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 Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)

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Message#Sujet: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Ven 9 Fév - 12:49


La journée avait été longue et éprouvante. Mais en même temps, elles l'étaient toutes, ces derniers temps... et elle s'y était attendue... Au poste qu'elle tenait, il était normal qu'elle passe plus de temps au bureau que chez elle... et en fin de compte, ça l'arrangeait.

Elle aimait son travail, ça ne la dérangeait pas d'y consacrer tout son temps. Surtout que rien ne l'attendait chez elle. Ignatius avait quitté la maison depuis bien longtemps (Agrippine n'en parlons pas. Wilhelmina n'avait de toute façon pas l'intention de l'inclure à l'équation), et son mari n'était plus... Plutôt que de constater son deuil et sa solitude, elle préférait largement passer tout son temps ici, où elle avait au moins le sentiment de se sentir utile.

La pression était constante, mais Wilhelmina n'officiait jamais mieux que sous la pression, justement, alors ça ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle revenait d'une réunion d'urgence quatre niveaux plus bas, et une fois que tout le monde fut dispersé, elle consentit elle aussi à rentrer chez elle. Elle prit l'ascenseur. Mais celui-ci n'était pas vide.

Thésée était là... Qu'ils se croisent était assez inévitable, puisqu'ils travaillaient tous les deux au ministère de la Magie, à un moment ou à un autre, ça devait forcément se produire. Ils s'étaient déjà croisés, forcément, mais dans ces moments-là, Wilhelmina s'était contentée de prendre la décision la moins responsable qui soit et la moins mature aussi, c'est-à-dire qu'elle se contentait de baisser les yeux et de tracer sa route comme si de rien n'était.

Le temps qu'avait duré leur aventure, elle l'avait vraiment aimé. Elle s'était raisonné, considérait que feu son mari était l'homme de sa vie, mais tout de même, leur aventure avait duré suffisamment longtemps, avait été suffisamment intense (et avait eu bien assez de conséquences) pour que, même après tant d'années, elle soit toujours mal à l'aise et incapable d'avoir une conversation civilisée avec lui.


"Bonjour.", se contenta-t-elle de dire assez froidement. C'était le minimum syndical qu'elle était capable de lui accorder.

Après ses salutation, elle baissa les yeux sur sa montre, comme pour se donner une contenance. Une manière de s'occuper, de ne pas croiser son regard.

Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, ce fut ce moment que l'ascenseur choisit... pour tomber en panne. Il s'arrêta net en pleine course. Nerveuse, Wilhelmina appuya sur tous les boutons, inutilement, sans succès.

"Merde...", grimaça-t-elle entre ses dents.

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Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Mer 7 Mar - 22:56

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Enfin la journée se finissait. Ce n’était pas trop tôt. Elle avait encore été bien longue. Il fallait dire aussi que les affaires s’enchainaient sans laisser de répit à qui que ce soit. Thésée ne savait si c’était parce que les adeptes de la magie noire se faisaient plus nombreux ou parce que les Aurors devenaient moins efficaces. Et très honnêtement, il n’était pas sûr de ce qui était le mieux. Quoiqu’il en soit, il tâchait d’être à cent pourcent dans son travail, et dans les affaires qu’il avait à traiter, ce qui n’était pas facile en ce moment avec la disparition d’Hyppolite. Il n’avait toujours aucune piste et cela ne cessait de le préoccuper, pourtant, il ne pouvait se permettre de délaisser les autres dossiers dont il avait la charge.

Il était resté plus tard que la plupart de ses collègues pour terminer quelques rapports. Au moins, ce serait ça de moins à faire pour la journée du lendemain, bien qu’il ne doutât pas qu’il se trouvait de nombreuses autres tâches à accomplir. Quoiqu’il en soit, les bureaux étaient désormais bien vides. Lui n’avait personne qui l’attendait chez lui alors, il pouvait bien rentrer à l’heure qu’il voulait n’est-ce pas ? Après être certain d’avoir tout fermé, tout éteint. Il récupéra ses affaires et se dirigea naturellement vers les ascenseurs. Au moins à cette heure-ci, il était sûr qu’il ne serait pas pris en sandwich par d’autres personnes comme aux heures affluentes. Il fut même enchanté de voir que la cabine était vide. Il entra dedans et s’appuya contre la paroi du fond, les mains dans les poches après avoir appuyé sur le bouton.

