AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Ven 9 Fév - 12:49


La journée avait été longue et éprouvante. Mais en même temps, elles l'étaient toutes, ces derniers temps... et elle s'y était attendue... Au poste qu'elle tenait, il était normal qu'elle passe plus de temps au bureau que chez elle... et en fin de compte, ça l'arrangeait.

Elle aimait son travail, ça ne la dérangeait pas d'y consacrer tout son temps. Surtout que rien ne l'attendait chez elle. Ignatius avait quitté la maison depuis bien longtemps (Agrippine n'en parlons pas. Wilhelmina n'avait de toute façon pas l'intention de l'inclure à l'équation), et son mari n'était plus... Plutôt que de constater son deuil et sa solitude, elle préférait largement passer tout son temps ici, où elle avait au moins le sentiment de se sentir utile.

La pression était constante, mais Wilhelmina n'officiait jamais mieux que sous la pression, justement, alors ça ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle revenait d'une réunion d'urgence quatre niveaux plus bas, et une fois que tout le monde fut dispersé, elle consentit elle aussi à rentrer chez elle. Elle prit l'ascenseur. Mais celui-ci n'était pas vide.

Thésée était là... Qu'ils se croisent était assez inévitable, puisqu'ils travaillaient tous les deux au ministère de la Magie, à un moment ou à un autre, ça devait forcément se produire. Ils s'étaient déjà croisés, forcément, mais dans ces moments-là, Wilhelmina s'était contentée de prendre la décision la moins responsable qui soit et la moins mature aussi, c'est-à-dire qu'elle se contentait de baisser les yeux et de tracer sa route comme si de rien n'était.

Le temps qu'avait duré leur aventure, elle l'avait vraiment aimé. Elle s'était raisonné, considérait que feu son mari était l'homme de sa vie, mais tout de même, leur aventure avait duré suffisamment longtemps, avait été suffisamment intense (et avait eu bien assez de conséquences) pour que, même après tant d'années, elle soit toujours mal à l'aise et incapable d'avoir une conversation civilisée avec lui.


"Bonjour.", se contenta-t-elle de dire assez froidement. C'était le minimum syndical qu'elle était capable de lui accorder.

Après ses salutation, elle baissa les yeux sur sa montre, comme pour se donner une contenance. Une manière de s'occuper, de ne pas croiser son regard.

Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, ce fut ce moment que l'ascenseur choisit... pour tomber en panne. Il s'arrêta net en pleine course. Nerveuse, Wilhelmina appuya sur tous les boutons, inutilement, sans succès.

"Merde...", grimaça-t-elle entre ses dents.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 236
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,8 cm, bois d'olivier, écaille de dragon
Camp: Bien
Avatar: John Barrowman

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Mer 7 Mar - 22:56

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Enfin la journée se finissait. Ce n’était pas trop tôt. Elle avait encore été bien longue. Il fallait dire aussi que les affaires s’enchainaient sans laisser de répit à qui que ce soit. Thésée ne savait si c’était parce que les adeptes de la magie noire se faisaient plus nombreux ou parce que les Aurors devenaient moins efficaces. Et très honnêtement, il n’était pas sûr de ce qui était le mieux. Quoiqu’il en soit, il tâchait d’être à cent pourcent dans son travail, et dans les affaires qu’il avait à traiter, ce qui n’était pas facile en ce moment avec la disparition d’Hyppolite. Il n’avait toujours aucune piste et cela ne cessait de le préoccuper, pourtant, il ne pouvait se permettre de délaisser les autres dossiers dont il avait la charge.

Il était resté plus tard que la plupart de ses collègues pour terminer quelques rapports. Au moins, ce serait ça de moins à faire pour la journée du lendemain, bien qu’il ne doutât pas qu’il se trouvait de nombreuses autres tâches à accomplir. Quoiqu’il en soit, les bureaux étaient désormais bien vides. Lui n’avait personne qui l’attendait chez lui alors, il pouvait bien rentrer à l’heure qu’il voulait n’est-ce pas ? Après être certain d’avoir tout fermé, tout éteint. Il récupéra ses affaires et se dirigea naturellement vers les ascenseurs. Au moins à cette heure-ci, il était sûr qu’il ne serait pas pris en sandwich par d’autres personnes comme aux heures affluentes. Il fut même enchanté de voir que la cabine était vide. Il entra dedans et s’appuya contre la paroi du fond, les mains dans les poches après avoir appuyé sur le bouton.

L’engin s’arrêta une première fois, mais seulement pour y laisser entrer Wilhelmina Tuft. Génial. Ce n’est pas qu’il n’était pas content de la voir, mais il faut dire qu’elle avait tendance à le fuir comme la peste. Qu’elle soit gênée, il voulait bien le comprendre, mais avoir un comportement d’une adolescente il comprenait moins. Ce n’était pas comme s’il comptait se jeter sur elle à la première occasion. Mais bon, leur nouvelle ministre ne semblait pas vouloir affronter son passé.

"Bonjour."

Et bien dites donc, elle semblait enchantée de le voir… Mais au moins, il pouvait s’estimer heureux d’avoir eu le droit à un mot de sa part. Le premier depuis… Il ne saurait même plus dire. Etait-ce la promiscuité de l’endroit ? Ou alors elle était particulièrement de bonne humeur, même si son « bonjour » n’avait rien de chaleureux et convivial et avait été balancé par pure politesse ou plutôt obligation dans ce cas-là.

« Madame la ministre… »

Autant faire les choses correctement non ? Il fronça légèrement les sourcils quand l’appareil décida tout bonnement de s’arrêter encore une fois, mais cette fois sans ouvrir les portes. Qu’est-ce qu’il se passait encore ? Décidément, il ne lui arrivait que des galères ces derniers temps. Il vit Wilhelmina du coin de l’œil appuyer sur tous les boutons et se demanda un instant si elle pensait vraiment que cela changerait quelque chose.

"Merde..."

Elle n’allait tout de même pas faire une crise de panique hein ? Quoiqu’il en soit, il ne savait pas trop comment ils allaient sortir de là. Surtout qu’il n’était même pas sûr qu’il reste des gens au Ministère.

« Tu sais, je ne suis pas sûr que cela soit très utile… Ne panique pas, tout va bien se passer. »

black pumpkin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Lun 12 Mar - 16:58

« Tu sais, je ne suis pas sûr que cela soit très utile… »

La voix de Thésée s'éleva dans son dos. Wilhelmina ne se tourna pas tout de suite vers lui, comme si lui adresser un nouveau regard serait une manière définitive d'admettre qu'il était bel et bien là... ce qui bien sûr était stupide, étant donné l'exiguïté de la pièce, tout aussi stupide que l'obstination qu'elle eut à appuyer sur tous les boutons de l'ascenseur comme si cela pouvait bien changer quoi que ce soit.

Elle fut bien tentée de lui adresser une remarque cinglante et mal à propos mais elle se retint à la dernière minute. Pour le coup, ça, ce serait encore moins utile que tout le reste. La situation se débloquerait sans doute vite. En attendant, elle n'allait pas oublier le civisme et le self-control auxquels elle s'exerçait depuis si longtemps sous le seul prétexte que la présence de Thésée lui donnait le sentiment d'être une adolescente prise en faute.

