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 Le blues du dentiste | Finn

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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeVen 12 Mar - 22:23

Le blues du dentisteFinn & Rafa

L’heure est grave. La patrie n’est pas en danger, mais la jacquerie de Glengall Road, loin de s’éteindre, semble gagner du terrain. Rafa n’a pas pu en parler au patron, faute de croiser le susnommé plus de quelques instants, faute surtout de réussir à capter son attention. Callahan semble se foutre éperdument de tout, ces derniers jours. Son second a essayé plusieurs fois de forcer la discussion, en vain. Finn se fait rare au Cohan, et lorsqu’il est là, on peut à grand-peine lui soutirer quelques mots.

Soucieux, Rafa est retourné à Glengall Road, pour tâter le terrain. Les trois commerçants qui avaient refusé de payer n’ont pas changé d’avis, et le boucher, le meneur de la fronde, s’est ouvertement payé sa fiole.


-Tu ferais mieux de retourner consoler ton patron (il a craché le terme avec un mépris scandaleux) au lieu de me faire perdre mon temps, Rafa, a osé l’insolent.

Finn Callahan n’a besoin d’aucune consolation et s’il faut le prouver, on le prouvera, a affirmé son premier lieutenant avec fermeté - mais le fait est que ça va mal. L’histoire de la soirée lamentable au Cohan s’est répandue comme une traînée de poudre, et tout le quartier sait que le patron, le redouté patron, a chialé en public. Les plus prudents font comme s’ils ne savaient pas, mais certains, comme ces andouilles de Glengall Road, se sentent pousser des ailes. Et si on n’y met pas bon ordre très vite, on court à la catastrophe.

Alors Rafa, las de se ronger les sangs, a décidé que le patron allait arrêter de faire l’autruche. Callahan a annoncé qu’il passerait ce soir au Cohan, et son second s’est installé au comptoir, bien résolu à l’attendre aussi longtemps que nécessaire. Les habitués ont bien compris, à son expression, que ce n’était pas le moment de venir l’emmerder, et on l’a laissé tout seul, ce qui lui convient parfaitement. Il en est à sa dix ou douzième cigarette de la soirée quand le patron daigne enfin rappliquer. De toute évidence, Finn a l’intention de monter directement dans son bureau, sans s’arrêter dans le pub ; Rafa quitte sa place et lui emboîte le pas, pas spécialement rassuré pour la suite. Le patron a sa tête des mauvais jours, et quand il passe en faisant mine de ne connaître personne, c’est pas bon signe. Et ces jours-ci, ça devient une habitude, chez lui. Rafa s’invite dans le bureau, et lance avec aplomb :


-Eh ben, patron, c’est gentil à vous de passer nous voir. C’est qu’on comptait plus tellement sur vous, nous autres.

Regard torve. Bon, il a picolé. Encore une sale manie qui date de ces derniers jours. Rafa a un peu l’impression d’aller mettre sa tête dans la gueule d’un lion, mais il continue sur sa lancée :

-Il faut que je vous parle, patron. Je sais que je vous emmerde, mais ça m’amuse pas plus que vous.

D’un regard, il s’assure que Finn l’écoute. Cela semble être le cas, même si son absence de réaction est hautement préoccupante. Faisant comme s’il n’était pas anxieux, comme si tout était normal, Rafa reprend :

-Bon, je vous la fais courte, patron. Lundi dernier, j’ai fait la tournée, comme d’habitude. Y a trois cons, dans Glengall Road, qui refusent de cracher au bassinet. Aujourd’hui j’y suis retourné, des fois qu’ils auraient retrouvé la raison, mais non seulement ils sont têtus, mais en plus ça vous manque ouvertement de respect. Moi j’dis que si vous laissez faire, dans quinze jours vous êtes foutu.

Callahan ne semble pas mesurer la gravité de la situation. Il regarde son second, mais sans avoir de réaction. Ça va vraiment mal, songe Rafa. En temps normal, il n’aurait même pas laissé son lieutenant terminer son petit discours, il serait déjà parti châtier les rebelles. Et là… rien. Il fume sa cigarette, l’air absent. Rafa essaie de poursuivre :

-Moi, je veux bien y aller et leur apprendre les bonnes manières, mais je crois vraiment que c’est vous qui devriez le faire, patron. Manière de montrer à tout le monde qu’on vous met pas hors jeu aussi facilement.

Toujours pas de réaction, alors Rafa s’avance et vient se planter devant Finn pour le provoquer, délibérément :

-J’aime autant pas vous répéter ce qu’ils ont dit, mais je peux juste vous dire que jamais personne se serait permis de dire ça de votre oncle, à LA. Si vous laissez passer ça, c’est que vous avez plus de fierté.

Avec sa gueule infernale, on pourrait croire que Rafa est à son aise, mais il n’est pas tranquille ; c’est la première fois qu’il parle sur ce ton à Callahan, et il sait que ça risque de lui retomber sur la gueule. Et en même temps, il espère une réaction, n’importe laquelle - même une de ces torgnoles magistrales dont le patron a le secret et qui vous envoient, comme un con, le cul par terre. Ce serait au moins un signe de vie, parce que là, il pourrait aussi bien parler à un pied de chaise qu’il aurait autant de succès.



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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeDim 14 Mar - 21:34



Le blues du dentiste
Rafa & Finn
Cohan ou Cincinnati ? Non, il a dit qu’il irait au Cohan. D’un œil vitreux, Finn regarde la bouteille de whisky à moitié vide qu’il vient de s’enquiller dans l’après-midi. Il faudrait qu’il mange, mais l’idée ne le tente guère. Liam lui trouvera bien un truc, de toute façon. Oui, puis ce sera pas plus mal que tous ces crétins voient sa tronche. Ça fait bien…un jour, deux ? qu’il n’est pas venu. Au pire, il fera comme toutes les fois où il est venu ces derniers jours, s’enfermant dans son bureau avec des fish’n’chips servis par un Liam prudent, et une bouteille de whisky de plus. Callahan n’a jamais été du genre à se laisser à une quelconque addiction – principe de base : ne pas être accro à sa propre dope - en dehors de la clope, mais la clope ne lui fait pas perdre ses moyens. Là, ses journées ne sont plus qu’un long tunnel noir. Il faudrait qu’il arrête, mais à vrai dire Callahan n’a plus gout à rien et tout le laisse de marbre.

Reprendre contact avec le réel, ce serait admettre que Eve est partie et il a tellement mal qu’il refuse de le faire. Et vaut mieux avoir un coup dans le nez pour se supporter quand il se remet à chialer comme il le fait quand il réalise qu’il a sèchement déconné et qu’aucune solution se profile. C’est aussi pour ça qu’il se tire, ayant l’impression que tout filou qu’il est, Ludovico reste son cousin, et que contrairement à ses hommes, il n’aura pas de problème d’autorité avec lui. C’est la famille. On ne se trahit pas en famille.  C’est oublier un peu vite l’excellent contre-exemple qu’est Rory. Et que ledit Ludo l’a fait suivre et a tenté de l’expédier en taule, puis a voulu s’en prendre à Eve elle-même. Mais il lui pardonne, après tout, il croyait simplement que c’était lui qui l’avait trahi en s’alliant avec Chouvalov, et ça s’est réglé…sans voir que Montenza, de son côté, n’a rien réglé du tout.

Mais donc, voilà Finn qui entre au Cohan, ignorant à peu près tout le monde, sifflotant tout bas The rocky road to Dublin : « In the merry month of June from me home I started, left the girls of Tuam nearly broken hearted, saluted Father dear, kissed me darling mother, drank a pint of beer, me grief and tears to smother, then off to reap the corn, leave where I was born… » On le regarde avec prudence, se demandant à quelle sauce on va être bouffé, mais ça le fatigue. Qu’ils parlent tous, tiens, qu’est-ce qu’il s’en fout, après tout, c’est bien mineur, comme emmerde, par rapport à ce qu’il vit. Son monde s’écroule, qu’est-ce qu’ils ne comprennent pas à ça ? Peut-être que Finn en fait trop, mais il a toujours été ainsi de toute façon, à trop en faire, pour tout, et puis finalement…c’est le premier chagrin d’amour qu’il vit. D’ordinaire, les ruptures, il explique, ou pas, les filles comprennent, ou pas, et puis de toute façon, il s’en fout, il ne reste pas et il n’avait pas l’intention de rester.

