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 La ballade du pendu + Eve & Rafa

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeJeu 25 Nov - 0:35



La ballade du pendu
Eve, Rafa & Finn
C’est jour de marché à Kilburn, où Finnegan et Rafael ont emmené Santina faire ses courses, et maintenant ils en reviennent. Callahan débite avec son enthousiasme habituel ordres et commentaires pour son second, qui conduit. C’est qu’il est bien plus heureux maintenant que Rafa est revenu, et qu’il a déjà une soirée ou deux de réservées pour diner avec Eve, même s’il ne sait toujours pas bien ce qu’il va lui dire. « Ce type qui proposait des paris sur les lévriers là, on le connait pas, j’ai pas rêvé ? T’essaies de me régler ça dans l’après-midi pendant que je suis au Gaumont ? J'emmène Santina. Pas méchamment, hein, Rafa, Kathy O’Neill m’a dit que c’était un gamin qui venait de débarquer de Belfast, dis-lui seulement de se mettre en règle. Enfin, ça attendra après déjeuner, j’espère que Liam a fait sa tourte…qu’est-ce qu’il fout en travers de la route, celui-là ? »

La dernière question est adressée à Rafa, alors que Santina continue paisiblement à tricoter, et concerne une grosse berline noire qui bloque effectivement la rue devant eux. Ça pue le traquenard, et Finn ne le comprend que trop tard. Avant qu’il n’ait eu le temps d’analyser la situation, Vitaly, le second de Chouvalov, et Mikhail, qui sert parfois d'intermédiaires dans les affaires des deux clans, sont déjà sortis et sur eux. « Recule, putain, Rafa ! » C’est la seule chose à faire, mais là encore, c’est trop tard : la portière s’ouvre violemment et on le chope par le col pour le sortir manu militari de la Bentley. « Tirez-vous, bon Dieu ! » Si lui ne s’en sort pas, il refuse d’entrainer Rafa et Santina là-dedans.  Callahan grogne et rue, cherche à se saisir d’une arme, n’importe laquelle : son Beretta, c’est injouable, mais si seulement il pouvait choper son cran d’arrêt ! Il y est presque, mais Vitaly est plus rapide. le couteau vole en même temps qu’il se prend un coup magistral en pleine poire, qui l’envoie sur le bitume, sonné.

Du coin de l’œil, il voit, à l’horizontale, Rafa qui se débat avec Mikhail, qui finit par avoir le dessus. Du sang lui coule dans les yeux et dans la bouche – ce crétin lui a manifestement éclaté l’arcade sourcilière. Curieusement, les russes semblent avoir plus de mal avec Santina, qui les tance, indignée, et pas du tout impressionnée par ce qui ressemble à un kidnapping : « Une vieille dame, vous osez vous en prendre à une vieille dame, vous n’avez pas honte, prenez ça et ça ! Finnegan ne vous laissera pas faire ! » Aux cris de douleurs qu’il entend, ledit Finnegan comprend que Santina a allégrement entrepris de donner des coups de parapluie ou de sac à main aux hommes de Chouvalov, qui ne savent pas quoi en faire et finissent par décider de l'embarquer elle aussi, sans que Callahan lui même ne puisse rien faire.

Maladroitement, le mafieux essaye tant bien que mal de se relever,  mais il peine à trouver son équilibre et s’écrase presque sur Vitaly, qui en profite pour le coller dans la voiture. Il essaye de se libérer, mais les russes n’ont même pas besoin de le tirer en arrière et de le rassoir qu’il le fait avec un grognement de douleur. Le lieutenant de Chouvalov lui a claqué la lourde portière sur la main et il doit se retenir pour ne pas hurler.

Et puis la voiture démarre. On ne leur a pas bandé les yeux ni attaché les mains. C'est que, à part Santina à qui on a fait l’honneur de la place du mort à côté du chauffeur, ils sont solidement encadrés par leurs assaillants, de toute façon. Ça arrange Finn, qui a le loisir de serrer avec une grimace sa main blessée, essayant d’évaluer si ses doigts sont cassés ou non. Un bruit de moteur, derrière eux, l’informe que ces connards ont volé sa Bentley. L’enlèvement n’a donc laissé aucune trace, et comme tout le monde est encore au marché, personne ne viendra les chercher.

De quoi sévèrement paniquer. Pourtant, Finn jette un regard qui se veut rassurant à Rafa, en face de lui. Il ne comprend pas bien ce qu’il se passe, mais si les russes avaient voulu les tuer, ce serait déjà fait. Pas besoin non plus d’être grand clerc pour comprendre qu’on les emmène voir le chef. Pourquoi ? Il a bien l’idée que ça a un rapport avec Eve, même s’il pensait que comme Chouvalov n’était pas intervenu, mis à part pour faire protéger sa nièce à l’hôpital, c’était une affaire réglée, ou du moins, qu’il leur ficherait une paix relative, parce qu’il n’irait pas, par exemple, lui reparler de leur accord pour les chevaux…

Effectivement, l'acteur reconnait la route, et la grande maison de Chouvalov. On les fait descendre. Grimaçant encore à cause de sa main, Callahan a juste le temps de souffler à son second, dans l’agitation : « T’inquiète pas, ils vont pas nous tuer, j’ai dans l’idée que Chouvalov veut surtout régler ses comptes avec moi. Tu me laisses parler et ça ira… » En réalité, il est moins sûr de lui lorsqu’on le traine au salon, et il a plutôt l’impression de se liquéfier sur place en attendant le maitre des lieux. La voix de Nikolai l’annonce avant même qu’il n’entre, mais il a l’air furieux des explications que Vitaly, parti le retrouver alors que Callahan méditait un moyen de lui rendre ses coups, lui donne : « Oui, d’accord, j’avais dit tout le monde, mais enfin, on ne va pas enlever les vieilles dames…Noushka, qui est cette femme ? Tu ne vas pas encore mettre de la mauvaise volonté à me répondre, si ? Ou tu ne sais pas ? Tu devrais au moins savoir ça, ça prouve bien qu’on ne peut pas leur faire confiance si tu ne connais pas tout le monde. » Noushka ? Callahan relève brusquement la tête. Eve est là ? Alors tout n’est pas perdu, elle va pouvoir arranger ça, pas vrai ? Elle ne peut pas être complice de ça. Il ne peut pas s’empêcher de sourire avec soulagement quand il croise son regard, même si ça se traduit par une nouvelle grimace, cette fois à cause de son arcade douloureuse, oubliant un instant son oncle, qui lui, le dévisage avec l’air furieux. Il doit avoir l’air piteux, mais il s’en moque, Eve est bien là, et c’est déjà ça.

Néanmoins, cette inattention est un mauvais signal, car elle donne le loisir à Santina de parler au maitre des lieux, comme si c’était simplement quelqu’un de son âge, ou un genre d’équivalent de l’oncle Tony, dont Finn se souvient qu’il subissait lui aussi les ordres de la cuisinière : « Ah, vous êtes le responsable, ici ? Tant mieux, j’ai à vous parler. Figurez vous que ces malotrus ont attaqué Finnegan, et moi-même, quand même, une vieille dame, à mon âge, je trouve ceci parfaitement scandaleux… »

Finn voudrait lui dire de se taire, mais il sait que ça ne servira à rien, alors il glisse à Eve, en gaélique, et avec toute la détresse du monde : « Dis-lui de les libérer, je ne sais pas ce qu’il me veut, mais eux ils ne lui ont rien fait. Eve...» Parce qu’encore une fois, il ne veut pas que Rafa paye pour lui. C’est sans compter sans Chouvalov, qui l’interrompt brutalement : « Ça suffit avec ces messes basses, Callahan. J’en ai plus qu’assez que tu te serves de ma nièce. J’ai appris que vous vous étiez revus. Vous êtes ici parce que je veux des garanties. Tu lui as trop fait de mal pour que je n’en exige pas, et vous ne repartirez que lorsque je les aurais. » Sous entendu : ou vous ne repartirez pas du tout – même si Chouvalov présume peut-être un peu trop de la réaction de sa nièce.
(C) CANTARELLA.

