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 Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve

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SORCIER
Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeDim 9 Mai - 12:02

Daddy, don't ever die on a FridayFinn, Eve & Rafa

The Cadillac stood by the house, and the Ritals they were within. Dans la pénombre, Rafa ne remarque d’abord pas la grosse berline stationnée devant chez lui, et, lorsqu’il la repère enfin, il est trop tard. Un grand type le cueille d’un crochet à l’estomac avant de le forcer à entrer dans la voiture, dont un autre gus tient la porte ouverte. Rafa atterrit à moitié sur un troisième larron, les portières claquent, et il se rend compte qu’il est coincé entre Ludovico Montenza et son second Cesare Mariotti. Devant, au volant, il le reconnaît maintenant, c’est Rossi, une montagne humaine qui fait partie du premier cercle du clan Montenza. Il faut drôlement du cran pour venir chercher le second de Callahan en plein milieu du quartier irlandais, sur ses terres. L’opération n’a pas duré deux minutes, il faut dire ; on ne peut pas leur enlever ça, ils sont organisés, ces cons.

Pour O’Riordan, toute la question, à présent, est de savoir où on l’embarque, et surtout s’il a un moyen de se tirer. Mais Mariotti ne le laisse pas réfléchir en paix.
“Ben alors, Rafael, la politesse ? Tu dis plus bonjour à Don Ludovico ?” Tiens, Ludo, dit la petite pute dans les milieux autorisés, se fait donner du Don Ludovico maintenant. Rafa marmonne un bonjour à peine audible, tandis que Mariotti poursuit : “Tu m’en veux pas, mais il y a une petite formalité…” D’un geste précis, il soulage O’Riordan de son Beretta, qu’il utilise pour le menacer en lui ordonnant de donner son couteau et toute autre arme qu’il possèderait. Il sera fouillé par la suite et s’il a caché quelque chose, il risque de le regretter. De toute façon, on ne lui veut pas de mal. Preuve, c’est devant le Cincinnati que la Cadillac s’arrête, et non dans une zone industrielle déserte où on pourrait le torturer au calme.

Le pub est désert, chose on ne peut plus normale à deux ou trois heures du matin. Ces messieurs s’installent dans l’arrière-salle, celle où se déroulent habituellement les parties de poker ; Rafa reconnaît l’endroit pour y être venu deux ou trois fois avec Finn, jadis. On l’assoit sur une chaise, sur laquelle on le ligote sans ménagement. Et Ludo entre en scène, en lui expliquant qu’il a une proposition à lui faire.


-Vous pouvez vous la carrer où je pense, votre proposition, crache Rafa avant d’avoir pu se retenir.

Mariotti riposte par une mandale aller-retour qui envoie valser la chaise.
“Le respect, Rafael,” grogne-t-il en remettant la chaise sur ses pieds. Et Ludo de poursuivre, comme s’il n’y avait eu aucune interruption : “Je sais que tu es un gars intelligent, Rafael. Tu as donc bien compris que ton patron, mon cousin, il est fini. Ce n’est plus qu’une question de jours, maintenant. Tu ne crois pas que ce serait dommage qu’il t’entraîne dans sa chute ?” Le Rital déroule son argumentaire. Il n’a rien oublié, ni le traditionnel mépris des Irlandais pour les Tinkers (“comment tu peux accepter d’être sous les ordres d’un Gitan ?”), ni quelques considérations psychologiques sur la façon dont Callahan le traite, ni, enfin, le rappel presque mystique au nom de Tony Montenza. Il ne recueille qu’un refus, qui finit par l’énerver et par valoir à Rafa une volée de gnons. “Quel dommage. Moi qui pensais te donner une prime de bienvenue de vingt mille livres. Je suis bon prince, je te laisse une chance, je vais te laisser réfléchir un moment.”

Ils sortent, laissant Rafa sur sa chaise, dans cette pièce sans fenêtre. Il essaie de se plier en deux pour soulager la douleur de son estomac, où ils ont frappé plus que de raison, mais les liens sont serrés. Dans la demi-conscience, il se met à gamberger, analysant chaque mot qui a été prononcé. Vingt mille livres, putain. Il a eu un regard incrédule à l’énoncé de la somme, et ça n’a pas échappé aux Ritals.

Lorsque Ludo et Mariotti reviennent le voir, un long moment après, il a perdu de sa superbe. Montenza joue négligemment avec une liasse de billets de cent livres, Mariotti avec le propre Beretta de Rafa. Ils ont soigné la mise en scène.


-Alors, tu as réfléchi ?
-Oui, monsieur Montenza,
répond O’Riordan humblement.

Les deux autres font un commentaire en italien qu’il ne comprend pas, mais qui les fait rire, et Mariotti reprend :


-Tu reviens à la raison ?

Rafa fait oui de la tête, les mâchoires crispées. Ludo s’approche, tend sa main droite dans un geste princier. L’Irlandais ne comprend pas tout de suite ce qu’on attend de lui, mais Mariotti le lui souffle à l’oreille. Alors avec un intense dégoût, Rafa incline la tête et baise la sale patte de Don Ludovico, qui affiche un air satisfait assez écoeurant. “Au travail, maintenant.” Les deux Ritals s’assoient à la table de poker, en oubliant de détacher leur nouvel employé. “On a besoin d’un maximum d’informations, Rafael. Et à toi la prime.” Mariotti se met à étaler les liasses sur la table, mais Rafa, d’une voix défaite, formule une supplique :

-Je pourrais aller aux chiottes avant ? s’il vous plaît, don Ludovico ?

Don Ludovico est magnanime, et il accepte. Escorté par Rossi, Rafael est conduit jusqu’aux toilettes de l’établissement. Il ouvre le robinet en grand pour s’asperger d’eau fraîche, et aussi pour couvrir le bruit de la lucarne. Une chance qu’il se soit souvenu de cette petite fenêtre. Au prix d’un effort, il escalade, se retrouve sur les toits. Il fait jour, à présent. Après quelques centaines de mètres, il arrive à redescendre dans la rue, à grimper dans un bus dont les passagers le regardent avec effroi, puis dans un autre, puis dans le métro. C’est comme ça qu’il arrive au Cohan, la tronche tuméfiée, un peu de sang sur la chemise, la mine épuisée. Callahan est déjà là, avec une poignée de gars. Ils étaient tous convoqués à sept heures pour aller faire du foin à Little Italy, mais l’absence de Rafa a retardé l’opération prévue. Son entrée fait sensation.

-Oh putain, patron, lance-t-il en se laissant tomber sur une banquette, tandis que Liam vient obligeamment lui servir un café. J’crois que j’ai jamais été aussi content de vous voir. Vous devinerez jamais avec qui je viens de passer la nuit.

Forcément, vu sa tronche, le patron devine, et il demande des explications.

-Eh bien, tel que vous me voyez, je viens de m’asseoir sur vingt mille livres, annonce Rafa en introduction avant de raconter sa folle nuit au Cincinnati.

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Finn Callahan
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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeMar 11 Mai - 0:41



Daddy, don't ever die on a Friday
Eve, Rafa & Finn
Accoudé au comptoir du Cohan, Finn s’impatiente, entouré de ses hommes, et il lance à la cantonade : « Bon, il est où Rafa ? C’est pas le jour d’être en retard, là, y en a un d’entre vous qui a des nouvelles ? Bien le moment de jouer les jolis cœurs, j’avais dit que j’étais d’accord tant que ça le distrayait pas, moi… » Grogne-t-il. C’est qu’ils vont perdre leur effet de surprise, à force.  Il ne faudrait pas que leurs représailles pour le cocktail Molotov balancé dans la boutique du Red Lion, un des pubs qui appartient au clan et la mort de deux hommes tombe à l’eau. Pour l’instant, Finn mène le bal et il ne compte pas perdre son avantage, ni s’arrêter. C’est déjà, depuis la mort de Pepi, la troisième incursion qu’ils mènent à Little Italy, semant incendies et s’en donnant à cœur joie dans les fusillades. Callahan a aussi appris grâce à des ritals qui ont eu les chocottes et préféré les rejoindre, qu’il y avait déjà deux autres membres du commando qui y étaient passé, dans des circonstances louches mais qui ne laissent que peu de place au doute : c’est eux qui étaient visés. Eve a donc eu le message, et Ludovico doit donc doucement et gentiment commencer à paniquer, d’où ces représailles et ces hommes abattus depuis une moto, en un éclair. Ils n’ont pas pu identifier le tireur, mais la méthode, elle, est classique. Autant dire qu’ils ne vont pas en rester là : Finn a donc convoqué tout le monde à l’aube, et fait distribuer irish coffee et fusils. Demain matin, on bouffe du rital au petit-déj, a-t-il dit avec un rire féroce à Rafa, hier soir. Mais l’animal n’est en vue nulle part : quand même, cette fille, elle lui a sacrément tourné la tête, songe-t-il, bougon, quand la porte s’ouvre. Il se fend d’un impératif  « Ah bah alors, t’étais… » mais s’interrompt aussitôt lorsque Rafa commence à parler. « Explique. » Lance impérieusement le patron, dans un silence qui se fait quasi- religieux, même s’il devine déjà ce qu’il va dire.

La suite plait encore moins que prévu à Finn. Sous la table à laquelle il s’est assis, ses mains se serrent sur la carabine qu’il tient encore et sa mâchoire se crispe. Du Don Ludovico qu’il croit flatteur de se faire donner, oubliant son origine de petit-fils de paysan sans le sou des Pouilles, au mépris que son cousin a affiché sans vergogne pour les pavees et pour lui, jusqu’à la tentative de corrompre Rafa et les coups portés à son second, tout le met dans une colère noire, incontrôlable. Il n’a qu’un grondement, qui veut tout dire : « Vu. » Et puis les ordres claquent, comme un capitaine de navire. « Sean, prends moi dix des gars, allez me foutre le bordel à Little Italy. Mike, tu gardes le Cohan, soyez prêts s’ils débarquent. Les autres en bagnole avec moi. » Il grogne encore pour Rafa : « On va voir si je suis aussi fini que sa gracieuseté Don Ludo le dit, parole ! Tu te sens d’attaque ? » C’est qu’il lui a quand même amoché, le petit, et ça ne passe pas.

Fusil sur les genoux, le mafieux fume furieusement alors que Rafa conduit. Il ne dit rien, tout son esprit concentré sur son objectif. Oubliées ses bonnes résolutions pour Eve, cette fois : en s’en prenant à Rafa, Ludovico va à l’affrontement direct. Et ça tombe bien, Callahan est tout disposé à lui donner. Quand les voitures du clan se garent devant le Cincinnati, Mariotti est devant le bar, tout seul. Il cherche à saisir son flingue, mais il n’est pas assez rapide pour Finn. « Dégage, Cesare. » Il l’attrape par le col et l’envoie traverser la vitrine avec un grand bruit de verre brisé, et le second de Montenza atterrit sur le sol du bar, où il reste immobile au milieu d’une marre de sang et de verre brisé. Finn entre à son tour, escorté par Rafa, et une quinzaine d’irlandais à l’air menaçant. Les italiens qui étaient là – Ludovico a du battre le rappel des troupes en constatant l’évasion de Rafa – se lèvent à leur tour, mais Callahan ne se démonte pas et déclare comme si de rien n’était, levant une main pour retenir ses hommes. « Salut, la compagnie. Il est là, votre Don Ludo ? Ou il se planque ? » Il élève la voix, goguenard, se doutant que le patron est dans le coin, et tirant des rires à ses hommes :  « Il a peur d’un gitan en bout de course ? » Il ne faut pas longtemps pour que l’arrière-salle s’ouvre et laisse passer la moustache de Ludovico, et bientôt Montenza lui-même, arborant le même air ennuyé et crâne qu’usuellement, et c’est d’un ton tout aussi las et un peu méprisant qu’il lance : « Je suis là. C’est peut-être pas la peine de gueuler. » Il fait signe à Finn de le rejoindre. Callahan fronce les sourcils, méfiant. « Viens, on va parler, cousin. D’homme à homme, après tout c’est la famille. » Le voilà coincé. Du coin de l’œil, Finn aperçoit Rafa, qui tire la gueule sous ses blessures, l’air de dire que c’est une mauvaise idée. Il est d’accord, en théorie, mais voilà, s’il renonce…ça veut dire qu’il flippe face à Ludo. Ce que ne manque pas de remarquer ce dernier, d’ailleurs : « Ou c’est toi qui a peur de moi, sans tes gars ? » Le voilà coincé : dire non, ce serait passer pour un lâche. Alors, reprenant en gaélique pour Rafa, il glisse à mi-voix : « Reste vers la porte de l’arrière-salle avec Frank. T’en mets deux vers la vitrine. Si tu peux, avec ces cons là. Et tenez vous prêts si je gueule. » Et puis il traverse lentement la salle du bar, passant entre les italiens qui ne bougent plus.

Il peut le gérer, se convainc-t-il. Il a un flingue, et une carabine, sans compter le cran d’arrêt. Et ce n’est pas cet espèce de traitre, ce grand escogriffe prétentieux avec sa moustache merdique qui lui fait atrocement penser à Rory, ce qu’il n’avait jamais remarqué avant, qui va lui faire peur. Pourtant, Finn n’a le temps de mettre aucun de ses plans en action. Juste celui d’entendre, alors qu’il vient de fermer la porte derrière eux et qu’il s’est tourné vers son cousin pour parler : « Franchement, Finnegan, il faudra que tu m’expliques comment tu as fait pour survivre jusqu’à là en étant si con et si autodestructeur. Ça m’a toujours fasciné, je dois l'admettre. Même maintenant. Surtout maintenant, je dois dire. » Il devine, plus qu’il ne voit, la lame. Il n’a pas le temps d’éviter le coup de couteau non plus. Ludovico a toujours été doué avec les lames. Il a frappé vers l’estomac, et la douleur le plie presque en deux. De l’extérieur, son expression est peut-être comique, à mi-chemin entre la surprise et l’incompréhension. Il voudrait dire quelque chose, protester d’un ton indigné qu’il l’a planté – à l’évidence – mais rien ne sort : « Tu dis ? » Demande son cousin d’un ton aimable, avant de frapper une seconde fois, causant un gémissement sourd chez l’irlandais : « C’est la fascination de mon père pour les chiens écrasés, sans doute. Je n'ai jamais compris non plus, tu me diras. » Continue pourtant Montenza, avant de retirer la lame. Callahan titube, glisse contre la porte, parvient à s’y accrocher et à l’ouvrir. Il savait tout ça, mais c’est autre chose de se l’entendre dire par Montenza lui-même, et il ne veut plus l’entendre.

Roulant des yeux paniqués,  il fait un pas dans la salle. Il voit à peine le bar, les italiens et ses gars. Il voudrait appeler Rafa, mais rien ne sort de sa bouche, sinon un hoquet immonde, et un flot de sang, dégueulasse, comme un trop plein qui se déverserait d’on ne sait où, lui échappe d’un coup, coulant sur son menton. Quelqu’un le pousse en avant, Ludo probablement, et il s’écroule presque dans les bras de son second.« Allez, la fête est finie, les enfants, débarrassez-moi de la vermine. » La voix de son cousin est la dernière chose qu’il entend, d’ailleurs. Tire-toi, voudrait-il gueuler à Rafa, tirez-vous tant qu’il est encore temps, c'était un piège et je vous ai entrainé droit dedans, con que je suis. Pour lui, c’est foutu. Finn a vu assez de types mourir dans sa vie pour savoir qu’il est en train de mourir. Il perd beaucoup trop de sang pour tenir le choc, se dit-il alors qu’il entend une balle siffler, étrangement détaché de tout. C’est curieux. Il ne pensait pas mourir en venant ici. Ni que ça faisait cet effet là, de mourir. Il n’a plus mal, maintenant, il se sent simplement…engourdi, parce qu'il sombre sans s'en rendre compte.  
(C) CANTARELLA.

