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 Free world, fair trade + Rafa

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SORCIER
Hari Shafiq
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Message#Sujet: Free world, fair trade + Rafa   Free world, fair trade + Rafa Icon_minitimeSam 23 Avr - 0:55



Free world, fair trade
Rafa & Hari
Ça bruisse d’agitation en ce début de vendredi soir à l’Emerald. Trop de bruits et d’agitation, on vient pour se vider la tête du climat actuel, pas tellement pour faire affaire. Dans son coin, Hari Shafiq joue au poker en mangeant son premier vrai repas de la journée. Une courte évaluation du public, qu’il a tout le loisir d’étudier, suffit à lui faire comprendre que c’est la mauvaise soirée pour obtenir plus d’information sur la succession Mallory. Dommage. Se renseigner mine de rien pour savoir si quelqu’un se décidait à écouler au noir l’héritage du vieux était sa meilleure piste, puisqu’il a fait chou blanc à Pondichéry, dont il revient juste. Drôle d’affaire, la succession Mallory, qu’il a repris après la disparition de son collègue, Higgins, alors chargé du dossier, dans des circonstances louches, déjà à Pondichéry. Il y a un truc à creuser, mais là, il est dans une impasse. C’est frustrant.

Vaguement agacé, Shafiq décide donc de décaniller devant le constat de l'inutilité de l'opération – « je te rends service, mon vieux, crois-moi, tu allais perdre  », lance-t-il à son partenaire médusé – et se lève donc pour régler au bar. Le patron, Rory Callahan, y est en grande discussion avec un cousin éloigné de Hari, le petit Reed Avery. On le salue à peine, ce qui l'étonne. C'est convenu de son cousin et il est habitué à l'étiquette de traitre à son sang en voie de rédemption, ce qui l'indiffère. Mais c'est plus étonnant de la part de Callahan, qui d'habitude ne manque pas de le flatter dans l'espoir (vain, quand on connait l'état des relations entre le frère et la soeur) de rester dans les bonnes grâces de Reha. Son attention piquée au vif, l'archéologue tente de saisir la conversation. Celle-ci roule sur un Rafa O'Riordan, qui aurait été le second du frangin cracmol de Callahan (Finn de son prénom) et qui semble avoir repris les affaires de ce dernier après sa mort, dont Rory ne cessait de se réjouir et de se vanter. Cependant, l'enjeu reste un mystère pour Hari. Il ne parvient d'ailleurs pas à comprendre grand chose - l'adresse d'un bar saisie au vol, le fait que O'Riordan se soit fait cassé le nez - sinon que l'affaire agace beaucoup les deux protagonistes.

Alors que son cousin s'en va sans le saluer, le mafieux semble finalement réaliser qu’il est là. « Tiens, mais c’est Hari Shafiq. Votre charmante sœur n’est pas avec vous ? » Ledit Hari doit retenir un ricanement du autant au fait que Reha n’apprécierait sans doute pas l’adjectif venant de Rory qu’à la mine pleine d’espoir que cette espèce d’ours affiche ou qu'aux illusions que ce dernier entretient. « Ça se saurait si je pouvais dicter son emploi du temps à ma sœur. D’ailleurs je m’en allais. Des soucis avec mon cousin ? » Réplique-t-il mine de rien. L’autre se prend d’un gros rire. « Non, les affaires, rien de grave. Passez une bonne soirée et transmettez lui le bonjour, alors, elle nous manque ici ! »

Hari ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel alors que Rory s'éloigne et ne se donne pas la peine de répondre. De toute façon, il ne comptait vraiment pas trainer. Il quitte donc le bar sans même avoir terminé son verre, sans en avoir appris plus sur son histoire de succession et sans avoir tiré les vers du nez à Callahan concernant le cas O’Riordan. Vraiment pas très loquace, le Rory, comme s'il ne voulait pas lui parler. Curieux, mais pas totalement illogique quand on connait les affaires louches du personnage.

Reste qu’il n’est même pas dix heures du soir et qu’il s’emmerde. Que faire ? Il lui faut une occupation. Rentrer et dormir ? Non. Il a beau avoir déménagé, il a besoin de s’occuper. De faire des choses. Rentrer, c’est tourner en rond. Ça le renvoie à chaque fois à des souvenirs sombres et à Marianne. Les bars, le boulot, la recherche, c’est uniquement un moyen de s’occuper, de ne pas penser, de ne jamais penser à ça.

