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 [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael

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HYDRE
Xena Hart
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Message#Sujet: [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael   [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael Icon_minitimeVen 14 Mai - 19:00

Dommages Collatéraux
ft. Rafael O'Riordan
L’entrevue que Xena avait eu avec Eve l’avait calmée, au moins un temps. Même si la communication avait été plus que compliquée, les deux jeunes femmes avaient fini par s’écouter, plus ou moins, et par se comprendre, à peu près. Malgré tout, la jeune femme avait conservé un goût amer de cet entretien, amertume qui n’avait fait qu’augmenter au fil des jours. Un temps, Xena avait envisagé de retourner voir Eve, mais pour quoi faire ? Pour lui dire quoi ? Faire quoi ? Non, mieux valait ne pas y retourner. Toute cette histoire la touchait déjà beaucoup plus qu’elle ne le devrait, inutile de s’impliquer davantage.

Et pourtant, impliquée, Xena l’était déjà, et pas qu’un peu, en témoignait son exaspération constante. Elle ne pouvait s’empêcher de penser que, outre ces types qui avaient tabassé Eve, il y avait un autre coupable. La jeune femme n’avait toujours pas pardonné à Finn l’humiliation et la brutale sensation d’abandon qu’il lui avait infligé au Cohan mais refusait de se l’admettre. Elle se répétait sans cesse qu’elle était passée à autre chose, que ce n’était qu’un connard fini qui l’avait dupé mais que maintenant, c’était terminé, elle ne se laisserait plus avoir. A vrai dire, Xena y pensait encore, et beaucoup trop pour pouvoir prétendre être passée à autre chose.

Et ce jour-là, c’était encore pire que d’habitude. Assise à une table au Chaudron Baveur, Xena tentait de noyer ses pensées dans la foule et le fond de sa tasse de café, ne supportant plus le silence de sa grande maison. Mais, de toute évidence, c’était une mauvaise idée de venir ici. Tout lui rappelait les instants insouciants qu’elle avait passé avec le mafieux, profitant d’une sorte de pause dans sa vie tourmentée, avant que tout ne s’écroule à nouveau. Et ça ne cessait de faire monter en elle une colère qui ne demandait qu’à être libérée.

Et quoi ? Aller trouver Finn, lui demander des comptes ? Lui demander s’il se rendait compte de ce qu’il avait causé ? Lui qui avait connu l’abandon, comme avait-il pu laisser Eve subir tout cela toute seule ? C’était ce qu’il comptait faire, répéter les erreurs qui avaient jalonnées sa vie ? Comment avait-il pu laisser faire ça ? C’était donc ça, l’aide dont Eve lui avait parlé ? Juste attendre et ne rien faire ?! Par Merlin, ne comprenait-il rien ?! La décision qu’avait pris Eve était une décision difficile qui aurait mérité un soutien constant, soutien que Xena avait été incapable de lui donner, mais Finn, lui, aurait dû être présent, assumer les conséquences de ses actes et… Merde, comment avait-il pu laisser ça arriver ?!

Le feu qui la consumait depuis plusieurs jours prit un nouvel élan et terrassa tout ce qui restait de retenue à Xena. La jeune femme jeta une pièce sur la table et quitta le Chaudron Baveur, passant la porte qui menait au côté moldu. Elle pénétra ensuite dans une ruelle et transplana juste à côté du Cohan. A la simple vue de la devanture du bar, le sang de la jeune femme ne fit qu’un tour. S’il n’avait pas été capable de faire ce qu’il fallait, elle lui ferait comprendre son erreur.

Alors, comme dans ces cauchemars où le corps avance tandis que l’esprit recule, Xena poussa la porte d’entrée et descendit dans le Cohan. En arrivant en bas, elle balaya la pièce du regard. Finn n’était nulle part mais les autres, tous les habitués étaient là et de nombreux yeux se tournèrent vers elle, la faisant presque hésiter un instant. Mais, alors, elle remarqua dans un coin de la pièce un visage qui, s’il n’était pas familier, ne lui était quand même pas inconnu.