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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeJeu 25 Nov - 11:38

La ballade du penduEve, Finn, Rafa

-Du collier d’agneau, c’est le meilleur, pour l’Irish stew, oui…

Dans la voiture qui roule au pas pour sortir de la foule dense, Mrs O’Hara explique doctement à une Santina sceptique à quel point l’Irish stew est une pure merveille. Rafa, consommateur régulier de la cuisine de sa vieille voisine (“il en restait un peu, je me suis dit que j’allais vous l’apporter”), ne peut qu’approuver ; mais Santina, il le voit dans son rétroviseur, garde les sourcils froncés tandis qu’elle demande des précisions sur l’ordre d’ajout des ingrédients. Le marché de Kilburn n’a pas été un franc succès auprès de la redoutable cuisinière de Tony Montenza. Pas assez de tomates, de zucchini, de ces charcuteries italiennes aux noms si évocateurs…

-Des pommes de terre, des carottes, des navets ! mais ces gens ne mangent donc que des racines, comme des bêtes sauvages ?

Et puis, devant l’un des étals, ils ont rencontré Mrs O’Hara. Apprenant qu’il s’agissait de la voisine de Rafa, Finn a décidé qu’on allait la ramener en voiture, elle aussi, parce qu’elle est drôlement chargée, la pauvre. Ils ont donc suivi les deux vieilles dames dans les allées du marché, en héritant de tous leurs achats, avant de charger le tout dans la Bentley. Arrivées à Victoria Mews, Mrs O’Hara et Santina, en dépit d’irréductibles divergences culinaires, s’entendent comme larronnes en foire.

-Vous viendrez goûter mon pasticcio, d’accord ? Raffaello vous préviendra !

Les deux mafieux, restés fumer à côté de la voiture, se marrent à regarder leurs terreurs de grand-mères se faire leurs adieux. On récupère finalement Santina, qui reprend son tricot comme si de rien n’était, et on repart en direction du Cohan, en commentant cette matinée :

-Vous inquiétez pas, patron, j’irai le voir cet après-midi… J’ai demandé quelques renseignements à son sujet, je sais où le trouver… Et vous avez vu, le crémier est revenu, finalement. Il a été malade un bon moment, pauvre diable, il a perdu quelque chose comme quarante livres… Mais vas-tu te pousser, toi !

L’apostrophe s’adresse à la même voiture que celle qui vient de s’attirer une remarque similaire de la part de Callahan. Rafa stoppe la Bentley, file un coup de klaxon nerveux, et puis, en même temps que le patron, il comprend que quelque chose cloche. Mais il a à peine le temps d’enclencher la marche arrière ; une seconde voiture vient de se coller derrière la Bentley, et les voilà bloqués, pris au piège. Se tirer ? La belle affaire ! Rafa ne peut pas laisser Santina dans ce guêpier, et comment se barrer avec elle ? Et puis, de toute façon, il est hors de question d’abandonner le patron - et c’est bien l’avis de leur comité d’accueil, du reste ; on ne leur laisse pas le loisir de prendre congé, et ce bon vieux Mikhail vient tirer Rafa hors de la voiture, sans ménagement, pour l’envoyer valdinguer sur le pavé, la tête la première. Un peu sonné, O’Riordan sent qu’on lui prend son Beretta, et puis qu’on lui fait gentiment les poches, avant de le relever aussi facilement que s’il était une poupée de chiffon. Et hop, en voiture Simone. Il retrouve le patron, déjà installé de force par son agresseur, la tronche en sang, et occupé à examiner sa main. Santina les rejoint, moins brutalement, mais avec force protestations et coups de sac à main. Sacrée bonne femme, tiens.

Le trajet se déroule dans un silence angoissant ; Callahan et son second en sont réduits à échanger des regards pour essayer de communiquer, et c’est une méthode qui montre vite ses limites. Rafa a beau gamberger, il ne comprend pas ce qui se passe avec les gars de Chouvalov. On était en paix, chacun chez soi et Dieu pour tous, et les voilà qui se ramènent en plein Kilburn pour enlever Finn et le conduire… Le conduire où, d’ailleurs ?

Chez Chouvalov en personne, rien que ça. Une gigantesque maison décorée avec un mauvais goût tout russe, que Rafa reconnaît pour y avoir accompagné le patron une ou deux fois. Dans le salon où on les installe, seule Santina a l’honneur de se voir proposer un siège ; les deux autres sont laissés debout, sous la surveillance d’une espèce d’escogriffe avec des mains grandes comme des plats à tarte. Impossible, là encore, d’échanger trois mots. La gorge sèche, Rafa hoche la tête quand Callahan lui assure que ça va aller, mais il a du mal à y croire. Et cette impression se renforce quand Nikolai Chouvalov débarque dans le salon, flanqué de Vitaly et d’Eve, manifestement furieux. Plus raisonnable que son patron, Rafa n’essaie pas de parler à qui que ce soit, mais il adresse à Eve un regard insistant qui vaut tous les discours.

Et pendant ce temps-là, Santina quitte très naturellement son fauteuil pour aller se plaindre à Chouvalov du traitement qu’on lui a fait subir. Bordel, si on ne risquait pas de tous finir avec des chaussures en béton, il y aurait de quoi rigoler un bon coup, avec cette tête brûlée de grand-mère.


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Eve Talbot
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeJeu 25 Nov - 21:05

❝ Finn, Rafa & Eve ❞La ballade du penduDéjà avant la guerre, Eve n’avait pas vraiment une famille très étendue. C’est ce qui arrive quand la moitié meurt pendant une révolution et que l’autre n’est déjà pas très fournie à cause de famine et d’exil divers. Le Blitz a achevé de réduire celle-ci à peau de chagrin si bien que, en dehors de quelques obscurs cousins aux alentours de LondonDerry, il ne lui reste que son oncle. Si la jeune femme ne manque pas d’aimer celui-ci, elle déteste prodigieusement se retrouver chez lui. C’est que depuis la mort de sa sœur cadette, Nikolaï s’est fait un devoir de jouer aux anges gardien avec sa nièce et désespère de voir ses plans régulièrement déjoués par celle-ci.

A la fois fier de l’absence de convention et de la force de caractère dont elle fait preuve, il ne peut pas s’empêcher de pester qu’elle ne soit pas plus docile et tout simplement plus conforme à l’idée que l’on se fait d’une femme, sans arriver à décider ce qu’il veut pour autant. Sa nièce, comme lui, évolue dans des sphères obscures. Pas les mêmes, il l’a rapidement compris, mais quand bien même il ne sait pas tout, Nikolaï s’est toujours douté qu’elle était un peu plus qu’ordinaire. Loin d’être simplement la fierté d’un oncle mal placé, se sont des petits indices pendant son adolescence et tout au long de l’âge adulte qui l’ont mis sur la voie. En homme sage, il a toujours préféré ne pas poser de questions, sachant qu’il est parfois préférable de rester dans le doute.

De son côté, Eve n’a jamais rien dit, mais elle imagine bien que Chouvalov n’est pas dupe. Quoique croyant, il sait que Dieu n’a pas le temps de s’occuper de ses créatures si bien que sa remise sur pied, à peine une semaine après avoir fui l’hôpital où personne ne se souvenait d’elle, n’est pas un miracle de leur créateur. Ah ! Qu’elle lui cause du souci, songe-t-il alors qu’il la voit arriver flanquée de Youri, qu’il a assigné ( sans grand succès) à sa surveillance depuis l’accident.

