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 Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945)

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945)   Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945) Icon_minitimeMer 21 Juil - 14:42



Nearly the third world war
Rafa & Finn
Tony Montenza est mort. Dans Skid Row, la nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre. Crise cardiaque. Un truc foudroyant. Aucune chance de s’en sortir. Pauvre vieux boss. On le regrettera. Mais à vrai dire, pour le peuple des bas fonds de Los Angeles, l’information n’a que peu d’importance. Vivant en périphéries du crimes et du bon vouloir de mafieux, les marginaux qu’ils sont suivent, bon gré, mal gré, les patrons qui passent en essayant de ne pas les contrarier. La présence de l’un chasse l’autre et on espère simplement que le prochain, probablement le neveu du patron, le petit Callahan, celui qui est acteur, mais sous un autre nom, sera aussi clément que son oncle, et qu’on n’héritera pas du fils Montenza, qui lui, de ce qui se dit à Vegas, ferait mieux de rester en Europe. Pour le reste, la victoire a été proclamée il y a quatre jours : la cité des Anges, comme le reste de l’Amérique, est en liesse et pour un temps, les histoires de mafieux passent un peu à l’as.

Dans toute cette folie collective, qu’il trouve un peu hystérisante, il n’y a guère que Finn Callahan qui ne profite pas de la fête. Il n’y a pas le cœur, plus du tout. La guerre lui semblait une chose abstraite, dont il ne voulait pas se mêler – même si Hitler, cet enfoiré qui s’amusait à éliminer son peuple, a bien eu ce qu’il méritait – mais il n’a jamais craché sur une occasion de faire la fête. Il y a deux jours, le 8 mai, il parlait encore à son oncle, débarqué de Floride pour fêter la victoire avec ses hommes, et ils parlaient d’aller à Washington pour assister à la remise de la Purple Heart – par le président Truman en personne, s’il vous plait - attribuée à Ludovico. Et puis tout a basculé d’un coup, le matin où il est passé cherché Tony à sa villa pour partir à l’aéroport. C’est lui qui l’a découvert, mort dans sa chambre, et personne n’a rien pu faire. Personne ne s’est rendu compte de rien.

Depuis, Finn navigue à vue. On s’est mis à lui répondre en l’appelant boss ou patron avec la même déférence qu’envers feu Tony Montenza, mais il ne s’en est même pas rendu compte tant il semble replié sur lui-même. Il pourrait se réjouir que tout cela soit acquis pour tout le monde, mais il n’y arrive pas. La vérité, c’est qu’il a vingt-neuf ans et qu’il ne lui reste plus aucune famille en vie ou presque, ou du moins vers qui se tourner. Ludovico a beau être comme un frère, il est tout aussi perdu que lui, alors ça ne l'aide en rien. Il a bien écrit à Rory et à sa mère, mais n’a obtenu aucune réponse. Il n’en attendait pas vraiment : Rory se moque du monde moldu, et quant à sa mère, ça fait longtemps qu’elle ne répond plus à ses lettres, ce que Callahan a mis sur le compte d’une interdiction de son père, sans se douter que personne ne risquait plus de lui répondre depuis le Blitz. En attendant, jamais il ne s’est senti aussi terrifié par l’avenir. Tony Montenza lui paraissait immortel et un modèle impossible à supplanter ou à égaler. Finn a souvent rêvé d'obtenir l'affection de son père, mais la seule qu'il ait vraiment reçue venait de son oncle, alors...Il ne s’imagine pas un instant à la hauteur, tout importante qu’ait été son influence comme neveu et bras droit du vieux chef. Comment est-ce qu’il va faire ?