Rafa interrompt cette réflexion alors que Finn balance distraitement quelques fléchettes vers la cible pendue au mur. La première phrase devrait le faire bondir, simplement celle là, mais il est simplement agacé qu’on vienne le déranger pour si peu, et il décide que s’il ignore Rafael suffisamment longtemps, il lui foutra la paix et se contente de lui adresser un regard sombre signifiant « me cherche pas », quoique vu son état actuel, il ne lui ferait sans doute pas grand mal. Encore, songe-t-il en entendant l’affaire. c’est pas réglé, cette merde ? Il a vaguement envie de dire au gamin qu’il connait la recette et qu’il n’a pas besoin de lui. Péter la vitrine, tabasser le proprio, foutre le feu à toutes ces boutiques de merde si ça s’obstine, bétonner les inconscients s’il faut faire du ménage, et le ménage va être vite fait parce qu’il a pas que ça à faire de s’occuper de cette bande de cons qui commencent savamment à l’emmerder, Rafa le premier à lui dire ce qu’il devrait faire et…

Cessant de jeter ses fléchettes, Callahan se lève d’un bond, l’idée ayant brusquement fait son chemin dans son esprit avec la mention de son oncle, et il chope Rafa par le col, dans une colère qui n’a rien de sain : « Dis voir, faudrait pas oublier à qui tu parles, hein ? Pour qui tu te prends, Rafael ? Je passe pas pendant une semaine et ça devient la foire ? » Il le lâche brutalement, avant de gronder :  « M’emmerdez tous. Trouve-moi une serviette. Et une cravate. Je descends. » De fait, d’une démarche un peu précaire, il descend les escaliers de son bureau, murmurant rageusement : « …bien voir ce qu’on va voir… » Et il disparait dans la cour du Cohan, histoire de se foutre la tête sous la pompe à eau du bar.

L’eau glacée fait un peu de bien à Finn et lui remet les idées en place. Aller voir ne coute rien, et une fois que ce sera réglé, il pourra retourner à son activité principale du moment : à savoir se pinter. Ce n’est qu’un début de sursaut de fierté, mais au fond, force est d’admettre que Rafa n’a pas tort, en tout cas s’il n’exagère pas. S’ébrouant comme un chien, il voit d’ailleurs celui apparaitre dans la cour avec la commission demandée : « Je te préviens que si je découvres que j’avais pas besoin d’y aller, et que tu pouvais régler ça tout seul, je te promets que tu vas prendre la même sauce qu’eux. » Grogne Finn en s’essuyant les cheveux, avant de remettre de l’ordre dans sa tenue. « Allez, amène-toi, on va réveiller tout ce beau monde. » La cravate passée, il se décide enfin à poser les questions essentielles : « C’est qui le meneur, que je lui cause ? Après je me tire, j’en ai ma claque de vos conneries. »
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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeLun 15 Mar - 10:09

Le blues du dentisteFinn & Rafa

La comparaison avec Tony Montenza, il faut bien l’avouer, c’était de l’insolence pure, uniquement destinée à faire réagir Finn. Rafa constate avec soulagement qu’il a encore suffisamment de gnaque pour ne pas laisser passer l’affront, et suffisamment de poigne pour soulever de terre l’impudent second qui s’est permis de tels propos. Un instant, il se dit que le patron, pour faire bonne mesure, va le dérouiller ; après tout, ce ne serait pas volé. Mais Callahan se contente de le secouer sans ménagement, avant de le renvoyer, tout aussi brutalement, vers le plancher des vaches. Rafa rétablit son équilibre, et le voilà qui file exécuter les ordres qui viennent de tomber - car lui, en dépit des propos un peu verts qu’il vient de tenir, ne conteste aucunement l’autorité du patron.

Muni des objets demandés, il retrouve Callahan dans la cour du Cohan, occupé à se balancer de la flotte glacée sur la tronche. Sûr qu’il doit en avoir besoin, avec ce qu’il a l’air de s’être mis dans le gosier. Rafa est toujours épaté de voir la capacité de Finn à tenir l’alcool. Une fois copieusement rincé, il semble plus stable, et surtout plus lucide. Toujours aussi furieux, du reste, il promet des représailles si on l’a dérangé pour rien, et Rafa répond docilement:
"Comme vous voudrez, patron”. En réalité, il doute fort que Finn soit en état de lui faire grand mal, mais même si c’était le cas, il n’imagine pas essayer de se soustraire à une correction. Évidemment, si un autre peut la prendre à sa place, ce n’est que mieux, et les trois cons de Glengall Road lui semblent tout désignés pour ce rôle. Et puisque le patron pose la question, il se fait un plaisir de donner des précisions, tout en balançant dans un coin la serviette trempée que Finn lui a aimablement passée :

-Ils sont trois. Le boucher, l’épicier et un coiffeur. Le meneur, c’est le boucher. Il a l’air de considérer que vous êtes foutu, et il le dit à qui veut l’entendre. Les deux autres sont plus mesurés. Aussi cons, mais moins virulents.

Tout en parlant, ils sont sortis du pub, et, en employé modèle, toujours soucieux de se faire pardonner sa sortie sur Montenza, Rafa ouvre la portière de la Bentley pour son patron. Glengall Road est à deux pas, mais ils ne vont tout de même pas se pointer à pied, comme des clodos. Et lorsque la lourde berline s’arrête pile devant sa boutique, le boucher de Glengall Road ne résiste d’ailleurs pas à la tentation d’aller jeter un coup d'œil. Il semble un peu interloqué en voyant descendre Rafa, puis, plus lentement, Finn ; il hésite un instant sur la conduite à tenir, puis décide de faire comme si Callahan n’existait pas.

-Je croyais qu’on s’était compris, Rafa… c’était pas la peine de revenir, tu sais, j’ai pas changé d’avis.

Rafa allume une cigarette, et réplique :

-Tu sais ce qu’on dit, hein ? Vaut mieux s’adresser au bon Dieu qu’à ses saints. Alors comme vous avez l’air d’avoir des tas de trucs à dire au patron, des “et Rafa, tu lui diras ci, tu lui diras ça”, ben… il est là, t’as qu’à lui dire toi-même. Moi, je m’en ressens pas pour faire vos commissions.

Le boucher est de ces imbéciles à qui la bêtise tient lieu de courage. Faisant mine de découvrir la présence de Finn, il éclate de rire :


-Pourquoi, t’as peur ? De ça ?

Il a mis dans ce “ça” tout le mépris du monde, comme s’il désignait le dernier des minables. Rafa lui-même se sent offensé, alors même qu’il n’est pas visé. Il se tourne vers le patron, l’air de dire “alors, je vous ai dérangé pour rien ?”, et il compte mentalement les secondes avant la réaction. Depuis tout à l'heure, la colère de Callahan est à fleur de peau, prête à exploser. Impact dans trois, deux, un…

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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeMar 16 Mar - 22:33



Le blues du dentiste
Rafa & Finn
« Ben on dirait qu’on va devoir changer de fournisseurs. » Le ton est donné. Inconsciemment, la part la plus logique de Callahan se rappelle qu’il délire, qu’il ne peut pas abandonner ses affaires comme ça. Déléguer, c’est couler. Laisser s’envenimer les choses, c’est se retrouver à gérer une guerre des gangs en moins de deux. Et surtout, promettre un exemple sans mettre à exécution ses menaces, c’est la porte ouverte à ce qu’on le considère comme faible. Et il n’est pas faible. Agacé, fatigué, avec une sale mine et une gueule de bois violente, mais il est toujours le patron.

Commençant un peu à comprendre la mentalité du boucher, Finn s’appuie contre la Bentley en tirant sur sa cigarette, laissant venir le type. Pas assez direct, Rafa, juge-t-il, mais il ne dit rien, attendant de voir. Trop longtemps. Ou pas assez. Et soudain, il y a ce rire, qui brise quelque chose en lui. Une digue, un mur, quelque chose s’écroule et il se sent envahi d’une formidable colère, et d’une énergie qui lui manquait depuis longtemps. En réalité, le mauvais payeur est sans doute juste un prétexte, l’exutoire qu’il lui fallait, preuve que Rafa connait son monde. Bien sûr, il va payer plus pour sa propre culpabilité et son désespoir, mais tant pis pour lui, il l’a cherché. Personne ne lui parle sur ce ton. Personne, jamais. En un éclair, Callahan a sorti son flingue et dégommé l’enseigne de la boucherie, qui s’écroule dans la vitrine avec un tintement de verre brisé, verre qui vole en pluie tout autour d’un boucher tétanisé. Finn range l’arme, et puis il avance, lançant un très froid : « Tu parles trop, mon vieux. »

Ses pas font craquer le verre brisé sur le sol alors qu’il avance dans la boutique, et il chope le commerçant par le col sans ménagement. Le type tient à peine sur ses jambes. Ah, oui, beaucoup de gueule, mais rien d’autre, constate avec satisfaction Finn. La première baffe coupe le souffle du boucher, la deuxième lui fait faire un pas en arrière, la troisième le fait tomber à l’intérieur de la boutique. Le mafieux le redresse manu militari, et l’assoit sur une chaise normalement réservée aux clients, déclarant férocement : « Bon, pépère. Alors ça, je te fais plus peur ? T’as oublié pourquoi tu payes ? » Les vieux réflexes reviennent vite. Frapper, cogner, menacer, punir, cramer la boutique, et à la fin récupérer le fric et faire revenir l’ordre. Bordel, le type qui emmerdera Finn Callahan chez lui, sur son territoire, n’est pas né, et ce n’est pas un boucher rougeaud et aussi débile qu’une tanche qui va lui faire la nique. « Moi, je sais, pourquoi tu payes. Pour qu’on te protège. Pour que je te protège. Et si tu payes pas, tu sais ce qui t’arrives ? Des emmerdes. Rafa, trouves moi une pince, tu veux, notre copain doit bien avoir ça ici. » Le ton s’est fait amusé, presque joueur, un instant, pour s’adresser à son second, et le boucher est devenu blême : « Oh, m’sieur Callahan… »  Mais monsieur Callahan n’est pas d’humeur à faire preuve de clémence. Quand on promet un exemple, on fait un exemple, ou on la boucle. Et lui, il va faire un exemple. « Ah, ouais ? Tu te souviens de mon nom, maintenant ? Tu commences à apprendre le respect ? Bah, c’est un peu tard, tu vois. » Se marre-t-il avec son gros rire sauvage.

