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 K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeVen 25 Juin - 0:15



K.-O. technique et chaos sentimental
Eve, Rafa & Finn
Finn a regardé un moment la voiture bruler, et puis Eve est partie, et ils sont rentrés, et depuis, il n’a plus rien dit de Ludovico Montenza, comme si son cousin n’avait jamais existé, sinon lorsqu’il s’est pointé au Cincinnati pour dire que c’était lui le nouveau patron. Ça, c’était business as usual. Montenza est mort, vive Callahan,  avec le discours habituel, debout sur une table. Soyez fidèles, et tout sera pardonné. Vous serez riches, et on ne vous aura jamais aussi bien traité. Que la fête commence, etc. Un classique. En partant, pourtant, il a glissé à Rafa : « On va se faire oublier quelques temps, quand même. » Pas des ritals, maintenant tout ça est à lui, alors hors de question, mais de la police et des autorités. Toute cette vendetta a fait un sacré chambard, même si les journaux ont juste titré sur la mort de Montenza – un homme d’affaire américain, héros de guerre, meurt dans un tragique accident de voiture – et il se dit qu’ils ont plutôt intérêt à faire profil bas, surtout quand côté sorcier, Nobby Leach doit à présent savoir qu’il est mort. Ça tombe bien, les tournages vont reprendre : l’idéal pour se faire oublier, surtout qu’en septembre, il sera définitivement plus en forme.

En attendant, même s’il n’en dit plus rien, difficile de dire que Finn ne pense plus à ce qu’il s’est passé. La mort de Ludovico avait quelque chose de frustrant ; ce n’était pas une bonne mort, une de celle qui permettent de tirer un trait et de passer à autre chose. C’est peut-être parce qu’il n’y avait rien à en tirer ou peut-être parce qu’il aimait son cousin et que malgré tout il aurait voulu que ça finisse autrement. C’est sans doute, surtout, parce que la vengeance ne change rien à la tristesse et à la perte. Ça ne fait pas revenir Eve et encore moins cet enfant qu’il ne sait pas comment pleurer ; ça ne résout rien entre lui et la jeune femme. C’est même pire, au fond, a conclu Callahan, parce que maintenant qu’il n’a plus d’italiens à traquer, de territoire à prendre, ou un plan pour baiser Ludovico à monter, il n’a pas le choix que de penser à ce deuil et au fait que son appartement, où il a fini par rentrer, lui semble terriblement vide sans la jeune femme. Finalement, après de longues hésitations, il lui a écrit, par la poste, à son adresse du Poplar, disant à Rafa de le prévenir si elle venait. Au pire, s’est-il dit, elle se contentera de l’ignorer. Quelques jours ont passé, depuis, sans nouvelles. L’acteur s’est finalement habitué à l’idée qu’il n’y en aurait pas. Depuis, il cherche à s’occuper. Il lui faut absolument quelque chose pour se changer les idées. Rafael lui fournit un bon prétexte, avec sa petite amie, et il se passionne pour cette histoire. Il se dit, avec un genre d’effet Pygmalion, que si lui a tout foiré, qu’il faut au moins, le gamin soit heureux. Il le mérite, lui.

Ils sont justement en train de débattre de ça, avant d’aller faire un match. Le ring de boxe de la salle d’entrainement lui manque, c’est trop tentant pour que Finn y renonce, mais il n’entend pas que Rafa se débine et continue ses conseils en même temps : « Allez, amène-toi, ça me fera du bien de monter sur le ring. On devrait bien avoir le temps. Et puis après tu vas la voir. Tu verras, une fois qu’on en tient une, faut plus la lâcher. Après on souffre. » Déclare l’irlandais du ton de l’homme qui sait de quoi il parle – et en la matière, nul ne peut nier qu’il a de l’expérience.

Au club de Kilburn, où tout le monde les connait, il fanfaronne, enfilant ses gants. Leurs rounds, toujours amicaux, sont comme un jeu et toujours un spectacle pour le quartier. A Dublin, Callahan avait sa réputation : s’il ne fait plus aucun match pour gagner de l’argent, il reste doué. Là, il a besoin de se rassurer sur le fait qu’il tient toujours la route. Rafa parait hésitant, de son côté, mais son patron s’amuse avec un rire :  « Allez, fais pas ta mijaurée ! T’as peut-être une chance de me toucher, cette fois, regarde, je te tiens à peine debout ! Ou t’as peur que je te mette quand même ta raclée alors que je suis convalescent ? » Il sautille, sans aller vraiment au contact, histoire de tester et de chercher son second. En apparence, il donne le change, avec ses gants et son maillot de corps, sous l’œil intéressé des membres du club, qui regardent les premiers coups en leur adressant des encouragements. Cependant, en réalité, le choc est plus rude que Finn ne l’imaginait. Il a l’impression de s’essouffler, même s’il va clairement mieux, et que ses coups sont lents et imprécis. Rafa est d'ailleurs trop proche de lui quand le grincement de la porte, qui signale l’entrée de quelqu’un, lui fait lever les yeux.

Eve. Elle est venue. Finn avait presque oublié qu’il lui avait écrit, tant il pensait qu’il était acquis qu’elle ne viendrait pas. La voir débarquer ainsi le laisse bouche bée. Soudainement, il ne voit plus qu’elle, oubliant Rafa, le club, et le match. Le mafieux en baisse même littéralement sa garde, et Rafael passe comme dans du beurre. La douleur, quelque part dans la mâchoire, rappelle Callahan a la réalité, mais trop tard : il s’étale par terre, sa tête heurtant violemment le sol. « Ouch ! » Souffle-t-il, et il reste un moment au sol, hébété. K.-O., songe-t-il par réflexe. Ça faisait longtemps.

Il faut à Finn un moment pour essayer de se relever. Rafa s’est penché sur lui, inquiet, et quant à lui, il se sent moyennement solide sur ses appuis. Avec beaucoup de dignité, l’irlandais décide donc de rester courageusement assis sur le ring. « Oh la vache, ça tourne. » Souffle-t-il alors qu'il essaie de se redresser. Il grogne pour Rafa :  « T’es con toi, aussi ! D’où tu me frappes quand elle rentre ? C’est pas permis, ça. » A la vérité, c’était plutôt un joli coup, mais il est vexé de ne pas l’avoir vu venir et surtout d’être passé pour un idiot auprès de son ancienne amante. D’ailleurs, se souvenant soudainement qu’elle doit être là, Finn interroge précipitamment : « Elle est où, Eve ? » Enfin, il l’aperçoit. Tétanisé, moins par le choc que par sa vision, cette fois, Callahan souffle : « Salut. » Tant bien que mal, il se raccroche à Rafa, puis aux cordes, pour se tenir debout et lui parler :  « Je me serais…attends, je vais me lever…je me serais arrangé pour avoir moins l’air d’un tocard si j’avais su que tu venais…t’as pas eu trop de mal à trouver ? »

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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeVen 25 Juin - 23:21

K.-O. technique et chaos sentimentalFinn, Eve & Rafa

Une bonne chose de faite, s’est dit Rafa en remontant en voiture pour regagner Londres. Dans son dos, la bagnole de Ludovico Montenza, plantée contre un arbre, cramait joyeusement en dégageant une épaisse fumée noire. “Pas le moment de s’attarder, patron”, a lancé O’Riordan depuis la Bentley, à l’adresse d’un Finn immobile. Ses mots ont semblé réveiller Callahan, et Eve, qui restaient là, tous deux, à regarder brûler la voiture. Ils se sont tournés vers Rafa avec la même expression hagarde, comme s’ils sortaient d’un cauchemar ; ils sont, et c’est compréhensible, autrement plus affectés que lui par toute cette histoire. Finn a été salement trahi, Eve a perdu un enfant, et tous deux ont failli crever de la main de Montenza. Rafa, lui, n’a pris que quelques pains dans la gueule, ni les premiers ni les derniers, alors il accuse nettement moins le coup qu’eux. Il s’est chargé des funérailles des deux défunts - Mariotti dans la Tamise, Montenza en fumée ; ce genre de soucis matériels permet aussi de ne pas trop gamberger, alors que Finn et Eve ont eu tout loisir de ruminer.

Les formalités réglées, Callahan et son second ont mis le cap sur le Cincinnati. On a accueilli le nouveau patron la casquette à la main, avec des tronches inquiètes qui ne se sont détendues qu’à l’annonce de l’amnistie générale. Il sait causer, quand même, se dit Rafa, debout à côté de la table qui sert d’estrade à Finn. Montenza tenait plus ses gars par la peur que par l’affection ; avec Callahan, les Ritals découvrent un patron qui ne promet pas de représailles, mais des récompenses pour ceux qui lui seront fidèles - une autre école, en somme. C’est comme ça que Montenza, le vrai Montenza, s’assurait la fidélité de ses hommes, à LA. On gagne toujours à être généreux, disait-il.

Les jours suivants sont studieux pour Rafa ; prendre possession du territoire de Ludo, c’est aussi s’atteler à la gestion de nouvelles affaires, à la mise en place de nouvelles règles. Un gros boulot, assez fastidieux, fort heureusement entrecoupé de pauses bienvenues en compagnie de Robin. L’histoire suit son cours, à la grande surprise de tout le monde, Rafa le premier. Il se surprend parfois à penser à elle, sans raison, chose qui ne lui était jamais arrivée auparavant. Au Cohan, on a noté un changement dans l’humeur généralement exécrable du second ; il râle moins, et, de temps en temps, on lui voit une espèce de sourire un peu absent qui n’est pas dans ses habitudes. Finn ne cesse de lui donner congé pour qu’il aille voir Robin, et l’assomme de questions dès qu’il revient - à croire que c’est sa seule distraction ; le reste du temps, il est sombre, silencieux, probablement encore sous le choc des récents événements.

C’est justement pour lui changer les idées que Rafa accepte un combat de boxe ; il n’est pas un grand amateur du noble art - pas contre le patron, du moins - mais Finn lui a fait part de son envie de remonter sur le ring et il peut difficilement se débiner. Ils se pointent comme des fleurs au club de Kilburn, où on leur trouve, comme par magie, un ring libre. Le temps de se mettre en tenue, d’enfiler des gants, et les voilà en piste. Quelques gars ont fait le cercle autour d’eux ; leurs combats sont de vrais numéros de duettistes, et on se marre à les entendre se provoquer. Callahan lance les premières vacheries, et Rafa, avec son aplomb infernal, réplique :


-Je suis nul, c’est ça que vous essayez de me dire, patron ? Rappelez-moi un peu qui m’a appris à boxer, voir ? ça devait être une fameuse chèvre, tiens !

Il n’y a que lui qui puisse servir ce genre de réflexions à Finn ; un autre prendrait la rouste de sa vie. Bien sûr, Callahan s’indigne de l’insolence du gamin, mais c’est une rengaine qu’il entonne trente fois par jour. Les deux hommes se tournent autour quelques instants, puis le combat s’engage. Comme toujours, Rafa hésite sur la conduite à tenir. Par respect pour l’adversaire, il devrait se battre sérieusement ; mais par déférence pour le patron, il a envie de retenir ses coups. C’est essentiellement pour cela qu’il n’aime pas ces combats, où il ne sait jamais comment se comporter. Callahan a beau l’exhorter à le traiter comme n’importe quel autre adversaire, il en est incapable.

Cette fois-ci, le dilemme est de courte durée. Après quelques passes ponctuées d’encouragements venus du public et de provocations
(“vous feriez un malheur dans une cour de récréation, patron”), le match est interrompu par le grincement de la porte d’entrée. Callahan baisse la garde un instant, et Rafa, emporté par son élan, lui colle un uppercut magistral en pleine poire, l’envoyant au tapis. Personne, cependant, ne se risque à compter les dix secondes fatidiques. Pas même O’Riordan qui se précipite vers Callahan :

-Ça va, patron ? Je suis désolé, je voulais pas…

Un drôle de silence s’est fait autour d’eux. De toute évidence, on attend l’explosion, le drame, le sang sur les murs. Mais Finn se contente de grogner contre son second, qui continue de s’excuser sur tous les tons. C’est la première fois qu’il touche Callahan lors d’un match, et il s’en veut que ce soit tombé pile au moment où Eve était là.

-Elle est là, patron, souffle Rafa en aidant Finn à se remettre sur ses pieds. Juste là. Salut, Eve.

Il comprend rapidement qu’il est de trop, et hésitant encore sur la conduite à tenir, esquisse une sortie sans oser annoncer franchement qu’il se barre :

-Je… euh… je vais me changer, hein ? Eh, petit, ajoute-t-il à l’adresse d’un gamin qui assistait au combat, aide-moi à me débarrasser de ces gants à la con, tu veux ?

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Eve Talbot
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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeDim 27 Juin - 23:58

❝Rafael, Finn & Eve ❞K.-O. technique et sentimental
La mort de Ludo et son second marque la fin d’un chapitre de la vie d’Eve. Difficile de mettre des mots sur ce qu’elle ressent au moment où elle voit la voiture flamber. Il y a la satisfaction du travail enfin terminé, un poids qui est ôté de ses épaules, mais également, paradoxalement, un sentiment de vide. Ils sont rentrés en silence et Eve a lancé un regard un peu étrange aux deux hommes dans la Bentley. Elle sait que ce n’est pas la dernière fois qu’elle les voit - ils ont trop d’adieux à leur actif pour qu’elle y croit encore - mais elle ne sait pas si elle souhaite encore les voir pour autant. Pour le moment, elle a besoin de solitude, de calme et d’essayer de faire le tris dans ses pensées. Montenza est mort, le danger est écarté, une bonne chose, mais maintenant, on fait quoi ?

Une question à laquelle la jeune femme ne trouve aucune réponse. En théorie, la vie devrait continuer son cours et pourtant les choses ne sont pas aussi évidentes. Au cours de ces dernières semaines, sa vie a tourné autour de cette grossesse non-désirée, l’abandon de Finn, son agression et puis la sienne pour finir par la mort du cousin de Calalhan. Tant d'événements qui, sur un court laps de temps, ont changé la donne. Non, peu importe à quel point elle essaie rien n’est pareil et il lui est impossible de reprendre ses activités comme si rien ne s’était passé.

La lettre de Finn arrive à point nommé pour consolider cette pensée. Son propre manque de volonté l’exaspère et le courrier reste sans réponse pendant plusieurs jours avant qu’elle ne se décide à passer au Cohan après le travail. Elle trouve Slim à son poste habituel et le bar relativement vide si ce n’est pour quelques têtes inconnues qu’elle soupçonne d’être des anciens hommes de Montenza. Liam prend les devants, craignant peut-être une remarque déplacée de la part d’un nouveau et se précipite vers elle.

- Il est pas là patronne. Le second non plus. Ils sont partis au club du Kilburn pour boxer un peu.

