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 La ballade du pendu + Eve & Rafa

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeJeu 25 Nov - 0:35



La ballade du pendu
Eve, Rafa & Finn
C’est jour de marché à Kilburn, où Finnegan et Rafael ont emmené Santina faire ses courses, et maintenant ils en reviennent. Callahan débite avec son enthousiasme habituel ordres et commentaires pour son second, qui conduit. C’est qu’il est bien plus heureux maintenant que Rafa est revenu, et qu’il a déjà une soirée ou deux de réservées pour diner avec Eve, même s’il ne sait toujours pas bien ce qu’il va lui dire. « Ce type qui proposait des paris sur les lévriers là, on le connait pas, j’ai pas rêvé ? T’essaies de me régler ça dans l’après-midi pendant que je suis au Gaumont ? J'emmène Santina. Pas méchamment, hein, Rafa, Kathy O’Neill m’a dit que c’était un gamin qui venait de débarquer de Belfast, dis-lui seulement de se mettre en règle. Enfin, ça attendra après déjeuner, j’espère que Liam a fait sa tourte…qu’est-ce qu’il fout en travers de la route, celui-là ? »

La dernière question est adressée à Rafa, alors que Santina continue paisiblement à tricoter, et concerne une grosse berline noire qui bloque effectivement la rue devant eux. Ça pue le traquenard, et Finn ne le comprend que trop tard. Avant qu’il n’ait eu le temps d’analyser la situation, Vitaly, le second de Chouvalov, et Mikhail, qui sert parfois d'intermédiaires dans les affaires des deux clans, sont déjà sortis et sur eux. « Recule, putain, Rafa ! » C’est la seule chose à faire, mais là encore, c’est trop tard : la portière s’ouvre violemment et on le chope par le col pour le sortir manu militari de la Bentley. « Tirez-vous, bon Dieu ! » Si lui ne s’en sort pas, il refuse d’entrainer Rafa et Santina là-dedans.  Callahan grogne et rue, cherche à se saisir d’une arme, n’importe laquelle : son Beretta, c’est injouable, mais si seulement il pouvait choper son cran d’arrêt ! Il y est presque, mais Vitaly est plus rapide. le couteau vole en même temps qu’il se prend un coup magistral en pleine poire, qui l’envoie sur le bitume, sonné.

Du coin de l’œil, il voit, à l’horizontale, Rafa qui se débat avec Mikhail, qui finit par avoir le dessus. Du sang lui coule dans les yeux et dans la bouche – ce crétin lui a manifestement éclaté l’arcade sourcilière. Curieusement, les russes semblent avoir plus de mal avec Santina, qui les tance, indignée, et pas du tout impressionnée par ce qui ressemble à un kidnapping : « Une vieille dame, vous osez vous en prendre à une vieille dame, vous n’avez pas honte, prenez ça et ça ! Finnegan ne vous laissera pas faire ! » Aux cris de douleurs qu’il entend, ledit Finnegan comprend que Santina a allégrement entrepris de donner des coups de parapluie ou de sac à main aux hommes de Chouvalov, qui ne savent pas quoi en faire et finissent par décider de l'embarquer elle aussi, sans que Callahan lui même ne puisse rien faire.

Maladroitement, le mafieux essaye tant bien que mal de se relever,  mais il peine à trouver son équilibre et s’écrase presque sur Vitaly, qui en profite pour le coller dans la voiture. Il essaye de se libérer, mais les russes n’ont même pas besoin de le tirer en arrière et de le rassoir qu’il le fait avec un grognement de douleur. Le lieutenant de Chouvalov lui a claqué la lourde portière sur la main et il doit se retenir pour ne pas hurler.

Et puis la voiture démarre. On ne leur a pas bandé les yeux ni attaché les mains. C'est que, à part Santina à qui on a fait l’honneur de la place du mort à côté du chauffeur, ils sont solidement encadrés par leurs assaillants, de toute façon. Ça arrange Finn, qui a le loisir de serrer avec une grimace sa main blessée, essayant d’évaluer si ses doigts sont cassés ou non. Un bruit de moteur, derrière eux, l’informe que ces connards ont volé sa Bentley. L’enlèvement n’a donc laissé aucune trace, et comme tout le monde est encore au marché, personne ne viendra les chercher.

De quoi sévèrement paniquer. Pourtant, Finn jette un regard qui se veut rassurant à Rafa, en face de lui. Il ne comprend pas bien ce qu’il se passe, mais si les russes avaient voulu les tuer, ce serait déjà fait. Pas besoin non plus d’être grand clerc pour comprendre qu’on les emmène voir le chef. Pourquoi ? Il a bien l’idée que ça a un rapport avec Eve, même s’il pensait que comme Chouvalov n’était pas intervenu, mis à part pour faire protéger sa nièce à l’hôpital, c’était une affaire réglée, ou du moins, qu’il leur ficherait une paix relative, parce qu’il n’irait pas, par exemple, lui reparler de leur accord pour les chevaux…

Effectivement, l'acteur reconnait la route, et la grande maison de Chouvalov. On les fait descendre. Grimaçant encore à cause de sa main, Callahan a juste le temps de souffler à son second, dans l’agitation : « T’inquiète pas, ils vont pas nous tuer, j’ai dans l’idée que Chouvalov veut surtout régler ses comptes avec moi. Tu me laisses parler et ça ira… » En réalité, il est moins sûr de lui lorsqu’on le traine au salon, et il a plutôt l’impression de se liquéfier sur place en attendant le maitre des lieux. La voix de Nikolai l’annonce avant même qu’il n’entre, mais il a l’air furieux des explications que Vitaly, parti le retrouver alors que Callahan méditait un moyen de lui rendre ses coups, lui donne : « Oui, d’accord, j’avais dit tout le monde, mais enfin, on ne va pas enlever les vieilles dames…Noushka, qui est cette femme ? Tu ne vas pas encore mettre de la mauvaise volonté à me répondre, si ? Ou tu ne sais pas ? Tu devrais au moins savoir ça, ça prouve bien qu’on ne peut pas leur faire confiance si tu ne connais pas tout le monde. » Noushka ? Callahan relève brusquement la tête. Eve est là ? Alors tout n’est pas perdu, elle va pouvoir arranger ça, pas vrai ? Elle ne peut pas être complice de ça. Il ne peut pas s’empêcher de sourire avec soulagement quand il croise son regard, même si ça se traduit par une nouvelle grimace, cette fois à cause de son arcade douloureuse, oubliant un instant son oncle, qui lui, le dévisage avec l’air furieux. Il doit avoir l’air piteux, mais il s’en moque, Eve est bien là, et c’est déjà ça.

Néanmoins, cette inattention est un mauvais signal, car elle donne le loisir à Santina de parler au maitre des lieux, comme si c’était simplement quelqu’un de son âge, ou un genre d’équivalent de l’oncle Tony, dont Finn se souvient qu’il subissait lui aussi les ordres de la cuisinière : « Ah, vous êtes le responsable, ici ? Tant mieux, j’ai à vous parler. Figurez vous que ces malotrus ont attaqué Finnegan, et moi-même, quand même, une vieille dame, à mon âge, je trouve ceci parfaitement scandaleux… »

Finn voudrait lui dire de se taire, mais il sait que ça ne servira à rien, alors il glisse à Eve, en gaélique, et avec toute la détresse du monde : « Dis-lui de les libérer, je ne sais pas ce qu’il me veut, mais eux ils ne lui ont rien fait. Eve...» Parce qu’encore une fois, il ne veut pas que Rafa paye pour lui. C’est sans compter sans Chouvalov, qui l’interrompt brutalement : « Ça suffit avec ces messes basses, Callahan. J’en ai plus qu’assez que tu te serves de ma nièce. J’ai appris que vous vous étiez revus. Vous êtes ici parce que je veux des garanties. Tu lui as trop fait de mal pour que je n’en exige pas, et vous ne repartirez que lorsque je les aurais. » Sous entendu : ou vous ne repartirez pas du tout – même si Chouvalov présume peut-être un peu trop de la réaction de sa nièce.
(C) CANTARELLA.

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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeJeu 25 Nov - 11:38

La ballade du penduEve, Finn, Rafa

-Du collier d’agneau, c’est le meilleur, pour l’Irish stew, oui…

Dans la voiture qui roule au pas pour sortir de la foule dense, Mrs O’Hara explique doctement à une Santina sceptique à quel point l’Irish stew est une pure merveille. Rafa, consommateur régulier de la cuisine de sa vieille voisine (“il en restait un peu, je me suis dit que j’allais vous l’apporter”), ne peut qu’approuver ; mais Santina, il le voit dans son rétroviseur, garde les sourcils froncés tandis qu’elle demande des précisions sur l’ordre d’ajout des ingrédients. Le marché de Kilburn n’a pas été un franc succès auprès de la redoutable cuisinière de Tony Montenza. Pas assez de tomates, de zucchini, de ces charcuteries italiennes aux noms si évocateurs…

-Des pommes de terre, des carottes, des navets ! mais ces gens ne mangent donc que des racines, comme des bêtes sauvages ?

Et puis, devant l’un des étals, ils ont rencontré Mrs O’Hara. Apprenant qu’il s’agissait de la voisine de Rafa, Finn a décidé qu’on allait la ramener en voiture, elle aussi, parce qu’elle est drôlement chargée, la pauvre. Ils ont donc suivi les deux vieilles dames dans les allées du marché, en héritant de tous leurs achats, avant de charger le tout dans la Bentley. Arrivées à Victoria Mews, Mrs O’Hara et Santina, en dépit d’irréductibles divergences culinaires, s’entendent comme larronnes en foire.

-Vous viendrez goûter mon pasticcio, d’accord ? Raffaello vous préviendra !

Les deux mafieux, restés fumer à côté de la voiture, se marrent à regarder leurs terreurs de grand-mères se faire leurs adieux. On récupère finalement Santina, qui reprend son tricot comme si de rien n’était, et on repart en direction du Cohan, en commentant cette matinée :

-Vous inquiétez pas, patron, j’irai le voir cet après-midi… J’ai demandé quelques renseignements à son sujet, je sais où le trouver… Et vous avez vu, le crémier est revenu, finalement. Il a été malade un bon moment, pauvre diable, il a perdu quelque chose comme quarante livres… Mais vas-tu te pousser, toi !

L’apostrophe s’adresse à la même voiture que celle qui vient de s’attirer une remarque similaire de la part de Callahan. Rafa stoppe la Bentley, file un coup de klaxon nerveux, et puis, en même temps que le patron, il comprend que quelque chose cloche. Mais il a à peine le temps d’enclencher la marche arrière ; une seconde voiture vient de se coller derrière la Bentley, et les voilà bloqués, pris au piège. Se tirer ? La belle affaire ! Rafa ne peut pas laisser Santina dans ce guêpier, et comment se barrer avec elle ? Et puis, de toute façon, il est hors de question d’abandonner le patron - et c’est bien l’avis de leur comité d’accueil, du reste ; on ne leur laisse pas le loisir de prendre congé, et ce bon vieux Mikhail vient tirer Rafa hors de la voiture, sans ménagement, pour l’envoyer valdinguer sur le pavé, la tête la première. Un peu sonné, O’Riordan sent qu’on lui prend son Beretta, et puis qu’on lui fait gentiment les poches, avant de le relever aussi facilement que s’il était une poupée de chiffon. Et hop, en voiture Simone. Il retrouve le patron, déjà installé de force par son agresseur, la tronche en sang, et occupé à examiner sa main. Santina les rejoint, moins brutalement, mais avec force protestations et coups de sac à main. Sacrée bonne femme, tiens.

Le trajet se déroule dans un silence angoissant ; Callahan et son second en sont réduits à échanger des regards pour essayer de communiquer, et c’est une méthode qui montre vite ses limites. Rafa a beau gamberger, il ne comprend pas ce qui se passe avec les gars de Chouvalov. On était en paix, chacun chez soi et Dieu pour tous, et les voilà qui se ramènent en plein Kilburn pour enlever Finn et le conduire… Le conduire où, d’ailleurs ?

Chez Chouvalov en personne, rien que ça. Une gigantesque maison décorée avec un mauvais goût tout russe, que Rafa reconnaît pour y avoir accompagné le patron une ou deux fois. Dans le salon où on les installe, seule Santina a l’honneur de se voir proposer un siège ; les deux autres sont laissés debout, sous la surveillance d’une espèce d’escogriffe avec des mains grandes comme des plats à tarte. Impossible, là encore, d’échanger trois mots. La gorge sèche, Rafa hoche la tête quand Callahan lui assure que ça va aller, mais il a du mal à y croire. Et cette impression se renforce quand Nikolai Chouvalov débarque dans le salon, flanqué de Vitaly et d’Eve, manifestement furieux. Plus raisonnable que son patron, Rafa n’essaie pas de parler à qui que ce soit, mais il adresse à Eve un regard insistant qui vaut tous les discours.

Et pendant ce temps-là, Santina quitte très naturellement son fauteuil pour aller se plaindre à Chouvalov du traitement qu’on lui a fait subir. Bordel, si on ne risquait pas de tous finir avec des chaussures en béton, il y aurait de quoi rigoler un bon coup, avec cette tête brûlée de grand-mère.