D’un pas rageur, la jeune femme traversa la pièce et se planta devant la table du second de Finn. Ses mains tremblaient et, dans sa tête, le visage abîmé d’Eve ne voulait pas partir.

- Toi. T'es le second de Callahan, c’est ça ? Où est-ce qu'il se planque ?

Autour d’elle, la tension se dit soudain plus intense. Peut-être personne ici n’avait l’habitude d’entendre parler du grand manitou en ces termes, mais Xena ne comptait prendre aucun gant. A cause de lui, Eve avait été passée à tabac. Elle avait perdu son enfant, et elle n’avait pas pu avoir le choix. A cause de Finn, Eve avait perdu son libre arbitre.

Et à cause de lui, Xena n’arrivait plus à avancer, et ça, elle ne pouvait pas lui pardonner.
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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael   [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael Icon_minitimeLun 17 Mai - 21:28

Dommages collatérauxXena & Rafa

La petite fête en l’honneur du jeune Connell, menée par un Finn Callahan déchaîné, a tenu la fine équipe du Cohan une partie de la nuit. Pas très tard, mais suffisamment pour que Rafael oublie, momentanément, sa désastreuse entrevue avec Eve. Bien conscient d’avoir devant lui un second prêt à exploser, le patron n’a pas lésiné, tant sur les tournées que sur les promesses de faire bouffer à ces fumiers de Ritals leurs propres roubignolles en salade. Les gars ne demandent pas mieux, depuis que Connell a ouvert le bal, et chacun a quitté le pub rempli des meilleures intentions du monde - Rafa compris. La glace, l’aspirine et l’alcool aidant, il a fini par oublier le gnon que lui a collé l’ex-patronne, et il a fini par se marrer avec les autres, en picolant beaucoup plus qu’à son habitude.

Mauvaise idée, puisque le réveil, inhabituellement tardif, est aussi des plus laborieux. Rafa n’est pas un gros dormeur, en général ; il faut dire qu’avec la vie de con que lui fait mener Callahan, il a bien fallu qu’il s’adapte. Le soleil est déjà haut dans le ciel lorsque l’Irlandais émerge, avec un sale goût dans la bouche et un mal de crâne de tous les diables qui tambourine à l’endroit précis où Eve a frappé. Il faut à Rafa un petit moment pour comprendre qu’il se trouve au Cohan, à l’étage, et pas chez lui. Le patron, plus rompu que son second aux murges cosmiques, est déjà debout, et il se poile en voyant la gueule que tire O’Riordan. Il ne s’attarde pas, cependant ; il explique qu’il attendait juste de voir si Rafa survivait à leur java, et que maintenant qu’il est rassuré, il a à faire. Et il quitte les lieux, rigolard, non sans avoir conseillé un passage appuyé sous la pompe à flotte de la cour.

Rafa hésite un moment, puis se décide de suivre ce judicieux conseil qui, après tout, lui est donné par un professionnel. L’eau glacée le réveille un peu, en même temps qu’elle ravive sa légendaire humeur de chien du matin - disons jusqu’à dix-huit heures, après quoi on passe sur la mauvaise humeur du soir. Liam, qui connaît son monde, lui a préparé une table avec le nécessaire de survie ; du café, de l’aspirine, un petit déjeuner roboratif, ainsi qu’une inhabituelle carafe d’eau. Rafa s’attable, boit l’aspirine cul sec, attaque le café, pioche sans appétit dans ses oeufs brouillés ; machinalement, son esprit revient à l’altercation de la veille avec Eve - avec cette salope d’Eve, il peut bien se permettre de le penser à défaut de pouvoir le dire. Vu comme il a mal sous l’oeil, il devrait même être autorisé à le gueuler.