Le visage d’Eve exprime une certaine contrariété et le ton est peut-être un peu sec quand elle commente :

- Vraiment, je ne savais pas que Callahan était en forme à ce point …

Tout ce qu’elle pense de cette initiative est clairement affiché, mais elle a le bon goût de ne pas souligner la faiblesse physique du chef devant ses hommes. Liam, toujours serviable, propose :

- Vous voulez qu’on vous indique le chemin ?

- Non, ça ira, je vois le quartier. Au pire, je repasserai un autre jour.
- Non, mais ça serait bête d’avoir fait le chemin pour rien. O’Neill et Brennan vont par là de toute façon. Pas vrai les gars ? Ils vont faire un bout de chemin avec vous.
- Ouai, on y allait patronne, on arrive, répond précipitamment un des deux gars qui avale le reste de sa bière d’un trait. Prouvant qu’il n’était pas du tout près à partir.

Eve lève les yeux au ciel, mais renonce. Il y a des combats qu’il faut savoir abandonner et de toute évidence, celui-là est un au même titre que forcer Liam à cesser de l’appeler patronne. A force, le tenancier a fini par en faire une habitude qu’il a refilé au gars de Finn et plus grand monde ne l’appelle par son prénom. Signe que les consignes du patron sont passées et que le respect est de mise quand on s’adresse à elle.

Le trajet se fait en silence, les hommes de Finn marchant non pas à côté d’elle mais légèrement en retrait. Sans surprise, ils la laissent au coin de la rue, prétextant que leur destination est un peu plus loin. La journaliste les regarde rebrousser chemin avec un certain amusement et pousse la porte du club. Quelques têtes se tournent vers elle, un peu curieuses; on voit peu de femmes dans ce genre d’endroit ; avant de se reconcentrer sur le match en cours qui prend fin avec un beau coup de Rafael. Calmement, la jeune femme s’approche du ring tandis que Finn peine à se relever. Elle salue Callahan d’un signe de tête et commente :

- Joli coup, Rafa. Il va falloir apprendre à ne pas friser en plein combat, Finn. C’est comme ça qu’on se fait planter il paraît.

Sans se soucier des gens autour d’elle, elle s’accoude sur le bord du ring pour discuter :

- Du mal à trouver ? C’est plutôt l’inverse, je crois qu’on m’y aurait trainé de force même si j’avais refusé. Liam semblait tellement heureux à l’idée que je passe qu’il a soudainement dégoté deux de tes hommes qui, comme par hasard, avaient une course à faire dans le quartier. Je n’ai jamais vu deux types aussi heureux de jouer les gardes du corps. Sois gentil, je n’ai pas voulu froisser Liam, mais fais passer le mot la prochaine fois, je peux faire sans.

Se tournant vers Rafa qui semble vouloir s’éclipser :

- T’en vas pas pour moi. Ce n’est pas comme si ce que j’avais à dire était privé. Si j’avais voulu parler seule à seule, je serais allée chez lui. Ce n’est pas parce que je n’ai plus les clés que je ne sais pas où il habite.

En réalité, elle est allée au Cohan à dessein. Parler à Finn, oui, mais elle préfère largement qu’il y ait du monde autour, un public en quelque sorte pour éviter que les choses ne dérapent encore une fois.
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Finn Callahan
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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeJeu 1 Juil - 23:34



K.-O. technique et chaos sentimental
Eve, Rafa & Finn
Finn se relève tant bien que mal tandis que Rafa s’excuse, grognant tout ce qu’il peut : « Ça va, ça va, t'excuses pas, je vais survivre... » Il n’en veut pas vraiment à son second : à être aussi désolé, il lui ferait presque un peu de peine, même. Evidemment, il a toujours détesté perdre et il est très mauvais joueur, personne ne le touche, personne ne peut gagner contre lui. Dans n’importe quel autre cas, il n'aurait pas abandonné ou arrêté le combat, et il aurait pris sa revanche. Callahan la chance, qu’ils le surnommaient à Dublin, rapport à son second prénom, et effectivement, pour le poids léger qu’il était à l’époque, il boxait vraiment bien. 50 combats, 40 victoires, 8 défaites, 2 nuls. Alors, forcément, boxeur professionnel, il ne l’est plus depuis longtemps, ayant depuis le temps eut le loisir d’apprécier le luxe que c’est de regarder les autres se foutre sur la gueule, mais quand même, c’est vexant. Seulement voilà, ça fait aussi des années qu’il râle parce qu’il s’emmerde dans leurs petits duels et que Rafa n’y met pas assez de cœur, alors Finn sait bien que ce serait injuste, d’autant qu’il s’est vraiment fait avoir. « Je suppose que je peux pas me plaindre que tu sois enfin arrivé à me toucher alors que ça fait des années que je te dis de y aller, pas vrai ? J’aurais juste préféré que t’attende un round de plus, je crois. » Lance-t-il, encore un peu boudeur en acceptant son aide malgré tout. Vrai, quoi, il n’a vraiment pas besoin de passer pour un abruti en difficulté devant Eve encore une fois.

Paradoxalement, c’est peut-être pour ça qu’il ne râle pas tellement non plus : soudainement, le match est devenu très accessoire. Eve est là, alors si sa mâchoire ne le lançait pas autant et que son ego n’était pas aussi blessé (et la blessure d’honneur est peut-être plus importante que le bleu qu’il va avoir, ici), il en oublierait presque totalement le coup qu’il a pris. Enfin, il va pouvoir lui parler : elle est venue et c’est déjà quelque chose de bien. Finn a complètement perdu les pédales en ce qui les concerne et il voit bien qu’ils n’en sont plus nulle part. Pourtant, il a encore des choses à dire. Pourtant, il ne peut empêcher son cœur de faire un bond dans sa poitrine dès qu’il la voit et de se sentir fébrile maintenant qu’elle lui parle. Elle n’a pas tort, d’ailleurs, songe-t-il en essayant de détacher ses gants en mordant les lacets tandis qu’il l’écoute. Ce n’est pas sérieux de se laisser aller ainsi. Ce n’est pas comme s’il pouvait espérer quelque chose, alors à quoi bon se faire du mal ? C’est déjà un miracle qu’elle soit là et qu’ils aient une conversation sur un volume sonore normal. « Hmf, je suis au courant. D’habitude, ça se passe autrement… » Quoiqu’un peu vexé dans son cas, surtout qu’elle ne l’ait pas vu dans ses bons jours, ceux où il gagne. Mais alors qu’il parvient enfin à se débarrasser de ses gants, qu’il abandonne sans vergogne sur le ring, un sourire éclaire cependant un instant son visage pour parler de Rafa : « Et c’est la moindre des choses, qu’il soit bon ! C’est moi qui lui ait appris. Peut-être un peu trop bien, même, mais ça c’est autre chose. »

Pour un peu quand même, Callahan serait presque content de parler d’autre chose que de cet épisode qu’il juge ridicule, jusqu’à ce qu’il comprenne où Eve veut en venir par rapport à ses hommes. « Ils t’ont… » Sa mâchoire, que l’acteur massait jusqu’à là avec une grimace de douleur, en tomberait presque de stupéfaction. Qu’est-ce que c’est que ce genre d’initiative ? Bien sûr, il s’inquiète pour Eve. Il y a a priori peu de risques qu’il lui arrive de nouveau quelque chose, mais il ne peut pas s’en empêcher, c’est plus fort que lui. Mais en même temps, cette manie qu’ont ses hommes de l’appeler patronne l’agace. Ce n’est même pas tellement parce qu’il est le seul patron et le seul à pouvoir leur donner des ordres, mais bien parce que à chaque fois, cela l’oblige à regarder en face le fait qu’ils ont une relation, et à présent, qu’elle est finie, ou du moins, qu’il n’en reste plus grand-chose. L’attitude frondeuse de Eve elle-même lui offre une diversion efficace et il hausse les épaules. « Je ne leur ai rien demandé, moi, ne me regarde pas comme ça. Je leur dirai, mais je ne garantis pas qu’ils m’écoutent. Je crois qu’ils ont encore plus peur de ce que je pourrai leur faire s’il t’arrivait quelque chose. »

C’est vrai, il faut l'avouer : il a l’inquiétude communicative, voire vindicative. La nervosité, aussi, et le fait est que l’acteur se sent vraiment fébrile à l’idée que Eve soit là.  Ayant abandonné l’idée qu’elle vienne, il avait en même temps enterré l’idée qu’il pourrait lui dire ce qu’il voudrait, et maintenant, il appréhende que ça se passe mal. Pour autant, Callahan ne peut dissimuler une certaine hâte, que ce soit fini, et puis, justement, de pouvoir parler vraiment, seuls à seuls, comme ils n’en ont plus l’occasion depuis des lustres. Alors il serait le dernier à retenir Rafa lorsque son second descend du ring. Signe que l’orage est passé – mais y en a-t-il vraiment eu un ? – Finn lui ébouriffe les cheveux avec un rire : « Ouais, tu fais bien, Raging Bull. T’avais pas une copine à aller voir, de toute façon, toi ? » Eve n’a pas l’air de l’entendre de cette oreille. Alors que l’irlandais descend à son tour pour retrouver le plancher des vaches, il croit comprendre pourquoi elle ne veut pas rester toute seule avec lui. Croit-elle qui va la supplier, ou essayer de la convaincre de le reprendre ? Il crève d’envie qu’elle le fasse, en réalité, mais le demander...non, il n’en a pas le droit, et Callahan le sait. Ce ne serait pas bien. Malhonnête. Et égoïste. Alors non, ce n’est pas ça qu’il veut dire à Eve. Qu’elle le croit intéressé, et il s’en doute, parce qu’il la connait bien, maintenant, elle et ce qui lui donne envie de fuir, avec son caractère farouche, cela lui fait mal. Mais il décide de ne pas s’offusquer et se contente de lancer avec un demi-sourire. « Tu vois, tu ne chasses personne, t'en fais pas. Rafa ne restait pas de toute manière J’ai déjà eu du mal à le trainer ici, alors tu penses, toi et moi, on n'est pas très intéressants en comparaison. »

Il y a un instant de silence, alors qu’ils se font face, à moins d’un mètre l’un de l’autre. Il suffirait qu’il étende le bras pour toucher la rousse, mais voilà, une fois qu’il a dit ça, Finn ne sait plus trop quoi ajouter : l’ambiance est lourde, maintenant, justement, que Rafa est hors de vue. Presque timidement, il finit par reprendre la parole : « Bon… » Un nouveau blanc. Toujours aussi hésitant, il lance : « Je vais essayer de me trouver de la glace, sinon je vais avoir un bleu, et puis me changer, aussi. Je reviens. Tu m’attends ? » Partant du principe que c’est oui, il s’éloigne. En arrivant au vestiaire, il croise Rafa, avec qui il plaisante d’un ton paternel : « Allez, file, toi, on se verra tout à l’heure. T’as pas oublié ce que je t’ai dit, hein ? Tu me déçois pas ! » Au moment de franchir la porte, Finn se ravise et se retourne : « Tu me dois une revanche, par contre, maintenant. On va pas en rester là, comptes pas là-dessus ! »  

L’instant d’après, il est seul. Nerveusement, il se passe de l’eau sur le visage, se sèche avec une des serviettes râpeuse du club, remet sa chemise et son costume de tweed gris, avant de fourrer sa cravate dans une de ses poches. Eve est toujours là quand il revient sans avoir trouvé de glace. En un sens, ça le rassure.« Tu veux qu’on sorte ? » Les mains enfoncées dans les poches de sa veste, sans la quitter du regard, il ajoute calmement : « J’aimerai autant que les membres du club ne soient pas là, ça ne les regarde pas. » Vrai, tout ça, c’est entre lui et elle, et Finnegan Callahan n’aime définitivement pas que son couple ou ce qu’il en reste soit une attraction. Pas plus qu’il n’aime être une bête de foire ou faire l’objet de moqueries qui remettraient son autorité en cause. Les gars du Cohan l’ont déjà vu pleurer ; c’était déjà de trop. Hors de question qu’il se donne en spectacle devant d’autres de ses hommes, car ceux du club sont presque tous du clan, et ils regardent déjà toute la scène avec beaucoup trop de curiosité à son gout. Pourtant, il ne veut pas contrarier Eve pour autant, alors il s’essaye au compromis :  « Mais on peut faire un tour, si tu veux. »

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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeDim 4 Juil - 23:46

❝Rafael, Finn & Eve ❞K.-O. technique et sentimental
Quand elle arrive au club, Eve ne cache rien de sa désapprobation à l’idée de voir Finn sur un ring. Il ne faut pas s’y tromper songe-t-elle, ce n’est pas qu’elle s’inquiète pour lui, mais plutôt qu’elle est agacée de le voir mettre à mal tous les efforts qu’elle et Rafa ont déployés pour le garder en vie. Ce n’était pas une mince affaire et quoiqu’il se remette plutôt bien, les potions aidant, il ne faudrait pas gâcher sa convalescence par des actions inconsidérées. Un match de boxe inutile par exemple.

Néanmoins, et ça change, nulle agressivité chez elle lorsqu’elle s’adresse au Patron. Les membres du club, qui sont pour la plupart des membres du clan de Callahan, ne manquent pas de le remarquer et on soupire presque de soulagement à l’idée de ne pas assister à une nouvelle scène de dispute entre les deux amants. Il faut dire que, même s’ils n’en disent rien, les hommes de Callahan l’ont vu pleurer à cause de cette histoire, un événement perturbant dont ils préfèrent ne pas parler - ils tiennent à leur vie - et qu’ils préfèrent ne plus voir.

Le fait de le voir vexé d’avoir perdu - en particulier devant elle, elle le sait - fait sourire Eve. De façon discrète, un peu moqueuse, mais ça reste un sourire que l’on voit s’afficher sur son visage. Signe supplémentaire que les choses ne devraient pas trop mal se passer si on les laisse discuter entre eux. La chose se confirme quand, après avoir répondu à Finn qu’il ne peut pas s’attribuer tous les mérites et que Rafa est peut-être naturellement bon, elle lui apprend aimablement que ses hommes se sont mis en tête de lui offrir une escorte.

- Je me suis doutée que ça ne venait pas de toi. Tu sais ce que je pense de ce genre d’initiative, mais honnêtement, c’était un peu ridicule. Pour finir, Liam va dérouler le tapis rouge quand j’arrive, ne serait-ce que pour être sûre qu’aucun type ne me regarde.

Elle blague, mais en réalité, la remarque est malvenue. Dans le fond, n’est-ce pas comme ça que tout à commencé ? Une discussion avec Bob, une cigarette allumée, un Finn jaloux et tout qui vole en éclat. Deux mois qui sont passés à la vitesse de la lumière et qui ont changé leur vie définitivement. Se rendant compte que la remarque était peut-être malvenue et ne voulant pas ramener le sujet sur le tapis, elle tente plutôt de faire rester Rafa qui ne demande qu’à partir, préférant ne pas tenir la chandelle entre eux deux.