_________________
We're thiefs.This world doesn't want us anymore.


Dernière édition par Finn Callahan le Mar 11 Mai - 19:11, édité 1 fois
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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeMar 11 Mai - 13:48

Daddy, don't ever die on a FridayFinn, Eve & Rafa

C’est dans un silence tendu que Rafa fait son récit, sans omettre le moindre détail. Les gars, muets, font cercle autour de la table à laquelle Finn et son second sont installés. Les mines sont graves ; en venant enlever O’Riordan en plein quartier irlandais, les Ritals ont franchi un cap dans la guerre qui oppose les deux clans. Le patron écoute sans rien dire, le visage de plus en plus fermé. Liam, tout aussi captivé que le reste de l’assistance, vient poser devant Rafa un grand Irish coffee, alors même qu’il n’a pas encore bu son café. Tout le monde semble outré d’apprendre à quel point Ludo a été irrespectueux ; pour tous ces hommes, Finn n’est pas un Gitan, c’est juste le patron. Quiconque s’aviserait de dire un mot sur ses origines s’en mordrait amèrement les doigts. Son récit terminé, Rafa avale d’une traite le café tiède, puis l’Irish coffee, en grimaçant un peu lorsque l’alcool vient toucher sa lèvre supérieure ; ce connard de Mariotti a cogné comme un sourd et lui a littéralement éclaté la gueule. Pas vraiment la meilleure manière d’essayer de l’appâter, lorsqu’il y pense. La promesse des vingt mille livres aurait été plus convaincante sans les mandales. Les ordres tombent, et Rafa se lève, tandis que les gars se dispersent :

-Si je suis d’attaque ? Toujours, pour rendre visite à Don Machin. Faut juste que je récupère un flingue, le mien, c’est cet enfoiré de Mariotti qui l’a… J’y vais et je suis à vous.

Sans traîner, il file jusqu’au bureau du patron pour y prendre un pistolet, qui, il le constate avec regret, n’est pas aussi bien fait à sa poigne que son vieux Beretta ; en bas, le patron l’attend avec deux carabines, une pour chacun ; ils s’installent, seuls, dans la Bentley, direction le Cincinnati. Le reste de l’expédition se met en branle dans leur sillage ; dans son rétroviseur, Rafa peut voir trois Buick, toutes chargées d’Irlandais prêts à en découdre.

Mariotti ne semble pas surpris de les voir débarquer. Il l’est un peu plus lorsque Callahan l’envoie valser à travers la vitrine, et Rafa lui accorde un regard haineux en entrant sur les talons de son chef. Cet enfoiré porte à sa ceinture, en plus de sa propre arme, le Beretta confisqué à O’Riordan. Très rapidement, le front se met en place, carabines braquées de toutes parts. Une vraie poudrière, prête à exploser à la moindre étincelle. Qu’un mec s’avise d’éternuer, et il y a trente cadavres sur le sol en moins d’une minute. C’est dans cette ambiance tendue à mort que Don Ludovico se ramène, avec son habituel air ennuyé. Rafa voudrait gueuler au patron de ne pas répondre à ses provocations, mais le connaissant, c’est peine perdue. Il ne va pas se laisser traiter de lâche sans réagir, et le voilà qui suit son enflure de cousin dans l’arrière-salle. O’Riordan se poste devant la porte, essayant d’entendre ce qui se dit à l’intérieur tandis qu’il surveille son monde du coin de l'œil. Mariotti a fini par digérer son vol plané à travers la vitrine et il se relève péniblement en faisant pleuvoir des bouts de verre. C’est le seul mouvement dans la pièce ; Irlandais et Italiens se fixent, prêts à tirer ; pour un peu, on se croirait dans une photo.

Et d’un coup, le son et le mouvement reviennent. La porte s’ouvre, et Rafa reçoit Callahan dans ses bras. Le patron essaie de parler, mais c’est un flot de sang qui sort de sa bouche et vient tremper l’épaule de son second. Ludo, toujours aussi nonchalant, ordonne à ses hommes d’en finir.


-Frank, à toi le commandement, gueule Rafa en gaélique en embarquant un Callahan aussi mou qu’une poupée de chiffons. J’emmène le patron se faire soigner. Couvrez-moi et puis essayez de vous tirer, sauve qui peut, pas d’héroïsme.

Les balles se mettent à siffler, et c’est par miracle qu’il arrive jusqu’à la Bentley sans que ni lui, ni Finn n’aient pris un pruneau. Il charge le patron à l’arrière et démarre en trombe, la priorité étant de quitter ce quartier de merde ; ce n’est qu’une fois loin de Little Italy qu’il prend la peine de s’arrêter pour jeter un coup d’oeil aux blessures de Finn. Deux coups de couteau, l’arme de prédilection de Ludo, qui sont en train de le saigner à blanc. La chemise détrempée de sang colle à sa peau, et Rafa n’ose pas retirer le tissu de peur que ça se remette à pisser.

-Ca va aller, patron, murmure-t-il machinalement, sans savoir si Callahan l’entend vraiment. On va chez Matthews, il va vous réparer ça.

Mais Matthews, le médecin officiel du clan Callahan, un vieux gonze originaire, comme Callahan, de Limerick, a déserté son cabinet. Sa bonne informe Rafa que le toubib a dû se déplacer en urgence, une histoire d’accouchement difficile que le mafieux n’écoute pas. Il claque la portière de la Bentley d’un geste furieux, et hésite un instant sur la conduite à tenir. Une larme, de rage, coule sur sa joue tandis qu’il repousse pour la centième fois l’hypothèse hôpital. Aller à l’hosto avec un colis comme celui qu’il trimballe, ce serait du suicide, ni plus ni moins. Rafa a beau être un homme de sang-froid, la panique commence à le gagner. Plus pour se rassurer lui-même que pour le patron, qui semble parti loin dans les vapes, il déclare :

-C’est rien. On s’en fout, de ce toubib à la con. On n’a pas besoin de lui.

Il redémarre, sans savoir où il va - et puis l’idée lui vient. Foutu pour foutu… De toute façon, si on ne s’occupe pas très vite de lui, Callahan va mourir. Si ce n’est pas déjà fait. Rafa n’a pas osé vérifier, de peur qu’il soit déjà trop tard. Il reprend la route, sur les chapeaux de roues, sans se soucier des inconscients qui se trouveraient sur son chemin. Ils n’ont qu’à se pousser, tous ces insignifiants. Le patron est en train de canner, c’est ça l’important.

Dans un crissement de pneus, il s’arrête enfin devant la maison d’Eve, dans le Poplar. Il se rappelle qu’au détour d’une discussion, elle lui a raconté qu’elle avait certaines compétences de base en médecine. Elle est sa dernière chance ; si elle n’est pas là, l’étape suivante, c’est de trouver un prêtre.

Mais elle est là, et elle semble étonnée de trouver sur son paillasson un Rafa paniqué, la tronche éclatée, les fringues dégoulinantes de sang.


-C’est Finn, halète-t-il sans lui laisser le temps de poser la moindre question. Il est salement blessé, il va y passer si on fait rien.

C’est la première fois qu’il désigne Callahan par son seul prénom, signe d’une angoisse extrême. Se rendant compte que cette entrée en matière risque fort de ne pas convaincre Eve, il enchaîne :

-Je sais, je suis le roi des connards, tu veux plus voir ma gueule, mais c’est pas pour moi que je te demande de l’aide, c’est pour lui. Tu veux quand même pas que Ludo ait gagné, si ? Aide-moi et je te jure qu’après ça tu pourras bien me crever les yeux si ça te fait plaisir, mais le laisse pas crever comme un chien. Putain, Eve, je t’en prie. Faut que je te le demande à genoux ou quoi ? s’exclame-t-il finalement en joignant le geste à la parole, sans se rendre compte qu’une voisine en route pour le marché le regarde d’un  drôle d’air.


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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeMar 11 Mai - 17:42

❝Rafael, Finn & Eve ❞Daddy, don't ever die on a fridayPendant la guerre, au sein de SOE, on trouvait un peu de tout. Des bras cassés, des jeunes avides d’en découdre, des vétérans déjà blasés parce que la guerre pouvait apporter, d’autres ayant perdu des proches, etc. A ses débuts, du haut de ses dix-huit ans, Eve ne rêvait que de vengeance envers cet ennemi insaisissable qu’étaient leurs opposants. Presque dix ans plus tard, la jeune femme se souvient encore des paroles d’un de ses instructeurs : La vengeance ne vous soulagera pas. Elle n’effacera ni la peine, ni la douleur, c’est simplement une distraction. Mieux vaut agir froidement en mettant ses émotions de côté que d’y céder. Depuis, l’ancienne résistante s’est tenue à cette ligne de conduite dont l’efficacité semble avoir été prouvée puisqu’elle est toujours là, toujours vivante.

La vengeance a beau ne pas effacer la peine, elle la soulage, songe Eve en préparant sa prochaine expédition. Elle l’occupe également.  Après une semaine chez les Leach, la jeune femme a sentit le besoin de partir, de se retrouver avec elle-même. Quoiqu’ils aient tout fait pour l’aider, la soigner, la mettre à l’aise, sa présence dans une famille - même aussi dysfonctionnelle que celle de Nobby - lui rappelle trop cruellement ce qu’elle a perdu pour qu’elle s’autorise à rester. Sa convalescence étant en bonne voie, Eve a désormais des choses à faire. Des choses qui se précisent lorsque, après une visite désagréable au Cohan, elle reçoit une liste de noms sur un bout de papier. Elle reconnaît l’écriture et, avec une certaine satisfaction, constate que son message est passé.

De son côté, elle a eu une longue discussion avec son oncle. Une fois sortis de l’hôpital, les hommes de Nikolaï n’ont pas tardé à remonter la piste de ses agresseurs. Néanmoins, plutôt que d’agir dans la précipitation, Chouvalov a préféré attendre et se concerter avec sa nièce pour déterminer la marche à suivre. Comme prévu, il a trouvé celle-ci obstinée et bien décidée à se faire vengeance elle-même. De son côté, s’il concède qu’elle est, en effet, la partie la plus laisée, il a bien fait comprendre que c’était aussi une question d’honneur et qu’il ne pouvait pas rester les bras croisés. Un compromis a été trouvé : pas de guerre des clans pour Chouvalov, mais Eve agit en son nom et ses hommes l’accompagneront au besoin.

D’abord récalcitrante, la jeune femme a finit par accepter la proposition. Chargé de lui fournir des renseignements, les hommes de son oncle lui ont rapidement fait un rapport sur les hommes dont Finn lui a fourni le nom. De là, Eve a commencé à monter son plan, décidant de les descendre un à un - pour faire monter la tension - plutôt que de prendre le risque de lancer une grosse opération.

C’est Rassu qui est tombé le premier. En réalité, Eve a presque été déçue de voir à quel point ce fut facile. Petit, pas très charismatique, ni beau, l’homme de main de Montenza fait partie de cette partie de la population masculine qui préfère faire confiance aux filles de joie pour flatter son ego. Tous les vendredi, il a rendez-vous dans une maison close de Londres pour profiter de ce qu’il estime sûrement être  un moment de détente bien mérité. Il n’a pas été difficile, une fois le moment d’extase passé, d’attendre qu’il soit seul dans la chambre et se faufiler dedans pour l’égorger. Une méthode un peu dramatique, mais qui, en lui laissant le couteau en main, donne l’impression d’un suicide pour le policier peu scrupuleux qui viendra nettoyer.

Le second, Zoccolan, ne se laisse avoir que quelques jours plus tard. C’est à la sortie d’un rendez-vous que les hommes de Chouvalov l’attrapent avant qu’il ne rentre d’en sa voiture, l’amenant dans une usine désaffectée où à l’aide d’un silencieux, Eve a le temps de lui loger une balle dans le crâne. Simple, efficace, la jeune femme souhaite que justice soit faite, mais ne verse pas dans le grandiloquant.

Sur sa liste, encore quatre noms : Russo, Mariotti, Grizi et Montenza. Si elle garde le cousin de Finn et son second pour la fin, Russo et Grizi ne feront pas long feu. En réalité, si tout se passe bien, ce soir, elle pourra rayer un nouveau nom de sa liste. Chez elle, Petrov, un des hommes de son oncle avec qui elle discute de la marche à suivre quand on tambourine à la porte de façon insistante. Eve fronce les sourcils, échange un regard avec Petrov avant de saisir son arme qu’elle cache derrière son dos et que lui se positionne d’un côté de la porte tandis qu’elle va ouvrir.

Devant elle, la dernière personne que la journaliste s’attendait à voir. Rafa, en sang, sur le pas de sa porte. Elle n’a pas même pas le temps de protester ou de s’indigner de sa présence qu’il lui annonce la couleur : Finn est blessé. Gravement. C’est l’utilisation de son prénom qui la convainc de la gravité de la situation, Rafa ne l’ayant jamais appelé autrement que le patron ou par son patronyme. Pourtant, une partie d’elle rechigne. Elle aussi a été laissée pour morte et aucun d’eux n'était là pour lui porter secours. Pire, rien de tout ça ne serait arrivé s’ils étaient restés, mais devant l’insistance de Rafa, la peur et l’angoisse prennent le dessus. Il faut que les choses soient vraiment graves pour que le second daigne s’agenouiller devant elle. Son hésitation ne dure que quelques secondes, mais c’est peut-être déjà de trop. Elle a une boule au ventre, son rythme cardiaque s’accélère et malgré tout, la pensée que Finn puisse réellement y passer lui semble insupportable. D’un geste vif, elle relève Rafael :

- Relève toi ! Qu’est-ce que tu fous, tu veux attirer tout le quartier ? Où est-ce qu’il est ?

La question est inutile puisque l’énorme Bentley de Finn est garée presque devant chez elle.

- Petrov, aide Rafa à le porter à l’intérieur. Essaie d’être discret. Pose-le sur la table dans la cuisine.

Elle se précipite à l’intérieur et monte en trombe à l’étage. Eve est fébrile et avec surprise, elle s’aperçoit qu’elle tremble et doit s’y reprendre à deux fois pour ouvrir l’armoire où elle trouve un nécessaire de soin. La jeune femme embarque autant de serviette qu’elle le peut et descend dans la cuisine où Rafa et Petrov finissent tout juste d’installer Finn. Se tournant vers Rafa, elle ordonne :

- Fais chauffer de l’eau. Beaucoup ! Je vais en avoir besoin. Puis se tourne vers Petrov. Va téléphoner à mon oncle, dis-lui de m’envoyer un médecin ou une infirmière vite, mais quelqu’un de discret.

Deux minutes plus tard, Petrov est sorti pour aller à la cabine téléphonique la plus proche. Alors qu’elle découpe la chemise de Finn avec un ciseaux, Eve songe que les vieilles habitudes ne se perdent jamais. Soigner des blessures dans l’urgence ici ou dans une cave en attendant que l’ennemi soit passé revient à peu près au même. Une fois la chemise découpée, elle entreprent de retirer la veste qu’il porte pour mieux pouvoir examiner les blessures.

- Tu sais faire chauffer de l’eau ? Avec un sort je veux dire ? Non ? Prends-moi ma baguette, on a pas le temps que ça chauffe. Elle est sur la table dans le salon.

Elle chauffe un bac d’eau tandis que le reste bout sur le feu, elle tend un linge à Rafa et lui indique de poser la compresse là où le sang s’écoule.

- Appuie ! Il faut éviter qu’il perde plus de sang qu’il n’en a déjà perdu. Qu’est-ce qui s’est passé Rafa ? Je suis pas médecin bordel ! Je sais retirer une balle, recoudre quelqu’un, mais s’il continue de se vider de son sang, je ne pourrais rien faire.

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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeMer 12 Mai - 16:06

Daddy, don't ever die on a FridayFinn, Eve & Rafa

La voisine d’Eve observe un instant le manège de Rafa, puis s’éloigne, un sourire aux lèvres, pensant sans doute avoir affaire à un couple en pleine dispute, et sur le point de se réconcilier puisque la jeune femme relève son compagnon. Quelle ironie, lorsqu’on sait en quels termes sont les deux protagonistes de l’histoire. La dernière fois qu’ils se sont vus, ça s’est terminé par un pain dans la tronche pour Rafa - à croire que c’est une mode ces temps-ci, de lui cogner dessus - et ils s’étaient quittés avec la ferme intention de ne plus se revoir. Pas étonnant, donc, qu’Eve ait l’air stupéfaite. Un instant, O’Riordan craint qu’elle lui referme la porte au nez en disant que ce ne sont pas ses oignons, mais apparemment, elle n’en veut pas assez à Callahan pour le laisser canner sans lever le petit doigt.

Avec l’aide d’un des hommes de Chouvalov qui se trouvait là, Rafa entreprend donc de porter Finn à l’intérieur. Il faut faire vite, avant que tout le quartier les voie, mais sans secouer trop le blessé. Le patron a perdu énormément de sang. Ses vêtements sont poisseux, et il est si blême qu’à peine arrivé dans la cuisine, Rafa se penche sur lui avec inquiétude pour prendre son pouls.