L’engin s’arrêta une première fois, mais seulement pour y laisser entrer Wilhelmina Tuft. Génial. Ce n’est pas qu’il n’était pas content de la voir, mais il faut dire qu’elle avait tendance à le fuir comme la peste. Qu’elle soit gênée, il voulait bien le comprendre, mais avoir un comportement d’une adolescente il comprenait moins. Ce n’était pas comme s’il comptait se jeter sur elle à la première occasion. Mais bon, leur nouvelle ministre ne semblait pas vouloir affronter son passé.

"Bonjour."

Et bien dites donc, elle semblait enchantée de le voir… Mais au moins, il pouvait s’estimer heureux d’avoir eu le droit à un mot de sa part. Le premier depuis… Il ne saurait même plus dire. Etait-ce la promiscuité de l’endroit ? Ou alors elle était particulièrement de bonne humeur, même si son « bonjour » n’avait rien de chaleureux et convivial et avait été balancé par pure politesse ou plutôt obligation dans ce cas-là.

« Madame la ministre… »

Autant faire les choses correctement non ? Il fronça légèrement les sourcils quand l’appareil décida tout bonnement de s’arrêter encore une fois, mais cette fois sans ouvrir les portes. Qu’est-ce qu’il se passait encore ? Décidément, il ne lui arrivait que des galères ces derniers temps. Il vit Wilhelmina du coin de l’œil appuyer sur tous les boutons et se demanda un instant si elle pensait vraiment que cela changerait quelque chose.

"Merde..."

Elle n’allait tout de même pas faire une crise de panique hein ? Quoiqu’il en soit, il ne savait pas trop comment ils allaient sortir de là. Surtout qu’il n’était même pas sûr qu’il reste des gens au Ministère.

« Tu sais, je ne suis pas sûr que cela soit très utile… Ne panique pas, tout va bien se passer. »

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Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Lun 12 Mar - 16:58

« Tu sais, je ne suis pas sûr que cela soit très utile… »

La voix de Thésée s'éleva dans son dos. Wilhelmina ne se tourna pas tout de suite vers lui, comme si lui adresser un nouveau regard serait une manière définitive d'admettre qu'il était bel et bien là... ce qui bien sûr était stupide, étant donné l'exiguïté de la pièce, tout aussi stupide que l'obstination qu'elle eut à appuyer sur tous les boutons de l'ascenseur comme si cela pouvait bien changer quoi que ce soit.

Elle fut bien tentée de lui adresser une remarque cinglante et mal à propos mais elle se retint à la dernière minute. Pour le coup, ça, ce serait encore moins utile que tout le reste. La situation se débloquerait sans doute vite. En attendant, elle n'allait pas oublier le civisme et le self-control auxquels elle s'exerçait depuis si longtemps sous le seul prétexte que la présence de Thésée lui donnait le sentiment d'être une adolescente prise en faute.

Car son attitude et son cheminement de pensée, surtout, reflétait une immaturité certaine qu'elle déplorerait chez n'importe qui. Après tout, leur histoire remontait pour ainsi dire à une éternité (il suffisait de considérer l'âge d'Agrippine pour s'en rendre compte, mais penser à Agrippine à l'heure actuelle ne l'aidait pas du tout), alors ils pouvaient très bien avoir une conversation courtoise et détachée...

Mais Thésée, en la voyant, regardait sans doute juste une ancienne conquête avec qui ça n'avait pas marché, et qui ne lui avait peut-être pas laissé un souvenir si cuisant, au final. Pour elle, il était l'incarnation de toutes ses erreurs. Et aussi d'un changement qui avait largement bouleversé sa vie. Mais pour qu'il comprenne ça, encore aurait-il fallu qu'elle lui en ait parlé, pas vrai ?

« Ne panique pas, tout va bien se passer. »

Tout va bien se passer, facile à dire... Rien que le fait qu'il n'ait plus eu l'occasion de lui adresser une phrase si longue depuis des années en disait long à ses yeux... Et le pire... le pire, c'est que quand il l'encourageait à se calmer... Il avait encore le don de l'apaiser, quelque part.

Elle se retourna vers lui, s'adossa dans un soupir à la porte de l'ascenseur.

