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 Les frères ennemis

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Message#Sujet: Les frères ennemis   Mar 17 Avr - 14:11





 

Bradley & Henry

“Les frères ennemis”
C
haque écrivain a sa manière de concevoir l'acte d'écriture. Certains le considèrent comme un don, quelque chose d'inné et d'inévitable, nécessaire à la survie de celui ou celle qui écrit. D'autres le considèrent comme un travail de longue haleine... Moi, je crois que c'est un peu des deux, mais je n'y réfléchis pas vraiment. Pour moi, je dirais que c'était quelque chose de naturel... je ne sais pas si je peux le qualifier comme un don, parce que même si je ne suis pas un grand modeste, je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai la plume d'un Hugo, d'un Fitzgerald ou d'un Wilde, mais c'est quelque chose qui m'est aussi indispensable que de respirer, de manger, de boire... Quelque chose de vital, une flamme qui me maintient dans l'existence, et un flamme que j'avais cru définitivement perdre quand Christopher a osé me laisser penser que Pomona était bel et bien morte (je le retiens, celui-là).

Sauf que non, elle n'est pas morte, elle est bien vivante et déterminée en diable à changer le monde, à faire ce qu'il faut pour le bien commun. Je crois que je n'ai jamais été aussi soulagé de mon existence, et maintenant, l'inspiration m'est revenue, et en nombre. J'ai toujours eu un faible pour la fiction, parce que je considère qu'elle en dit plus sur la réalité que le pur documentaire, mais je n'ai jamais à ce point voulu que l'un de mes textes soit considéré comme "vrai". Vrai tout en semblant faux. C'est ce à quoi je m'active.

Et c'est pour ça que j'ai pris place ici, aux Trois-Balais. J'aime cet endroit, il est chargé de bons souvenirs, et hors des périodes d'affluence, il est très agréable. Je ne suis pas d'humeur à travailler chez moi. Même si je sais ma nièce en vie, l'appartement est trop imprégné de sa présence, et ce n'est pas très encourageant. Là au moins, je suis bien, je me laisse porter par la légère agitation ambiante. Les bruits du monde ne m'ont jamais dérangé, ils m'ont toujours plus inspiré que le silence. Ma plume glisse incessamment sur le parchemin, au point que je ne prête plus attention à ce qui se passe autour de moi. Je le regrette, je le regrette vraiment, car cela ne me prépare à la présence de l'homme qui vient de passer la porte du pub.




         
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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Jeu 19 Avr - 17:51


Les frères ennemis
B

radley était... perturbé. Plus que jamais, il comprenait qu'il perdait le contrôle, qu'il n'avait plus la maîtrise sur quoi que ce soit dans son existence. Le vernis lisse et élégant qu'il avait apposé sur son existence pour briller au regard de la société était en train de se ternir, et il n'y avait plus le moindre plan de sa vie sur lequel il avait d'emprise. Même son pilier le plus fiable et le plus sûr, sa grande certitude dans l'existence, lui échappait. Esther s'éloignait de lui... et il commençait à penser qu'elle ne l'aimait plus, qu'elle le détestait, même. Il se sentait perdu. Avancer à contre-courant, garder la tête haute, préserver ce qu'il lui fallait de fierté, c'était son quotidien, mais ce quotidien lui paraissait improbable à poursuivre si Esther n'était pas de son côté. Et il l'avait perdue... Il ne savait plus quoi faire... Il s'égarait... Tant et si bien que voilà qu'il passait le pas des Trois-Balais.

Il ne savait pas du tout ce qu'il faisait là, ni à quoi cela rimait précisément. Il avait eu un rendez-vous sur Pré-au-Lard un peu plus tôt avec un client, et maintenant, il ne se sentait tout simplement pas capable de rentrer chez lui tout de suite. Alors il était venu là, même si aller boire un verre seul n'était absolument pas dans ses habitudes... et n'aidait pas forcément son image non plus. Mais il rencontrerait certainement personne. Pas de sortie scolaire, l'endroit était pratiquement désert. Une fois à l'intérieur, Bradley s'imprégna d'une atmosphère longtemps oubliée, dont il avait l'habitude quand il était à Poudlard. Il sentit un vent de profonde nostalgie l'envahir. Beaucoup de souvenirs étaient liés à cette époque. Puis, sans qu'il le veuille, il songea à Pomona, considérant qu'il n'y a pas longtemps, elle-même devait se rendre aux Trois-Balais régulièrement. Seule ? Avec ses amis ? Est-ce qu'elle en avait... ? Plus il y pensait, plus il admettait qu'il ne savait définitivement rien d'elle. Bref... Ne pas penser à elle, ne pas penser...

Alors qu'il cherchait une table où s'installer, il fut rappelé à d'autres considérations avec une telle violence que son voeu fut exaucé, mais pas pour le meilleur. Parce que son frère était là. Bradley hésita. Il pourrait l'ignorer. Mais il ne le voulait pas. Ce serait comme i ce devait être lui qui avait des choses à se reprocher. Alors que, à ses yeux, Henry était responsable de tout.