Ça bat, tout doucement, très loin, mais ça bat.


-Vous êtes un coriace, patron, chuchote Rafa presque tendrement à l’oreille de Callahan. Continuez comme ça. Lâchez pas.

Il n’en mène pas large, même s’il est un peu moins paniqué depuis qu’il a senti sous ses doigts les pulsations du cœur de Finn. Aussi désemparé que le gamin que Callahan a ramassé dans la rue à Los Angeles, des années avant, aurait pu l’être. Mais le gamin a grandi, il est devenu un homme, et il reprend sur un ton féroce :


-De toute façon vous pouvez pas crever. Vous avez pas le droit. Si vous crevez je vous jure que je vous fais la peau, c’est vu ?


Il se redresse à la hâte alors qu’Eve entre dans la cuisine, les bras chargés de serviettes. Pas la peine qu’elle entende ce genre de délires, uniquement dictés par l’angoisse. Rafa entreprend de trouver une marmite qu’il remplit d’eau pour la poser sur la cuisinière. Il est un peu surpris quand, une fois Petrov sorti, Eve lui demande s’il saurait utiliser un sort pour aller plus vite. Bordel, la magie. C’est qu’il n’y a même pas pensé, il s’en rend compte avec stupéfaction. De toute façon, même s’il s’était souvenu qu’il est un sorcier, il n’a pas sa baguette magique sur lui, et il ne connaît aucun sort susceptible de sauver Callahan. Même celui qu’on est censé utiliser pour chauffer l’eau lui échappe, alors pour empêcher un homme de se vider de son sang…

Laissant Eve découper la chemise de Finn, Rafa se précipite au salon pour prendre sa baguette magique, qu’il lui apporte en silence. Il ne réfléchit même pas au fait qu’elle pourrait vouloir s’en servir contre lui ; à vrai dire, il ne se souvient presque pas qu’ils sont en froid, tous les deux, puisqu’ils s’affairent au chevet du même homme.

Comme Rafa le craignait, le sang s’est remis à couler lorsqu’Eve a décollé la chemise des plaies. Comme si le patron pouvait encore se payer le luxe de perdre trois gouttes de sang. Alors O’Riordan prend une serviette, et entreprend de comprimer les deux plaies. Il se retrouve très vite avec du sang plein les mains ; cet enfoiré de Ludo sait comment frapper pour tuer, il n’a pas donné ses coups au hasard. On se demande un peu comment Callahan est toujours vivant, avec ce qu’il a déjà perdu. Les mains de Rafa tremblent un peu, que ce soit à cause de la trouille ou à cause de sa fureur contre Montenza, qu’il se promet mentalement de découper en petits cubes la prochaine fois qu’il le croisera.

Mais si le patron y passe, bordel… O’Riordan comprime de toutes ses forces les plaies, comme si cela pouvait les convaincre de se refermer d’elles-mêmes. Plus rien n’existe que cette serviette qu’il appuie pour essayer d’arrêter le sang, sans se rendre compte que des larmes tombent de ses yeux. Jamais, de toute sa vie, il n’a eu si peur. Il essaie de ne pas réfléchir à ce qui se passerait si Callahan y restait, parce que le simple fait d’envisager l’hypothèse risque de lui porter malheur.

La voix d’Eve le distrait de ses ruminations, et, sans cesser d’appuyer sur les blessures de Callahan, il rétorque :


-Je sais bien que t'es pas docteur. Si j’avais eu un toubib sous la main, je serais pas venu t’encombrer, tu sais. Mais y avait que toi.


Le flux de sang se calme. Rafa retire tout doucement la serviette trempée pour laisser les blessures. Ils se penchent, chacun d’un côté du corps inerte de Finn, pour essayer d’évaluer l’étendue des dégâts ; O’Riordan oublie presque leur altercation au Cohan et, croyant parler à l’Eve d’avant cette entrevue, lâche d’une voix rageuse :

-C’est cette petite pute de Ludo qui l’a planté. Il a bien manigancé son coup, ce salopard.


Parce que Rafa en est certain, maintenant ; les Ritals l’ont laissé s’enfuir sciemment, en sachant qu’il irait tout raconter à Callahan, et que celui-ci irait se jeter dans la gueule du loup. À aucun moment Ludo n’a cru que le second de Finn le trahirait. Les vingt milles livres, c’était pour le décorum. S’il avait vraiment voulu le recruter, il n’aurait pas laissé Mariotti lui cogner dessus comme une brute. Évidemment, s’il avait trahi, ç’aurait été tout bénéf pour Ludo ; mais même s’il ne disait pas un mot, en le laissant s’évader, il s’assurait d’une visite immédiate de Callahan. Fumier de Rital, toujours dans tous les coups fourrés.

-Tu vas savoir le recoudre ? demande Rafa d’une voix blanche, en montrant ses mains agitées de tremblements. Normalement je sais faire, mais là…



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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeMer 12 Mai - 23:14

❝Rafael, Finn & Eve ❞Daddy, don't ever die on a fridayUne fois dans la salle de bain, il n’y a pas une seconde d’hésitation. Fébrile, elle l’est. Le sang pulse dans ses tempes, ses mains tremblent, sa respiration s’est accélérée, mais elle n’est pas paralysée pour autant. Presque en mode automatique, Eve sait quelle armoire elle doit ouvrir pour trouver son nécessaire de soin et où se trouvent les serviettes. Pendant qu’elle rassemble le matériel nécessaire, le souvenir des opérations d’urgence qu’elle a déjà pratiqué lui reviennent. Elle dévale les escaliers en se demandant comment elle va s’en sortir. Dans la précipitation, elle n’a pas pensé à demander comment Finn avait été blessé, mais il y a du sang. Beaucoup de sang. Il faudra le recoudre sans l’ombre d’un doute.

Une fois de retour, les ordres fusent, clairs et précis pendant qu’elle s’affaire après du blessé. C’est à la fois effrayant et rassurant de voir comme les vieux réflexes reviennent lors des situations de crises. Effrayant parce qu’elle pensait avoir laissé ça derrière elle depuis longtemps - qui apprécie rafistoler ses compagnons avec du matériel de fortune sans savoir s’ils vont s’en sortir ? Rassurant parce qu’au moins, elle sait quoi faire et qu’il a donc une chance de s’en sortir. En tout cas, elle l’espère.

Petrov parti, Eve s’active sur le blessé. De son côté, Rafa essaie de contenir le sang qui sort des plaies comme si sa vie en dépendait. Peut-être est-ce le cas. Quoique la jeune femme n’ait jamais vraiment compris leur relation, elle sait que le second est comme une extension de son patron et elle n’est pas certaine que celui-ci puisse tenir le choc s’il venait à mourir. Le pourrait-elle ? C’est une possibilité qu’elle se refuse à envisager tant elle lui paraît effrayante. Pendant un moment, elle en a le souffle coupé et, chose étrange, elle sent quelques larmes qui tentent de se frayer un passage. Refoulant celle-ci, la journaliste se concentre sur sa tâche. Elle aura le temps de penser après. Pour le moment, ce qu’il lui faut, ce sont des informations comme : pourquoi est-ce qu’ils sont chez elle plutôt que chez leur chirurgien ? Alors que le second retire les linges, la jeune femme passe un doigt délicat sur le torse du blessé pour évaluer l’étendue du problème. Sans y penser, elle se mord les lèvres et marmonne :

- Ce n’est pas bon du tout, Rafa. Je n’aime pas ça.


La suite lui plaît encore moins et il lui faut toute sa volonté pour rester concentrée sur la tâche qu’elle s’est assignée. Elle trempe le tissu dans l’eau claire et avec une délicatesse qui contraste avec la tension que l’on entend dans sa voix, elle essuie le sang autour de la plaie pour lui permettre de mieux voir ce qu’elle aura à recoudre.

- Comment ça, Montenza l’a planté ? Dis un peu Rafa, juste histoire que je sois certaine que tu n’es pas en train de te foutre de ma gueule. Comme deux connards, vous avez fait exactement ce que je vous avais dit de ne pas faire et vous êtes allé voir Ludovico ? Ton patron, couillon comme il est, a réussi à se faire planter et non content d’avoir essayer de buter cet enculé à ma place, tu ramènes cet idiot ici en espérant que je le soigne ? Je savais que tu avais des couilles et vous n’étiez qu’une bande d’inconscient, mais je ne pensais pas que c’était à ce point.

Toutes les insultes y passent tant elle est énervée, mais elle continue tout de même de soigner Finn en foudroyant son second du regard dès qu’elle a le temps de lever les yeux. Finalement, elle regarde son ancien amant, inconscient sur la table de la cuisine et ajoute, rageuse :

- Je te jure que si tu n’étais pas déjà si proche de la tombe, je t’y foutrais moi-même. Tu as intérêt à survivre, parce que dès que tu seras mieux c’est moi qui vais te planter.

Sa litanie s’interrompt le temps qu’elle trouve de l’alcool et surtout un bout de tissus propre à mettre dans la bouche de Finn. Elle fusille Rafa du regard lorsqu’il lui demande si elle arrivera à le recoudre.

- Je pourrais le faire en dormant, répond-elle sèchement à la fois pour le rassurer, mais également se rassurer.

Quoique furieuse et stressée, la jeune femme a été entrainée à réagir sous pression. Ce sont des choses qu’elle pourrait faire dans à peu près n’importe quelle situation. Or, ici, sur la table de sa cuisine, on est loin de l’infirmerie de fortune sous une pluie de balles où elle a dû aider à amputer la jambe d’une jeune résistante.

- Met-lui ça dans la bouche,
ordonne-t-elle en lui donnant le linge. Je n’ai pas de morphine, il faut qu’on évite qu’il se morde la langue s’il se réveille à cause de la douleur.

Alors qu’elle prend son aiguille, elle doit quand même s’y reprendre à deux fois pour faire passer le fils dans le chat de celle-ci. Elle jure et est interrompue par Petrov, revenu de sa mission qui l’informe que le médecin de Chouvalov est en route avec quelques hommes. Eve ne sait pas quel mot la frappe, toujours est-il qu’elle se tourne vers Rafa, presque catastrophée.

- Vous revenez du Cincinnati là ? Directement ? Putain Rafa et si vous avez été suivis ?

Elle se tourne vers Petrov et, en russe, lance quelques ordres. Qu’il monte la garde en attendant les renforts de son oncle. Le moindre suspect doit être abattu. Tendue - comme si elle avait besoin de cette pression en plus - elle prend l’alcool qu’elle verse sur les deux plaies. Réveillant le blessé par la même occasion.

- Tiens-le, il ne doit pas bouger.


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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeJeu 13 Mai - 16:41

Daddy, don't ever die on a FridayFinn, Eve & Rafa

La peau de Finn, autour des coups de couteau, a une couleur étrange, un peu marbrée. Rafa s’en rend compte à mesure qu’Eve nettoie tout doucement le sang séché. Elle n’aime pas ce qu’elle voit, et O’Riordan non plus n’aime pas cette couleur qui trahit l’abondante perte de sang du patron. Il a déjà vu des types mourir, saignés par une lame, assez pour savoir que ça ressemble fortement à ce qu’il a sous les yeux. Pour le moment, l’hémorragie s’est arrêtée, mais il ignore s’ils ont réussi à intervenir à temps. Si Callahan a perdu trop de sang, ils pourront faire n’importe quoi, il calanchera. Les prochaines heures leur donneront une indication. S’il est encore en vie ce soir, ce sera bon signe, mais sans vouloir dire qu’il survivra forcément. Chaque heure passée, avec ce genre de blessure, est une petite victoire. Le fait qu’il respire encore, avec ce qu’il a pris, est déjà une sorte de miracle.

Tête contre tête, Eve et Rafa examinent les plaies, momentanément alliés dans le même combat - ou presque. Si O’Riordan, tout à son angoisse, a pu oublier un instant quelles étaient ses relations actuelles avec Eve, la jeune femme se fait un devoir de le lui rappeler en l’engueulant sèchement. Oui, ils sont allés chez Montenza, et alors ? Pas client pour un soufflon alors que le patron est entre la vie et la mort, Rafa réplique :

-Ouais, Montenza. Tu sais que lui est pas au courant que tu te le réserves. Faudrait que tu lui dises, tiens, qu’il arrête de nous faire chier, parce qu’on peut pas non plus se laisser emmerder sans réagir. Cette salope m’avait chopé moi, alors tu penses bien que Finn allait rester les bras croisés.

Il malmène peut-être un peu la chronologie des faits, mais il ne ment pas. Ses nerfs commencent à le lâcher doucement - pas étonnant, après une nuit chez Ludo et les événements de la matinée. Un peu plus fort que nécessaire, il poursuit :

-Et puis c’est pas tellement moi qui donne les ordres, hein. T’auras qu’à t’adresser à lui, une fois qu’il sera tiré d’affaire. Ça commence à bien faire de me gueuler dessus juste parce que je suis là.

Raison de plus pour le remettre sur pied. Elle aura tout loisir de l’engueuler, quand il sera rétabli. Pour le moment, il n’entend ni leur altercation, ni les menaces que la jeune femme formule à son encontre. Les mâchoires serrées, Rafa prend la serviette qu’Eve lui tend, la plie soigneusement, et l’enfourne dans la bouche de Callahan en prenant bien soin de coincer la langue. Petrov rentre dans la cuisine à l’instant où Eve va commencer à recoudre les plaies. Ils échangent quelques mots en russe, puis Talbot revient vers lui, la mine soudain effarée.

-On n’a pas été suivis, répond Rafa, sûr de son fait. J’ai fait gaffe, et en plus je suis pas arrivé directement. Si on m’avait filé le train, je l’aurais vu.

Il change de place pour venir cramponner Callahan aux épaules ; l’opération peut commencer. L’alcool versé sur ses plaies tire un faible gémissement au blessé ; Rafa assure sa prise sur les bras pour éviter tout mouvement, et, alors qu’Eve plante son aiguille dans la couenne du patron, il reprend :

-De toute façon, à mon avis, Montenza le croit mort. Je suis sûr qu’il pense l’avoir eu. Et d’ailleurs, on va le laisser y croire. Pour moi, c’est la meilleure option.

Les idées se mettent en place, d’elles-mêmes, dans son esprit. Faire croire à la mort de Callahan, c’est inciter Ludo à baisser sa garde. L’homme a toujours été très sûr de lui, et c’est ce point faible qu’il convient d’exploiter. Sûr d’avoir éliminé son rival, il commettra forcément des imprudences, et alors…

-Dès qu’il sera transportable, je le ramène au Cohan, poursuit Rafa sans lâcher le blessé qu’il tient serré contre lui. Il sera en sûreté là-bas, j’en fais mon affaire.

Il ne demande pas son avis à Eve. Après tout, si quelqu’un a le droit de prendre des décisions, dans ces circonstances, c’est lui. Depuis des années, il tient lieu de famille à Callahan, il supporte ses humeurs, il partage ses moments de triomphe, il le suit aussi fidèlement qu’une ombre. Il sait ce qu’il faut faire - ou, en tout cas, il sait ce que Finn ferait, lui. Il ne perdrait pas de vue que l’objectif ultime est de baiser Montenza, et il ne se priverait pas de tirer parti de son propre malheur si ça pouvait l’y aider. Et c’est exactement ce que Rafa compte faire.