Cette invitation un peu soudaine à prendre le thé n’a pas manqué de rendre la jeune femme suspicieuse. C’est qu’ils ne se voient pas souvent et Eve, un peu lâchement, n’a pas manqué d’éviter la maison de son oncle depuis son accident. Triste, angoissée, de mauvaise humeur depuis la mort de Ludo, elle n’avait aucune envie de devoir s’expliquer et se justifier devant le mafieux impérieux. Bien décidée à ne pas être celle qui abordera les sujets qui fâchent, elle s’en tient aux lieux communs, tombant dans un piège sans s’en apercevoir quand elle lui demande distraitement comment vont les affaires. Nikolaï sentant une ouverture s’y embrèche sans faire de manière :

- Oui, je suppose que oui, lui répond-il sans enthousiasme en buvant une gorgée de thé. Enfin, je suppose que ça irait mieux si on ne m’avait pas dit que ma nièce avait confié le meurtre de ce connard de Montenza au chien qui l’a laissé tombé en partant la queue entre les jambes.

Eve lève un sourcil désapprobateur, mais ne commente pas. Sachant très bien que sa nièce a un goût prononcé pour le silence lorsqu’elle est contrariée.

- Noushka, ne soit pas contrariée. Comment veux-tu que je regarde ta mère et ton père dans les yeux quand je les verrais quand ils sauront que tu t’es faite agressée et que je n’ai rien fait ? Non, tu aurais dû m'en parler et j'aurais réglé ça. Ce genre d’histoire se règle en famille.

Toujours pas un mot, mais si Eve exaspère par son silence, Nikolaï lui vainc à l’usure, aussi continue-t-il d’exprimer toute sa contrariété passant dans un russe teinté d’anglais sans se soucier d’irriter la jeune femme.

- Si ce n’était que ça, je n’aurais rien dit. Tu sais que je n’ai jamais voulu me mêler de tes affaires et pourtant il suffirait que tu le demandes et tu mènerais une vie confortable sans avoir à te soucier de ce genre de chose, mais soit. Tu ne veux pas, je ne me battrais pas avec toi, pas pour le moment en tout cas. Je veux bien accepter que tu es plus indépendante que les autres, par contre, fait au moins preuve de bon sens. Callahan. Comment est-ce que tu as pu retourner avec lui. Mes hommes t’ont vu avec lui, ne nie pas !

Eve qui n’avait pas l’intention de le faire, s’enfonce dans son fauteuil, le regard mauvais. Elle n’a pas touché à sa tasse de thé qui refroidit sur la petite table basse du salon.

- Il faudrait savoir, je pensais que tu aimais bien, Finn. Aux dernières nouvelles, tu étais près à publier les bans si je te laissais faire.
- Justement ! Heureusement que je ne l’ai pas fait ! Noushka, comment est-ce que tu as pu te faire séduire un homme pareil ? Enceinte et la première chose qu’il fait, c’est partir aux Etats-Unis en te laissant toute seule ? J'ai regardé un peu, est-ce que tu sais qu'il joue sous un autre nom ? Je l'ai vu dans des magazines, avec d'autres femmes dans les bras.Et moi, tu voudrais que je laisse passer l’insulte, que je ne fasse rien ? Hors de question

A ça, Eve ne peut pas dire grand chose. De son point de vue, ce n’est pas à lui de venger quoique ce soit. Néanmoins, elle doit admettre que Finn est bel et bien parti. Les choses sont plus compliquée que ce que son oncle ne pense, mais du point de vue de la jeune femme, même encore maintenant, rien ne justifiait le départ de l’Irlandais et c’est une blessure qui ne s’est pas encore tout à fait refermée. L’évocation de cet événement ne fait que dégrader l’humeur de la journaliste, et il faut un bruit de tous les diables pour qu’elle se décide à arrêter de fusiller Chouvalov du regard. Vitaly les rejoint rapidement, faisant son rapport à son patron dont la mine se fait plus sombre à mesure qu’il écoute le récit de celui-ci.

- Comment ça, une vieille dame ?

Le ton est dangereusement mécontent et le second sait qu’il va en prendre pour son grade. La révolution de 17, Nikolaï l’a vécue et il se souvient encore des morts sans distinction envers les femmes et les enfants. S’il y a bien quelque chose qu’il méprise, c’est l’absence de courtoisie et la violence faite aux innocents. Eve, n’en sachant pas plus que lui, mais comprenant rapidement de quoi il en retourne, suit son oncle et son bras droit dans le premier salon à la décoration surchargée,  faisant office de pièce de réception. Là, elle trouve Rafa et Finn, amoché mais pas trop, accompagné d’une vieille dame dont la vitalité se fait clairement savoir lorsqu’elle décide d’apostropher son oncle comme s’il était simplement un gamin du coin. Chouvalov, qui en a clairement vu d’autres, mais estime que la dame est dans son droit, décide de s’excuser au grand étonnement de ses hommes.

- Madame, je vous prie de m’excuser pour le comportement de mes hommes. Il semblerait que mes ordres aient mal été compris et soyez certaine qu’ils seront réprimandé. Tenez, asseyez-vous pendant qu’on règle cette histoire, Boris va venir vous apporter du thé ou vous préférez peut-être autre chose ? N’hésitez pas. Boris, occupe-toi madame.

Finn, qui tente de communiquer avec Eve n’a pas droit à la même courtoisie. Rafa, comme d’habitude, plus calme et plus posé n’a encore rien dit et analyse probablement la situation, maudissant encore une fois ce couple sortit des enfers qui lui en fait voir de toutes les couleurs. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et la patience d’Eve s’envole, laissant éclater sa contrariété. Se tournant vers Vitaly, elle crache, furieuse :

- Est-ce que tu peux m’expliquer qu’est-ce que c’est que ça ? Quand on te dit de convoquer des gens, ça inclus les passer à tabac avant ? Réfléchis, tu pensais vraiment que ça allait me mettre dans de bonnes dispositions ? Et en plus tu embarques une grand-mère qu’on ne connaît pas avec ? C’était quoi la prochaine étape ? Détache-les !

Hésitant, il se tourne vers Chouvalov en quête d’approbation, ce qui ne déplaît souverainement à Eve qui entend bien être écoutée.

- Ne cherche pas son approbation et fais ce que je te dis avant que je ne me mette vraiment de mauvaise humeur.

Chouvalov de son côté fait un petit signe de tête, trouvant lui aussi qu'attacher ses “invités” au vu du nombre de ses hommes présents est un peu ridicule. De son côté, Eve ne l’a pas oublié et c’est vers lui qu’elle se tourne, en russe cette fois-ci :

- Des garanties ? Des garanties de quoi exactement ? Explique-moi à quoi rime cette comédie de mauvais goût ou je te jure que je ne mets plus jamais les pieds ici. Depuis quand est-ce qu’on doit te donner des garanties à propos de ce que je fais.
- Noushka, on en a déjà parlé, c’est ta dignité qu’il a offensé, il doit assumer et prendre ses responsabilités.
- Ma dignité va très bien, merci beaucoup, je m’en occuperais toute seule.

Se tournant vers Rafa et Finn qu’on a détaché et qui, prudemment, regarde la dispute entre l’oncle et sa nièce, elle lance en anglais :

- Venez, on y va. Je réglerai cette histoire plus tard.

D’un seul mouvement, Ivan et Sergueï, deux des armoires à glace les plus efficaces de son oncle se mettent devant la porte, l’empêchant de passer. Furieuse, elle se retourne vers Nikolaï qui a perdu son air affable.