Autour de lui, le mouvement paisible du Cohan en journée le berce un peu. C’est l’heure tranquille des vieux du quartier, qui viennent lire dans le journal les résultats des courses de lévriers. L’un des gars du clan passe de temps à autre, sans déranger Rafa autrement que par un “salut !” distant. C’est que Monsieur a sa gueule des mauvais jours. Même Florence, pourtant plus curieuse qu’un pot de chambre, n’ose venir l’interroger sur ce cocard qui l’intrigue visiblement. C’est ça, foutez-moi tous bien la paix, songe Rafa en dormant à moitié sur ses toasts. Il lui faudra bien trois ou quatre heures de plus pour finir d’émerger, avec du café en perfusion et de l’aspirine à haute dose.

Malheureusement, les emmerdeurs n’étant pas une espèce en voie de disparition, il s’en pointe un, ou plutôt une, qui en veut à la tranquillité de Rafael. Une gonzesse, qui vient se planter devant sa table comme si elle avait des revendications, et s’adresse à lui sur un ton agressif. O’Riordan prend dix secondes pour faire le point, et reconnaît l’enquiquineuse. Xena Hart, une énième trouvaille improbable du patron, sorcière de son état. Rafa ne peut pas l’encadrer, d’une part pour la façon dédaigneuse qu’elle a de lui parler, et d’autre part parce qu’il est sûr de l’avoir déjà vue, il y a longtemps, à Poudlard. Quelques visages se sont gravés dans sa mémoire, et celui de Hart en fait partie. Elle ne lui a rien fait, mais il se souvient qu’elle l’a vu se faire emmerder par une bande de Serpentard, qu’elle a presque hésité à intervenir, et puis qu’elle est partie en faisant semblant de n’avoir rien remarqué. Il faut vraiment qu’il y ait un dieu de la poisse quelque part pour qu’il retombe sur elle à l’âge adulte, pour que le patron se toque de cette givrée, et pour qu’elle débaroule ce matin au Cohan, alors que Rafa n’aspire qu’au calme.

Bon, on roupillera plus tard. Les idées de l’Irlandais sont claires. Il estime qu’il aurait bien mérité un moment de répit un peu plus long, mais puisqu’on vient le chercher… Regardant autour de lui comme pour vérifier s’il y a quelqu’un d’autre, il réplique :

-Serait-ce à mon humble personne que Madame a la bonté de s’adresser ?

Une fois de plus, il se demande, en fixant le visage fermé de Xena, ce que le patron peut bien trouver à cette sauvage. Des dingos, y en a plein les asiles. Abandonnant d’un coup son ton obséquieux, Rafa reprend :

-Il est pas là, Callahan, et je peux te dire ni où il est, ni à quelle heure il rentre. Et même si je le savais, je te le dirais pas. Allez, salut.


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Xena Hart
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Message#Sujet: Re: [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael   [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael Icon_minitimeMer 30 Juin - 22:31

Dommages Collatéraux
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A la première réplique du second, Xena comprit que tout allait très mal se finir. Déjà parce que l’envie de cogner lui percuta l’estomac comme un poids-lourd lancé à pleine vitesse, mais aussi parce qu’elle se sentit totalement misérable, plus misérable qu’elle ne pouvait le tolérer. Non, Xena ne pouvait plus accepter tout ça, accepter d’être perpétuellement malmenée par cette tempête qui faisait rage en elle, par ces flammes que Callahan et sa connerie avaient ravivé tant et si bien qu’elle s’en trouvait plus brûlée encore qu’avant. Le « patron » avait déjà bien merdé et maintenant, quoi ? Le sous-fifre voulait s’y essayer ? On faisait tourner, c’était ça l’objectif ? Chacun leur tour, se payer sa tête, la ramener plus bas que terre, à ce sol qu’elle avait si souvent côtoyé autrefois ? Merde, non ! Assez de ces conneries !

S’ils la prenaient tous pour une moins que rien, elle allait leur montrer.

D’un mouvement sec, Xena choppa le devant de la chemise de ce second qui lui tapait prodigieusement sur les nerfs et le tira à elle, le forçant à se plier, presque à quitter sa chaise. Dans le mouvement que fit Rafa, la table fut percutée et une partie de ce qui se trouvait dessus bascula. Le bruit du verre qui se brise, plutôt que de ramener Xena à la réalité, résonna en elle. Devant ses yeux déjà aveuglés de chagrin, des scènes en noir et blanc se superposèrent, vieilles réminiscences de son passé.