Car son attitude et son cheminement de pensée, surtout, reflétait une immaturité certaine qu'elle déplorerait chez n'importe qui. Après tout, leur histoire remontait pour ainsi dire à une éternité (il suffisait de considérer l'âge d'Agrippine pour s'en rendre compte, mais penser à Agrippine à l'heure actuelle ne l'aidait pas du tout), alors ils pouvaient très bien avoir une conversation courtoise et détachée...

Mais Thésée, en la voyant, regardait sans doute juste une ancienne conquête avec qui ça n'avait pas marché, et qui ne lui avait peut-être pas laissé un souvenir si cuisant, au final. Pour elle, il était l'incarnation de toutes ses erreurs. Et aussi d'un changement qui avait largement bouleversé sa vie. Mais pour qu'il comprenne ça, encore aurait-il fallu qu'elle lui en ait parlé, pas vrai ?

« Ne panique pas, tout va bien se passer. »

Tout va bien se passer, facile à dire... Rien que le fait qu'il n'ait plus eu l'occasion de lui adresser une phrase si longue depuis des années en disait long à ses yeux... Et le pire... le pire, c'est que quand il l'encourageait à se calmer... Il avait encore le don de l'apaiser, quelque part.

Elle se retourna vers lui, s'adossa dans un soupir à la porte de l'ascenseur.

"Je ne panique pas"
, répliqua-t-elle d'un ton qui n'arrivait pas à la convaincre elle-même. En soi, elle n'était pas claustrophobe et ce n'était pas ce qui devrait logiquement lui faire perdre son sang froid, mais... bref, il était là. "J'ai..." Elle pencha la tête en arrière, un peu bête et dépitée surtout. "... pas le temps pour ça, c'est tout."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 236
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,8 cm, bois d'olivier, écaille de dragon
Camp: Bien
Avatar: John Barrowman

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Mer 18 Avr - 3:45

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Rester bloqué dans un ascenseur n’était pas une de ses envies les plus profondes, encore moins avec son ancienne amante avec qui c’était plus que tendu. Elle était devenue experte dans l’art de l’ignorance avec lui. Même si au début cela l’avait un peu chagriné qu’elle agisse comme ça, il n’y avait plus vraiment prêté attention par la suite, si elle voulait se comporter comme ça avec lui, libre à elle, il n’avait pas l’intention d’aller l’embêter de toute façon, il avait déjà bien assez à faire comme ça. Quoiqu’il en soit, ils étaient forcés de communiquer dans cette situation, ou du moins un minimum. Et vu comme elle s’adonnait à appuyer sur tous les boutons en espoir d’une réaction de la part de l’engin, il n’était pas vraiment serein pour la suite. Comme s’il avait besoin de ce genre de rebondissement en ce moment, il avait bien assez à faire comme ça. Il ne manquait pas d’histoires à raconter, mais de toute évidence, le destin n’en avait pas vraiment fini avec lui.

A dire vrai, il ignorait pourquoi elle avait toujours voulu feindre son existence. Qu’elle veuille oublier leur histoire, il voulait bien le comprendre, mais là, il ne comprenait pas pourquoi elle allait autant dans l’extrême. Surtout qu’elle était devenue ministre maintenant. Elle devrait sûrement régler ses anciennes histoires plutôt que de s’attaquer à celle du pays enfin… ce n’était que son avis après tout et personne ne le lui avait demandé. Et puis, la discréditer ou remettre en cause ses compétences n’était pas du tout son intention. Surtout qu’il n’était pas qualifié pour émettre ce genre de jugements, lui se contentait de faire son boulot d’auror et tout le monde était content ou presque. Quoiqu’il en soit, il lui souhaitait de réussir dans sa nouvelle carrière, et espérait qu’elle ferait une bonne ministre de la magie, ce dont elle était capable.

Le plus important maintenant, c’était surtout qu’ils gardent tous les deux leur calme et attendent patiemment qu’on vienne débloquer la situation, parce qu’eux ne pouvaient rien faire c’était indéniablement. Et il n’était pas certain que Wilhelmina ne cède pas à la panique, ce qui serait fâcheux vu l’étroitesse du lieu, ce n’était pas l’endroit pour faire des crises de panique.

"Je ne panique pas"

Il était très heureux de le savoir. C’était déjà un problème de plus d’éviter. Il s’appuya à la paroi en face d’elle et se laissa glisser au sol pour s’assoir. Le sol n’était peut-être pas des plus propres mais il était fatigué et sachant qu’ils ne savaient pas combien de temps ils resteraient bloqués dans l’ascenseur alors autant s’assoir.

"J'ai... pas le temps pour ça, c'est tout."

Il haussa un sourcil, c’était quoi cette excuse un peu bidon ? Comme si le commun des mortels avait le temps pour ça. Il soupira, lui-même n’avait pas le temps, il devait continuer d’enquêter sur la disparition d’Hyppolite.

« C’est vrai que moi si. Je le fais d’ailleurs régulièrement, c’est mon passe-temps. »

Il n’essayait pas d’être désagréable. Ou même de l’attaquer. Au mieux, il essayait de la dérider un peu, parce que là on croirait qu’elle a enterré son chien.

black pumpkin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Mer 9 Mai - 11:52


« C’est vrai que moi si. Je le fais d’ailleurs régulièrement, c’est mon passe-temps. »

Bon d'accord, un point pour Thésée. Il avait raison... Elle pourrait bien arguer que les responsabilités d'une ministre étaient forcément plus chronophages que celles de n'importe qui, même d'un Auror d'élite. Mais ce serait de mauvaise foi et ce ne serait pas juste du tout. Personne n'avait de temps à perdre, ou en tout cas surtout pas dans un ascenseur en panne. L'humour de Thésée était cinglant. Autrefois, elle y riait plus facilement, aujourd'hui, elle n'arrivait à rien ressentir d'autre que... du malaise.

Et le pire, c'est que ce malaise aurait pu être dissipé beaucoup plus vite, en vérité. Il aurait suffi qu'elle lui parle, à l'époque. Pas spécialement d'Agrippine, il ne faudrait pas exagérer non plus, mais au moins qu'elle ait une vraie conversation avec lui plutôt que de l'ignorer superbement et lâchement pendant qu'elle l'avait fait pendant de beaucoup trop nombreuses années. Rien n'empêchait, bien sûr, d'avoir cette conversation maintenant... mais avec tout le temps qui s'était écoulé depuis, ça semblait vain et absurde...

D'un autre côté, elle aurait toujours leur histoire en travers de la gorge. D'une part parce qu'elle l'avait beaucoup aimé, malgré tout l'amour qu'elle portait à son défunt mari. D'autre part parce qu'Agrippine, même si elle s'était émancipée et menait sa petite vie de criminelle du dimanche depuis un bon moment, par son existence, lui rappelait constamment sa "faute". Qui n'avait pas été qu'un enfer pour elle à l'époque.

Elle esquissa un sourire un brin narquois mais s'abstint de le contredire. Cela ne servait à rien. Ils ne savaient pas combien de temps ils resteraient enfermés là, alors elle devrait peut-être essayer de se montrer, disons, un tout petit peu moins hostile, ce serait déjà un début.


"Désolée", dit-elle alors, se surprenant elle-même d'adresser comme ça ses excuses à son interlocuteur. Elle ne savait même pas elle-même ce que ces excuses impliquaient, parce qu'elle devrait s'excuser pour plein de choses. "Je sais que ce n'est pas simple pour toi, en ce moment..."