Et puis il chope le visage du type fermement, comme un dentiste s’apprêtait à opérer, sauf que lui regarde le boucher avec des yeux de fou furieux, vibrant d’une colère noire et dangereuse :  « Tu vois, moi je suis sympa, je t’offre ma protection, et toi qu’est-ce que tu fous ? Tu me craches à la gueule. » Son second est revenu avec une sorte de grosse pince, qui sert peut-être à casser les os des carcasses. « Merci Rafa. » Le regard de Finn revient, sombre, sur le boucher : « Et tu vois ça…ça j’aime pas. » Avec force, il écarte la machoire de ce dernier, qui tente de se débattre : « Hmf, Rafa, fais pas ta sucrée, tiens le moi, allez ! Ouvre la bouche…ouvre la bouche ! » Paniqué, le commerçant a très bien compris l’intention de Finn, mais ne peut rien faire quand ce dernier insère la pince dans sa bouche. Il fourrage un moment, puis extrait la pince d’un coup sec, avec un bruit de succion glauque. Au bout de la pince, une dent, et le boucher hurle de douleur, alors que Callahan commente avec un amusement sordide : « Ah ! c’est que ça résiste, ces saloperies ! » Et puis ni une ni deux, il recommence, avec une joie féroce, ou une férocité joyeuse : « Alors, tu vois, je vais te prendre une dent par jour de retard. Comme ça t’apprendra peut-être à payer à l’heure, et puis à pas trop l’ouvrir. » Tirer, arracher, hurler, encore et encore.  « Et de deux ! Allez ! »

Le boucher pleurniche maintenant : « v’plait…v’plait… » Mais Finn se contente d’éclater de rire face à sa voix déformée. « Qu’est-ce que tu dis ? T’as entendu, toi, Rafa ? S’il vous plait qui ? » Et il reccommence.  « Et trois ! » Bon dieu, ça ferait presque du bien, comme si ce cirque sanglant lui permettait d’évacuer tout le stress, l’angoisse et la culpabilité accumulé ces derniers jours. Il se sent presque revivre, avec cette mise à exécution de représailles qu’il maitrise sur le bout des ongles. Il entend un murmure : « …ahan… » L’acteur penche l’oreille vers lui : « Hmmm ? toujours pas compris. Il a compris que pour me parler, c’était « monsieur Callahan » qu’il fallait dire, tu penses, Rafa ? » Il va pour une quatrième tentative, continuant à converser avec son second : « Combien il a de jour de retard, dis moi ? » Mais quelque chose arrête Finn, et il grogne, presque déçu : « Allons bon, il s’est évanoui, cette chochotte. » Il recule, l’air complètement dingue, avec sa chemise tâchée de sang et sa pince à la main, qu’il essuie machinalement sur son pantalon. Apercevant la mine de Rafael, le mafieux lui tape sur l’épaule amicalement : « Ça va, gamin ? Tu vas pas dégueuler, non plus ? »
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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeMer 17 Mar - 11:37

Le blues du dentisteFinn & Rafa


Le temps est loin où la seule vue du Beretta de Finn suffisait à terroriser Rafa. Maintenant qu’il sait que lui-même n’a rien à en craindre, il considère l’arme comme un simple outil de travail, et il conclut très naturellement que si le patron fait usage de son flingue, c’est qu’il est de retour aux affaires. Et c’est bon signe, après des jours entiers passés à négliger ses devoirs de maître incontesté du quartier. Rafa l’a conduit exprès chez ce crétin de boucher, en se disant que ça lui ferait du bien de mater personnellement cette tentative de rébellion ; tant pis pour le commerçant qui va servir d’exutoire à toute la hargne que Finn a accumulée ces derniers temps, il n’avait qu’à fermer sa gueule.

C’est un Callahan des grands jours qui s’offre au regard de son second. D’une balle, il entame les réjouissances, et Rafa se marre en voyant le boucher se décomposer. Il avait davantage de gueule en l’absence du patron, tiens. Curieux. Deux pas en retrait, O’Riordan observe le spectacle, tel un metteur en scène satisfait de la prestation de ses acteurs. Surtout de son premier rôle, parce que le boucher, il faut bien l’avouer, a drôlement perdu de sa superbe. Mais Rafa se fout éperdument de ce type, qui a osé remettre en cause l’autorité de Finn ; c’est que dans l’esprit du second, toute offense faite à son patron le touche lui aussi, et s’il laisse Callahan mener les représailles, ce n’est pas faute d’avoir envie de s’en occuper lui-même. Mais ce n’est pas lui qui a besoin de se remettre d’aplomb. Il s’en va explorer l’arrière-boutique à la recherche de l’objet demandé par Finn, perdant un peu de la conversation, si tant est que le monologue du patron puisse mériter ce nom. Le boucher ne répond que par des roulements d’yeux épouvantés, comme s’il découvrait soudain la vraie nature de ce protecteur, qui ne protège que tant qu’on file droit.


-Et une pince qui marche, une ! annonce Rafa d’un ton joyeux en tendant l’objet au patron.

Il répugne un peu à aller au contact du commerçant, mais un ordre est un ordre, et le voilà qui vient se camper derrière la chaise. D’une main, il pince le nez du boucher pour le forcer à chercher l’air ; de l’autre, il empoigne son menton et lui ouvre la bouche, le plus grand possible, en plantant ses doigts dedans,  pour donner un passage à Finn et à sa pince. Son visage touche celui du commerçant tandis qu’il le maintient de toutes ses forces, et il entend distinctement chaque bruit, chaque craquement, presque comme si c’était dans sa bouche à lui que ça se passait. Mais moi, ça ne m’arrivera pas. Preuve, le patron, dans sa bonté,  fait même attention de ne pas lui esquinter les doigts en fourrageant dans la bouche du malheureux commerçant. Le type essaie de supplier, mais maintenant que Callahan est lancé, il ne s’arrête plus. Et Rafa, aussi cruel que le patron même s’il ne tient pas la pince, en rajoute :


-Moi, en tout cas, j’ai pas entendu de “monsieur”, patron.

Un flot chaud de sang et de bave lui poisse les doigts, et il sent la résistance du boucher s’affaiblir un peu. Les cris font place à des gémissements pathétiques, mais les deux mafieux n’en ont pas terminé avec lui. Sans relâcher son étreinte, Rafa compte :

-Ben écoutez, on est quel jour ? Lundi, c’est ça ?  Alors ça fait une semaine tout rond, patron. Sept jours. Sept chicots.


Et c’est là que le boucher les lâche honteusement et tombe dans les pommes. Rafa voit alors toute la scène, et son teint doit soudain tourner au verdâtre puisque le patron lui demande si ça va. Le premier lieutenant de Callahan a toujours eu l’estomac sensible - une malédiction, dans son métier - et il lui est déjà arrivé de dégobiller sur un client un peu trop bien charcuté. C’est devenu un sujet de plaisanterie entre eux, et O’Riordan adresse un pâle sourire à Finn :

-Non, non, ça va, patron. Mais bordel, regardez-moi ça, c’est dégueulasse,
s’indigne-t-il en montrant son bras. La bave sanguinolente a imbibé le tissu de sa chemise, formant une auréole qui remonte presque jusqu’au coude. Mériterait qu’on lui ajoute la facture du pressing à sa note, cet abruti.

Il se penche pour s’essuyer au tablier du boucher, en grognant encore et toujours qu’il faut être un fameux connard pour saigner comme ça. Ceci fait, il sort son paquet de cigarettes, en offre une à Callahan avant d’en allumer une pour lui-même, et demande :

-Et maintenant, patron, on fait quoi ? Vous voulez qu’on aille dire bonjour aux deux autres cons ?