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Eve Talbot
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeJeu 25 Nov - 21:05

❝ Finn, Rafa & Eve ❞La ballade du penduDéjà avant la guerre, Eve n’avait pas vraiment une famille très étendue. C’est ce qui arrive quand la moitié meurt pendant une révolution et que l’autre n’est déjà pas très fournie à cause de famine et d’exil divers. Le Blitz a achevé de réduire celle-ci à peau de chagrin si bien que, en dehors de quelques obscurs cousins aux alentours de LondonDerry, il ne lui reste que son oncle. Si la jeune femme ne manque pas d’aimer celui-ci, elle déteste prodigieusement se retrouver chez lui. C’est que depuis la mort de sa sœur cadette, Nikolaï s’est fait un devoir de jouer aux anges gardien avec sa nièce et désespère de voir ses plans régulièrement déjoués par celle-ci.

A la fois fier de l’absence de convention et de la force de caractère dont elle fait preuve, il ne peut pas s’empêcher de pester qu’elle ne soit pas plus docile et tout simplement plus conforme à l’idée que l’on se fait d’une femme, sans arriver à décider ce qu’il veut pour autant. Sa nièce, comme lui, évolue dans des sphères obscures. Pas les mêmes, il l’a rapidement compris, mais quand bien même il ne sait pas tout, Nikolaï s’est toujours douté qu’elle était un peu plus qu’ordinaire. Loin d’être simplement la fierté d’un oncle mal placé, se sont des petits indices pendant son adolescence et tout au long de l’âge adulte qui l’ont mis sur la voie. En homme sage, il a toujours préféré ne pas poser de questions, sachant qu’il est parfois préférable de rester dans le doute.

De son côté, Eve n’a jamais rien dit, mais elle imagine bien que Chouvalov n’est pas dupe. Quoique croyant, il sait que Dieu n’a pas le temps de s’occuper de ses créatures si bien que sa remise sur pied, à peine une semaine après avoir fui l’hôpital où personne ne se souvenait d’elle, n’est pas un miracle de leur créateur. Ah ! Qu’elle lui cause du souci, songe-t-il alors qu’il la voit arriver flanquée de Youri, qu’il a assigné ( sans grand succès) à sa surveillance depuis l’accident.

Cette invitation un peu soudaine à prendre le thé n’a pas manqué de rendre la jeune femme suspicieuse. C’est qu’ils ne se voient pas souvent et Eve, un peu lâchement, n’a pas manqué d’éviter la maison de son oncle depuis son accident. Triste, angoissée, de mauvaise humeur depuis la mort de Ludo, elle n’avait aucune envie de devoir s’expliquer et se justifier devant le mafieux impérieux. Bien décidée à ne pas être celle qui abordera les sujets qui fâchent, elle s’en tient aux lieux communs, tombant dans un piège sans s’en apercevoir quand elle lui demande distraitement comment vont les affaires. Nikolaï sentant une ouverture s’y embrèche sans faire de manière :

- Oui, je suppose que oui, lui répond-il sans enthousiasme en buvant une gorgée de thé. Enfin, je suppose que ça irait mieux si on ne m’avait pas dit que ma nièce avait confié le meurtre de ce connard de Montenza au chien qui l’a laissé tombé en partant la queue entre les jambes.

Eve lève un sourcil désapprobateur, mais ne commente pas. Sachant très bien que sa nièce a un goût prononcé pour le silence lorsqu’elle est contrariée.

- Noushka, ne soit pas contrariée. Comment veux-tu que je regarde ta mère et ton père dans les yeux quand je les verrais quand ils sauront que tu t’es faite agressée et que je n’ai rien fait ? Non, tu aurais dû m'en parler et j'aurais réglé ça. Ce genre d’histoire se règle en famille.

Toujours pas un mot, mais si Eve exaspère par son silence, Nikolaï lui vainc à l’usure, aussi continue-t-il d’exprimer toute sa contrariété passant dans un russe teinté d’anglais sans se soucier d’irriter la jeune femme.

- Si ce n’était que ça, je n’aurais rien dit. Tu sais que je n’ai jamais voulu me mêler de tes affaires et pourtant il suffirait que tu le demandes et tu mènerais une vie confortable sans avoir à te soucier de ce genre de chose, mais soit. Tu ne veux pas, je ne me battrais pas avec toi, pas pour le moment en tout cas. Je veux bien accepter que tu es plus indépendante que les autres, par contre, fait au moins preuve de bon sens. Callahan. Comment est-ce que tu as pu retourner avec lui. Mes hommes t’ont vu avec lui, ne nie pas !

Eve qui n’avait pas l’intention de le faire, s’enfonce dans son fauteuil, le regard mauvais. Elle n’a pas touché à sa tasse de thé qui refroidit sur la petite table basse du salon.

- Il faudrait savoir, je pensais que tu aimais bien, Finn. Aux dernières nouvelles, tu étais près à publier les bans si je te laissais faire.
- Justement ! Heureusement que je ne l’ai pas fait ! Noushka, comment est-ce que tu as pu te faire séduire un homme pareil ? Enceinte et la première chose qu’il fait, c’est partir aux Etats-Unis en te laissant toute seule ? J'ai regardé un peu, est-ce que tu sais qu'il joue sous un autre nom ? Je l'ai vu dans des magazines, avec d'autres femmes dans les bras.Et moi, tu voudrais que je laisse passer l’insulte, que je ne fasse rien ? Hors de question

A ça, Eve ne peut pas dire grand chose. De son point de vue, ce n’est pas à lui de venger quoique ce soit. Néanmoins, elle doit admettre que Finn est bel et bien parti. Les choses sont plus compliquée que ce que son oncle ne pense, mais du point de vue de la jeune femme, même encore maintenant, rien ne justifiait le départ de l’Irlandais et c’est une blessure qui ne s’est pas encore tout à fait refermée. L’évocation de cet événement ne fait que dégrader l’humeur de la journaliste, et il faut un bruit de tous les diables pour qu’elle se décide à arrêter de fusiller Chouvalov du regard. Vitaly les rejoint rapidement, faisant son rapport à son patron dont la mine se fait plus sombre à mesure qu’il écoute le récit de celui-ci.

- Comment ça, une vieille dame ?

Le ton est dangereusement mécontent et le second sait qu’il va en prendre pour son grade. La révolution de 17, Nikolaï l’a vécue et il se souvient encore des morts sans distinction envers les femmes et les enfants. S’il y a bien quelque chose qu’il méprise, c’est l’absence de courtoisie et la violence faite aux innocents. Eve, n’en sachant pas plus que lui, mais comprenant rapidement de quoi il en retourne, suit son oncle et son bras droit dans le premier salon à la décoration surchargée,  faisant office de pièce de réception. Là, elle trouve Rafa et Finn, amoché mais pas trop, accompagné d’une vieille dame dont la vitalité se fait clairement savoir lorsqu’elle décide d’apostropher son oncle comme s’il était simplement un gamin du coin. Chouvalov, qui en a clairement vu d’autres, mais estime que la dame est dans son droit, décide de s’excuser au grand étonnement de ses hommes.

- Madame, je vous prie de m’excuser pour le comportement de mes hommes. Il semblerait que mes ordres aient mal été compris et soyez certaine qu’ils seront réprimandé. Tenez, asseyez-vous pendant qu’on règle cette histoire, Boris va venir vous apporter du thé ou vous préférez peut-être autre chose ? N’hésitez pas. Boris, occupe-toi madame.

Finn, qui tente de communiquer avec Eve n’a pas droit à la même courtoisie. Rafa, comme d’habitude, plus calme et plus posé n’a encore rien dit et analyse probablement la situation, maudissant encore une fois ce couple sortit des enfers qui lui en fait voir de toutes les couleurs. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et la patience d’Eve s’envole, laissant éclater sa contrariété. Se tournant vers Vitaly, elle crache, furieuse :

- Est-ce que tu peux m’expliquer qu’est-ce que c’est que ça ? Quand on te dit de convoquer des gens, ça inclus les passer à tabac avant ? Réfléchis, tu pensais vraiment que ça allait me mettre dans de bonnes dispositions ? Et en plus tu embarques une grand-mère qu’on ne connaît pas avec ? C’était quoi la prochaine étape ? Détache-les !

Hésitant, il se tourne vers Chouvalov en quête d’approbation, ce qui ne déplaît souverainement à Eve qui entend bien être écoutée.

- Ne cherche pas son approbation et fais ce que je te dis avant que je ne me mette vraiment de mauvaise humeur.

Chouvalov de son côté fait un petit signe de tête, trouvant lui aussi qu'attacher ses “invités” au vu du nombre de ses hommes présents est un peu ridicule. De son côté, Eve ne l’a pas oublié et c’est vers lui qu’elle se tourne, en russe cette fois-ci :

- Des garanties ? Des garanties de quoi exactement ? Explique-moi à quoi rime cette comédie de mauvais goût ou je te jure que je ne mets plus jamais les pieds ici. Depuis quand est-ce qu’on doit te donner des garanties à propos de ce que je fais.
- Noushka, on en a déjà parlé, c’est ta dignité qu’il a offensé, il doit assumer et prendre ses responsabilités.
- Ma dignité va très bien, merci beaucoup, je m’en occuperais toute seule.

Se tournant vers Rafa et Finn qu’on a détaché et qui, prudemment, regarde la dispute entre l’oncle et sa nièce, elle lance en anglais :

- Venez, on y va. Je réglerai cette histoire plus tard.

D’un seul mouvement, Ivan et Sergueï, deux des armoires à glace les plus efficaces de son oncle se mettent devant la porte, l’empêchant de passer. Furieuse, elle se retourne vers Nikolaï qui a perdu son air affable.

- Non Eve, pas cette fois-ci. Personne ne part tant qu’on a pas réglé cette histoire. J’en ai assez de te voir n’en faire qu’à ta tête. J’ai compris quand tu es parti au front. Je comprends que tu ne veuilles pas mener la vie rangée que j’aimerai pour toi, mais il est hors de question que je te retrouve encore à l’hôpital après avoir été laissée pour morte, une fausse couche sur les bras, seule parce que le type que tu fréquentes n’a pas ce qu’il faut pour assumer. Ca demande réparation.

C’est à ce moment-là que Santina, qui n’était pas loin d’avoir ressorti son tricot, pas plus perturbée que ça par ce règlement de compte qui ressemble finalement à ceux de feu Tony, lève les yeux qu’elle pose rapidement sur Finn puis Eve :

- Dio Mio, cosa hai fatto, Finnengan ?

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeDim 28 Nov - 17:46



La ballade du pendu
Eve, Rafa & Finn
Bien fait pour ta gueule, songe le mafieux à propos de Vitaly. Il se prend d’un élan d’affection pour Eve, ravi qu’elle les défende et qu’il ne soit pas, pour une fois, celui sur lequel elle crie, en voyant le russe rentrer la tête dans les épaules. A la loyale, ça ne se serait pas passé comme ça, et il aimerait beaucoup le lui prouver, par exemple en lui foutant à son tour un bon crochet du droit dans la gueule. Malheureusement, l’heure n’est pas à la revanche, même si on consent à les détacher. Au contraire, ça ne fait que commencer. Des garanties ? L’acteur va pour réagir à ce que dit Chouvalov, mais comme Eve s’en mêle, manifestement toujours furieuse qu’on se mêle de leur couple, il se contente de masser ses poignets endoloris et de plier et déplier ses doigts pour voir s’ils ne sont pas cassés, écoutant en silence. Il ne comprend pas un traitre mot, mais il préfère franchement qu’ils restent en retrait avec Rafa. C’est que Callahan voit bien ce qui pose problème, même s'il n’a aucune idée de comment Chouvalov a pu s’apercevoir qu’ils se revoyaient - et il n'aimerait pas savoir qu'il les surveille. Le fait est que les russes étaient là à l’hôpital pour le chasser, Nikolai doit bien être au courant. Finn l’avait oublié, ils ont vécu tellement de choses depuis, mais il faut avouer que l'oncle de Eve a sans doute de bonnes raisons de lui en vouloir. Mais à partir du moment où Eve en a décidé autrement, Callahan estime qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne. Ceci dit, s’il se met en tête de l’expliquer, ce serait suicidaire. Alors, bien qu’il sente une certaine colère poindre en lui, sagement, il se dit qu’il vaut mieux laisser Eve l’expliquer, puisqu’elle est dans leur camp. De toute façon, ça causerait des problèmes à Rafa et Santina, et il s’en veut déjà bien assez de les avoir embarqué dans ce traquenard pour en rajouter.