- Non Eve, pas cette fois-ci. Personne ne part tant qu’on a pas réglé cette histoire. J’en ai assez de te voir n’en faire qu’à ta tête. J’ai compris quand tu es parti au front. Je comprends que tu ne veuilles pas mener la vie rangée que j’aimerai pour toi, mais il est hors de question que je te retrouve encore à l’hôpital après avoir été laissée pour morte, une fausse couche sur les bras, seule parce que le type que tu fréquentes n’a pas ce qu’il faut pour assumer. Ca demande réparation.

C’est à ce moment-là que Santina, qui n’était pas loin d’avoir ressorti son tricot, pas plus perturbée que ça par ce règlement de compte qui ressemble finalement à ceux de feu Tony, lève les yeux qu’elle pose rapidement sur Finn puis Eve :

- Dio Mio, cosa hai fatto, Finnengan ?

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CRACMOL
Finn Callahan
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeDim 28 Nov - 17:46



La ballade du pendu
Eve, Rafa & Finn
Bien fait pour ta gueule, songe le mafieux à propos de Vitaly. Il se prend d’un élan d’affection pour Eve, ravi qu’elle les défende et qu’il ne soit pas, pour une fois, celui sur lequel elle crie, en voyant le russe rentrer la tête dans les épaules. A la loyale, ça ne se serait pas passé comme ça, et il aimerait beaucoup le lui prouver, par exemple en lui foutant à son tour un bon crochet du droit dans la gueule. Malheureusement, l’heure n’est pas à la revanche, même si on consent à les détacher. Au contraire, ça ne fait que commencer. Des garanties ? L’acteur va pour réagir à ce que dit Chouvalov, mais comme Eve s’en mêle, manifestement toujours furieuse qu’on se mêle de leur couple, il se contente de masser ses poignets endoloris et de plier et déplier ses doigts pour voir s’ils ne sont pas cassés, écoutant en silence. Il ne comprend pas un traitre mot, mais il préfère franchement qu’ils restent en retrait avec Rafa. C’est que Callahan voit bien ce qui pose problème, même s'il n’a aucune idée de comment Chouvalov a pu s’apercevoir qu’ils se revoyaient - et il n'aimerait pas savoir qu'il les surveille. Le fait est que les russes étaient là à l’hôpital pour le chasser, Nikolai doit bien être au courant. Finn l’avait oublié, ils ont vécu tellement de choses depuis, mais il faut avouer que l'oncle de Eve a sans doute de bonnes raisons de lui en vouloir. Mais à partir du moment où Eve en a décidé autrement, Callahan estime qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne. Ceci dit, s’il se met en tête de l’expliquer, ce serait suicidaire. Alors, bien qu’il sente une certaine colère poindre en lui, sagement, il se dit qu’il vaut mieux laisser Eve l’expliquer, puisqu’elle est dans leur camp. De toute façon, ça causerait des problèmes à Rafa et Santina, et il s’en veut déjà bien assez de les avoir embarqué dans ce traquenard pour en rajouter.

Le mafieux obéit donc sans discuter lorsque la jeune femme leur fait signe de la suivre, jetant un regard de soulagement à son second : « Je te remercie. On va… » Trop tard, la porte est bloquée. Par réflexe, Finn porte la main à sa ceinture, mais c’est oublier que Vitaly s’est fait le plaisir de le déposséder de son Beretta et de son cran d’arrêt. La tension monte de nouveau d’un cran, alors qu’il se tourne vers Nikolai : « Mais qu’est-ce que vous voulez que je fasse à la fin ? »

Chouvalov n’a pas le temps de répondre. Il suffit de quelques mots, prononcés d’une voix un peu tremblotante en italien, pour faire comprendre à l’irlandais que le péril vient d’ailleurs. Santina, évidemment. Il voudrait dire quelque chose, quelque chose qui ressemblerait peu ou prou à « rien », parce que si les autres n’ont pas compris ce qu’elle a dit, lui, si parfaitement. Evidemment, ça ne servirait à rien, il ne peut même pas nier ou s’expliquer pourquoi il est parti et que c’était à ce moment là la seule chose qu’il croyait pouvoir faire, encore moins que Eve est une espionne, et sûrement pas que c’est la faute de Ludovico. Donc tout y passe. Qu’il est un mauvais neveu, qu’il doit immédiatement l’épouser, qu'il devrait avoir honte. « Et qu’est-ce que ton oncle dirait, et ta mère ? Comment as-tu pu faire ça, une si gentille jeune fille, et quel dévergondé, et comment ça tu ne l’as pas encore épousé ? » Et ça jure par le bon Dieu, la Sainte Vierge, la mémoire de Norma Callahan, que Santina n'a pourtant jamais rencontrée, et celle de Tony Montenza qu’il est de toute façon comme les autres, un salaud de plus et qu’elle pensait qu’il valait mieux que ça… Si elle n’était pas autant occupé à essayer de lui mettre des coups de sac à main, nul doute que Santina serait déjà partie en quête d’un prêtre – autant dire que ici, c’est définitivement la meilleure alliée de Chouvalov. Quant aux russes eux-mêmes, ils se marrent, hilares devant ce spectacle tenant du vaudeville et ravi de voir le chef du clan Callahan traité à la même enseigne.  qu’eux « Aie, Santina, arrête, mais…ça suffit ! Rafa ! » Ledit chef de clan ne peut que serrer les dents, se sachant ridicule, et essayer de se protéger comme il peut, et quand ça ne tombe pas sur son arcade sourcilière ouverte, ce sont les doigts qui prennent. Furieuse, Santina finit par reculer, continuant à grommeler dans sa barbe, tout en égrenant son chapelet. « Moi je dis que ce monsieur a raison et que tu dois l’épouser. Une si gentille jeune fille, regarde, et si jolie, tu n’as pas honte ? » Evidemment, le tout en anglais, pour bien que tout le monde ait droit aux détails. Elle pose affectueusement la main sur le bras de Eve et lui dit gentiment : « Il ne faut pas se laisser faire, ma jolie, s’il te laisse vivre dans le péché ainsi, il ne mérite pas ! »

Finn a presque envie de rire, de nouveau. Oui, il déçoit probablement beaucoup de gens, c’est sûr. Sa mère la première – pas son père, qui aurait jugé que c’était très bien qu’il ne se reproduise pas, et l’argument fait mouche dans son esprit, sans qu’il ne le réalise, attendant juste le bon moment pour ressurgir. Il le sait. Mais justement, quand il voit le piège que sont tous ces mariages, il sait qu’il a raison. Evidemment, Chouvalov ne l’entend pas de cette oreille. « Je vois que la déception est collective…je ne sais pas si tout cela devrait me rassurer. Bien, je vois que nous sommes tous d’accord. La moindre des choses, Callahan, serait que tu épouses Noushka, pour faire amende honorable. Je ne dis pas que j’en oublierai tout, mais ce serait la moindre des choses, pour prouver que tu es sincère et pour rattraper le fait que tu n’as pas fait ce qu’il fallait immédiatement. » Il y a un blanc. Même s’il s’en doutait, il est quand même soufflé par le fait de s’être littéralement fait enlever pour ça, et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : « Non, mais…vous vous êtes posé la question, tous, de savoir ce qu’on voulait, Eve et moi ? Vous lui avez demandé ? Il ne vous est pas venu à l’idée que si je ne le proposais pas, il y avait une raison ? Dis-lui, toi ! » Il s’est fait embarqué, humilié, cogné dessus, engueulé, il est passé pour un con, sans compter sur la culpabilité qui revient, alors c’est tout simplement trop et il ne peut pas s’empêcher de gueuler, parce qu’il est vraiment exaspéré, ce qui le rend totalement inconscient du danger et du fait qu’il pourrait bien aggraver son cas – si bien qu’il ignore totalement son second, qui lui parait bien le voir : « Vous pouvez me croire ou non, ou dire que je n’ai pas fait ce qu’il fallait si vous voulez, il n’empêche que ça ne change rien, et que ça reste entre elle et moi, et que je ne ferai pas quelque chose que Eve ne veut pas, bon Dieu ! »