Apparemment, Finn est partant. Sans se soucier de leur dégaine (après tout, qui irait appeler la police, dans le secteur ?) ils quittent la boucherie et, une fois dans la rue, le patron choisit sa prochaine cible : le salon de coiffure, qui jouxte la boucherie. Le coiffeur a baissé son rideau, prudemment. Rafa ramasse une pierre qu’il balance dans la vitrine, et se tourne vers Callahan avec un sourire complice :

-Paraît que quand on enfume le terrier, le gibier sort. Ça vous dit qu’on essaye, patron ?


Même si l’affaire se présentait plutôt mal, avec l’humeur de chien de Finn, finalement, les deux hommes passent un bon moment. Ce n’est peut-être pas le cas de tout le monde dans Glengall Road, mais l’essentiel est quand même que Callahan retrouve goût à son boulot, non ?


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Rafa & Finn
La scène est horrible et sanglante. Pour Finn Callahan, qui embrasse du regard le triste état de la boucherie, elle est d’une stricte normalité. Son côté spectaculaire et sadique, et les hurlements du boucher qui l’ont accompagné, sont même nécessaires, de son point de vue, sinon la sanction ne remplirait pas sa fonction : punir le boucher, et impressionner ceux qui auraient la même idée tout en les dissuadant. Bien ou mal, il ne se pose pas la question. C’est nécessaire, c’est tout, ou alors c’est lui qui prendra. Le boucher n’est pas bien dangereux, mais s’il laisse passer ça, ça donnera des idées à d’autres, qui eux, le seront peut-être, et alors c’est lui prendra plein la gueule. Moche, peut-être, mais il hausserait les épaules si on le lui disait. Pour survivre, dans le milieu, il faut être celui qui cogne le plus fort : à force, il ne se pose plus la question, c’est comme ça, c’est tout.

Quant à lui, il se trouve encore clément de ne pas avoir continué son office et de s’arrêter à quatre dents sur sept – mais le message est sans doute correctement passé ainsi, vu la terreur du boucher. Dans le quartier, même le pape n’a pas autant d’influence que Finn et sa parole à force de loi, c’est dire, venant des bigots que peuvent être les irlandais. Il faut vraiment qu’il ait été aux abonnés absents pour que ces types se soient sentis pousser des ailes à ce point. Et maintenant qu’il l’a réalisé, bon dieu, comme ça fait du bien, comme ça le change de ne plus penser, au moins pour un instant, à Eve et aux moyens de la récupérer, et de montrer que le patron, c’est lui, et que le premier qui l’ouvre se prendra la rouste de sa vie. Et ça le fait marrer, de se dire qu’ils ont tous été assez inconscient pour croire qu’ils pourraient le faire tomber. Ça le fait marrer aussi, de voir comment il suffit de hausser un peu le ton – parce que ce n’est que ça pour Finn – pour qu’ils la bouclent.  « Parole, il a foutu ma chemise en l’air aussi, on est beaux…enfin, toujours plus beaux que lui, tu me diras. » Il se marre, tape de nouveau sur l’épaule de Rafa, et allume la cigarette que ce dernier lui tend :  « Sûr que tu veux pas un coup de whisky ? T'as vraiment une sale mine. » Ironique, venant de lui et de son état d'il y a encore quelques heures. D’habitude, il se moquerait un peu, comme il en a l’habitude, mentor bon enfant et un peu sarcastique, mais eh, Rafael l’a sorti de sa déprime, alors Callahan lui est plutôt reconnaissant.

Cigarette aux lèvres, il lance donc d’un ton joyeux, balançant sa pince sur le sol avec un grand bruit métallique, avant de sortir de la boucherie comme s’il venait de faire ses courses : « Je veux, oui ! Pas de raison qu’il n’y ait que le meneur qui prenne, et puis tout ce beau monde avait l’air d’avoir des choses à me dire, je m’en voudrais de les décevoir ! » Qu’ils fassent passer le mot. Comme ça les autres se raviseront peut-être, si certains, plus dangereux, ont eu des vélléités de révolte. Ça n’inquiète pas trop Finn, ils ont réagi à temps, mais si Rafa n’avait rien fait, il aurait continuer à suivre la même trajectoire destructrice. Maintenant, il se sent mieux, moins atteint – drôle que ce soit ça qui l’atteigne, pas le sang ou la violence, mais de ça, il en a l’habitude. Les émotions amoureuses, non. Et si Callahan n’est pas un grand émotif, là, ça fait trop, là, il l’est – même s’il ne sait pas trop de quelle émotion il s’agit précisement.

De la frustration canalisée en colère, qui a besoin de sortir et de s’exprimer, dans un besoin terrible de faire mal. Autant que ce soit productif et que ça serve à quelque chose, donc. Avec l’amusement d’un père pour les bêtises de son fils de trois ans, le mafieux regarde son second s’en prendre à la vitrine du coiffeur. Il sourit à son tour, et réplique avec légèreté : « Voilà une proposition qui me parait très raisonnable et très censée. Certains devraient en prendre de la graine ! » On gagne toujours à bruler des choses. Haussant le ton, il ajoute : « Connell, on sait que t’es là, sors ! »

Callahan attend une minute, ou deux, puis l’air faussement accablé, reprend pour son second d’un ton plaintif : « Pff, je suis patient et compréhensif, je les laisse vivre leur vie, et voilà tout ce que ça me rapporte. Ça m’apprendra à lâcher du lest. On peut pas faire confiance aux gens. Triste époque, tu trouves pas, Rafa ? » Une offense qui mérite punition, qui tombe avec dureté : « Allez, fous moi le feu à tout ça, c’est trop long. » Le but n’est pas de vraiment cramer la boutique – pour l’instant du moins – et un peu de fumée suffira. C’est impressionnant, et le pauvre coiffeur ne tarde pas à sortir, tombant nez à nez avec un Finn finissant paisiblement sa cigarette : « Ah, Connell, salut. C’est gentil de venir nous tenir compagnie, pas vrai, Rafa ? » Le sourire de connivence qu’il adresse à son second n’annonce rien de bon. Il n’écoute même pas vraiment le coiffeur, qui proteste que ce n’est pas sa faute, qu’il va payer, s’il vous plait, pas le magasin, il ne voulait pas, on l’a entrainé. Nonchalemment, Finn écrase sa cigarette et l’envoie voler dans la rue : « Ouais, ouais, je connais la chanson. Fais le moi rentrer, Rafa, il me fatigue. » Il rentre à la suite de son second, qui a déjà assis le coiffeur dans un des fauteuil de l’échoppe. « Tu vois, Connell, si je laisse passer ça, après, tout le monde prendra le plis. Suivre, c’est déjà trop. Il faut une sanction, tu comprends ? Donne ta main. Donne…Bon, Rafa, tiens le moi. » Comme s’il pouvait se libérer et échapper à son sort. Ça emmerde Finn, tout ça, il ne faut pas croire ; il va lui-même chez Connell, qui fait aussi barbier, et tenait jusqu’à là le coiffeur pour un brave gars. Alors oui, ça le désole, surtout que contrairement au boucher, l’autre ne l’insulte même pas. Il n’a fait que suivre, mais c’est déjà trop. Alors, juge, procureur, jury et bourreau, Callahan décide d’une sentence un peu moins grave, mais d’une sentence quand même, histoire de foutre assez la frousse au coiffeur pour que l’envie de recommencer ne le reprenne pas : « Merci. Tiens, Rafa, tu sais que nous, les gypsies, on est un peu tous diseurs de bonne aventure, pas vrai ? Si je disais la sienne à Connell ? » Lance-t-il mine de rien, examinant la main du coiffeur, plaquée à plat sur l’accoudoir :  « Ah, c’est pas de bol, cette ligne de chance si courte. » La lame du cran d’arrêt apparait dans sa main en un éclair : « C’est pas grave, on va arranger ça ! » Tchac, fait le couteau en se plantant dans la paume de Connell, le clouant à l’accoudoir avec un hurlement de douleur. « Premier et dernier avertissement, Connell. Que j’ai pas besoin de revenir. Et le fric est au Cohan demain. » Ça sent le sang, le cramé, et une odeur de produit pour cheveux qui lui soulève presque le cœur à son tour.

