et puis s’enchainent les instructions, comme si ça faisait un moment qu’il avait muri son plan – peut-être même depuis qu’il a appris la nouvelle. « Toi, pendant ce temps, tu vas me retrouver ceux du commando. Un par un, et vivants. Je veux qu’ils me donnent le nom de ceux qui restent. Je veux qu'ils me supplient. Et je veux qu’ils me disent qui leur a ordonné de faire ça. » Ce n’est pas par clémence qu’il ne veut pas que Rafa les tue mais parce qu’il veut lui faire lui-même. Peu à peu, la rage emporte tout : elle était là depuis le début, et il suffit de lui donner libre cours. Après tout, il ne lui reste plus que ça, la vengeance, puisque pour le reste, il semble à Finn qu’il a tout perdu. Il veut la guerre, parce que c’est la dernière chose qu’il connait, et que c’est probablement la dernière chose qui lui permet de tenir, et qu’ainsi, il pourra avancer, en attendant, peut-être, que Eve change d’avis. « Les frères Russo, pour commencer. J’avais dit que la prochaine fois que je recroisais Pepi, on le butait, non ? Eh ben je vais le faire. Et ses copains aussi. Un par un. On les bute eux et on crame ce qui reste derrière. Et quand Ludovico comprendra le lien, ce sera trop tard. On lancera une opération de nettoyage à ce moment, et là on balancera la sauce. On reprendra son territoire et on se débarrassera du reste de ses hommes. Et lui, à la fin, il crèvera en dernier. » Comme il l’a dit à Rafa, tout le monde sait comment finissent les traitres. Reste à voir si c’est le meilleur moyen d’y parvenir, mais il sait que son second le suivra maintenant que l’objectif est fixé.
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Message#Sujet: Re: Nobody warns you before the fall + Rafa   Nobody warns you before the fall + Rafa Icon_minitimeDim 18 Avr - 22:37

Nobody warns you before the fallFinn & Rafa

Un paquet de cigarettes, celui du patron probablement, traîne sur la table. Rafa se sert, sans prendre la peine de demander la permission. Voilà bien longtemps qu’il a abandonné ces formalités, et qu’il n’est plus le gosse terrifié des débuts, celui qui n’osait même pas prendre une sèche lorsqu’on la lui offrait explicitement. Il s’est affirmé, depuis cette époque, il a fini par trouver sa place et - ce qui n’était pas gagné - par se donner le droit de l’occuper. Être le second de Callahan n’était pas une évidence, au début. Parti du bas de la hiérarchie, O’Riordan se sentait parfaitement illégitime, les premiers temps, lorsqu’il devait transmettre les ordres du patron à des gars de quinze ans ses aînés. Et eux, il en était certain, le voyaient comme un imposteur, comme un gamin trop gourmand, qui finirait par tomber de son piédestal. Une sorte de caprice du patron, en somme. Une nouvelle bagnole, un costard tout neuf, et puis un faire-valoir fraîchement glané dans Skid Row. Finn Callahan fonctionnant par tocades, ça ne pouvait pas durer.

Et pourtant. Presque sept ans, et Rafa a traversé toutes les tempêtes. Il ne cherche plus à se justifier, lorsqu’il donne des ordres, désormais. Le patron l’a modelé à son image, brutale et sans faux-fuyant. Qu’il s’agisse de cogner ou de rappeler son autorité, Rafa n’a plus de scrupules vis-à-vis des gars. Il n’est plus l’un d’eux, tout simplement. Il n’est pas non plus le patron ; il se tient en équilibre entre lui et eux, servant d’intermédiaire, transmettant ordres et requêtes. Il connaît chacun des hommes du clan, sait que le petit de Hogan est malade, que la vieille mère de Clancy vient de mourir - il a même fait envoyer des fleurs, de la part du patron - ou que O’Gara est criblé de dettes à cause de sa malchance au poker. C’est son métier, de les connaître et de permettre à Callahan de savoir tout ce qui peut être intéressant. Ils lui parlent plus facilement, car il est encore, à leurs yeux, un collègue, aussi soumis qu’eux aux volontés du patron. Ils le savent loyal envers Callahan, mais aussi envers eux. Il n’hésite pas à se faire l’avocat de l’un ou de l’autre auprès du patron lorsque c’est nécessaire ; il estime que c’est son devoir, et c’est pour cela que le sort de Nick et Elwyn lui retourne les tripes. Le châtiment était disproportionné, mais il n’a rien pu faire. Même maintenant, il est impossible de le faire comprendre au patron. Rafa se promet, en compensation, de veiller à ce que les deux blessés soient parfaitement soignés et ne manquent de rien durant leur convalescence, mais c’est une bien maigre consolation.

Il fume sa cigarette, silencieux, en écoutant le patron. Il est furieux, malheureux, et tout ce qu'on veut, mais il mélange un peu tout. Nick et Elwyn ne sont pas coupables, dans cette affaire. Les responsables, c’est la bande de Montenza, et surtout Montenza lui-même. C’est eux qui méritent qu’on leur pète les os un par un. Faire payer des lampistes uniquement parce qu’ils sont là ne semble pas une bonne option à Rafa. Est-ce que Tony Montenza aurait fait ça ? Il est un peu leur mètre-étalon, des années après sa mort. O’Riordan médite en silence, cependant, pas vraiment partant pour inviter le défunt dans leur conversation. Pour le moment, c’est son fils qui les occupe. Un fils qu’il aurait étranglé de ses mains, Rafa en est certain, s’il avait pu le voir trahir ainsi son presque frère.

La justice - ou la vengeance ? - ne saurait tarder. Les ordres tombent, clairs, précis, sans appel. Finn semble avoir mis sur pied tout une stratégie, ou alors elle se bâtit sous les yeux mêmes de Rafa, à mesure que le patron parle. Ce ne serait pas la première fois qu’un plan naîtrait de la sorte, dans l’urgence, dicté par les événements. Peu importe, finalement. Les scénarios les plus travaillés ne sont pas forcément les plus efficaces. Avec un regard en direction des gars massés autour du comptoir, O’Riordan approuve, d’un ton songeur :


-Je ferai savoir aux gars qu’il y aura une récompense pour chaque flingue de l’équipe à Montenza mis hors combat, ça devrait les motiver. Sauf ceux qui vous appartiennent, évidemment.

La suite est pour lui. Retrouver ceux du commando. Il a les noms fournis par Elwyn, Pepi et Bepo Russo. Deux salopards à qui on fera cracher le nom des autres. Et Mariotti, aussi. Les gars n’étaient pas sûrs, mais c’est le second de Montenza, alors il est au patron, peu importe ce qu’il a fait ou pas. Rafa écrase sa cigarette, et hoche la tête :

-Soyez tranquille, patron, je vais vous les retrouver. Un par un, on va les débusquer, ces nuisibles. D’ailleurs, avec votre permission, j’vous tire ma révérence. On a du pain sur la planche, il paraît. A bientôt, votre altesse.

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