Elle ne savait pas vraiment sur quel terrain elle était en train de s'aventurer, mais bon, elle y allait. Et c'est vrai qu'elle se voyait mal le fustiger à l'heure actuelle alors qu'il avait plus de raisons de se plaindre qu'elle. Son neveu avait disparu... Alors à côté de ça, les vieilles histoires qu'elle ressassait n'avait aucune importance. Même si sa part d'égoïsme n'encourageait pas vraiment une autre façon de penser.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 236
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,8 cm, bois d'olivier, écaille de dragon
Camp: Bien
Avatar: John Barrowman

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Jeu 17 Mai - 13:44

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Rester coincé dans un ascenseur avec son ancienne amante devenue ministre de la Magie… non il n’avait pas noté ça sur sa liste de choses à faire. Autant, ça lui faisait bizarre qu’elle lui adresse la parole, mais elle n’était obligée de se montrer peu agréable. Certes, ils avaient un passif, et il ignorait ce qu’il avait fait de mal pour qu’elle le jette du jour au lendemain et décide de faire comme s’il n’existait plus. Mais bon… ça faisait bien des années maintenant. Ne pourrait-elle pas mettre sa rancœur de côté le temps que l’ascenseur se remette en marche ?

Il n’avait pas un bon souvenir de leur histoire. Enfin, non, ce n’était pas vrai. Il n’avait pas un bon souvenir de la rupture, mais l’histoire en elle-même, il ne pouvait pas dire qu’il la regrettait. Il avait tout de même aimé Wilhelmina. Et le temps que leur liaison avait duré, il n’en avait rien regretté, même en la sachant mariée, mère et qu’elle resterait avec son époux. Il avait été faible que voulez-vous, et la chute avait été brutale et douloureuse. Et ce n’est pas ses fiançailles complètement ratées avec Leta quelques années plus tard qui avaient arrangé son cœur déjà malmené. Il avait fait une croix sur une possible future relation amoureuse à ce moment-là. Il ne devait pas être fait pour ça après tout…

Enfin bref, il n’en voulait pas à Wilhelmina aujourd’hui. Même si elle n’avait pas été très délicate pour plutôt brutale pour mettre fin à leur liaison, il comprenait qu’elle ait voulu préserver sa vie de famille. La famille, c’était sûrement ce qu’il y avait de plus important. Sur le coup, il l’avait mal pris, évidemment, surtout qu’elle s’était obstinée à nier son existence, mais bon… Près de trente après, ça ne servait plus à rien de lui en vouloir.

"Désolée"

Il releva les yeux vers elle, elle était toujours debout et lui assis, et la regarda, un peu surpris qu’elle s’excuse. Ce n’était pas le genre de femme à présenter facilement des excuses, et puis il ne se sentait pas particulièrement offensé par son comportement depuis que les portes de cet ascenseur s’étaient fermées. Il avait l’habitude maintenant. Mais bon, inutile de lui faire la remarque.

"Je sais que ce n'est pas simple pour toi, en ce moment..."

Il soupira légèrement. Hyppolite ne quittait presque jamais son esprit. Non, ce n’était pas simple pour lui. Ce n’était pas simple pour Norbert et Tina. Et ce n’était sûrement pas simple pour Hyppolite non plus… Il appuya sa contre la paroi contre laquelle il était appuyé et l’observa quelques instants sans rien dire. Comme s’il cherchait à l’analyser.

« Pas vraiment, mais faut tenir le coup. On a tous nos périodes. Ça n’a pas dû être facile pour toi non plus quand tu as perdu ton époux. D’ailleurs je n’ai pas eu l’occasion de te présenter mes condoléances alors, mes condoléances. »

Ce n’était pas une pique, il n’essayait pas de lui faire mal ou de l’attaquer. Il exposait juste ce qu’il pense, il ne prétendait pas avoir le monopole des moments difficiles. On en avait tous un jour ou l’autre, et il se doutait que de perdre l’homme -ou la femme- avec lequel on était marié et avait deux enfants, ce n’était pas une chose facile. Et puis, il n’avait jamais souhaité de mal à Wilhelmina, bien au contraire.

black pumpkin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Ven 18 Mai - 14:05


« Pas vraiment, mais faut tenir le coup. On a tous nos périodes. »

Wilhelmina soutint le regard de Thésée sans rien dire. Il avait toujours eu ce don particulier, celui de ne laisser aucune situation, même la plus dramatique, entraver son pragmatisme et son sens de l'analyse affirmé.

C'est vrai, tout le monde avait ses périodes, mais certaines restaient quand même plus difficiles que d'autres, et certaines épreuves n'avaient rien de comparables à celles que rencontrait autrui. Wilhelmina, par exemple, n'avait jamais eu à déplorer la disparition d'aucun membre de sa famille (au sens strict du terme car autrement, oui, elle avait perdu certains membres de sa famille), elle ne pouvait que deviner la douleur et surtout l'angoisse que ça représentait...

Et en de telles circonstances, elle trouvait son interlocuteur particulièrement digne. Ce qui ne l'étonnait pas forcément d'ailleurs. C'est toujours comme cela qu'elle l'avait perçu, comme quelqu'un de fort, de solide, un pilier. Et nul doute qu'elle s'était appuyée sur lui à l'époque, et que c'était l'une des qualités qu'elle avait le plus aimé chez lui. Une qualité qu'elle n'oubliait pas d'aimer encore aujourd'hui, elle s'était juste évertuée à oublier combien elle les appréciait.

« Ça n’a pas dû être facile pour toi non plus quand tu as perdu ton époux. »

A l'évocation de son défunt mari, Wilhelmina esquissa un fin sourire qui n'avait en vérité rien d'heureux. Oui, ça avait été dur pour elle, vraiment difficile. Elle avait, brutalement, perdu le repère le plus important de son existence, l'homme de sa vie...

Il lui manquait terriblement. Aujourd'hui encore. Heureusement, elle avait Ignatius, et son travail, travail qui l'accaparait bien assez pour la laisser rarement seule et lui laisser plus rarement encore l'occasion de constater ce manque ou cette solitude... Ce qui revenait certainement à fuir la réalité. Mais en même temps, c'était là un domaine où elle était passée maîtresse. Et si quelqu'un pouvait parfaitement en témoigner, c'était son interlocuteur.


« D’ailleurs je n’ai pas eu l’occasion de te présenter mes condoléances alors, mes condoléances. »

Ces mots lui faisaient du bien, et en même temps, en songeant à son époux, à ce qu'il penserait de la situation où elle se trouvait en cet instant, elle sentait ravivée comme une ancienne culpabilité. Malgré tout, elle répondit la seule chose à dire dans de telles circonstances.

"Merci..." Elle poussa un léger soupir. "Il me manque... énormément."

Elle se laissa à son tour tomber au sol et s'assit face à Thésée. Va savoir combien de temps ils allaient être coincés ici, aucun intérêt à rester debout. Et puis, ses talons commençaient à l'élancer.

Elle ne savait pas, non, combien de temps ils resteraient là, mais un moment sans doute. De fait, elle devrait sans doute trouver un autre sujet de conversation auprès de son ancien amant que celui de son mari décédé. Et pourtant.


"Il était au courant, tu sais..."

Elle-même ne savait pas dans quoi elle s'engageait. Ou si, dans une conversation qui avait près de trente ans de retard.