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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeJeu 13 Mai - 23:07



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Eve, Rafa & Finn
Il perd trop de sang. C’est la dernière chose dont Finn a conscience, avant que son esprit ne s’égare, comme s’il se repliait sur lui-même pour lui épargner la douleur. Est-il conscient de ce qu’il se passe ? A peine. Le trajet lui parvient vaguement, mais comme dans un rêve dont il serait spectateur et sur lequel il ne pourrait pas agir de toute façon. Il entend une portière qui claque et il a, au départ, conscience qu’on le transporte, et la voix de Rafa lui arrive de loin en loin, mais il ne comprend pas ce que son second dit. Il devine un claquement de portière, et l’accent rageur de son second, mais guère plus. L’acteur voudrait lui dire de répéter, mais il n’arrive pas à parler, ou à ouvrir les yeux, malgré le fait qu’il essaie de le faire avec l’énergie du désespoir. Ça ne va pas, il n’y arrive pas, et au départ il panique, parce qu’il sait qu’il se vide de son sang et que ce n’est pas bon, de ne plus pouvoir parler. Des types qui meurent, Finn en a vu suffisamment dans sa vie pour évaluer l’étendue des dégâts et que la phase d’apathie qui s’installe, suivie de l’inconscience, n’est jamais bonne. Foutu Ludo, il a bien réussi son coup : quoiqu’il soit conscient qu’il faut qu’il lutte, le piège se referme, et il abandonne. Bientôt, Finn n’a plus conscience de rien, ni de Rafa, ni d’où il est, ni même de la douleur. Le fait qu’il va y passer lui-même ne lui semble plus qu’un très lointain souvenir, pas si dérangeant que ça. Il n’a plus la force de lutter et il s’abandonne à cette inconscience reposante. Il est bien, ainsi, comme nageant dans un océan de coton, sorte de cocon isolé et où il a l’impression de flotter en apesanteur – même si en fait, il n’a l’impression de rien. C’est comme si le temps s’était arrêté et qu’il n’existait plus lui-même.

Autant dire que l’acteur ne s’aperçoit pas non plus d’où ils finissent par atterrir, sans quoi il tiquerait un peu sur le fait que Matthews n’est pas là quand on a besoin de lui. La panique de Rafa et de Eve, quoiqu’agressive, lui ferait sans doute plaisir à entendre aussi, et il ne pourrait retenir un genre de sourire goguenard, une énième fanfaronnade, en disant que ce n’est rien – mais qu’il s’amuse beaucoup de les voir jouer les infirmières. Et évidemment, ça dissimulerait une réelle gêne de les avoir inquiété autant – parce que ni l’un ni l’autre ne méritent ça – et une vraie gratitude. Mais pour ça, il faudrait que Callahan soit déjà à même de sentir sa tête qui heurte la table, ou le sang qui s’écoule de ses plaies. Un bruit de fond sourd, comme si deux personnes se disputaient, finit cependant par l’atteindre. Au diable, songe l’irlandais, est-ce qu’on ne peut pas lui ficher la paix ? Les voix l’agacent, parce qu’il lui semble que ce n’est pas le moment, et surtout parce qu’il lui semble connaitre ses propriétaires sans parvenir à les identifier. Cependant, c’est une douleur plus atroce qui le réveille un peu et lui tire un gémissement étouffé. S’il pouvait, Finn hurlerait de douleur, mais quelque chose de mou dans sa bouche l’en empêche. Un baillon ? Ce serait cohérent avec l’ordre qu’il entend. Il ne doit pas bouger. C’est qu’au dela du moment où il s’est écroulé sur Rafa au Cincinatti, Finn n’a plus conscience de rien. Qui dit que ça n’a pas mal tourné, que les ritals ne l’ont pas repris et qu’ils n’essayent pas de l’achever ? Et où est Rafa, d'ailleurs ?

Il essaie de remuer et d’ouvrir les yeux, sans y parvenir : cependant, quelque chose qui s’enfonce vers ses blessures, dans la région de l’abdomen, lui fait ouvrir les yeux d’un coup et pousser un nouveau gémissement étouffé. Finn rue et essaye de se replier sur lui-même pour se protéger, sans succès aucun : quelqu’un lui maintient fermement les épaules en place. Il est coincé et roule des yeux encore plus paniqué. Il voudrait cracher ce truc qu’il a dans la bouche, hurler pour de bon, se libérer et fuir : persuadé qu’on lui fait encore du mal, il ne réalise pas tout de suite où il est et qu’on est en train de le soigner. Une voix qu’il connait essaie pourtant de le calmer, mais la douleur ne s’arrête pas et il ne peut pas se libérer, ni plus contrôler les gémissements qu’il pousse. Finalement, Callahan tourne de nouveau de l’œil, et ce n’est que quelques minutes plus tard, lorsqu'Eve a fini de le recoudre - ce qu'il n'a pas réalisé, pas plus qu'à essayer de se débattre, il risquait de se remettre à saigner - que la souffrance le réveille de nouveau.

Il a froid, et chaud à la fois, et surtout, il a mal. Un peu perdu, il essaye de se redresser, mais la tête lui tourne et il n’a pas assez d’énergie pour ce faire, si bien qu’il ne tarde pas à retomber sur la table. Sa vision est un peu floue, mais Finn constate une chose : soit le paradis (ou l’enfer dans son cas) ressemble beaucoup à la cuisine de la maison de Eve dans le Poplar, soit il est vivant. «…mal. J’ai mal. » Grogne-t-il doucement. Quelqu’un se penche vers lui, manifestement Rafa. « T’as…t’as une tête de déterré, gamin. On dirait…on dirait que t’as vu un revenant. » Sa bouche se tord en une esquisse de sourire, comme s'il était content de sa blague, mais une pointe de douleur le reprend et l'arrête rapidement. « Où…où on est ? » Pour savoir s’ils sont en sécurité et qu'il n'hallucine pas : jusqu’au bout, il aura le sens des priorités. « Dis moi… » Il accroche le col de Rafa, et sa main est comme une serre, étonnamment puissante pour un type qui a perdu autant de sang. Son regard, lui, est hanté alors qu’il hoquette : « Est-ce…je vais y passer ? »

Pas sur qu’il veuille entendre la vérité, pourtant, surtout quand Finn a encore du mal à aligner plus de quelques mots : s’il est réveillé, son état est encore instable. Il a mal, surtout, et il doit lutter pour ne pas se laisser entrainer vers l’inconscience une nouvelle fois. Fiévreusement, son regard parcourt la pièce, et finit par s’arrêter sur Eve. Une larme lui vient aux yeux alors qu’il la regarde, mais chaque son reste bloqué au fond de sa gorge. Incapable de mieux, il esquisse un geste vers elle, comme pour lui prendre la main, mais ses doigts tremblent. Parcouru d’un violent frisson, Callahan croasse : « J’ai froid…et il y a des ombres, des ombres…est-ce qu’ils sont encore là ? Eve… » Ce n’est pas froid, qu’il a, pas vraiment, c’est peur. Il voit la mine de son ancienne amante, et soudainement la pensée qu’il va mourir se met à le terrifier, autant que la douleur, si forte, brulante, qui lui donne envie de vomir qu’il ressent : « …veux pas...s’il vous plait...s’il vous plait. » De nouveau, il tend la main vers la jeune femme, mais par un effort de volonté, désigne la bouteille d’alcool. Ce n’est pas de la morphine, lui crie ce qu’il lui reste de ses connaissances en médecine de guerre, mais ça fera l’affaire, parce que sinon, c’est la douleur qui le tuera, plus sûrement que ses blessures.
 
(C) CANTARELLA.

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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeDim 16 Mai - 19:09

❝Rafael, Finn & Eve ❞Daddy, don't ever die on a fridayEst-ce vraiment le moment de s’engueuler avec Rafa ? Non, bien sûr que non. Il y a tellement plus important, tellement plus urgent, mais dans le fond, c’est aussi ce qui lui permet de rester concentrée. S’énerver sur quelque chose, quoique ce soit, l’empêche de penser que c’est Finn qu’elle tente de rafistoler. Or, si jamais elle venait à admettre que c’est la personne qu’elle aime sur cette table, la jeune femme en perdrait tout ses moyens et ils ne peuvent pas se le permettre. En cet instant, elle se rend compte avec une certaine horreur que Ludovico n’a plus tant d’importance que ça ou en tout cas, pas autant que Callahan et sa vengeance passe au second plan. Eve a beau en vouloir à Finn, ne pas vouloir lui parler, elle est incapable de la laisser mourir sans rien faire, en témoigne le fait qu’elle leur a tout de même ouvert sa porte sans se soucier des conséquences.

Du reste, même si Montenza n’est pas sa priorité en ce moment, Eve estime qu’elle est dans son bon droit. Quoiqu’en dise Rafa, elle les avait prévenu que le cousin de Finn était à elle et qu’elle ne tolérerait aucune intervention de leur part. Le message de Finn, accompagné d’une liste de noms semblait indiquer que le message avait été bien reçu. C’est en tout cas ce qu’elle a cru jusqu’à ce que O’Riordan se pointe sur le pas de sa porte accompagné de son patron inconscient.

- Ne t’inquiète pas, siffle-t-elle, il l’apprendra bien assez vite.

Et regretter le jour où il est né, songe-t-elle, mais sans le dire à voix haute. Du reste, elle hausse les yeux au ciel et commente d’une voix aigre :

- C’est ça ta gueule amochée ? En vous mettant en guerre ouverte contre eux, vous pensiez vraiment que vous alliez rester indemnes ? Ce sont les risques du métier.

C’est peut-être dit froidement, mais ils savent tous les deux qu’elle a raison : ce sont, en effet, les risques du métier. Il en va de même pour elle. Eve était sous couverture, elle peut très bien tomber dans une mauvaise situation dont son gouvernement ne fera rien pour la tirer. Elle le sait, c’est le jeu et vit avec. Montenza, c’est différent. C’est personnel, ça n’aurait pas dû arriver. En se mettant entre Finn et elle, il a ruiné ce à quoi elle tenait. En la laissant pour morte au fond d’une allée, il a signé son propre arrêt.

- C’est peut-être pas toi qui donne les ordres, mais ne va pas me faire croire que tu n’es pas la seule personne que Finn écoute. S’il y a un type qui pouvait lui faire comprendre que c’était une idée de con, c’était toi.


Finalement, on se demande si elle parle du fait d’aller buter Montenza à sa place où le fait de s’être une fois encore laissé avoir par son cousin. Allez savoir une chose est sûre, Finn en prendra pour son grade dès qu’elle le pourra :

- Parce que tu as l’impression que je suis énervée là ? Oh mais crois-moi Rafa, je suis très calme et ton patron, s’il survit, aura droit à mes compliments dès que j’en aurais l’occasion.

Alors qu’ils s’apprêtent à recoudre Finn, son second lui assure qu’il n’a pas été suivi. De son côté, Eve ne le croit qu’à moitié. C’est n’est pas tant Rafa lui-même dont elle doute, mais c’est une précaution de base. Dans le fond, ils sont identiques tous les deux et ont tendance à ne faire confiance qu’à eux-mêmes. La panique aidant, il est possible que le jeune homme n’ait pas fait attention comme il l’aurait dû ou n’ait pas vu les signes. Quoiqu’il en soit, elle préfère savoir sa maison surveillée et être sur le qui vive plutôt que d’avoir une mauvaise surprise. Plus vite le médecin et les hommes de son oncle seront là, mieux elle se portera.

Elle commence à le recoudre du mieux qu’elle peut. Callahan pousse quelques gémissements, mais Rafa le maintien du mieux qu’il le peut, laissant la jeune femme travailler. Elle hôche la tête dans un signe d’approbation quand il évoque la possibilité de le laisser pour mort. C’est la meilleure technique selon elle aussi. Par contre, son visage se ferme quand il parle de l’emmener au Cohan et elle proteste entre deux coups d’aiguilles.

- Parce que vous allez pouvoir tenir un siège au besoin dans votre état ? On pourrait le transporter chez mon oncle. Même Montenza n’oserait pas aller jusque là.

Evidemment, aucun d’eux ne veut lâcher l’affaire, mais la dispute tourne court quand Finn commence à remuer de plus en plus fort, l’empêchant presque de finir son travail.

- Assomme-le s’il faut, je n’ai pas de sédatif.

Ils ne peuvent pas se permettre de le voir rouvrir ses plaies et Eve choisit la solution, certes la plus radicale, mais aussi la plus efficace sur le long terme. Finalement, il tourne de nouveau de l’œil, mais un soulagement bref se fait chez la jeune femme. Il n’est pas dans le comas. Il est conscient et même s’il devrait se réveiller en ayant mal comme jamais, le médecin devrait arriver pour apporter de la morphine avec lui. Elle pose le dernier point et coupe le fil. Elle repasse un coup d’alcool sur les deux blessures et puis vacille. Elle voudrait s’effondrer, mais il n’est pas encore tant. La voix un peu rauque, elle se tourne vers Rafa, presque radoucie :

- On va le laisser là le temps que le médecin arrive. Mieux vaut ne pas le bouger.

En dehors du sang qu’il a perdu, impossible de dire s’il a des blessures internes. La jeune femme, qui ne croit pas plus en dieu qu’au reste, prierait presque si ça pouvait lui assurer que ce n’est pas le cas.

- Montre voir tes blessures. Je peux peut-être arranger un truc ou deux.

Les blessures de Rafa, comparer à celle de Finn sont superficielles et Eve a besoin de s’occuper pour ne pas s’effondrer. Pourtant, au bout d’un moment, il n’y a plus rien à faire si ce n’est faire les cent pas et attendre. Rafa, lui, est resté à côté de Finn tandis qu’elle ne cesse de bouger, incapable de rester en place. Il n’y a que peu de temps qui a passé depuis le coup de fil de Petrov, mais Eve a l’impression que les heures ont défilés.

Quand il se réveille, Eve a presque les larmes aux yeux, ce qu’elle tente bien que mal de cacher. Pourtant, elle ne s’approche pas. Il y a trop de choses non résolues entre eux pour ça. Alors elle reste à distance, ne sachant pas vraiment si elle a envie de l’enlacer ou de le frapper. Quand il désigne l’alcool, elle prend la bouteille, comprenant rapidement où il veut en venir. Elle hésite, l’alcool fluidifie le sang et ce n’est pas ça qui l’aidera à cicatriser, par contre, la douleur risque bien d’avoir raison de son cœur et entre la peste et le choléra, il faut parfois choisir le moindre mal.

- Soulève sa tête, demande-t-elle à Rafa. Essaie de ne pas le redresser, juste la tête.

Assez en tout cas pour qu’elle parvienne à lui glisser le goulot au coin des lèvres et doucement, lui faire avaler un peu d’alcool. Elle ne sait pas vraiment si c’est sa main qui, en première, se glisse dans la sienne. Toujours est-il que lorsqu’elle dit stop, ses doigts sont encore entrelacé entre les siens sans qu’elle les ait bougés.

- Ça va aller, souffle-t-elle. Tu vas survivre et je jure que je te tuerai moi-même dès que tu seras sur pied.

Une promesse qu’elle compte bien tenir. L’arrivée du médecin personnel de Chouvalov, conduit par Petrov et trois autres hommes interrompt cet échange touchant de mots d’amour et alors que Rafa et elle s’écarte pour le laisser s’occuper du patient, elle ramasse machinalement les vêtements déchirés du mafieux. Dans sa veste, elle sent plusieurs papiers qu’elle sort. Il y a ce qui ressemble à une lettre, pliée en deux, tachée de sang. Eve la tend au second machinalement.

- Tiens, il y avait ça dans sa veste, c’est peut-être important.

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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeDim 16 Mai - 20:48

Daddy, don't ever die on a FridayFinn, Eve & Rafa

L’ambiance, dans la cuisine d’Eve, est de plus en plus dégueulasse. Entre l’odeur écoeurante du sang et la conversation faite de reproches, difficile de dire ce qui donne le plus envie de fuir. Ce qui, en tout cas, donnerait cette envie à une personne normale, car ni Eve, ni Rafa ne comptent quitter les lieux. Pas question, pour O’Riordan, de lâcher son patron d’une semelle alors qu’il est dans une situation si critique. Il n’aurait jamais cru, jusqu’à ce matin, pouvoir éprouver une telle inquiétude. Mais le fait est que s’il écoute ses nerfs, il craque. Alors pour ne pas craquer, il se concentre sur autre chose, et cet autre chose, c’est Eve. Elle tombe à pic pour distraire Rafa de son angoisse ; il ne se rend pas compte que lui joue le même rôle pour elle, et que finalement, même s’ils s’engueulent, ils sont unis dans une même inquiétude pour cet homme dont le sang tache leurs mains. S’il y passe, ils pleureront ensemble, mais tant qu’il est vivant, ils se rentrent dedans, sans qu’aucun des deux n’accepte de laisser à l’autre le dernier mot.

-Tu m’as entendu me plaindre ? grince Rafa lorsque la jeune femme évoque les risques du métier. J’ai jamais dit que je ne savais pas, hein. Tu me demandes, je te réponds, point.

Maintenant Callahan de toutes ses forces, O’Riordan regarde Eve recoudre la plaie, avec des gestes sûrs. Sa concentration contraste avec la véhémence de ses propos, qu’ils soient adressés à Rafa ou au blessé lui-même.