- Une copine ?, le taquine-t-elle, s’intéressant au sujet plus qu’elle ne l’aurait fait en temps normal. Tu as trouvé une ribaude pour accompagner tes soirées ?, demande-t-elle, sachant que son ancien camarade n’est pas coutumier d’autres choses que des aventures d’un soir.

Elle écope d’un regard noir qu’elle ne comprend pas vraiment et se tourne vers Finn, interloquée tandis que le second s’en va vaquer à son rendez-vous.

- J’ai dis quelque chose qu’il ne fallait pas ?

Une fois le O’Riordan hors de vue, l’atmosphère se tend un peu. Tant qu’il y a une troisième personne, les choses peuvent plus ou moins se dérouler comme si de rien n’était, mais lorsqu’ils sont tous les deux - le reste du club ne compte pas - c’est plus compliqué. Soudainement, Eve devient silencieuse, elle ne sait pas quoi dire et c’est Finn qui brise le silence en premier, indiquant qu’il va se changer. Elle fait un signe de tête positif quand il lui demande si elle l’attend, après tout elle est venue pour lui parler, et déambule distraitement dans la salle où les matchs ont repris. Si on ne l’ignore pas, la saluant d’un coup de tête respectueux quand elle passe à côté, on ne lui adresse pas la parole non plus, préférant sagement ne pas se mettre entre elle et le patron de quelque façon que ce soit. Il ne faut pas longtemps pour qu’il la rejoigne, proposant de sortir, ce qu’elle hésite à accepter. Dans le club, ils ne sont pas seuls et rien que ça les force (techniquement) à conserver une attitude et des propos plus ou moins civilisés. Eve sait comment les choses peuvent dériver lorsqu’ils sont seuls et qu’ils n’y a personne pour les séparer.

- D’accord, finit-elle par capituler, se rangeant à ses arguments.

Le fait qu'elle ne lutte pas et qu'elle accepte sans rechigner en dit beaucoup, même si dans le fond, elle le comprend. Si pour elle, le club maintient une certaine neutralité, ce n’est pas un environnement idéal non plus. Ses hommes le connaissent et devant eux, il se doit d’être en position de force, ce qui de facto ne met pas en place les conditions nécessaires à un dialogue serein et honnête. Une fois dehors, ils retrouvent la morsure du soleil. L’été est déjà bien avancé et les températures sont clémentes - peut-être trop- cet été.

- Un tour ou aller boire un verre, comme tu veux. Juste pas au Cohan.

Un endroit neutre donc, où ils ne connaissent personne et où, pour une fois, ils ne sont que deux inconnus perdus dans la foule et non pas un parrain de la mafia et un agent de l’Etat avec une mission encombrante. Tandis qu’ils marchent vers leur destination, chacun à une distance respectable de l’autre Eve entame la discussion. Après tout, elle est là pour ça :

- Tu disais que tu voulais me voir ? J’ai lu ta lettre. Tes lettres,
explique-t-elle en faisant référence à celle que Rafa a trouvé dans sa veste pendant qu’il agonisait sur la table de sa cuisine. Je ne sais pas de quoi tu voulais discuter, mais les excuses sont un peu superflues maintenant, non ?

Ca ne veut pas dire qu’elle lui a pardonné ou qu’elle s’est pardonné elle-même, loin là. Simplement, maintenant que Ludo est mort et que les choses ont repris leur cours, Eve a l’impression que toute cette histoire est allée trop loin pour que celles-ci aient encore de la valeur. Il y a entre eux à la fois un gouffre qui ne peut être comblé, mais également un lien qui ne peut être cassé et c’est là toute la complexité de leur relation.

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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeMar 6 Juil - 0:57



K.-O. technique et chaos sentimental
Eve, Rafa & Finn
Un moment, Finn pourrait presque oublier où il en est avec Eve. La preuve, il ne lui tient même pas rigueur de sa remarque sur le Cohan. C’est que pour un instant, tout semblerait presque redevenu comme avant : il jurerait avoir surpris un sourire sur ses lèvres en le voyant vexé et pour un peu, le mafieux continuerait à bouder juste pour la faire rire. Pour un moment, il y a ce jeu de chiens et de chats entre eux, le sale caractère de Rafa qui le fait rire, et qui peut surprendre n’importe qui, même Eve elle-même, et lui, qui, serviable pour une fois, dissipe le malentendu pour pas qu’il ne dure. « Je crois qu’il est peu vexé. C’est assez sérieux, entre eux, et…ce n’est pas une fille du Cohan. Ni même une moldue. Elle vient de l’autre côté. » Evidemment, elle ne pouvait pas savoir, et Finn ne croit pas non plus que ce soit irréparable. « C’est amusant de voir comme il la défend même lorsqu’elle n’est pas là…je suppose qu’il ne te reste plus qu’à corriger le tir. » Conclut-il avec un sourire léger.

Evidemment, cette ambiance là ne dure pas : bientôt, ils se retrouvent seuls.Pourtant, Finn constate avec soulagement que si le dialogue est gêné et entrecoupé de silence, ils ne s’en sortent pas si mal que ça. C’est comme si la trève conclue le temps de tuer Ludo s’éternisait, ou que lui, comme Eve, étaient prêts à faire des concessions pour que la situation n’explose pas encore une fois. A vrai dire, du côté du mafieux, il est épuisé et il n’est pas sûr de vouloir encore se battre, alors qu’ils sont coutumiers du fait. En la matière, les deux mois précédents lui ont laissé un gout amer et il voudrait vraiment lui parler et lui dire ce qu’il souhaite, qui lui semble plus important que le reste. Quant à la faire souffrir de nouveau, par une nouvelle dispute, c’est hors de question : si les choses tournaient mal, Finnegan s’en irait probablement tout simplement.

Mais Eve semble décidée à adopter la même attitude, du moins à faire des concessions. Faut-il y voir un signe d’amélioration ? Sans doute. Il y a encore quelques semaines, la rancœur et la colère étaient encore trop grandes. Un tel dialogue aurait été impossible. Alors il hoche la tête, acceptant sans broncher sa proposition. Le fait qu’elle accepte de boire un verre en sa compagne est aussi un soi un pas de géant, même si l’irlandais ne fait aucune illusion. Il ne se passera rien, mais il n’est pas là pour ça non plus. Evidemment, s’il est parfaitement honnête, il voudrait bien plus. Elle lui manque, réalise Finn en regardant la rousse à la dérobée, et c’est presque douloureux de risquer un coup d’œil vers elle tant il brule d’envie de la toucher et de la prendre dans ses bras. Mais ce n’est pas la chose à faire, se morigène-t-il sans ménagement. Il le sait, il ne peut pas tricher : de Eve, il ne peut attendre que ce qu’elle veut bien lui donner. Reportant son attention sur le goudron de la route, il chemine donc lentement à ses côtés, l’écoutant parler sans rien dire dans un premier temps. Sa mâchoire le lance un peu, et il a chaud.

Si le fait que Eve amorce les hostilités, sans se montrer agressive pour autant, lui facilite la tâche, Finn n’est pas sûr de bien savoir comment réagir à la mention de ses lettres, alors il choisit un hochement de tête neutre : « Je sais. Je me rappelle un peu de mon réveil. Pas très bien, mais je ne l’ai pas revue après dans mon portefeuille, quand j’allais mieux. J’ai supposé que Rafa te l’avait donnée. » Il ne se rappelle pas vraiment du moment où Rafa s’en est emparé et de la terreur qu’il l’a pris parce que Eve n’aurait jamais du la lire. Si Finn ne peut s’empêcher de regretter de ne pas avoir pu lui dire qu’il l’aimait et qu’il l’aime toujours de vive voix, et il n’ose même pas l’interroger sur ce point alors qu’il en meure d’envie, il a changé d’avis sur l’impact de cette lettre. « Dans un sens, ce n’est pas plus mal. » Murmure-t-il donc finalement, sans approfondir plus avant.

C’est que la question de Eve le perturbe. Il se doute que rien n’est réglé entre eux, et que le fait qu’elle le dispense d’excuses ne vaut pas pardon. Le lien et la blessure qu’ils partagent sont trop profonds, et lui trop habitué des coups du sort de ce genre pour savoir que lorsque la douleur a atteint ce point, ça ne disparait jamais vraiment. Cela pourrait s’apaiser, s’ils se retrouvaient, mais Callahan ne sait pas si c’est possible. Si Eve ne sort pas tout à fait de sa vie, déjà, il s’estimerait heureux, ne sachant pas s’il est capable de s’en sortir sans plus jamais la revoir. Ça lui fait du mal rien que d’y penser.

En attendant, il faut décider d’où va cette conversation, et contrairement à ce qu’elle dit, il ne lui semble pas que des excuses soient inutiles. Le mafieux hausse les épaules : « Peut-être. J’en sais trop rien. Ça faisait partie des choses qui me semblaient importantes à dire, que je regrettais. Que je te devais au moins cette honnêteté là. Mais je suppose qu'on sait tous les deux que c'est le cas, c'est vrai. » Il n’y a aucune animosité dans sa voix ; il ne s’acharne pas. A vrai dire, il ne sait pas trop lui-même quoi faire, alors il ne va pas jeter la pierre à Eve. C’est peut-être là l’avantage de la lettre, justement : elle sait qu’il est désolé et qu’il ne voulait pas partir. Elle sait aussi, elle l’a vu, quand ce connard s’est remis à cracher son venin, qu’il pleure autant qu’elle cet enfant. Il n’arrivera sans doute pas à en parler de toute façon. Tant pis. De toute façon, Finn juge qu’il a assez parlé de lui. C’est Eve qui l’intéresse. Et puis, ça ne ferait que remuer le couteau dans la plaie. S’excuser, s’expliquer, se justifier de nouveau, à quoi cela servirait-il ? Ils ne reviendront pas en arrière. Ça ne sert à rien de ressasser ce passé qui leur laisse déjà un gout amer.

Ils continuent leur marche en silence, jusqu’à ce que Callahan désigne la terrasse d’un pub, abritée sous un auvent de toile.« Là ? » La conversation devient moins lourde lorsqu’ils s’installent et que le serveur se précipite vers eux. Celle d’un couple normal – à peine ce dernier reconnait-il un acteur un peu connu. Il commande une Guiness et une part d’apple pie, propose à Eve d’en prendre une pour ne pas être le seul à manger, avant d’expliquer avec un sourire gêné : « J’ai l’impression d’avoir tout le temps faim. Le doc’, Matthews, dit que c'est normal et qu'il faut que je reprenne du poids de toute façon. » En se voyant dans le miroir, Finn se trouve l'air d'un épouvantail,  même si d'aucun diraient que ces traits un peu creusés ne lui vont pas si mal, et que sa guérison littéralement magique est déjà une très bonne chose.

Il attend que le serveur dépose la commande, cherchant ses mots. « En fait, c’est de ça que je voulais te parler. » Exprimer sa gratitude, c’est presque autant un challenge pour Finn que de s’excuser et il n’est pas plus certain que ça de savoir comment faire. « Je voulais te remercier. Je sais que j’y serais resté, si tu n’avais pas aidé Rafa, et sans tes potions. Je sais ce que je vous dois à tous les deux. » Il anticipe un mouvement de protestation, de réplique et ajoute doucement : « Rien ne t’y obligeait, je le sais. Alors…merci. » Après tout, elle ne lui devait rien : que lui a-t-il attiré, sinon des ennuis, même si ce n’est pas ce que Finn voulait ? D’une certaine façon, c’est aussi une manière de reconnaitre ses propres torts. Vu ce qu’il a causé comme dégâts dans sa vie, Eve aurait pu le laisser tomber et se vider de son sang, ce soir là. Il n’aurait pas pu lui jeter la pierre. Pourtant, elle l’a fait, alors que lui n’avait pas été là pour elle. Faut-il finalement qu’elle l’aime, donc ! Finn, le nez dans sa bière, ne sait pas s’il doit être heureux de ce constat, manquant de mots pour lui dire sa reconnaissance et son admiration face à la générosité dont elle a fait preuve à son égard, ou honteux, car il n’en mérite certainement pas tant.

Et pourtant, pourtant, ce n’est pas difficile de voir que ce qu’il a dit dans sa lettre est vrai aussi lorsqu’il lance doucement : « Et puis, je voulais savoir...comment…comment tu vas, toi ? Je veux dire, j'ai bien vu que tu avais l'air mieux, depuis l'hôpital, mais...comment tu vas, vraiment ? » Il s'enferre, à ce qu'il lui semble, sans réussir à dire les choses clairement.

Il pose ses couverts, abandonnant sa tarte, et essaye donc de s'expliquer, se trouvant maladroit sans pouvoir se rattraper : « Ce n'est pas...je ne le dis pas pour te mettre en défaut. Et ce n'est pas une question hostile, vraiment pas. Ne répond pas, si tu ne veux pas. Je me fais simplement du souci, c'est tout, et comme je n'ai pas pu te demander avant...je me suis dit qu'il fallait que je te demande. Que ça se faisait. » C'est la seule chose qui l’intéresse vraiment, parce que oui, il s'inquiète pour elle quand il voit combien lui même est malheureux de la perte qu'ils ont subit, de la situation, et puis simplement de leurs agressions respectives...Est-ce que Eve s’est remise physiquement ? Et surtout, parce que c’est le véritable sens de sa question, est-ce qu’elle parvient à gérer ce deuil impossible, si douloureux, qu’ils partagent sans en parler ? Finn sait que la réponse risque d'être douloureuse, si elle ne l'envoie pas promener, et si elle parvient à répondre - il n'est pas sûr qu'il y arriverait de son côté si elle lui retournait la question.

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Dernière édition par Finn Callahan le Mer 7 Juil - 23:14, édité 1 fois
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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeMar 6 Juil - 23:14

❝Rafael, Finn & Eve ❞K.-O. technique et sentimental
Rafa a une copine. Voilà une information digne d’intérêt tant elle est inattendue. Ce n’est pas qu’elle prête attention à sa vie sentimentale mais même elle sait que le second est plus du genre à enchaîner les relations sans lendemain que l’inverse. Une façon de faire qu’elle comprend vu les ennuis qu’entraîne un couple au sens formel du terme. Evidemment, elle n’a pas beaucoup de points de comparaison vu qu’elle n’a jamais eu que Finn. Même en sachant que leur relation était dysfonctionnelle, la jeune femme ne peut pas s’empêcher de se dire que c’est beaucoup d’ennuis pour le plaisir qu’on en retire. Les ayant eu pour exemple, elle se demande ce qui a incité Rafa a tomber dans le même piège. Des questions qu’elle ne manquera pas de lui poser lorsqu’elle le verra. Apparemment, elle a des excuses à lui présenter et à en juger par le regard peu amène que celui-ci lui a lancé en partant, elles ne seront pas superflues.