Tout arrive.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 236
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,8 cm, bois d'olivier, écaille de dragon
Camp: Bien
Avatar: John Barrowman

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Ven 25 Mai - 12:07

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Thésée n’avait jamais été du genre à se plaindre ou à s’apitoyer sur son sort. Il n’était pas non plus du genre à exprimer facilement et librement ses émotions. Etait-ce une marque de force ou une marque de faiblesse ? Chacun avait son point de vue sur la question. Il voyait tous les jours les atrocités que l’homme pouvait commettre, il voyait tous les jours la mort, les familles en deuil, détruites, déchirées par la perte d’un être cher, alors il avait appris à ne rien montrer. Il avait appris à garder tout pour lui. Si on s’effondrait à la moindre chose, on ne pouvait pas espérer aller bien loin dans cette carrière qui était la sienne. Mais ça ne datait probablement pas que de sa vie d’adulte, il était déjà comme ça enfant. Il s’était mis en tête tout seul qu’il devait être fort pour sa mère et son frère en tant qu’aîné, surtout qu’ils n’avaient pas ou plus de père. Qu’il soit quelqu’un sur qui on peut compter, se reposer, un pilier somme toute. Ça n’avait rien d’égoïste, bien au contraire, il voulait juste aider et protéger les gens qu’il aimait. Et même si Hyppolite avait disparu et que ça lui déchirait le cœur et l’angoissait, il se refusait à laisser libre court à sa peur et sa douleur, il devait rester concentré et en pleine possession de ses moyens et de ses capacités. A la fois pour espérer retrouver Hyppolite, mais aussi pour soutenir Norbert et Tina.

Alors non, il ne montrait pas sa peine et son inquiétude, pourtant elles étaient bien présentes en lui. Mais il préférait s’occuper de la douleur des autres. Wilhelmina avait perdu son mari, sans espoir de le voir revenir. Thésée ne l’avait pas connu, ou juste croisé une ou deux fois, mais rien de bien concret. Il ne connaissait pas cet homme dont sa femme avait été son amante. Thésée ne se sentait pas vraiment coupable par rapport à lui. Non seulement il ne le connaissait pas, mais en plus, il n’avait pas fait ça pour lui porter préjudice, il avait juste suivi son cœur et ses envies, alors non, il ne regrettait pas et ne culpabilisait pas. Mais bon, sa mort ne le satisfaisait pas et il n’avait rien contre lui, cela aurait peut-être été autre chose s’il avait su pour Agrippine et pour tout ce qu’il lui avait fait subir. Mais il ne savait rien de tout cela.

"Merci... Il me manque... énormément."

Ça, il n’en doutait pas une seconde. Même si par le passé elle lui avait été infidèle, si elle était restée avec lui toutes ces années, c’est qu’elle devait l’aimer tout de même. Au final, il n’était pas certain que ce soit une bonne idée qu’ils parlent de tout ça. Ça lui faisait… bizarre, comme si cette conversation n’était pas vraiment réelle.

« J’imagine… »

C’est vrai, il ne pouvait pas savoir ce qu’elle ressentait et il ne le pourrait jamais. Il ne connaîtra sans doute pas le veuvage, comme il ne connaîtrait probablement pas le mariage non plus. Alors il ne faisait qu’imaginer sa douleur et ce qu’elle pouvait ressentir.

"Il était au courant, tu sais..."

Il lui lança un regard, un peu surpris qu’elle en parle d’elle-même, de leur relation. Ça faisait une sacrée différence avec l’attitude qu’elle avait eu avec lui toutes ces années. Il ne s’en était jamais douté, il n’avait reçu aucune visite, aucune lettre, aucune menace… rien qui n’aurait pu témoigner de la réaction d’un époux tromper, et/ou jaloux. Il soupira et appuya l’arrière de sa tête contre la paroi, observant le plafond.

« Non, je ne sais pas. Tu sais… tu n’as pas voulu m’adresser la parole et tu m’as ignoré pendant près de trente ans alors… te force pas à avoir ce genre de discussion avec moi maintenant. Je... c'est bon. »

Ce n’était pas un reproche… ou peut-être que si. Ça l’avait blessé qu’elle réagisse comme ça, comme s’il n’avait été qu’une erreur dans sa vie et rien de plus. C’était peut-être bien ce qu’elle pensait de lui, et ce n’était pas plaisant. Elle allait probablement recommencer à l’ignorer lorsqu’ils seraient sortis de cet ascenseur alors vraiment, elle n’était pas obligée de se forcer.

black pumpkin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Lun 28 Mai - 10:32

« Non, je ne sais pas. Tu sais… tu n’as pas voulu m’adresser la parole et tu m’as ignoré pendant près de trente ans alors… te force pas à avoir ce genre de discussion avec moi maintenant. Je... c'est bon. »

Hop, prends-toi ça dans les dents, Wilhelmina. En même temps, il faudrait être sacrément hypocrite pour prétendre qu'elle ne le méritait pas. Non, c'est sûr elle ne l'avait pas volée, celle-là... Bien au contraire.

Tout ce que disait Thésée était entièrement vrai. Elle avait mis fin à leur relation du jour au lendemain, et c'était à peine si elle avait pris la peine de le prévenir, et dès lors, elle s'était épargnée de lui adresser le moindre mot, de lui présenter ses excuses (pourtant amplement méritées), et elle n'en était pas fière, elle l'avait autant fui lui que ses responsabilités, comme si le fait de demeurer à distance allait lui épargner la honte, la culpabilité et les remords.

Car c'était bien les trois qu'elle avait ressentis, tout à la fois. Bien fait pour elle, c'est sûr. Et ce poids ne s'était jamais complètement envolé, et pour cause, tous ces sentiments s'incarnaient trop bien en Agrippine. C'est sûr que ça ne justifiait pas son acharnement envers elle, mais c'en était la cause.

Oui, elle avait eu honte, honte de filer à l'anglaise et de balayer d'un revers de manche plusieurs mois d'une relation certes extraconjugale, mais dont les sentiments n'avaient pas été absents. Tout comme elle avait eu malgré tout honte d'avoir trompé son mari, qui l'avait alors regardé comme la pire des traînées et n'avait jamais fait que semblant de lui pardonner son adultère, s'acharnant sur cette enfant qui n'était pas la sienne pour éviter de lever la main sur son épouse.

Alors forcément, elle s'était sentie coupable, parce qu'elle l'était, autant envers son mari qu'envers son amant. Elle n'avait été correcte avec aucun des deux, et elle savait qu'elle ne pouvait rien y changer.

Et donc, elle avait des remords... D'avoir été avec Thésée ? En partie, et pourtant, elle avait passé parmi les meilleurs moments de sa vie, avec lui, parce qu'il lui accordait une attention que son mari ne lui consentait plus. Mais aussi, évidemment, de ne pas avoir eu cette conversation qui arrivait près de trente ans trop tard.

Bien sûr qu'il ne servait plus à rien d'en parler... Mais en même temps, quand bien même c'était du passé, le fait qu'ils n'aient jamais discuté concrètement de tout ça envenimait forcément l'atmosphère.