Le mafieux obéit donc sans discuter lorsque la jeune femme leur fait signe de la suivre, jetant un regard de soulagement à son second : « Je te remercie. On va… » Trop tard, la porte est bloquée. Par réflexe, Finn porte la main à sa ceinture, mais c’est oublier que Vitaly s’est fait le plaisir de le déposséder de son Beretta et de son cran d’arrêt. La tension monte de nouveau d’un cran, alors qu’il se tourne vers Nikolai : « Mais qu’est-ce que vous voulez que je fasse à la fin ? »

Chouvalov n’a pas le temps de répondre. Il suffit de quelques mots, prononcés d’une voix un peu tremblotante en italien, pour faire comprendre à l’irlandais que le péril vient d’ailleurs. Santina, évidemment. Il voudrait dire quelque chose, quelque chose qui ressemblerait peu ou prou à « rien », parce que si les autres n’ont pas compris ce qu’elle a dit, lui, si parfaitement. Evidemment, ça ne servirait à rien, il ne peut même pas nier ou s’expliquer pourquoi il est parti et que c’était à ce moment là la seule chose qu’il croyait pouvoir faire, encore moins que Eve est une espionne, et sûrement pas que c’est la faute de Ludovico. Donc tout y passe. Qu’il est un mauvais neveu, qu’il doit immédiatement l’épouser, qu'il devrait avoir honte. « Et qu’est-ce que ton oncle dirait, et ta mère ? Comment as-tu pu faire ça, une si gentille jeune fille, et quel dévergondé, et comment ça tu ne l’as pas encore épousé ? » Et ça jure par le bon Dieu, la Sainte Vierge, la mémoire de Norma Callahan, que Santina n'a pourtant jamais rencontrée, et celle de Tony Montenza qu’il est de toute façon comme les autres, un salaud de plus et qu’elle pensait qu’il valait mieux que ça… Si elle n’était pas autant occupé à essayer de lui mettre des coups de sac à main, nul doute que Santina serait déjà partie en quête d’un prêtre – autant dire que ici, c’est définitivement la meilleure alliée de Chouvalov. Quant aux russes eux-mêmes, ils se marrent, hilares devant ce spectacle tenant du vaudeville et ravi de voir le chef du clan Callahan traité à la même enseigne.  qu’eux « Aie, Santina, arrête, mais…ça suffit ! Rafa ! » Ledit chef de clan ne peut que serrer les dents, se sachant ridicule, et essayer de se protéger comme il peut, et quand ça ne tombe pas sur son arcade sourcilière ouverte, ce sont les doigts qui prennent. Furieuse, Santina finit par reculer, continuant à grommeler dans sa barbe, tout en égrenant son chapelet. « Moi je dis que ce monsieur a raison et que tu dois l’épouser. Une si gentille jeune fille, regarde, et si jolie, tu n’as pas honte ? » Evidemment, le tout en anglais, pour bien que tout le monde ait droit aux détails. Elle pose affectueusement la main sur le bras de Eve et lui dit gentiment : « Il ne faut pas se laisser faire, ma jolie, s’il te laisse vivre dans le péché ainsi, il ne mérite pas ! »

Finn a presque envie de rire, de nouveau. Oui, il déçoit probablement beaucoup de gens, c’est sûr. Sa mère la première – pas son père, qui aurait jugé que c’était très bien qu’il ne se reproduise pas, et l’argument fait mouche dans son esprit, sans qu’il ne le réalise, attendant juste le bon moment pour ressurgir. Il le sait. Mais justement, quand il voit le piège que sont tous ces mariages, il sait qu’il a raison. Evidemment, Chouvalov ne l’entend pas de cette oreille. « Je vois que la déception est collective…je ne sais pas si tout cela devrait me rassurer. Bien, je vois que nous sommes tous d’accord. La moindre des choses, Callahan, serait que tu épouses Noushka, pour faire amende honorable. Je ne dis pas que j’en oublierai tout, mais ce serait la moindre des choses, pour prouver que tu es sincère et pour rattraper le fait que tu n’as pas fait ce qu’il fallait immédiatement. » Il y a un blanc. Même s’il s’en doutait, il est quand même soufflé par le fait de s’être littéralement fait enlever pour ça, et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : « Non, mais…vous vous êtes posé la question, tous, de savoir ce qu’on voulait, Eve et moi ? Vous lui avez demandé ? Il ne vous est pas venu à l’idée que si je ne le proposais pas, il y avait une raison ? Dis-lui, toi ! » Il s’est fait embarqué, humilié, cogné dessus, engueulé, il est passé pour un con, sans compter sur la culpabilité qui revient, alors c’est tout simplement trop et il ne peut pas s’empêcher de gueuler, parce qu’il est vraiment exaspéré, ce qui le rend totalement inconscient du danger et du fait qu’il pourrait bien aggraver son cas – si bien qu’il ignore totalement son second, qui lui parait bien le voir : « Vous pouvez me croire ou non, ou dire que je n’ai pas fait ce qu’il fallait si vous voulez, il n’empêche que ça ne change rien, et que ça reste entre elle et moi, et que je ne ferai pas quelque chose que Eve ne veut pas, bon Dieu ! »

Il est manifestement le seul à s’en soucier, et finalement, l’attitude de Nikolai et puis même celle de Santina lui paraissent totalement hypocrite. Tout ça n’est qu’apparence et bon principe d’une religion qui laisse crever ses fidèles et les maintient dans la culpabilité permanente, et surtout, tout ça ignore ce qu’ils veulent eux, ce qu’elle veut elle surtout. Il est loin d’être exempt de tout reproche, Finn le sait, il ne le nie pas mais il n’a pas besoin d’un mariage pour prouver qu’il regrette et qu’il veut faire amende honorable, et il le sait d’autant mieux que ce n’est pas ça que Eve veut de lui. Et puis, qu’est-ce qu’il va faire, de toute façon, Chouvalov ? Les obliger à se marier ? Le tuer, s’il ne veut pas ? Il ne voit pas comme c’est possible, de toute façon.

Grossière erreur. Un court silence suit son coup d’éclat, de manière assez longue pour que Callahan ait le temps de le regretter. La tension crépite comme un feu de joie, et Nikolai se contente finalement de décréter : « Ça, ça reste à voir. Je crois que tu n’as pas bien compris, Callahan. Ou il y a demande en mariage, ou il y aura des conséquences. Mikhail, Vitaly. Au lac. » Le lac ? Quel lac ? Pourquoi faire ? « Pardon ? Non ! Lâchez-moi, bande d’abrutis ! » Trop tard pour les explications : on l’embarque déjà, et Callahan commence à avoir peur de comprendre.
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeLun 29 Nov - 17:12

La ballade du penduEve, Finn, Rafa


Ces cons-là ont serré comme des ânes, songe Rafa en frottant ses poignets meurtris. L’espèce de lacet qu’ils ont utilisé pour leur lier les mains a laissé une profonde marque dans sa peau, alors même qu’il n’a pas eu à la supporter bien longtemps ; encore heureux, ou il finissait avec les doigts morts. Il suffit de voir comme les fourmis s’en sont donné à cœur joie lorsqu’on s’est décidé, sur l’ordre d’Eve, à les détacher. Tous des sauvages, ces barbares des steppes. Pour Rafa, tout, les nazis, les soviétiques, les fascistes, les anglicans, tout se vaut. Ça lui a valu quelques discussions serrées avec Callahan, qui a fréquenté des cinglés tout droit venus d’URSS en Espagne, et qui s’échine à lui expliquer que non, ils ne sont pas aussi pourris que les nazis. Preuve, les uns ont construit les camps de concentration que les autres ont libérés. Ce genre d’argument n’a jamais suffi à ébranler la conviction de Rafael, et il demeure persuadé que tout ce micmac-là, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, des fous furieux. Comment pourrait-on attendre autre chose, du reste, de gens qui écrivent avec des lettres qui n’existent même pas ?

Question sauvages, les Italiens ne sont pas en reste. Santina le démontre avec son énergie habituelle, puisqu’après avoir obtenu les excuses de Monsieur Chouvalov soi-même, elle entreprend de mener pour son propre compte l’interrogatoire de Callahan. En italien, cela va de soi, puisque c’est la langue qui revient à la redoutable cuisinière lorsqu’elle est en colère. Et là, c’est peu que de dire qu’elle est en rogne, la petite dame. Sans que personne ait rien vu venir, elle se met à cogner sur le patron à grands coups de sac à main, non sans l’abreuver, toujours dans la langue de Dante, de ce qu’on devine être des palanquées d’injures. Rafa regrette un peu de ne jamais avoir appris ce patois, et de n’en saisir que quelques mots. Fort heureusement, Santina revient à l’anglais pour s’adresser à Eve, avec une sollicitude qui doit être un peu inquiétante après la véhémence dont elle vient de faire preuve. O’Riordan se marre en silence, avant de rectifier le tir et de se refaire une tête de mec sérieux quand le patron l’appelle à l’aide. Impossible de parler en cette noble compagnie, alors il se contente d’adresser à Callahan un regard désolé pour s’excuser de ne pas être intervenu - mais n’est-ce pas ce même Callahan qui lui avait enseigné, à Los Angeles, la règle numéro un : ne jamais se mettre entre Santina et sa cible ?

De toute façon, ce n’est pas le moment de revenir sur le coup de sang de Santina. Car si elle est déçue du comportement de Finn, Chouvalov l’est au moins autant qu’elle - et lui n’est pas connu pour régler les histoires à coups de sac à main. Difficile de ne pas s’inquiéter en entendant la teneur des discussions entre ledit Chouvalov, sa nièce bien-aimée et Callahan. Apparemment, ils sont partis pour ne pas se comprendre, et Rafa, toujours pessimiste, se met à craindre que les choses ne tournent sérieusement au vinaigre. Le maître des lieux confirme ses craintes en ordonnant à ses hommes de prendre, avec le patron, la direction du lac. Il semble être entendu que Rafa et Santina doivent attendre dans le salon, mais tous deux se mettent à protester :


-Il n’est pas question que je reste assise là alors que vous voulez faire du mal à Finnegan ! clame Santina, tandis que Rafa essaie, sans succès, d’échapper à la prise de son gardien attitré en gueulant “Patron ! Eve !” comme si ça pouvait servir à quelque chose.

Chouvalov s’arrête au moment où il allait franchir la porte, considère un instant les deux agités, et finit par ordonner, dans son anglais au léger accent russe :


-Laisse-le accompagner son patron, Volodia, puisqu’il y tient tant. Après tout, plus il y a de témoins, et mieux c’est, n’est-ce pas ? Pour ma part, je conduis madame, conclut-il en offrant le bras à une Santina stupéfaite par de si délicates manières.

Et voilà l’étrange cortège parti en direction du fameux lac. Callahan, d’abord, solidement entouré de Vitaly, Mikhail et quelques autres, qui tentent de tenir Eve à distance. Rafa, ensuite, fermement maintenu par le dos de sa veste par le nommé Volodia, soucieux de l’empêcher de rejoindre son patron. Et, enfin, Chouvalov et Santina, qui parlent à voix basse et semblent parvenir à un terrain d’accord.

On redescend dans le hall, et de là, on rejoint le parc. Au loin, on devine une pièce d’eau qui doit être le lac mentionné par Chouvalov. À mesure qu’il approche, Rafa distingue de plus en plus nettement un engin de chantier, une sorte de pelle mécanique, garé au bord de l’eau, le bras déployé. Sans savoir de quoi il retourne, il n’aime pas ces préparatifs, et il essaie de se soustraire à la poigne de son gardien personnel, qui le retient sans grand effort en lui disant avec un gros accent russe :


-Toi tenir toi tranquille ou moi casser toi genoux. Personne n’a envie d’en arriver là, pas vrai ?
ajoute-t-il en se marrant, dans un anglais parfait sans la moindre trace d’accent.


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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeVen 3 Déc - 23:06

❝ Finn, Rafa & Eve ❞La ballade du penduC’est une scène inédite qui se déroule au sein de la maison de Chouvalov. De mémoire, sa nièce a toujours fait partie des meubles et les plus vieux membres du clan se souviennent encore d’une enfant joyeuse quoique discrète. La jeune femme qu’elle est devenue n’a pas manqué d’étonner la plupart de ceux qui l’ont connue plus jeune. Il y a une certaine dureté en elle qui ne donne pas envie de la contrarier. Ce n’est évidemment pas quelque chose qui arrêterait leur chef, mais tous savent que Nikolaï n’aime pas contrarier sa nièce si bien qu’il se contente souvent de hausser les épaules avec un certain fatalisme, la laissant faire à sa guise quand quelque chose le contrarie. Rien n’indique que les choses devraient se dérouler différemment aujourd’hui si ce n’est que l’homme semble être à court de patience.

Voilà que plutôt que de la laisser partir à sa guise accompagnée de sa troupe, il faut lui bloquer le chemin. L’air furieux de la jeune femme ne manquerait pas d’en glacer plus d’un, mais Ivan et Sergueï en ont vu d’autres. Finn, dans un réflexe bien naturel, cherche son arme et Eve jauge les deux armoires à glace face à elle, jugeant rapidement que leurs chances sont bien trop minimes pour même tenter une sortie. Elle fait un signe discret à Rafa, juste histoire de faire passer le message, mais connaissant le second de Callahan,il est probablement arrivé à la même conclusion qu’elle.

De toute façon, Nikolaï s’est, semble-t-il, trouvé un porte parole efficace en la personne de la grand-mère qui accompagnait Finn et Rafa. Si Eve ne comprend pas grand chose de l’italien si ce n’est quelques mots qui ressembleraient au français, elle saisit l’idée générale. D’autant plus que la matrone semble s’être soudainement prise d’affection pour elle ou en tout cas de compassion mal placée. Elle se raidit sitôt qu’elle pose la main sur elle, fait une grimace, mais ne dit pas un mot. La jeune femme n’a jamais été friande des contacts physiques non sollicité et la familiarité avec laquelle la vieille dame semble vouloir interférer dans ses histoires ne l’enchante guère. La voilà en train de grogner entre ses dents :

- Si c’est ça mon seul péché …

Réflexion que seul Rafa et peut-être Finn - entre deux lamentations - risque d’entendre. Du côté de son oncle, on sent rapidement qu’il commence à éprouver un certain respect pour la vieille dame qui, au nom des conventions sociales les plus sacrées, n’hésite pas à molester un chef de clan. Si quelqu’un avait encore un doute, il souligne encore une fois à quel il est déçu de toute cette histoire et de l’attitude de l’irlandais en particulier. Au vu de la situation, on s’étonnerait presque du silence de Eve qui s’est fait entendre très vocalement jusqu’à présent, mais c’est l’ensemble de cette situation lui semble tellement absurde qu’elle ne peut qu’elle ne sait finalement pas quoi dire en premier. C’est Finn qui la tire un peu de sa torpeur. Ne pas faire ce qu’elle ne veut pas ? Ils en ont tous des bonnes. Est-ce que ce n’est pas précisément ce qu’ils passent leur temps à faire ? Ce n’est probablement pas le lieu pour avoir ce débat, encore moins que Mikheil et Vitaly entreprennent d'emmener Finn au lac.