-Tu n'as toujours pas revu tes ambitions à la hausse, à ce que je vois, observa-t-il en considérant d'un oeil dédaigneux la plume et le parchemin étalés sur la table.





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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Mar 15 Mai - 16:10





 

Bradley & Henry

“Les frères ennemis”
L
es moments de grâce ne sont jamais faits pour durer. Je suis bien placé pour le savoir, on ne peut pas dire que c'est la première fois que ça m'arrive. Bien souvent, quand l'inspiration m'assaille, je peux être sûr qu'elle va vite être bridée par je ne sais quel parasite extérieur. Et là, pour un parasite, c'est un sacré spécimen qui vient me déranger dans mon écriture. Bradley en personne. Quand je considère l'état de nos relations, je n'y vois que du gâchis. Nous avons été très complices, à une époque, vraiment... ça n'a pas duré longtemps, car mon intégration à Poudlard à commencer de creuser le fossé entre eux, mais quand même. C'est là qu'on voit combien une éducation vous façonne totalement en homme. Nous avons reçu la même, mais je m'en suis émancipé, lui est resté prisonnier. Aujourd'hui, nous en sommes là. Et il s'adresse maintenant à moi avec un mépris si souverain que n'importe qui qui passerait par là ne soupçonnerait pas une seule seconde que nous sommes frères, tous les deux.

-Bradley, moi aussi je suis heureux de te voir,
je réponds avec une ironie immense, car je me serais bien abstenu de le voir, en vérité.

D'autant que déjà que c'était tendu entre nous, je ne pense pas que les récents événements doivent y changer quoi que ce soit. Je lève les yeux des parchemins étalés sur la table pour fixer mon frère du regard. J'aimerais le croire pâle, amaigri ou n'importe quoi qui laisserait supposer que la perte de sa fille l'a affecté. Mais comme d'habitude, il n'en montre rien. Je finis par penser qu'elle a raison, il n'a pas de sentiment.

-Je ne te présente pas mes condoléances, j'imagine que ce n'est pas nécessaire.

En vérité, ce n'est pas nécessaire, en effet, puisque Pomona est toujours en vie, et en pleine disposition de ses moyens. Mais il ne le sait pas, si les choses empirent, peut-être qu'il ne le saura jamais. Et je ne sais pas s'il en a vraiment quelque chose à faire ou pas. Pour tout dire, j'en doute complètement. Pas une seule fois il a cherché à renouer contact avec Pomona quand elle vivait sous mon toit. Sa fille était déjà un fantôme pour lui. Le genre de choses que je ne pardonne pas, et que je ne cautionnerai jamais;


         
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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Mar 15 Mai - 19:50


Les frères ennemis
B

radley fit mine de ne pas relever la remarque profondément ironique de son frère. Ce n'était pas comme si il lui devait quoi que ce soit, pas la moindre marque de politesse, pas la moindre salutation. Il y avait longtemps que Henry avait cessé d'exister aux yeux de son frère (enfin, théoriquement, du moins - ce qui était donc tout aussi théorique que pour Pomona en fin de compte), et il n'allait pas faire semblant aujourd'hui. Il trouvait d'ailleurs particulièrement déplacé de la part de Henry de le provoquer à l'heure actuelle... Ce n'était pas le lieu, ce n'était pas le moment. En fait, il n'y avait ni lieu ni moment, la situation ne s'y prêtait tout simplement pas, un point c'est tout, et même s'il l'avait sans doute cherché en allant aborder de lui-même son interlocuteur plutôt que de l'ignorer, il était bien incapable de considérer ses remarques, qu'il estimait hautaines et déplaisantes, sans y réagir un tant soit peu. A l'intérieur, ça bouillonnait, ça bouillonnait... et quand Henry affirma qu'il n'avait aucune condoléance à lui prêtait, Bradley se sentit tout simplement prêt à imploser.

-Je te demande pardon ?
dit-il d'un ton froid et au-delà de sévère. Et pour cause, sil y avait un sujet sur lequel il valait mieux ne pas l'attaquer en ce moment, c'était celui de sa fille. Il donnait le change de manière générale, mais c'était de plus en plus difficile. Déjà parce qu'il sentait son mariage se déliter, enfin parce que son frère le connaissait mieux que la plupart, il ne serait peut-être pas dupe. Et puis, c'était lui qui lui avait volé sa fille en premier lieu. Je t'interdis ne serait-ce que de parler d'elle, ajouta-t-il alors en plaquant sa main sur la table et en ancrant son regard dans celui de son frère. Tu n'as pas la moindre leçon à me donner. Tu es entièrement responsable de ce qui lui est arrivé.

Et il le pensait. Enfin, peut-être pas quand il disait "entièrement", mais il estimait quand même que Henry avait une grande part de responsabilité dans tout cela. Parce qu'elle lui avait communiqué le pire exemple possible, il lui avait mis des idées stupides dans la tête, il avait encouragé ses vices et ses erreurs, ceux-là même qui l'avaient conduite directement à Azkaban. Sans âme. La colère qu'il éprouvait à l'égard de son frère était décuplée par les circonstances. Il l'avait trahi, c'était aussi simple que cela. Et c'était impardonnable.