Non, se morigène-t-il en examinant le nœud de sa cravate dans le miroir. Il ne faut pas paniquer. Ni lâcher l’affaire. C’est son rôle, maintenant, il faut l’assumer. Et de fait, il a déjà commencé à le faire. Avec Rafa, qu’il a propulsé au rôle de second et de numéro deux du clan Montenza – il a encore du mal à dire Callahan – de par sa simple accession à la place de chef, Finn a déjà organisé l’enterrement, fait prévenir les amis de son oncle, et s’est assuré de l’allégeance des bas fonds de LA. En Californie, leur main mise est assurée, c’est sûr ? Mais ailleurs, c’est autre chose, et ça obsède l’acteur. Alors qu’il monte dans la Lincoln, c’est même la première question qu’il pose à Rafa : « Des nouvelles de Siegel et Cohen ? » Ceux là sont leurs ennemis les plus directs, mais paradoxalement les moins dangereux : Bugsy est dingue, comme son surnom l’indique, quant à Mickey, si son oncle a réussi à l’amadouer, Finn se dit qu’il le pourra aussi. Non, ce qui l’inquiète plus, lui, ce sont les parrains de la côte Est. Loin de leurs émissaires que sont Siegel et Cohen, Lucky Luciano, Meyer Lansky et Frank Costello ne sont pas dangereux et leur fichent une paix relative, négociée par Tony qui savait faire le dos rond lorsque l’occasion le nécessitait. Mais présents à Los Angeles, c’est une autre histoire. Il est plus jeune et en minorité : ni yiddish, ni vraiment italien, Finnegan a conscience que son nom ne lui ouvre ici aucune porte. A la tristesse, s’ajoutent le stress et la colère qu’on essaye déjà de le déposséder et pire, de trahir la mémoire de Montenza. Quand bien même il a du respect pour les légendes que sont les parrains du clan Genovese, il a du mal à tolérer cette manœuvre, qui ne lui semble pas digne d’eux. « Les autres sont déjà là. Comme prévu. Je vois la voiture de Luciano. Tu sais à quoi ils ressemblent ? Va pas falloir commettre d’impairs avec eux, sinon on est foutu…. » Lance-t-il encore à Rafa alors qu’ils se garent devant l’église et qu’ils scrutent le parvis où se font face, à bonne distance, ceux de la côte Est, et ceux de son clan. Du coin de l’œil, il voit Ludovico, en uniforme, en grande conversation avec Mike Maguire, et d’une certaine façon, il est heureux qu’il ne soit pas en train de faire ami-ami avec Luciano ou Costello. « De quoi j’ai l’air ? Crédible. Faudrait pas qu’on se foute de ma gueule pendant que je fais mon discours. » Drôle d’exigence, pour lui, de prononcer une oraison pour son oncle. Si Finn est capable de s’adapter à n’importe quel rôle, il faut admettre que celui qu’il s’apprête à endosser, avec son costume noir de deuil et la gravité qui sied à un vrai chef de clan, est un peu large pour ses épaules, lui qui n’est pas croyant pour un rond et qui ne sait même pas faire un signe de croix correct, contrairement à son oncle.

Il contemple encore un instant ce triste spectacle, se disant que quand même, au moins, tous ceux que l’oncle Tony aimait bien – et il connaissait du beau monde ! – sont là, puis lance amicalement à Rafa : « Allez, va m’ouvrir, on les a fait suffisamment attendre. » Après tout, il faut bien montrer qui attend qui et qui est le chef, ici : tout ça, c’est un rapport de force soigneusement pesé et équilibré. Car Finn le sait, il ne peut pas vraiment se permettre de s’aliéner Lucky Luciano ou Frank Costello, et il faut trouver le juste équilibre : ne pas se laisser écraser, sans prendre le risque de dépasser sa place dans la chaine alimentaire du crime, en entrainant avec lui ses hommes dans sa chute. En attendant, il ne saurait dire si l’ambiance, très silencieuse et austère, est plus triste qu’hostile. Peut-être un peu des deux. Et, preuve qu’il commence à revenir à lui un peu, il ne peut s’empêcher de souffler à Rafa : « Putain, si mon oncle avait voulu déclencher la troisième guerre mondiale, il ne s’y serait pas pris autrement… »
(C) CANTARELLA.

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Dernière édition par Finn Callahan le Lun 26 Juil - 19:22, édité 1 fois
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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945)   Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945) Icon_minitimeJeu 22 Juil - 15:27

Nearly the third world warFinn & Rafa


Pour la première fois depuis que le monde est monde, Santina a raté ses lasagnes. Faut-il que les circonstances soient graves pour que la fine cuisinière, qui pourrait préparer n’importe quel plat italien les yeux fermés, oublie les pâtes dans ses lasagnes. Assis dans un coin de la cuisine, Rafa regarde la vieille cuisinière, toute de noir vêtue, se lamenter, et Antonio, son mari, essayer de la rassurer. Elle a tenu à préparer à manger pour que Finnegan ait quelque chose en rentrant de l’enterrement, et, porca miseria ! elle a enfourné un plat de sauce, sans les pâtes. Rafa et Antonio se relaient pour la raisonner et lui faire comprendre que Callahan n’aura sans doute pas très faim en revenant de la cérémonie, mais rien n’y fait. Elle se désole, s’agite, ne cesse de vérifier les mêmes choses et donne le tournis aux deux hommes :

-Raffaello, Finnegan a bien trouvé la chemise que je lui ai repassée ? Je l’avais accrochée dans sa chambre. Antonio, regarde si j’ai bien mis mon missel dans mon sac. Mon Dieu, quelle heure est-il, déjà ?