Il est manifestement le seul à s’en soucier, et finalement, l’attitude de Nikolai et puis même celle de Santina lui paraissent totalement hypocrite. Tout ça n’est qu’apparence et bon principe d’une religion qui laisse crever ses fidèles et les maintient dans la culpabilité permanente, et surtout, tout ça ignore ce qu’ils veulent eux, ce qu’elle veut elle surtout. Il est loin d’être exempt de tout reproche, Finn le sait, il ne le nie pas mais il n’a pas besoin d’un mariage pour prouver qu’il regrette et qu’il veut faire amende honorable, et il le sait d’autant mieux que ce n’est pas ça que Eve veut de lui. Et puis, qu’est-ce qu’il va faire, de toute façon, Chouvalov ? Les obliger à se marier ? Le tuer, s’il ne veut pas ? Il ne voit pas comme c’est possible, de toute façon.

Grossière erreur. Un court silence suit son coup d’éclat, de manière assez longue pour que Callahan ait le temps de le regretter. La tension crépite comme un feu de joie, et Nikolai se contente finalement de décréter : « Ça, ça reste à voir. Je crois que tu n’as pas bien compris, Callahan. Ou il y a demande en mariage, ou il y aura des conséquences. Mikhail, Vitaly. Au lac. » Le lac ? Quel lac ? Pourquoi faire ? « Pardon ? Non ! Lâchez-moi, bande d’abrutis ! » Trop tard pour les explications : on l’embarque déjà, et Callahan commence à avoir peur de comprendre.
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeLun 29 Nov - 17:12

La ballade du penduEve, Finn, Rafa


Ces cons-là ont serré comme des ânes, songe Rafa en frottant ses poignets meurtris. L’espèce de lacet qu’ils ont utilisé pour leur lier les mains a laissé une profonde marque dans sa peau, alors même qu’il n’a pas eu à la supporter bien longtemps ; encore heureux, ou il finissait avec les doigts morts. Il suffit de voir comme les fourmis s’en sont donné à cœur joie lorsqu’on s’est décidé, sur l’ordre d’Eve, à les détacher. Tous des sauvages, ces barbares des steppes. Pour Rafa, tout, les nazis, les soviétiques, les fascistes, les anglicans, tout se vaut. Ça lui a valu quelques discussions serrées avec Callahan, qui a fréquenté des cinglés tout droit venus d’URSS en Espagne, et qui s’échine à lui expliquer que non, ils ne sont pas aussi pourris que les nazis. Preuve, les uns ont construit les camps de concentration que les autres ont libérés. Ce genre d’argument n’a jamais suffi à ébranler la conviction de Rafael, et il demeure persuadé que tout ce micmac-là, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, des fous furieux. Comment pourrait-on attendre autre chose, du reste, de gens qui écrivent avec des lettres qui n’existent même pas ?

Question sauvages, les Italiens ne sont pas en reste. Santina le démontre avec son énergie habituelle, puisqu’après avoir obtenu les excuses de Monsieur Chouvalov soi-même, elle entreprend de mener pour son propre compte l’interrogatoire de Callahan. En italien, cela va de soi, puisque c’est la langue qui revient à la redoutable cuisinière lorsqu’elle est en colère. Et là, c’est peu que de dire qu’elle est en rogne, la petite dame. Sans que personne ait rien vu venir, elle se met à cogner sur le patron à grands coups de sac à main, non sans l’abreuver, toujours dans la langue de Dante, de ce qu’on devine être des palanquées d’injures. Rafa regrette un peu de ne jamais avoir appris ce patois, et de n’en saisir que quelques mots. Fort heureusement, Santina revient à l’anglais pour s’adresser à Eve, avec une sollicitude qui doit être un peu inquiétante après la véhémence dont elle vient de faire preuve. O’Riordan se marre en silence, avant de rectifier le tir et de se refaire une tête de mec sérieux quand le patron l’appelle à l’aide. Impossible de parler en cette noble compagnie, alors il se contente d’adresser à Callahan un regard désolé pour s’excuser de ne pas être intervenu - mais n’est-ce pas ce même Callahan qui lui avait enseigné, à Los Angeles, la règle numéro un : ne jamais se mettre entre Santina et sa cible ?

De toute façon, ce n’est pas le moment de revenir sur le coup de sang de Santina. Car si elle est déçue du comportement de Finn, Chouvalov l’est au moins autant qu’elle - et lui n’est pas connu pour régler les histoires à coups de sac à main. Difficile de ne pas s’inquiéter en entendant la teneur des discussions entre ledit Chouvalov, sa nièce bien-aimée et Callahan. Apparemment, ils sont partis pour ne pas se comprendre, et Rafa, toujours pessimiste, se met à craindre que les choses ne tournent sérieusement au vinaigre. Le maître des lieux confirme ses craintes en ordonnant à ses hommes de prendre, avec le patron, la direction du lac. Il semble être entendu que Rafa et Santina doivent attendre dans le salon, mais tous deux se mettent à protester :


-Il n’est pas question que je reste assise là alors que vous voulez faire du mal à Finnegan ! clame Santina, tandis que Rafa essaie, sans succès, d’échapper à la prise de son gardien attitré en gueulant “Patron ! Eve !” comme si ça pouvait servir à quelque chose.

Chouvalov s’arrête au moment où il allait franchir la porte, considère un instant les deux agités, et finit par ordonner, dans son anglais au léger accent russe :


-Laisse-le accompagner son patron, Volodia, puisqu’il y tient tant. Après tout, plus il y a de témoins, et mieux c’est, n’est-ce pas ? Pour ma part, je conduis madame, conclut-il en offrant le bras à une Santina stupéfaite par de si délicates manières.

Et voilà l’étrange cortège parti en direction du fameux lac. Callahan, d’abord, solidement entouré de Vitaly, Mikhail et quelques autres, qui tentent de tenir Eve à distance. Rafa, ensuite, fermement maintenu par le dos de sa veste par le nommé Volodia, soucieux de l’empêcher de rejoindre son patron. Et, enfin, Chouvalov et Santina, qui parlent à voix basse et semblent parvenir à un terrain d’accord.

On redescend dans le hall, et de là, on rejoint le parc. Au loin, on devine une pièce d’eau qui doit être le lac mentionné par Chouvalov. À mesure qu’il approche, Rafa distingue de plus en plus nettement un engin de chantier, une sorte de pelle mécanique, garé au bord de l’eau, le bras déployé. Sans savoir de quoi il retourne, il n’aime pas ces préparatifs, et il essaie de se soustraire à la poigne de son gardien personnel, qui le retient sans grand effort en lui disant avec un gros accent russe :


-Toi tenir toi tranquille ou moi casser toi genoux. Personne n’a envie d’en arriver là, pas vrai ?
ajoute-t-il en se marrant, dans un anglais parfait sans la moindre trace d’accent.