- Vexé ? Il avait l’air moins fâché quand je l’ai frappé. C’est dire !, sourit-elle presque attendrie par un Rafa susceptible. Vous êtes quand même identique lui et toi, à prendre la mouche pour rien, défendant un honneur qui n’est pas le vôtre.

Une attitude que la jeune femme a toujours trouvé déplacée, probablement parce qu’elle est tout à fait capable de se défendre elle-même. Elle trouve donc l’attitude du mafieux particulièrement contre productive. Quelque chose qu’elle n’a jamais réussi à lui faire comprendre, peu importe à quel point elle lui a répété. Songeuse, elle continue :

- Je serais quand même curieuse de la voir. Une sorcière, c’est fou. Rafa n’a jamais pu les encadrer.

Eve n’est pas venue pour parler du second et la conversation se termine tout naturellement sans vraiment avoir été plus loin. Le silence se fait entre eux tandis qu’ils sortent du Kilburn. Rapidement, ils décident de ne pas rester près du club et d’aller faire un tour. Quelque chose qu’ils n’ont plus fait depuis des mois. Autour d’eux, personne ne leur prêtent attention et ils ne sont qu’un couple parmi d’autres qui marchent dans la foule. Le soleil tape, mais ce n’est pas désagréable. Ça permet à Eve d’oublier qu’il y a cette main qui frôle presque la sienne à côté. Finn est familier. Il y a quelque chose de rassurant et réconfortant chez lui et une partie d’elle a envie de retrouver ce confort.

Ce genre de faiblesse ne lui ressemble pas. Pourtant, elle est consciente qu’il y a une différence parfois irréconciliable entre ses envies et sa rationalité, si bien qu’elle ne peut faire que l’accepter et la combattre du mieux qu’elle peut. Parler reste un bon moyen de se distraire et puisqu’ils sont là pour ça, Eve lance le sujet, préférant se concentrer sur Finn que sur elle-même. La lettre revient rapidement sur le tapis et la jeune femme hoche la tête lorsqu’il évoque Rafa et sa lettre.

- On l’a trouvé dans ton veston. Je pensais que c’était un papier important donc Rafa l’a lue et puis me l’a passée. Je n’ai pas pensé à te la rendre après. Tu veux la récupérer ?

La proposition est faite d’un ton détaché, un peu comme si elle avait réellement oublié la lettre et qu’elle avait songé lui rendre. En vérité, ce n’est pas le cas. La lettre, soigneusement pliée, est rangée dans un tiroir de sa table de chevet. Elle ne l’a pas relue. Parfois, le soir, quand il n’y a plus l’agitation de la journée pour l’empêcher de penser, le tiroir lui semble plein de tentation. Parfois, elle l’ouvre, juste assez pour voir le papier de la lettre, elle est tentée de la prendre, la déplier et la relire, mais finalement, sans très bien savoir pourquoi, Eve renonce et ferme de nouveau le tiroir. Lui rendre la lettre ? Elle n’y songe pas vraiment et quoiqu’elle n’en dise rien, la journaliste espère qu’il écartera la possibilité d’un geste de la main comme si ça n’avait plus d’importance.

Quant aux excuses, l’ancienne Serdaigle n’en voit plus l’intérêt. Ce qui s’est passé est au-delà des mots. Un peu comme après la mort de Ludovico dans un moment à la fois emprunt de soulagement, mais également de tristesse. Parfois, les mots sont superflus. Eve a compris que Finn était désolé. Elle a fini par l’admettre en tout cas. Mais lui, comme elle, sait que ça ne change rien. Il y a quelque chose de cassé et difficilement réparable et dans le fond, est-ce que ça vaut le coup d’essayer ? De son côté, elle a décidé que non. Elle a assez donné. Mieux vaut l’oubli.

Approuvant le choix de l’endroit qui sera le théâtre de leur discussion, elle s’assied en face de Callahan et commande un thé. Pas d’alcool pour elle et suit - pour le principe - Finn en commandant elle aussi une part de tarte. Avec la fin de la grossesse, sa faim s’est amenuisée et elle qui n’a jamais pesé bien lourd à perdu du poids. Finn aussi, maintenant qu’elle le regarde attentivement. Il flotte un petit peu dans ses vêtements et étrangement, ça la rend triste. Il y a toujours eu quelque chose d’animal chez son compagnon et le voir diminué comme ça la peine.

Le serveur arrive avec leur commande et distraitement, elle picore dans son assiette en écoutant l’irlandais lui présenter ses remerciements. Il a raison, elle n’était pas obligée de l’aider, mais elle n’aurait pas su faire autrement.

- Je sais. J’y ai pensé pendant un moment. Fermer la porte à la figure de Rafa, je veux dire. J’y ai vraiment pensé, mais je ne pouvais pas te laisser mourir. Ne me demande pas pourquoi. Je ne sais pas moi-même, mais je ne pense pas que j’aurais réussi à vivre avec ça sur ma conscience. Ce qu’il en reste en tout cas.

Comme son compagnon, la jeune femme ne s’embarrasse pas vraiment de ça. Ça n'a pas sa place dans leur métier respectif. C’est fait pour les gens oisifs qui ont le luxe de ne jamais prendre de décision difficile. Reste que c’est plus facile de parler de ça que de répondre à la question de Finn. Surprise, elle le regarde un moment sans rien dire et l’étonnement doit se lire sur son visage. Finalement, elle baisse les yeux et regarde son morceau de tarte à peine entamé quand Finn, lui, a déjà mangé la moitié à grande bouchées. Sa tasse de thé semble soudainement follement intéressante et elle en boit une gorgée, sans se soucier de se brûler la langue à cause du breuvage encore trop chaud.

- Je ne sais pas, répond-elle à voix basse. Ce n’est pas une question que je me pose. Je … Elle hésite, ne sachant réellement pas quoi lui répondre. Je vais bien, je suppose ?

C’est presque une interrogation. Après tout, que veut dire aller bien ? Elle-même n’en a aucune idée. Peut-être est-ce la preuve qu’elle va mal et ce, depuis des années. Eve ne vit pas où en tout cas, pas pour elle-même. Elle a un but et se contente de faire ce qu’il faut pour l’atteindre, regardant la vie défiler devant ses yeux plus qu’elle n’y participe.

- Les choses ont repris leur cours. Je travaille, je fais ce que j’ai à faire.

C’est tout ce qu’elle peut dire. Quand bien-même elle le voudrait, la journaliste ne pourrait pas vraiment développer sa pensée. Elle travaille, va parfois jusqu’au QG de la résistance pour préparer sa prochaine mission, mais en dehors de ça, elle ne fait rien pour elle et se contente d’attendre que ça passe.

- Oui, je suppose que je vais bien. Tiens,
dit-elle en poussant la part de tarte vers Finn. Tu as l’air d’avoir faim.

Quant à elle, la nourriture la dégoûte soudainement. Un peu comme si elle avait le haut cœur. Elle boit une gorgée de thé et soudainement, elle ressent comment une envie de pleurer sans bien savoir pourquoi.

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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeJeu 8 Juil - 1:03



K.-O. technique et chaos sentimental
Eve, Rafa & Finn
Ce n’est plus la conversation légère qu’ils avaient au club. Elle est devenue sérieuse, grave, même s’ils font presque l’illusion d’une normalité retrouvée pour le reste du monde. Pour eux aussi, l’existence même de cette conversation marque une avancée, mais il y a, en réalité, toujours un gouffre entre eux, d’angoisse, de peine, et de manque aussi. Importante, la mention de la lettre incite Finn à se demander ce que Eve en a pensé ; ce qu’elle pense du fait qu’il l’aime. Il guette sa réaction à la dérobée, mais sans succès particulier et comme elle ne fait pas de commentaire sur le contenu, il en déduit que pour elle ça ne change rien. C’est donc sans y penser plus avant qu’il souffle, haussant les épaules : « Non, garde là. Elle était pour toi, alors je ne saurais pas quoi en faire. Ce n’est pas de ta faute si je n’ai pas été capable de l’envoyer, de toute façon. » Son ton est égal, détaché à son tour, parce qu’il ne veut pas trop s’attarder là-dessus. Paradoxalement, s’il espère une réaction au fait qu’il ait écrit qu’il l’aimait, le mafieux en est aussi terrifié. S’il se doutait seulement de ce que la jeune femme en a fait, qu’elle l’a conservée précieusement et de l’importance que cette lettre a pour elle, comme du soulagement que sa réponse doit lui procurer, sa réaction serait bien différente. Sans doute en serait-il heureux, et un peu triste, encore, du gâchis qu’il a produit.

Trop tard, cependant : les choses sont allées trop loin et ils ne peuvent revenir en arrière. Finn le sait. Il ne compte rien demander, parce que Eve ne lui doit rien, bien au contraire. Pourtant, il ne peut s’empêcher de guetter le moindre signe. Le moindre signe envers lui. La manière dont il croit surprendre une lueur un peu inquiète, quelque chose à mi chemin entre la tendresse et la compassion, dans la manière dont elle le regarde. Une part de lui ne peut s’empêcher de regretter, parce qu’il s’en rappelle avec une netteté cruelle, la dernière fois où ils sont allés dans un pub, et où tout allait encore bien. C’est la même part de lui-même qui sent son cœur bondir lorsqu’elle lui confirme ce qu’il pensait, qu’elle n’a pas pu ne pas le sauver. Il voudrait croire, s’accrocher à cet espoir fou que malgré tout, puisqu’elle l’aime assez pour passer outre à toutes ses erreurs et tout le mal qu’il lui a fait, qu’il leur a fait aussi. A la vérité, cependant, il comprend où Eve veut en venir, et il sait que ça ne signifie pas qu’elle lui pardonne.

Alors Finn l’écoute en silence, dévorant plus qu’il ne mange sa part de tarte. Il y a un silence lorsqu’elle finit par conclure, et puis il dit doucement, comme en écho à son incompréhension : « Non, je crois que je comprends. Je suppose…je suppose que c’est parce que c’est plus difficile d’ignorer la nature de choses et de nos actes quand les gens comptent. Quand il s’agit de gens qu’on aime. C’est peut-être pour ça que je t’ai écrit cette lettre. » Sa voix est un peu rauque ; il boit une gorgée de bière pour faire descendre cet aveu, qui lui a couté. Une façon détournée de redire ce qu’il y avait dans la lettre, à l’évidence. Moins courageuse, aussi, mais les circonstances ont changé. Pour n’importe qui d’autre, Finn aurait estimé que c’était la chose la plus simple à faire et il aurait oublié le reste : seul compte sa peau et il n’a pas le loisir de s’occuper des autres ou de se soucier de leur sort. Seulement, qu’il le veuille ou non, qu’ils réussissent, tous les deux, à l’admettre ou non, leur relation est différente. Oui, Eve compte, et si sur le moment il lui semblait ne pas avoir d’autre choix que de partir, il n’a pas tout simplement pas pu maintenir jusqu’au bout son attitude d’indifférence. Oui, peu importe à quel point les choses sont brisées entre eux, jamais ils ne pourront se vouloir de mal. C’est sans doute ce qui motive son aveu suivant : « Je l’aurais empêché de te faire ça si j’avais pu. Tu le sais, pas vrai ? » Il y a des larmes dans son regard, un instant. Finn s’était juré qu’il n’en parlerait pas, qu’il ne dirait rien, mais il a besoin que Eve l’entende et d’être sûr qu’elle l’ait compris. Son départ était une chose, mais c’était leur enfant et même s’il la détestait sans doute à ce moment là, jamais il ne lui serait vraiment venu à l’idée de lui faire du mal. Jamais il ne serait parti s’il avait su ce que Ludo tramait, non plus, mais ils le savent tous les deux, alors ça ne sert à rien de s’attarder une fois que les choses sont dites. Ça ne fait que remuer le couteau dans la plaie. « Bref. Ça n’a plus d’importance, je sais bien. » Il boit une nouvelle gorgée de Guiness. Le liquide glacée apaise un peu sa machoire douloureuse et sa gorge soudainement nouée. «  Merci, en tout cas. Je t’en dois une, je suppose. »

Finn reprend à manger, parce qu’il essaye de se donner une contenance. Il sait que Eve est mal à l’aise avec ce genre de questions, pourtant il a besoin de savoir. Lui non plus ne va pas bien, mais il a complètement refouler ses émotions sur ce plan là. Il l’a déjà dit à Rafa, rien n’est pire que ce qu’elle a vécu. Sa réaction l’étonne cependant : elle parait surprise de sa question, comme si elle s’attendait à autre chose. Ou comme si elle ne savait pas elle-même. Il la regarde un moment sans rien dire. Soudainement, il réalise qu'elle paraît complètement épuisée, et elle lui fait de la peine, sans savoir si c'est le fait qu'elle doit manifestement au 36e dessous ou ses dénégations qui lui en fait le plus. Finn a déjà vu Eve dans des moments de fragilité qu’il sait qu’elle préfère masquer, si bien qu'il n'est pas dupe.  Elle a l’air tellement perdu et mal, l’ombre d’elle-même en somme, qu'il ne peut en douter. Ignorant la part de gateau qu’elle pousse vers lui, il souffle doucement, sans ironie aucune : « Ça se voit, dis... Pas tant que ça, pas vrai ? » Elle semble au bord des larmes, sans même arriver à le regarder. S’il pouvait la prendre dans ses bras, l’embrasser, la rassurer. Finn se sent soudainement démuni et il regrette soudainement d’avoir posé cette question à laquelle il avait déjà la réponse : il était évident que si lui ne savait pas gérer, ce serait pire pour Eve.