L’arrivée de Finn Callahan, le nouveau chef de clan, coupe court à cette agitation. Laissant Antonio se débrouiller avec son épouse, “Raffaello” se lève, en silence, pour accompagner le patron jusqu’à la Lincoln. Il est devenu, en deux ans et quelque au service de Callahan, une sorte d’ombre du mafieux, discrète et incontournable. Tout le monde a pris l’habitude de le voir dans le sillage du patron - à commencer par Finn lui-même, qui a rapidement trouvé pratique de disposer d’un assistant aussi efficace que ceux des plateaux de tournage, mais encore plus polyvalent puisque Rafa, outre les missions domestiques classiques, peut se charger de tâches plus inhabituelles comme casser quelques os à un insolent. Pour autant qu’il puisse en juger, le patron a toute confiance en lui ; et Tony Montenza, le grand Montenza, celui qu’on va conduire à sa dernière demeure ce matin, avait approuvé le choix de son neveu. Rafa a eu tout loisir de repenser au vieux chef de clan, depuis quelques jours. Tony Montenza reste toujours une figure presque légendaire, terrifiante, mais la crainte pure des premiers jours avait cédé la place, au fil du temps, à un véritable attachement. Rafael avait pu apprécier la bonté de cet homme, qui, si puissant qu’il fût, ne tombait jamais ni dans le mépris, ni dans l’humiliation. On avait toujours l’impression de parler d’égal à égal, avec lui. Tant qu’on filait droit et qu’on ne lui manquait pas de respect, on pouvait compter sur sa générosité. Je sais d’où je viens, répétait Montenza.

Mais Tony Montenza est mort, tandis qu’il s’apprêtait à aller à Washington voir décorer son fils. L’ambiance festive de cette fin de guerre est retombée d’un coup, et Rafa a découvert, brutalement, ce que c’est que d’être le second d’un chef de clan. Jusque-là, il s’était chargé de petites missions pour le compte de Callahan, un baron du milieu comme tant d’autres ; désormais, il officie auprès de l’héritier du clan Montenza à Los Angeles, et c’est une autre paire de manches. Il a fallu organiser les obsèques, avertir tout le monde, et assurer la continuité des affaires. À la nouvelle de la mort du grand chef, certains se sont senti le droit de secouer le joug ; dès le lendemain, il a fallu faire une descente musclée dans Skid Row pour montrer à tous ces cons que le changement de patron se passait de leur assentiment. Quelques genoux plus tard, les meneurs étaient hors jeu, et les suiveurs, ébahis de ne pas subir le même sort, baisaient presque les pieds de Callahan.

Machinalement, Rafa se comporte en chauffeur de grande maison, ouvrant la portière de la Lincoln pour le patron avant d’aller prendre place au volant. C’est qu’ils ont parlé mise en scène, voici peu, et Finn lui a expliqué que pour l’enterrement, il faudrait tout particulièrement veiller au décorum. Si d’ordinaire ils se passent de ces salamalecs, cette fois il faut que Callahan apparaisse en grand seigneur, en chef incontestable. Et cela passe par des détails de ce genre. Démarrant la voiture, O’Riordan répond aux interrogations du boss sur les deux rivaux directs du clan, Siegel et Cohen :


-Ils ont fait envoyer des fleurs. Des trucs monumentaux, vous verrez. Mais je me suis débrouillé pour que ce soit votre couronne la plus belle, patron.

Il lui a semblé, confusément, qu’en déposant des gerbes aussi imposantes, les deux autres sortaient de leur rôle, et cherchaient à s’imposer. Alors il a claqué des centaines de dollars pour qu’aucun témoignage de respect ne puisse rivaliser avec celui de Callahan, l’héritier légitime. Question de principe.

Devant l’église, c’est la foule. On peut mesurer la popularité du défunt à cette affluence ; il y a de tout, du plus obscur homme de main aux autorités les plus officielles de la ville. Rafa stoppe la Lincoln à l’ombre d’un bouquet de palmiers, et observe un instant le rassemblement. Il a un signe de tête négatif lorsque Callahan lui demande s’il sait à quoi ressemblent “les autres”, mais ils sont perdus dans la foule, impossibles à voir.

-Vous êtes très bien, patron. Juste, vous oubliez pas, le signe de croix : haut, bas, gauche, droite.

La dernière fois qu’ils ont assisté à une messe ensemble, pour le mariage d’un filleul de Tony Montenza, le vieux chef de clan s’est fendu la poire à voir Rafa flanquer des coups de coude à Finn à chaque moment important, et Finn copier à la hâte le geste de son second. Alors cette fois, ils ont répété. Toujours la mise en scène. Ils ont fait des dizaines de signes de croix, jusqu’à ce que le geste soit fluide.

Et c’est parti. Avec la raideur d’un vrai majordome, Rafa fait le tour de la voiture, vient ouvrir la portière, puis reprend sa place d’ombre de Finn Callahan, un pas en retrait. La foule commence à entrer dans l’église, la piétaille d’abord, les gens importants s’attardant sur le parvis pour saluer Callahan et Ludovico. Puis le corbillard arrive ; les derniers traînards s’en vont rejoindre le reste de l’assistance, laissant la famille - une drôle de famille - suivre le cercueil dans l’église. Ludovico, d’abord. Puis Callahan, toujours flanqué de son lieutenant. Puis Santina et Antonio, et d’autres membres du personnel de Montenza. Les quatre porteurs du cercueil sont des filleuls du défunt, jeunes gens dont la gravité remplirait Tony de fierté. Derrière, les croque-morts apportent des gerbes de fleurs, si nombreuses que bientôt, on ne voit plus le cercueil. Le prêtre prend la parole ; du coin de l'œil, Rafa contrôle que le patron fait bien le signe de croix comme il faut, et lui adresse un sourire d’encouragement. Juste derrière eux, les gloires de la côte Est se partagent un banc, avec Siegel et Cohen. De l’autre côté de l’église se sont rassemblés les amis haut placés de Tony Montenza, parmi lesquels on reconnaît le chef de la police. Difficile d’imaginer rassemblement plus hétéroclite.