-Très bien, garde tes reproches pour quand il sera d’aplomb, je suis sûr que ça va l’inciter à guérir de savoir que tu veux lui passer un savon.

Le patron remue de plus en plus, et son second doit presque se coucher sur lui pour le faire tenir immobile pendant les dernières minutes de l’opération. Une position inconfortable qui ne l’empêche pas de ricaner à la proposition d’emmener Finn chez Chouvalov :

-C’est pas une question de tenir un siège. Ce que je sais, c’est que là, il est dans les vapes et on pourrait en faire n’importe quoi. Mais s’il se réveille dans un endroit inconnu, je te garantis qu’il va devenir fou.

Comme pour lui donner raison, le patron reprend conscience à cet instant, très agité. Rafa relâche un peu sa pression pour qu’il le voie, et tâche de le rassurer :

-Ça va, patron, restez tranquille, tout va bien. Vous êtes en lieu sûr.

Un sourire fatigué passe sur ses lèvres à la blague de Callahan, et il réprime l’envie de lui répliquer que le revenant, il l’a sous les yeux. Pas le coeur à plaisanter, Rafa. Au lieu de cela, il se penche vers l’oreille de Finn pour murmurer :

-On est chez Eve. Elle a recousu vos plaies, mais faut vraiment que vous évitiez de bouger, histoire de pas tout rouvrir.

Est-ce qu’il va y passer ? O’Riordan hésite avant de répondre. Il n’a jamais aimé mentir, mais la vérité est si détestable, à cet instant… D’une voix douce, il reprend :

-On fait tout ce qu’on peut pour vous remettre sur pied. Pour ça qu’il faut nous aider, rester calme, d’acc ? Un toubib est en route, il ne devrait plus tarder, maintenant.

Eve réplique à sa manière en promettant au blessé qu’il va survivre pour qu’elle puisse l’assassiner elle-même, et, encore une fois, Rafa a un pâle sourire. Les scènes de ménage du couple infernal lui manqueraient presque, tiens. Dieu sait pourtant qu’il en avait soupé, de ces deux-là.

-Vous voyez, patron, vous êtes attendu, commente-t-il en s’accroupissant pour faire lever la tête de Callahan qui réclame de l’alcool.

Tout doucement, Eve lui en fait boire un peu, et Rafa repose sa tête, tout aussi précautionneusement, en murmurant :


-Il est glacé. Tu crois pas qu’on devrait le couvrir ?

Il faut dire qu’il est à demi-nu, et qu’il a perdu une quantité de sang incroyable. Avisant la baguette d’Eve posée sur un meuble, Rafa reprend :

-Ou alors un sort ? T’en connais un qui pourrait réchauffer la pièce ?

Lui aussi a froid, d’un coup. La fatigue, l’angoisse, les nerfs qui lâchent. Il attire à lui la bouteille d’alcool et en prend une grosse lampée. Dégueulasse. Il ne fallait pas s’attendre à beaucoup mieux avec du désinfectant, remarque.

-T’aurais du café ?

La pièce semble étrangement vide sans leurs chamailleries, mais aucun des deux n’ose se remettre à gueuler maintenant que Callahan est conscient. Rafa remercie d’un ton bourru quand Eve lui donne une tasse de café brûlant, juste à l’instant où le médecin fait enfin son apparition.

Le second est relégué dans un coin de la cuisine par l’homme de science - et encore, il préférerait sans doute que tout le monde sorte histoire de travailler tranquille, mais il n’est pas assez suicidaire pour l’exiger. Coincé entre un meuble et une fenêtre, Rafa suit du regard chaque geste du toubib, jusqu’à ce qu’Eve lui donne des papiers en lui demandant si c’est important de les garder. Machinalement, il déplie la feuille, lit les premiers mots. C’est pour Eve. Sans se rendre compte de ce qu’il fait, Rafa, cependant, poursuit sa lecture, tout en ayant l’impression d’être un sale voyeur. C’était donc à ça qu’il était occupé, à l’aéroport, qu’il ne voulait pas bouger ! Et les nerfs, les putains de nerfs qui ne demandent qu’à lâcher. Les mots deviennent flous. Le second de Callahan se rend compte qu’il a de la flotte dans les yeux, sans comprendre qu’il s’est foutu à pleurer, comme un môme, en lisant la lettre.


-Tiens, c’est pour toi, dit-il d’une voix tremblante en tendant la lettre à Eve, avant de prendre une longue gorgée de café bien chaud pour essayer de se remettre les idées en place.


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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeLun 17 Mai - 23:57



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C’est drôle. Ce n’est pas comme ça qu’il imaginait partir, songe Finn dans la demi-inconscience douloureuse où il a replongé, épuisé par l’opération qu’il vient de subir. Bien sûr, ayant déjà failli y passer quelques fois, il sait qu’il n’y a jamais de morts intelligentes, et que dans le milieu, celles qui sont paisibles sont l’exception. Ainsi qu’il ait survécu jusqu’à là est déjà notable : on meurt jeune, dans la mafia. Mais tout de même, il s’était imaginé mourir de façon un peu plus…oui, glorieuse. Difficile à dire ce que l’ego de Finn Callahan entend par là, mais il pensait à l’évidence que quand son heure serait venue, il le saurait. Se vider de son sang, planté par son cousin, comme le dernier des loosers, ça, non, il ne s’y attendait pas. Quel sale con, Montenza ! Il ne va quand même pas mourir comme ça, ça lui ferait trop plaisir, il refuse ! La colère se double d’une féroce panique et d’une douleur qui domine tout. Pourtant, quand il ouvre de nouveau les yeux, c’est sur ça que Callahan se concentre un instant. S’il a mal, c’est qu’il est vivant. Alors lui vient ce qui lui manquait, parce qu’il était trop épuisé pour : l’envie de lutter.

Combattant son envie de fermer les yeux et de se rouler en boule quelque part, autour de ses blessures, pour les protéger du reste, il se force à écouter Rafa et à essayer de le croire. Chez Eve, ils sont chez Eve. Loin de le rassurer, pourtant, cette information déclenche chez Finn une nouvelle vague de terreur, et il ne bégaye : « On ne devrait pas…elle ne devrait pas… » Ce n’est pas à elle de s’occuper de lui, elle a assez souffert comme ça, voudrait dire Finn, pris d’une vague de culpabilité immense alors que remontent en désordre tous ses souvenirs, mais il n’a ni la force de finir, ni celle de vraiment s’agiter. Où est-ce qu’est cet enfoiré de Matthews, même pas capable de faire son job ? Il voudrait gueuler, donner des ordres, jurer à Rafa qu’il va lui faire payer ça, mais même ça, Finn n’en est pas capable. Par moment, des pointes de douleurs le crispent, et il doit lutter pour ne pas simplement se mettre à hurler. Des points blancs dansent devant ses yeux à cause de la souffrance, et il finit par approuver très lentement de la tête le discours de son second : « D’accord…d’accord. » Il y a un toubib qui va venir. S’il tient éveillé jusqu’à là, ça devrait aller. Surtout, ne pas se rendormir, sinon c’est foutu, se raisonne tant bien que mal le mafieux. Mais ce serait si facile. Et il a froid, et il a peur. Claquant des dents, il murmure à Rafa : « Tu lui diras… » Quoi ? Ce n’est pas clair : lui-même ne sait déjà plus la fin de sa phrase, ni sur ce qu’il faudrait que ce que son second dise à Eve, et il enchaine sur autre chose : « Si j’y passe…tu veilleras sur elle, hein ? Puis sur les gars ? Tu feras pas un mauvais chef…» Il n’a pas d’héritier, après tout, à part Rafa, alors il lui semble logique que le rôle lui revienne. Finn a un nouveau grognement de douleur, et fermant les yeux un instant, il se contredit lui-même, comme pour s’en convaincre : « Mais je vais pas y passer…je vais pas y passer. T'inquiètes pas. On a vu pire, pas vrai ? »

N’empêche qu’il a mal et qu’il continue à délirer. Épuisé, il finit par apercevoir Eve. Elle a l’air d’aller…étrangement bien. L’esprit de Finn ne s’arrête cependant pas sur ce détail : à ce stade, la cohérence et la logique sont les derniers de ses soucis. Une fois la seule pensée pragmatique qu’il ait – atténuer la douleur, par tous les moyens – formulée, ne reste que l’idée qu’il va y passer sans avoir pu s’excuser. En fait, il y a tellement de choses qu’il voudrait lui dire que Callahan ne sait pas par où commencer, et son esprit est de toute façon trop embrumé pour y parvenir. Se laissant faire par Rafa qui lui soulève la tête, il avale un peu d’alcool de la bouteille que la jeune femme lui a coincé entre les lèvres. Le liquide lui brule les lèvres et la gorge, puis l’œsophage. Manquant de peu de s’étouffer avec sans même en sentir le goût immonde, l’acteur a une violente quinte de toux, qui le laisse exsangue et épuisé. La tête lui tourne un peu plus, mais il a moins mal et l’alcool l’a un peu réchauffé. Plus que tout, il sent la main de Eve dans la mienne. Callahan voudrait la serrer en retour, mais bouger ses doigts est un effort qui lui coute trop. En revanche, il ne peut réprimer un sourire en entendant ses menaces. S’il s’en veut de l’inquiéter autant, Finn ne peut s’empêcher de souffler avec douceur : « Moi aussi, je t’aime, Eve. » D’ordinaire, cela pourrait passer pour une énième provocation. Seulement, d’ordinaire, ce n’est pas le genre de choses que dirait Callahan. Ce genre de déclarations sérieuses, très peu pour lui, même sur le ton de la blague. Mais pour cette fois, eh bien…c’est dit, au moins, et c’est peut-être l’essentiel de tout ce que Finn voudrait dire à la jeune femme, à défaut de pouvoir l'embrasser. De toute façon, vu l’état dans lequel il était, il est peu probable qu’il s’en souvienne, comme tout ce qu’il est en train de se passer maintenant. Néanmoins, avoir Eve et Rafa à ses côtés le rassure, un peu. Oui, il est attendu, songe Callahan avec une tendresse peu commune chez lui. Alors, avec un petit rire qui lui tire un gémissement sourd, l’acteur rétorque avec ce qui lui reste de superbe : « J’espère bien, oui. »

Après quoi il retombe dans une sorte de demi-soleil plus ou moins réparateur. Si Finn a conscience de ce qu’il se passe autour de lui, il n’arrive plus à faire grand-chose, ce qui n’est peut-être pas plus mal. L’intégralité de son corps lui hurle qu’il faut qu’il dorme, et il lutte un peu moins, se sachant en sécurité. Il a conscience que quelqu’un entre dans la pièce, mais guère plus. A peine sent-il la perfusion de morphine que lui fait le médecin, qui le fait sombrer un peu plus, ou la transfusion de sang. Peu à peu, la douleur s’apaise. Dans le brouillard, Callahan entend cependant évoquer des documents…ceux de sa veste. Ceux…Il ouvre les yeux brutalement, bégaye : « Qu’est-ce…non…pas la lettre, pas la lettre ! Rafa, il faut que tu…empêche la, empêche-la! » Il essaie bien de se lever, mais c’est trop tard - à voir leurs mines, ils l’ont lu tous les deux - et de toute façon il en est incapable. Et pourtant dieu sait que ça le panique. La lettre, il lui semble l'avoir écrite il y a une éternité, elle ne vaut plus rien, même s'il ne renierait sûrement pas le fait qu'il aime Eve.

Quelqu’un le ramène d’ailleurs fermement en arrière pour le recoucher. Sans avoir trop besoin d’insister, tant Finn se sent d’un coup…mou. Il essaie bien de lutter, mais même si la douleur s’est calmée, il se sent nauséeux et mal. Un mal de crane violent tambourine à ses tempes, et la panique l’aggrave, alors il proteste : « Mais vous êtes qui, vous ? Qu’est-ce que vous m’avez fait ? » Le médecin a une poigne étonnante et il a vu pire. Il ne s’en laisse donc pas compter, pas impressionné pour deux sous : « Monsieur, calmez vous, si vous arrachez vos perfusions, vous allez interrompre la transfusion et le passage de la morphine. Essayez de vous rendormir. Vous pouvez, maintenant.  » Une transfusion. De la morphine. Ah…C’est donc pour cela qu’il a moins mal. Tant mieux. Ça doit être le médecin dont Rafa lui parlait, qui s’adresse d’ailleurs maintenant à ses compagnons d’un ton docte : « Il vaudrait mieux que vous restiez avec lui le temps que la morphine commence à agir et le fasse dormir. Il est stable, mais s’il interrompt la transfusion de sang maintenant, je ne donne pas cher de sa peau. » Agacé par le ton professoral du praticien, Finn grogne d'une voix ensommeillée : « Arrêtez de parler de moi comme si je n’étais pas là, vous…je vous connais pas. Est-ce que je peux vraiment dormir ? Est-ce qu'on rentre ?  » Ce n'est guère plus qu'un gémissement ou une supplique, adressée autant à Rafa, qu'à Eve qu'il vient d'apercevoir, ce qui le rassure un peu, qui tient encore cette foutue lettre à la main, et à qui il aimerait bien pouvoir demander pardon à défaut de la questionner sur son sommeil ou l'endroit où ils rentrent.
 
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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeMar 18 Mai - 22:10

❝Rafael, Finn & Eve ❞Daddy, don't ever die on a friday- Tu passes ta vie à te plaindre ! De moi, de lui, du monde alors même si je l’ai pas entendu, t’en pensais sûrement pas moins !

Si la situation n’était pas si grave, ça en deviendrait peut-être un sketch tant ils sont de mauvaise foi. Il faut dire que la situation est tendue et au final, s’envoyer des piques, c’est ce qui leur permet de tenir bon. Ça les distrait et permet de relâcher un peu la tension qu’ils éprouvent l’un et l’autre. S’ils ont déjà pris des vies, parfois avec une profonde indifférence, il y a une mort dont ils refusent de porter la responsabilité; c’est celle de Finn.

Eve, pourtant pas infirmière, met au service du blessé l’ensemble de ses compétences en attendant que le docteur daigne montrer le bout de son nez. Heureusement, elle n’est pas seule et si Rafael est bien incapable de l’aider à faire la moindre suture, il empêche au moin son patron de bouger et de rouvrir ses plaies. Quelque chose qu’elle n’aurait certainement pas réussi à faire seule et s’il s’en tire, il le devra autant à O’Riordan qu’à elle.

- Viens me dire que tu vas laisser passer ça sans rien dire ? Une idée aussi brillante que celle-là et tu vas juste lui donner du “Félicitation Patron” et le laisser faire tranquillement sa convalescence. Hors de question, quand on est con, on assume jusqu’au bout.

Difficile de dire si elle fait encore référence à son excès de confiance qui lui a valu d’être allongé sur cette table où à son attitude lorsqu’il a appris pour qui elle travaillait, suivi de son départ pour les USA. Dans les deux cas, Eve n’est pas prête à lui pardonner et il semble que l’irlandais enchaîne les bourdes et allonge la liste des griefs qu’elle lui porte de jour en jour.

La question du rapatriement de Finn au Cohan lui fait grincer des dents. De son point de vue, le bar n’est pas l’endroit idéal pour une convalescence. En particulier quand celui-ci peut être pris d’assaut à tout moment ! Rafa a beau dire que Ludovico n’oserait pas venir avec l’artillerie lourde sur leur territoire, elle-même n’en est pas si sûre. Les types comme lui, elle les connaît. Ils pèchent par leur ego et nul doute que Montenza à une haute opinion de lui-même. Assez pour envisager de prendre le quartier avec ses hommes. Il faut dire que des hommes, il en a. Puisqu’elle a décidé de l’éliminer, elle s’est renseignée sur lui, ses effectifs, ses proches encore en vie, etc. Somme toute, tout ce qui lui permettrait d’avoir un avantage. Quoique ça ne soit pas une fierté, pendant un moment, elle a envisagé de s’attaquer aux proches du mafieux pour lui faire passer le message avant de renoncer. Ce genre de procédé n’a jamais été son modus operandi et en le faisant, elle se rapproche des gens qu’elle méprise.

Le réveil momentané de Finn met fin à leur dispute. Eve voudrait bien argumenter, mais dans le fond, qui est-elle pour le faire ? Ils ne sont plus rien et en toute logique, la décision revient en effet au second de Callahan. La jeune femme sait quand elle a perdu une bataille et celle-là ne vaut pas la peine d’être menée. Quoique ça lui en coûte, elle laisse la victoire à O’Riordan.