Pas tout à fait certain de savoir comment réagir, Callahan opte pour l'option la plus familière et prend sa main dans la sienne, par-dessus la table. « Je ne suis pas sûr, moi. Ça n'a pas l'air si évident que ça. » Il serre doucement ses doigts dans les siens, juste pour lui dire qu’il est là, si elle veut, et qu’il comprend. Il ne peut peut-être rien faire, mais il voudrait au moins qu’elle se convainque qu’elle n’est pas seule, alors sans attendre la réponse, il souffle juste doucement : « Je sais. Je sais. » Il y a un moment de silence, où l’acteur se contente de tenir sa main dans la sienne. Que peut-il dire de plus ? Il n’en sait rien. Rien ne lui paraît approprié. Il peut à peine lui éviter de verbaliser plus avant parce qu'il n'est pas sûr que si elle parle, ça l'aide, vu l'état où elle est. L'acteur a plutôt l'impression qu'elle est sur le point de s'effondrer. Craquer et extérioriser lui ferait peut-être du bien, mais il n'est pas certain de ce ça, alors il préfère s'abstenir. « Ça va aller. Tu n’as besoin de me dire si ça fait trop mal. Je sais ce que ça fait. » Pas vraiment. Pas totalement. Il ne comprend qu’une petite partie de son deuil, évidemment, celui qu’ils partagent. « Tiens. Je te donnerai bien ma cravate, mais tu trouverais que je ne me renouvelle pas assez. » Gentiment, il lui tend un mouchoir en soie, sorti de la poche de sa veste, espérant lui tirer un sourire, même faible. Quoiqu’il en dise, voir Eve aussi mal le déchire. C’est au moins une chose de gagné, ceci étant : cela lui permet de voir à quel point elle a besoin d’aide. « Tes cauchemars n’ont pas trop repris ? » Il allume une cigarette et lui en propose une pour donner le change. « Tu sais…tu sais où je suis. Au cas où. Je ne prétends pas être le mieux placé pour comprendre, ou parler, ou rassurer qui que ce soit, ou je ne sais quoi. Mais je suis là. » Callahan détourne la tête, soufflant un peu de fumée. Il répugne à la laisser seule, et à partir maintenant. Réellement, et pas seulement parce qu’une part de lui voudrait recommencer. Non, juste pour s’assurer que tout va bien, ou à peu près, parce que c’est ça, l’effet que Eve Talbot a sur lui : elle le rend capable de se soucier de quelqu'un d'autre que lui mêmet, et de faire preuve d’une bonté et d’un altruisme insoupçonné. Alors Callahan sort son portefeuille et en tire la carte de Greg Benson, qu’il pousse vers elle : « Et si tu ne voulais pas me voir, ce que je peux comprendre, et si ça va trop mal…tu peux aller le voir lui. Il est un peu étrange, mais il t’aidera. C’est son boulot d’aider les gens quand ils vont mal. Pas un mauvais bougre. » La solution ne lui plaît que moyennement. Mais il se dit qu'au cas où, c'est toujours mieux que rien.

Il a toujours la main de la jeune femme dans la sienne, réalise-t-il après un silence assez long. Et puis lui revient ce qu’elle lui a dit, finalement, et il conclut en écrasant sa cigarette :  « C’est ce que tu veux faire, alors ? Juste continuer, comme tu m’as dit ? » Là encore, ce n’est pas un reproche, ni une question à réponse obligatoire. A vrai dire, Finn se doute déjà de la réponse. Peut-être a-t-il simplement besoin de l’entendre pour essayer d’avancer lui aussi, même si Eve, en la matière, n’est pas forcément un modèle, tant elle parait encore mal. Mais si ça la fait moins souffrir que leur chaos, il ne peut rien dire. Il n’en a plus le droit.

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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeSam 10 Juil - 21:25

❝Rafael, Finn & Eve ❞K.-O. technique et sentimental
Et après l’angoisse vint le soulagement. Garde là. Deux petits mots d’apparence anodines qui provoquent en elle un atroce soulagement. Une surprise aussi puisqu’elle ne savait pas y tenir à ce point jusqu’à ce qu’il renonce à retrouver son bien. C’est amusant comme, parfois, on donne un sens et on s’attache à des choses banales. Pas vraiment matérialiste, la jeune femme a toujours accordé plus prix à des babioles qu’aux objets de valeur. La lettre lui tient à cœur à la fois pour ce qu’il y est écrit, mais également pour le moment auquel elle est associée. L’angoisse, la peine, mais aussi l’immense soulagement que Rafa et elle ressentaient, pleurant et angoissant dans sa petite cuisine. Un moment trop marquant pour qu’elle puisse l’oublier et faire comme si rien ne s’était passé.

Ça se marque d’ailleurs dans les relations qu’ils entretiennent et la conversation qu’ils tiennent. Tous deux susceptibles, il est presque étonnant qu’aucun des deux n’ait sauté à la gorge de l’autre pour un mot ou une remarque mal placée. Or, dans un jeu d’équilibriste imparfait, Finn et Eve tentent de dialoguer. Un exercice qui ne leur est guère familier, à elle en particulier et il faut bien le décor du pub pour s’assurer que les choses se passeront de la façon la plus neutre qui soit.

Un point qui rassure Eve, puisque peu importe les bonnes résolutions qu’ils prennent, Finn et elle n’ont jamais réussi à ne pas laisser les choses dériver. Il y en a toujours un des deux - souvent lui - pour oublier ce qui est raisonnable et préférable et se laisser aller à ses sentiments. De toute façon, la discussion n’est pas de nature à encourager dans cette direction. A sa réflexion, elle ne sait quoi répondre. Il l’aime. Oui, elle le sait. C’est une chose de le lire et une autre de l’entendre. Que peut-elle répondre ? Moi aussi ? Sûrement. Probablement même. mais ça ne les avance pas ni lui, ni elle et n’est-ce pas se faire plus de mal que de bien que d’en parler. Parfois l’amour ne suffit pas. En tout cas, c’est ce que se dit la jeune femme. A son tour, Eve boit une gorgée de thé. Soucieuse de se donner une contenance, de ne pas montrer comme cet aveu la touche, mais aussi lui fait mal. Son ventre se tord et une angoisse sourde la prend. A voix basse, elle se contente de répondre :

- Je sais, mais je ne pense pas que tu aurais pu l’empêcher. Pas même si tu avais été là.

Peut-être est-elle responsable aussi en un sens, tout comme Nikolaï. Cette attaque était à la fois personnelle et impersonnelle. La partie froide et rationnelle d’Eve comprend ce qui la motive. Toucher Finn et son oncle. Prendre le contrôle de plusieurs territoires, s’assurer la mainmise sur la pègre londonienne. Tout ça, elle le conçoit et le comprend. C’est un monde qu’elle connaît. Le sien dans le fond. Mais dans tout ça, il y a également le règlement de compte. La haine et le dédain qu’il leur portait. La jalousie aussi, probablement. Eve ne saura jamais ce qu’il y avait exactement dans la tête de Montenza. Or, à son grand étonnement, elle a besoin de comprendre. Besoin de rationaliser ce qui s’est passé pour pouvoir en faire son deuil. Du moins l’espère-t-elle.

- Tu ne me dois rien. Je l’ai fait pour moi, plus que pour toi ou pour Rafa.

Eve n’est pas altruiste. Une caractéristique qu’elle partage avec le mafieux et son second. Les choses ne se font pas gratuitement, ni simplement par bonté d’âme. Le fait qu’elle admette l’avoir fait pour elle en dit plus qu’elle ne le voudrait sur ses propres sentiments. On mesure le pour et le contre et elle sait que c’est pour ça que Finn est parti. Ça ne change rien à la situation, mais elle le comprend. Pire, quoiqu’elle ait du mal à l’admettre, il semble évident que, à sa place, la journaliste aurait fait de même. Du reste, elle ne veut pas que Finn lui doive quoi que ce soit. C’est plus facile ainsi. On ne se doit rien, ainsi, il n’y a plus d’obligation envers l’autre, mais Eve connaît son compagnon et sait ce qu’il ne dit pas. S’il lui est redevable, c’est une façon comme une autre de garder le contact. Etre sur qu’elle ne disparaîtra pas.

Avec une sollicitude non feinte, il insiste sur son état, soulignant la détresse qui est la sienne et pour ça, elle le déteste. La jeune femme se doute qu’il n’est pas dupe de ses dénégations, même elle n’arrive pas à s’illusionner, mais elle lui aurait été reconnaissante de faire semblant. Prétendre que oui, elle va raisonnablement bien, ne serait-ce que pour pouvoir passer à autre chose. Non, à la place, il lui prend la main. Son cœur s’accélère et la sensation dans son estomac continue de se faire déplaisante tandis que l’envie de fondre en larmes augmente. Il lui faut toute sa volonté pour ne pas serrer sa main dans la sienne. Pourquoi ? Elle ne saurait le dire. Parce que ce n’est pas juste ? Alors pourquoi est-ce que le simple contact de sa peau contre la sienne agit comme un baume ?

- Je ne vais pas pleurer, nie-t-elle en repoussant le mouchoir de sa main libre. Le ton, lui, n’est pas sec, le cœur n’y est pas. Epuisée, elle n’a pas envie de se quereller avec Callahan pour rien. Haussant les épaules avec une fausse désinvolture et acceptant la cigarette qu’il lui tend, elle répond à sa seconde question : C’est difficile à dire, la plupart du temps, je ne m’en aperçois pas quand j’en fais. Avec toi, c’était un accident, conclut-elle en baissant les yeux, toujours un peu honteuse d’avoir manqué de l’étrangler dans un accès de peur.

La cigarette dans une main, l’autre toujours dans celle de Finn, elle se raidit lorsqu’il suggère qu’elle aille voir quelqu’un. Ses yeux se rétrécissent et elle fusille son ancien amant du regard.

- Je ne vais pas parler à un inconnu. Jamais !, s’exclame-t-elle. Qu’est-ce que tu veux que je lui dise de toute façon ? La moitié, doit rester sous silence, c’est stupide. Les choses iront mieux d’ici un moment, il faut juste du temps, conclut-elle comme si c’était une solution miracle.

Elle-même n’y croit pas, quoi qu'elle préférerait le nier, Eve sait qu’elle devra parler à quelqu’un un jour où l’autre. Tout intérioriser comme elle le fait n’est pas sain. Mais elle n’a jamais su parler, maintenant plus que jamais. Parfois, elle aimerait le faire, elle y songe en tout cas, mais à chaque fois qu’elle essaie, c’est comme si les mots restaient bloqués au fond de sa gorge. Sa gorge ne lui obéit plus et elle se retrouve dans l’incapacité d’émettre le moindre son cohérents. Tout ce qu’elle peut faire, c’est construire une carapace autour d’elle, quitte à être blessante vis à vis des autres.

- Ce que je veux faire ?, commente-t-elle interloquée, se méprenant sur le sens de sa question. Il n’y a rien à faire. C’est fini, Finn.

Alors qu’elle le dit à haute voix, elle s’aperçoit que sa main n’a toujours pas lâché la sienne et que ce n’est pas aussi vrai qu'elle voudrait le prétendre. La jeune femme pousse un soupir et passe une main nerveuse dans ses cheveux avant de baisser les yeux sur le morceau de tarte à peine entamé.

- Tu ne parlais pas de ça ? Désolé, c’est juste que j’ai l’habitude que tu reviennes toujours à la charge, je me suis sentie acculée.

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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeLun 12 Juil - 19:36



K.-O. technique et chaos sentimental
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Finn baisse la tête lorsque Eve lui souffle finalement qu’il n’aurait rien pu faire. Paradoxalement, il ne sait pas trop s’il se sent accablé ou soulagé. Cela ressemble à une sorte de pardon qui ne dit pas son nom, parce qu’ils avaient dit qu’il ne serait pas question d’excuses. Evidemment, ça ne peut qu’apaiser une partie de l’angoisse qu’il ressent, de savoir qu’elle considère elle-même que ce n’est pas sa faute et qu’elle ne lui en veut pas. En d’autres circonstances, il s’en féliciterait même. Mais comme cette histoire ne se lasse pas de leur faire mal, savoir que de toute les manières, ils auraient eu à supporter cette perte qui laisse un vide en lui que l’acteur n’arrive même pas à vraiment comprendre ne lui laisse qu’un sentiment amer d’impuissance.  

Il approuve d’un signe muet de la tête, le regard fixé sur la tarte qu’il engloutit, lorsqu’elle lui dit qu’elle l’a sauvé de manière égoïste, comprenant ce qu’elle veut dire. Il pourrait là encore s’en réjouir en d’autres circonstances. Elle tient à lui, comme lui tient à elle, comme il n’aurait pas supporté de vivre dans un monde où elle ne serait plus allée, peu importe s’ils ne s’étaient plus jamais reparlé de leur vie. Et dans un sens, l’acteur est effectivement heureux que ce soit réciproque. Mais à quoi bon, au fond ? C’est trop tard, à présent : il n’y a pas de retour en arrière possible. Il pourrait protester, aussi, lui dire que si, malgré tout, il a une dette. Mais Finn n’en a pas le courage. Bien sûr, ce serait un moyen de maintenir le lien, mais ça n’effacerait rien et les choses, finalement, resteraient les mêmes entre eux. Brisées, en un mot, et ils ne feraient que se faire de nouveau du mal et ce n’est pas ce qu’il veut.

Pourtant, il serait facile de le faire : il suffirait de relancer le sujet sur des choses plus clivantes, quoi qu’importante. Il pourrait dire qu’il était dans l’IRA, que c’est pour cela, et non pour ses activités au Cohan (ou disons, pour les deux), qu’il a eu peur et cru qu’elle était à ses trousses. Ou qu’il sait, à présent, parce qu’elle l’a sauvé, que non et qu’il la croit. Ou lui demander ce qu’elle fait, vraiment, comme espionne. Mais Finn n’y songe même pas. Il n’en avait même pas l’idée avant de venir. C’est un progrès en soi : lui qui n’aime rien tant que savoir, pour tout contrôler, et qu’avoir le dernier mot, surtout contre Eve, n’a pas l’envie d’aller à l’affrontement. C’est peut-être la fatigue. Peut-être le fait qu’il la connait et qu’ils repartiront dans ce cycle d’affrontements qui leur est propre et dont il ne veut pas. A tout prendre, cette trêve est mieux que rien, mieux que l’ignorance et de ne pas se parler du tout. Et après tout, elle est basée sur le fait qu’elle sait, ou qu’elle devine ce qui l’a motivé, et que lui admet sa réaction. Peut-être qu’une sorte de maturité qui lui dit de lui faciliter la tâche en ne remuant pas le couteau dans la plaie. Qu’il réussisse à se le dire et à faire les parts des choses en dit long sur lui et son évolution, comme le fait qu’il pense ici plus à Eve qu’à lui-même. Callahan n’est pas plus altruiste que Eve, en soi, et ça ne l’a certainement pas fait changer, se dit-il, mais elle est une exception, parce qu’elle est particulière. Parce qu’il l’aime justement. Au fond, c’est peut-être encore un peu égoïste, mais à ce stade, il a complètement renoncé à comprendre les logiques mystérieuses qui régissent l’amour, se laissant porter – il n’a pas le courage de faire autre chose de toute façon.