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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeVen 3 Déc - 23:06

❝ Finn, Rafa & Eve ❞La ballade du penduC’est une scène inédite qui se déroule au sein de la maison de Chouvalov. De mémoire, sa nièce a toujours fait partie des meubles et les plus vieux membres du clan se souviennent encore d’une enfant joyeuse quoique discrète. La jeune femme qu’elle est devenue n’a pas manqué d’étonner la plupart de ceux qui l’ont connue plus jeune. Il y a une certaine dureté en elle qui ne donne pas envie de la contrarier. Ce n’est évidemment pas quelque chose qui arrêterait leur chef, mais tous savent que Nikolaï n’aime pas contrarier sa nièce si bien qu’il se contente souvent de hausser les épaules avec un certain fatalisme, la laissant faire à sa guise quand quelque chose le contrarie. Rien n’indique que les choses devraient se dérouler différemment aujourd’hui si ce n’est que l’homme semble être à court de patience.

Voilà que plutôt que de la laisser partir à sa guise accompagnée de sa troupe, il faut lui bloquer le chemin. L’air furieux de la jeune femme ne manquerait pas d’en glacer plus d’un, mais Ivan et Sergueï en ont vu d’autres. Finn, dans un réflexe bien naturel, cherche son arme et Eve jauge les deux armoires à glace face à elle, jugeant rapidement que leurs chances sont bien trop minimes pour même tenter une sortie. Elle fait un signe discret à Rafa, juste histoire de faire passer le message, mais connaissant le second de Callahan,il est probablement arrivé à la même conclusion qu’elle.

De toute façon, Nikolaï s’est, semble-t-il, trouvé un porte parole efficace en la personne de la grand-mère qui accompagnait Finn et Rafa. Si Eve ne comprend pas grand chose de l’italien si ce n’est quelques mots qui ressembleraient au français, elle saisit l’idée générale. D’autant plus que la matrone semble s’être soudainement prise d’affection pour elle ou en tout cas de compassion mal placée. Elle se raidit sitôt qu’elle pose la main sur elle, fait une grimace, mais ne dit pas un mot. La jeune femme n’a jamais été friande des contacts physiques non sollicité et la familiarité avec laquelle la vieille dame semble vouloir interférer dans ses histoires ne l’enchante guère. La voilà en train de grogner entre ses dents :

- Si c’est ça mon seul péché …

Réflexion que seul Rafa et peut-être Finn - entre deux lamentations - risque d’entendre. Du côté de son oncle, on sent rapidement qu’il commence à éprouver un certain respect pour la vieille dame qui, au nom des conventions sociales les plus sacrées, n’hésite pas à molester un chef de clan. Si quelqu’un avait encore un doute, il souligne encore une fois à quel il est déçu de toute cette histoire et de l’attitude de l’irlandais en particulier. Au vu de la situation, on s’étonnerait presque du silence de Eve qui s’est fait entendre très vocalement jusqu’à présent, mais c’est l’ensemble de cette situation lui semble tellement absurde qu’elle ne peut qu’elle ne sait finalement pas quoi dire en premier. C’est Finn qui la tire un peu de sa torpeur. Ne pas faire ce qu’elle ne veut pas ? Ils en ont tous des bonnes. Est-ce que ce n’est pas précisément ce qu’ils passent leur temps à faire ? Ce n’est probablement pas le lieu pour avoir ce débat, encore moins que Mikheil et Vitaly entreprennent d'emmener Finn au lac.

- Mais ça suffit, proteste-t-elle, donnant un violent coup à des lieutenants de son oncle qui tente de l’arrêter. Se tournant vers lui, elle grogne : Pose encore une fois les mains sur moi et je te casse les doigts un à un.

Vitaly se retourne, juste le temps d’éviter une catastrophe et de donner ses ordres sèchement tandis que son patron a déjà pris de l’avance, Santina à son bras.

- Pas elle imbécile. Tu ne tiens pas à ta vie ?

L’homme se recule et c’est entouré qu’elle et Rafa finissent par suivre le cortège. Alors qu’ils marchent d’un pas de plomb, Eve songe qu’il suffirait d’un sort pour se sortir de ce pétrin. Elle a sa baguette avec elle, difficile de prétendre vivre dans le monde sorcier sans, mais rapidement, elle s'aperçoit que c’est impossible. Ca serait avouer qu’elle est une sorcière et briser le secret magique devant un trop gros nombre de personnes. Ses talents étant limités, elle n’a pas la capacité d’effacer leur mémoire. La voilà donc revenue au point de départ, forcée de suivre cette procession. Le lac s’approche et tout ça ne lui inspire rien de bon. Elle jette à coup d'œil à Rafa, toujours solidement entouré, par Volodia qui plus est. Dans son gaélique un peu précaire, elle s’adresse à lui :

- J’espère que tu es partant pour te prendre quelques coups parce que j’ai l’impression qu’on ne va pas s’en sortir aussi simplement que ça …

Et aussi étonnant que ça puisse paraître, quoique son oncle ait en tête, Eve n’a aucune intention d’être forcée à faire quoique ce soit. D’ailleurs, elle a raison d’avoir peur puisque son oncle a en réalité un plan en tête qu’il explique avec force de détail à Santina :

- Ce n’est pas que j’ai envie de le tuer, madame. Quoique vous comprendrez qu’un homme comme moi doit défendre les intérêts de sa famille. Imaginez ce qu’on dirait de nous si je laisse n’importe quel homme faire ce qu’il a fait sans qu’il y ait de représailles ? C’est la porte ouverte à l’anarchie et je ne veux pas me permettre ça. Et puis Noushka est la prunelle de mes yeux, ma seule famille …

Le reste du discours est sur le même ton et Santina n’a pas de mots assez durs pour condamner les actions de son poulain, jurant grands dieux que tous ses ancêtres doivent se retourner dans leur tombe et qu’il est la honte de sa famille. Rafa, qui n’a pourtant rien fait, ne manque pas d’être mêlé à cette conversation. La vieille dame n’en revient pas que le petit O’Riordan ne lui ait rien dit plus tôt et que lui-même n’ait pas entrepris de mettre du plomb dans la cervelle de son patron. De bons garçons lui assure-t-elle, mais de toute évidence, ils n’ont pas vu l’oncle Tony d’assez près que pour retenir tous ses principes de vie.

- On ne va pas lui faire, non, assure-t-il encore une fois à son interlocutrice, tout en songeant qu’une paire ou deux de baffes ne lui ferait aucun tort. Simplement l’effrayer un peu pour l’inciter à donner la bonne réponse. Une fois que cette affaire sera réglée, nous pourrons tous reprendre nos occupations sereinement.

Une fois au lac, Eve constate qu’il y a une poulie fixée en hauteur à une structure en bois et que l’un des hommes de son oncle se saisit de la corde s’approchant de Finn. Nikolaï sentant du mouvement se faire du côté de sa nièce et du second sort une arme qu’il pointe nonchalamment sur Finn :

- Avant que l’envie de faire un mouvement inconsidéré ne vous prenne, dites-vous qu’il ne lui arrivera rien de mal si vous restez tranquille. Tu ne voudrais pas que je demande à mes hommes de te restreindre Noushka et je suis sûre que tu ne veux pas que ton camarade soit blessé, conclut-il en désignant Rafa.
- C’est parfaitement inutile, commence-t-elle en russe.

Peine perdue, Nikolaï ne l’écoute plus et on attache la corde aux chevilles de Finn tandis que Nikolaï se tourne vers lui, Santina n’ayant pas fait un geste pour protester du traitement qu’on infligeait au niveau de Tony Montenza.

- Je vais te poser la question gentiment. Vas-tu faire ta demande ou non ? Cette histoire peut être finie dans cinq minutes si tu y mets un peu du tiens.