Laissant l’irlandais expliquer au blessé où il se trouve, elle tique quand il lui demande de promettre de s’occuper d’elle. Une partie de sa rancœur remonte et elle voudrait lui répliquer qu’elle peut très bien s’occuper d’elle toute seule. Eve n’a besoin de personne, se persuade-t-elle. Surtout pas de types qui filent la queue entre les jambes dès la première difficulté. Elle n’est probablement pas juste, mais elle n’en a cure. Il n’y a pas de place pour la nuance en cet instant et il lui faut une grande force de volonté pour ne pas se lancer dans une dispute avec le mafieux qui n’a vraiment pas besoin de ça. Sa colère retombe comme elle est venue devant l’inquiétude que manifeste Finn. Son estomac se retourne à l’idée que ça puisse être le cas et elle ne tarde pas à lui donner l’assurance que oui, il survivra. Elle ne le laissera pas mourir. C’est hors de question, peu importe ce qu’elle doit faire pour ça. Perdue entre sa colère, son inquiétude et le reste, elle a du mal à rester stoïque quand il lui dit qu’il l’aime. La journaliste mord sa lèvre et détourne le regard, pour ne pas croiser celui de Finn ou Rafa. Faire boire de l’alcool au blessé lui apporte une distraction bienvenue et celui-ci ne tarde pas à retomber dans l’inconscience.

- Je vais prendre de quoi le couvrir, murmure-t-elle d’une voix qui contraste avec son agressivité d’il y a quelques minutes.

Il faut dire que maintenant que les plaies sont recousues et que Finn a montré des signes de vie, elle sent l’énergie qui l’animait diminuer. Soudainement, le contre-coup se fait sentir et elle a les jambes qui flageole. Elle se tient à la table, ferme les yeux et se concentre sur sa respiration comme pour se calmer avant de faire une brève incursion dans le salon pour prendre des couvertures qu’elle ramène dans la cuisine. Eve couvre Finn de la première avant de lancer la seconde à Rafa et de déclarer avec autant de sollicitude qu’elle le peut :

- Tiens, t’as l’air sur le point de mourir aussi.

Elle-même n’est pas en meilleur état, psychologiquement du moins. Son passage à tabac, la perte de son enfant et maintenant la tentative de meurtre contre Finn mettent à mal ses réserves et même elle commence à sentir le poids du stress et de l’inquiétude. Il y a un moment de silence où Eve comme Rafa se regardent sans rien dire . D’une voix éraillée, elle brise le silence :

- Tu savais que son vrai prénom, c’était Finnengan ?

Elle a un rire nerveux, et ne sait pas très bien pourquoi elle partage cette information, mais le silence lui semble insupportable. Elle se lève pour trouver du café et à peine a-t-elle tendu une tasse au second que le médecin arrive, tirant un cri de soulagement et d’indignation à la fois à Eve.

- Enfin ! Je pensais que vous n’alliez jamais arriver !

Le praticien, médecin personnel de son oncle, ne relève pas et se concentre directement sur son patient. De son côté, Eve est restée, comme Rafa, dans la cuisine. Pour s’occuper, elle fait les cent pas et, finalement, se décide à faire un peu de rangement. La lettre donnée à Rafa, elle s’approche du praticien pour voir ce qu’il fait, presque inquiète qu’il ne fasse pas son travail correctement. Une inquiétude bien mal placée, elle le sait, mais le fait d’être impuissante lui est insupportable. C’est la voix de Rafa qui la ramène à la réalité et le voyant en larmes, elle se surprend à le serrer dans ses bras, brièvement avant de dire maladroitement :

- Qu’est-ce que tu fais là ? Tu vois bien qu’il va s’en sortir.

Elle ouvre la lettre sans savoir à quoi s’attendre et finalement la lit en passant par un panel d’émotions qu’elle a bien du mal à identifier. Ses larmes et sa colère se calment devant les protestations véhémentes de Finn qui semble particulièrement gêné que les deux compères soient tombés sur un courrier qui ne devait être, de toute évidence, jamais lu. Devant la panique du blessé, elle range le courrier dans sa poche et veut le rassurer, mais le médecin la devance avec une poigne qui prouve qu’il a l’habitude des patients difficiles.

- Arrête de faire l’enfant Finn, tu n’es clairement pas en position de protester pour quoique ce soit.

Se tournant vers Rafa, elle l’interroge du regard.

- Ça fait presque une heure de trajet pour revenir au Cohan, si vous n’avez pas de circulation. On pourrait le transplaner. Ce n’est pas le plus délicat, mais au moins c’est rapide et vous seriez directement à destination.

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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeMer 19 Mai - 16:12

Daddy, don't ever die on a FridayFinn, Eve & Rafa

Rafa prend soudain conscience des larmes qui coulent sur son visage et les essuie nerveusement, d’un revers de manche. Ce n’est pas le moment de s’effondrer. Le clan, tant que le patron est hors jeu, c’est lui. Il a des devoirs, vis-à-vis de Callahan, vis-à-vis des gars. Il dirige par intérim une maison prospère, et il la rendra à son chef légitime tout aussi florissante. Car il est certain que Callahan reviendra aux affaires. Envisager qu’il y reste, c’est presque déjà le condamner, comme si la simple pensée de sa mort avait un pouvoir surnaturel.

Tenir. Ne pas se laisser aller à la fatigue, à l’angoisse, à cette soudaine lassitude qui semble engourdir tout son corps. S’il se laisse submerger par ses émotions, Rafa sait qu’il lui faudra des heures pour reprendre le dessus. Alors il essaie de garder la tête froide, de rester actif pour ne pas trop gamberger. La trouille, une garce de trouille comme il n’en a jamais connu, menace de tout dévaster sur son passage. Et si Callahan meurt, hein ? La petite rengaine résonne dans son esprit. À peine parvient-il à la chasser qu’elle s’insinue à nouveau. S’il y passe, qu’est-ce que tu vas faire ? Qu’est-ce que tu seras ? Un gamin perdu. Un orphelin. Depuis ses vingt ans, Rafael n’a pour ainsi dire connu que Finn Callahan. Il a vécu à son rythme, adopté ses principes, pris son parti aussi sûrement qu’il aurait pris celui de son propre père - plus sûrement, même, puisqu’il n’a guère de souvenir de cet homme, et qu’il ne sent lié d’aucune manière à lui. Alors que Finn… S’il a un père, c’est bien lui, plus que ce Sean O’Riordan dont il ne sait rien. Callahan lui a tout appris. Il a été le témoin de ses premiers succès à Los Angeles, de ses premiers faits d’armes, et, il y a quelques jours encore, de ce qui semble être son premier béguin. Et s’il y passe, dis ? Qu’est-ce que je peux devenir, moi ?

Le patron, de sa voix d’outre-tombe, commence d’ailleurs à dicter son testament. Les mâchoires serrées, Rafa l’écoute, en réprimant son envie de lui gueule que non, il ne s’occupera de personne, que tout le monde pourra bien crever. Mais il est trop inquiet pour causer à Callahan la moindre contrariété. Il prend dans sa main la main gelée du blessé, et murmure :


-Vous inquiétez pas, patron. Je m’occuperai de tout. D’elle, des gars, du chien, et puis même de vos plantes vertes, le temps que vous vous remettiez d’aplomb. Parce qu’il est pas question que vous y passiez, pas vrai ?

Il serre la main de Callahan, fort, comme pour lui dire tout un tas de choses qu’il ne sait pas comment formuler avec des mots. Et d’ailleurs le patron lui-même se corrige, dit qu’il va survivre.

-Ouais, j’aime mieux ça,commente Rafa, pas flambard pour autant.

Et puis le toubib arrive, commence à déballer son matériel de camping, un peu agacé d’avoir tant de monde autour de lui. Il pose des perfusions, se met à inspecter les blessures tandis que, sous l’effet de la morphine, le patron repart dans les vapes. Pas avant, cependant, d’avoir vu son second et Eve se passer un papier, ce qui le plonge dans une grande agitation.


-Du calme, patron, ça va.

Rafa vient s’accroupir près de la table de la cuisine, son visage à hauteur de la tête de Finn, pour essayer de le calmer. Le médecin, de son côté, adopte la manière forte ; d’autorité, il force Callahan à se recoucher sur la table. L’intermède a au moins permis à Rafael de glisser sous la tête du blessé la couverture qu’Eve lui a apportée ; il est gelé, mais il n’est pas blessé et il n’a pas besoin de ça. La chair de poule sur ses bras est là pour démontrer le contraire, mais il estime - à raison - que le boss en a plus besoin que lui. Dans un murmure, il répond aux inquiétudes de Finn :


-Vous pouvez dormir, maintenant. On reste à côté de vous, ne vous inquiétez pas. Et dès qu’on a le feu vert du doc, je vous ramène au Cohan. Le temps qu’on vous remette un peu de sang et ce sera bon. Essayez de dormir, vous avez besoin de repos, il a dit. Promis, si vous cannez, on vous réveille.


La promesse est sans doute la plus absurde que Rafa ait jamais formulée, mais ils se comprennent, Callahan et lui. Il comprendra. Il finit par accepter de replonger dans le sommeil, contraint et forcé, d’ailleurs, par la morphine. Rafael se laisse tomber sur une chaise, à côté de la table, fixant la poitrine de Callahan qui se soulève doucement au rythme de sa respiration. Il est vivant. Dans sa poche, machinalement, O’Riordan a pris le chapelet offert par sa mère, et il égrène, du bout des doigts, les Pater et les Ave - trop vite, cependant, pour prier réellement. Il réfléchit, intensément, à ce qu’il faut faire. Après quelques minutes, il lève la tête vers Eve :

-Transplaner, ça me dit rien. Il est déjà trop faible, et j’ai pas envie d’avoir la crise cardiaque de Liam en prime. On va attendre qu’il soit stabilisé et je vais dire à Sean de me trouver une ambulance. On roulera tout doucement, et s’il est sur un brancard, y aura aucun problème. Et puis après…


Il s’assure d’un regard que personne ne peut les entendre et, à mi-voix, reprend :

-La version officielle est qu’il est dans un état désespéré et qu’il est rentré mourir chez lui. Ludo va attendre la nouvelle de sa mort. S’il est sûr que le patron va y passer, il se dérangera pas. Trop snob pour refoutre ses mains dans le sang de son cousin une autre fois, pas vrai ? Il va prendre confiance, à savoir Callahan condamné, et là on pourra le baiser en beauté.

Il ponctue cette déclaration d’un sourire féroce. Tout son plan repose sur la certitude que Callahan va s’en sortir, ce qui est une énième preuve de sa confiance dans le patron. Et puis, sans raison, il reprend, d’une drôle de voix, en rebondissant sur quelque chose qu’Eve a dit il y a un moment :

-Finnegan, ouais. Et tu savais que son deuxième prénom c’était Felix ? En latin, ça veut dire le chanceux. C’est marrant, non ?


Et d’ailleurs, il se met à se marrer. Tout doucement, d’abord, puis le rire s’impose, inextinguible, presque indécent. L’estomac de Rafa proteste contre ce fou rire qui ravive les coups donnés par Mariotti, mais il est trop tard, il n’arrive plus à s’arrêter. Même la conscience qu’il doit passer un coup de fil au Cohan pour charger Sean de trouver une ambulance ne suffit pas à lui rendre son sérieux. Putain, ce que ça fait du bien - et ce que ça fait culpabiliser en même temps, bordel...


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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeVen 21 Mai - 0:31



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Eve, Rafa & Finn
Finn s’est endormi, assommé par la morphine, peu après que Rafa l’ait rassuré sur le fait qu’ils rentraient bien au Cohan. Il aurait voulu répondre à Eve et lui dire encore une fois qu’elle jouait bien les infirmières, juste pour qu’elle voit qu’il n’allait pas si mal que ça, puisqu’il était encore capable de jouer au con, mais la fatigue et la douleur lui sont retombées dessus d’un coup et il n’a pas résisté très longtemps, épuisé par ses blessures et la perte de sang autant qu’il a été secoué par la douleur. S’abandonner au sommeil confortable et artificiel de la morphine, pour un moment, est donc un repos bienvenu. Il n’entend donc pas grand-chose du rire nerveux de Eve et Rafa, ou du moment où la jeune femme demande à son second de lui donner des nouvelles et qu’elle viendra peut-être plus tard. Le trajet en ambulance ne secoue guère plus Finn, et il ne s’aperçoit même pas être revenu au Cohan.

Ce n’est finalement que deux jours après qu’il se réveille, nauséeux, migraineux et un peu perdu, couché dans un lit plutôt confortable si l’on prend en compte le fait qu’il n’y en a jamais eu dans son bureau du Cohan. Rafa semble l’avoir veillé depuis le début, et Matthews parait quasiment assigné à résidence avec eux : les gars ont du le trouver à leur retour. Quant à Finn lui-même, il a mal et il se sent complètement vidé. Malgré tout, il faut qu’il fasse un effort, au moins pour comprendre ce qui se passe. « Quel jour on est, bordel ? » Pas facile, cependant, quant on est complètement désorienté, justement. Regardant autour de lui, il cherche Eve des yeux alors que le médecin commence à lui expliquer la situation, avant d’interroger Rafa, ignorant l’homme de l’art :  « Elle est repartie ? » Le signe de tête de son second lui indique que oui. « Oh. Bon… » Souffle Finn d’un air déçu, avant de reposer la tête sur ses oreillers. Il avait espéré que Eve serait encore là, mais évidemment, deux jours plus tard…La voix du médecin le berce. Encore deux jours à rester coucher, bon…il ne devrait pas les voir filer. Et puis après, il pourra se lever, un peu, pas trop longtemps, s’il reste stable, parce qu’il ne faut pas qu’il fasse trop d’effort, et ils réduiront un peu la morphine. Pour le moment, même si ça le fait dormir, il vaut mieux la laisser ainsi. Combien de temps de guérison ? Ça risque d’être long. Pendant deux semaines, Matthews prescrit beaucoup de repos : il faut que le sang se reconstitue, et de toute façon, il ne pourra pas faire grand-chose.

Des conneries, se dit Finn en replongeant dans le sommeil. Il est plus solide que ça. Il en a vu d’autres. Dans une semaine, hop ! il sera debout et ils iront faire la peau à Ludovico, enfin l’amener à Eve. Ludovico. Quel enfoiré. Il y pense, en se réveillant par intermittence, durant les deux jours qui suivent, songeant à ce qu’il lui fera, avant de l’emmener à Eve, parce qu’il a promis, mais quand même. Ses mots lui restent amèrement en tête. Ils font presque aussi mal que ceux de Rory. Dire qu’il le considérait comme son frère, qu’il lui donnait du crédit…et tout ça pour quoi ? Juste être considéré comme un voleur de poules, guère plus. Jamais son cousin ne lui a porté le quart de l’estime que Finnegan avait pour lui. Quel con il a été, à le croire ! Dire qu’il a tout perdu, jusqu’à Eve, jusqu’à son enfant, à cause de ce connard pédant, qui se fait donner du Don, et qu’il considérait comme son presque frère. S’il n’était pas déjà totalement apathique, cela le déprimerait encore plus. paradoxalement, la douleur lui offre une distraction profitable et le maintient en colère. Sa tristesse redevient de la rage, sombre et amère.

Il n’a plus personne, maintenant, sauf Rafa. Le seul à être resté, finalement, le seul sur lequel il peut compter. Dire qu’il s’est assis sur vingt mille livres pour lui ! Une loyauté comme ça, ça ne s’invente pas. Et si Finn râle  - « Parole, t’es devenue une vraie mère poule, arrête ça… » - quand il se réveille par à coup, et que Rafa l’oblige à manger, ou à prendre ses médicaments, semblant s’amuser un peu dans le rôle de l’infirmière tyrannique - « Quand je serai debout, ce sera fini, hein, de me donner des ordres. J’ai l’impression que t’en profites un peu, là. » - il n’empêche qu’il est là, à l’aider pour manger et se déplacer ou à changer ses pansements quand ce n'est pas Matthews. La distraction qu’il lui offre, à lui expliquer ce qu’ils feront après, à lui expliquer comment il a fait croire à tout le monde qu’il était mourant et comment ils vont baiser la gueule de Ludovico, est bienvenue.