Plus jamais.

- Non ! Y’a pas de salut, rêve pas, siffla-t-elle, les doigts blancs à force de tirer sur le tissu de la chemise. S’il se planque, il va sortir. T’es son fidèle chien de garde, pas vrai ? Me prends pas pour une conne, tu sais forcément où il est ! s’écria-t-elle, la rage lui faisant perdre ses moyens.

Elle atteignait ses limites. C’était comme si tous les moments qu’elle avait passé avec Finn, loin de la colère, loin de la violence, s’étaient condensés dans un coin de son esprit, attendant le bon moment pour relâcher le venin emmagasiné. Voilà des mois que Xena n’avait pas ressenti une telle colère, une telle haine, cette envie de frapper jusqu’à n’en plus pouvoir, voire même cette envie de tuer. Tout devait disparaître, il n’y avait que comme ça que tout se calmerait, que le silence reviendrait dans sa vie ; et avec lui, l’oubli d’un quotidien morne qu’elle se mettait aujourd’hui à regretter.

Dans un mugissement de rage, Xena projeta Rafa sur le côté, l’envoyant buter contre des tables et des chaises qui se trouvaient là.

- Je n’ai pas de temps à perdre avec toi ! Tu ne m’intéresses pas, alors dis-moi ce que je veux savoir !

Il y avait, dans les yeux de Xena, la même indifférence froide qu’il y avait dû avoir dans les yeux de l’enfant qu’elle avait été quand, du temps de Poudlard, elle avait assisté de loin en loin aux humiliations constantes de Rafa. Si la jeune femme ne se souvenait plus de ce jeune garçon à qui elle aurait pu tendre la main, elle éprouvait toujours aussi peu de considération pour lui. Pourquoi ? Autrefois, cela était dû à un pur mécanisme de défense : elle avait déjà assez à faire avec ses propres problèmes – elle n’avait jamais été mieux lotie que Rafa à Poudlard, seulement avait-elle été plus violente à ce moment-là, sûrement. Aujourd’hui, elle se désintéressait de lui tout simplement parce qu’il n’était pas sa cible. Xena en voulait personnellement à Finn et elle aurait ce qu’elle était venue chercher.

Mais si Rafa s’interposait… Eh bien tant pis pour lui.

Sans réfléchir davantage, Xena cogna.

- Tu sers vraiment à rien.

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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael   [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael Icon_minitimeJeu 1 Juil - 16:53

Dommages collatérauxXena & Rafa

Encore une fois - et Rafa a depuis longtemps cessé de compter le nombre d’occurrences de cette question dans son esprit - le second se demande ce que son patron peut bien trouver à cette fêlée. Il est bien placé pour savoir que Callahan se prend facilement d’affection pour tous les paumés qui passent à sa portée, mais il y a quand même des fois où il faut faire le distingo entre un enfant perdu et un timbré de première. Xena Hart joue clairement dans la seconde catégorie, et s’il fallait n’utiliser qu’un mot pour la définir, Rafa la qualifierait, tout simplement, de nuisance. Rien que sa façon de s’imposer et de gueuler, déjà, alors que n’importe quel débile comprendrait que ce n’est pas le moment de venir faire du bruit autour de ses oreilles…

Bordel, elle se croit vraiment seule au monde, songe O’Riordan en se massant les tempes d’un geste las. Je veux, j’exige, et le bas peuple n’a qu’à obtempérer. Mauvaise pioche, camarade. La seule personne au monde dont Rafa exécute les ordres quoi qu’il lui en coûte, c’est Callahan, ce même Callahan que tu voulais voir. Dans ton cas, il n’y a aucune envie, si mince soit-elle, de te rendre le moindre service ou de te donner la moindre bribe d’information. Et ce n’est pas en gueulant que ça va s’arranger. Le second n’est déjà pas des mieux disposés à l’égard de Xena en temps normal, mais avec une gueule de bois, sa simple présence devient intolérable. Il en vient à s’étonner qu’elle ne sente pas l’hostilité qu’elle lui inspire, et ne prenne pas le seul parti raisonnable, celui de se tirer.