- Mais ça suffit, proteste-t-elle, donnant un violent coup à des lieutenants de son oncle qui tente de l’arrêter. Se tournant vers lui, elle grogne : Pose encore une fois les mains sur moi et je te casse les doigts un à un.

Vitaly se retourne, juste le temps d’éviter une catastrophe et de donner ses ordres sèchement tandis que son patron a déjà pris de l’avance, Santina à son bras.

- Pas elle imbécile. Tu ne tiens pas à ta vie ?

L’homme se recule et c’est entouré qu’elle et Rafa finissent par suivre le cortège. Alors qu’ils marchent d’un pas de plomb, Eve songe qu’il suffirait d’un sort pour se sortir de ce pétrin. Elle a sa baguette avec elle, difficile de prétendre vivre dans le monde sorcier sans, mais rapidement, elle s'aperçoit que c’est impossible. Ca serait avouer qu’elle est une sorcière et briser le secret magique devant un trop gros nombre de personnes. Ses talents étant limités, elle n’a pas la capacité d’effacer leur mémoire. La voilà donc revenue au point de départ, forcée de suivre cette procession. Le lac s’approche et tout ça ne lui inspire rien de bon. Elle jette à coup d'œil à Rafa, toujours solidement entouré, par Volodia qui plus est. Dans son gaélique un peu précaire, elle s’adresse à lui :

- J’espère que tu es partant pour te prendre quelques coups parce que j’ai l’impression qu’on ne va pas s’en sortir aussi simplement que ça …

Et aussi étonnant que ça puisse paraître, quoique son oncle ait en tête, Eve n’a aucune intention d’être forcée à faire quoique ce soit. D’ailleurs, elle a raison d’avoir peur puisque son oncle a en réalité un plan en tête qu’il explique avec force de détail à Santina :

- Ce n’est pas que j’ai envie de le tuer, madame. Quoique vous comprendrez qu’un homme comme moi doit défendre les intérêts de sa famille. Imaginez ce qu’on dirait de nous si je laisse n’importe quel homme faire ce qu’il a fait sans qu’il y ait de représailles ? C’est la porte ouverte à l’anarchie et je ne veux pas me permettre ça. Et puis Noushka est la prunelle de mes yeux, ma seule famille …

Le reste du discours est sur le même ton et Santina n’a pas de mots assez durs pour condamner les actions de son poulain, jurant grands dieux que tous ses ancêtres doivent se retourner dans leur tombe et qu’il est la honte de sa famille. Rafa, qui n’a pourtant rien fait, ne manque pas d’être mêlé à cette conversation. La vieille dame n’en revient pas que le petit O’Riordan ne lui ait rien dit plus tôt et que lui-même n’ait pas entrepris de mettre du plomb dans la cervelle de son patron. De bons garçons lui assure-t-elle, mais de toute évidence, ils n’ont pas vu l’oncle Tony d’assez près que pour retenir tous ses principes de vie.

- On ne va pas lui faire, non, assure-t-il encore une fois à son interlocutrice, tout en songeant qu’une paire ou deux de baffes ne lui ferait aucun tort. Simplement l’effrayer un peu pour l’inciter à donner la bonne réponse. Une fois que cette affaire sera réglée, nous pourrons tous reprendre nos occupations sereinement.

Une fois au lac, Eve constate qu’il y a une poulie fixée en hauteur à une structure en bois et que l’un des hommes de son oncle se saisit de la corde s’approchant de Finn. Nikolaï sentant du mouvement se faire du côté de sa nièce et du second sort une arme qu’il pointe nonchalamment sur Finn :

- Avant que l’envie de faire un mouvement inconsidéré ne vous prenne, dites-vous qu’il ne lui arrivera rien de mal si vous restez tranquille. Tu ne voudrais pas que je demande à mes hommes de te restreindre Noushka et je suis sûre que tu ne veux pas que ton camarade soit blessé, conclut-il en désignant Rafa.
- C’est parfaitement inutile, commence-t-elle en russe.

Peine perdue, Nikolaï ne l’écoute plus et on attache la corde aux chevilles de Finn tandis que Nikolaï se tourne vers lui, Santina n’ayant pas fait un geste pour protester du traitement qu’on infligeait au niveau de Tony Montenza.

- Je vais te poser la question gentiment. Vas-tu faire ta demande ou non ? Cette histoire peut être finie dans cinq minutes si tu y mets un peu du tiens.

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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeLun 6 Déc - 1:13



La ballade du pendu
Eve, Rafa & Finn
L’eau du lac, qui est, en vérité, un genre d’étang assez large, lèche mollement les chaussures de Finn, trempant le bas de son pantalon, alors qu’il regarde avec appréhension sa surface. C’est ridicule, songe-t-il, il ne peut pas mourir comme ça. Il a eu du mal à se le dire, d’ailleurs. La mort, Finn l’a frôlé aussi souvent qu’à son tour, en Espagne ou comme là, avec Ludovico, quand il a essayé de le planter. Ça ne ressemble pas à ça, à ce putain d’enlèvement qui n’a ni queue ni tête, justement parce que Chouvalov a quand même envoyé un médecin, cette fois là d’après ce que Rafa lui a dit, pour lui sauver la vie, s’il voulait vraiment le voir mort, il n’aurait pas fait ça. Non, c’est une vaste plaisanterie. Et même à supposer que Nikolai le veuille vraiment, il suffirait que Eve intervienne pour stopper les choses – d’ailleurs, ce serait bien qu’elle se décide, la plaisanterie a assez duré.

Les choses deviennent cependant beaucoup réelles et inquiétantes quand Nikolai se met à expliquer ce que Callahan redoutait, à savoir qu’il compte bien le balancer au dessus du lac jusqu’à ce qu’il fasse sa demande et que Eve accepte de l’épouser, à grand renfort de menaces et avec une pétoire pour garantie. Là, il comprend que ce n’est plus ridicule, mais réellement dangereux. C'est qu'il est sérieux, ce con ! La preuve, les russes l’attachent déjà. « Pour la dernière fois, je ne vais rien faire du tout. Vous délirez. C’est du délire. Si je dis non, vous allez faire quoi, réellement me noyer ? » Sa voix a des accents de panique, tout comme le regard effaré qu’il lance à Rafa et Eve et qui provoque une moue réprobatrice chez Santina : « Allons, Finnegan, sois raisonnable, Monsieur Chouvalov a raison, et puis tu as vu, il a donné sa parole ! » Sa parole, mon cul ! a envie de hurler le mafieux en cherchant à voir – inutilement, cela va sans dire – s’il n’y aurait pas moyen de se débarrasser de cette corde et à ce que Rafa mette la patate de sa vie à cet enfoiré de Volodia, tout en se dégageant du rayon de l'arme du russe, histoire d'éviter de se faire trouer la peau. De ce qu’il a cru entendre, Eve les aiderait bien, mais il faudrait faire vite, parce que sinon, ce sera foutu et il se sera déjà noyé. Mais aucun plan lumineux ne lui vient en tête, alors il reprend dans un gaélique très précipité, qui bouffe la moitié des mots : « Il faut que tu m’aides, Eve, je vais y passer si tu ne m’aides pas. Je ne sais pas nager… » Elle le regarde avec une drôle de tête, comme s’il se moquait d’elle, mais l’acteur n’a pas le temps d’expliquer quoique ce soit à son amante, alors il se tourne vers son second et ajoute d’un ton affolé :  « Dis-lui, toi, dis-lui que c’est vrai, dis-lui de le convaincre, je vais y passer s’il me balance vraiment là-dedans !  »

Parce que oui, c’est vrai, il ne sait pas nager, si bien que ce ridicule étang fait vraiment peur à Finn, encore plus que le flingue de Nikolai. Combien de fois a-t-il eu droit aux blagues de Rafa quand tout le monde profitait de la piscine, à LA, et pas lui, alors qu’il était le propriétaire ? "Et sinon, patron, vous voulez un barboteur ? Ou tenez, venez avec nous à Long Beach, la rousse qui vous plait bien sera là. C’est quand même con d’avoir un bassin pareil et de pas en profiter…", a-t-il souvent dit en se marrant comme une baleine, en évitant les torgnoles et les réprimandes un peu vexées, mais amusées, de son patron. Maintenant, il trouve ça beaucoup moins drôle...

A la vérité, Callahan n’a simplement jamais eu l’occasion d’apprendre à nager. Il n’y a pas de raison particulière à ça, juste le fait que s’il aime les paysages marins, il n’en a jamais eu besoin et qu’il préfère la terre ferme, et que de toute façon, il n’y a jamais eu personne pour lui apprendre. A force, conscient de ses propres lacunes, le mafieux a développé une vraie méfiance, pour ne pas dire une véritable aversion, envers l’eau, que lui appelle prudence, et qu’il dissimule honteusement, par crainte des moqueries ou de passer pour un idiot. Mais l’heure n’est pas seulement à trouver la situation ridicule. Elle l’est à l’évidence, mais il aimerait même plutôt que tout le monde, à commencer par Eve, qui est la seule à avoir prise sur son oncle, panique avec lui, et essaye de l’aider.

Car pendant qu’ils discutaient, Nikolai a déjà décidé pour eux. Il soupire et secoue la tête, puis déclare en haussant un peu le ton : « Ça aurait pu être simple pourtant…Boris, la corde. » Finn a juste le temps d’articuler : « Attende…non ! » qu’il se retrouve déjà en l’air, suspendu au dessus de l’eau, à se balancer à qui mieux mieux et à observer son public à l’envers. « Sainte Marie mère de Dieu… » Souffle-t-il en essayant, sans succès, d’attraper la corde pour se remettre à l’endroit, grimper, regagner une surface solide, ou à défaut s’accrocher à quelque chose. Peine perdue, et en plus, il réalise que tout tourne et qu’il est tout de même très loin du sol, ou en l’occurrence, de l’eau, ce qui qui lui fiche la nausée. « Oh la. Oh la la… » Ce n’est guère qu’un gémissement sourd, témoin d’une autre de ses peurs : le vertige qui le prend est incontrôlable. Il entend donc à peine Chouvalov lorsqu’il déclare :  « Tu vois que je suis sérieux, maintenant. Alors ? » Finn déglutit péniblement, essayant de calmer la panique dans sa voix, ce qui n’est pas facile vu sa position. Sa voix a donc des accents un peu hystériques lorsqu’il glapit : « Bon Dieu, Chouvalov, arrêtez ça, il va y avoir des conséquences ! Soyez raisonnable, enfin ! Puisque je vous dis qu’aucun ne nous deux ne veut ça et que votre nièce veut juste avoir… » La paix ? Un enfant avec lui, ce qui est difficile s’il est mort ? Mystère. Quelqu’un donne du mou à la corde et d’un coup, Callahan dégringole, oubliant de finir sa phrase, qui se perd dans un nouveau gémissement. « Mauvaise réponse. Tu veux reconsidérer la question ? » Gronde Chouvalov, alors que la sueur perle au front du mafieux. Pour être honnête, même si c’est assez honteux, il est à deux doigts de pleurer de terreur, même s’il tente encore d’avoir l’air bravache en rassemblant tout ce qui lui reste de courage pour répondre : « Putain de bordel de saloperie de flotte, allez vous faire foutre, vous, vos menaces et tout le…ah non, non, non, ça va, ça va, ça va, je vais le faire ! » Rafa dirait sans doute qu’il se complique la vie et qu’il aurait du dire oui depuis le début, mais bon : son second a toujours été plus raisonnable que lui. Ça explique sans doute pourquoi c’est lui qui se retrouve pendu par les pieds au dessus d’un lac, et pas O’Riordan, d’ailleurs. « Je n’ai pas entendu, Callahan. Tu disais ? » La voix de Chouvalov lui parvient de nouveau, goguenarde. Mentalement, Finn le traite de tous les noms dans toutes les langues qu’il connait, puis finit par céder : « Je vais lui demander, ça va, je vais faire ma demande, mais arrêtez de laisser filer cette putain de corde, par pitié ! » Un gros rire lui parvient. « A la bonne heure, nous t’écoutons. Rapidement, je te prie, je commence à perdre patience »

Quel autre choix a-t-il ? Il ne veut pas perdre Eve, ni mourir, et les deux sont assez largement liés s’il se noie. Et puis il ne sait pas ce qu’on fera à Rafa et à Santina s’il ne dit pas oui. Alors, même s’il se sent idiot, lorsqu’il parle, et lâche en plus, mais finalement les mots sortent, même s’il bute sur chacun d’eux : « Bon…euh…Eve…est-ce que tu veux m’épouser ? » Dis oui, pitié, qu’on se tire de là, dis oui, dis oui…il se surprend à prier, un instant. Avec angoisse, Callahan attend la réponse de Eve, qui parait ne jamais venir, presqu’autant que s’il était sincère, en fait, et il tombe de haut – métaphoriquement, heureusement – quand la réponse lui parvient enfin. « Comment ça, “non” ? » La suite de cette protestation indignée se perd dans un hurlement. Vitaly a manifestement laissé filer la corde et Callahan heurte la surface froide du lac sans plus rien n’entendre. Pas plus la réponse éventuelle de Eve, qui pourrait avoir envie de préciser que si elle ne veut pas l’épouser, elle ne veut pas qu’il meure, que Nikolai qui commente d’un ton paisible pour sa nièce, semblant la tester à son tour : « Si tu ne veux pas l’épouser, c'est que tu t'en moques, autant s'en débarrasser. » comme un test, que Santina, juste après, qui se charge de reprendre le volet indignation à son compte et qui se met à le défendre, retournant l’arme redoutable qu’est son sac à main avec force hurlements : « Vous aviez promis de ne pas lui faire du mal, vous aviez promis ! », ni Rafa qui lutte pour se libérer. Non, Finn se contente d’essayer de patauger, le souffle coupé. Il ne voit plus rien, et la panique le gagne. Plus il essaye de patauger pour se remonter à la surface, plus il se sent entrainé vers le fond, entravé par le poids de la corde et de ses vêtements qui l’alourdissent. Il se débat, lutte, fait tout ce qu’il peut, mais c’est inutile, voire contre-productif, et il coule d’autant plus. N’y tenant plus, il essaye de respirer, mais l’eau s’engouffre dans ses poumons, le privant d’air un peu plus. Et qu’est-ce qu’ils foutent, les autres, là-haut, est-ce qu’on ne va pas venir le chercher, tout de même ?