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: Re: Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945)   Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945) Icon_minitimeSam 24 Juil - 16:31



Nearly the third world war
Rafa & Finn
Rien à dire sur l’enterrement lui-même. C’est propre. Finn n’en doutait pas un instant, de toute façon. Un peu déconnecté des détails pratiques parce que la peine l’affecte plus qu’il ne veut bien le montrer, Callahan a laissé la main à Rafa pour la cérémonie, se contentant d’expliquer ce qu’il en attendait et les enjeux de celle-ci. Leur duo fonctionne bien comme ça, et c’est souvent ainsi en ce qui concerne l’organisation. Marque de confiance s’il en est, et chose naturelle pour lui : au fur et à mesure du temps, il a appris à déléguer à O’Riordan ce genre de choses. Son cadet bénéficie donc d’un privilège rare : celui d’être écouté, associé à la direction des opérations des plans, et surtout, celui d’avoir le droit de prendre des initiatives. Un privilège rare, et cher, mais Callahan n’a jamais été déçu. S’il y a bien une chose dont il ne doute pas, c’est bien de la loyauté de Rafael. C’est peut-être bien la dernière chose qu’il lui reste, songe-t-il en écoutant le discours du prêtre, émaillé par les quelques signes de croix nécessaires et attendus de sa part. Tout ça est une mise en scène, qui l’empêche de pleurer son oncle comme il l’entend, et tant mieux, parce que sinon, c’est lui le prochain qu’il faudra pleurer, car Finn se sent prêt de s'écrouler. Dans un sens, ce n’est pas plus mal. Mais il n’empêche. A part Rafa, qui le suit pour lui-même et pas parce qu’il était le neveu de Tony, il est bien seul, sauf à compter Santina et Antonio, à qui il adresse un regard affectueux ou Ludovico, mais Ludovico repartira à Londres, quand il se lève pour prononcer l’oraison funèbre du défunt. Qu’importe. Il y a pire compagnie que celle qu’on se choisit, et en ce qui concerne le choix qu’il a fait d’épargner le gamin qu’était O’Riordan, Callahan ne pense pas s’être trompé. Il s’en fait un second, un héritier sans doute, maintenant, mais surtout un ami, presque un frère. Au fond, oui, il a peut-être réussi à se récréer la famille qui lui manquait, du moins commencé à le faire.

Mais il n’empêche, il accuse le coup. Tony Montenza avait une particularité, dans ce monde, trop rare pour ne pas être noté : il a simplement été gentil avec Finn. Alors que son neveu est allé de coups en blessures, de rejets en misère, il l’a accueilli comme un fils, et personne ne pourra remplacer cette figure tutélaire. Il ne peut pas pleurer en public. Peut-être l’a-t-il déjà fait, après avoir appris sa mort, dans cette nuit d’insomnie irréelle où il peinait à réaliser ce qu’il s’est passé, d’ailleurs, et une fois c’est déjà trop, car on le prendra comme une marque de faiblesse. Comme acteur, Finn sait dissimuler ce genre de chose, mais il y a comme un moment de flottement lorsqu’il remplace le prêtre à la chaire, et il semble un peu perdu, un instant. Tout se bouscule, et il voit tout avec une précision nette. La mine austère du prêtre. Le chef du LAPD, Horrall, manifestement un peu mal à l’aise d’être assis deux bancs derrière une brochette de mafieux éminemment recherchés. Antonio, consolant Santina qui s’est mise à pleurer. La photographie de Tony, en noir et blanc, avec son bandeau de tulle noire, comme s’il contemplait d’un air satisfait la foule ou qu’il l’encourageait lui, entouré de ces fleurs immenses qui recouvrent son cercueil. C’est vrai que c’est délirant, songe Callahan en se rappelant de ce que lui a dit Rafa. Il en rirait presque et ça l’aide à dédramatiser.

C’est un test, se dit Finn, la dernière épreuve pour montrer qu’il est son digne successeur, et Tony le surveille encore, et il l’approuverait s’il savait. « J’ai longtemps cherché un mot, une expression pour dire le vide que laissait mon oncle derrière lui. Je crois qu’il y a dans sa mort plus de ce nous appelons en irlandais Uaigneas gan ciuneas, la solitude sans la paix, que je n’en ai jamais ressenti ailleurs… » Son discours est certainement l’occasion de passer quelques messages quand il salue la capacité de Tony à la conciliation, mais il est sincère, et Callahan est réellement ému quand il termine : « Antonio Montenza aimait à dire qu’il savait d’où il venait. J’aimerais à croire que nous, nous savons ce que nous lui devons. »