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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Dim 3 Juin - 11:41





 

Bradley & Henry

“Les frères ennemis”
E
st-ce donc une émotion humaine que je vois transparaître sur le visage de mon frère à l'évocation de sa fille ? Comme c'est étrange, je l'en pensais dénué. Malgré tout, la nature de cette émotion reste à déterminer. Je distingue comme de la rage. Née de l'incapacité de Bradley à avoir fait quoi que ce soit pour Pomona ? Celle que j'ai ressenti moi-même ? Même si j'ai envie de laisser le bénéfice du doute à mon frère, le fait est que j'en doute très fortement... Je pencherais plus pour une sorte d'agacement, celui d'un homme dont le schéma de vie bien-pensant et fondé sur les apparences s'est déconstruit, écroulé, et qui peine à présent à savoir que dire ou que faire, qui voudrait que cet épisode soit oublié alors qu'il ne peut guère l'être, ne le pourra jamais. Bien sûr que je peux me permettre de le prendre de haut, de l'accuser, de le blâmer. Parce que le fautif, celui qui a mal agi dans l'affaire, c'est bel et bien lui, pas moi, peu importe ce qu'il peut bien en penser. Je me sentais capable de ne lui adresser que mon mépris, mais quand il me rend responsable de ce qui est arrivé à Pomona (ce qui ne lui est pas arrivé, plutôt), je ne peux que sortir de mes gonds.

-Responsable ? J'ai pris soin d'elle, je l'ai aidée à s'accomplir, j'ai fait montre d'estime et de compréhension à son adresse, en bref j'ai fait ce que TU n'as jamais été capable de faire. Si tu cherches vraiment un coupable, alors regarde-toi dans une glace, moi je n'ai rien à me reprocher.

Lui, tout un tas de choses. Bon, pour ce qui étaient des circonstances, de ce qui l'avait conduit à Azkaban, il n'y avait qu'un seul individu à blâmer, et ce n'est ni lui, ni moi, c'est cet individu du nom de Tom Jedusor. Mais je ne laisserai pas mon frère m'accuser de tout et n'importe quoi. J'ai défendu sa fille quand lui l'a tout bonnement abandonnée. Qu'il se remette en question avant d'accuser avant tous les autres. Il est fautif à bien des titres.





         
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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Lun 4 Juin - 18:41


Les frères ennemis
D

éfinitivement, Bradley regrettait d'avoir abordé son frère. Il aurait dû se contenter de passer son chemin et de faire mine de l'ignorer comme il savait si bien le faire au quotidien (mais au quotidien, il ne l'avait pas juste sous son nez), mais ça avait été plus fort que lui, il avait laissé parler sa rage, son agacement, sa tristesse, son amertume... Et voilà ce que ça avait donné. Maintenant, le moindre mot que Henry prononçait était comme autant de coups de poignard qu'on lui planterait en plein coeur. La façon dont il osait parler de sa fille... qu'il avait pris soin d'elle, qu'il l'avait aidée à se développer et à s'affirmer... ça l'agaçait. Parce que le rôle que Henry lui affirmait avoir tenu n'était pas celui qui lui incombait. Henry avait agi en père pour Pomona, c'était aussi simple que ça. Et cette pensée était terrible, vraiment terrible, à ses yeux. D'accord, il l'avait cherché, c'était lui qui avait renoncé à son rôle de père... Mais ce n'était pas une raison pour que Henry l'endosse à sa place. C'était pour lui une double trahison, et que son aîné lui renvoyait en pleine figure sans aucune forme de délicatesse. Il bouillonnait, bouillonnait, et se sentit exploser une nouvelle fois quand Henry osa affirmer qu'il n'avait rien à se reprocher, quand lui serait le grand fautif de l'affaire.

-C'est toi qui lui a mis toutes ces idées stupides dans la tête, c'est toi qui l'a détourné du droit chemin. Elle est tombée sous ton influence et tu as fait d'elle une terroriste, une criminelle.

Sa voix tremblait pour chacun des mots qu'il prononçait. Il essayait de se contrôler, et le contrôle de soi n'était normalement pas un problème pour lui, c'était sa grande habitude. Mais là, difficile de se contrôler. Personne ne savait si bien - et si rapidement - le faire sortir de ses gonds que son frère. Une tension immense l'envahissait, cela faisait trop longtemps qu'il prenait sur lui. Tout partait en vrac, c'était un immense bordel, dans sa tête et dans son coeur, et rien ne s'était arrangé, au contraire, depuis qu'il s'était disputé avec son épouse. Il tenait, malgré tout, à se dédouaner, à avoir le dernier mot. Il n'était pas capable d'assumer ses erreurs, il n'était pas capable d'admettre ce qu'il ressentait. Alors il ferait payer tous les autres pour ça.