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Dernière édition par Finn Callahan le Lun 6 Déc - 11:57, édité 1 fois
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeLun 6 Déc - 11:43

La ballade du penduEve, Finn, Rafa


Impossible d’échapper à la poigne du dénommé Volodia. Rafa l’observe, cherchant à trouver une faille, mais ce type - ce gamin serait un terme plus juste, il doit avoir vingt ans à peine - ce type est un véritable colosse. Sa carrure contraste bizarrement avec son visage poupin et ses yeux bleus candides, mais il n’y a pas trace de candeur lorsqu’il souffle, après une énième ruade de son prisonnier : “Tu veux vraiment que je te fasse mal ? J’ai carte blanche pour te casser autant d’os que nécessaire et là, je commence à perdre patience”. D’un coup, Rafa cesse de se débattre, mais cela n’a rien à voir avec la menace proférée par le Russe ; c’est la vue de l’arme pointée par Chouvalov sur le patron qui a eu raison de sa résistance. Il écarte les mains en signe de bonne volonté, comme si ça pouvait inciter ce dingue de Russkoff à ranger son joujou… Mais Chouvalov semble trouver que le revolver est un accessoire qui lui va bien au teint, et c’est du canon de l’arme qu’il fait signe à l’un de ses sbires d’attacher la corde aux chevilles de Callahan. Comprenant la manœuvre, Rafa sent son estomac se nouer ; la flotte, c’est le pire ennemi du patron.

Le nombre de fois où O’Riordan, barbotant dans la piscine de la villa de L.A., a pu charrier Callahan en lui … le nombre de fois, aussi, où il lui a proposé de lui apprendre à nager - après tout, il a bien appris à ses frangins, dans les canaux dégueulasses de Dublin ! Ce n’est pas la façon la plus académique de nager, mais c’est efficace. Finn n’a jamais dit clairement non, mais ce n’était jamais le moment. Un jour, oui, il apprendrait. Mais là, il avait des choses plus urgentes à faire, et puis il ne faisait pas si chaud que ça, et puis… Et puis le voilà suspendu par les pieds au-dessus de ce lac, et Rafa, instinctivement, donne une nouvelle ruade qui ne fait même pas vaciller Volodia. La terreur qu’il devine chez Callahan le rend malade, et il se met à observer frénétiquement autour de lui pour essayer de trouver une solution. Peine perdue. Les gars de Chouvalov sont beaucoup trop nombreux, et armés, et Rafa devine qu’ils ont ordre de ne pas faire dans la dentelle si leurs invités s’avisent de broncher. Eve, peut-être ? O’Riordan cherche à croiser son regard, mais elle semble aussi démunie que lui. L’appel au secours de Callahan achève de glacer le sang de son second, et il ne peut rien faire d’autre que de marmonner une véritable litanie de jurons et de malédictions en tout genre. Volodia doit bien entendre quelques gracieusetés destinées à Chouvalov, mais Rafa n’en a cure. Tout ce qui compte, c’est que le patron se balance comme une poupée, à plusieurs mètres de hauteur, et qu’il est désormais blanc comme une merde de crémier. Et l’autre enfoiré de Chouvalov qui commente tranquillement la situation, exigeant une demande en mariage…

Putain, c’est grotesque, tout ça, et personne n’a l’air de s’en rendre compte. On ne menace pas les gens de mort - surtout d’une mort aussi atroce que la noyade - pour des choses aussi futiles… Rafa a beau être plus respectueux des convenances que son patron, il trouve tout de même que c’est accorder un peu trop d’importance au mariage. Mais on ne lui demande pas vraiment son avis, et il ne peut qu’observer, impuissant, la mise en scène signée Chouvalov. N’y tenant plus, il finit par crier à l’intention de Callahan :


-Mais faites ce qu’il vous dit, patron, bordel !

Cette intervention lui vaut un regard approbateur de Chouvalov, et, peut-être par réflexe, Volodia desserre un peu sa prise sur le dos de sa veste. Rafa se tient tranquille encore un instant, le temps d’entendre Callahan s’exécuter, enfin. Bon, on va y arriver… Le soulagement est de courte durée ; la réponse d’Eve tombe, implacable, tirant un
“mais putain !” étouffé à O’Riordan, et les choses s’emballent. Les Russes lâchent la corde, envoyant Callahan dans le lac ; sans prendre garde à ce que raconte Chouvalov, Rafa s’élance, profitant de l’instant d’inattention de Volodia, pour aller repêcher le patron.

Las ! Le grand Russe a du réflexe, et son prisonnier n’a pas le temps de faire plus de deux mètres qu’il lui a sauté dessus de tout son poids. La tête de Rafa heurte le sol, le nez le premier, et Volodia le force à brouter un peu la pelouse pour le punir de sa tentative de fuite. Quelque chose dans son bras craque lorsque Volodia le relève avec une brutalité inutile pour le ramener à leur point de départ. Le visage couvert d’un charmant mélange de sang, de terre et d’herbe, Rafa ne pense même pas à s’essuyer, ou à masser son épaule endolorie - parce que c’est là, définitivement, que ça a craqué. Il reste pétrifié, fixant la corde qu’il voit s’agiter au rythme des soubresauts du patron. Pour un peu, il en chialerait, de ne rien pouvoir faire. Sans quitter du regard corde qui remue de moins en moins, il lâche, dans son gaélique un peu laborieux :


-Eve, fais quelque chose, y a que toi qui peux…
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeMar 7 Déc - 0:49

❝ Finn, Rafa & Eve ❞La ballade du penduLa situation est ridicule. Tout le monde en convient, sauf peut-être Nikolaï et Santina qui, datant d’un autre âge, semblent penser qu’aucune action n’est assez musclée pour forcer Finn et par extension Eve à entrer dans le droit chemin. Du côté des hommes de Chouvalov, on ne se pose pas la question. En dehors des lieutenants tels que Vitaly, on est pas payé pour penser mais bien pour exécuter. Si on trouve la démarche ridicule, on le garde pour soi et on prend bien soin de ne pas se mettre le patron à dos. De toute façon, les Russes, bien plus traditionalistes que les Irlandais jugent que le chef est large. Un enfant dans le tiroir et laissée pour morte dans un hôpital alors que le père est parti se dorer la pilule aux USA, nul doute que si ça ne mérite pas la mort, une ou deux jambes cassées ne semblent pas de trop aux yeux des plus délicats. Puisqu’on ne leur demande pas leur avis, ils exécutent donc les ordres avec l’enthousiasme requis et bientôt Finn est attaché à la poulie, Eve et Rafa solidement encadré pour s’assurer de leur docilité.

De son côté, Eve est lasse et trouve la situation ridicule. Elle est en réalité tellement en colère contre son oncle qu’elle n’arrive pas à articuler un mot tant elle a peur que ceux-ci dépasse sa pensée et de créer une situation irréparable. Indépendante depuis ses dix-neuf ans, elle est passée par bon nombre de situations difficiles qui l'invitent à passer qu’elle n’a plus de compte à rendre à personne. Sa vie est marginale, mais c’est la sienne et personne ne la changera contre son gré. L’idée d’être forcée à faire des concessions pour satisfaire le sens des convenances de Chouvalov l’irrite au possible. Quant au fait qu’il joue à la fois sur le chantage affectif, mais aussi sur la menace pour les contraindre elle et Finn lui fait voir rouge.

Finn panique, elle le voit, mais elle ne comprend pas vraiment pourquoi. La situation est inconfortable, certes, mais il a sans doute du voir pire et elle aussi. Quant à l’arme de son oncle, la jeune femme reste persuadée qu’elle n’est là que pour le show tant Chouvalov ne se risquerait pas à tuer l’amant de sa nièce. Evidemment, Finn comme Rafa ne le savent pas, elle comprend donc qu’il y ait un certain doute, mais pas une panique pareille. Une question d’ego, songe-t-elle en le voyant se tortiller. Personne n’aime être vu dans une position aussi précaire, encore moins quand il faut défendre sa position de chef de clan.

Céder et la demander en mariage ? Finn semble juger ça aussi ridicule qu’elle et ne cède pas ce qui la conforte dans l’idée qu’aucun d’eux ne cédera. C’est sans compter sur la persistance de Nikolaï, bien décidé à obtenir gain de cause et de Rafa qui, immobilisé par Volodia, finit par crier au patron de faire sa demande. Au milieu de tout ce raffut et avec son gaélique vacillant Eve comprend que Finn lui demande d’intervenir, mais loupe l’information essentielle : il ne sait pas nager ! Raison pour laquelle, elle ne peut que le regarder avec des yeux ronds quand il finit par céder. Déçue que ça ait pris aussi peu de temps, elle reste un instant silencieuse avant de rendre son verdict :

- Non. Hors de question ! Vous pouvez aller vous faire voir.

La tête de Rafa comme celle de la vieille matrone se décomposent, il n’y a que Nikolaï qui ne perd pas sa superbe, un peu comme s’il s’y attendait. Il connaît sa nièce si bien qu’il aurait été surpris de la voir céder sous la menace. Ca lui tirerait presque un sourire appréciateur, mais ne le freine pas pour autant. Elle ne veut pas ? Très bien, dans ce cas tant pis pour Finn. Il suffit d’un signe et Vitaly laisse filer la corde provoquant la chute de Finn et les cris de Santina ainsi que Rafa. C’est d’ailleurs ce dernier qui finit par lui faire comprendre que Callahan est loin de jouer la comédie et qu’il ne s’en sort pas. Elle blanchit et sans prendre la peine de parler gaélique, elle s'énerve en anglais :

- Comment ça il ne sait pas nager ?

Parce qu’elle comprend à retardement ce qu’elle n’avait pas compris tout à l’heure. L’homme qui la surveillait ayant probablement compris ce qu’elle avait l’intention de faire, s’avance pour la ceinturer, mais la patience d’Eve est arrivée à son terme. Sans compassion, elle donne un coup de coude dans le visage et le pousse avec violence avant de se lancer dans l’eau en jurant.

Il ne faut pas longtemps pour rejoindre Finn et l’aider à hisser sa tête hors de l’eau, mais il panique et n’est pas en état de comprendre qu’on l’aide à sortir. Si le ramener sur le bord du lac ne pose pas trop de problème, essayer de le hisser hors de l’eau en est un autre. Son oncle est au prise avec Santina qu’il rassure entre deux cris indignés et Rafa n’est pas beau à voir, Volodia le ceinturant toujours. Nikolaï fait signe à deux de ses hommes qui l'aident à hisser Finn hors de l’eau tandis que celle-ci sort du lac. Trempée, elle jette un regard mauvais autour d’elle et se dirige vers Finn que l’on vient de déposer sur le sol. Il n’a pas bonne mine et quoique ça ne se voit pas vraiment, Eve n’est pas à son aise. Avec l’aisance de quelqu’un qui a dû le faire trop souvent, elle prend son poul, ouvre ses paupières et l’aide à dégager ses voies respiratoires en lui faisant cracher l’eau qu’il a avaler. On pourrait presque y voir un geste tendre dans la façon dont elle repousse ses cheveux et l’aide à se mettre assis tandis qu’elle-même se relève.

Maintenant que Finn est momentanément hors de danger, il lui faut un responsable et c’est vers Vitaly qu’elle se tourne en premier. C’est lui qui a lâché la corde et même s’il ne fait qu'exécuter les ordres, il est responsable. Contrairement à Rafa et Finn, Eve n’a pas été désarmée, personne n’aurait osé, mais elle ne sort pas son arme - ce qui serait singulièrement contre-productif dans la situation présente - et se contente de mettre son point dans la figure du second. Ils savent tous les deux qu’ils paient pour Nikolaï, mais ça fait un bien fou.

- Refais ça encore une fois Vitaly et j’en oublierai que je t’apprécie autant.

C’est au tour de Volodia de subir son ire, elle s’approche dangereusement, s’arrêtant à quelques pas avant. L’homme ceinture toujours Rafa qui semble mort d’inquiétude.

- Ça suffit maintenant, lâche le Volodia. Je suis fatiguée de ce petit jeu.

Eve a beau être la nièce du patron, elle ne dirige pas, pourtant, elle n’est pas à contrarier si bien que Volodia hésite tout de même, mais pour le moment, Nikolaï n’intervient pas.

- Je ne le répéterai pas une seconde fois. Fais le ou je te jure que tu le regretteras.