"Je ne me force pas... Enfin si, un peu." Parce que ce serait simple de fuir comme d'habitude, mais difficile de fuir dans l'exiguïté d'un ascenseur. "J'ai été lâche, je sais... Tu ne méritais pas ça... Je sais, c'est beaucoup trop tard pour te dire tout ça. Mais mieux vaut tard que jamais, non ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 236
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,8 cm, bois d'olivier, écaille de dragon
Camp: Bien
Avatar: John Barrowman

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Lun 4 Juin - 1:16

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
La scène était des plus étranges. Peu importe le sujet de conversation, cela faisait près de trois décennies qu’ils ne s’étaient pas dit ne serait-ce qu’un seul mot. Et là… ils avait exploser leur quota. Le pire c’est qu’il n’avait pas l’impression que le temps avait été si long, dans cet ascenseur, comme si tout ce qui s’était passé entre eux remontait à la journée d’avant, alors que c’était tout le contraire en réalité. Mais il n’empêche que cela lui faisait bizarre, de la voir face à lui, qu’elle lui parle. Même si tout n’était pas des plus détendus entre eux, elle faisait au moins l’effort de ne pas rester totalement mutique ou de faire comme s’il n’existait pas, comme elle l’avait fait dernièrement et ce pendant de nombreuses années. Il ne pouvait nier qu’une part de lui était contente d’exister à nouveau à ses yeux. Mais ce n’est pas pour autant qu’il avait tout oublié.

De plus, elle semblait vouloir lui parler du passé, ils pouvaient difficilement se parler d’autre chose en même temps, et il en était que plus surpris. Cette conversation, si elle avait dû avoir lieu, il aurait fallu qu’ils l’aient des années auparavant. Là c’était… perturbant. Il ne pouvait pas dire autre chose sur le moment, il ne s’était jamais attendu à se retrouver là en montant dans cet ascenseur, il voulait juste rentrer chez lui à la base, pas revenir trente ans en arrière, mais peut-être que cette rétrospective leur serait bénéfique pour tous les deux.

Il est vrai qu’il ne pouvait pas vraiment dire qu’elle l’avait quitté de la bonne manière, même s’il n’y avait pas vraiment de bonne manière pour ce genre de choses. Non seulement, il avait été blessé par la rupture, mais aussi par sa façon de faire. Il avait eu l’impression de ne rien représenter pour elle, et même si cela avait été le cas, ça ne l’avait pas été pour lui. Ou alors, elle aurait pu lui dire clairement qu’il ne comptait pas, il aurait presque préféré. Qu’elle soit franche au moins une fois.

Il avait mis du temps à s’en remettre et à faire taire son cœur, mais de toute évidence, elle avait envie de rouvrir tout ça. Ce ne serait pas mal d’expliquer tout ce qui ne l’avait pas été, c’est vrai, mais si c’était une véritable corvée pour elle et qu’elle ne le faisait que parce qu’elle s’y sentait obligée à cause de leur blocage, ce n’était pas vraiment la peine. Il valait mieux qu’ils en soient d’accord tous les deux.

"Je ne me force pas... Enfin si, un peu. J'ai été lâche, je sais... Tu ne méritais pas ça... Je sais, c'est beaucoup trop tard pour te dire tout ça. Mais mieux vaut tard que jamais, non ?"

Il ne pouvait la contredire sur rien de tout cela. Elle disait la vérité, il n’avait pas envie de l’accuser ou de l’enfoncer ni de l’accuser de tous les torts car ce serait totalement injustifiée, mais elle avait tout de même sa part d’erreurs là-dedans. Il haussa les épaules en plongeant son regard dans le sien.

« Je suppose. J’ai mis du temps à l’accepter et à l’admettre mais… je comprends que tu aies privilégié ta famille. Ne serait-ce que pour tes enfants. Même si ça ne m’a pas fait plaisir, loin de là. »

black pumpkin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Mar 5 Juin - 13:55


« Je suppose. »

"Je suppose", c'était toujours mieux qu'un rejet total de ce qu'elle venait d'affirmer... même si une part d'elle se demandait s'il ne vaudrait pas mieux qu'il la méprise et l'ignore plutôt que d'accepter ce qui ressemblait vaguement à des excuses sans en être complètement.

Une part d'elle culpabilisait encore, comme si le fantôme de son défunt mari rôdait autour d'eux et lui reprochait de ne serait-ce qu'essayer d'apaiser les tensions entre eux.

Elle pourrait bien prétendre qu'elle tentait d'apaiser le dialogue uniquement parce qu'ils étaient coincés dans cet ascenseur et que le temps semblerait trop long s'ils restaient là à ne rien se dire. Mais en fait, elle voulait ôter un poids de sa conscience, quitte à en créer un autre. Et renouer le dialogue avec lui lui faisait du bien.


« J’ai mis du temps à l’accepter et à l’admettre mais… je comprends que tu aies privilégié ta famille. Ne serait-ce que pour tes enfants. Même si ça ne m’a pas fait plaisir, loin de là. »

Elle ne pouvait que le reconnaître, elle avait été égoïste dans l'affaire, et n'avait pensé qu'à elle. Elle avait choisi le confort, la sécurité, sa réputation... et sa famille, bien sûr, mais elle avait fermé les yeux sur ce que Thésée pouvait ressentir, et ces mots lui suffisaient à comprendre que la rupture avait été brutale (et pour cause, elle s'était faite sans avertissement), qu'il avait mis du temps à s'en remettre, bref, qu'elle lui avait fait vivre une période difficile.

Elle ne lui avait jamais voulu le moindre mal, mais à force de chercher à se protéger elle, elle avait empiré les choses et négligé la douleur de Thésée. Parce que cette variable était difficile à prendre en compte.

Et elle pourrait s'excuser, encore et encore, mais à quoi bon, c'était avant qu'il aurait fallu agir... mais agir comment ? En lui disant la vérité ? Non, c'était impossible. Thésée n'avait, semble-t-il, jamais soupçonné le fait qu'Agrippine puisse être sa fille, et c'était très bien comme ça...

"Je m'en doute...", répondit-elle en daignant soutenir son regard, ce qui n'était pas simple du tout. "Je voulais sauver ma famille... mais c'était déjà trop tard."

Elle devrait garder ça pour elle, mais c'était vrai. Elle voulait regagner l'amour de son mari, mais il ne lui avait jamais pardonné son infidélité, et aujourd'hui il était mort. Elle voulait qu'ils élèvent Agrippine comme leur fille, mais il ne l'avait jamais reconnue comme telle et elle avait fini par incarner pour Wilhelmina la somme de tous ses échecs. Alors, il ne restait plus qu'Ignatius, la prunelle de ses yeux... Et il n'était peut-être pas si équilibré que ça.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 236
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,8 cm, bois d'olivier, écaille de dragon
Camp: Bien
Avatar: John Barrowman

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Lun 11 Juin - 22:18

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Thésée restait incertain quant à l’attitude qu’il était censé adopter. Il ne savait pas ce qu’elle attendait vraiment de lui. Il est vrai qu’il y a trente ans, il la connaissait extrêmement bien, mais maintenant, il ne pouvait plus en être aussi sûr. Il aurait aimé pouvoir, mais elle devait avoir changé, lui aussi d’ailleurs. C’était dommage, qu’ils soient peut-être comme deux étrangers l’un pour l’autre, mais c’est elle qui l’avait voulu après tout, pas lui. Il ne savait pas non plus comment il devait réagir à ce qu’elle lui disait. Elle s’excusait, certes tard, mais elle le faisait tout de même. Après, il fallait savoir si elle était sincère ou si elle voulait juste apaiser sa conscience, et là, il n’avait pas la réponse. Elle avait énormément compté pour lui, ce n’était pas juste basé sur le physique, en tout cas pour lui, alors il avait envie de croire qu’elle lui disait la vérité et que ses excuses étaient sincères.