La dernière option, c’est le monde moldu. Sans s’en rendre compte, Hari y atterrit à chaque fois et à force d’habitude, il sait s’y fondre. Or ici, il a une destination et un but. Le Cohan, dans Kilburn. Il veut voir. Juste comme ça, sur un coup de tête, parce que ça l’occupe, que ça lui évite de penser. Par pure curiosité scientifique, sans doute aussi. Pour se rendre compte de qui est Rafa O’Riordan, le né-moldu au nez cassé qui agace Callahan. Ce dernier point éveille la curiosité de Shafiq et lui rend sympathique le personnage sans le connaitre, comme tout ce qui contrarie la grossièreté et le mépris, et le sentiment de supériorité artificiel que le mafieux s’est construit. C'était déjà le cas pour Finn Callahan, qu'il aurait bien aimé rencontré et dont il avait déjà intérieurement pris le parti. Autant ne pas laisser passer cette chance, si l'on peut dire, avec O'Riordan, non ?

Alors le voilà parti, une fois passé chez lui, pour le Londres moldu et Kilburn, sur un coup de tête. Voilà le genre de type qu’est Hari. Il n’a aucune idée d’où il va et de comment il s’en sortira, mais il fait confiance à ses connaissances et à son inventivité en se disant que ce sera suffisant. Après tout, il maitrise les codes, il a fait étude des moldus à Poudlard, il les fréquente. En dehors du choix d’un costume de bonne facture et passe-partout, il n’a donc pris aucune précaution particulière.

Mal lui en prend. Londres lui est familier, mais dans Kilburn, il détonne. Les premiers fêtards un peu avinés qu’ils croisent n’ont manifestement jamais vu d’immigré de leur vie, en tout cas en costume, et ça surprend. Autant que lui lorsqu’il tombe sur un Slim décidé à lui barrer la route. Un monstre, le gars, c’est impressionnant, qui le regarde d’un œil intrigué sans que Hari comprenne pourquoi, comme il est passé à côté des moqueries des fêtards. Le racisme et l’exotisme, ça ne lui parle pas – les divisions sorcières se font sur autre chose et paradoxalement, son monde a lui est plus multiculturel.

La question tombe dans un grondement. « T’es qui ? On rentre pas comme ça. Toi comprendre ? » Sans voir le mal ou la moquerie, Hari rétorque d’un ton badin : « N’étant pas retardé, je crois, oui. Je viens voir le patron. J’avais espéré boire un verre. On gèle un peu, avec le smog, n’est-ce pas ? Je peux, alors ? » La porte s’ouvre aussi grand que la mâchoire de Slim, qui parait se demander s’il a bien entendu l’accent très BBC de ce drôle de type.

L’intérieur du Cohan, enfumé et bondé, ressemble furieusement à celui du Emerald, jusqu’à la populace qui y écluse son bock de bière. Hari s’installe dans un coin un peu sombre, près de la porte, au cas où, embrassant la salle du regard et cherchant à se faire une idée. C’est qu’il est bon pour ça, Hari. Observer, c’est son truc, et quoiqu’il ne retire de la satisfaction à assassiner un adversaire dans un débat d’une petite phrase, il n’est pas comme son cousin, Tibérius, toujours au centre du débat. On peut deviner à son placement dans la pièce, ce soir même encore, ce qu’il en est de cette personnalité analytique. Il est sur le côté, en marge, spectateur de ce qui est un théâtre, s’amusant de l’analyse muette qu’il fait des gens ou en tirant le bénéfice qu’il est précisément venu chercher. On apprend beaucoup lorsqu’on sait écouter et laisser les gens parler, croit Shafiq, et là, il n’a plus qu’à attendre de voir s’il voit O’Riordan.