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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Mar 12 Juin - 14:45





 

Bradley & Henry

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J
e lève les yeux au ciel en écoutant les éternels reproches de mon frère, qui sont moins que jamais d'actualité. Ce discours, j'ai l'impression de l'avoir entendu des centaines de fois, alors même que Bradley et moi nous sommes employés à nous parler le moins possible et cela depuis des nombreuses années. Je n'avais pas besoin de ses discours et de ses reproches pour savoir ce qu'il pensait de la situation, ceci dit. Je sais ce qu'il pense de moi, et je sais ce qu'il m'imagine avoir voulu faire quand j'ai pris Pomona sous mon aile : la façonner à mon image et l'éloigner de lui. Seulement, cette théorie impliquerait que ce soit moi qui soit allé trouver Pomona quand cette dernière a courageusement choisi de fuir ses obligations familiales pour suivre sa propre voie, et ce n'est pas du tout le cas. C'est elle qui est venue frapper à ma porte, et bien évidemment, je lui ai ouvert. Parce qu'elle n'avait nulle part où aller bien sûr, mais pas seulement. Je l'ai fait parce que moi, je tiens à elle. Et oui, il pourra me reprocher d'avoir joué le rôle de père pour elle, mais la faute à qui ? Si Bradley avait été lui-même capable de reconnaître les talents et les aspirations de sa fille, je n'aurais pas eu besoin de m'en charger à sa place. Je trouve ce procès d'intention particulièrement malvenu, et j'ai la ferme intention de le lui faire comprendre.

-Tu ne sais vraiment rien de ta propre fille, c'est affligeant,
je réplique d'un ton qui transpire le jugement.

Parce que je le juge, oui. Il a eu la chance d'avoir une enfant brillante, forte, courageuse, intelligente... et lui, il a voulu l'abandonner à un sort de convenance qui n'aurait pas pu correspondre une seule seconde à qui elle est à ce qu'elle voulait. Et là, c'est de mieux en mieux. Si Bradley connaissait vraiment sa fille, il aurait conscience de son sens de la justice, il saurait sans même que qui que ce soit ait besoin de le lui dire, que Pomona n'avait rien d'un assassin ou d'un terroriste. Merde, cette fille qu'il juge si durement est juste l'actuel symbole de la révolution en marche... Quel gâchis !

-Si tu la penses vraiment capable de ce dont tu l'accuses, c'est vraiment que tu n'as rien compris.



         
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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Mar 12 Juin - 18:33


Les frères ennemis
D

écidément, aborder son interlocuteur n'avait vraiment pas été une bonne idée. Au vu des circonstances, le sujet "Pomona" était tout simplement inévitable, et ce qu'il le forçait à entendre à son sujet était loin de lui plaire. Pas parce que Henry accusait sa fille de tous les noms mais parce que, bien au contraire, il prétendait l'avoir mieux connu que lui-même. Il avait envie d'affirmer que non, Pomona avait vécu bien plus longtemps sous son toit que sous celui de son frère, mais évidemment, ce serait faire preuve d'une mauvaise foi plus que manifeste... Oui, Pomona avait passé techniquement plus de temps à ses côtés que l'inverse, mais la Pomona qu'on lui avait ôté, celle qui avait reçu le baiser du détraqueur, c'était bel et bien celle que Henry avait gardé sous son toit, et c'était d'ailleurs ce qu'il lui reprochait en premier lieu. Il se pouvait bien que Henry ait raison, mais l'idée que son frère, à qui il ne parlait plus depuis tant d'années, puisse en savoir plus sur sa propre progéniture que lui, c'était difficile à avaler. Même s'il ne faisait que dire ce que Bradley ne pouvait s'empêcher d'espérer penser : que Pomona avait bel et bien été innocente... Mais si tel était le cas, non seulement il devrait remettre le système qu'il défendait en question, mais en plus, elle serait morte pour rien. Est-ce que c'était forcément mieux, alors ?

-Je me contente des faits,
répondit-il en essayant d'être le plus pragmatique possible.

Seulement, sa voix tremblait un peu, et si d'autres ne le remarqueraient peut-être pas, Bradley savait que c'était le genre de chose que son frère était bel et bien capable d'entendre. Le fait est que cette conversation ne lui rappelait que trop douloureusement sa récente conversation avec Esther, qui lui avait justement fait remarquer qu'elle n'imaginait pas leur fille coupable, et n'arrivait pas à croire que son époux puisse envisager le contraire. Et lui, il allait s'obstiner une fois encore à prétendre n'avoir une foi aveugle qu'en la justice, la justice et rien d'autre. La vérité, c'est qu'il ne percevait pas sa fille comme une criminelle, et que ce ne serait jamais, ô grand jamais, le cas.

-Et je te demanderais de rester à ta place, en ce qui la concerne.