Buvant une gorgée de whisky, il rallume une cigarette, laissant derrière lui Connell sans un regard en arrière : « Allez, viens, Rafa, on va voir leur dernier pote. » Quelques habitants du quartiers les regardent depuis les fenêtres, mais n’osent rien dire. C’est que maintenant que les représailles ont commencé, c’est moins facile de broncher et qu’on ne voudrait pas s’attirer le même sort. Le constat tire un rire sauvage à Callahan : « Ce qu’ils sont cons, croyaient vraiment que je ferais rien !  » Si Rafa est charitable, il ne dira rien, mais le fait est que ça aurait le cas, tant tout cela paraissait dérisoire à Finn par rapport à sa rupture avec Eve, s’il ne l’avait pas secoué un peu. Mais maintenant, au moins pour l’instant, ça va. Le voilà même qui gueule dans la rue : « Alors ! Y en a d’autres qui veulent parler au patron ? D’autres qui veulent se plaindre ? J’attends ! » Il ne va pas se laisser emmerder, non mais – encore moins alors qu’il est de mauvaise humeur et qu’il a mieux à faire, comme récupérer Eve, justement. Mais personne ne se pointe, et ça vaut peut-être mieux.

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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeLun 22 Mar - 16:50

Le blues du dentisteFinn & Rafa

Mentalement, Rafa remercie le boucher d’avoir été si con ; sans cette active coopération, l’expédition punitive aurait tourné en eau de boudin, et la tentative de remettre Callahan en selle avec. Heureusement, on peut toujours compter sur les crétins pour jouer leur rôle, comme vient de le prouver l’ami boucher qui gît, toujours inanimé, parmi les débris de sa vitrine et de sa dentition. Le patron semble avoir oublié toute sa rogne à l’égard de son second, comme en témoigne son insistance à lui demander si ça va. O’Riordan s’avance sur le pas de la porte, loin de l’odeur du sang et du spectacle dégueulasse du boucher, et lance, presque totalement requinqué :

-Ouais, sûr, boss, ça va aller. Faut juste que je sorte, c’est une véritable boucherie ici.

Et il bondit dans la rue en rigolant, très fier de sa plaisanterie. Son dégoût face au supplice du boucher est une répulsion purement physique ; moralement, cela ne lui pose aucun problème. Cet imbécile de commerçant s’en sort même bien, pour quelqu’un qui a osé défier Callahan en face. La punition est atroce, mais à la mesure de l’offense. C’est ainsi que cela fonctionne, il n’y a ni à s’en réjouir, ni à pleurer. Si on ne châtie pas de manière exemplaire les tentatives de rébellion, on se retrouve éliminé du paysage en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. C’est le travail de Finn de punir ses opposants, et c’est son travail à lui de l’assister dans cette tâche.

Quelques visages se montrent aux fenêtres des logements environnants tandis que les deux hommes, avec leurs chemises sanglantes, poireautent devant le salon de coiffure. C’est que ça fait un drôle de rodéo dans le quartier, tout ça. Indifférent à l’attention qu’il suscite, Callahan se plaint de l’ingratitude de ses ouailles, et Rafa approuve, ouvrant les bras dans un geste désolé :


-Que voulez-vous que je vous dise, patron ? Ces gens-là ne vous méritent pas. Ils se rendent pas compte qu’ils auraient pu tomber sur un vrai méchant.


Comme le coiffeur ne se décide pas à se montrer, Finn ordonne à son second de mettre le feu à la boutique ; Rafa a préparé le terrain en lançant une pierre dans la vitrine. Cela lui permet d’accéder à un rideau moche qui ne s’embrase pas, mais se met à se consumer en dégageant une épaisse fumée. Comme prévu, cela fait sortir Connell de son trou, et ce n’est pas du tout la même scène qu’avec le boucher. Le coiffeur est blême, se confond en excuses, en prières que Callahan ne semble même pas entendre.

Pour Connell, la séance de punition est moins longue, et nettement moins sévère que pour le boucher. On voit bien qu’il regrette d’avoir suivi le mouvement de révolte contre Finn, mais ça ne suffit pas. Rafa lui flanque une calotte et le force à présenter sa main droite au patron :


-Obéis, quand monsieur Callahan te dit quelque chose.


Une phrase toute simple, mais tout irait mieux, dans ce quartier, si les gens l’appliquaient réellement. À commencer par Connell qui gueule comme un veau, la main clouée à l’accoudoir de son fauteuil. Finn quitte déjà la pièce, et Rafa se lève à son tour.

-Tu permets ?

Sans attendre la réponse du coiffeur, il arrache le couteau de sa main, provoquant un nouveau hurlement de douleur. Gentiment, il pique le bout du nez d’un Connell sidéré, et déclare sur un ton solennel  :

-Car le Seigneur ne veut point la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive.

Dehors, le patron assure l’ambiance en gueulant qu’il attend tous ceux qui voudraient venir chouiner - mais ça ne se bouscule pas au portillon. Rafa lui rend son cran d’arrêt, et, soucieux de le conserver dans de bonnes dispositions, abonde dans son sens :

-Faut croire qu’ils vous connaissent mal, patron, pour s’imaginer que vous laisseriez passer ça sans broncher. Ça va remettre les pendules à l’heure à tout le monde, et ça fera pas de mal.


L’épicier, le troisième larron, opte pour une approche inédite parmi les rebelles. Au lieu de provoquer ou de se cacher, il s’avance devant sa boutique, une enveloppe en main, et se met à expliquer qu’il avait besoin de temps pour réunir la somme, mais que Dieu merci, il y est parvenu, et qu’il est désolé que Monsieur Callahan se soit dérangé en personne… Rafa se saisit de l’enveloppe, compte rapidement ce qui s’y trouve, et annonce :

-Le compte y est, patron. À moins que vous ne souhaitiez appliquer des pénalités de retard.


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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeLun 22 Mar - 23:55



Le blues du dentiste
Rafa & Finn
Non, Finn n’est pas le plus méchant, c’est ça le pire. Rafa a raison, ces crétins ne savent pas apprécier la chance qu’ils ont, songe-t-il en jetant un œil indifférent au rideau qui brule encore dans la vitrine. Il ne fait pas vraiment dans la violence gratuite ; au fond, pour lui, ce qu’il fait, c’est juste du maintien de l’ordre. C’est qu’il a globalement compris les leçons de son oncle : le business marche mieux quand les gens sont vivants et vous doivent la vie, leur maison, et leur job. Et il marche mieux sans que ça n’explose tous les jours, pour un rien, non plus. Alors, tout violent et colérique qu’il soit, Callahan ne fait finalement pas tant que ça dans la violence, du moins tant qu’on n’essaie pas de la lui mettre à l’envers. Il y perdrait, de toute façon : les morts payent encore moins leurs dettes que les rebelles, même punis et laissés charcuté comme le boucher. Le plus insolent a pris pour les trois, maintenant, il est plus calme ; le reste n’est que de la routine, qui ne lui fait ni spécialement plaisir, ni ne le dégoute spécialement. C’est juste le boulot, celui de tous les jours, et quand Connell viendra payer, il ne sera ni moins mal, ni plus mal reçu que les autres : comme ceux qui sortent de prison en ayant payé leur dettes à la société, sa dette envers Finn est réglée, et les choses s’arrêtent là. Conception archaïque de la justice, peut-être, mais qui lui vaut généralement un respect qui n’est pas totalement fondé que sur la crainte – même si celle-ci joue tout de même pour une grande part.

Sifflotant une vieille marche de bataille de l’IRA, Finn observe la rue, qui s’est fait silencieuse. Son regard, plein du défi qui l’animait déjà sur les rings de boxe de son adolescence, ne rencontre personne, ce qui lui tire un sourire de satisfaction. Manifestement, il a atteint son but et personne ne viendra de sitôt contester son autorité, ce que Rafa confirme. Callahan hoche la tête face à la déclaration de son second, et range son couteau : « J’espère bien, oui. Ah, par contre, dégage moi les mômes. » Drôle de type que le patron, prêt à casse la gueule d’un type sans un remord pour une quinzaine de livres mais qui essaye de protéger les mômes venus jouer à se faire peur en regardant le jeu de massacre. Il grogne encore, pour son second, sans pour autant qu’il y ait besoin de justification particulière. « Y a pas besoin qu’ils voient ce genre de trucs, c’est pas de leur âge.  » Pas le plus méchant, non, même si le boucher et le coiffeur ne seraient pas de cet avis. Tant qu’on ne l’emmerde pas – et comme le Rafa le comprend, il suffit de fermer sa gueule et de dire oui, ce n’est pas si compliqué de savoir contre qui on peut lutter et avec qui il vaut mieux la boucler, d’avoir un peu d’instinct de survie, en somme – il est même plutôt du genre à s’occuper des gens. Filer une pièce aux gamins, s’occuper des vieux, trouver du taff aux autres : de l’oncle Tony, quoiqu’il le nierait fermement en disant que l’honneur, ce n’est pas pour lui (et clairement, ça ne l’est pas), il a aussi appris qu’on se trompe rarement en donnant leur chance aux gens. Et que si ça ne file pas droit, par contre, on ne tergiverse pas.