"Je ne panique pas"
, répliqua-t-elle d'un ton qui n'arrivait pas à la convaincre elle-même. En soi, elle n'était pas claustrophobe et ce n'était pas ce qui devrait logiquement lui faire perdre son sang froid, mais... bref, il était là. "J'ai..." Elle pencha la tête en arrière, un peu bête et dépitée surtout. "... pas le temps pour ça, c'est tout."
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Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Mer 18 Avr - 3:45

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Rester bloqué dans un ascenseur n’était pas une de ses envies les plus profondes, encore moins avec son ancienne amante avec qui c’était plus que tendu. Elle était devenue experte dans l’art de l’ignorance avec lui. Même si au début cela l’avait un peu chagriné qu’elle agisse comme ça, il n’y avait plus vraiment prêté attention par la suite, si elle voulait se comporter comme ça avec lui, libre à elle, il n’avait pas l’intention d’aller l’embêter de toute façon, il avait déjà bien assez à faire comme ça. Quoiqu’il en soit, ils étaient forcés de communiquer dans cette situation, ou du moins un minimum. Et vu comme elle s’adonnait à appuyer sur tous les boutons en espoir d’une réaction de la part de l’engin, il n’était pas vraiment serein pour la suite. Comme s’il avait besoin de ce genre de rebondissement en ce moment, il avait bien assez à faire comme ça. Il ne manquait pas d’histoires à raconter, mais de toute évidence, le destin n’en avait pas vraiment fini avec lui.

A dire vrai, il ignorait pourquoi elle avait toujours voulu feindre son existence. Qu’elle veuille oublier leur histoire, il voulait bien le comprendre, mais là, il ne comprenait pas pourquoi elle allait autant dans l’extrême. Surtout qu’elle était devenue ministre maintenant. Elle devrait sûrement régler ses anciennes histoires plutôt que de s’attaquer à celle du pays enfin… ce n’était que son avis après tout et personne ne le lui avait demandé. Et puis, la discréditer ou remettre en cause ses compétences n’était pas du tout son intention. Surtout qu’il n’était pas qualifié pour émettre ce genre de jugements, lui se contentait de faire son boulot d’auror et tout le monde était content ou presque. Quoiqu’il en soit, il lui souhaitait de réussir dans sa nouvelle carrière, et espérait qu’elle ferait une bonne ministre de la magie, ce dont elle était capable.

Le plus important maintenant, c’était surtout qu’ils gardent tous les deux leur calme et attendent patiemment qu’on vienne débloquer la situation, parce qu’eux ne pouvaient rien faire c’était indéniablement. Et il n’était pas certain que Wilhelmina ne cède pas à la panique, ce qui serait fâcheux vu l’étroitesse du lieu, ce n’était pas l’endroit pour faire des crises de panique.

"Je ne panique pas"

Il était très heureux de le savoir. C’était déjà un problème de plus d’éviter. Il s’appuya à la paroi en face d’elle et se laissa glisser au sol pour s’assoir. Le sol n’était peut-être pas des plus propres mais il était fatigué et sachant qu’ils ne savaient pas combien de temps ils resteraient bloqués dans l’ascenseur alors autant s’assoir.

"J'ai... pas le temps pour ça, c'est tout."

Il haussa un sourcil, c’était quoi cette excuse un peu bidon ? Comme si le commun des mortels avait le temps pour ça. Il soupira, lui-même n’avait pas le temps, il devait continuer d’enquêter sur la disparition d’Hyppolite.

« C’est vrai que moi si. Je le fais d’ailleurs régulièrement, c’est mon passe-temps. »

Il n’essayait pas d’être désagréable. Ou même de l’attaquer. Au mieux, il essayait de la dérider un peu, parce que là on croirait qu’elle a enterré son chien.

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Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Mer 9 Mai - 11:52


« C’est vrai que moi si. Je le fais d’ailleurs régulièrement, c’est mon passe-temps. »

Bon d'accord, un point pour Thésée. Il avait raison... Elle pourrait bien arguer que les responsabilités d'une ministre étaient forcément plus chronophages que celles de n'importe qui, même d'un Auror d'élite. Mais ce serait de mauvaise foi et ce ne serait pas juste du tout. Personne n'avait de temps à perdre, ou en tout cas surtout pas dans un ascenseur en panne. L'humour de Thésée était cinglant. Autrefois, elle y riait plus facilement, aujourd'hui, elle n'arrivait à rien ressentir d'autre que... du malaise.