Rafa ferme les yeux un instant, en espérant qu’elle aura disparu lorsqu’il les rouvrira, mais l’emmerdeuse tient sa position. Elle se permet même de choper au col le second de Callahan, pour lui brailler dans les oreilles et le traiter de chien. Ce n’est pas la première fois qu’il a droit à ce genre de comparaison, mais à chaque fois, c’est la même haine, le même désir de cogner qui lui revient. Ludovico Montenza, le fameux cousin du patron, est un spécialiste de ce genre de remarques humiliantes. Rafa a depuis longtemps renoncé à expliquer aux cons que même s’il est au service de Finn Callahan, il n’est ni un larbin, ni un chien ; il encaisse l’insulte, à chaque fois, avec des fourmis dans les poings, et cette fois, il sent qu’il aura du mal à se retenir. Il parvient cependant à garder un semblant de calme ; Xena est en rage, et Rafa, rompu aux altercations en tout genre, sait qu’elle finira de perdre pied s’il lui répond paisiblement, comme il le fait :


-J’ai jamais été menteur, et c’est pas pour toi que je vais m’abaisser à le devenir, Hart. Je te répète que j’ai aucune idée d’où il est.

Et, comme prévu, elle pète les plombs. Avec une force peu commune chez une femme, elle l’envoie valser contre la table et les chaises, dans un grand bruit de verre brisé. Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes, en ce moment, putain ? Entre le pain que lui a collé Eve et celle-ci qui le secoue comme un prunier, ça commence à faire beaucoup.

À force d’évoluer dans un milieu dangereux, le lieutenant de Callahan a développé un instinct de survie qui dissipe temporairement sa gueule de bois et lui rend ses réflexes ; il s’arc-boute pour entraîner Xena dans sa chute, et lance, méprisant :


-Oh, je sais bien que je t’intéresse pas. Madame ne voit même pas le petit personnel, pas vrai ?

Il pourrait ajouter qu’il sait qu’il ne l’a jamais intéressée, même lorsqu’elle aurait pu tenter de faire un truc bien, pour une fois, et de le secourir - mais il ne se donnera même pas cette peine. Pas pour elle. Rares sont les personnes qui savent ce qu’il a vécu à Poudlard ; il se refuse à augmenter leur nombre en rappelant à Hart qu’il a été ce gamin à qui sa grande gueule a valu tant de mésaventures. C’était dans une autre vie, tout ça. Maintenant, il est un homme, et il emmerde les sorciers. Il a trouvé une place, une famille, un mentor - et Finn Callahan est tout cela à lui seul. Pas étonnant qu’il soit si prompt à parler en sa faveur, surtout si ça lui permet de faire enrager encore plus la jeune femme :

-Tu crois vraiment qu’il se planque ? Tu crois que tu lui fais assez peur pour qu’il se cache de toi ? Tu doutes vraiment de rien, hein…


Le coup le cueille sous l'œil, à l’endroit même où Eve a laissé sa marque, la veille. La garce a visé, à dessein, le La douleur explose dans sa tempe en petits points écarlates, Rafa ne peut retenir un gémissement, et les dernières barrières cèdent. Le vieux principe selon lequel on ne frappe pas une femme ? des blagues. De toute façon, ce machin-là mérite à peine d’être qualifié de femme. Démon serait plus approprié. Elle se cramponne à lui avec véhémence, espérant probablement lui en coller une autre, mais il sait se battre et il a assez mal pour ne plus prendre de gants avec elle. Il n’est pas assez bien placé pour pouvoir administrer à Xena la torgnole magistrale qu’elle mérite, malheureusement ; il lui reste malgré tout la ressource de lui retourner un violent coup de coude en pleine tronche, assez fort pour qu’elle lâche prise. Il profite de l’occasion pour reculer ; quelque part en lui, un fond de raison lui rappelle que le patron risque de ne pas approuver sa réaction, et il lance :


-Dégage, maintenant. Ne m’oblige pas à te faire mal.