Au demeurant, il ne pourrait pas faire autre chose que de se soucier de Eve lorsqu’il voit la mine de la jeune femme. Il laisse passer remontrance et négations sans prendre la mouche. Là encore il pourrait râler, dire que Eve pourrait être un peu aimable alors qu’il essaye de faire preuve d’empathie, et qu’après tout, sa proposition d’aller voir Benson n’est pas si idiote (puisqu’elle ne lui parle pas à lui, tant qu’à faire, pourquoi pas à un inconnu). Mais Callahan ne dit rien. Quand elle lui répond d’un air outré, elle a l’air un peu moins défait et puis elle a gardé sa main dans la sienne. A force, il finit par la connaitre : Eve ne sait pas faire autrement qu’être farouche, Finn le sait bien, comme ces chats étonnés eux-mêmes d’aimer les signes d’affection et caresses qu’on leur donne et qui feulent pour se donner une contenance et ne pas avoir l’air d’y céder. Il ne peut pas lui en vouloir : comment est-ce qu’on réagit à la compassion et à l’affection quand on n’a jamais appris à exprimer ce qu’on ressent ? Alors le mafieux la laisse râler, parce c’est le signe que ça marche et qu’elle y est sensible. Et quant à lui, ça lui va. « D’accord. » Souffle-t-il donc simplement sans essayer de contredire la jeune femme. Non, elle ne va pas bien et ce n’est pas gagné, mais sur le moment elle va mieux. « Ma proposition tient toujours, si tu changes d’avis. » Il allume la cigarette qui lui a tendu, se penchant un peu vers elle. « Pour ça aussi. » Il repousse la carte de visite vers elle, et répète sur un ton détaché, plantant son regard dans le sien : « Garde là. Ça ne t’engage à rien. » Comme beaucoup de choses, elle ne le fera peut-être pas. Ou elle le fera sans lui dire. Pour Finn, ça n’a pas d’importance, l’essentiel étant qu’elle en est la possibilité. Quitte à se laisser mordre pour ça – drôle de signe d’affection, mais que pourtant, il prend à sa juste valeur.

A vrai dire, s’il se soucie autant de Eve, c’est peut-être que dans un mouvement similaire au sien, ça lui évite de penser à comment il va lui. Ou comment ils vont eux, comme couple. Si bien que sa question le met instantanément au trente-sixième dessous à son tour, sans qu’il ne sache bien pourquoi. « Non, je… » Il voudrait protester et corriger et ne s’en trouve pas la force. « Laisse tomber. » Finit-il par maugréer avant de finir sa bière d’un long trait, se donnant lui aussi une contenance qu’il n’a plus. Pourtant, ça ne devrait pas l’atteindre comme ça : ce n’est pas comme si Finn découvrait que c’est fini. Mais c’est une chose de le savoir et une autre de l’affronter directement. Cela rend les choses plus réelles, surtout avec Eve en face de lui, bien présente mais incessible. Ce n’est pas non plus comme s’il avait voulu essayer de la reconquérir, mais Callahan ne peut nier qu’il avait le secret espoir, irréaliste sans doute, qu’elle veuille revenir. Essayant de faire contre mauvaise fortune bon cœur, il tire lentement sur sa cigarette, renonçant à relever les yeux vers elle. « Non, ce n’était pas ce que je voulais dire. Ni t’acculer non plus, d’ailleurs. » Il hausse les épaules, un peu déprimé, et écrase la sèche dans le cendrier devant lui, méthodiquement, parce que ça l’aide de la regarder s’éteindre sans qu’il ne sache pourquoi : « Mais ce n’est pas grave. Je ne pense pas que je puisse vraiment te reprocher de t’être trompée. Mais je sais que ça l’est. Je le savais avant de venir, je suppose, de toute façon. Je ne suis pas venu pour parler de ça. » Il reprend à manger sa tarte, et finit par relever la tête pour la regarder : « C’était plutôt par rapport à toi. Ce que tu ferais après, ce genre de choses. » Faudrait-il qu’il insiste, qu’il se batte pour la récupérer ? Le voudrait-elle ? Il n’en sait rien et n’a pas le courage de deviner. Si Eve veut revenir, se dit-il, elle reviendra, mais elle ne lui dira pas oui frontalement. Pas son genre. Haussant les épaules, il ajoute : « Ce n’est pas parce qu’on n’est plus ensemble que je vais cesser de me soucier de toi. Ça n’est pas comme ça que ça marche. » Il fronce les sourcils, se demandant lui-même d’où lui vient cette certitude – ce n’est pas comme s’il y connaissait quoi que ce soit en amour, lui non plus - avant de lâcher, un peu hésitant : « Enfin, je ne crois pas. »

Il y a un moment de silence, et puis l’acteur change soudainement de sujet. « Tu es sûre pour la tarte ? » Il ne sait plus trop quoi dire. Il lui semble qu’il a fait le tour, en réalité, et la trêve qu’ils ont conclu est si fragile qu’il préfère partir avant de prendre le risque de la briser. Le mafieux ne voudrait pas quitter son ancienne amante sur des cris. « Bon…dans ce cas, je vais peut-être payer. » Elle s’est levée lorsqu’il revient, mais elle l’a attendue. Il s’arrête devant elle, les mains dans les poches de son costume, à nouveau. « Donc…je vais y aller. Je suis content d’avoir pu te parler, en tout cas. » Mais aucun d’entre eux ne bouge. Il finit par sourire, pose une main sur sa joue dans une sorte de caresse familière, avant de souffler, comme pour se convaincre lui-même et parce qu'il sait que quoique Eve dise, elle a probablement besoin de l'entendre aussi : « Ça ira, tu verras. » Et puis, doucement : « Allez, vas-y. On part tous les deux chacun de notre côté, d’accord ? Et on ne se retourne pas. Faisons ça simplement. » Une fin sans cris, sans larmes, en gardant ce qu’ils ont de mieux. Ce serait l’idéal, si Finn arrivait à se convaincre lui-même, mais un sale gout d’inachevé lui reste, et il a mal à n’en plus pouvoir se contrôler, quoiqu’il dise.

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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeLun 19 Juil - 22:13

❝Rafael, Finn & Eve ❞K.-O. technique et sentimental
Ce n’est pas grand chose. Juste une petite carte avec le nom d’un praticien glissé sur le coin de la table avec toute la sollicitude du monde. Pourtant, ça met Eve en colère. Il faut dire que dans sa famille, la psychologie - où l’étude de l’âme littéralement - n’a jamais eu bonne presse. Pour sa mère, ancienne aristocrate déchue, il n’y a rien qu’un verre de vin ou un thé ne puisse régler. Quant à son père, il faisait encore partie de cette génération de médecins qui estimaient que tout ça n’était qu’une discipline de charlatans. Dans ces conditions, difficile pour elle de se sentir autrement que vexée en voyant la carte. La simple idée qu’elle soit jugée assez fragile que pour avoir besoin de voir quelqu’un et lui parler lui fait horreur. C’est une question d’égo et de dignité. Il faut ajouter à ça le regard plein de compassion de son ancien compagnon. Il pose sur elle un regard doux, un peu triste, comme s’il avait pitié. Peut-être est-ce le cas, mais elle ne veut pas le savoir parce que sa fierté, c’est encore tout ce qu’il lui reste.

De ça, Finn n’est probablement pas conscient. Il pense d’ailleurs faire une bonne action et si Eve n’était pas aussi butée, elle admettrait que la démarche part vraiment d’une bonne intention. C’est beaucoup lui demander à un moment où la nuance ne fait pas vraiment parler de son vocabulaire. La carte lui fait horreur et c’est uniquement parce qu’elle se refuse à lancer une autre dispute avec Finn qu’elle la prend et la fourre dans sa poche en se promettant de la détruire à la première occasion.

Quoiqu’elle n’en veuille pas, ça n’empêche pas la carte de l’obséder et elle se perd dans ses pensées. Raison pour laquelle elle interprète mal ce que lui dit Finn. Eve voit bien que sa réponse lui déplait, sa mine de trois pieds de long ne laisse pas de doute. Pour peu, elle se sentirait presque coupable. Certes, il y a eu des moments où rien ne lui aurait fait plus plaisir que de blesser Finn, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. La jeune femme n’en a tout simplement pas l’énergie. Elle se contente d’énoncer la vérité froide et cruelle qu’est celle de leur situation : ils ne sont plus rien et plus vite ils s’habitueront à l’idée, plus vite ils pourront panser leurs plaies. Loin d’afficher une mine contrite, elle a tout de même le bon ton de répondre :

- Désolé, je pensais vraiment que c’était ce que tu voulais dire. L’habitude …

Oui, l’habitude, parce que Finn n’a jamais su quand s’arrêter et pour la jeune femme, c’est presque étonnant de ne pas le voir tenter sa chance malgré les circonstances. Preuve, s’il en est, que même lui comprend la gravité de la situation et l’impasse dans laquelle ils sont. Lui faire admettre que c’est pour un mieux ? La jeune femme n’y songe pas. Elle sait à qui elle a affaire et si Callahan faisait partie des hommes raisonnables, ils n’auraient jamais partagé une relation pour commencer. Ce que ça dit d’elle qui a fini par céder ? Elle ne préfère pas y penser tant elle sait que le portrait ne serait guère flatteur.

Quant à lui, il fait preuve d’une dignité un peu forcée, mais qui la soulage. Sa réponse aurait été la même, mais elle n’aurait pas eu le courage de se lancer dans une nouvelle discussion à ce propos. A la place, il veut savoir ce qu’elle compte faire, quels sont ses plans. Ça la ferait probablement rire si elle était d’humeur. De sa part, la question n’a rien d’étonnant, après tout, faire des plans sur la comète, envisager l’avenir, refaire le monde mille fois par jour, voilà le quotidien de l’irlandais. A l’inverse, Eve avance à l’aveugle au jour le jour. Si elle sait parfaitement quelle est sa mission, elle n’a aucune idée de la façon dont les choses vont se faire au jour le jour.

- Ce que je vais faire ? Je ne sais pas. Ce que je faisais avant de te rencontrer je suppose. Ce n’est pas comme si je pouvais être précise.

Elle hausse les épaules, avec une indifférence mesurée. Quoique Finn en sache trop, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle fait et ce n’est pas maintenant qu’elle va vendre la mèche. De son côté, Eve sait qu’elle n’a pas été des plus actives dernièrement. Il faut qu’elle remette un pied à l’étrier, mais si elle est honnête avec elle-même, la jeune femme est lasse et est loin de ressentir le feu sacré qui l’animait ces dernières années.

- Ne t’inquiète pas trop pour moi,
répond-elle presque gentiment à Finn. J’ai tendance à disparaître et réapparaître selon mes besoins, tu risquerais de t’inquiéter pour rien.

Une façon comme une autre de dire qu’elle a besoin d’espace et qu’il ne doit pas s’attendre à ce qu’elle donne vraiment des nouvelles. Evidemment, il serait hypocrite de dire que du jour au lendemain elle arrêtera de se soucier de Finn, mais rester en contact ne sera bon pour personne. Alors qu’il se lève pour aller payer, elle l’attend, regardant distraitement autour d’elle les gens sans histoire simplement occupés à boire un verre. Il y a presque une pointe d’envie et de regret qu’elle supprime juste à temps. Lorsqu’il revient, elle hoche simplement la tête et offre un presque sourire avant de tourner les talons. C’est un adieu qui n’en est pas tout à fait un, elle le sait. Il y a à la fois du soulagement et de la peine dans cette fin amère. Eve se retourne une dernière fois, contemplant la silhouette de Finn qui retourne probablement au Cohan, noyer sa peine avec Rafa avant de disparaître dans la foule londonienne, aspirant elle aussi à l’oubli.

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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeMar 20 Juil - 0:29



K.-O. technique et chaos sentimental
Eve, Rafa & Finn
L’habitude, oui. Finn hoche la tête distraitement, sans chercher à contredire Eve ou à protester à propos de l’opinion qu’elle a de lui, quand bien même celle-ci n’est sur cet aspect pas très flatteuse. L’acteur est trop occupé à ne pas s’effondrer. C’est vrai qu’il aurait pu en avoir l’idée, lui-même en convient. Peut-être même que c’est ce qu’il voudrait demander, au fond. Mais c’est trop tard, elle a déjà dit non, et douché tous ses espoirs, et il n’a pas le cœur à essayer de la convaincre. Il peut comprendre le besoin de Eve de mettre un terme à tout ça et de ne plus souffrir. C’est peut-être plus facile de rester évasif et de fuir chacun de son côté. Lui-même n’aspire, à l’instant même, justement, qu’à oublier une réalité qu’il pressentait mais qu’il ne peut plus fuir et c’est comme si tout lui revenait et lui explosait de nouveau à la figure. Alors oui, il peut comprendre, et il renonce à se battre avec elle pour cela. Si cela lui épargne de souffrir, juge-t-il dans un mouvement purement altruiste rare chez lui, est-ce qu’il ne vaut pas mieux qu’il prenne tout sur lui ? Songeant à cela, il en oublie même de demander plus avant ce qu’elle compte faire, et il hoche de nouveau la tête, se satisfaisant de cette réponse un peu vague. Eve a toujours été assez mystérieuse. Avec le temps, il commence à l’accepter, ça fait partie d’elle, en dehors même de son statut d’espionne. Callahan songe d’ailleurs, à propos de lui-même, qu’il est bien triste que lui qui est plutôt bon observateur de la nature humaine ait mis autant de temps pour s’en rendre compte. Finalement, c’est peut-être rassurant qu’elle ne change pas. Alors, peu à peu, il se fait à l’idée et se compose une mine assez digne pour parler, reprenant même à son tour, comme s’il avait besoin de le dire lui aussi pour l’accepter, l’idée que c’est fini, voulant montrer qu’il peut continuer à se préoccuper de son sort et qu’elle compte tout de même malgré tout. Il doit avoir une sale tête, songe le mafieux, pour qu’elle en vienne presque à le rassurer. Et il ne sait pas si c’est ça ou le petit discours de Eve, mais une ombre de sourire apparait sur ses lèvres : « Je sais. » Conscient qu’il faut qu’il s’explique, il ajoute de façon un peu amusée, ce qui finalement est un genre de réponse du berger à la bergère, sans pourtant qu’il n’ait pour objectif de moucher Eve : « Tu as toujours été un genre de courant d’air. A force, je commence à avoir l’habitude. » A vrai dire, un observateur attentif constaterait même que le sourire s’est presque fait attendri. Oui, un courant d’air, pense-t-il. Ça lui va bien, de conserver cette image là. Sortant de cette quasi-rêverie, Finn conclut : « Peu importe. Comme je disais, tu sais où me trouver si jamais tu en en as besoin. »

Et puis c’est l’heure du départ. Tout va trop vite ; tout est fini sans que Finn ne s’en rende même compte. Eve a déjà tourné les talons. Il reste, un moment, à la regarder s’éloigner, essayant de graver ce demi-sourire en forme d’adieu dans sa mémoire, se demandant avec angoisse si il la reverra. Sans doute, car à ce stade, leurs destins sont trop liés pour imaginer qu’ils n’entendront plus jamais parler l’un de l’autre. Mais ce ne sera plus pareil, et l’acteur se demande s’il n’aurait pas fallu conclure cette histoire autrement. Il aurait du la prendre dans ses bras, respirer une dernière fois son parfum pour le graver dans sa mémoire, ou l’embrasser. Parce qu’il ne veut pas être le dernier parti et parce qu’il ne partira jamais s’il ne se met pas en mouvement, Finn finit par tourner les talons et reprendre le chemin du Cohan sans un regard en arrière. Il ne s'aperçoit donc pas que Eve, elle aussi, s'est retournée pour le regarder - alors même qu'il aurait été bien moins désespéré s'il l'avait vu.