Et puis voilà, c’est fini. Déjà ? songe l’acteur. C’est tout ce qu’il y a ? Mais vous savez qui on enterre ? Pas le temps de réfléchir plus avant. Déjà, il doit serrer des mains et recevoIR des condoléances. Un mot pour chacun, à commencer par le fils du défunt, sévère dans son costume noir, il commence à s’installer dans le rôle, s’adaptant selon que les mots de condoléances sont synonymes d’hommage qu’il peut prendre avec hauteur ( « Merci, Mike »), de soutiens qu’il faut apprécier à leur juste valeur (« mon oncle aurait apprécié, monsieur le maire »), ou de paroles purement hypocrites dont il faudra se souvenir plus tard (« Ben', c’est gentil d’être venu »). Et puis arrivent les têtes de gondoles, ceux de New York, et le sourire se crispe. « Don Costello, merci d’être venu. Don Luciano, merci d’être venu également. Le proc ne vous a pas trop ennuyé ? » Un éclair d’amusement passe derrière les lunettes du sicilien et un sourire matois apparait sur le visage de Lucky Luciano. « Disons que je me suis arrangé. C’était un bon discours, Finnegan, ton oncle aurait été fier. Je le regretterai. Tony savait discuter. » Placide, Frank Costello ajoute : « On sous-estime le pouvoir des pourparlers. » Callahan approuve d’un signe de tête prudent. A choisir, il préférerait discuter avec Costello : le Premier Ministre est moins prompt aux coups tordus que Lucky. Mais pour l’instant, c’est toujours Luciano qui décide, en attendant que le procureur de New York décide, ou non, sa déportation en Italie, et il reprend d’un air entendu : « Je crois qu’il faut que nous parlions. » Ce n’est pas tout à fait un ordre ; mais la suggestion ne discute pas. « Certainement. Ce soir, c’est est réservé à la famille. Demain midi ? » Reste cependant qu’il peut imposer en partie le lieu et le contexte : parler, oui, mais à ses conditions, histoire de ne pas céder trop facilement.

L’échange se conclut. Son cousin, qu’il a gratifié d’un accolade amicale, est déjà loin, et il ne reste à Finn qu’à poser une main sur l’épaule de Rafa : « Rattrape moi Ludovico, tu veux ? Il faut qu’il reste jusqu’à demain au moins. Et tu me privatises une suite dans un hotel. Un cinq étoiles, me fiche duquel, pour demain midi. Je paierai le prix qu’il faudra, fais annuler des réservations si besoin, sers-toi du nom de Gallagher s’il le faut – ou mieux, dis que c’est au nom de Charles Luciano. Compris ? »

La conversation se poursuit à la soirée, chez Joey. Finn a fait un petit discours, évidemment ponctué de toasts approbateurs, du style « A la mémoire de Tony Montenza. Salute ! » ou « Longue vie au patron ! », qu’il jauge d’un air approbateur. C'est lui le chef. A eux le succès. Il pourrait s'en réjouir, mais il est trop triste et préoccupé, alors il continue à interroger Rafa, essayant d’imaginer ce qui les attend.  « Combien ils sont, t’as pu savoir ? S’ils ont pas emmené tous leurs gars, c’est qu’ils sont prêts à négocier. Je suppose qu’il y aura un prix, mais on devrait pouvoir garder LA et Vegas. Ils vont juste vouloir nous refoutre Bugsy et Mickey dans les pattes, mais si on pouvait maintenir le deal d’oncle Tony… Va falloir bien jouer nos cartes et pas trop boire, mon vieux. Pas de gueule de bois, t’entends ? sinon parole, on est foutus, demain, Dieu nous garde ! » Le conseil vaut plutôt pour lui, même si Finn tient bien l’alcool. Presque par réflexe, il reproduit le signe de croix que lui a montré Rafa, et déjà un peu ivre, éclate d’un rire hilare réparateur, qui lui permet de dire, avalant une gorgée de whisky : « Qu’est-ce que t’as pensé du discours ? » Et puis, à voix très basse : « Il me manquera, quand même. » Maintenant, il lui reste quoi ? Le clan, les gars, qu’il a commencé à recruter ? Oui, c’est sûr, et puis à se serrer les coudes, entre irlandais, avec Rafa, parce que ce n’est tout de même pas la même chose qu’avec les ritals, quand même. C’est un peu l’expression inverse de ce qu’il a cité tout à l’heure. Ciúnas Gan Uaigneas – la paix sans la solitude. Il lève son verre vers Rafa pour trinquer : « Sláinte, compadre. Demain est un autre jour. » Et demain à midi, surtout, ils sauront à quelle sauce ils sont mangés.
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Dernière édition par Finn Callahan le Lun 26 Juil - 19:28, édité 1 fois
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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945)   Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945) Icon_minitimeSam 24 Juil - 23:50