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: Re: [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael   [FB - 11 juillet 1948] Dommages Collatéraux || Rafael Icon_minitimeSam 3 Juil - 0:29



Dommages collatéraux
Xena, Rafa & Finn
Ce n’était pas une mauvaise soirée, songe Finn en sortant. Rafa faisait moins la gueule, à la fin, et c’était presque comme si tout était redevenu normal. Après s’être abondamment rincé le visage à la pompe à eau du Cohan, il a changé de chemise et de cravate, s’est rasé dans son bureau, avant de revenir avaler, de fort bonne humeur, une grande plâtrée d’œufs aux plats arrosée d’un thé très noir, regretté, comme d’habitude, la cuisine de Santina, qui trouverait définitivement décevante toute cette nourriture british abandonné de Dieu. Puis il a donné deux ou trois ordres concernant les italiens, s’est assuré que Rafa survivait à sa gueule de bois, avant de partir.

Brusquement, Finn s’est souvenu que ce n’était pas une soirée normale : elle a commencé par Eve débarquant dans son dos au Cohan. Eve qui n’est pas là avec lui, et qui lui a gentiment fait passer le message que les italiens étaient chasse gardée. D’une certaine manière, il comprend. Parce qu’il sait ce qu’elle veut faire et que rien n’est pire que ce qu’elle a subi, en partie à cause de lui, il est disposé à se ranger, il a griffonné quelques mots sur un morceau de papier à son intention, les noms des italiens qu’ils ont identifié, manière de dire qu’elle a le champ libre et qu’il s’incline. Il passe un moment dans le Poplar et finit par conclure qu’elle n’est pas là, ce qui l’arrange presque, tant le mafieux se sent mal à l’aise à l’idée d’une rencontre impromptue et tant il se doute, alors qu’il ne veut pas contrarier la jeune femme, qu’elle ne voudra pas le voir. Alors, Callahan se contente de coincer furtivement le mot dans la rainure de la porte d’entrée de la maison, et s’en retourne sans demander son reste.

D’humeur morose, il finit par revenir au Cohan après avoir déjeuné sur le chemin, ses pensées divaguant tristement. C’est un Liam paniqué, sorti tout à trac du pub, qui l’accueille lorsqu’il descend de voiture.  « Oh patron, vous êtes là, heureusement que vous êtes revenu ! Je vous jure sur la tête du pape, Dieu, me pardonne, ils vont me foutre en l’air la vaisselle, et moi je peux pas sortir la Winchester, là… » Le brave tenancier est un peu confus, et Finn refuse de se laisser tirer par la manche sans aucune explication de cette manière. Mais Liam persiste. C’est cette fille, là, qui est revenue, et qui semble s’être mise en tête de foutre à Rafael la rouste de sa vie. Finn fronce les sourcils, cherchant à comprendre. Est-ce que Eve est finalement revenue ? Elle ne foutrait pas autant le bordel, non ? « Mais non, pas la patronne, l’autre ! Je préférerais encore que ce soit la patronne, à tout prendre ! » S’énerve Cohan. L’autre ? Tique Finn. Qui ça, l’autre ? « Mais venez voir, enfin, avant qu’ils s’entretuent ! » Peste encore Liam en l’entrainant à sa suite.