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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeAujourd'hui à 1:13



La ballade du pendu
Eve, Rafa & Finn
L’eau du lac, qui est, en vérité, un genre d’étang assez large, lèche mollement les chaussures de Finn, trempant le bas de son pantalon, alors qu’il regarde avec appréhension sa surface. C’est ridicule, songe-t-il, il ne peut pas mourir comme ça. Il a eu du mal à se le dire, d’ailleurs. La mort, Finn l’a frôlé aussi souvent qu’à son tour, en Espagne ou comme là, avec Ludovico, quand il a essayé de le planter. Ça ne ressemble pas à ça, à ce putain d’enlèvement qui n’a ni queue ni tête, justement parce que Chouvalov a quand même envoyé un médecin, cette fois là d’après ce que Rafa lui a dit, pour lui sauver la vie, s’il voulait vraiment le voir mort, il n’aurait pas fait ça. Non, c’est une vaste plaisanterie. Et même à supposer que Nikolai le veuille vraiment, il suffirait que Eve intervienne pour stopper les choses – d’ailleurs, ce serait bien qu’elle se décide, la plaisanterie a assez duré.

Les choses deviennent cependant beaucoup réelles et inquiétantes quand Nikolai se met à expliquer ce que Callahan redoutait, à savoir qu’il compte bien le balancer au dessus du lac jusqu’à ce qu’il fasse sa demande et que Eve accepte de l’épouser, à grand renfort de menaces et avec une pétoire pour garantie. Là, il comprend que ce n’est plus ridicule, mais réellement dangereux. C'est qu'il est sérieux, ce con ! La preuve, les russes l’attachent déjà. « Pour la dernière fois, je ne vais rien faire du tout. Vous délirez. C’est du délire. Si je dis non, vous allez faire quoi, réellement me noyer ? » Sa voix a des accents de panique, tout comme le regard effaré qu’il lance à Rafa et Eve et qui provoque une moue réprobatrice chez Santina : « Allons, Finnegan, sois raisonnable, Monsieur Chouvalov a raison, et puis tu as vu, il a donné sa parole ! » Sa parole, mon cul ! a envie de hurler le mafieux en cherchant à voir – inutilement, cela va sans dire – s’il n’y aurait pas moyen de se débarrasser de cette corde et à ce que Rafa mette la patate de sa vie à cet enfoiré de Volodia, tout en se dégageant du rayon de l'arme du russe, histoire d'éviter de se faire trouer la peau. De ce qu’il a cru entendre, Eve les aiderait bien, mais il faudrait faire vite, parce que sinon, ce sera foutu et il se sera déjà noyé. Mais aucun plan lumineux ne lui vient en tête, alors il reprend dans un gaélique très précipité, qui bouffe la moitié des mots : « Il faut que tu m’aides, Eve, je vais y passer si tu ne m’aides pas. Je ne sais pas nager… » Elle le regarde avec une drôle de tête, comme s’il se moquait d’elle, mais l’acteur n’a pas le temps d’expliquer quoique ce soit à son amante, alors il se tourne vers son second et ajoute d’un ton affolé :  « Dis-lui, toi, dis-lui que c’est vrai, dis-lui de le convaincre, je vais y passer s’il me balance vraiment là-dedans !  »

Parce que oui, c’est vrai, il ne sait pas nager, si bien que ce ridicule étang fait vraiment peur à Finn, encore plus que le flingue de Nikolai. Combien de fois a-t-il eu droit aux blagues de Rafa quand tout le monde profitait de la piscine, à LA, et pas lui, alors qu’il était le propriétaire ? "Et sinon, patron, vous voulez un barboteur ? Ou tenez, venez avec nous à Long Beach, la rousse qui vous plait bien sera là. C’est quand même con d’avoir un bassin pareil et de pas en profiter…", a-t-il souvent dit en se marrant comme une baleine, en évitant les torgnoles et les réprimandes un peu vexées, mais amusées, de son patron. Maintenant, il trouve ça beaucoup moins drôle...

A la vérité, Callahan n’a simplement jamais eu l’occasion d’apprendre à nager. Il n’y a pas de raison particulière à ça, juste le fait que s’il aime les paysages marins, il n’en a jamais eu besoin et qu’il préfère la terre ferme, et que de toute façon, il n’y a jamais eu personne pour lui apprendre. A force, conscient de ses propres lacunes, le mafieux a développé une vraie méfiance, pour ne pas dire une véritable aversion, envers l’eau, que lui appelle prudence, et qu’il dissimule honteusement, par crainte des moqueries ou de passer pour un idiot. Mais l’heure n’est pas seulement à trouver la situation ridicule. Elle l’est à l’évidence, mais il aimerait même plutôt que tout le monde, à commencer par Eve, qui est la seule à avoir prise sur son oncle, panique avec lui, et essaye de l’aider.

Car pendant qu’ils discutaient, Nikolai a déjà décidé pour eux. Il soupire et secoue la tête, puis déclare en haussant un peu le ton : « Ça aurait pu être simple pourtant…Boris, la corde. » Finn a juste le temps d’articuler : « Attende…non ! » qu’il se retrouve déjà en l’air, suspendu au dessus de l’eau, à se balancer à qui mieux mieux et à observer son public à l’envers. « Sainte Marie mère de Dieu… » Souffle-t-il en essayant, sans succès, d’attraper la corde pour se remettre à l’endroit, grimper, regagner une surface solide, ou à défaut s’accrocher à quelque chose. Peine perdue, et en plus, il réalise que tout tourne et qu’il est tout de même très loin du sol, ou en l’occurrence, de l’eau, ce qui qui lui fiche la nausée. « Oh la. Oh la la… » Ce n’est guère qu’un gémissement sourd, témoin d’une autre de ses peurs : le vertige qui le prend est incontrôlable. Il entend donc à peine Chouvalov lorsqu’il déclare :  « Tu vois que je suis sérieux, maintenant. Alors ? » Finn déglutit péniblement, essayant de calmer la panique dans sa voix, ce qui n’est pas facile vu sa position. Sa voix a donc des accents un peu hystériques lorsqu’il glapit : « Bon Dieu, Chouvalov, arrêtez ça, il va y avoir des conséquences ! Soyez raisonnable, enfin ! Puisque je vous dis qu’aucun ne nous deux ne veut ça et que votre nièce veut juste avoir… » La paix ? Un enfant avec lui, ce qui est difficile s’il est mort ? Mystère. Quelqu’un donne du mou à la corde et d’un coup, Callahan dégringole, oubliant de finir sa phrase, qui se perd dans un nouveau gémissement. « Mauvaise réponse. Tu veux reconsidérer la question ? » Gronde Chouvalov, alors que la sueur perle au front du mafieux. Pour être honnête, même si c’est assez honteux, il est à deux doigts de pleurer de terreur, même s’il tente encore d’avoir l’air bravache en rassemblant tout ce qui lui reste de courage pour répondre : « Putain de bordel de saloperie de flotte, allez vous faire foutre, vous, vos menaces et tout le…ah non, non, non, ça va, ça va, ça va, je vais le faire ! » Rafa dirait sans doute qu’il se complique la vie et qu’il aurait du dire oui depuis le début, mais bon : son second a toujours été plus raisonnable que lui. Ça explique sans doute pourquoi c’est lui qui se retrouve pendu par les pieds au dessus d’un lac, et pas O’Riordan, d’ailleurs. « Je n’ai pas entendu, Callahan. Tu disais ? » La voix de Chouvalov lui parvient de nouveau, goguenarde. Mentalement, Finn le traite de tous les noms dans toutes les langues qu’il connait, puis finit par céder : « Je vais lui demander, ça va, je vais faire ma demande, mais arrêtez de laisser filer cette putain de corde, par pitié ! » Un gros rire lui parvient. « A la bonne heure, nous t’écoutons. Rapidement, je te prie, je commence à perdre patience »