Rafa en est la meilleure preuve, et au fond, quoiqu’il râle beaucoup, qu’il passe sa vie à lui dire que O’Riordan lui tape sur le système, et qu’il ait quelques fois envie de le balancer par la fenêtre, avec ses provocations à la con, le fait est que Finn a tenu sa promesse et qu’il n’a jamais levé la main sur son second, quelques soient les circonstances. C’est qu’il sait bien, quoiqu’il dise, que quand bien même il serait au fond du trou, Rafael serait toujours là : c’est peut-être même précisément pour ça qu’il l’écoute et que malgré tout ce qu’il grogne, il sait qu’il fallait qu’il se reprenne.

D’ailleurs, il faut finir le boulot. « Ben v’là encore autre chose. » S’amuse Finn, un peu surpris tout de même du manque de cran de l’épicier. Bon. On dirait que les autres lui ont fait peur, et puisque le compte y est…Il a sorti distraitement son flingue, sur lequel lorgne ce dernier, pendant que Rafa compte, et maintenant, on dirait qu’il joue distraitement avec les balles, semblant réfléchir au fait de donner ou non une sanction à l’impertinent. Pour le principe, oui. Mais vu la tête de l’épicier, blanc comme un cachet d’aspirine, et qui regarde très nerveusement l’arme, le mafieux se dit qu’il ne faudra pas grand-chose. Avec un grand sourire, il lève l’arme : « Bonne question. Est-ce que c’est ton jour de chance ou pas, Paddy ? Tu sais que j’aime qu’on me paye à l’heure. » Il lève l’arme, s’attirant les supplications dudit Paddy : « Voyons voir ça… » Mais la gâchette de l’arme tape dans le vide, avec un cliquetis bref, et rien ne se passe. « Eh bah, on dirait que oui. » Avec un grand rire tonitruant, content de sa manœuvre, Callahan finit par ranger l’arme, et pointe un index inquisiteur vers le commerçant : « C’est le lundi, qu’on paye, Paddy, t’oublieras plus ? Non ? Bon allez, file. »

Il n’y a plus que Rafa et lui dans la rue, maintenant, et il se prend d’un sourire. Proposant une cigarette à son second, il en allume une autre : « Tu vois que je suis toujours capable de faire en sorte qu’on m’écoute. » Lui flanquant une bourrade amicale, il ajoute : « Allez amène toi, on rentre. C’est ma tournée. » A vrai dire, il compte là-dessus pour qu’on sache que le patron est de retour aux affaires. Plus stable et plus décidé, Finn va un peu mieux, ce qui lui permet de se rendre compte que sa déprime prend une sale tournure, mais elle est toujours là. Quand il monte dans la Bentley, il finit donc par lâcher : « T’avais pas tort sur le fait qu’il fallait que je me reprenne. » Preuve s’il en est qu’il n’est pas très fier, quand même, de s’être allé ainsi, il reconnait que Rafa n’avait pas tort. « Je serais là les prochains jours. Ça fera du bien aux gars de de me voir. » Et à lui aussi. Assez pour qu'il se dise qu'il faut commencer à réfléchir à une solution pour Eve. C'est un progrès.

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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeMar 23 Mar - 16:26

Le blues du dentisteFinn & Rafa

À coups de pièces d’une livre, Rafa disperse la marmaille venue assouvir une malsaine curiosité, en se disant que les gamins sont quand même beaucoup plus hardis que les grandes personnes. Côté adultes, ça ne bronche pas, et on voit même retomber des rideaux aux fenêtres des appartements ; les voyeurs préfèrent ne pas être vus. O’Riordan termine sa distribution de petite monnaie, en disant aux gosses d’aller s’acheter des bonbons, que c’est monsieur Callahan qui régale, mais qu’il ne veut plus les avoir dans les pattes. Aussitôt, les mouflets, ravis de l’aubaine, se tirent au galop, et la rue retrouve un calme un peu inquiétant. Il ne reste plus que Finn, son second, et le dénommé Paddy qui, en dépit de sa profession d’épicier, est plus blanc qu’une merde de crémier. Des trois rebelles, il a toujours été le moins virulent ; il suffit de le voir se déballonner en direct pour comprendre qu’il regrette non seulement sa participation à la révolte, mais aussi tout ce qu’il a pu faire d’un tant soit peu répréhensible depuis sa naissance. Rafa remise soigneusement l’enveloppe de fric dans la poche intérieure de sa veste et recule de deux pas pour observer la suite, tout en piochant tranquillement dans un cageot de cerises de l’étal. Finn a le sens du théâtral, indéniablement ; il est évident qu’il ne va pas refroidir l’épicier, mais le commerçant a si peur qu’il n’est pas en état de s’en rendre compte. Callahan le laisse se liquéfier quelques secondes, et lorsqu’il appuie sur la détente, Rafa est presque certain que l’autre va s’évanouir de trouille. Mais Paddy tient bon, et il remercie le patron avec ferveur, bien conscient de sa chance. En voilà un qui réfléchira à deux fois avant de sortir du droit chemin, songe Rafa en s’éloignant. Les visages ont disparu des fenêtres, parce que le spectacle de la clémence n’intéresse personne, mais c’est aussi cette clémence qui fait de Callahan le patron du quartier.

Finn et Rafa regagnent la voiture, et, sans leurs chemises tachées de sang, on pourrait croire qu’ils n’ont rien fait de plus qu’une visite de courtoisie dans le secteur. Dans la boucherie, cependant, les employés s’affairent à effacer les traces du carnage ; ils ont évacué le boucher, et on nettoie à grande eau le sang répandu sur le carrelage. Back to normal. Rafa accepte la cigarette du patron, et réplique, toujours au bord de l’impertinence :


-Ah, mais moi, j’ai jamais douté de votre capacité à vous faire écouter, patron. C’est votre capacité à m’écouter moi, le problème.

Il ouvre la portière passager de la Bentley, histoire de montrer au bon peuple que Callahan est une type important, une sorte de grand seigneur - c’est d’ailleurs lui qui a appris à son second l’intérêt de la mise en scène. La portière claque, et Rafa monte à son tour dans la voiture, en se marrant :

-Je comprends pas que depuis le temps, vous vous soyez pas encore rendu compte que j’ai toujours raison, patron.

Il ne peut éviter la calotte amicale que lui administre Finn suite à cette remarque, et démarre, rigolant toujours. La promesse de Callahan d’être plus présent est un soulagement pour lui. C’est que s’il peut gérer les affaires courantes, il n’est pas le boss, et il n’a pas l’autorité de Finn ; on lui obéit, mais par défaut. Ça fera du bien aux gars de voir le patron de retour aux manettes, et à lui aussi. Rafa hoche la tête en silence, et puis, soudain redevenu sérieux, toute insolence oubliée, il lâche :

-Au fait. Vous demande pardon pour tout à l’heure, patron. J’y suis allé un peu fort. Je savais pas trop comment… enfin, vous avez compris. Il hésite un instant, puis, timidement, demande : Et euh… Ça… Ça va aller ?

Il adresse à Finn un regard furtif, manière de lui faire comprendre que la question ne porte pas sur sa gueule de bois ; il se rend bien compte que si l’expédition punitive a temporairement remis Callahan d’aplomb, elle n’a pas réglé le problème, et c’est bien cela qui, autant que le second, inquiète l'ami.


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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeJeu 25 Mar - 0:57



Le blues du dentiste
Rafa & Finn
« Tu ferais mieux d’avoir raison en silence ! » Se marre Finn alors qu’il assène une calotte amicale à Rafa, par un jeu bien établi avant de s’installer dans la voiture. La Bentley démarre alors qu’il continue à tirer sur sa cigarette, de meilleure humeur et disposé à être libéral. L'acteur se fend donc d'un nonchalant : « A propos de quoi ? J’ai oublié ce que t'as dit, alors ça devait pas être si grave. » En réalité, il n’a pas oublié du tout ce qu’a dit Rafa, et ce dernier le sait sans doute, mais c’est la manière de Callahan de dire qu’il n’y a pas de problème et qu’il comprend pourquoi Rafael en est venu à de telles extrémités. N’importe qui d’autre se serait pris la rouste d’une vie, ou un traitement similaire à ceux des commerçants, en osant le comparer ainsi à l’oncle Tony et en le traitant de faible, mais Rafa n’est pas tout le monde, et pas un simple second non plus. Quand O’Riordan le contredit, Callahan sait, même s’il ne l’avouerait jamais, que c’est pour une bonne raison. Il grognerait sans doute, il ne le dirait jamais devant son second non plus – faudrait pas qu’il prenne la grosse tête, ce petit con – mais le fait est qu’il a une confiance aveugle en Rafa.