Il court presque, le barman, et il y a de quoi. Au pied de l’escalier, Finn en reste muet de stupéfaction. Tables renversées et verres éparpillés en miettes gisent au sol. Et prêts à reprendre la lutte ou presque, Xena et Rafa, comme deux pitbulls dans un combat de chien clandestins sur lesquels ses gars aiment parier.«  Xena, qu’est-ce…» Elle n’était pas loin ; il manque de se la prendre en pleine poire comme un buffle en pleine charge, mais modèle réduit. « Ça suffit ! Arrête ! » Il l’arrête et essaye de la ceinturer pour la forcer à se calmer, sans trop de succès tant elle se débat. Il la repousse dans une banquette, loin de lui. « Ne me force pas à te frapper, j’en ai absolument pas envie, mais je le ferais sans hésiter si tu m’y obliges, t’as compris ? Ca suffit ! » Se plantant devant elle, Finn secoue la tête, affligé, restant en retrait le temps qu’elle se calme : « Qu’est-ce qui te prends, bordel ? Il t’a fait quoi, Rafa, précisément ? » Se penchant vers son second, l’acteur lui tend la main pour l’aider à se relever. « Ça va ? Pas trop secoué ? » Manifestement, O’Riordan brule d’en découdre à nouveau, à moins que ce soit le côté provocateur : Finn est obligé de le retenir d’une main ferme. « C’est bon, c’est bon, renchéris pas, je m’en occupe. Tu t’assois et tu restes tranquille. » Debout entre eux, qui ne semblent que rêver de l’écarter pour reprendre l’affrontement, il fait office de garde-fou. Étrange, c’est la deuxième fois qu’il semble plus raisonnable que Rafa en deux jours : le moins qu’on puisse dire, c’est que Callahan est lui-même étonné de la tournure que prennent les choses. « Plus personne ne se bat. Ça suffit, maintenant. » Il se tourne vers Xena une nouvelle fois : « J’ai dit que ça suffisait, tu m’entends ? ! Je t’interdis de le frapper, tu m’entends ! Si t’as un problème avec moi, c’est à moi que tu parles, Rafa c’est pas ton chien. Tu lui fous la paix. » S’il grogne, c’est parce que Finn ne laisserait jamais quelqu’un s’en prendre vraiment à Rafael. On pourrait lui dire que lui ne se gêne pas, mais en réalité, il n’a jamais véritablement ne serait-ce qu’essayer de lever la main sur lui. La fois où il l’a secoué comme un prunier, lorsqu’il a appris pour l’agression de Eve, constitue l’exception qui confirme la règle : les roustes dont il le menace, toutes violences qu’elles soient, ne sont que des menaces sans effet, un genre de jeu, comme les torgnoles amicales que Rafa esquive. En dehors de ça, son second est son meilleur ami et son protégé : quand il l’a ramassé dans la rue, Finn a promis de ne jamais le cogner gratuitement, et il s’y est tenu. Autant dire qu’il est hors de question de laisser les autres le faire : question de loyauté, qu’il rend à Rafa parce qu’il sait que jamais le gamin ne le trahirait.

Et puis, concernant Xena, Rafa n’est pas responsable, c’est lui seul qui est en cause. Soudainement mal à l’aise, et se tourne vers elle pour demander abruptement : « C’est ça, que tu veux , d’ailleurs ? T’expliquer avec moi ? Alors viens, on sort. » Elle ne bouge pas, pourtant, et sa gêne augmente. Il sait qu’ils ont des choses à se dire. Si Finn avait pu, et il n’a pas réussi parce que le Chemin de Traverse lui est tout bonnement inaccessible – et pas eu le temps parce qu’il a proprement perdu le contrôle avec ce qui lui arrivé avec Eve – il serait déjà allé la voir depuis un moment pour essayer de s’expliquer. Il ne faut pas croire. Il s’en veut autant pour Xena que pour Eve. D’où cette réaction un peu brutale, voire provocatrice : « Quoi ? Tu veux vraiment qu’on se batte ? » Ce n’est pas la conversation qu’il imaginait ni celle qu’il voudrait avoir avec elle, mais il la connait. Il va morfler, quoiqu’il fasse, c’est dans son caractère, il l’a peut-être mérité. « Putain, Xena, arrête. T’as de bonnes raisons de m’en vouloir, mais putain, essaye de me croire, ça, ça sert à rien. Tu veux pas t’assoir, au moins ? Tu saignes du nez… » Il faut dire une chose : il est loin d’imaginer pourquoi la jeune femme veut présentement lui hurler dessus.
(C) CANTARELLA.

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