Quoiqu’il en soit, il avait accepté de l’écouter, elle semblait avoir des choses à lui dire, outre que des excuses, et il n’était pas contre quelques explications, il n’allait pas le démentir. Il avait encore un peu de rancœur et d’amertume en lui concernant tout ça, justement parce qu’ils n’avaient jamais pris le temps de discuter. Elle avait décidé que c’était terminé sans lui en parler, sans même rien montrer. Thésée ne s’y était vraiment pas attendu, et pourtant, ça avait bien été le cas. La surprise avait vite disparue pour laisser place à de la peine et de la colère. Mais il avait fait de son mieux pour s’en remettre.

Il n’avait pas non plus en vie de jouer les victimes pleurnichardes, ce n’était pas du tout son genre. Mais tout de même, ce n’était pas une partie de l’histoire qu’il fallait négliger. Enfin bref, tout cela pour dire, qu’il était apte à écouter ce qu’elle avait à lui dire, et il espérait ainsi pouvoir éclaircir quelques zones sombres. Et ce ne serait pas de refus, bien au contraire.

"Je m'en doute... Je voulais sauver ma famille... mais c'était déjà trop tard."

Trop tard ? Si son mari était au courant de leur liaison, il ne voulait peut-être plus d’elle, mais dans ce cas-là, pourquoi être restés ensembles ? Le mariage n’était pas très bien vu, encore moins à l’époque, mais quelle importance ? Mieux valait se séparer que d’être malheureux. Mais de ce qu’il avait compris, elle, elle aimait encore son mari. Est-ce qu’il se sentait désolé d’avoir fragilisé leur couple ? Pas vraiment. Si elle avait été voir ailleurs, c’est que cela n’allait déjà pas entre eux à la base, mais l’enfoncer ne servirait pas à grand-chose non plus.

« Si c’était trop tard, tu n’avais qu’à partir, prendre tes enfants, je sais pas. »

black pumpkin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Mer 13 Juin - 13:01

« Si c’était trop tard, tu n’avais qu’à partir, prendre tes enfants, je sais pas. »

Wilhelmina agita doucement la tête de droite à gauche, silencieusement. Dit comme ça, ça avait l'air simple. Mais ça ne l'était pas du tout, pour tant de raisons qu'elle n'était pas sûre d'être capable de toutes les énumérer. Ni de le vouloir, d'ailleurs.

Pour commencer, elle n'avait pas réalisé, sur le moment, qu'il était trop tard. Si elle avait tant insisté à vouloir sauver son mariage, c'est bien qu'elle avait cru que c'était possible, elle ne s'engageait pas dans des combats qu'elle savait perdus d'avance.

Ceci dit, même si elle avait estimé que ce combat-ci était effectivement peine perdue, elle n'aurait sans doute pas agi différemment... parce que le faire aurait été égoïste.

Même en admettant d'office le fait que son mari ne lui accorderait jamais son pardon, et qu'elle serait incapable d'aimer Agrippine comme elle aimait Ignatius, elle était tenue par des impératifs, qui à ses yeux comptaient plus que ses propres objectifs, qui n'auraient sans doute pas été couronnés de succès de toute manière.

Mettons qu'elle soit partie avec les enfants, et ensuite ? Elle n'aurait pas juste pu aller frapper à la porte de Thésée et le supplier de les accueillir tous les trois. Et même si Thésée avait accepté, à l'époque, jamais on ne lui aurait laissé la garde de ses enfants, certainement pas celle d'Ignatius en tout cas, pas alors qu'elle était coupable d'adultère.

C'était, peut-être, une décision lâche, mais Wilhelmina considérait que c'était aussi une décision parfaitement raisonnée, qui se basait sur des considérations concrètes. Elle aurait peut-être su supporter l'humiliation d'un divorce, ou le statut de femme adultère, quoi qu'elle n'en était pas si sûre, mais pour le reste...

Elle n'aurait pas non plus pu mener une vie de fugitive avec ses enfants, sans rien avoir à leur apporter. Elle ne travaillait pas, à l'époque, elle avait mis sa vie entre parenthèses pour jouer les mères au foyer, elle n'aurait jamais pu subvenir à leurs besoins.

Elle poussa un léger soupir.


"Tu sais bien que ce n'est pas si simple."
, se contenta de répondre, ce qui résumais en gros tout ce qu'elle ne lui expliquait pas, autrement, parce qu'il était bien assez intelligent pour le comprendre. "Je dis pas que j'ai aucun regret... Mais je n'aurais jamais pu faire ça."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 236
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,8 cm, bois d'olivier, écaille de dragon
Camp: Bien
Avatar: John Barrowman

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Jeu 21 Juin - 20:58

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Thésée avait du mal à comprendre Wilhelmina, ils n’avaient pas le même cheminement de pensées. Peut-être parce qu’elle était une femme et lui un homme, peut-être parce qu’elle avait eu le rôle de la femme infidèle et lui de l’amant. Ou bien juste parce qu’ils n’avaient pas la même façon de fonctionner. Thésée était quelqu’un de direct, qui ne restait pas dans une situation qui ne lui convenait pas. Il préférait mettre les choses au clair, sortir de ces situations. C’est d’ailleurs une des raisons qui l’avait poussé à ne pas s’accrocher à ses fiançailles avec Leta, leur relation n’était plus possible, et pour une fois, ils avaient été tous les deux du même avis. Mais inutile de penser à elle maintenant. Il fixa la nouvelle Ministre, elle ne semblait pas vraiment en accord avec ce qu’il lui exposait.

Dans tous les cas, c’était trop tard maintenant, mais tout de même, si elle avait décidé de quitter son mari en prenant les enfants, il l’aurait volontiers accueillie chez lui, il ne l’aurait pas laissée dans la difficulté. Mais rien de tout cela ne s’était produit et elle avait préféré rester avec son mari. De toute manière, elle l’avait quitté, donc elle ne serait probablement pas venue toquer à sa porte, si elle avait décidé de quitter son époux et le domicile familial. De toute façon, il était inutile d’essayer de réinventer le passer, surtout après tant d’années, les choses étaient faites, et ce depuis très longtemps.

Mais voilà qu’ils étaient amenés à en reparler, alors qu’ils ne l’avaient pas fait depuis près de trente ans. Le destin en faisait encore des siennes. C’était tout de même étrange de discuter avec cette femme, qui lui semblait être à la fois une parfaite inconnue et une femme qu’il avait aimé. Il était donc encore hésitant, sur la manière dont il devait se conduire avec elle. Surtout qu’elle ne semblait pas des plus à l’aise, ce qui se comprenait, étant donné qu’elle avait toujours cherché à l’éviter et l’ignorer depuis leur rupture, elle était comme forcée de devoir lui parler.

"Tu sais bien que ce n'est pas si simple. Je dis pas que j'ai aucun regret... Mais je n'aurais jamais pu faire ça."

Il ne pouvait pas la juger, il ne pouvait pas s’imaginer ce que c’était d’être dans sa situation et confrontée à de tels choix. De toute façon, encore une fois, c’était une époque bien loin et cela semblait même remonter à une éternité.

« Je sais bien oui, que ce n’est pas simple. Mais personnellement, je ne suis pas du genre à choisir les choix simples qui me rendront malheureux, je préfère les difficiles mais qui pourront m’apporter un peu plus de bonheur. Mais je ne te juge pas, je peux pas vraiment me mettre à ta place. De toute façon, c’était il y a tellement longtemps… »

black pumpkin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Sam 23 Juin - 10:37

« Je sais bien oui, que ce n’est pas simple. Mais personnellement, je ne suis pas du genre à choisir les choix simples qui me rendront malheureux, je préfère les difficiles mais qui pourront m’apporter un peu plus de bonheur. Mais je ne te juge pas, je peux pas vraiment me mettre à ta place. »

Thésée avait beau affirmer ne pas la juger, Wilhelmina avait le sentiment de l'être quand même, parce qu'il lui faisait clairement comprendre qu'elle avait fait les mauvais choix, et que lui n'en aurait jamais fait de tels. 