Ou mieux, carrément à demander, car ce qui lui semble être le tenancier se pointe pour lui grogner avec méfiance, que Hari attribue à son caractère de nouveau venu : « Vous prenez quoi ? On fait pas crédit, hein. » Il sourit aimablement et sort un billet de dix livres qu’il pousse vers Cohan. « Pas de problème. Je prendrais un whiskey. Sans glace. Merci bien. Oh, et…J’ai dit à votre…videur ? si on peut dire, que je cherchais M. O’Riordan. Il est là ? » La réponse ne se fait pas attendre. « Bougez pas. » Liam décanille aussi sec vers le fond de la salle pour parler à quelqu’un que Hari distingue mal, dans le fond de la salle. Il ne tarde pas à comprendre, au vu des marques impressionnantes qu’arbore l’individu qui se lève pour venir vers lui, de qui il s’agit. « Monsieur O’Riordan, je suppose. » Lance-t-il aimablement mais sans se lever. « On m’a parlé de vous. Vous prenez un verre ? »
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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: Free world, fair trade + Rafa   Free world, fair trade + Rafa Icon_minitimeSam 23 Avr - 21:54

Free world, fair tradeHari & Rafa

Le patron, au Cohan, et de toute éternité, c’est Finn Callahan, et personne d’autre. La fiction de sa mort est déjà presque oubliée ici, si ce n’est pour raconter en riant comment on a berné les Italiens, et comment on les a possédés. Dans le bureau du patron, punaisé au mur, le ruban “Regrets éternels” de la couronne déposée par Rafa sur la tombe vide témoigne seul de cet épisode, avec la casquette irlandaise portée par Callahan à ses obsèques. C’est presque le rôle d’une vie, pour lui ; pensez donc : qui a le privilège de suivre son propre enterrement, et de s’offrir une entrée aussi spectaculaire ? Rafa sent bien que son seul regret, c’est de n’avoir pas eu davantage de public pour profiter de la prestation. C’est le genre de performance qu’un acteur voudrait pouvoir réaliser devant des dizaines, des centaines de personnes. Là, il n’y avait qu’une poignée de mecs pour tout public, et encore semble-t-il que deux de ces happy few n’aient pas apprécié le spectacle à sa juste valeur.

Il n’y a plus guère que quelques sorciers mal informés pour croire encore que Finn Callahan bouffe les pissenlits par la racine. Côté moldu, l’histoire n’a pas tenu plus de quelques semaines. Une fois Montenza expédié, Callahan s’est à nouveau montré, ce qui a causé une certaine stupeur dans le quartier. Les Irlandais, volontiers superstitieux, se sont frotté les yeux devant ce qu’ils ont cru être un fantôme. Et puis ils ont fini par se rendre à l’évidence, et l’histoire est entrée dans les mille petites anecdotes de Kilburn. Pour les protagonistes de l’épisode, ce n’est qu’une péripétie parmi d’autres, à laquelle on ne pense plus vraiment. Alors, quand Slim indique à Liam qu’un type, un illustre inconnu, demande le patron, personne n’imagine que c’est Rafa qu’il veut voir.

Ledit Rafa se tient à sa table habituelle, au fond de la salle, à suivre distraitement une partie de poker endiablée entre trois gars du clan. L’esprit encore gentiment embrumé par la morphine que Matthews lui a enjoint de prendre quelques jours, il a préféré ne pas se joindre à la partie. Il se contente de regarder, d’évaluer les talents de l’un ou de l’autre pour le bluff, et, par réflexe, de compter les cartes.


-Rafa ?

C’est Liam qui vient de se pencher pour parler à son oreille.

-Y a un type qui demande après toi. Enfin, il a commencé par dire à Slim qu’il voulait voir le patron. C’est le basané, pas loin de la porte, là.

Rafa remercie et laisse les autres à leur partie. Un mec qui vient voir le patron et se rabat sur son second, pas besoin d’être devin : c’est un solliciteur de plus, un qui venait demander un service spécial, comme seule la Callahan company sait en rendre. Ou alors… en voyant le type, Rafa est pris d’un doute. Ce n’est pas le genre de client dont il a l’habitude. Un flic ? Mais on n’engage pas de bronzés, chez les flics. Et il est trop bien fringué pour en être un. Alors ? Un membre d’un clan rival ? Il y a quelques bandes d’Indiens dans Londres, mais rien de bien organisé, et encore une fois ce costard ne colle pas. Quoi qu’il en soit, Rafa aborde l’homme avec une certaine méfiance - et encore l’autre a de la chance qu’il ignore qu’il est un sorcier.