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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Ven 22 Juin - 11:31





  

Bradley & Henry

“Les frères ennemis”
L
es faits ? C'est vraiment ça, son excuse, les faits ? Bradley est un grand garçon, non ? Lui mieux que personnes, surtout dans les strates terriblement hypocrites dans lesquelles il évolue, doit savoir qu'on leur fait dire ce qu'on veut, aux faits. Et une condamnation définitive suite à un procès des plus laborieux, ça n'a rien de légitime ou de définitive. Je veux bien croire qu'il ait perdu toute l'estime qu'il pouvait avoir de sa fille, mais tout de même ! Pomona a passé dix-sept années de sa vie chez ses parents. Est-ce qu'il a oublié, en bien moins de temps que cela, combien elle est intelligente, raisonnée, avide de justice ? Ce rejet total de la vérité me révulse. Dans son esprit, il croit qu'il ne reverra peut-être plus jamais sa fille de sa vie (et je me surprends à le souhaiter à Pomona, à ce stade, honnêtement), et c'est tout ce que ça lui inspire, au final ? Je bouillonne intérieurement. Je voudrais lui dire tout ce que je sais d'elle, la lui présenter pour ce que je sais d'elle, mais il ne mérite pas de connaître la vérité. Il n'a qu'à mourir ignorant. Ce sera qu'une maigre punition pour le dédain horrible qu'il affiche.

-Je suis parfaitement à ma place
, je réplique en soutenant son regard avec un mélange de fierté et mépris.

Je refuse de le laisser me dicter ma conduite vis-à-vis de sa fille alors qu'il l'a si mal considérée et laissé totalement tomber. Ma place, c'est auprès de ma fille. Et oui, si Bradley n'a pas su être un père pour Pomona, j'en ai été un, moi, peut-être pas assez présent (sinon j'aurais vu certaines choses), mais au moins bienveillant. Mon rôle, ça a été de la guider dans la bonne direction, de l'aider à croire en son potentiel et à accomplir ses rêves. J'avoue que je n'ai pas réussi dans tout, mais au moins, je n'ai pas été dans l'échec permanent. J'ai fait de mon mieux. 

- Je n'occupe pas un temps consacré au deuil à salir la mémoire de ma fille, moi.

Ma fille. Que ça le dérange ou non, je m'en fiche. Ma. Fille.



 


          
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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Ven 22 Juin - 12:35


Les frères ennemis
Q

uoique Henry puisse en dire, Bradley ne changerait pas d'avis à ce sujet : son frère n'était pas à sa place. Il n'avait jamais su rester à sa place, c'était justement le tort que le cadet reprochait à son aîné depuis ainsi dire toujours (ou depuis, du moins, que leurs chemins s'étaient séparés, ce qui revenait sensiblement au même à l'heure actuelle). Il n'avait jamais su suivre le chemin tout tracé pour lui, et qui aurait dû le mener dans la bonne direction, ce chemin que Bradley avait emprunté pour sa part, avec orgueil et sans l'ombre d'un regret. Ou presque aucun regret. Car, bien sûr, Pomona resterait toujours le grand regret de son existence, et il ne pourrait malheureusement plus rien y faire. Bradley pourrait bien passer des heures à expliquer en quoi le comportement et les choix de son frère dépassaient toute logique et toute attente légitime. Il aurait pu mener une brillante carrière, fonder une prestigieuse famille, inscrire leur nom dans l'histoire. Au lieu de cela, le nom de Fitz était aujourd'hui associé à un écrivain certes réputé (mais ça n'en restait pas moins un sous-métier) et à une criminelle. Et en ce qui le concernait, il lui devenait de plus en plus difficile de porter à lui seul ce poids dont tous les membres de sa famille s'étaient délestés petit à petit... Et Esther, malheureusement, semblait elle aussi vouloir suivre la même voie.

Bradley essayait de garder son calme. L'exercice ne devrait normalement pas lui être difficile. Il était supposé être un expert dans ce domaine, inégalé et inégalable dans son genre, mais il avait toujours plus de mal à conserver de sa prestance en présence de son frère. Il se laissait, à chaque fois, envahir d'une rancoeur immense qu'il était tout bonnement incapable de taire, et qui le dévorait. Parler avec lui, dans n'importe quelle circonstance, était déjà une épreuve en soi, mais là c'était pire que tout : parce que Henry ne se contentait pas de leur renvoyer leurs vieux contentieux à la figure, il faisait pire, il osait s'imposer auprès de lui comme le père de sa fille. Trop, c'était trop. L'entendre prononcer de tels mots, et comprendre qu'il les pensait réellement, c'était tout bonnement insoutenable pour lui. Il avait beau essayer au mieux de garder son sang froid, ce n'était plus possible : Henry avait dépassé les bornes.

Sans calculer son geste, fait très rare chez lui, il s'empara du verre posé sur la table et en fit précautionneusement couler le contenu sur les manuscrits éparpillés çà et là.

-Pomona était ma fille, la mienne. Tu n'avais pas le droit de te l'accaparer,
dit-il, incapable de jouer la comédie.