Quand il franchit la porte du pub, l’acteur est de fort mauvaise humeur. Il aspire essentiellement à ce qu’on le laisse en paix. Il a chaud d’avoir déambulé sous le soleil, est fatigué et essoufflé par le chemin parcouru, il a (encore) faim, et sa mâchoire le lance douloureusement là où Rafa a frappé. Ajoutés à une déprime et une morosité grandissante, ayant eu le temps de ruminer la conversation, tous les ingrédients sont réunis pour que Liam se fasse recevoir lorsqu’il lui demande s’il a vu la patronne : « Je t’en pose, des questions, moi ? Passe une Guinness, plutôt, puis un truc à manger. » Râle le patron en se laissant tomber dans une banquette, au fond du bar. « Et de la glace, tant que t’y es. » Habitué à faire le dos rond, le barman se contente de lui apporter ce qu’il demande. Un peu plus poliment, mais à peine, Callahan ajoute d’un ton bourru lorsqu’il lui amène une part de tarte : « Rafa est pas dans le coin ? Bon, tant pis. Ah, et tu dis aux gars de foutre la paix à Eve si elle repasse. Sauf si c’est moi qui le demande explicitement, ok ? »

C’est enfoncé dans sa banquette, deux parts de tartes et une nouvelle bière plus tard, que Rafa le trouve, appuyant la glace contre son menton et l’air passablement déprimé. « Tiens, te revoilà, toi. Comment ça s’est passé, alors ? » Même l’amourette de son second ne lui remonte pas vraiment le moral, alors qu’en ce moment, elle est sa principale source de distraction. Il invite cependant O’Riordan à s’assoir d’un signe de tête plutôt amical, avant de murmurer : « Me demande pas à moi. C’est fini. Bon, je suppose que je le savais. Mais ça m’emmerde. » Rien qu’à voir sa tête, Rafa pouvait le deviner aussi et Finn n’avait pas vraiment besoin de le dire. Il se parle en fait plutôt à lui-même. Cependant, il s’aperçoit soudain de la tête de son second, et finit par l’interroger, intrigué, par-dessus sa bière : « T’en tires, une gueule. C’est à cause d’elle, ou c’est ma tronche à moi ? »

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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeVen 27 Aoû - 22:30

K.-O. technique et chaos sentimentalFinn, Eve & Rafa

Quitter le Chaudron Baveur, enquiller Charing Cross Road, et retrouver le métro et son agitation familière. Ce même bon vieux Tube qu’il a fait découvrir à Robin, le premier jour. Tout, où que Rafa pose les yeux, tout lui rappelle son absence. Le marchand de fleurs auquel il a acheté le bouquet, il y a une éternité. Le guichet du vendeur de tickets. Le plan du métro affiché au mur, qu’elle a contemplé un moment avec des yeux ronds.

Tout est mieux comme ça, songe-t-il en marchant lentement, d’une démarche d’automate. Chacun chez soi, les sorciers avec les sorciers, les moldus avec les moldus. De toute façon, où ça allait, cette histoire ? Tu te vois : vingt-six ans et casé comme un pigeon, à te réveiller tous les matins à côté de la même femme ? Ce n’est pas pour toi, ça. Rafa a souvent imaginé la bande de Callahan comme l’équipage d’un navire pirate, et ça ne va pas franchement au teint à un pirate, la vie de couple. Une femme dans chaque port, voilà leur lot. C’est mieux comme ça. Pour toi, pour elle, pour tout le monde.

Rafael est parti sans se retourner, comme le bon salopard qu’il sait être, mais il déteste l’idée d’avoir fait souffrir Robin. Dans sa tête vont et viennent les phrases qu’il aurait pu prononcer pour s’expliquer, pour être moins cassant. Des regrets. Pas sa bière habituelle, ça. Et puis, par moments, la colère remonte lorsqu’il l’allusion perfide à l’épisode du lac revient au premier plan. Dire qu’il avait même envisagé de lui raconter, qu’elle sache d’où lui vient sa détestation du monde sorcier ! Heureusement qu’il n’a rien dit, pense-t-il avec soulagement, sans se douter que cela aurait pu les aider à se comprendre. Comment pourrait-elle réaliser tout ce que son attitude a de blessant, d’involontairement blessant, sans connaître cette histoire ? Comment aurait-elle pu se douter qu’en présentant Rafa comme une vague connaissance, elle ravivait une blessure ancienne, une certitude d’être de trop dans ce monde ?

Peu importe. Elle n’avait qu’à savoir, décrète-t-il furieusement en poussant la porte du Cohan où ses pas lents l’ont finalement ramené. En entrant, il jette un regard féroce autour de lui, comme pour défier quiconque de venir l’emmerder ; une victime, c’est tout ce qui lui manque. Mais personne ne s’avise de se mettre sur son chemin. On connaît trop bien sa tronche des mauvais jours pour ne pas flairer à cent pas l’avertissement muet. Ne lui reste qu’à rejoindre le patron, qui lui semblerait, s’il avait vu sa tête, un fidèle reflet de lui-même. Rafa s’affale sur la banquette, sans répondre à la question de Callahan. Si ça s’est bien passé ? Un vrai bonheur. Machinalement, il allume une énième cigarette, et se permet une tape sur l’épaule de Finn qui lui annonce qu’avec Eve, c’est fini. Ça aussi, s’il faut être franc, c’est mieux comme ça - mais allez dire ça à un mec aussi manifestement désespéré ! Incapable, dans un premier temps, de parler de son rendez-vous lamentable avec Robin, Rafa tente une manœuvre dilatoire en s’intéressant à la mâchoire de Callahan :


-Faites voir ça, patron ? oh, merde, c’est bleu. J’suis désolé, vraiment.

Et puis comme il ne peut pas jouer l’infirmière indéfiniment, il finit par cracher sa pilule :

-Moi aussi, c’est fini.

Fou comme ces quelques mots, si insignifiants, peuvent être pénibles à prononcer, même pour un type comme Rafa qui n’a pas sa langue dans sa poche. Comme au Chaudron Baveur, il prend quelques instants sa tête dans ses mains, comme si ça pouvait aider à assimiler la nouvelle. C’est fini, bordel. Ça veut dire qu’il n’y aura plus ces petits rendez-vous qui faisaient passer plus vite les leçons de transplanage - mais y aura-t-il d’autres leçons de transplanage, d’ailleurs ? Rafael n’est pas très sûr de vouloir remettre un pied chez les sorciers, surtout si c’est pour risquer de croiser Robin. Sentant le regard de Callahan posé sur lui, il lâche :

-On a croisé son père, elle m’a présenté comme une simple relation professionnelle. Qu’est-ce que vous auriez fait, vous, patron ? Je lui ai dit que si elle avait honte de moi, valait mieux qu’on en reste là. Liam, deux Guinness, s’il te plaît.

En attendant les bières, Rafa fouille ses poches à la recherche de ses cigarettes, trouve un paquet vide qu’il froisse furieusement, et finit par se servir dans celui que le patron a laissé sur la table, avant de poursuivre d’une voix sourde :

-Elle m’avait déjà fait un coup un peu du même genre l’autre fois. On était tombé sur un ami à elle, une tête de con soit dit en passant, et là elle avait juste dit que j’étais un ancien camarade d’école. Bref, ça commence à faire beaucoup. J’avais un peu l’impression d’encombrer, voyez ? De toute façon, c’est mieux comme ça. Merci, Liam. Allez, à la bonne vôtre, patron.

Il attend que le barman se soit éloigné pour ajouter à voix basse :

-Les sorciers avec les sorciers, les gens normaux avec les gens normaux. J’ai pas raison ?

Ce n’est certainement pas Callahan, avec sa tronche d’enterrement, qui va dire le contraire. La seule objection qu’on pourrait faire à ce raisonnement, finalement, c’est que l’appartenance de Finn et de son second à la catégorie des gens normaux ne saute pas aux yeux.


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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeLun 30 Aoû - 0:08



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Eve, Rafa & Finn
Oublie, lui souffle une voix, alors qu’il reste assis là, au Cohan, à manger lentement sa tourte et à encaisser le choc. Oublie. C’est mieux comme ça. Eve a raison. Finn est sans doute fatigué de se battre, comme elle, ça n’en vaut pas le coup, ils ne savent faire que ça. Et le mafieux a beau bien vouloir admettre que Eve ne lui fera jamais de mal, il ne peut pas faire confiance à sa hiérarchie, et ça n’a pas changé. Ça finirait par lui attirer des problèmes, et aux gens du Cohan, aussi, et il ne peut pas se le permettre : c’est son rôle de veiller sur eux, après tout. Et puis, il ne faut pas croire, ça attirerait des ennuis à Eve aussi : oui, sans doute, c’était une mauvaise idée, depuis le début. Et c’est mieux comme ça, même pour elle, s’il l’aime c’est bien la meilleure chose à faire que de la laisser partir.

Autant dire que ça ne va pas fort, alors qu’il essaye de s’en convaincre. . Ça doit se voir, en témoigne la tape amicale que lui adresse Rafa, qui tire un regard étonné à son patron. Est-ce qu’il a l’air d’aller si mal que ça ? Ou c’est juste sa blessure qui lui donne l’air particulièrement pitoyable ? « Ah, laisse. C’est rien, je t’ai dit, je t'en veux pas. Pas comme si c’était le pire que j’ai eu à encaisser aujourd’hui. » Non, certainement pas. Ce qui fait le plus mal, c’est d’essayer de se convaincre de s’en tenir à l’attitude de dignité un peu forcée, laissant Eve partir, qu’il s’est astreint à prendre. Mais voilà, Callahan a beau dire : ce n’est pas ce qu’il voulait. Ce n’est toujours pas ce qu’il veut. Il a toujours eu la conviction que la loi, les règles, et toutes les conséquences qui suivent en général les décisions difficiles qu’on prend étaient pour les autres. Lui, il s’est toujours joué de ça, et il pensait que ça marcherait cette fois-ci aussi. Finn a presque envie de se moquer de lui-même : il y avait une vraie raison pour laquelle il s’est toujours refusé à se laisser aller à des sentiments. Ce n’était pas que de la frime, une attitude un peu romantique liée à la haute estime qu’il a de lui-même, pirate, voleur, gitan, aventurier, plus riche et plus malin que les autres. Non, il savait très bien ce qu’il risquait et qu’il se passerait la même chose que d’habitude. Il en a l’expérience. C’était le cas avec son père. Avec Rory, aussi. Chercher l’amour et faire des sacrifices, ça finit toujours en blessure. Les gens partent. Ça ne sert à rien d’essayer. Ça finit toujours pareil. Et pourtant, il l’a fait. A croire qu’il aime se prétendre blessé et répondre tout de même à l’appel du couteau. Benson aurait probablement un truc à dire, là-dessus. Comme sur l’amour, d’ailleurs, qu’il distinguait de la stabilité : conneries ! songe le mafieux. Il a joué et il a perdu, voilà tout, il n’y a rien à dire d’autres – Love is a losing game, comme chantait Florence l’autre fois. Il n’aurait pas du tenter le coup : peut-être qu’il serait passé à côté de quelque chose, mais il souffrirait moins maintenant, et il ne serait pas en train de méditer, malgré lui, à divers moyens pour récupérer Eve. Ça le rend erratique. Et il est terrifié à l’idée de se retrouver seul, d’avoir perdu ça définitivement. Voilà ce qu’il s’était épargné jusqu’à là : d’avoir quelque chose qui risquerait de le faire dérailler. Maintenant que c’est là, qu'il connait le sentiment de plénitude qu'est l'amour, ça lui manque et c’est ça qui fait le plus mal ; ill ne pouvait pas envier ce qu'il ne connaissait pas, mais maintenant, c'est une autre sauce...

Le moins qu’on puisse dire, cependant, c’est qu’il n’est pas le seul à être déprimé. « Oh. » Souffle-t-il seulement, surpris, quand il finit par avoir le fin mot de l’histoire et pas comprendre pourquoi Rafa fait la gueule – du moins plus qu’à son habitude. La réaction de Callahan parait pauvre, pourtant, il écoute attentivement et compatit sincèrement. Curieusement, il n’aurait jamais pensé qu’il pouvait arriver à son second la même chose qu’à lui. Rafa a les pieds sur terre, et Robin, dont il a fini par apprendre le nom, eh bien…ça avait l’air d’une fille plutôt gentille. Ils avaient un truc simple et sans soucis, du point de vue de Finn, un truc qui devait marcher, et qui curieusement, le rassurait un peu. Eve et lui, c’est compliqué, mais ils sont compliqué : il s’est dit que pour les autres, forcément, ça devait mieux marcher, et que Rafa s’en tirerait mieux que lui. Il le méritait, et puis au fond…c’est un gentil garçon. Et voilà que ledit Rafa se prend la tête dans la main, semblant au comble du désespoir. Est-ce qu’il ressemblait à ça, lui ? C’est donc ça, que ça fait, la rupture amoureuse, si mal à ce point ? Oui, bien sûr, ça a ce pouvoir là, songe le mafieux. C’est ça qu’il essayait d’éviter, et qu’il n’a pas réussi à faire. Il a même fait pire en pleurant en public, lui souffle un coin de son esprit, Rafa est sacrément plus digne que lui.

S’allumant à son tour une cigarette, il fait un signe au barman :  « Oublie la Guinness, Liam. On va passer directement au whisky. » A situation désespérée, mesures désespérée : Callahan juge que c’est à la hauteur. Surtout vu ce qu’il entend. Il se sent étrangement triste pour Rafa, pas seulement à cause de la rupture, mais aussi à cause de la manière dont celle-ci s’est déroulée. Parce qu’il sait, lui, contrairement à Robin, ce que tout ça lui rappelle et le désespoir que ça a du lui causer parce que tout recommençait. Il hait la violence des sorciers envers ceux qui sont différents d’eux, et pour Finn, il n’y a pas de différence entre ceux qui ont un jour balancé Rafa dans le lac de Poudlard et un type comme Rory. Il n’a pas non plus la moindre compassion pour ceux qui haïssent les nés-moldus et le leur font simplement sentir par les paroles, ou qui cachent leur jeu et finalement en reviennent au même mépris. « Ben merde, alors. Ça avait l’air d’être une fille bien, pourtant, de ce que tu m’en disais. Mais si c’est ça, non, t’as rien perdu. Ils se valent bien tous… » Peut-être devrait-il demander des détails, mais il risquerait de devenir insultant envers cette fille, et si Rafa réagit comme lui, il risquerait quand même de mordre malgré les coups bas qu’il s’est pris. Pourtant, Finn gagnerait peut-être à insister : en fait, tout le monde y gagnerait peut-être, parce que s’il avait les détails, Callahan se rendrait peut-être compte qu’il y a anguille sous roche là-dessous, un problème de communication pas si difficile à résoudre. Peut-être.