-En personne, répond-il lorsque l’homme s’enquiert de son identité. On m’a dit que vous vouliez voir le patron.

D’un signe de tête (qui a le tort de réveiller des douleurs dans son nez), il refuse le verre offert par cet inconnu. L’homme ne lui revient pas, et il va falloir qu’il montre patte blanche pour que la méfiance retombe. Et ce n’est pas avec son entrée en matière que les choses vont s’arranger. Rafa se fend tout de même d’un sourire narquois :

-Mon Dieu, qui a bien pu vous parler de moi, et pour quoi vous dire, mon bon ! Du bien, de toute évidence. On ne peut guère dire autre chose de moi. C’en est presque ennuyeux.

N’empêche, ça le fait gamberger, cette phrase. Il s’installe à la table du gonze, tout en passant en revue les gens qui auraient pu lui parler de lui. À aucun moment il n’envisage qu’il puisse s’agir de sorciers, ce qui montre bien qu’il ne réalise pas le danger qui le guette.

-A qui ai-je l’honneur, d’ailleurs ? J’aime bien savoir avec qui je cause.

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Hari Shafiq
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Message#Sujet: Re: Free world, fair trade + Rafa   Free world, fair trade + Rafa Icon_minitimeSam 14 Mai - 13:24



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Rafa & Hari
Bon, tu es venu, tu as vu, très bien. Et maintenant quoi ? La voix un peu sceptique de Marianne interroge Hari alors que le briseur de sort boit lentement son whisky en attendant que Rafael O’Riordan se décide à pointer le bout de son nez. Elle avait l’habitude de moquer cette manie de prendre soudainement des initiatives sans avoir réellement de plan, simplement parce que ça l’amusait. Personne ne fait ça, tu sais, disait-elle en riant, vous êtes vraiment bizarres, vous autres, les Serdaigle. Evidemment, Marianne n’est plus là pour le lui dire et l’en empêcher. Pire, Shafiq a même augmenté la fréquence de ce qu’il perçoit comme des expérimentations ou des observations de terrain et que quiconque de lucide appellerait des errances. Il erre pour combler le vide, pour s’occuper, en espérant que quelque chose de passionnant adviendra – que ce soit bon ou mauvais pour lui n’a aucune importance – et redonnera du sens à son existence où il se perd un peu. Rencontrer Rafa n’est qu’une tentative de plus en ce sens. Et pourquoi pas, aimait-il répondre à Marianne. C’est si inconcevable que ça que les gens puissent vouloir en rencontrer d’autres ? qu’ils n’abordent pas les relations sociales avec l’idée, derrière, d’obtenir quelque chose pour eux ? Si tout le monde fait ça, on ne s’en sort pas, non ? Personne ne fait pas vers l’autre. Comment on se rend compte qu’il n’y a pas de différence, ou presque, entre le public de l’Emerald’s et celui de ce bar, le Cohan, si on n’y va pas et si chacun reste sur ses rails ? Une baguette, ce n’est pas grand-chose – même si ça ferait hurler Reha et Riyadh qu’il dise cela, tout convaincus de la supériorité des sorciers qu’ils sont. Non, dirait Marianne. C’est simplement que venir dans un endroit rempli de mafieux, moldus ou sorciers, instinctivement méfiant envers les étrangers, même en montrant patte blanche et qu’on est inoffensif est vraiment inconscient…

De fait, Rafael O’Riordan, qui pour l’instant, est le seul à faire véritablement attention à Hari, parait plus que méfiant. Pour être honnête, le briseur de sort s’y attendait et il aurait même été déçu du contraire. A voir s’il s’en fera un ami – ça aussi fait partie du défi. Si ça tourne mal ? Oh, il en saurait s’en débrouiller. Présomptueux, lui ? Pas du tout. Négocier et être capable de s’exfiltrer en toutes circonstances fait partie des connaissances de base à avoir quand on travaille chez Gringotts. Et s’il y laisserait probablement des plumes, il reste suffisamment alerte et bon duelliste pour juger qu’il s’en sortira sans trop de problème.