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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Mar 10 Juil - 14:39





  

Bradley & Henry

“Les frères ennemis”
C'
est peut-être parce que nous n'avons de commun que notre enfance, séparés trop vite par la vie, nos idéaux respectifs et notre dépendance ou non à nos préceptes parentaux, mais quand nous nous retrouvons, mon frère et moi, voilà que nous régressons. Et s'il faut un exemple probant à ce constant, j'en prends pour témoin le geste de Bradley, qui lui ressemble bien peu... Voilà qu'il arrose copieusement mes parchemins. L'encre ne tarde pas à baver, et ma prose à être illisible. Je serre les dents. Des heures que je travaille sur ce chapitre... J'ai bien envie de répliquer d'une façon identique, mais je me contiens. L'attitude de Bradley est révélatrice, je crois (j'aurais besoin de mon expert en observation des moeurs, là, mais Christopher n'est jamais là quand on a besoin de lui - sauf quand il s'agit de sauver la vie de ma nièce, certes). Lui qui est constamment dans le contrôle et dans l'apparence, le voilà à adopter un comportement qui en est l'antithèse... Et je commence à me dire... la disparition de sa fille lui fait peut-être plus de mal que ce qu'il veut bien prétendre... ou alors il laisse juste parler son stupide orgueil. Il n'en manque pas, après tout.

-Tu t'écoutes quand tu parles, Bradley ?
je soupire en le regardant. Je ne t'ai pas volé Pomona, elle est venue vers moi parce que tu l'as rejetée.

A-t-on besoin de refaire l'histoire, encore et encore ? Il peut bien mentir, voir se mentir à lui-même. Il sait quand même de quelle façon les choses se sont passées, il sait très bien qu'il est responsable de ce qui est arrivé à l'époque. Et avant qu'il ne s'y mette, non, je ne lui ai mis aucune idée "radicale" dans la tête. Sa pensée, elle se l'est créée toute seule, comme une grande. Parce qu'elle est intelligente, plus qu'il ne le soupçonne encore.

-Mais ravi d'entendre que tu la considères comme ta fille... j'ai eu comme un léger doute, ces dernières années
, je raille en détournant les yeux pour tirer ma baguette de ma poche et tenter de limiter les dégâts autant que je le peux. Mais ça ne va pas forcément être concluant.


 


          
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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Mar 10 Juil - 18:07


Les frères ennemis
L

a condescendance avec laquelle Henry le considérait n'avait absolument rien d'agréable, mais Bradley ne pouvait pas réellement prétendre ne pas l'avoir cherché, bien au contraire, même. Et des deux, c'était bien plus souvent lui qui avait tendance à se montrer condescendant avec l'autre, d'ailleurs. Il n'empêche, c'était désagréable que d'être placé face à ses contradictions et ne pas exactement savoir s'en défendre, comme c'était le cas à l'heure actuelle, alors qu'il manquait cruellement de répondant vis-à-vis de son frère... puisqu'il était dans l'erreur. C'est vrai, Henry n'était pas venu trouver Pomona, c'était Pomona qui était allée trouver Henry. Ce qui ne changeait tout de même rien aux yeux de Bradley. Pour lui, c'était tout de même son frère qui avait donné le mauvais exemple à sa fille. Il l'avait endormie avec ses histoires absurdes... et pour ce qui était de raconter des histoires, c'était un professionnel, après tout, puisqu'il en avait même fait son métier en fin de compte. C'était... révoltant. Et c'était une fois encore se voiler la face pour ne pas accepter ses propres erreurs... mais ça... La suite, en revanche, lui était bien plus insupportable.

-Parce que ces dernières années, tu as fait d'elle une personne totalement différente
, répliqua-t-il alors avec hargne.

Ce qui était faux, mais peu importe, il se bornerait à le penser si cela pouvait faciliter son deuil, si cela pouvait lui permettre d'aller de l'avant... même si cette perspective lui paraissait au-delà d'impossible, dernièrement. Pomona avait changé, c'est sûr, mais de la même manière que Henry avait pu changer à l'époque, au moment de décider d'aller de l'avant, de s'émanciper de sa famille, de tracer sa propre route... Il n'empêche, il aurait pu la ramener sur la voie de la raison, il en était convaincu. Mais Henry avait été trop fier de lui offrir la possibilité de s'échapper comme si de rien n'était.

-Et... on voit où ça l'a conduit.
Il lui adressa un regard brûlant de rancoeur. La Pomona que je connaissais, ma fille, n'aurait jamais fini en prison.

Parce qu'il lui avait inculqué des valeurs et un sens moral qu'il estimait irréprochable. Il y avait un vers dans la pomme, c'est certain, et s'il fallait déterminer qui l'avait glissé là, Bradley estimait que son frère avait joué sa part. Bien fait pour ses parchemins, il espérait qu'il ne réussirait effectivement pas à les récupérer, ce serait justice.