Quel autre choix a-t-il ? Il ne veut pas perdre Eve, ni mourir, et les deux sont assez largement liés s’il se noie. Et puis il ne sait pas ce qu’on fera à Rafa et à Santina s’il ne dit pas oui. Alors, même s’il se sent idiot, lorsqu’il parle, et lâche en plus, mais finalement les mots sortent, même s’il bute sur chacun d’eux : « Bon…euh…Eve…est-ce que tu veux m’épouser ? » Dis oui, pitié, qu’on se tire de là, dis oui, dis oui…il se surprend à prier, un instant. Avec angoisse, Callahan attend la réponse de Eve, qui parait ne jamais venir, presqu’autant que s’il était sincère, en fait, et il tombe de haut – métaphoriquement, heureusement – quand la réponse lui parvient enfin. « Comment ça, “non” ? » La suite de cette protestation indignée se perd dans un hurlement. Vitaly a manifestement laissé filer la corde et Callahan heurte la surface froide du lac sans plus rien n’entendre. Pas plus la réponse éventuelle de Eve, qui pourrait avoir envie de préciser que si elle ne veut pas l’épouser, elle ne veut pas qu’il meure, que Nikolai qui commente d’un ton paisible pour sa nièce, semblant la tester à son tour : « Si tu ne veux pas l’épouser, c'est que tu t'en moques, autant s'en débarrasser. » comme un test, que Santina, juste après, qui se charge de reprendre le volet indignation à son compte et qui se met à le défendre, retournant l’arme redoutable qu’est son sac à main avec force hurlements : « Vous aviez promis de ne pas lui faire du mal, vous aviez promis ! », ni Rafa qui lutte pour se libérer. Non, Finn se contente d’essayer de patauger, le souffle coupé. Il ne voit plus rien, et la panique le gagne. Plus il essaye de patauger pour se remonter à la surface, plus il se sent entrainé vers le fond, entravé par le poids de la corde et de ses vêtements qui l’alourdissent. Il se débat, lutte, fait tout ce qu’il peut, mais c’est inutile, voire contre-productif, et il coule d’autant plus. N’y tenant plus, il essaye de respirer, mais l’eau s’engouffre dans ses poumons, le privant d’air un peu plus. Et qu’est-ce qu’ils foutent, les autres, là-haut, est-ce qu’on ne va pas venir le chercher, tout de même ?

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Dernière édition par Finn Callahan le Lun 6 Déc - 11:57, édité 1 fois
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Message#Sujet: Re: La ballade du pendu + Eve & Rafa   La ballade du pendu + Eve & Rafa Icon_minitimeAujourd'hui à 11:43

La ballade du penduEve, Finn, Rafa


Impossible d’échapper à la poigne du dénommé Volodia. Rafa l’observe, cherchant à trouver une faille, mais ce type - ce gamin serait un terme plus juste, il doit avoir vingt ans à peine - ce type est un véritable colosse. Sa carrure contraste bizarrement avec son visage poupin et ses yeux bleus candides, mais il n’y a pas trace de candeur lorsqu’il souffle, après une énième ruade de son prisonnier : “Tu veux vraiment que je te fasse mal ? J’ai carte blanche pour te casser autant d’os que nécessaire et là, je commence à perdre patience”. D’un coup, Rafa cesse de se débattre, mais cela n’a rien à voir avec la menace proférée par le Russe ; c’est la vue de l’arme pointée par Chouvalov sur le patron qui a eu raison de sa résistance. Il écarte les mains en signe de bonne volonté, comme si ça pouvait inciter ce dingue de Russkoff à ranger son joujou… Mais Chouvalov semble trouver que le revolver est un accessoire qui lui va bien au teint, et c’est du canon de l’arme qu’il fait signe à l’un de ses sbires d’attacher la corde aux chevilles de Callahan. Comprenant la manœuvre, Rafa sent son estomac se nouer ; la flotte, c’est le pire ennemi du patron.

Le nombre de fois où O’Riordan, barbotant dans la piscine de la villa de L.A., a pu charrier Callahan en lui … le nombre de fois, aussi, où il lui a proposé de lui apprendre à nager - après tout, il a bien appris à ses frangins, dans les canaux dégueulasses de Dublin ! Ce n’est pas la façon la plus académique de nager, mais c’est efficace. Finn n’a jamais dit clairement non, mais ce n’était jamais le moment. Un jour, oui, il apprendrait. Mais là, il avait des choses plus urgentes à faire, et puis il ne faisait pas si chaud que ça, et puis… Et puis le voilà suspendu par les pieds au-dessus de ce lac, et Rafa, instinctivement, donne une nouvelle ruade qui ne fait même pas vaciller Volodia. La terreur qu’il devine chez Callahan le rend malade, et il se met à observer frénétiquement autour de lui pour essayer de trouver une solution. Peine perdue. Les gars de Chouvalov sont beaucoup trop nombreux, et armés, et Rafa devine qu’ils ont ordre de ne pas faire dans la dentelle si leurs invités s’avisent de broncher. Eve, peut-être ? O’Riordan cherche à croiser son regard, mais elle semble aussi démunie que lui. L’appel au secours de Callahan achève de glacer le sang de son second, et il ne peut rien faire d’autre que de marmonner une véritable litanie de jurons et de malédictions en tout genre. Volodia doit bien entendre quelques gracieusetés destinées à Chouvalov, mais Rafa n’en a cure. Tout ce qui compte, c’est que le patron se balance comme une poupée, à plusieurs mètres de hauteur, et qu’il est désormais blanc comme une merde de crémier. Et l’autre enfoiré de Chouvalov qui commente tranquillement la situation, exigeant une demande en mariage…

Putain, c’est grotesque, tout ça, et personne n’a l’air de s’en rendre compte. On ne menace pas les gens de mort - surtout d’une mort aussi atroce que la noyade - pour des choses aussi futiles… Rafa a beau être plus respectueux des convenances que son patron, il trouve tout de même que c’est accorder un peu trop d’importance au mariage. Mais on ne lui demande pas vraiment son avis, et il ne peut qu’observer, impuissant, la mise en scène signée Chouvalov. N’y tenant plus, il finit par crier à l’intention de Callahan :


-Mais faites ce qu’il vous dit, patron, bordel !

Cette intervention lui vaut un regard approbateur de Chouvalov, et, peut-être par réflexe, Volodia desserre un peu sa prise sur le dos de sa veste. Rafa se tient tranquille encore un instant, le temps d’entendre Callahan s’exécuter, enfin. Bon, on va y arriver… Le soulagement est de courte durée ; la réponse d’Eve tombe, implacable, tirant un
“mais putain !” étouffé à O’Riordan, et les choses s’emballent. Les Russes lâchent la corde, envoyant Callahan dans le lac ; sans prendre garde à ce que raconte Chouvalov, Rafa s’élance, profitant de l’instant d’inattention de Volodia, pour aller repêcher le patron.

Las ! Le grand Russe a du réflexe, et son prisonnier n’a pas le temps de faire plus de deux mètres qu’il lui a sauté dessus de tout son poids. La tête de Rafa heurte le sol, le nez le premier, et Volodia le force à brouter un peu la pelouse pour le punir de sa tentative de fuite. Quelque chose dans son bras craque lorsque Volodia le relève avec une brutalité inutile pour le ramener à leur point de départ. Le visage couvert d’un charmant mélange de sang, de terre et d’herbe, Rafa ne pense même pas à s’essuyer, ou à masser son épaule endolorie - parce que c’est là, définitivement, que ça a craqué. Il reste pétrifié, fixant la corde qu’il voit s’agiter au rythme des soubresauts du patron. Pour un peu, il en chialerait, de ne rien pouvoir faire. Sans quitter du regard corde qui remue de moins en moins, il lâche, dans son gaélique un peu laborieux :


-Eve, fais quelque chose, y a que toi qui peux…
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