Hari en sûr à 70%, pour le moment. Ca dépendra de la teneur de la conversation avec O’Riordan lui-même. Un sourire lui vient d’ailleurs en entendant les premiers mots de ce dernier. Ça ne trompe personne, évidemment. Moldu ou pas, Shafiq se rend bien compte d’où il est tombé, et il sait par expérience que dans les bas fonds, peu importe le clan auquel vous appartenez, vous vous faites toujours des ennemis. Même lui, qui navigue dans des milieux underground simplement par obligation professionnelle ou par curiosité scientifique, s’en est fait. Mais cette assurance parle à Hari, qui est plutôt bon joueur et sait rire de lui-même. Le « mon bon » offusquerait n’importe quel autre sang pur : lui, ça lui donne plutôt envie de rentrer dans le jeu, irrévérencieux qu’il est.

80%, réévalue-t-il donc machinalement avant de répliquer d’un aimable : « A l’évidence. » Dire que les gens bien ne se font généralement pas casser le nez ne serait pas charitable et même en dessous de la ceinture. Or Hari Shafiq appartient à la catégorie des gens qui recherchent certes le bon mot, mais avec une idée assez noble – ou snob – de ce que cela peut être. De plus, le petit discours de Rafa est une bonne occasion de prouver qu’il n’est pas exactement la pomme, ou l’aristocrate déconnecté des réalités pour lesquels ce dernier semble le prendre. Faisant mine de réfléchir un instant, il rétorque ensuite avec le plus grand sérieux : « En fait, je ne saurais pas dire si c’était en mal ou en bien. Je suppose que ça dépend de si vous êtes du genre à prendre le terme sang-de-bourbe comme une insulte ou comme une médaille. » Briser le secret magique de façon scandaleuse en évoquant explicitement le monde sorcier dans un bar tout ce qu’il y a de plus moldu ? Ce serait bien sûr à éviter, mais ce n’est pas ce qu’il vient de faire. D’abord, personne ne les écoute. Ensuite, puisque Rafa est un sorcier, on ne peut pas vraiment parler de révélation. C’est simplement un moyen de poser le cadre et de dire sur quoi va porter la discussion. Et ça marche, d’une certaine manière. A voir le mouvement de recul de son interlocuteur, Hari n’a pas de mal à voir que la mention du monde magique ne lui plait guère. Pourtant son but n’était pas de l’offenser, pas vraiment. Il n’est pas du genre à employer le mot sang de bourbe et il n’aime guère le terme. Simplement, il ne peut pas décider pour O’Riordan de son rapport avec le monde sorcier, sans voir que cela risque de tendre encore plus son interlocuteur et que cela peut être mal pris.

Il est cependant vrai que cet échange ne se fait pas tout à fait dans les règles de l’art, où l’on commence par se présenter. « Oh, oui, exact, Hari Shafiq. Briseur de sort à Gringotts. » D’ordinaire, son identité suffit pour faire comprendre qui il est – le sang pur excentrique quasi traitre à son sang qui vit un peu en dehors des codes, le magico-archéologue étrange qui travaille pour les gobelins, le fils prodigue des Shafiq…- et pour une fois Hari aimerait bien qu’on le reconnaisse, ça faciliterait les choses, autant pour son ego que pour la conversation elle-même.

En tout cas, si Rafa espérait mieux comprendre ce qu’il fiche là, c’est raté, aussi Hari décide-t-il finalement d’éclairer sa lanterne : « Vous intéressez des gens dangereux, M. O’Riordan. » Il n’a pas le temps de finir que l’autre semble se crisper de nouveau, comme prêt à lui sauter à la gorge : « Oh, allons, non, ce n’est pas moi la menace, détendez-vous. » Hari ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel, offusqué qu’on puisse le croire aussi bête et d’avoir à expliquer ce qui lui semble pourtant relever de l’évidence : « Si j’avais voulu m’en prendre à vous, j’aurais procédé autrement. Il faudrait être parfaitement idiot ou incroyablement suicidaire pour débarquer ici tout seul pour mettre le bordel et croire qu’on peut s’en sortir sans y laisser des plumes. Je ne suis ni l’un ni l’autre. » Les sourcils froncés, il parait relativement agacé qu’on puisse se permettre de douter de lui ainsi.