Nearly the third world warFinn  & Rafa


Comme sur des roulettes. La cérémonie en l’honneur de Tony Montenza se déroule au mieux, pour le plus grand soulagement de Rafa qui l’a organisée presque seul. Il a bien demandé au fils du défunt s’il avait des exigences particulières, mais Ludovico lui a répondu, avec son habituel air ennuyé, qu’il lui faisait confiance pour s’occuper de “ça”. C’est donc O’Riordan qui a choisi les lectures, la musique, comme pour un membre de sa propre famille. Il s’est appliqué, autant par respect pour feu Tony Montenza que pour exécuter les ordres de Callahan, qui voulait quelque chose de solennel, de marquant, à l’image du disparu. Et, en sortant de l’église sur les talons du patron, il est satisfait d’entendre quelques commentaires : c’était une belle cérémonie, de l’avis général. On commente l’oraison funèbre prononcée par le neveu de Tony, un beau discours, émouvant et sans affectation. Tony Montenza, en somme, a eu droit à un adieu digne de lui. Silencieux derrière Callahan qui reçoit les condoléances, Rafa réfléchit, se demande qui est sincère dans ses paroles. La file semble ne devoir jamais se tarir. Après les hautes huiles, le maire de la ville, le chef de la police, viennent les obligés du défunt, et puis ses employés, et puis tout un tas de gens qui sortent on ne sait d’où, et puis, enfin, les collègues de la côte est. Raide dans son costume noir, Rafa tend l’oreille, et observe avec attention. Luciano annonce d’emblée la couleur : il veut une rencontre. Apparemment, on a des tas de choses à se dire. Callahan répond avec une apparente décontraction, mais O’Riordan le connaît assez bien pour percevoir sa nervosité. Pas sûr, cependant, que les autres s’en rendent compte.

Évidemment, c’est à lui que revient l’honneur d’organiser la rencontre en question. Rattraper Ludovico, puis trouver un lieu digne d’accueillir tout ce beau monde. Très naturellement, c’est au Millennium Biltmore Hotel que le gamin se pointe, avec l’assurance que donnent des poches pleines de dollars. Quelques heures plus tard, chez Joey, il fait son rapport à un Finn Callahan encore nerveux :

-J’ai réservé une suite, comme vous m’aviez dit, patron, et puis j’ai réservé aussi les chambres d’à côté. Me suis dit que ça valait mieux, histoire d’être tranquilles...

Autour d’eux, des gars évoquent Tony Montenza en buvant de la grappa. Les deux Irlandais font presque tache avec leur whisky et leur bière. On les laisse discuter entre eux, par déférence pour le nouveau patron. Rafa termine de donner des détails qui semblent rassurer Callahan, et se marre en le voyant faire le signe de croix - sans se tromper de sens :

-Eh, c’est bon, patron, vous allez finir par y prendre goût. On va vous retrouver en soutane, un de ces quatre.

Il allume une cigarette, pousse le paquet vers Finn, et reprend, plus sérieusement :

-C’est bizarre de se dire qu’il est… que c’est fini, quoi. Et encore, moi, je l’ai pas trop connu. Je suppose que pour vous, c’est vraiment… Il cherche le mot, ne le trouve pas, et renonce : En tout cas, il était vraiment bien, votre discours. Ça lui aurait plu, je pense. À la bonne vôtre, patron, conclut-il en levant son verre.

Quelques verres plus tard - mais seulement de la bière pour Rafa, qui, par principe, est le plus sobre des deux - Callahan et son second plient bagage, direction la villa du patron. O’Riordan est devenu un habitué des lieux, si bien qu’il a désormais sa chambre attitrée pour les fois où Finn veut le garder sous la main. Il faudrait dormir, mais les deux jeunes gens sont fébriles. Ils ne pèsent pas bien lourd face aux types de la côte est, et la rencontre du lendemain les inquiète. Ils restent longtemps à discuter sur la terrasse, après avoir fait honneur aux lasagnes que Santina a tenu à refaire en revenant de l’enterrement.

-D’après ce que j’ai compris, on devrait être une douzaine autour de la table, pas plus, patron. Nous quatre, entre votre cousin, son pote Mariotti, vous et moi. Et pour les autres, Luciano, Costello, Siegel, Cohen et quelques sous-fifres. Costello insiste pour poster quelques types à lui dans les deux chambres qui entourent la suite, on peut difficilement lui dire non, mais il y aura des gars à nous aussi. Normalement, on devrait pas avoir à les déranger. Luciano est venu en petit comité, apparemment il est pas sur le sentier de la guerre.

Ils sont de nouveau à discuter, au même endroit, après une nuit peu reposante, lorsque Ludovico Montenza les rejoint à l’aube, l’air suprêmement ennuyé. Aussi à l’aise que s’il était chez lui, il s’assoit, se sert un café, et s’adresse à Callahan :

-Alors, il paraît que tu as besoin de moi pour parler à ces types, à ce que m’a dit ton gus. Tu me mets au jus ? J’étais un peu occupé ailleurs, moi, ces derniers temps.