Car même en ayant dormi deux jours de plus sans se lever, Finn n’est pas dans un état formidable, contrairement à ce qu’il pensait. Il a bien perdu cinq ou six kilos, et chaque mouvement lui coute. Se lever est une torture, marcher plus de quelques pas lui est impossible. Il se fait l’effet d’un cadavre ambulant, qui ressasse les mêmes pensées et qui dépend des autres pour tout. Ça met l’acteur de sale humeur, encore plus que les piques douloureux qui entravent ses mouvements. Il déteste autant ne pas pouvoir bouger par lui-même que passer pour faible auprès des gars que de ne pas être autonome. Eve lui manque aussi, et quand Callahan ne rumine pas des plans de vengeance, c’est à elle qu’il pense. Comment est-ce qu’elle va ? Est-ce qu’elle s’est bien remise, est-ce qu’elle est toute seule ? Il voudrait au moins la voir pour la remercier, au moins, aussi. Et peut-être lui présenter des excuses, même si le mafieux sait que ça ne changera rien. « Eve n’est pas venue ? Tu me le dirais ? » Lance-t-il donc périodiquement à Rafa, un peu suspicieux, toujours insistant, lorsqu’il se réveille.

Ce n’est que le surlendemain, soit six jours après s’être fait planté, que le mafieux commence à avoir faim et à être capable de rester assis sans se plier en deux de douleurs, même s’il lui faut l’aide de Rafa pour se redresser : « Tiens, aide-moi à m’assoir, j’en ai marre…tu crois que je pourrais avoir un petit déjeuner avec les médicaments ? J’ai faim. » Grogne d’ailleurs Finn alors que son second lui cale les épaules des coussins. S’il a faim, c’est une bonne nouvelle, et s’il s’ennuie aussi : ça veut dire qu’il reprend du poil de la bête. Il n’est pas sorti d’affaire, loin de là – il suffirait que sa blessure s’infecte, se gangrène, ou qu’il chope de la fièvre – mais c’est bon signe.

C’est Liam, qui n’a pas grand-chose à faire depuis que le bar ne reçoit plus de clients en dehors des hommes, qui lui monte son petit déjeuner. S’étonnant de ne pas voir O’Riordan revenir et entendant des voix indistinctes en bas, Finn demande : « Il parle avec qui, Rafa, en bas ? » Liam hésite, gagne du temps en l’aidant à découper ses œufs – ce que ses mains tremblent, bordel ! – et finit par bégayer :  « Euh…La patro…enfin, Eve, quoi. » Un éclair d’intérêt soudain passe dans le regard du patron, ce qui n’annonce rien de bon, selon le point de vue du cafetier : « Ah ? Va fermer les portes, tu veux, et puis dis à Rafa de monter. Et tu rouvres pas tant que je t’ai pas dis de le faire. »

En un instant, son plan se met en place, et quand Rafa monte, Finn bout d’impatience : « Elle est là ? Elle ne veut pas me voir, je suppose ? » Il étouffe une quinte de toux douloureuse, avant d’essayer de s’emparer de son café : « Bon, écoute, rend-moi service, tu veux ? Réconcilie-toi avec elle. Moi, elle ne voudra jamais. » Sa voix est éraillée, erratique. Parler longtemps l’épuise, alors l’acteur va à l’économie de mots : « Je ne veux pas que vous restiez à vous faire la gueule - tiens, redonne-moi la morphine – si je cane d’ici la semaine prochaine. Alors j’ai dis à Liam de pas rouvrir, tant que vous ne vous êtes pas rabibochés, c’est vu ? » Il voudrait bien ne pas avoir l’air paniqué, ou soucieux, mais il trouve ça important, d’où le stratagème. C’est con, que ces deux là se fassent la gueule. Il ne veut pas de ça. Ne serait-ce que pour qu’ils ne restent pas seuls si demain il n’est plus là. S’il est honnête, il sait qu’il peut rechuter, même s’il prétend qu’il se remet fort bien, ce qui n’est pas exactement le cas : Callahan a certes une constitution solide, mais il s’en est fallu d’un cheveux et la convalescence sera longue. Tuer Ludo, ce n’est pas pour tout de suite, surtout quand il n’est même pas vraiment capable d’imposer ses ordres à son second : dans les faits, c’est ce dernier qui dirige, en ce moment.

Et même s’il lui fait entièrement confiance – Rafa, c’est lui -   Finn voudrait juste coller une taloche, ou du moins essayer, comme ils en ont l’habitude, à Rafa, et puis il obéirait, et ça serait réglé. Mais sa tasse de café lui semble lourde au bout de sa main, déjà, manquant de voler quand il la repose sur le plateau, alors il renonce et lance plus bas : « Me regarde pas comme ça, eh. Je vais pas me battre, je suis pas capable, mais essaye de comprendre. » Et puis d’un ton boudeur : « Puis t’as qu’à me l’envoyer si elle veut pas. » Et comme ça il la verra.

 
(C) CANTARELLA.

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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeVen 21 Mai - 23:21

Daddy, don't ever die on a FridayFinn, Eve & Rafa

Il y eut un soir, il y eut un matin, et ce fut le troisième jour. Avachi dans son fauteuil, au chevet de Finn, Rafa lit distraitement une vieille bible qu’il a trouvée dans un coin. C’est le seul bouquin disponible au Cohan, comme dans nombre de maisonnées irlandaises, alors à la guerre comme à la guerre. Le second de Callahan n’est pas catholique pour deux pence, malgré l’éducation religieuse qu’il a reçue. Il relit tout ça par besoin de faire quelque chose - autre chose, surtout, que ruminer sa vengeance contre Ludo. Les histoires à dormir debout de la Genèse et les quatre Evangiles ont quelque chose de vaguement familier, sans doute parce qu’il a bouffé de la messe dominicale et du catéchisme jusqu’à l’indigestion, tant qu’il a vécu en Irlande. Il ne croit pas un mot de ces simagrées, mais il n’a rien d’autre sous la main. Régulièrement, il reprend donc cette bible, l’ouvre au hasard, et lit sans vraiment comprendre les mots, juste pour essayer de s’occuper.

Dès le retour de Callahan au Cohan, Rafa a établi ses propres quartiers dans la chambre même du convalescent. Pas question de le laisser seul, même pour dormir dans la pièce à côté. O’Riordan a promis, et de toute façon, il est trop inquiet pour cela. Liam lui a trouvé un gros fauteuil assez confortable, des couvertures ; régulièrement, il monte à manger, vient récupérer la vaisselle du précédent repas, sans rien dire. Rafa ne s’absente que lorsqu’il ne peut vraiment pas faire autrement, et encore, dans ces moments-là, se fait-il remplacer au chevet du patron par Maguire. Le reste du temps, Mike a la charge des troupes, qui ne mènent plus d’incursions dans le quartier italien et restent cantonnées à la surveillance de Kilburn.

C’est qu’officiellement, Callahan est à l’agonie. D’un jour à l’autre, on attend la nouvelle de sa mort. Rien d’étonnant, donc, à ce que le clan irlandais marque une pause dans la guerre des gangs. De son côté, Montenza fait preuve de patience. Il a posté des mecs un peu partout dans le quartier ; dès que la nouvelle tant attendue tombera, il n’aura qu’un ordre à donner pour que Kilburn soit à lui.


-Qu’il croit, ce con !

De temps en temps, lorsque le patron est éveillé, Rafa lui raconte la suite des opérations. Comment ils vont endormir la méfiance de Don Ludo avec ces quelques jours d’agonie.

-Et quand vous irez mieux… alors j’irai voir le curé. Ils me surveillent comme le lait sur le feu, alors dès que j’aurai passé la porte du presbytère, ils se précipiteront pour faire leur rapport à Montenza. On n’aura qu’à attendre qu’il vienne se foutre tout seul dans le piège. Mais en attendant, prenez votre médicament, patron. Je sais qu’il est dégueulasse, mais Matthews a dit que c’était important pour éviter les infections.

Le toubib a passé deux jours au Cohan, puis il a réussi à s’esbigner, après avoir appris à Rafa quelques gestes basiques ; faire une piqûre, refaire les pansements, s’assurer que la cicatrisation se fait correctement. Callahan râle à chaque fois que son second joue à l’infirmière ; il faut dire que Rafa prend son rôle au sérieux et ne dévie jamais des consignes du médecin. Un médicament toutes les quatre heures, ce n’est pas toutes les quatre heures et demie, avec lui. Il est inflexible, pas par plaisir, mais, comme toujours lorsque cela concerne Callahan, par loyauté.

Ses efforts, du reste, sont plutôt bien récompensés. Depuis que le patron s’est réveillé pour la première fois, le dimanche (
“vous pouvez vous rendormir, de toute façon vous avez raté la messe”), son état semble meilleur de jour en jour. Le quatrième jour, il tente une sortie hors du lit. Pas longtemps, mais c’est une étape de franchie. Shane, que Rafa est allé récupérer à Soho, manque d’ailleurs de renverser son maître en lui faisant une fête de tous les diables, tout content qu’il est de le voir debout. Peu à peu, l’appétit revient, et Matthews, venu aux nouvelles le mercredi soir, décide de baisser un peu la dose de morphine. Cela permet à Callahan d’avoir de plus longues périodes de lucidité, qu’il consacre largement à questionner son second sur la venue d’Eve.

-Non, elle est pas venue, répond invariablement Rafa. Promis, je vous l’aurais dit si elle était venue. Elle doit avoir des trucs à faire.

Des Ritals à buter, par exemple. Si la guerre des gangs entre Montenza et Callahan s’est un peu calmée, Eve, elle, ne fait pas relâche. Un autre gars du commando y est passé, d’ailleurs. Les rangs s’éclaircissent autour de Ludo, ce qui peut expliquer, du moins en partie, qu’il n’ait pas mené d’offensive contre les Irlandais. Trois mecs en moins, il doit commencer à flipper sévère, le Don Ludo. Finn et Rafa se marrent, régulièrement, en l’imaginant en train de baliser. Pas trop fort, pour ne pas rouvrir les blessures du patron, mais assez pour que la hargne lui donne envie de guérir vite.

Le jeudi matin, il réclame à manger. Une grande première ; jusque-là, il fallait presque le menacer pour qu’il consente à avaler un peu de bouillon. Un grand sourire aux lèvres, Rafa descend commander le petit déjeuner, et il en profite pour fumer une cigarette (Matthews a été intraitable ; pas de tabac dans la chambre du blessé). Il a un mouvement instinctif pour prendre son Beretta lorsque la porte du pub s’ouvre, mais c’est Eve qui fait son apparition. Rafa ne sait plus vraiment en quels termes ils sont, depuis qu’ils ont soigné ensemble Callahan ; plus tout à fait en froid, plus vraiment amis, quelque chose de bancal. Tout ce qu’il sait, c’est qu’elle ne peut pas être tenue pour une ennemie. Il la salue donc, échange quelques mots avec elle - des nouvelles de Callahan, essentiellement - jusqu’à ce que Liam vienne l’avertir que le patron le réclame. Rafa remonte en vitesse, pour entendre Finn exiger qu’il se réconcilie avec Eve. Bordel, en voilà un qui a les soucis bien placés. Comme si ça avait une importance, tout ça. O’Riordan lui lance un regard torve, mais le convalescent insiste, et il n’a pas le cœur à le contrarier. Il râle, cependant, pour ne pas obéir sans manifester un peu sa répugnance :

-Essayer de comprendre ? Y a un moment que j’ai renoncé. Des machins comme vous, faut surtout pas chercher à comprendre, c’est des coups à choper la migraine. Bon, allez, je suis pas chien, si ça peut vous faire plaisir, j’y vais.

Il passe la porte, gueule depuis l’escalier “vous avez de la chance que je sois de bonne composition” et se retrouve devant Eve, un peu désemparé.

-Alors en fait… euh… il dit qu’on doit se réconcilier. Apparemment c’est important pour lui. Tu parles d’une idée à la con. Tu demandais comment il allait, ben voilà, il va assez bien pour emmerder le monde. Ah, et il dit que Liam laissera sortir personne tant que ce sera pas fait. On fait quoi, on monte lui dire qu’on s’aime, voir si ça le calme ?

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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeDim 23 Mai - 23:23

❝Rafael, Finn & Eve ❞Daddy, don't ever die on a fridayQuand le médecin de son oncle arrive, une partie de la tension qui habitait Eve s’en va. Il faut dire que jusqu’à l’arrivée du praticien, la vie de Finn tenait entre ses mains. Une responsabilité qu’elle ne se sent pas capable de prendre tant il y a de choses en jeu. Dans le fond, c’est facile quand ce sont des inconnus. Elle n’a aucune attaches. Rien qui pourrait rendre les décisions qu’elle prend plus difficiles. Or, ici, c’est loin d’être un inconnu. C’est un homme qu’elle connaît, qu’elle aime et déteste à la fois, mais pas une personne qui lui est indifférente.

Inquiète, elle l’est toujours, mais à mesure que le médecin finit de soigner le patient et leur assure qu’il devrait survivre, elle sent sa résistance faiblir. Comme Rafa, elle est sur le point de s’effondrer de soulagement, mais Eve n’est pas femme a montrer le moindre signe de faiblesse aussi attend-elle d’être seule en compagnie du second pour prendre le temps de se poser un peu.

Il faut dire que malgré leur récente dispute, Rafa et Eve ont rapidement été à l’aise ensemble. Est-ce le fait d’avoir été à Poudlard, leur proximité avec Finn ou leur aversion du monde sorcier ? Toujours est-il qu’ils se sont rapidement entendus et ont trouvé des points communs. Eve est à l’aise avec le second de Callahan et il semble que lui aussi - quand ils ne se hurlent pas dessus et qu’elle ne lui met pas son poing dans la figure. Tout est encore loin d’être réglé, mais une trêve s’est établie entre eux. Au moins pour le moment. L’heure n’est pas au règlement de compte et de toute façon aucun d’eux n’a le cœur à ça pour l’instant.

Le lettre est une surprise, les larmes de l’ancien Poufsouffle aussi. De son côté, Eve l’ouvre sans vraiment savoir à quoi s’attendre. Les mots la prennent à la gorge et elle a du mal à la lire, fermant et rouvrant le papier toutes les 30 secondes. L’abandon de Finn est encore trop frais pour elle, trop douloureux pour qu’elle puisse vraiment supporter d’en entendre parler. Elle la finit, survolant ce qui est mis, tentant de contenir à la fois les larmes de tristesse et de rage qui ne sont pas loin.

Les réveils du patron du Cohan l’aide à penser à autre chose. Parler logistique avec Rafael aussi. De son côté, elle juge le bar peu sûr, quoiqu’en dise le second. Néanmoins, elle est bien consciente que la décision ne lui revient pas. En soi, le plan n’est pas idiot. Elle approuverait probablement si elle n’était pas aussi émotionnellement impliquée dans cette situation, mais elle est incapable d’avoir du recul aussi abandonne-t-elle la partie sans même se disputer.

Finalement, l’ambulance arrive, Finn est déplacé, à moitié conscient et Rafa part, non sans proposer à Eve de les accompagner, ce qu’elle refuse. Elle a besoin d’être seule et sa présence au Cohan ne serait d’aucune utilité. Elle passera plus tard prendre des nouvelles. Une fois parti, il ne reste que le silence, une table de cuisine pleine de sang et probablement inutilisable et des vêtements ensanglantés en lambeaux. Avec lenteur, elle prend un seau qu’elle remplit d’eau. Le bruit du gaz qui s'enclenche vient briser le silence et elle plonge dans une espèce de torpeur en attendant que l’eau commence à bouillir. Un savon, de l’eau et des chiffons. Des heures durant, elle récure sa table, sa maison, sachant pertinemment qu’il suffirait d’un sort pour éliminer les traces du passage du mafieux, mais elle a envie de faire les choses à la main, de s’abrutir dans le travail et de ne plus penser. Eve sait qu’une fois terminé, il faudra réévaluer la situation et prendre des décisions.