En fait, sur cet aspect, il trouve le mafieux assez lent à comprendre. Bon, qu’à cela ne tienne, la vision globale des choses est peut-être le propre des Serdaigle, ou alors O’Riordan ne s’occupe vraiment pas du monde sorcier. Avec une patience très professorale qui pourrait passer pour de la condescendance, l’archéologue se met donc en devoir d’expliquer les choses à ce dernier : « Je parle de Rory Callahan. La discrétion n’est pas vraiment son fort - sinon les clients qui essayent de régler leur verre n’entendraient pas à qui il compte faire sa fête - mais il faut avouer qu’il vaut mieux s’en méfier. » Ce n’est quand même pas sa faute s’il entend des choses et qu’il rend service en les apprenant à qui de droit, n’est-ce pas ? Il a même l'honnêteté de le dire. On ne fait pas plus éloigné d'une balance que ça, non ?

Il fiche ensuite son regard dans celui de Rafa : « Je n’aime pas beaucoup Rory Callahan, vous voyez ? Les connards qui se vantent de torturer des enfants parce qu’ils sont cracmols ou qui maltraitent leurs petites amies devant tout le monde, ce n’est pas mon truc. » Le mépris dans sa voix n’est pas feint et le ton est devenu dur, sans pour autant perdre sa patine aristocratique initiale. Combien de fois a-t-il assisté à des scènes odieuses où Rory Callahan se faisait un malin plaisir d’humilier la petite Eve Talbot, ou se réjouissais de la mort de son frangin ? C’est sans doute le personnage le plus détestable que Hari Shafiq ait jamais rencontré de sa vie. Tous les opposent, alors forcément, emmerder Rory lui parait une œuvre de charité qui mérite intérêt et surtout sympathie. « Votre patron avait l’air de beaucoup l’emmerder, alors j’avais de la sympathie pour lui. J’aurais bien aimé le rencontrer, mais les choses étant ce qu’elles sont, c’est impossible. Alors comme Rory a l’air de vous en vouloir de la même façon, j’ai de la sympathie pour vous aussi. Et puisque j’avais un peu de temps devant moi ce soir, je me suis dis que je viendrais me rendre compte par moi-même. » Voilà, c’est tout. Il n’y a rien à d’autre à dire, si ? En tout cas, Rafael semble tomber des nues, alors Hari se décide à renouveler sa proposition en attendant de savoir comment sa proposition sera reçue : « Vous êtes sûr que vous ne voulez pas vous assoir ? »
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Message#Sujet: Re: Free world, fair trade + Rafa   Free world, fair trade + Rafa Icon_minitimeHier à 9:00

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La décontraction qu’affiche O’Riordan n’est qu’apparente, et tout, chez l’étranger, l’incite à la méfiance. Sa qualité d’étranger, en premier lieu. Rares sont les nouveaux venus qui viennent s’installer au Cohan et réclamer après le patron. Sa tranquillité, aussi. L’usage commande qu’on évite d’arborer cette mine presque narquoise lorsqu’on s’aventure sur les terres du clan, jusqu’à ce qu’on y soit officiellement admis. La couleur de peau de l’homme, en revanche, n’affecte nullement le jugement de Rafa. Ce n’est pas cela qui le met mal à l’aise. C’est un ensemble, qui se dégage du visiteur et qui le classe d’emblée dans la catégorie des gens bizarres. Il n’a pas l’air de réaliser vraiment où il se trouve, et se comporte comme un aristocrate dans un club huppé. Inutile de dire que ça détonne, au Cohan. Ses phrases sont trop recherchées, ses manières trop impeccables pour un pareil endroit. Tout à ces réflexions, qui défilent dans son esprit sans qu’il ait vraiment le temps de les formuler, Rafa reste debout, tendu comme un arc, sans accepter le verre que lui offre l’homme. C’est l’instinct de survie qui parle. Quand on se trouve face à un type pareil, mieux vaut tout analyser, et tout analyser correctement. La plaisanterie n’est qu’un moyen de gagner un peu de temps, mais la réponse achève de braquer Rafa. L’homme ne semble pas s’en émouvoir, il a conservé son air affable et s’apprête manifestement à poursuivre la conversation comme si de rien n’était ; mais O’Riordan a besoin de digérer ce qu’il vient d’entendre, et il se met machinalement en quête de son paquet de cigarettes dans sa poche.