Dans l’état d'énervement où elle se trouve, elle pourrait planter quelqu’un si on venait à trop la titiller. Est-ce que Volodia le sent où est-ce que c’est l’absence de réaction de son supérieur qui l’incite à céder ? Eve n’en sait rien et n’en a cure. Toujours est-il qu’il relâche enfin Rafa. Il n’y a pas grand chose à dire, Eve comme lui ne sont pas de grands bavards et la plupart des choses passent par le regard. Il est aussi en colère qu’elle, ils ont eu peur aussi, mais il est encore moins en position qu’elle de s'énerver. Aussi ne peut-il que la laisser pousser sa gueulante pendant qu’il s’assure que son patron va bien.

Nikolaï est le dernier vers qui elle se tourne et il lui faut toute l’affection qu’ils se portent pour qu’elle arrive à ne pas lui hurler dessus. C’est d’ailleurs peut-être pire. Les hurlements, on sait d’où ils viennent et c’est finalement plus facile de passer au-dessus de ça que de la froideur que déploie Eve à l’égard de sa seule famille.

- Que ça soit bien clair entre nous. C’est la dernière fois. Et j’insiste, la dernière que tu interfères dans ma vie comme ça. Tu peux t’inquiéter, ne pas aimer la façon dont j’ai choisi de vivre ma vie, maman avait aussi ses réserves et je le dis ici poliment sur tes choix de vie, mais la prochaine fois que tu fais quelque chose comme ça, considère qu’on ne fait plus partie de la même famille. J’espère que je me suis bien fait comprendre ? Finn pourrait le proposer sur tous les tons que je dirais non à chacune de ses demandes en mariage. C’est MA vie et j’apprécierai qu’on me demande mon avis. A aucun moment tu ne t’es posé la question de savoir ce que je voulais et à cet égard, tu n’es pas mieux que lui quand il est parti.

Loin d'apprécier d’être remballer par sa nièce devant ses hommes, et qu'on lui rappelle que sa sœur était loin d'approuver son choix de vie, Chouvalov croise les bras et son expression se durcit.

- Non Noushka, je ne suis pas d’accord. On a assez joué. Les hommes de son cousin t’ont laissé pour morte et tu voudrais que je fasse comme si de rien n’était ? Non c’est hors de question. Je me trouve encore généreux en proposant de passer l’éponge s’il fait amende honorable. C'est parce que tu sembles l'aimer autant qu'il ne finit par avec une balle à l'arrière du crâne.
- On ne peut pas le tenir responsable pour ce que Montenza a fait et pour le reste, c’est à moi de décider comment il se fera pardonner.

Elle tourne le dos à son oncle et se dirige vers Finn et Rafa. Toujours en colère son premier réflexe est de râler à voix basse :

- Bordel, mais comment ça se fait qu’il n’ait jamais appris à nager,
grogne-t-elle à Rafa. Tu m’as fait une frousse bleue imbécile.

Et pendant qu’elle morigène Finn, Santina de son côté à arrêté de tapper et de juré, soudainement consciente que Ludovico n’est probablement pas mort comme elle le pensait.

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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeDim 12 Déc - 23:27



La ballade du pendu
Eve, Rafa & Finn
Pour être honnête, Finn est absolument incapable de se rendre compte que Eve essaye de l’aider. A vrai dire, il ne se rend même pas compte que c’est Eve, de toute façon. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il se noie, que cette putain d’eau glacée entre dans ses poumons à gros bouillons, l’aveuglant et l’empêchant de respirer, et qu’une sorte de force mystérieuse le fait bouger, mais savoir si elle l’entraine au fond ou le tire vers la surface, même pas la peine d’y penser. A force, Callahan s’épuise, et il sombre. Pas très longtemps, cela dit. La lumière du jour lui parvient violemment d’un coup, un instant seulement avant qu’il ne se mette à tousser tout ce qu'il peut pour essayer d’aspirer de l’air, recrachant toute l’eau qu’il a avalé. Sonné, il lui faut du temps pour se ressaisir et comprendre qu’on l’a ramené sur la berge. Finn perçoit donc à peine Nikolai, qui le regarde d’un air sceptique face à la mine de chat mouillé qu’il arbore. S’inquiéter de savoir ce que Chouvalov va leur faire est pour le moment le dernier cadet de ses soucis. Il tremble, mais ce n’est pas vraiment le froid, il fait encore beau pour début septembre, mais bien le choc et le contre-coup de ce passage forcé dans l’étang, où il a cru qu’il allait y rester. La panique retombe en même temps que l’adrénaline : l’aide de Eve n’est pas de trop pour l’aider à s’assoir, épuisé comme il est. Son contact l’apaise en partie, comme l’inquiétude latente qu’il devine en elle. Finalement, une vague de reconnaissance l’envahit d’un coup lorsqu'il réalise qu’elle aussi dégouline d’eau. Avec difficulté, Finn articule à voix basse : « Tu es trempée…C’est toi qui est venue me chercher ? » La réponse à la question tient de l’évidence. C’est peut-être d'ailleurs ce qui lui fait oublier tout ce qu’il s’est passé avant qu’il n’en vienne à plonger dans le lac, sinon Callahan se mettrait sans doute bien plus en colère.

C’est que pour le moment, ils ont d’autres sujets de préoccupation, qui sont bien plus prioritaires, comme tirer Rafa des griffes de Volodia, ou se tirer de là tout court. Malheureusement, Finn doit bien avouer qu’il n’a toujours pas le début de la moindre idée de comment ils pourraient bien s’y prendre, surtout que dans son état actuel, il n’est pas convaincu de pouvoir faire quoique ce soit, sinon d’essorer ses vêtements sur les russes. Pourtant, il voudrait bien. Voir son second ainsi ceinturé, dans un état qui lui semble pitoyable et qui le met autant en colère qu’il lui fend le cœur, achève de le réveiller. L’impossibilité d’agir dans laquelle l’acteur se trouve – ça ne se passerait pas comme ça, à Kilburn, s’ils s’y mettaient à un contre un, à la loyale, tous des enfoirés et des faux jetons ces russes – en est d’autant plus frustrante. Heureusement, Eve, bien mieux placée qu’eux pour rétorquer, s’en charge très efficacement. « Ben mes aïeux… » Siffle le mafieux, admiratif, alors que Rafa vient le rejoindre, avant d’ajouter dans un murmure rêveur. « C’est pour des moments comme ça que je l’aime. »

Il est vrai que le poing dans la figure que s’est pris Vitaly était magistral et qu’il les venge assez efficacement, même si Callahan adorerait mettre la petite sœur à Chouvalov lui-même. Il faut dire qu’en d’autres circonstances, tout ça serait suffisant, puisqu’il a survécu, pour déclencher des représailles et même une ou deux batailles rangées entre son clan et celui de l’oncle de Eve, car ce qu’a fait ce dernier équivaut concrètement à une déclaration de guerre. Là encore, leur situation est trop précaire pour tenter quoique ce soit, et même s’ils pouvaient le faire, le vieux parrain reste l’oncle de Eve. Finn tente donc de modérer sa colère, préférant converser à voix basse avec Rafa. Sait-on jamais, il aura peut-être une idée pour se sortir de là et lui éviter de se mettra à hurler. La simple idée d’être ridicule ne l’en dissuade en effet pas tout à fait, tant il a du mal à contenir son indignation. D’ailleurs, l’acteur préférerait largement qu’on le laisse en paix par rapport au fait qu’il n’ait pas su s’en sortir tout seul et à la panique qui l’a saisi, alors il finit par bougonner à mi-voix, tâchant de rassurer O’Riordan par la même occasion : « Ca va, je vais bien, t’en fais pas, plus de peur que de mal… » Du bout des lèvres, Finn ajoute en tachant de voir s’il peut essorer ses manches, aussi honteux d’avoir attiré Rafa dans cette situation que de l’avoir inquiété, mais plus encore d’avoir a posteriori donné raison à O’Riordan. « Peut-être bien que je regrette de pas t’avoir écouté à LA. » Oui, il aurait du apprendre à nager, oui, il a procrastiné et évité le sujet ou de se confronter à ce qui, d’une simple incapacité, est devenu une terreur, oui il en a payé le prix et oui à l’heure actuelle il n’a plus aucune crédibilité, mais qu’il soit damné s’il le reconnait ou qu’il s’éternise sur la question, et évidemment, le premier qui se moquera de lui prendra, au mieux, une taloche. Peu désireux de s’étendre sur le sujet, même s’il est reconnaissant à Rafa de ne pas être moqueur, il ajoute en fronçant les sourcils : « Bordel, par contre, il t’a pas raté, Volodia. Ton épaule est pas déboitée, ça va aller ? Ça se repaiera, ça. » Comment, il ne sait pas trop. Mais ça va se payer.

En tout cas, au moins une fois qu’ils seront sortis de là, ce qui n’a pas l’air d’être gagné vu les éclats de voix entre oncle et nièce, un peu plus loin. Ladite nièce revient vers eux, d'ailleurs, reprenant ses habituels râlements. Et si Callahan sait que sur ce point, ils sont pareils, et que c’est l’inquiétude qui se manifeste ici chez Eve, il ne peut pas s’empêcher de lancer d’un ton sarcastique : « La faute à qui, on se demande…comme si moi je l’avais bien vécu. C’était pourtant clair quand je t’ai dis que je ne savais pas nager, non ? » Non, peut-être pas, mais il oublie parfois que ni Eve ni Rafa ne parlent aussi bien gaélique que lui. Et puis ce n’est pas vraiment le problème. Non, ce qui le pousse à son tour à râler, c’est tout ce qu’il s’est passé avant qu’il n’atterrisse dans le lac, et qui le fait déclarer d’un ton vexé : « Alors comme ça, tu ne veux pas m’épouser. » Il croise les bras, boudeur : « T’aurais pu dire oui, quand même. » Lui en veut-il vraiment ? Sans doute. Finn sait bien que Eve ne voulait pas, mais si la situation avait été inverse il aurait sans doute dit oui parce que c’était une impasse : tout s’arrangeant, sauf la mort, un mariage, ça restait quand même bien moins grave qu’une noyade. C’est ce qui le fait siffler ensuite à voix basse, mais oubliant un peu qu’ils sont en public et qu’on (surtout Rafa en fait) peut les entendre : « Oui, j’ai bien compris que tu ne veux pas, et moi non plus je ne veux pas, mais il m’a semblé que c’était un peu accessoire par rapport au fait que je risquais de me noyer, le mariage, tu vois. Mais je note que je ne vaux même pas la peine que tu mentes. Et après tu dis que tu veux un enfant avec moi ? Eh bah...» Ce sont des paroles dures, il le sait. Au fond, il sait bien qu’elle ne voulait pas ça et qu’il lui fait peut-être un mauvais procès. C’est la peur et la frustration qui parlent, additionnées au fait d’avoir eu peur de ne pas valoir assez pour elle, et il finit par lâcher, bégayant un peu : « Merde, Eve, j’ai cru que j’allais crever, me refais jamais un coup pareil. » Sa main cherche la sienne pour la serrer, pauvre geste affectueux alors qu’il voudrait juste poser la tête contre son épaule et oublier tout le reste, à commencer par cette chemise humide et poisseuse qui lui colle à la peau. Il plante un instant son regard dans le sien, et conclut avec sérieux : « Merci d’être venue me repêcher. Et désolé de t’avoir fait peur. »

Son regard se perd un peu, ensuite, et tombe sur Santina, qui parait soudainement encore plus vieille que son âge, bien plus fragile et perdue aussi. Ça le rend soudainement triste, et il réalise que la conversation qu'elle a entendue avec certainement réellement de quoi l'ébranler : « Oh…excuse moi. » Il se lève pour rejoindre la cuisinière de son oncle, maudissant ses chaussures pleines d’eau qui font flic et floc et enlèvent toute forme de solennité à ce moment. Il s’arrête devant Santina et pose les mains sur ses épaules : « Je suis désolé, Santina. Il nous avait trahi… » Il ne dit pas que ce n’est pas lui qui a tué mais Eve. En fait, il ne dit rien, il écoute juste la vieille dame lui répondre dans un italien larmoyant : « Ton oncle disait qu’il était perdu depuis longtemps. Mais c’était mon petit… » Et puis tout le reste, qu’elle comprend, que c’était son enfant, mais que elle, elle a fait accouché Ludovico, et qu’il n’était pas si mauvais que ça à l’origine, et qu’elle sait…« Je sais, grand-mère, je sais… » Murmure juste Finn en retour en la serrant dans ses bras, toute querelle et reproches sur son attitude avec Eve (provisoirement) oubliés. Oui, il sait que ça fait mal, lui aussi a du faire ce deuil là en se rendant compte que son cousin n’étaient pas la personne qu’ils croyaient tous qu’il était. Il la berce gentiment, lui soufflant quelques mots de réconfort en italien, avant de lancer pour Rafa : « Il faut qu’on la ramène…c’est trop. » Sauf que, évidemment, les russes ne l’entendent peut-être pas de cette oreille, quoique Nikolai ne semble plus trop avoir de velléités belliqueuses depuis les réprimandes de sa nièce. C’est donc vers Eve que Finn se tourne, interrogateur : « Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’il nous laisse partir ? »


(C) CANTARELLA.