Et l’acteur sait, pour cela, qu’il s’est trop laissé aller. Un vague mal de crâne, revenu depuis qu’il est remonté dans la Bentley, le lui rappelle aussi. Ca va aller ? a demandé Rafael, mais non, ça ne va pas, sauf qu'il ne sait pas comment le dire. Les peines de cœur, c’est bien sur grand écran et dans les salons, mais devant les hommes…non. Il a déjà chialé une fois, c’était déjà trop, alors Finn garde les choses pour lui. Pourtant, ce n’est pas faute de mourir d’envie d’en parler et de partager ce constat curieux : il aime Eve, et son absence le rend malheureux.

Il joue avec son briquet, les yeux dans le vide, essayant de rassembler ses pensées avec un air concentré. Au bout d’un long moment, il finit cependant par dire, brutalement : « Tu vois, une fois, j’ai rencontré un français…Camus, il s’appelait, je crois, parait que c’est un grand écrivain, maintenant…qui m’a dit qu’il fallait avoir au moins une grande passion amoureuse dans la vie, ne serait-ce que pour avoir un alibi pour le désespoir qu’on ressent de toute façon. » Il y a une pause, assez longue. Et puis Callahan assène d’un ton indigné, assassinant en une phrase le grand écrivain : « Eh bah c’est complètement con. Je veux dire, j’étais pas désespéré avant, là…un peu. » Comme critique littéraire, on repassera. Comme amoureux romantique aussi. Mais du moins a-t-il avoué, mine de rien, qu’il l’était et que ça n'allait pas trop à son second, et c’est déjà quelque chose, une sorte de progrès dans la réflexion du mafieux.

Il ne leur faut pas longtemps pour arriver au Cohan et garer la voiture. Un moment, on pourrait croire que Finn va s’arrêter là. Mais une fois installé à une table au fond du bar, qui se remplit doucement, il reprend sans vraiment pouvoir s’arrêter. Le ton se fait plus triste, un peu farouche aussi. Il n’aime pas ce que ça lui fait, ni être pris en défaut, n’aime pas le sentiment de vide qui accompagne la détresse et la culpabilité, mais ne sait pas comment l’expliquer. « Elle me manque, putain. » Alors il opte pour la vérité brute ; quoiqu’il se sente un peu pitoyable, ça lui fait du bien de parler un peu. Alors que Liam leur apporte fissa deux bières et des portions énormes de fish’n’chips, Callahan soupire : « Ce que c’est con. De s’attacher à une fille comme ça, je veux dire. Surtout qu’elle est chiante, quand elle s’y met… » A ne pas répondre aux lettres, à l’ignorer, à jouer la distance : c’est pour ça qu’il a invité Xena. Parfois, il a l’impression d’être le seul à faire des efforts, sans voir que Eve est aussi perdue que lui. Et puis, buvant une gorgée de bière distraitement, il sourit doucement, d’un sourire qui ne lui ressemble pas : « Mais qu’elle se mette à rire, et là, là…je réponds plus de rien, moi, si elle fait ça. » Mordu. Il est complètement mordu, a diagnostiqué une fois une Florence très amusée à Rafa dans son dos. Finn a fait semblant de ne pas entendre, comme il a choisi d’ignorer Benson qui lui disait qu’il l’aimait, mais maintenant, il regrette. C’était bien, ce qu’ils avaient, et maintenant…

Pour un peu, il se remettrait presque à pleurer, et il lance avec un air désolé : « Je sais que j’ai déconné, hein. Que j’aurais pas du…enfin, tu vois l’idée. C’est pas comme avec les autres filles, tu vois ce que je veux dire ? » Bonne question. Est-ce qu’il a seulement une petite amie, le Rafa ? C’est un type bien, il saurait sûrement faire, se dit le patron, mais à force de répéter qu’on est mieux sans les emmerdes que causent les femmes, peut-être qu’il a fini par faire comme lui : pas d’attaches. Et Callahan persiste à croire que sur ça, il avait raison. Une vie entière passée à profiter des filles, et à se tirer quand il le fallait, ce qui lui a permis d’être peinard, mais qu’arrive cette jolie rousse et paf ! tous ses efforts foutus par terre. Et maintenant, il n’a que ses yeux pour pleurer. Il soupire, essayant déjà de se justifier, preuve d’une culpabilité rare chez lui :  « Sur le moment, j’y ai pas pensé. Ça me paraissait évident que c’était différent, Xena et Eve… » Il pioche dans ses frites, maussade, et soupire comme s’il portait toute la misère du monde sur ses épaules : « Mais ça …elle voudra pas l’entendre. Je sais pas si elle réalise, ça. Si c’est la même chose pour elle aussi… » Est-ce qu’elle l’aime ? Grande question, un peu effrayante. Ça aussi, Florence a bien essayé de le lui dire, mais Finn est débutant sur ce plan là aussi : ce qui saute aux yeux de tous n’a rien d’évident pour lui. « Mais je sais qu’elle m’en voudra de toute manière, alors…j’ai l’impression que j’ai un peu tout foiré. Et je sais pas bien quoi faire. Mais je veux pas que ça finisse comme ça, sauf que j ’ai pas de solution. Là, je sens qu’on va devoir se tirer et qu’elle voudra toujours pas me parler. Est-ce qu’elle m’écouterait, seulement, si je disais ça ? Si je lui proposais de venir ? » Et il ne peut s'empêcher, malgré lui, maintenant qu'il le dit, d'espérer que ce soit le cas.

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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeJeu 25 Mar - 22:25

Le blues du dentisteFinn & Rafa


On peut dire ce qu’on veut, mais Finn Callahan, tout compte fait, ce n’est pas le mauvais cheval. Évidemment, il a des tonnes de défauts, mais tout le monde en a, et les patrons encore plus que les autres ; ça ne l’empêche pas d’être un type bien, comme Rafa l’avait pressenti dès le premier jour, et comme il le vérifie encore à présent. Il est évident que Callahan n’a rien oublié des propos de son second, mais sa façon de faire semblant est pleine de noblesse. Pas de reproches, pas de représailles, on n’en parle plus. C’est ainsi que cela a toujours fonctionné entre eux, et c’est pour cela que Rafa accepte totalement l’autorité de Finn ; il le sait juste, volontiers colérique mais plus enclin à pardonner qu’à punir tant qu’on n’essaie pas de le prendre pour un con. Et il a l’élégance de ne pas faire mine de s’apercevoir de sa propre magnanimité. Sa prétendue amnésie lui vaut un regard reconnaissant de son second, qui se promet tout de même de faire plus attention à ses propos la prochaine fois. Le poker lui a appris à ne pas présumer de sa chance. Callahan lui pardonne, pour cette fois, mais rien ne dit que ce sera toujours le cas, et Rafa ne voudrait pas se retrouver dans la situation du boucher trop insolent. Sans même parler de l’atrocité du châtiment, O’Riordan sait qu’il lui serait insupportable de perdre la confiance - et, espère-t-il, l’estime - du patron pour n’avoir pas su tenir sa langue.

Ils ne sont plus qu’à quelques centaines de mètres du Cohan lorsque la conversation, la vraie, s’engage entre eux. Rafa fronce les sourcils en entendant la théorie de ce Camus ; ça lui semble un peu tarte, comme idée, parce que lui, le désespoir, il n’est pas client. Il a assez donné dans sa prime jeunesse pour ne plus en abuser. Il préfère ne rien dire de sa perplexité, et conduit en silence, en se demandant où veut en venir Callahan. Et lorsque le patron lui avoue être un peu désespéré, il ne peut que murmurer :


-Soyez pas désespéré, Boss. Vous savez ce qu’on dit, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Je vois bien que vous êtes malheureux, mais faut pas partir du principe que c’est définitif.

En réalité, il est un peu en peine de réconforter Finn ; il n’a jamais connu de peine de coeur, pour la bonne raison qu’il n’a jamais été vraiment amoureux. Depuis qu’on l’a jeté dans un lac glacé pour avoir osé draguer une fille, il a décidé qu’il n’aimerait plus, parce que l’amour, c’est un aimant à emmerdes. Suffit de voir Callahan, et sa mine déconfite quand il avoue qu’elle lui manque. Bon, il le dit, c’est déjà un grand pas, songe Rafa en portant un toast silencieux à son vis-à-vis. Reste à savoir quoi dire pour le soutenir. En six ans, O’Riordan a secondé Callahan dans toutes les circonstances, dans les échecs comme dans les jours de gloire, mais c’est la première fois qu’il doit l’aider à digérer un chagrin d’amour. Alors, maladroitement, il fait :

-C’est pas con, patron, on choisit pas. On dirait que vous avez honte. C’est pas en vous disant que c’est con que vous allez accepter que… heu… que c’est comme ça.