Wilhelmina ne l'avait pas volé et ne pouvait pas vraiment contredire son interlocuteur, mais elle se sentait quand même blessée dans sa fierté, surtout qu'elle n'avait pas le sentiment d'avoir toujours choisi la voie de la simplicité, dans la vie, bien au contraire.

Elle n'avait eu de cesse que de lutter contre l'adversité, de se battre pour gravir les échelons dans une société encore peu encline à laisser leur chance aux personnes de son sexe. 

Et même en choisissant de rester avec son mari, elle n'estimait pas avoir choisi la voie de la facilité. Elle avait vraiment cru qu'elle serait capable de sauver son mariage, et elle l'avait voulu de toutes ses forces. Elle ne pouvait pas savoir à l'avance que ses tentatives seraient quoi qu'il en soit vouées à l'échec. Elle ne savait pas si, dans aucun cas de figure, elle aurait vraiment pu être heureuse. C'était aisé, à rebours, de se dire qu'elle aurait pu fuir avec son amant, mais dans les faits... 

Mais à quoi bon refaire l'histoire ? Sans oublier que Thésée ne pouvait s'exprimer complètement sur la situation. Il lui manquait quelques variables d'importance, qui ne lui permettaient pas de comprendre entièrement la situation. A commencer par le fait qu'Agrippine était sa fille, bien sûr.


« De toute façon, c’était il y a tellement longtemps… »

Une éternité, oui. Mais quand elle en parlait avec Thésée, ça n'avait tout à coup plus l'air si lointain. Parler avec lui faisait remonter beaucoup de souvenirs à la surface, et quelques sentiments anciens, positifs comme négatifs, qui n'aidaient pas vraiment.

"Et pourtant ça continue de me poursuivre...", répondit-elle doucement, peut-être trop honnêtement.

Son aventure avec Thésée avait conditionné ces presque trois dernières décennies. Parce qu'elle était devenue maman une seconde fois, parce que son époux avait découvert sa trahison, parce que plus rien n'avait été pareil...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 236
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,8 cm, bois d'olivier, écaille de dragon
Camp: Bien
Avatar: John Barrowman

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Dim 8 Juil - 20:13

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Thésée avait un peu de mal à savoir quelle attitude il était censé adopter avec Wilhelmina. Ce n’était pas banal. Cela aurait pu l’être, si elle n’avait pas passé vingt-huit ans à l’éviter, mais malheureusement, elle avait préféré agir comme si elle ne l’avait jamais connu. Il essayait de se montrer détacher et en retrait, par rapport à toutes leurs histoires, mais ce n’était pas un processus des plus faciles, bien au contraire. Pourtant, il serait un peu tard pour lui reprocher quoique ce soit, les choses était passées et le mal était fait depuis longtemps. La rancune à ce stade-là serait un peu déplacée. Du moins, pour la partie dont il était au courant. Il est clair qu’il n’aurait probablement pas les mêmes conclusions s’il savait pour Agrippine et ce qu’elle avait subi toute son enfance, et pour le coup, monsieur Tuft avait beaucoup de chance d’être déjà six pieds sous terre.

Il en avait déjà traité, des affaires de violences conjugales ou familiales. Il ne comprenait pas ces actes, il ne comprenait pas qu’une femme ou un homme cogne sur des membres de leur famille, qui plus est, sur des enfants sans défense. Et pour lui, c’était tout aussi condamnable que le meurtre. Mais de toute façon, il n’était pas question de ça pour le moment, Thésée ne savait rien de ses liens de paternité avec Agrippine, ni ce que son père lui avait fait subir durant ses premières années. Pour l’heure, il ne devait s’occuper que de Wilhelmina et de leur histoire passée. Enfin, c’est en tout cas de cela qu’il était question pour le moment. Thésée ne s’était jamais dit que l’enfant de son amante pouvait être de lui, parce que dans son esprit, il était persuadé qu’elle le lui aurait dit. Qu’elle ne l’aurait pas quitté comme ça, du jour au lendemain en lui cachant une vérité aussi importante. Mais Thésée avait toujours été un peu naïf en amour, c’était sûrement pour cela qu’il n’avait connu que des déceptions amoureuses et des ruptures douloureuses. M’enfin, il était bien loin de la vérité pour le moment, et cela ne lui viendrait pas à l’idée de ne serait-ce que songer à cette hypothèse.

"Et pourtant ça continue de me poursuivre..."

Thésée se demandait pourquoi elle disait ça, même si cette histoire avait gâté un peu plus son mariage, elle aurait pu aller de l’avant avec le temps, mais apparemment, ce n’était pas le cas. Pourtant, encore une fois, il n’y voyait pas les bonnes conclusions.

« Pourquoi tu dis ça ? Parce que tu continues de me voir même si tu préfèrerais nier mon existence ? Maintenant que tu es Ministre, tu peux toujours me virer, ça t’épargnera au moins ça… »

black pumpkin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Lun 9 Juil - 15:19

« Pourquoi tu dis ça ? »

Pourquoi ? Parce qu'elle parlait trop et parce qu'elle ne se la fermait pas alors qu'elle le devrait. Elle n'aurait vraiment pas cru qu'une conversation obligée avec Thésée ferait remonter tant de choses à la surface. C'était une expérience très éprouvante, et de toute évidence, elle n'était pas du tout prête.

C'était assez désarmant, aussi. Elle était ministre de la Magie, elle était préparée à des situations diplomatiques de grande ampleur et à gérer des situations de crise au-delà du raisonnable, et pourtant, elle perdait tous ses moyens en présence d'un homme avec qui elle avait rompu il y a de cela près de trente ans. Elle voudrait se coller des gifles mentales pour se ressaisir, mais au point où elle en était, c'était sûrement trop tard.


« Parce que tu continues de me voir même si tu préfèrerais nier mon existence ? Maintenant que tu es Ministre, tu peux toujours me virer, ça t’épargnera au moins ça… »


Faute de réussir à se mettre des gifles mentales, elle avait on lot de gifles métaphoriques, qui savait appuyer là où ça fait mal. Et en l'occurrence, elle était assez... vexée des paroles prononcées par Thésée, et pourtant, il avait de très bonnes raisons de penser de cette manière.

Ce n'était pas du tout comme ça qu'elle voyait les choses. Oh, elle aurait voulu l'occulter de son existence (et elle avait essayé), pour ne plus souffrir de la situation et pour ne plus en subir les conséquences. Mais maintenant qu'il était là, non, elle n'avait pas envie d'occulter sa présence, même si c'était difficile.

Mais est-ce qu'il la pensait véritablement capable de cela ? de le virer juste pour se donner bonne conscience ? Il avait peut-être de bonnes raisons de le penser, mais ce n'était pas vraiment agréable de découvrir quelle image d'elle elle renvoyait.