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Dernière édition par Finn Callahan le Mer 22 Déc - 23:13, édité 2 fois
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeLun 13 Déc - 15:40

La ballade du penduEve, Finn, Rafa


Évidemment, Volodia ne fait qu’exécuter les ordres, le petit fumier - petit étant bien le dernier qualificatif qu’on songerait à lui donner, du reste. Si Rafa était objectif, il conviendrait que le gamin a exactement le comportement attendu d’un homme de main, le même - et c’est peut-être le plus difficile à avaler - que Callahan est en droit d’exiger de chacun de ses gars, son second en tête. Obéir sans réfléchir - car réfléchir, c’est déjà presque contester - et même y mettre un peu du sien, manière de montrer qu’on fait partie du clan, qu’on prend à cœur ses intérêts, qu’on n’est pas juste là parce qu’il y avait de la lumière. Rafa n’est pas le dernier, lorsque c’est nécessaire, à ajouter sa touche personnelle, sa petite mandale en bonus, juste pour enfoncer le clou et appuyer les dires du patron. Pile ce que vient de faire Volodia en lui enfonçant sans ménagement le museau dans la pelouse, en somme - sauf que venant de lui, c’est malheureux à dire, mais c’est malvenu. Autant que la mauvaise foi habituelle de Rafa, c’est la douleur qui parle, l’espèce d'engourdissement qui lui a saisi le bas du visage. Petite pute, songe-t-il en essayant, encore une fois, d’échapper à la poigne du Russe. Ça se paiera, mon gars. Même si tu ne fais qu’exécuter les ordres, ça se paiera.

En attendant, l’autre ne bronche pas d’un iota malgré les tentatives de fuite de son prisonnier, qui ne semblent provoquer chez lui qu’un vague agacement. Il ressemble à une sorte d’ours intrigué par les gesticulations d’une souris - c’est en tout cas l’effet que ça doit faire, de loin. Ça doit même être un peu ridicule, mais personne, Dieu merci, ne s’intéresse à eux. Tous les regards sont tournés vers le lac, dans lequel Eve vient de plonger et dont elle sort, à grand-peine, un Callahan à moitié noyé. Oubliant un instant son ange gardien, Rafa essaie de s’élancer, mais Volodia, stoïque, ne s’en laisse pas compter. Il faut l’intervention d’une Eve écumante de rage - bien fait pour ta tronche, Vitaly - pour qu’O’Riordan recouvre enfin la liberté. Apparemment, Volodia n’a pas envie de voir si la nièce du patron en a encore sous la pédale, et il bat en retraite, abandonnant son prisonnier.


-Je comprends, c’est pas toutes les gonzesses qui font ça. Et vous savez quoi ? C'est encore mieux quand c’est pas moi qui prends la beigne, commente Rafa à mi-voix en s’agenouillant auprès de Callahan. Ça va, patron, pas trop secoué ?

Pas la peine d’épiloguer, ils ont eu une trouille terrible, autant l’un que l’autre - surtout Finn, dont Rafa connaît la peur panique de l’eau. Il évite tout commentaire sur ce qui vient de se passer, et se contente de donner une tape amicale sur l’épaule du patron lorsque celui-ci avoue qu’il regrette de ne pas l’avoir écouté. Encore une preuve qu’il faut toujours écouter ses bons avis. En attendant, la meilleure chose à faire n’est certainement pas de ramener sa fraise, mais de compatir.

-Cigarette ?

Évidemment, cigarette. Callahan et son second vivent de tabac, et encore plus dans les moments angoissants comme celui qu’ils viennent de traverser.

-Ouais, il m’a pas raté, confirme Rafa en tâtant du bout des doigts son visage un peu engourdi par le coup. J'pense pas que ce soit cassé, Eve pourra sans doute m’arranger ça, mais je vous jure que si j’ai l’occasion, je lui pète le nez.

La suite ne le regarde pas vraiment, puisqu’Eve, ayant copieusement engueulé son cher tonton, revient vers eux et qu’une discussion s’engage entre elle et Callahan ; mais en homme habitué à intervenir quand bon lui semble, il déclare, en lui tendant, à elle aussi, son paquet de clopes :

-C’est vrai que t’aurais pu faire un effort et mentir un petit coup, Eve.

Et c’est lui, un ancien Poufsouffle, une maison connue pour sa droiture, qui doit lui expliquer ça ! Le monde à l’envers, m’sieurs-dames. Laissant les amoureux à leur conversation, Rafa se relève, défiant du regard Volodia qui semble ne pas le voir, planqué derrière Chouvalov. Tous les Russes présents, hormis le grand patron, font de leur mieux pour avoir l’air de ne pas être là ; c’est à qui regardera le ciel, à qui contemplera le bout de ses pompes. Seul Nikolaï continue de fixer Eve et Callahan, le visage impassible. Qu’est-ce que tu mijotes, vieille bique ? Rafa jette un coup d’oeil en direction de Finn qui tâche de réconforter Santina, et puis, n’osant finalement pas tenter le coup de bluff avec Chouvalov en personne, s’adresse à Vitaly, très décontracté en apparence, comme à chaque fois qu’il ouvre son infernal clapet :

-Eh bien, mon bon, je crois que nous avons assez abusé de votre hospitalité. Vous aurez la gentillesse de nous faire raccompagner jusqu’à notre bagnole. Monsieur Chouvalov n’aura pas le cœur de priver de soins une dame âgée qui vient de vivre un grand choc, et c’est tout à son honneur.


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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeMer 22 Déc - 21:53

❝ Finn, Rafa & Eve ❞La ballade du penduDe mémoire d’homme, Eve ne se souvient pas avoir été aussi furieuse depuis longtemps. En tant que femme, elle est pourtant habituée aux outrages des hommes et à leur ingérence dans la vie des femmes. Elle a beau ne pas être ordinaire et faire à peu près ce qu’il lui plaît, même elle ne peut pas échapper à l’attention indésirable d’un membre du sexe opposé pensant mieux savoir qu’elle ce qu’il lui faut pour être heureuse. Un constat qui ne manque pas de l’exaspérer. Que faut-il donc à une femme pour qu’on la laisse en paix ? Une question qui ne trouvera pas de réponse aujourd’hui. Ca ne l’empêche pas d’expliquer très vocalement à son oncle ainsi que les autres hommes présents ce qu’elle pense de leur manigance. Qu’importe ce que demande dieu et l’honneur, Eve n’a pas l’intention de courber l’échine devant qui que ce soit. Prétendre reste son travail et avec une rigidité que n’aurait pas renié un Gryffondor, elle se refuse à le faire dans le cadre de sa vie privée.

Trop choquée elle-même que pour répondre à la question rhétorique de Finn, elle le laisse pour mettre les choses au clair avec Vitaly. Rafa, enfin libéré des doux bras de Volodia, rejoint son amant, tandis qu’elle s’engage dans une discussion musclée avec son oncle sous le regard à moitié admiratif de ses deux compères. Sa tirade finie, elle ne tarde d’ailleurs pas à les rejoindre, laissant le soin à Chouvalov de panser son égo blessé. Il semble d’ailleurs ne pas être le seul si on en juge par les sarcasmes de Finn et sa tête un peu acide. Eve lève un sourcil circonspect comme si elle le défiait d’aller plus en avant dans ses récriminations. Après tout, elle pourrait fort peu charitablement lui rappeler que s’il n’était pas parti, rien de tout ça ne serait arrivé.

Jugeant qu’ils sont tous les trois relativement au fait de ce qu’on entrainé les décisions qu’ils ont prises tout au long de cette crise. Elle s’empare du paquet de Rafa et tire une cigarette qu’elle allume avec son briquet. Un rire lui échappe alors que Rafa la réprimande et elle s’entend marmonner :

- On aura quand même tout entendu, depuis quand les Poufsouffle sont partisans du mensonge ?

Qu’ils le veuillent ou non, même pour des sorciers aussi peu impliqués qu’eux dans le monde magique, se définir par leur maison à Poudlard reste un automatisme. Elle tire sur sa cigarette avant de répondre :

- Non, tu n’étais pas clair. Je parle gaélique à peine mieux que ce que tu parles russe alors tu penses bien que dans l’urgence du moment, je n’ai pas saisi ce que tu voulais dire ! Et puis de toute façon, comment je pouvais deviner que tu ne sais pas nager. C’est suicidaire de ta part. Comment ça se fait qu’il n’a jamais appris ?, demande-t-elle en se tournant vers Rafa

Pour peu, on croirait qu’elle parle d’un enfant, chose que Finn n’apprécie probablement pas. Cela dit, sa question ne manque pas de pertinence et il semble à la jeune femme que quand on fait des métiers comme les leur, on met toutes les chances de son côté pour savoir commencer survivre dans toutes les situations sans quoi on ne fait pas de vieux os.

- Non, je ne me voyais pas mentir, finit-elle par expliquer. Crois-moi, il aurait trouvé un moyen de me faire aller à l’autel si j’avais dis oui et de toute façon c’est une question de principe.

C’est peut-être une confiance excessive en ses capacités, mais la jeune femme à la certitude que rien n’aurait pu l’empêcher de plonger dans le lac si bien que si elle a en effet été inquiète, l’issue lui semblait tout de même certaine. Elle se sent donc un peu blessée par les paroles de Finn qui n’hésite pas à taper là où ça fait mal. Se renfrognant, elle regarde ailleurs, décidant de prendre Rafa à partie plutôt que de se lancer dans une dispute :

- Et puis comment ça se fait que tu ne transplanes pas ? Tu aurais pu faire un transplanage d’urgence plutôt que de vous faire choper comme des lapins.

Ce n’est pas aussi simple, elle le sait bien. Rafa, décidant de les laisser se lancer des mots doux, va faire faire la conversation à son homologue tandis que Eve hausse les épaules face à ce qui ressemble à un rameau d’olivier tendu par Finn.

- Je ne t’aurais pas laissé couler qu’est-ce que tu crois, finit-elle par répondre un peu vexé. Je n’ai pas toléré ton harcèlement constant pour te laisser t’en tirer à si bon compte, conclut-t-elle en prenant sa main

Ne comptez pas sur elle pour exprimer ses sentiments plus clairement que ça, en particulier alors qu’il y a tant de monde pour les observer. Rapidement, l’attention n’est plus focalisée sur elle et Eve laisse Finn discuter avec la vieille dame tandis que Rafa, un peu goguenard, n'hésite pas à réclamer leur voiture à un Vitaly un peu moins fier.

- Les clés,
demande-t-elle en russe sans répondre à la question de Finn.

Soupirant, Nikolaï hausse les yeux au ciel, mais fait signe qu’on lui amène. Un peu mesquine, Eve fait signe à Volodia de venir près d’elle et lui tend le trousseau.

- Ils ne sont pas en état de conduire. Tu n’as qu’à leur servir de chauffeur, ça t’apprendra à faire trop de zèle. Le trajet à intérêt à se passer sans accroc sans quoi j’en entendrais parler. Pour le reste, eh bien je suppose que tu trouveras bien un moyen de revenir tout seul.

A la question muette de son amant qui semblait considérer qu’elle partait avec eux. Elle explique :

- J’ai quelques petites choses à régler, mais allez-y, je serais probablement là avant vous de toute façon.


Si les autres trouvent sa déclaration étrange, elle sait que Finn et Rafa comprendront qu’elle veut transplaner. Laissant tout ce petit monde s’organiser, elle se dirige vers la maison accompagnée de son oncle et rapidement, la discussion reprend âprement en russe tandis que le reste des hommes restent en arrière. De ce qui s’est dit entre la nièce et l’oncle, nul n’en a jamais rien su, mais une chose est sûre, c’est d’un air épuisé que Eve entre au Cohan sous l’œil affolé de Liam et d’une partie des hommes de Finn déjà sur le pied de guerre. Interrompant Liam qui tente de lui expliquer que personne ne sait où sont passé le patron et son second, elle annonce :

- Tout le monde va bien. Pas besoin de se mettre en état de siège, par contre, Finn aura besoin de vêtements de rechange et ça ne serait pas inutile d’appeler le médecin pour Rafa.

Elle s’effondre sur un des sièges :

- Finn t’expliquera lui-même, met moi une bière en attendant, la journée a été longue.


Elle ferme les yeux sans prêter attention à l'œil médusé de Liam et des hommes de Callahan qui ne savent pas vraiment sur quel pied danser. Depuis quand la patronne donne des ordres et c'est quoi cette histoire ?
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeVen 24 Déc - 0:40



La ballade du pendu
Eve, Rafa & Finn
« J’ai connu mieux. Y a rien de plus traitre que la flotte, bordel. Ça et les putains de tarés qui trouvent les noyades marrantes…» Siffle Finn à la question de son second. S’il ne dit rien d’explicite, maintenant, il comprend d’autant mieux la terreur que Rafa a du vivre à Poudlard qu'ils  partagent cette sale expérience, à présent. A l’époque, il avait juste compati à cause de sa peur panique de l’eau, et été heurté par la violence de gens qui n’étaient gamins.  Pour cause, maintenant qu’il y repense. Sous leurs dehors de sang purs BCBG, ces sales gosses avaient des méthodes de mafieux.

Le mafieux accepte avec gratitude la cigarette de son second, même si elle le fait tousser, tant il peine à se remettre de son plongeon forcé :  « Ouais. On va en rediscuter, de ça, quand on rentrera… sans aller à la bataille rangée, ça m’emmerderait qu’ils s’en tirent comme ça, ceux là. » Au moins Vitaly et Volodia, oui, ça lui parait approprié. Difficile de faire plus et de s’en prendre à Chouvalov. Ceci dit, rien ne dit que ce dernier a renoncé à leur fait la peau. Ils ne peuvent compter que sur Eve pour l’en dissuader, ou se préparer à riposter si elle ne parvient pas à le convaincre. Même si elle n’a pas l’air d’humeur à se laisser faire.  