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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Dim 15 Juil - 15:20





  

Bradley & Henry

“Les frères ennemis”
Q
u'est-ce qu'il ne faut pas entendre... Je déplore que Bradley connaisse si mal sa fille, même si je ne suis pas vraiment surpris. Pour mon frère, il n'existe que deux types de personnes : celles qui appartiennent à notre sphère que l'on tolère, et les autres, ceux qui sortent des cases, ceux qui refusent de se plier à la discipline de fer des sangs purs, les personnes indépendantes et fortes de leurs propres opinions. Oui, Pomona est un électron libre, comme moi, et il ne supporte pas ça, mais je n'y suis pour rien. Ma nièce a eu le mérite de se façonner toute seule, et sans l'aide de personne, ce qui n'était pas une mince affaire si l'on prend en considération son éducation et les préceptes qu'on a voulu lui fourrer dans le crâne depuis toujours. C'est déplorable. Mais il n'est qu'en partie responsable. Je blâme plus mes parents que lui dans l'affaire. Malheureusement, il n'est pas temps de chercher des coupables, et j'aimerais que Bradley le comprenne. J'ai envie de croire que c'est sa manière à lui de faire son deuil... Mais ce n'est pas la bonne manière, dans tous les cas. Et ce n'est pas parce que je pense, vraiment, qu'il souffre, que j'ai l'intention de cautionner son comportement, vis-à-vis d'elle comme de moi, d'ailleurs. Ce n'est pas la bonne façon de faire. Il va en souffrir encore plus que nécessaire.

-Ta fille telle que tu as voulu la formater aurait été malheureuse toute sa vie et prisonnière d'une cage dorée dont elle n'a jamais voulu.

Je marque une pause. Je sais que je parle dans le vent, quoi que je fasse, quoi que je dise, je sais bien qu'il ne m'écoutera pas. Mais j'essaie malgré tout... à tort, certainement, mais je pense qu'ouvrir les yeux, même tardivement, lui ferait du bien. S'il ne fait pas cet effort, il va définitivement tout perdre.

-Le seul crime qu'elle ait jamais commis, c'est de vouloir être libre.
Je le regarde un moment. Je vais aller au bout de mon raisonnement, ça ne va pas lui plaire. Et elle était heureuse, tu sais.

Pour ce que j'en ai jugé. Elle a choisi de mener des combats trop grands pour elle, mais elle a trouvé sa voie, sa vocation et un homme à aimer dans la foulée. Sa vie avec ses parents ne lui réservait rien de tout ça. Même enfermée dans le QG de la Résistance, je l'estime bien plus heureuse qu'elle ne l'aurait été avec ses parents.

 


          
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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Lun 16 Juil - 17:51


Les frères ennemis
B

radley était bien incapable d'entendre aucune des réponses, aucun des arguments que lui formulaient son frère. Si, pourtant, il devait lui être donné une occasion d'ouvrir les yeux sur sa situation et de se remettre en question, c'était maintenant. Mais il en était incapable. Muré dans une souffrance qu'il cherchait à cacher au monde entier, en quête perpétuelle d'un coupable pour ne pas admettre l'insupportable vérité : que c'était lui, le coupable, lui et personne d'autre. Henry disait vrai, et quelque part, Bradley le savait, mais jamais il ne serait capable d'abonder dans son sens, de reconnaître ses erreurs ou de revenir en arrière. Trop de chemin parcouru, comment pourrait-il seulement rebrousser chemin, encore ?

Dans tous les cas, impossible d'accepter tels quels les propos de son aîné alors que ce dernier prétendait qu'il n'avait jamais voulu que faire le malheur de sa fille, ou avait en tout cas voulu lui façonner une vie qui l'aurait rendue malheureuse. C'était faux. En partie du moins. Peut-être que cette vie l'aurait rendue malheureuse, mais jamais, non, Bradley avait voulu que sa fille mène une vie de regrets ou d'amertume. Tout ce qu'il avait fait, ça avait toujours été dans ce qu'il estimait être son intérêt. Il avait voulu non pas la façonner elle, mais sa vie, pour qu'elle ne soit jamais en manque de quoi que ce soit, pour qu'elle ait tout ce dont elle avait besoin. Il lui promettait une vie de confort, de richesse, de certitude... Ce qu'elle avait perdu, et ce qui avait précipité sa chute, c'était qu'elle s'en était éloignée... Voir, croire autrement, c'était trop douloureux. Il n'y arrivait tout simplement pas. Bradley n'avait pas voulu lui couper les ailes, la priver de liberté... Et comment Henry osait-il parler de liberté alors qu'elle était pour toujours à Azkaban.

Mais le pire, c'était d'entendre son frère lui affirmer qu'elle avait été heureuse, partagé entre l'envie qu'il mente et le désir qu'il dise la vérité, sans savoir ce qui le soulagerait le plus. Il voulait que sa fille ait été heureuse dans les derniers moments de sa vie... mais il ne voulait pas avoir eu tort. Et comment prendre le fait qu'elle ait été plus heureuse en s'installant chez son oncle qu'auprès de ses parents. Des parents qui, au passage, l'aimaient, en dépit de toute apparence.

-La belle affaire, qu'elle ait été heureuse.
Sa voix se brisa légèrement sur les derniers mots qu'il prononça, et il s'agaçait lui-même. Aucune faiblesse n'était tolérée, encore moins en présence de son frère. Elle est morte...