"Ne dis pas de bêtise", soupira-t-elle. Jamais elle ne le virerait, et certainement pas pour ça. Ce serait faire preuve d'une mauvaise foi terrible, surtout au vu de l'excellent travail et de l'incontournable réputation de Thésée. Et au-delà de ça, et même si elle l'avait très mal montré, elle avait du respect pour lui, en fait. "Je voulais juste dire..." Des choses qu'elle ne pouvait pas exprimer oralement sans lui balancer la vérité en pleine figure. "Il y a eu un avant et un après toi..."

Elle avait décidé d'empirer son cas, on dirait bien. Mais oui, c'était vrai. Il y avait eu un avant et un après lui. Un avant et un après Agrippine, plus précisément... Et c'était le problème. Si elle ne lui parlait pas de sa fille, de leur fille... alors il ne comprendrait jamais.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 236
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: 21,8 cm, bois d'olivier, écaille de dragon
Camp: Bien
Avatar: John Barrowman

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Ven 27 Juil - 16:17

Un malheur n'arrive jamais seul
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Thésée ne savait pas si Wilhelmina faisait des sous-entendus, ou bien si elle essayait de lui dire quelque chose. Mais il n’était pas vraiment dans un état psychologique suffisant pour faire du décodage. Il avait juste envie que pour une fois, les choses soient claires. Mais c’était peut-être trop demandé de sa part. En même temps, les circonstances n’aidaient pas vraiment. En même temps, Thésée n’en savait rien. Il ne savait pas les secrets que cachait la Ministre. Mais du coup, il n’arrivait pas à comprendre ce qu’elle voulait, ce qu’elle attendait de lui. Si jamais elle voulait quelque chose, parce qu’il est vrai qu’elle lui parlait seulement parce qu’ils étaient enfermés dans un endroit restreint de par sa taille, pas parce qu’elle s’était subitement souvenue qu’il existait. Qu’il n’était pas mort, pas encore.

Quoiqu’il en soit, il avait du mal à la cerner, alors évidemment, il lui disait un peu n’importe quoi, sans doute. Mais elle n’avait qu’à être plus précise et claire dans ses propos. Au lieu de tout dire à demi-mot, c’en était légèrement agaçant. Mais bon, à quoi bon se battre contre elle ? ça n’avait aucun intérêt, surtout après tout ce temps. Presque trente ans… ce n’était pas anodin, ni rattrapable. Comment on rattrapait trente ans d’une vie ? C’était impossible. Pourtant, Wilhelmina avait bien réussir à faire comme s’il n’avait jamais existé pendant trente ans. Peut-être qu’elle était plus douée que lui dans ce domaine, mais ce n’était pas quelque chose qu’il savait faire, de son côté. Peu importe, il était du genre à affronter les choses plutôt que de les fuir et de les contourner, c’était dans son caractère. Alors non, il ne comprenait pas totalement son attitude. Mais bon, elle avait sûrement ses raisons. Même si elle ne les lui disait pas, elles étaient probablement très bonnes. Du moins, il l’espérait vraiment, vu comme les choses s’étaient passées.

"Ne dis pas de bêtise. Je voulais juste dire...Il y a eu un avant et un après toi..."
Il ne savait pas trop comment il devait le prendre, ni ce que cela signifiait vraiment. Ou bien si, étant donné que son mariage avait capoté à cause de leur liaison, cela devait être ce qu’elle voulait dire. Pourtant, il ne pouvait pas dore qu’il regrettait quoique ce soit. Oui, ce n’était pas correct de coucher avec une femme mariée, mais si ça ne plaisait pas eh bien, c’était pareil. Il fixa le plafond de l’ascenseur, restant silencieux durant quelques instants. Qu’est-ce qu’il était censé répondre à cela après tout ? C’était compliqué. Mais le pire, c’est que cela l’était bien plus que ce qu’il pensait. Mais pour le moment, il n’en avait aucune idée.

« Je suis désolé d’avoir contribué à gâcher ton mariage. Je n’ai jamais voulu te rendre malheureuse… bien au contraire. »

black pumpkin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
avatar
▌ Messages : 89
Humeur :
50 / 10050 / 100


QUI SUIS-JE?
Baguette: Hêtre, 23 cm, plume de phénix
Camp: Neutre
Avatar: Lena Headey

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   Lun 30 Juil - 10:54

« Je suis désolé d’avoir contribué à gâcher ton mariage. »


Wilhelmina hésita à répliquer quelque chose en entendant de tels mots. Elle n’avait pas envie de lui faire endosser la responsabilité d’un ménage brisé, mais en même temps, elle ne pouvait pas prétendre non plus que Thésée n’avait en rien contribué à l’échec de son mariage, sur la fin, du moins.

Sans lui, Agrippine ne serait jamais née, sans lui, son époux ne se serait pas senti trahi par une épouse adultère. Sans lui, il aurait peut-être continué de l’aimer. Peut-être qu’il aurait continué à la négliger comme il le faisait bien avant tout cela, peut-être qu’il aurait continué de la considérer davantage comme une mère que comme une épouse, mais au moins, il ne l’aurait pas méprisée, il ne l’aurait pas poussée à haïr la chair de sa chair, parce qu’elle avait tout détruit…

En même temps, Thésée n’avait jamais fait qu’agrandir une fracture qui existait déjà bien avant tout ça, en réalité. Si elle s’était vraiment sentie heureuse avec son mari, jamais elle ne l’aurait trompée. Elle n’avait pas choisi Thésée parce qu’il était le premier venu et qu’elle s’ennuyait dans son ménage. Elle avait choisi Thésée parce qu’il l’avait fait se sentir aimée pour la première fois depuis une éternité. Et parce qu’elle l’avait aimé aussi… même si elle n’avait jamais su détester son époux malgré tout.


« Je n’ai jamais voulu te rendre malheureuse, bien au contraire. »


Ça, elle le savait. En même temps, si Thésée était réellement capable de malveillance, elle ne l’avait jamais vu à l’œuvre. Elle savait qu’il avait voulu son bonheur, et quand ils n’étaient que tous les deux ensemble et qu’elle réussissait à oublier le reste, elle avait effectivement été heureuse. Mais un bonheur toujours fugace, parce que rongé d’une culpabilité dont elle n’avait jamais réussi à se défaire.

Il ne l’avait pas rendu malheureuse, les circonstances étaient à blâmer plus qu’autre chose. Les circonstances et sa lâcheté.


"Je sais bien…"
Elle osa une esquisse de sourire. "Et moi non plus, je ne voulais pas te rendre malheureux, même si ça doit être difficile à croire." Elle marqua une légère pause. "J’ai beaucoup de respect pour toi, tu sais." Et à l’époque, elle l’aimait, vraiment. "Je n’aurais jamais dû te traiter comme ça. Mais je crois que si j’étais venue te parler… je n’aurais pas réussi à te quitter."

Et elle avait mis du temps à le reconnaître. Elle n’avait pas juste eu peur de l’affronter, de tout arrêter en face-à-face, elle avait craint de ne pas savoir tenir ses résolutions.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

Message#Sujet: Re: Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)   

Revenir en haut Aller en bas
 

Un malheur n'arrive jamais seul (Thésée)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Un malheur n'arrive jamais seul [Ryan]
» [FB FINI] Un malheur n'arrive jamais seul → PHEN/KAYA (PV)
» Un accident n'arrive jamais seul [DECLAN]
» Les grandes découvertes ne se font jamais seul [Fury, Neigy, Fumy, Aigly]
» Jamais seul même en forêt (PV F'ealla Kichy)
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
T.rouble O.r M.isery (or both) ::  :: 
Londres
 :: Ministère de la Magie
-