Bordel, pourquoi c’est si compliqué à dire ? Rafa se mord les lèvres. Il voudrait dire autre chose, mais les mots qui lui viennent lui semblent inadaptés. Les yeux baissés sur sa portion de fish and chips, il écoute la confession de Callahan, à la fois gêné et fier d’être le témoin de ces épanchements. Il n’a pas grand-chose à dire, parce que l’amour est une terre inconnue pour lui, alors il mange, en silence, tandis que Finn parle ; les expressions de son visage disent qu’il est attentif, et qu’il compatit. Il aimerait trouver les mots justes, histoire de redonner le moral à Callahan, mais tout ce qui lui vient est plat et stupide. Ce n’est que lorsque Finn se demande si Eve l’aime aussi que Rafa, à mi-voix, remarque :

-Ben… vous croyez vraiment qu’elle aurait réagi comme ça si elle s’en foutait ? Je veux dire… C’est vrai qu’elle était en colère et qu’elle a mal réagi, et vous, vous ne vous souvenez que de ça… mais si vous réfléchissez… on réagit mal quand on est touché, non ? Sinon, on passe son chemin, et puis c’est tout.

Ça lui semble évident, à Rafa, du pur bon sens. Mais le patron n’est pas forcément l’homme le mieux pourvu en bon sens, et surtout pas sur ce thème. L’amour et la déception, ce n’est pas ce qu’on fait de mieux pour rendre simple un bonhomme aussi compliqué que lui. O’Riordan a une moue de désapprobation, et il pointe une frite presque accusatrice vers Callahan :

-Vous devriez pas parler comme ça, vous savez. Vous partez battu d’avance. Vous dites qu’elle vous en voudra, mais en fait, vous en savez rien. C’est pour ça que vous êtes malheureux, vous avez décidé que c’était foutu, que personne n’y pouvait rien… la seule façon de savoir si c’est vraiment foutu, c’est d’essayer. Je vous ai jamais vu abandonner une partie sans essayer de la jouer, patron, jamais.


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Message#Sujet: Re: Le blues du dentiste | Finn   Le blues du dentiste | Finn Icon_minitimeJeu 1 Avr - 0:21



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Rafa & Finn
Soyez pas désespéré. Il en a de bonnes, Rafa : Finn voit bien que ça part d’une bonne intention, mais tout de même, c’est plus facile à dire qu’à faire. Il ne lui en veut pas, pour autant. Son second est là, et à l’heure actuelle, Callahan a surtout besoin de vider son sac auprès de quelqu’un disposé à écouter, même si Rafa n’a pas plus de solution que lui. Pour être honnête, il voudrait juste que ça s’arrête, mais il ne sait pas comment l’expliquer à Rafa, et que c’est ça, qu’il trouve pénible, d’être autant impliqué, ce qu’il essaie tant bien que mal de verbaliser : « Pas honte, non, c’est autre chose. Encore que je passe pour un crétin, je vois bien, à courir après elle. La preuve avec les trois débiles, là. » Il secoue la tête, cherchant ses mots, et pioche distraitement dans ses frites. Non, il n’a pas honte d’aimer Eve, mais il a peur, un peu, que ça le rende faible et aveugle parce qu’il a peur de la perdre. Comme si son bonheur dépendait de la présence de la jeune femme dans sa vie. C’est cette dépendance, précisément, qui l’angoisse, comme si soudainement, il n’était plus capable de faire ce qu’il a toujours fait : un pas de côté pour prendre de la distance. En s’arrangeant pour ne dépendre de personne, justement. « Mais c’est pas ça. C’est juste…j’en sais rien. » Il boit une gorgée de bière et tente de préciser sa pensée, voyant bien que son second patauge à essayer de le comprendre : « Le genre de trucs à éviter pour pas avoir d’emmerdes, enfin normalement. » S’attacher à quelqu’un, c’est prendre le risque d’être trahi et d’avoir quelque chose à perdre, et de plus pouvoir décider rationnellement, en fonction de ses seuls intérêts. Pas un luxe que Callahan peut se permettre. La preuve, ça foire complètement, les représailles qu’ils ont du mené le prouve, dès qu’il lâche l’affaire. Or il a envie de lâcher l’affaire. Pile au moment où il ne faudrait pas. Se tirer aux USA lui fait envie, pourtant : loin de l’enlèvement de Gaia Yaxley, des flics, et d’Eve. Il pourrait oublier tout ça, et puis ils s’en marreraient, avec Rafa. Sauf que c’est faux. Il n’a pas envie de partir, pas sans Eve, ou en tout cas, pas s’en s’être réconcilié avec elle, et le reste est un mensonge. « Mais c’est comme ça, ouais. » Finit donc par avouer Finn, un peu morose. Oui, il l'aime, et il est malheureux comme les pierres parce qu'elle est partie.

Il y a quelques temps, il aurait presque été heureux de le découvrir, qu’il aimait Eve, mais tout le monde le lui disait et il niait. Maintenant qu’il sait, il a l’impression que c’est trop tard, et qu’elle lui en voudra toute sa vie, et il ne sait pas du tout quoi faire. Alors, fatalement et presque naïvement, quand Rafa lui dit qu’il se trompe et qu’il compte pour elle, il lève un regard plein d’espoir vers son second : « Tu crois ? » Ce serait presque comique de voir l’acteur s’accrocher à la sagesse de son second, sagesse que Rafa n’a pas parce qu’il ressemble assez à Callahan lui-même sur ce point, et lui demander son avis, comme un ado qui tombe amoureux pour la première fois et se réunit avec sa bande pour savoir si la fille qu’il drague le regarde ou pas. Au final, c’est bien ce qu’il est, sauf qu’il n’est plus ado depuis longtemps, et il a autant de questions sans réponses. « C’est pas ce que je voulais, tout ça…» Il soupire, continuant à manger sans trop regarder Rafa, se justifiant malgré lui. « Si elle répondait à ses lettres, aussi…explique moi ce que ça lui couterait ? » Mal à l’aise, il se tord les mains, allume une cigarette, reprend à manger, et grommelle, dans un état d’agitation passable qui frise de nouveau la déprime et que son mal de tête aggrave : « Puis c’est pas comme si j’avais fait quelque chose de vraiment grave, je couche pas avec la petite, moi…alors oui, j’ai déconné, j’aurais pas du, mais bon… » L’acteur relève la tête vers son second pour demander, inquisiteur : « C’est si difficile pour elle de voir ce qu’elle représente pour moi ? » Il écarte les bras en signe d’impuissance, manquant de renverser un Liam affairé avec des plats sans le voir : « Je sais pas, on dirait que vous avez tous compris et que je suis le dernier à piger, et qu’elle pige encore moins, alors comment tu veux qu’on s’en sorte ? »

Pour qui le connait, cette agitation est plutôt bon signe chez Finn. Du moins, signe qu’il est prêt à faire quelque chose, pas forcément que ça marchera ou que ça sera rationnel. Car la réaction de Eve, si violente, lui fait craindre qu’elle ne veuille même pas l’écouter, et c’est ce qui le déprime le plus : qu’il n’y ait rien à faire. Alors pourquoi s’infliger ça, si ça ne marche pas de toute façon ? Ne vaudrait-il mieux pas renoncer ? « Bah, elle avait pas l’air de vouloir me revoir un jour dans ses pattes, la dernière fois, alors ouais, je pense qu’elle m’en voudra. » L’attitude martiale de son second, qui ne semble pas vouloir céder, cependant, le pique cependant au vif, preuve que Rafa sait comment le faire marcher : « Arrête donc de me menacer avec ta frite, là, j’aime pas ça, c'est pas des manières. C’est quoi ces leçons, d'abord ? » D’un geste preste, il se penche pour écarter la main de son second, et change d’avis au dernier moment pour lui ébouriffer les cheveux amicalement, avant de déclarer avec un gros rire : « Je pars pas perdant, jamais, où est-ce que t’as vu jouer ça, eh ? » Avec un petit rire de défi, Finn fait signe à Liam de lui remettre une Guinness. Puis il se frotte les yeux, avant d’étouffer un bâillement : « Hmf. Je vais reboire un verre, et puis j’irai me coucher, ça me fera pas de mal. Ça m’a remis les idées en place, tout ça, mais j’ai besoin de dormir, je crois. » Il cligne des yeux, et puis il a un sourire : « Je verrai demain ce que je fais. Peut-être que tout est pas foutu, pas vrai ? On pourrait tenter le happy end, qu’est-ce que t’en penses ? » Finn, et sa tendance à penser sa vie comme dans les films hollywoodien, où tout est facile et où les filles comme Eve écoutent les types comme lui. Au moins, s’accrocher à cette idée lui redonne un peu de courage, et peut-être bien que Rafa aura raison de fois de suite aujourd’hui. « T’arriveras à tenir la boutique si je rentre ? Je repasserai demain, si j’arrive à la voir. » L’acteur lève ensuite la bière que Liam vient de lui rapporter : « Aux édentés et aux chemises foutues. Faudra qu’on en change, d’ailleurs. » A l’amitié serait plus vrai, mais, eh, ça, il le sait, le môme, non ?

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