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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Mer 1 Aoû - 13:50





  

Bradley & Henry

“Les frères ennemis”
J
e connais Bradley depuis sa plus tendre enfance, et j'ai toujours estimé qu'il était... eh bien, le parfait produit de son éducation, à l'image même de ce que ses parents ont voulu faire de lui : toujours dans le paraître, à se soucier du regard des autres bien plus que de sa propre appréciation des choses. Même si je le lui ai souvent reprocher, je n'ai jamais su complètement le blâmer pour ça, parce que je sais que la manière dont nos parents nous ont éduqués a largement pesé dans la balance. Encore aujourd'hui, je me demande comment j'ai pu ainsi réussir à passer entre les mailles du filet. Je l'ai fait, et j'ai voulu encourager Bradley du mieux que je pouvais... Ce qui n'a pas été efficace. En fait, je crois que ça n'a fait que le braquer.

Mais pour une fois, son souci impérieux des apparences ne suffit pas complètement à cacher ce qu'il éprouve vraiment. Enfin je crois, il s'est protégé depuis si longtemps derrière une forteresse imprenable que je doute que lui-même ait bien conscience de ce que peuvent être ses sentiments, et du fait qu'il est capable d'en ressentir (autrement que pour son épouse, cela va sans dire, mais je mets Esther et Bradley dans le même panier : ils souffrent de la même incapacité d'expression, et c'est sans doute ce qui les a rapprochés tout d'abord, d'ailleurs, à mon humble avis) de manière générale. Mais là, j'ai l'impression que sa carapace se fissure légèrement, et laisse entrevoir une véritable souffrance. J'ai entendu sa voix se briser, et quand il déclare, impuissant, que sa fille est morte, je devine pour la première fois qu'il regrette, mais surtout qu'elle lui manque. Je cerne un soupçon d'humanité qu'il fera bien vite de balayer d'un revers de manche, mais je m'en moque, je l'ai vu, je sais qu'il existe. Et tout à coup, je suis incapable de lui en vouloir. Et même, je m'en veux, parce que moi, je sais que sa fille est en vie et qu'elle va bien dans la mesure du possible. Et je ne peux rien dire.

-Bradley...,
j'ose avec plus de douceur que précédemment. Je suis désolé...

D'avoir accentué sa culpabilité, désolé comme on présente ses condoléances à un père éploré, tout simplement. Malgré tout... ça, Bradley reste mon frère, bien sûr que je ne supporte pas le voir souffrir. 


          
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Message#Sujet: Re: Les frères ennemis   Mer 1 Aoû - 17:53


Les frères ennemis
B

radley prenait toujours le plus grand soin à ne rien laisser transparaître pour avoir le plus parfait contrôle de son paraître. Mais pour cette fois, il semblait avoir lamentablement échoué. Oh, ce n'était pas grand-chose, pourtant, une légère inflexion dans la voix, rien de plus... Mais Henry le connaissait bien. Même si cela faisait de nombreuses années que les deux frères prenaient soin à avoir le moins de contacts possible, pour autant, ils se connaissaient suffisamment pour savoir déceler ce qui échapperait à d'autres. C'était le genre de signes à peine perceptibles qu'Esther aurait elle aussi été capable de distinguer de son côté si elle avait été le témoin privilégié de ce très léger accès de faiblesse... et au fond, Bradley aurait préféré... même s'il ne voulait afficher aucun signe de faiblesse en présence de son épouse, il aurait bel et bien préféré... ça aurait été plus simple que de lire tout à coup de la compassion dans le regard de son aîné, que d'entendre le ton de sa voix s'adoucir alors qu'il lui affirmait être désolé, d'un ton qui ne laissait aucun doute quant à la sincérité qu'il exprimait en cet instant. Il sentit un léger frisson le parcourir et il serra les poings pour ne pas craquer complètement, pour retrouver contenance.

En réalité, il mourait d'envie de lâcher prise, d'exprimer une bonne fois pour toutes ce qu'il ressentait, de fondre en larmes et d'avouer à quel point sa fille lui manquait, comme il se détestait de l'avoir laissée partir, de l'avoir perdue, comme il espérait, du plus profond de son être, qu'elle soit innocente, comme il serait capable, même en la découvrant coupable, de la soutenir malgré tout. Mais il ne pouvait pas se le permettre... Et encore moins en présence de son frère, évidemment. Si quelqu'un ne devait pas être témoin de cela, c'était bien Henry... Et en même temps... Il voudrait juste... effacer les années de rancoeur qui les séparait et pouvoir s'appuyer sur lui comme il le faisait autrefois, pour ne plus tant souffrir. Ce n'était pas possible. Ce ne serait plus jamais possible... Il allait devoir se faire une raison.

-Tu peux l'être
, répliqua-t-il finalement, d'un ton sec, rejetant par la même la main que son frère lui tendait, et dont il avait sans doute tant besoin. Il ne pouvait pas perdre la face, il ne voulait pas perdre la face.

Mais là, il avait surtout besoin de se retrouver seul avec lui-même. Aussi, ces propos péremptoires prononcés, il ne tarda pas à tourner les talons, les poings toujours serrés. S'il restait, si on le retenait, il ne présumerait plus de rien.







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