D’ailleurs, la voilà déjà qui revient. Encore sous le choc, le mafieux ne se prive pas de quelques remarques acerbes. Mais il ne veut pas vraiment d’une dispute, et retient nombre de commentaires qui pourraient alimenter celle-ci. Comme le fait qu’il n’a tout simplement jamais eu l’occasion d’apprendre à nager, on ne demande pas à certaines personnes pourquoi elles n'ont pas appris le gaëlique, ce qu’elles devraient faire…En réalité, dès lors que la jeune femme lui a dit qu’elle n’avait pas compris, la colère de Callahan s’est dégonflée comme une baudruche. Comme ce n’était pas volontaire, elle réussit même à le faire culpabiliser d’avoir pu le penser. Il regrette d'ailleurs déjà d’avoir appuyé sur le sujet sensible qu'est l’envie d’enfant dont lui a parlé Eve. Il renonce donc à demander à Rafa d’expliquer à cette dernière qu’au-delà du fait que celui-ci ne sait pas transplaner, ils ne pouvaient pas faire ça devant Santina, ou l’abandonner, et que finir en charpie ne le tentait pas plus que finir noyé. Puis à demander à son second de dire à Eve de cesser de faire comme s’il n’était pas là ou de le prendre pour un débile. Une fois O’Riordan parti, il oublie même volontairement de protester quant au fait qu’il ait soi-disant harcelé la jeune femme, se contentant de serrer une nouvelle fois sa main : « D’accord. C’est toujours bon à savoir, même a posteriori. Merci encore. »

Au moins, ça veut dire qu’ils peuvent partir. Amusé par l'insolence de Rafa, Callahan l’entraine, lui et Santina, aussi loin que possible des russes dès qu’ils le peuvent, se contentant d’un hochement de tête prudent pour Eve, rassuré à l’idée de la retrouver au Cohan, à la fois remerciement et salut. Il ne s’attarde pas sur Chouvalov et grince juste : « On traine pas, sait-on jamais qu’il change d’avis. Et on largue Volodia dès qu’on peut. » Ce n’est que arrivé à la Bentley que l’acteur retrouve de sa superbe : « Au fait, Rafa, je suppose que Volodia doit avoir deux ou trois autres de nos possessions. Du type flingue et couteau, j’ai raison ? Ah, je vois que oui. Tu veux bien nous les récupérer ? Merci bien. Allez, en route, à Soho, t’as entendu ce qu’a dit miss Talbot, Volodia ? »

Indifférent à la violence potentielle de son acolyte, que Finn estime de toute façon méritée, il s’installe aux côtés de Santina à l’arrière, revolver et cran d’arrêt sur les genoux. Le trajet lui-même se passe dans un calme étrange, à peine troublé par le bruits des aiguilles de la vieille dame, ou les voix des deux irlandais, Callahan pestant régulièrement contre ses fringues qui trempent le siège de sa voiture.

Une fois Santina déposée à Soho, les voilà enfin repartis pour le Cohan, où Volodia s’arrête sagement. Définitivement plus à l’aise, car un peu plus sec, Callahan claque sèchement les doigts : « Bien, maintenant, la plaisanterie a assez duré. Rafa, je te le laisse ? Je veux plus voir ça dans ma Bentley, ou dans Kilburn. » Dire que ça lui fait plaisir que ce sale gosse avec sa tête d’ange et sa pogne de bucheron se prenne la raclée qu’il mérite, ce serait mentir. Une fois entré dans le Cohan, on les regarde avec des yeux ronds. Puis on se précipite sur eux, c’est la confusion, et Finn a le plus grand mal à se faire entendre : « Ça va, les gars, tout va bien. Elle est là, Eve ? … Oh, ‘jour, doc’, qui vous a fait venir ? Non, non, ça va, je préférerais que vous regardiez Rafa. Un strap pour ma main ? Oui, bon si vous voulez, mais ça devrait aller. Des vêtements secs ? merci bien, Liam, tu peux me filer un whiskey avec. Mais d’où ça sort ? » Finalement, il parvient à se faire entendre. Puis Cohan lui explique l’arrivée de Eve, ainsi que ses instructions étrangement prophétiques, réalise-t-il, maintenant qu'il a vu arriver son patron trempé et Rafa en sang. Comment elle a pu savoir, la patronne, d'ailleurs ? Le brave barman conclut d’un air gêné : «…On voulait pas trop pour le médecin, mais elle a insisté, alors...par contre si elle donne des ordres, patron, vous savez, quand même, ce serait bien de nous dire si on lui obéir, on sait pas trop quoi faire, nous.»

L’acteur soupire, adressant un regard fatigué à Rafa, qui se fait examiner par le docteur Matthews. Oui, c’est gênant : admettre qu’elle peut le faire, c’est admettre leur relation, et en même temps ce sont ses hommes à lui, pas ses valets, mais d’un autre côté, remettre en cause ce que dit Eve, c’est aussi, un peu, s’en prendre à lui. Alors il finit par asséner  : « Bon, écoute, je voudrai bien me changer, alors on va faire simple. Tenez vous sur vos gardes, mais a priori, on part pas en guerre contre qui que ce soit ce soir. Pour Eve, partez du principe que si elle demande quelque chose, sauf si j’ai dit le contraire, vous lui obéissez, c’est pourtant clair, non ? Bon. Où est-ce qu’elle est, alors ? » Dans le fond de la salle, paraissant assez amusée, comme le lui montre Cohan. Finn lui adresse un signe de la main pour lui dire qu’il va la rejoindre, puis s’empare des vêtements secs proposés par Cohan. Il tape sur l’épaule de Rafa, lui faisant glisser un whiskey au passage : « Ça va, doc’, on va le sauver ? Fais voir, un peu ? T’as meilleure gueule que tout à l’heure. Tu nous rejoins quand il a fini, je vais monter. »

Puis il se dirige vers Eve tout en éclusant son propre verre, avant de lui demander gentiment : « T’as pu te sécher, alors ? Viens, on va discuter. » Ce n’est qu’une fois dans son bureau, la porte fermée derrière eux, qu’il se laisse un peu aller. Le stress retombe enfin, et de façon un peu impromptue, mais spontanée, le voilà qui se retrouve à poser son front sur l’épaule de la jeune femme, épuisé. Il ferme les yeux dans un soupir d’aise et de soulagement, avant de souffler : « Je suis lessivé…tu veux pas rentrer avec moi, après, une fois que j’aurais remis quelque chose ? Que tu ne sois pas venue pour rien jusqu’ici. » S’imprégner d’elle, de son contact et de son parfum le réveille. Callahan recule avec un sourire, un peu plus en forme. Se décidant enfin à se changer, il s’exécute sans réelle pudeur, Eve ayant déjà tout vu et même plus, discutant avec elle en même temps : « Au fait, verdict ? On est sorti d’affaire, alors ? » Il semblerait que oui, même si le temps où Nikolai le considérait comme le gendre idéal est définitivement révolu, et comme l’irlandais ne veut ni ne peut s’engager dans une guerre ouverte. On frappe alors qu’il termine de reboutonner sa chemise : « Entre, Rafa. Apparemment les choses vont mieux avec les russes. Devrait pas y avoir de guerre ce soir, non plus, si tu veux rentrer. On va peut-être faire ça aussi. Je crois qu’on a tous besoin de récupérer. » Ils ont peut-être mérité du repos, tous autant qu’ils sont, plutôt qu’une vendetta qu’ils ne peuvent pas gagner, dont Eve ne voudra pas et dans laquelle Finn n’est pas sûr de vouloir se lancer, même si c’est rageant. « On est bons ?» Conclut-il donc, espérant que sa proposition sera acceptée, en les regardant à tour de rôle.
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeJeu 30 Déc - 22:24

La ballade du penduEve, Finn, Rafa


L’espace d’un instant, Vitaly semble sur le point de coller une mandale à Rafa, manière de soigner son ego chiffonné par celle que lui a administrée Eve. Il est vrai que pour un type qui est encore le prisonnier de Chouvalov, l’Irlandais a un peu trop de caquet. Une constante chez lui, comme pourrait en attester Finn. Dès les premières minutes de leur rencontre, il avait déjà posé le diagnostic : “Tu parles trop, gamin”. Une tendance qui ne s’est pas arrangée avec les années, qui agace parfois le patron, mais qui à cet instant semble l’amuser. Du coin de l'œil, Rafa le voit sourire, et il se dit, fiérot, que s’il peut changer un peu les idées de Callahan, c’est toujours ça de pris. Il toise donc Vitaly, sans s’inquiéter d’une éventuelle torgnole - mais le Russe décide tout à coup que ça n’en vaut pas la peine et il se détourne de Rafa pour se mettre à converser avec Chouvalov dans leur patois du démon. Il faut l’intervention impérieuse d’Eve pour qu’on leur rende enfin les clés de leur voiture ; apparemment, personne n’a envie de la voir se remettre en rogne, surtout pas son tonton qui a compris qu’il aurait fort à faire pour gagner son pardon.

Volodia ne semble pas enchanté de devoir servir de chauffeur aux trois invités, mais il n’ose rien dire et leur emboîte le pas, la tête basse. Rafa pousse la mesquinerie jusqu’à se faire ouvrir la portière, comme un bourgeois, histoire de montrer que les mouches ont changé d’âne, avant de relayer l’ordre du patron :


-C’est vrai, ça, Volodia, t’as encore nos flingues et nos crans d’arrêt… Allez, mon pote, tu vides tes poches. Merci. Tenez, boss.

Rafa grimace en se tournant vers Finn, installé sur la banquette arrière, pour lui rendre ses armes, mais il ne dit rien. Question d’orgueil, il ne veut pas se plaindre devant le Russe. Au lieu de quoi, il tire un mouchoir de sa poche et entreprend de faire une toilette sommaire, sans appuyer trop parce que son nez lui fait mal. Il parvient à enlever le plus gros de la terre et des traces d’herbe, pas le sang séché pour lequel il faudra de l’eau - mais c’est déjà mieux. Santina s’est remise à tricoter comme si de rien n’était ; Volodia garde un silence farouche, Rafa, occupé à sa toilette, puis à jouer avec son Beretta, n’intervient, en gaélique, que lorsque le patron râle pour la première fois contre ses fringues trempées :


-Normalement, y a un costard de rechange dans le coffre, patron.

En second prévoyant, il a depuis longtemps appris que c’était l’une des choses à toujours avoir à disposition, mais Callahan réplique qu’il ne va pas se fiche à poil devant tout le monde. Par réflexe, Rafa hausse les épaules - mauvaise idée, ça fait mal - et ne dit plus rien jusqu’au Cohan, l’esprit occupé à tout un tas de réflexions. Lorsque la Bentley s’arrête enfin devant le pub, il attend, encore une fois, que Volodia vienne lui ouvrir la porte, et il hoche la tête aux ordres de Finn :

-Soyez tranquille, patron, je m’en occupe.

Malgré ses presque deux mètres, Volodia n’en mène pas large face au sourire carnassier de sa victime, mais il n’essaie pas de fuir. Rafa laisse durer un peu le suspense, caressant nonchalamment la crosse de son Beretta, avant de lâcher sèchement :

-Tu sais quoi ? J’ai même pas envie de te foutre une rouste. Allez, casse-toi, je t’ai assez vu.

L’autre ne se fait pas prier, et Rafa attend qu’il soit hors de vue pour entrer au Cohan. En réalité, ça ne lui aurait pas déplu de coller son poing dans la gueule de cet enfant de putain, mais son épaule est désormais vraiment engourdie et il n’est pas certain de pouvoir cogner. Plutôt avoir l’air magnanime que faible, songe-t-il en saluant Slim qui lui ouvre la porte.

À l’intérieur, c’est la cohue, mais Matthews, le toubib, parvient à dominer la mêlée pour être le premier à s’approcher de Rafa. Il sait déjà que c’est l’épaule qui pose problème, ce qui confirme qu’Eve a dû lui parler, et il entraîne son patient à une table dans un coin en lui ordonnant de se déshabiller. Liam, obligeamment, apporte de l’eau tiède et quelques torchons pour permettre à O’Riordan de se nettoyer la figure ; ne manque qu’un verre, et c’est le patron en personne qui le dépose en venant s’enquérir de l’état de son second. Matthews le rassure avec sa verve habituelle :


-Oh, c’est pas encore aujourd’hui qu’on l’abat, il est solide, le type !

Rafa se marre en l’entendant, mais son rire se change en grimace quand le doc entreprend de remettre en place l’épaule que ce con de Russe a gentiment déboîtée. Nouveau craquement, et puis le toubib l’autorise à se rhabiller et s’intéresse à son nez.

-C’est pas cassé, t’as de la chance. Je nettoie et je te libère.

Le visage enfin propre, le bras en écharpe, Rafa remercie le toubib et monte rejoindre Eve et le patron. Une fois dans le bureau, il peut, enfin, allumer une cigarette, loin de la présence moralisatrice du médecin. Il faut bien ça pour saluer la nouvelle que lui annonce Finn : pas de guerre contre les Russes, du moins pas dans l’immédiat.

-Très bien, parfait, commente O’Riordan à mi-voix, un peu sonné par la journée qu’il vient de passer. Ça me va très bien, tout ça. Et puisque c’est vous qui le proposez, patron… je vais rentrer, ouais. Paraît que j’ai besoin de repos, qu’il a dit le docteur. Et vous savez quoi ? Cette saloperie (il montre son bras en écharpe), je suis censé la garder au moins dix jours. Mais bon, demain, je vire ça, conclut-il d’un air bravache.

Le temps de vider son verre et de terminer sa clope, et il décolle, décide-t-il en se laissant aller contre le dossier du fauteuil, les yeux fermés. Un frémissement de tissu le rappelle à la réalité. Callahan, encore pieds nus et en chemise, s’est approché d’Eve, et Rafa se lève précipitamment :


-Minute, papillon. J’en ai assez vu pour aujourd’hui, moi. Vos Altesses, je vous tire ma révérence.


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