Et le pire, c'est que ce malaise aurait pu être dissipé beaucoup plus vite, en vérité. Il aurait suffi qu'elle lui parle, à l'époque. Pas spécialement d'Agrippine, il ne faudrait pas exagérer non plus, mais au moins qu'elle ait une vraie conversation avec lui plutôt que de l'ignorer superbement et lâchement pendant qu'elle l'avait fait pendant de beaucoup trop nombreuses années. Rien n'empêchait, bien sûr, d'avoir cette conversation maintenant... mais avec tout le temps qui s'était écoulé depuis, ça semblait vain et absurde...

D'un autre côté, elle aurait toujours leur histoire en travers de la gorge. D'une part parce qu'elle l'avait beaucoup aimé, malgré tout l'amour qu'elle portait à son défunt mari. D'autre part parce qu'Agrippine, même si elle s'était émancipée et menait sa petite vie de criminelle du dimanche depuis un bon moment, par son existence, lui rappelait constamment sa "faute". Qui n'avait pas été qu'un enfer pour elle à l'époque.

Elle esquissa un sourire un brin narquois mais s'abstint de le contredire. Cela ne servait à rien. Ils ne savaient pas combien de temps ils resteraient enfermés là, alors elle devrait peut-être essayer de se montrer, disons, un tout petit peu moins hostile, ce serait déjà un début.


"Désolée", dit-elle alors, se surprenant elle-même d'adresser comme ça ses excuses à son interlocuteur. Elle ne savait même pas elle-même ce que ces excuses impliquaient, parce qu'elle devrait s'excuser pour plein de choses. "Je sais que ce n'est pas simple pour toi, en ce moment..."

Elle ne savait pas vraiment sur quel terrain elle était en train de s'aventurer, mais bon, elle y allait. Et c'est vrai qu'elle se voyait mal le fustiger à l'heure actuelle alors qu'il avait plus de raisons de se plaindre qu'elle. Son neveu avait disparu... Alors à côté de ça, les vieilles histoires qu'elle ressassait n'avait aucune importance. Même si sa part d'égoïsme n'encourageait pas vraiment une autre façon de penser.
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Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Jeu 17 Mai - 13:44

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Rester coincé dans un ascenseur avec son ancienne amante devenue ministre de la Magie… non il n’avait pas noté ça sur sa liste de choses à faire. Autant, ça lui faisait bizarre qu’elle lui adresse la parole, mais elle n’était obligée de se montrer peu agréable. Certes, ils avaient un passif, et il ignorait ce qu’il avait fait de mal pour qu’elle le jette du jour au lendemain et décide de faire comme s’il n’existait plus. Mais bon… ça faisait bien des années maintenant. Ne pourrait-elle pas mettre sa rancœur de côté le temps que l’ascenseur se remette en marche ?

Il n’avait pas un bon souvenir de leur histoire. Enfin, non, ce n’était pas vrai. Il n’avait pas un bon souvenir de la rupture, mais l’histoire en elle-même, il ne pouvait pas dire qu’il la regrettait. Il avait tout de même aimé Wilhelmina. Et le temps que leur liaison avait duré, il n’en avait rien regretté, même en la sachant mariée, mère et qu’elle resterait avec son époux. Il avait été faible que voulez-vous, et la chute avait été brutale et douloureuse. Et ce n’est pas ses fiançailles complètement ratées avec Leta quelques années plus tard qui avaient arrangé son cœur déjà malmené. Il avait fait une croix sur une possible future relation amoureuse à ce moment-là. Il ne devait pas être fait pour ça après tout…

Enfin bref, il n’en voulait pas à Wilhelmina aujourd’hui. Même si elle n’avait pas été très délicate pour plutôt brutale pour mettre fin à leur liaison, il comprenait qu’elle ait voulu préserver sa vie de famille. La famille, c’était sûrement ce qu’il y avait de plus important. Sur le coup, il l’avait mal pris, évidemment, surtout qu’elle s’était obstinée à nier son existence, mais bon… Près de trente après, ça ne servait plus à rien de lui en vouloir.

"Désolée"

Il releva les yeux vers elle, elle était toujours debout et lui assis, et la regarda, un peu surpris qu’elle s’excuse. Ce n’était pas le genre de femme à présenter facilement des excuses, et puis il ne se sentait pas particulièrement offensé par son comportement depuis que les portes de cet ascenseur s’étaient fermées. Il avait l’habitude maintenant. Mais bon, inutile de lui faire la remarque.

"Je sais que ce n'est pas simple pour toi, en ce moment..."