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Message#Sujet: Re: Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945)   Nearly the third world war + Rafa (Flashback - Mai 1945) Icon_minitimeJeu 29 Juil - 23:12



Nearly the third world war
Rafa & Finn
Finn se marre quand Rafa lui dit qu’on va le retrouver en soutane, parce que parole, ça, c’est bien la dernière chose qu’il voudrait. Il n’est pas assez pieux, et il aime trop les filles pour ça – ou alors il pourrait se faire prêtre de leur divine beauté, mais…non, ça c’est l’alcool qui cause. Mais ça lui fait de bien de rire à gorge déployée, sans arrière pensée. Pour ça, il remercie Rafa, même si la conversation revient bien vite sur Tony. D’humeur aux confidences ou ayant bu suffisamment pour se laisser aller, il réplique sans y penser, alors que ça en dit long sur lui. « Ouais, j’ai l’impression d’avoir perdu mon vieux. Me demande ce qu’il devient, le mien, d’ailleurs…tu te poses jamais la question pour ta famille, toi ? » Pas grand-chose, en ce qui concerne son père, il bouffe les pissenlits par la racine ; évidemment, Finn ne le sait pas. Eamon n’était pas du genre à lui donner des nouvelles. Mais voilà, maintenant que l’oncle Tony est mort, Callahan se demande ce qui le rattache encore à LA. Il ne sent pas à sa place, soudainement, entouré par tous ces ritals, il fait tâche. Soudainement, l’Irlande lui manque. Ce n’est qu’une mauvaise passe, une idée venue sur un coup de tête. Il n’ira pas voir ses parents à Londres, il ne refoutra pas les pieds à Dublin ou à Belfast, non, même s’il a un peu investi là-bas de son côté. De toute façon, c’est une illusion causée par le whisky, se dit-il, de croire que chez soi, c’est un lieu, et que là-bas est plus chez lui qu’ici. Car il n’est le bienvenu nulle part, ça a toujours été comme ça : à tout prendre, c’est aussi l’occasion de se créer le foyer qu’il veut. Mais Rafa c'est différent. Il a une mère, des frères, et même si son beau-père est un gros con, ceux là lui manquent peut-être. Pourtant il reste avec lui. Pris d’une soudaine affection pour O'Riordan, seul compatriote du coin et seul à comprendre ce que ça veut dire l’errance, aujourd’hui, il trinque avec lui avec un sourire honnête : « Te remercie. A la tienne. »

Le reste de la soirée se passe à boire et à chanter, en Irlandais et en italien, et puis à préparer le lendemain. La conversation reprend au petit déjeuner, pour apporter les dernières précisions nécessaires – les autres gars, c’est Lansky, la banque – et peaufiner les derniers détails, comme la nécessité de rééquilibrer un peu la composition de la réunion, en invitant Maguire, et puis tant qu’à faire, en faisant venir Harris et Lowell, les avocats du clan Montenza, car vu le prix qu’ils payent ces deux tocards, ils ont de toute façon intérêt à rappliquer fissa. Pour le reste, Finn, qui connait bien le Biltmore, fait entièrement confiance à Rafa : l’idée est de maitriser la situation opérationnel et de passer à leur avantage sans pour autant froisser leurs interlocuteurs.

Ils en sont là quand Ludovico débarque. Le regard que coule Finn à Rafael est surpris, et un peu peiné, avant qu’il ne lance en avalant son café : « Toujours à l’ouest, toi, eh ? J’essaie de te rendre service, moi, hein. Ils vont sans doute vouloir garder Vegas, alors bon, c’est ton truc, même si tu repars en Angleterre. Je me suis dit que tu voudrais venir. » Pour Callahan, l’italien est une énigme qu’il a du mal à déchiffrer. Loin d’imaginer que puisqu’il croit qu’on l’a évincé depuis une bête histoire d’arrestation, Montenza a décidé de mener ses affaires ailleurs, Finn s’inquiète un peu pour son cousin. Au téléphone, lorsqu’il l’a eu pour lui annoncer la nouvelle, il y a eu un blanc, et puis plus rien, c’est comme si la mort de son père n’avait pas existé. Pour la première fois de sa vie, il le sent peiné, et il se dit que cette pseudo-indifférence doit être pour lui une manière comme une autre de gérer le deuil.

Car Montenza est là, et alors qu’ils se dirigent finalement vers le Biltmore, il se prend lui aussi à récapituler les deals possibles, déjà pourtant évoqués mille fois. Idéalement, maintenir le même. Sinon, lâcher Vegas, mais contre une participation aux bénéfices du Flamingo et une entrée à son conseil d’administration, du moment que leurs intérêts restent intouchés en Europe et qu’ils ont une main dominante à LA. Voilà les objectifs et ce sur quoi il ne faut pas céder. Est-ce qu’il a prévu des hommes dans la suite ? Finn se marre, lance d’un ton amusé, affalé à l’arrière de la voiture alors que Rafa conduit : « Alors tu m’expliques la vie ? T’entends ça, Rafa, le capitaine Montenza m’explique la vie. C’est bon, panique pas. On est prêts. J’ai pas raison, Rafa ? »

Il n’empêche, mieux vaut arriver les premiers. Simple question d’influence et de montrer qui reçoit qui. Guidant les deux autres à travers le Biltmore, ils s’installent au lobby, où ils sont rejoint par Mike, puis Mariotti, et les deux avocats. « Les gars sont déjà installés ? ceux de Costello, ils sont où ? » Interroge Finn à voix basse. Il est nerveux, sans se l’avouer ni rien dire aux autres. Il a beau se dire que Luciano et les autres n’ont pas intérêt à les liquider ni d’animosité contre lui, et il croit volontiers son second lorsqu’il dit que le don new-yorkais n’est pas venu faire la guerre, il n’empêche : ils ne pèsent pas lourd face à eux. L’oncle Tony savait gérer, mais lui ?