Mais trop tard. Rafa est déjà passé à autre chose, et lui…lui, il est dans un sale état, et pas vraiment d’humeur. « Ouais, je suppose. Je sais pas si ça me console vraiment, mais ouais, c’est peut-être mieux. » Mais Eve n’est pas normale, pas plus que lui – normal, c’est d’un chiant et d’un commun, comme tous ces buffers sans roulotte qui ne pourront jamais partir de leur vie si elle devient trop pénible - et puis…ça ne le console pas. Au contraire. Il se prend même à soupirer : « Je sais pas si ça passe. Toi c’est pas ta faute, mais moi, eh…c’est moi qui ait tout foiré. Elle m’a dit ça, que c’était fini, et puis qu’est-ce que tu voulais que je dise ? Je sais qu’elle a raison. Mais putain… » Il a tout foiré, et voilà que ça le reprend. La pensée qu’ils sont deux à traverser cette épreuve là, ça ne le console pas non plus. Ça fait mal, c’est tout. Il vide d’un trait son whiskey quand Liam le pose devant lui, avant de tirer une bouffée de tabac. La pensée de Eve n’est pas éteinte, même pas mise à distance – peut-être parce contrairement à Rafa, il sait que ce n’est pas vraiment fini, qu’ils auront encore des choses à se dire. Peut-être parce que si elle était moins épuisée Eve aurait eu une réaction différente, l’acteur en est convaincu. Peut-être parce qu’il suffirait d’un rien pour qu’il change d’avis et se précipite dehors pour partir à sa recherche. Un autre verre peut-être.

Pour l’instant, son esprit vagabonde et passe à autre chose, revient à Rafael et il grogne avec une sollicitude bourrue, avant de lui taper à son tour sur l’épaule.  « J’aurais pas du t’envoyer là-bas. Désolé. Pas comme si je savais pas quels cons les sorciers peuvent être. » Il s’en veut, oui. Car il est bien placé pour parler des enfances où on souffre et où on hait. Il sait que parfois on oublie un peu le déroulé des événements, mais jamais le sentiment que ça laisse. La rage et l’envie de revanche vous poursuivent longtemps. Et un jour, on n’y pense plus, et ça revient. Et c’est vers ça qu’il a envoyé Rafa en le poussant à draguer Robin. Bien intentionné, sans doute, mais vers ça tout de même.  « Tu veux retourner au club ? J’ai rien à faire du reste de l’après-midi, et on va pas se laisser abattre, si ? Tu me dois un round, de toute façon. On va pas en rester là, si ? » Et puis, avec fierté, comme pour s’en convaincre, il lance, un brin plus machiste qu’il n’est vraiment, ce qui est un exploit tant ils le sont tous, clichés des années 40 et de leur milieu : « Pas comme si on avait besoin d’elles, de toute façon. On s’est toujours débrouillés sans, elles peuvent pas nous avoir comme ça. » Il ne s’est pas retourné en partant, se rassure-t-il, donc ce qu’il est vrai. Pas cette fois là, lui souffle cependant une voix goguenarde dans son esprit, loin, elle aussi tenue à distance par l’alcool.

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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeLun 6 Sep - 10:41

K.-O. technique et chaos sentimentalFinn, Eve & Rafa

Sûr que c’est mieux comme ça. Il suffit de s’en convaincre. Ça prendra vraisemblablement un peu de temps, mais Rafa finira par être content d’être libre. Évidemment, pour le moment, ce n’est pas trop ça. Il a plutôt l’impression d’avoir pris quelque chose de salement lourd sur le coin de la gueule et d’avoir du mal à se réveiller. Un peu comme le pain qu’il a collé au patron, au club, tout à l’heure. Sauf que le KO risque de durer bien au-delà des dix secondes décomptées par l’arbitre. Peut-être pour toujours, souffle une voix enfantine dans la tête du second.

Non. C’est juste le temps de digérer, décide-t-il en secouant la tête comme pour se réveiller. C’est l’onde de choc, comme après n’importe quel coup. Demain il n’y paraîtra plus. Ou après-demain. Ou…

La présence du patron lui rappelle désagréablement que ça peut durer beaucoup plus longtemps. Depuis combien de temps Callahan se débat-il dans cette fin d’histoire qui n’en finit pas avec Eve, déjà ? Encore que là, il ne se débat plus guère, le pauvre vieux. Ils doivent avoir l’air de deux types assommés, complètement hébétés, en train de se raconter leurs malheurs. Liam semble sur le point de leur dire quelque chose lorsqu’il vient déposer les verres devant eux - c’est qu’il a de l’expérience, Cohan, du haut de ses cinquante et quelques piges, il pourrait être leur père, à ces deux-là - mais il se ravise et s’éloigne en soupirant. Qu’est-ce que tu veux faire ? Ces machins-là, c’est comme des brûlures. Tu peux bien raconter que toi aussi, un jour, tu t’es méchamment brûlé, ça ne change rien à la douleur de l’autre. Faut juste que ça cicatrise. Et pour ça, il n’y a que le temps. Contrairement à Finn qui a avalé son whiskey d’une traite, Rafa fait tourner le sien dans son verre sans y toucher, fasciné, en apparence, par le mouvement de l’alcool. C’est mieux comme ça. De toute façon, ça allait où, cette histoire ? Se balader main dans la main, s’embrasser sous les portes cochères, jouer au gentil petit couple, c’était agréable mais tu savais très bien que c’était une impasse. C’est une sorcière, une juriste, et toi, tu es un voyou et tu ne peux pas encadrer les sorciers. C’était même idiot de faire durer ce flirt en sachant que ça allait forcément finir comme ça.

Et Callahan, pour ne rien arranger, se sent responsable. Ce serait vraiment pousser mémé dans les orties que de lui imputer ce fiasco. Rafa hausse les épaules, répond très honnêtement :


-J’avais pas besoin que vous m’y envoyiez, hein, patron. J’y serais allé sans ça. Je suis largement capable de faire mes conneries tout seul, essaie-t-il de plaisanter.

Il n’a pas attendu les conseils de Finn pour accepter de revoir Robin, après avoir échangé trois mots dans un couloir du Ministère. Il s’est lancé tout seul comme un grand dans une histoire qu’il savait impossible, et ce ne serait pas correct de se décharger sur le patron de cette responsabilité. Soucieux de franchise, il ajoute cependant :


-Par contre, avec votre permission, je vais faire une pause sur les leçons de transplanage, hein. Pas vraiment envie de la recroiser, et elle traîne régulièrement au ministère. Tiens, je sais plus si je vous avais dit, son oncle est le dirlo de la police magique. Rien que ça, j’aurais dû me barrer en courant.

Il trempe enfin les lèvres dans son whiskey, retrouvant la brûlure familière, à la fois réconfortante et un peu acide. Comme sa cigarette est presque entièrement consumée, il en allume directement une autre avant d’écraser le mégot, et considère sans enthousiasme la proposition de retourner boxer.


--Si ça vous dit, pourquoi pas. Mais on va avoir l’air d’une paire de cons si on y retourne, patron. Tout le monde vous a vu partir avec Eve, et ils ont tous entendu que j’allais retrouver une fille aussi.

Il n’a pas pu se résoudre à prononcer le prénom de Robin, comme pour une personne récemment décédée dont le simple nom est un rappel triste de sa perte.


--Si on repart boxer, on s’affiche comme deux losers, si vous voulez mon avis. En restant là, on peut monter dans votre bureau et ils ne se feront pas d’idées. Ils se diront qu’on a du boulot. Après, si vous y tenez, à votre revanche…

Il hausse les épaules pour indiquer qu’en fait, il s’en fout. Rester là à se mettre minables, aller se faire un combat, et même aller reluquer les tableaux à la con d’un musée si c’est ce qui botte le patron, tout lui est égal, à Rafa. Il a juste envie que ce soit enfin l’heure d’aller dormir, et puis se réveiller demain en se rendant compte qu’il a simplement rêvé.


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CRACMOL
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Message#Sujet: Re: K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa   K.-O. technique et chaos sentimental + Eve & Rafa Icon_minitimeVen 10 Sep - 0:45



K.-O. technique et chaos sentimental
Eve, Rafa & Finn
Finn vide un verre. Et un autre, quand Liam le lui apporte. Il prend de l’avance sur Rafa, sans doute, mais il a toujours été celui qui tenait le mieux l’alcool, et honnêtement ça ne lui fait pas grand chose : c’est juste une habitude, un début de consolation, un artifice. Il a envie de se mettre minable, en vrac, d’avoir une vraie raison pour se sentir mal, demain : un dérivatif, en fait, à la douleur qu’il ressent maintenant. Surtout, il veut pouvoir fermer les yeux et oublier. Il donnerait n’importe pour ne plus se sentir de la façon dont il se sent – vide et pathétique. Est-ce que Eve se sent comme ça ? Et cette fille, Robin ? Secrètement, et même si c’est égoïste, il espère que oui. En fait, ce qu’il espère surtout, c’est que la pensée de sa personne traversera au moins de temps celle de son ancienne amante, pour ne pas se sentir pathétique parce lui, quoiqu’il essaye de faire autrement, pense tout le temps à elle. Aucun palliatif, pas même le whiskey qu’il ingère à présent, ne marchera vraiment, Callahan le sait : bientôt, il sera 2 heures du matin, comme il pensait à elle à 6 heures ce matin, comme il pensera à elle demain, en se remettant de sa cuite à venir, quoiqu’il fasse. Ni les verres qu’il enchaine, ni les cigarettes qu’il fume ne l’aideront à l’oublier. Il le sait, aimerait dire à Rafa que pour lui ce sera différent. Qu’ils oublieront et en riront un jour, parce que tout semble plus léger et plus drôle, rétrospectivement. Finn a toujours cru que - et vécu comme si – tout était temporaire, que tout passait. Mais pas ça, apparemment. Et il regrette, vraiment, d’avoir poussé Rafa là-dedans, quoique son second lui dise qu’il en a eu l’idée tout seul et que ce sont ses propres conneries. « Ouais, mais j’aurais pas du t’envoyer apprendre à transplaner, ce genre de trucs. » Grogne-t-il quand même, pour la forme, avant d’ajouter : « Mais je sais bien. Ça prend par surprise et puis elles te tournent la tête, et t’oublies toute rationalité. Je connais. »

Une erreur, vu le bordel que ça a mis dans sa vie. A croire qu’ils ne sont vraiment pas fait pour ça et qu’il vaut mieux qu’ils soient seuls – à s’épargner cette saloperie de douleur. Mais ça n’arrivera pas. Dire qu’elles sont venues, parties, et que rien n’a changé – parce que c’est vrai : le Cohan est toujours là, l’univers continue de tourner, eux-mêmes n’ont pas changé. Pourtant, dans son cas, la sensation d’être seul le marque cruellement. Il a toujours prétendu qu’il s’en moquait et que c’était un choix, mais ce n’est pas vrai. Personne n’aime vraiment être seul. Personne ne le choisit volontairement. Même pas lui, et pourtant Callahan est doué pour s’illusionner. Mais au fond, il est comme tout le monde : au fond, il n’y a pas une seule âme, en ce monde, qui ne maintienne pas deux listes de croyances séparées : celles auxquelles on pense croire, et celles auxquelles on croit vraiment.

Et donc, pour eux deux, tout l’enjeu, c’est de retourner à une croyance acceptable : celles qu’ils maitrisent la situation ; qu’ils ne sont pas affectés ; que tout ça est leur choix. Parce que sinon, il devrait assumer la vérité : que peu importe à quel point c’est irrationnel, tout ce qu’il veut, c’est revoir Eve. Même s’il est d’accord pour lui ficher la paix. Même sur le moment, il est trop épuisé pour ne pas vouloir un peu de paix – sauf qu’il ne l’a pas, ce n’est pas si simple, parce qu’il se débat avec lui-même, justement. Alors, évidemment, compatissant, il acquiesce à ce que dit son second, qui ne veut plus foutre les pieds côté sorcier. Encore plus parce que lui aussi semble s’être trouvé une vraie raison, tenant à leur survie, de le faire. Écarquillant les yeux de surprise au dessus de son verre, l’acteur lâche : « Vache, le big boss, rien que ça ? Faudra y faire gaffe, à lui, quand même, même s’il sait rien, hein ? On sait jamais… » Ce n’est qu’un conseil, pas une réprimande : il sait bien que Rafa n’aurait jamais révélé quoique ce soit de compromettant sur eux, mais on ne sait jamais. La paranoïa est bien souvent leur meilleur moyen de survie, même si, là encore, Finn ne peut pas vraiment donner de leçon. « Pas moi qui te ferait des reproches. Je pourrais pas, vues les conneries que j’ai fait… » Oui, lui-même s’est laissé avoir. Pas par Eve. Les mensonges de Ludovico dispersés, il est revenu à sa conviction première : que jamais elle ne lui ferait de mal. Mais sa hiérarchie ? Il ne sait pas. Tant qu’ils ne savent rien, ils auront la paix : autant dire que ça aussi, ça signifie qu’il ne faut plus revoir Eve.

Essayant d’oublier à la fois sa tristesse et la tentation que ça représente, et puis d’épauler un peu son second, qui lui fait de la peine, tant il a l’air abattu – plus que lui, tiens, si c’est possible, il lui semble. Paradoxalement, sa réponse lui tirerait presque un rire, pourtant, mais un rire amer, pas vraiment joyeux, au contraire. « C’est pas ce qu’on est, des losers ? » A-t-il presque envie de dire. Mais il ne veut pas remuer le couteau dans la plaie, ni, au fond, s’humilier une nouvelle fois devant ses hommes – c’est bien pour ça qu’il a emmené Eve ailleurs, non ? - alors il se contente de hausser les épaules : « Ouais, t’as peut-être raison. On va monter. » Le truc, c’est qu’il faut bien faire quelque chose, ils ne peuvent pas rester comme ça. Mais quoi ? Si on saute l’étape boxe, Finn opte assurément pour une beuverie en règle. Juste histoire de s’assommer proprement, en se disant que demain est un autre jour, même s’ils n’y croient pas vraiment. Le reste ? Le reste, ça se perd dans le whiskey et les chansons irlandaises – de plus en plus lentes et fausses - qu’ils enchainent à mesure qu’ils boivent, comme ce qu’il finit par dire avec une sorte de sagesse toute avinée : « Quelle saloperie, l’amour, quand même. Je te cramerai bien le mec qui a inventé ça, ça lui passerait peut être l’envie de faire le malin et de se foutre de notre gueule. »



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