Il soupira légèrement. Hyppolite ne quittait presque jamais son esprit. Non, ce n’était pas simple pour lui. Ce n’était pas simple pour Norbert et Tina. Et ce n’était sûrement pas simple pour Hyppolite non plus… Il appuya sa contre la paroi contre laquelle il était appuyé et l’observa quelques instants sans rien dire. Comme s’il cherchait à l’analyser.

« Pas vraiment, mais faut tenir le coup. On a tous nos périodes. Ça n’a pas dû être facile pour toi non plus quand tu as perdu ton époux. D’ailleurs je n’ai pas eu l’occasion de te présenter mes condoléances alors, mes condoléances. »

Ce n’était pas une pique, il n’essayait pas de lui faire mal ou de l’attaquer. Il exposait juste ce qu’il pense, il ne prétendait pas avoir le monopole des moments difficiles. On en avait tous un jour ou l’autre, et il se doutait que de perdre l’homme -ou la femme- avec lequel on était marié et avait deux enfants, ce n’était pas une chose facile. Et puis, il n’avait jamais souhaité de mal à Wilhelmina, bien au contraire.

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Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Ven 18 Mai - 14:05


« Pas vraiment, mais faut tenir le coup. On a tous nos périodes. »

Wilhelmina soutint le regard de Thésée sans rien dire. Il avait toujours eu ce don particulier, celui de ne laisser aucune situation, même la plus dramatique, entraver son pragmatisme et son sens de l'analyse affirmé.

C'est vrai, tout le monde avait ses périodes, mais certaines restaient quand même plus difficiles que d'autres, et certaines épreuves n'avaient rien de comparables à celles que rencontrait autrui. Wilhelmina, par exemple, n'avait jamais eu à déplorer la disparition d'aucun membre de sa famille (au sens strict du terme car autrement, oui, elle avait perdu certains membres de sa famille), elle ne pouvait que deviner la douleur et surtout l'angoisse que ça représentait...

Et en de telles circonstances, elle trouvait son interlocuteur particulièrement digne. Ce qui ne l'étonnait pas forcément d'ailleurs. C'est toujours comme cela qu'elle l'avait perçu, comme quelqu'un de fort, de solide, un pilier. Et nul doute qu'elle s'était appuyée sur lui à l'époque, et que c'était l'une des qualités qu'elle avait le plus aimé chez lui. Une qualité qu'elle n'oubliait pas d'aimer encore aujourd'hui, elle s'était juste évertuée à oublier combien elle les appréciait.

« Ça n’a pas dû être facile pour toi non plus quand tu as perdu ton époux. »

A l'évocation de son défunt mari, Wilhelmina esquissa un fin sourire qui n'avait en vérité rien d'heureux. Oui, ça avait été dur pour elle, vraiment difficile. Elle avait, brutalement, perdu le repère le plus important de son existence, l'homme de sa vie...

Il lui manquait terriblement. Aujourd'hui encore. Heureusement, elle avait Ignatius, et son travail, travail qui l'accaparait bien assez pour la laisser rarement seule et lui laisser plus rarement encore l'occasion de constater ce manque ou cette solitude... Ce qui revenait certainement à fuir la réalité. Mais en même temps, c'était là un domaine où elle était passée maîtresse. Et si quelqu'un pouvait parfaitement en témoigner, c'était son interlocuteur.


« D’ailleurs je n’ai pas eu l’occasion de te présenter mes condoléances alors, mes condoléances. »

Ces mots lui faisaient du bien, et en même temps, en songeant à son époux, à ce qu'il penserait de la situation où elle se trouvait en cet instant, elle sentait ravivée comme une ancienne culpabilité. Malgré tout, elle répondit la seule chose à dire dans de telles circonstances.

"Merci..." Elle poussa un léger soupir. "Il me manque... énormément."

Elle se laissa à son tour tomber au sol et s'assit face à Thésée. Va savoir combien de temps ils allaient être coincés ici, aucun intérêt à rester debout. Et puis, ses talons commençaient à l'élancer.

Elle ne savait pas, non, combien de temps ils resteraient là, mais un moment sans doute. De fait, elle devrait sans doute trouver un autre sujet de conversation auprès de son ancien amant que celui de son mari décédé. Et pourtant.


"Il était au courant, tu sais..."

Elle-même ne savait pas dans quoi elle s'engageait. Ou si, dans une conversation qui avait près de trente ans de retard.

Tout arrive.