Sang-de-bourbe, il n’y a pas d’erreur possible, il a bien entendu. L’étranger quitte la catégorie des gens bizarres pour entrer dans celle des gens dangereux, instantanément : il n’y a qu’un sorcier pour employer cette expression, la dernière que Rafa s’attendait à entendre ici, au Cohan, en plein Londres moldu. Son visage se fige dans une expression hostile tandis que l’autre se présente, très tranquillement, avec toute la nonchalance possible. Hari Shafiq, un nom qui ne dit rien à O’Riordan, mais il n’a pas vraiment écouté : tout son esprit est occupé à retourner ce que l’homme vient de dire, sa façon de chercher à évaluer la réaction de son interlocuteur à la vieille insulte. C’est curieux, cette idée qu’on puisse la retourner et la prendre pour une médaille. Il faut avoir sacrément réfléchi à la question pour penser à ça, et ça semble signifier que Shafiq n’est pas de ceux qui se contentent de balancer du “sang-de-bourbe” à tout va.

Quiconque verrait Rafa à cet instant le trouverait très changé, frappé d’un mutisme inquiétant. Son silence ne semble pas déranger l’homme, qui poursuit seul ce qu’on ne peut appeler une conversation ; la mention de gens dangereux crispe encore un peu plus O’Riordan. Avery ? sur le moment, c’est le seul nom qui lui revienne, et il serre les poings, par réflexe. Ce sombre connard n’aurait quand même pas eu l’audace de lui envoyer un de ses petits potes pour essayer de l’intimider ? Vaguement agacé (allez savoir pourquoi), Shafiq détrompe son interlocuteur, sans lui rendre encore l’usage de la parole ; cependant, Rafa retrouve un peu de mobilité et se décide à allumer la cigarette qu’il a sortie du paquet, sans quitter l’homme du regard. À travers un nuage de fumée, il gronde :


-Rory Callahan, eh ?

Pas la peine de lui raconter qui est Rory Callahan, il sait à peu près tout de lui, des bastons qu’il infligeait à son Cracmol de frère aux roustes qu'il administrait à Eve. Shafiq a beau dire qu’il n’aime pas beaucoup l’aîné Callahan, Rafa ne se détend pas pour autant. La seule mention de ce type suffit à accentuer sa méfiance, et il lance à mi-voix :

-Vous êtes en train de me dire que vous venez là pour me parler de ce connard, juste comme ça, pour le plaisir de voir ma gueule ? Et je suis censé acheter cette salade ?


Personne ne fait rien gratuitement, jamais. Il ne voit pas pourquoi ce mec - un sorcier - dérogerait à la règle et viendrait l’avertir que Moustache lui en veut. Philanthropie ? ça n’existe que dans les livres, ça. Toujours aussi tranquille, Shafiq invite à nouveau O’Riordan à s’asseoir, comme s’ils étaient dans un quelconque salon huppé…

-Non, réplique Rafa d’un ton ferme. Plutôt envie d’aller prendre l’air. Ramenez-vous.

C’est qu’on les regarde, même si personne n’ose le faire trop ostensiblement. La présence de Shafiq intrigue les habitués du Cohan, et, de loin, Rafa devine Connell, la main sous le pan de sa veste, prêt à dégainer. Soucieux d’éviter ce genre d’embrouille avec un sorcier, il tourne les talons et enquille l'escalier, certain que Shafiq le suivra s’il tient vraiment à lui parler.

Dehors, la nuit est fraîche, et il n’y a pas grand-monde pour traîner dans la rue. Les rares passants se hâtent d’aller se mettre au chaud, et personne ne fait attention à deux types en train de marcher lentement devant le Cohan.


-Bon, maintenant qu’on est au calme, attaque Rafa, j’aimerais bien savoir de quoi il retourne. C’est bien gentil de venir me dire la bouche en coeur que Rory Callahan me déteste et que vous, vous aimez pas Rory Callahan, mais je suis pas le genre qui fait confiance à un inconnu juste sur sa bonne gueule. Qu’est-ce que vous me voulez, au juste ?

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