Pas le temps de trop se poser la question. « Les voilà. » Il se lève, suivi de Rafa et des autres, pour accueillir leurs invités si dangereux et prestigieux à la fois. « Laisse moi gérer, ils vont faire du bluff, ce n’est pas très grave. C’est le jeu. Juste une partie de poker comme celles qu’on fait à Vegas. » Il sourit et lui tape sur l’épaule. « Je compte sur toi pour assurer mes arrières. » Non qu’il ne fasse pas confiance à Ludo, mais comme il est italien, les autres pourraient essayer de le récupérer pour semer la zizanie entre eux. Rafa, il sait qu’il peut compter sur lui ; ils ont la même manière de jouer. Pire, il est même sûr qu’il a un peu trop bien réussi son enseignement et O’Riordan pourrait retourner ses coups contre lui s’il le fait.

Quant aux autres, ils ont l’air de requins, songe l’irlandais, en les observant de loin, flanqués de Bugsy et Mickey, avec Lansky qui a déjà ses dossiers tous prêts, et Luciano déjà en terrain conquis…Quelques commentaires sur le menu qu’on leur sert, typiquement italien, préparé avec grand soin par le personnel du Smeraldi, le restaurant de l’hôtel, plus tard, les voilà arrivés dans la suite présidentielle, avec sa grande salle à manger. Sauf que des hommes leur barrent la route. « Tu m’excuseras, Finnegan, mais j’aime manger ma salade caprese sans me dire qu’on va pointer un gun sur moi. Ça ne te dérange pas si Benjamin te fouille ? Et ton second aussi, commence par lui. » Il se tourne d’un air interloqué vers Costello et Siegel. Callahan soupçonne gentiment Luciano de la mise en scène : le Premier Ministre a l’air un peu contrarié, lui qui marche à la confiance et qui croit à la discussion. C’est plutôt une manière d’assurer l’ascendant en envoyant le dingue de service. Plier maintenant n’est pas une bonne idée. « Tu m’excuses, Finn, pas contre vous… » Bugsy s’est déjà avancé, mais l’irlandais gronde : « Touche-le et tu dis adieu à ta main, Ben’. Et c’est pas contre toi non plus. Rafa, recules, il te touche pas, tu entends ?  » Luciano secoue la tête. « On ne peut pas commencer comme ça. Il faut faire des concessions, Finnegan. Nous voulons cette discussion et nous tolérons que vous nous invitiez parce que vous êtes la famille de Tony. » Ludovico doit être encore plus agacé que lui parce qu’il lance avec une courtoisie froide: « Permettez-moi, don Luciano. Ici c’est nous qui vous tolérons. Nous ne sommes pas sur la côte Est ou en Sicile. »

La menace est à peine voilée et l’ambiance, déjà un peu froide, se tend brusquement. Finn jure dans un gaélique rapide, voyant le geste de Rafa pour arrêter la bagarre, avant même que Bugsy ne bouge, mais Finn attrape sa main avant qu’il ne touche Ludovico, qui recule d'un bond. « Ça vaut aussi pour lui, Benjamin. » Puis avec une tranquillité qu’il n’a pas : « Si on doit être fouillés par vos seconds, il va falloir accepter que Rafa vous fouille aussi. » Luciano fronce les sourcils de déplaisir. « Pardonnez-nous, don Luciano. Je crois que Ludovico essaye simplement de dire, et vous serez sans doute d’accord si je le reformule comme ça, que si on négocie, on doit le faire d’égaux à égaux. Ou alors ça ne s’appelle plus négocier. Soit tout le monde est fouillé, soit personne. » Costello le regarde d’un air étrangement méditatif, avant de glisser quelques mots dans un dialecte que Finn ne comprend pas au parrain, qui semble se ranger à son avis. « Allons-y, donc. Après toi, Finnegan. » Précédant les avocats et suivi par deux hommes – tampon salutaire et assurance que personne ne se tirera dessus, Callahan ouvre donc la voie. Alors qu’ils arrivent dans la salle à manger de la suite présidentielle, il glisse d’un ton qui se veut rassurant à Rafa : « T’inquiète pas, tout va bien. Ce n’est que de l’esbroufe, comme je te disais. Pour l’instant on s’en sort bien, c’est pas grave si c’est un peu rugueux. Je maitrise. »

(C) CANTARELLA.

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