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Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Ven 25 Mai - 12:07

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Thésée n’avait jamais été du genre à se plaindre ou à s’apitoyer sur son sort. Il n’était pas non plus du genre à exprimer facilement et librement ses émotions. Etait-ce une marque de force ou une marque de faiblesse ? Chacun avait son point de vue sur la question. Il voyait tous les jours les atrocités que l’homme pouvait commettre, il voyait tous les jours la mort, les familles en deuil, détruites, déchirées par la perte d’un être cher, alors il avait appris à ne rien montrer. Il avait appris à garder tout pour lui. Si on s’effondrait à la moindre chose, on ne pouvait pas espérer aller bien loin dans cette carrière qui était la sienne. Mais ça ne datait probablement pas que de sa vie d’adulte, il était déjà comme ça enfant. Il s’était mis en tête tout seul qu’il devait être fort pour sa mère et son frère en tant qu’aîné, surtout qu’ils n’avaient pas ou plus de père. Qu’il soit quelqu’un sur qui on peut compter, se reposer, un pilier somme toute. Ça n’avait rien d’égoïste, bien au contraire, il voulait juste aider et protéger les gens qu’il aimait. Et même si Hyppolite avait disparu et que ça lui déchirait le cœur et l’angoissait, il se refusait à laisser libre court à sa peur et sa douleur, il devait rester concentré et en pleine possession de ses moyens et de ses capacités. A la fois pour espérer retrouver Hyppolite, mais aussi pour soutenir Norbert et Tina.

Alors non, il ne montrait pas sa peine et son inquiétude, pourtant elles étaient bien présentes en lui. Mais il préférait s’occuper de la douleur des autres. Wilhelmina avait perdu son mari, sans espoir de le voir revenir. Thésée ne l’avait pas connu, ou juste croisé une ou deux fois, mais rien de bien concret. Il ne connaissait pas cet homme dont sa femme avait été son amante. Thésée ne se sentait pas vraiment coupable par rapport à lui. Non seulement il ne le connaissait pas, mais en plus, il n’avait pas fait ça pour lui porter préjudice, il avait juste suivi son cœur et ses envies, alors non, il ne regrettait pas et ne culpabilisait pas. Mais bon, sa mort ne le satisfaisait pas et il n’avait rien contre lui, cela aurait peut-être été autre chose s’il avait su pour Agrippine et pour tout ce qu’il lui avait fait subir. Mais il ne savait rien de tout cela.

"Merci... Il me manque... énormément."

Ça, il n’en doutait pas une seconde. Même si par le passé elle lui avait été infidèle, si elle était restée avec lui toutes ces années, c’est qu’elle devait l’aimer tout de même. Au final, il n’était pas certain que ce soit une bonne idée qu’ils parlent de tout ça. Ça lui faisait… bizarre, comme si cette conversation n’était pas vraiment réelle.

« J’imagine… »

C’est vrai, il ne pouvait pas savoir ce qu’elle ressentait et il ne le pourrait jamais. Il ne connaîtra sans doute pas le veuvage, comme il ne connaîtrait probablement pas le mariage non plus. Alors il ne faisait qu’imaginer sa douleur et ce qu’elle pouvait ressentir.

"Il était au courant, tu sais..."

Il lui lança un regard, un peu surpris qu’elle en parle d’elle-même, de leur relation. Ça faisait une sacrée différence avec l’attitude qu’elle avait eu avec lui toutes ces années. Il ne s’en était jamais douté, il n’avait reçu aucune visite, aucune lettre, aucune menace… rien qui n’aurait pu témoigner de la réaction d’un époux tromper, et/ou jaloux. Il soupira et appuya l’arrière de sa tête contre la paroi, observant le plafond.

« Non, je ne sais pas. Tu sais… tu n’as pas voulu m’adresser la parole et tu m’as ignoré pendant près de trente ans alors… te force pas à avoir ce genre de discussion avec moi maintenant. Je... c'est bon. »

Ce n’était pas un reproche… ou peut-être que si. Ça l’avait blessé qu’elle réagisse comme ça, comme s’il n’avait été qu’une erreur dans sa vie et rien de plus. C’était peut-être bien ce qu’elle pensait de lui, et ce n’était pas plaisant. Elle allait probablement recommencer à l’ignorer lorsqu’ils seraient sortis de cet ascenseur alors vraiment, elle n’était pas obligée de se forcer.

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Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   

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