Absolument pas prête à faire face à ses sentiments ni à ses émotions, elle préfère fuir en attendant de ne plus pouvoir faire autrement. Quand tout est propre, la nuit est tombée sur le Poplar et Eve s'effondre dans son salon. A retardement, elle repense à ce que Rafa lui a dit. Finningan Felix Callahan, quel nom ridicule. On peut dire qu’il n’a pas eu de chance justement. L’idée la fait rire et peu à peu, son rire se transforme en hoquet. Dans sa poche, il y a toujours la lettre de Finn, celle qu’elle a survolée à la fois par pudeur, mais aussi par peur tout à l’heure. Elle la défroisse et relit la lettre. Une fois, deux fois, trois fois et peu à peu, les larmes se forment et coulent sur le papier, brouillant un peu l’encre. La journaliste replie le papier, mais les pleurs ne s’arrêtent pas et finalement, Eve pleure sans pouvoir s’arrêter. Elle pleure sa relation, ceux qui ne sont plus avec elle, son enfant, ses choix qu’elle n’a pas su faire, elle-même ne saurait pas dire exactement quoi, mais ça lui fait du bien. Impossible de dire combien de temps elle reste à pleurer, mais le calme finit par revenir et avec lui sa détermination. Finn ira bien, Eve ne peut pas concevoir que les choses se passent autrement.

En attendant, elle a une mission à accomplir et surtout des hommes à butter. En faisant passer Finn pour mourant, Rafa lui facilite la tâche. Rapidement, Eve s’aperçoit que Montenza, trop sûr de lui, à baissé sa garde. Il ne lui faut donc que quelques jours pour barré un nouveau nom sur sa liste. Grisi tombé, il ne reste plus que Russo, Mariotti et enfin leur patron, celui qu’elle se réserve pour la fin. Nul doute qu’avec Grisi mort, Ludovico doit commencer à se demander qui en a après lui. De son côté, Eve s’est toujours arrangée pour être intraçable et l’italien a un ego trop gros que pour seulement envisager que c’est une femme qui commence à décimer ses rangs.

Sachant qu’il ne sert à rien, malgré son envie, de rusher les choses, la jeune femme décide de s’attaquer à Russo d’ici un jour où deux. L’occasion de se mettre au repos, mais également d’avoir tout le temps de penser à celui qu’elle évite depuis un moment : Finn. Eve se doute qu’il se remet doucement, si quelque chose était arrivé, elle sait que Rafa lui aurait envoyé un message. Néanmoins, l’absence de nouvelles l’ennuie. Pragmatique, elle a trouvé Nobby, lui demandant quelques potions qui ont servi à accélérer sa guérison, arguant qu’elle avait encore des douleurs et s’est décidée à les apporter au Cohan. Se doutant que le bar est surveillé, elle transplane dans une allée du quartier et, discrètement, se dirige jusqu’au bar. Ses cheveux sont attachés et soigneusement cachés sous un chapeau et elle porte un pantalon ainsi qu’une chemise. Il faut un moment pour que Slim la reconnaisse, mais il finit par lui ouvrir la porte du bar avec un “Scusez, pas reconnu” qui est probablement la phrase la plus longue qu’elle ait jamais entendu.

Parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, elle trouve Rafa et Liam dans le bar. Le Cohan, lui, est étrangement vide. Loin de l’animation qu’on lui connaît. Le second se dirige vers elle tandis que Liam la salue d’un air gêné avant de filer à l’étage, probablement s’occuper de Callahan. Elle a à peine le temps d’échanger quelques mots avec Rafa que celui-ci est rappelé à l’étage. Agacée par ce délai, elle ne prête même pas attention à Liam qui ferme la porte derrière elle. Par contre, elle entend très distinctement O’Riordan râler en descendant les escaliers.

- Excuse-moi, s’entend répondre Eve incrédule quand elle comprend de quoi il en retourne.

De son côté, Liam regarde les deux fortes têtes l’air un peu inquiet. C’est que entre ces trois là, personne n’oserait et ne voudrait se mettre. Mal pris, il sent bien que ça va lui retomber dessus, mais il ne peut guère discuter les ordres du patron. Les conséquences ne tardent d’ailleurs pas à se faire sentir puisque, furieuse, Eve se tourne vers lui :

- Parce que tu comptes vraiment m’interdire de sortir, Liam ? Je t’aimais bien pourtant. Que tu suives les ordres de Finn pour Rafa, mettons, mais ça ne s’applique pas à moi.
- Moi ? Non ! Slim par contre … Puis ne me mettez pas entre vous patr… J’veux dire M’dame. Vous fâchez pas, j’vous sers un verre ?

Le regard noir d’Eve le dissuade de proposer autre chose, elle se tourne vers Rafa, calme, mais toujours mécontente de la façon dont Finn essaie de forcer les choses :

- Tu te rends compte que je pourrais juste transplaner d’ici si je voulais et que c’est parfaitement inutile ?

Agacée, elle ôte son chapeau qu’elle pose sur la table, libérant ses longs cheveux roux. Elle passe une main dedans, agacée et sans regarder Rafa, elle ajoute :

- Il n'a vraiment pas son pareil pour faire chier son monde. Même à moitié mort. Et puis qu’est-ce qu’il veut qu’on se dise ? Il est parti, toi avec et si tu ne me devais rien, j’attendais probablement plus de toi que ça. Ma faute, conclut-elle dans un haussement d’épaule faussement indifférent. On ne devrait rien attendre des gens, ça évite d’être déçu.

Un raisonnement qui, elle le sait, ne manquera pas de sembler raisonnable au second. Pour Eve, parler de ce qui l’a blessé n’a rien d'aisé. Elle n’a pas l’habitude de le faire et le dialogue est loin d’être une seconde nature, même si elle tente, la jeune femme n’est pas certaine que Rafa la comprenne et dans le fond elle ne sait pas si ça a vraiment de l’importance, tout ce qu’elle sait par contre, c’est qu’elle n’a pas de compte à rendre au mafieux.

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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeLun 24 Mai - 19:25



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Eve, Rafa & Finn
Quoiqu’il se sente vaseux et fatigué, Finn a assez conscience de ce qu’il se passe autour de lui pour comprendre que Rafa se fout de sa gueule. D’ordinaire, son second aurait droit à une remarque bien sentie, mais ayant obtenu ce qu’il voulait, il se concentre sur son petit déjeuner en se contentant de grogner dans sa barbe : « Trop aimable. » Il y a de la frustration dans son ton : celle de ne pouvoir descendre lui-même parler à Eve, peut-être, ou alors – parce que tout devient dramatique dans son état, sans qu’il n’arrive à faire de hiérarchie précise entre ses contrariétés – celle, mais c’est lié, d’avoir déjà du mal à prendre son petit déjeuner seul. A moins que justement, ce soit le fait de ne pas pouvoir faire grand-chose, contrairement à d’habitude, face aux incessantes provocations de Rafa. « Ben tiens. » Maugréé-t-il encore, en souriant cependant, lorsqu’il l’entend râler qu’il a de la chance. Au fond, contrarié, il ne l’est peut-être pas tant que ça : après tout, c’est leur relation habituelle qui se remet en place, et c’est bon de parler d’autre chose que de pansement, d’anesthésiant et de médicaments divers et variés. Et il a obtenu ce qu’il voulait, après tout, c’est le principal. Si bien que si Finn continue à râler, le ton se fait plus affectueux. « Y a des taloches qui se perdent…branleur, va. » Un gémissement doux, suivi d’un grattement féroce, lui fait lever la tête. Shane, assez agité, a quitté le coin où Rafa lui a installé son panier et où il dormait en boule depuis des heures, et fait le pied de grue devant la porte, cherchant manifestement un moyen de sortir.  « Hmm ? Qu’est-ce que tu veux, Shane ? » Avec un jappement bref, le chien revient illico vers son maitre, mordant sa manche, comme pour l’inciter à se lever et à venir avec lui. Finn sourit, comprenant enfin. « Descendre la voir ? Attends. »

Après tout, pourquoi pas. Encore faudrait-il parvenir à se lever, ce qui est une autre histoire. Avec lenteur, il repousse le plateau sur le lit, et entreprend de passer une robe de chambre, taillée dans un velours rouge épais et confortable, par-dessus sa chemise. Le vêtement semble peser une tonne à Callahan, et il reste un moment assis après l’avoir mis, essayant de récupérer son souffle. Se lever lui coute tout autant, et un accès de douleur, qui a réussi à passer la morphine, manque de le faire renoncer. Malgré sa tête qui tourne, cependant, le mafieux s’accroche et s’appuie à la porte pour écouter ce qui se dit, alors que Shane lui tourne autour : « Doucement, doucement. » Lance-t-il distraitement en le grattant affectueusement derrière les oreilles.

Connaissant son monde, il se demande s’il ne vaudrait mieux pas intervenir. C’est que l’idée que ces deux là ne se réconcilient pas lui semble terrible tant il ne veut pas que la tension persiste. Ils sont seuls, tous autant qu’ils sont, et vu la période et ce qu’ils affrontent, mieux vaudrait qu’ils ne le soient pas, surtout si lui y passe. Même si Finn ne se rend absolument pas compte de l’état dans lequel il est véritablement sur le moment, pensant être capable de marcher et de tenir debout assez longtemps pour descendre – le fait que Shane, qui n’est pourtant pas un modèle gigantesque de chien, ait manquer de le faire tomber en lui faisant la fête ne l’a absolument pas alerté : il faut dire que même à dose réduite, la morphine brouille définitivement sa perception de la réalité - cela reste un risque. Et après tout, il leur restera qui, s’il n’est plus là, eux deux ?

Il ne sait pas trop si Eve s’en rend compte. Rafa, peut-être, mais Rafa a accepté de lui obéir, même pour lui faire plaisir, mais la rousse est têtue, et le dialogue est encore moins son truc qu'à lui, il le voit encore ici, qui n’est même pas capable d’expliquer clairement pourquoi il a mis au point ce stratagème pour leur forcer la main. Il n'est donc pas très sûr, malgré l'absence de cris, qui est plutôt bon signe, des intentions de la jeune femme. Bien sûr, elle est en colère, et ce que Finn entend ne fait que lui confirmer, autant que lui se sent coupable et voudrait réparer le gâchis qu’il a causé. Eve lui dirait sans doute d’ailleurs que ce n’est que la culpabilité qui parle. Mais voilà, la culpabilité, chez Callahan, ce n’est pas un truc courant : faut-il donc qu’il l’aime, pour regretter à ce point ses erreurs et son départ. Parce qu’en réalité, il n’a jamais vraiment voulu qu’elle se retrouve seule, ni partir. Jusqu’au bout, il aura hésité. En témoigne sa lettre, celle qu’elle n’aurait jamais du lire, parce qu’elle ne change ni n’apaise rien. Pour eux, il n’y a en effet plus rien à faire : il aurait fallu être là et ne pas partir, c’est tout. Mais Rafa c’est autre chose. Alors, peut-être qu’il peut essayer de leur forcer la main.

Finn se décide donc à ouvrir la porte et à descendre quelques marches, paraissant finalement au sommet de l’escalier, amaigri et livide dans sa robe de chambre trop grande et qui flotte quasiment sur lui.. Saisissant l’occasion, Shane se précipite : en quelques secondes, il a rejoint Eve pour lui faire la fête et s’installer aussi sec sur ses genoux. Liam monte à sa rencontre, et Rafa s’est levé pour le regarder, le regard inquiet, mais Finn lève une main qui se veut rassurante : « Ça va, ça va.» En réalité, la tête lui tourne d’autant plus et l’escalier lui parait des plus mouvants, si bien qu’il s’accroche à la rambarde comme un diable, espérant rester aussi digne et droit que possible. Mais la main qu’il a levée tremble un peu. Ça l’agace, et il la baisse aussi sec, essayant de se dominer : « Vous deux, là, vous allez m’écouter. » Son regard balaie la salle un peu fiévreusement, avant de s’arrêter sur Eve. Elle est là. Elle est vraiment là, et pour un peu, en la voyant, des larmes lui viendraient de nouveau. Sa voix se fait sourde, un peu étranglée, pour lui dire : « Ce qu’il s’est passé, ça ce n’est pas la faute de Rafa. Il a fait ce que je lui disais de faire, et ce n’était une raison pour lui coller ton poing dans la figure de toute façon. C’est entre toi et moi, et tu le sais. » Il voudrait lui parler à elle, simplement essayer, la remercier, dire qu’il est désolé. Il n’y arrive pas et de toute façon c’est impossible, avec Rafa et Liam dans le coin. Alors il se rabat sur le reste, sur ce qui est facile et qu’ils comprendront malgré un discours qui n’est pas très clair. Un doigt inquisiteur se lève pour désigner Rafa :  « Et toi, parle-lui aimablement. Aimablement, vu ? Je connais ton ton vachard. Dis pas un truc que tu regretteras après. » Il se fait insistant, mais chancèle, se raccroche de son autre main à la rampe d’escalier, si fort que ses jointures en deviennent blanches. « Pour une fois dans votre vie, vous ne voulez pas faire ce que je demande, dites ? Ça m’arrangerait… »

A ce stade, c’est plus un gémissement qu’autre chose. Matthews l’a bien dit, pourtant : pas d’émotions fortes, de mouvements, ni d'agitation ou d'efforts, le temps que le sang se reconstitue, même s’il est capable de marcher un peu, juste du repos. Autant dire que Finn explose ici toutes les consignes, au point que son second finit par monter le voir, l’incitant à s’appuyer sur lui pour ne pas tomber. Alors qu’un nouveau vertige le prend, Finn continue pourtant à voix basse, avec un débit saccadé et rapide : « Je vais bien, je vais bien. Je remonterai si vous faites ce que je vous dites. Dis-lui, Rafa. C’est ma faute, je sais, tout ça, et c’est qu’un putain de gâchis. Mais c’est entre elle et moi. Y a pas de raison que ça fiche le reste en l’air. Pouvez même faire ça sur mon dos si ça vous fait plaisir. Mais faites le, d’accord ? Réconciliez-vous. » C’est pourtant raisonnable, ce qu’il dit, non ? Est-ce que la douleur le fait délirer ? Est-ce qu’il est devenu incompréhensible ? Qu’on ne l’écoute pas le désespère, même si ce n’est peut-être qu’une impression.

 
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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeMer 26 Mai - 18:56

Daddy, don't ever die on a FridayFinn, Eve & Rafa

Eve est furax, une fois de plus, mais il y a un point positif : ce n’est pas contre Rafa. C’est Callahan en personne, en os plus qu’en chair depuis quelques jours, qui suscite l’ire de la rousse, une fois de plus. Comme au bon vieux temps, O’Riordan n’est que le messager des extravagances du patron, de sorte qu’ils peuvent s’en agacer, ou s’en amuser, ensemble. Pour l’heure, si lui s’amuse bien, elle n’est pas d’humeur à rire. Elle s’en prend à Liam, pour commencer. Rafa se marre en voyant le courageux bistrotier battre en retraite, renvoyer la faute sur Slim, essayer comme il peut de se mettre à couvert. Le commerçant est passé maître dans cet art, à force de servir de tampon entre Finn et les divers mécontents qui viennent le chercher au pub. À ce jeu, il est meilleur que Rafa lui-même, qui, bien qu’il soit rompu à l’exercice, a trop souvent tendance à trop ramener sa fraise. Témoin le pain qu’Eve lui a collé dans la figure quelques jours auparavant ; en y mettant un peu du sien, il aurait probablement évité de le recevoir. Mais quand on est incapable de la boucler, on doit bien s’attendre à en payer les conséquences.

C’est cet épisode, manifestement, qui tracasse le convalescent, et qui leur vaut l’entrée en scène d’un nouveau personnage : Finn Callahan dans le rôle du patriarche, veillant, au seuil de la mort, à restaurer la concorde entre ses ouailles. Ouailles qui, malheureusement pour lui, ne sont pas d’aussi bonne composition que Rafa se plaît à le claironner dans l’escalier. Le second ignore dans quelles dispositions d’esprit se trouve Eve - pas très bonnes, probablement - mais lui trouve les exigences de Callahan parfaitement déplacées. Bien sûr, il est descendu, pour lui obéir, parce qu’un ordre est un ordre, mais il ne compte pas y mettre du sien. On est une tête de cochon ou on ne l’est pas. De toute façon, il ne se considère pas comme fâché avec Eve. S’il peut être atrocement rancunier, ce n’est pas le cas dans cette affaire, qu’il voit plutôt comme une sorte de brouille entre frère et sœur. Il faudra du temps pour que les relations redeviennent normales, mais la cassure n’est pas définitive - pour lui, du moins ; mais il est à peu près certain qu’Eve est dans le même état d’esprit : après tout, ils ont soigné Finn ensemble, ils ont même eu un fou rire ensemble, ils se sont inquiétés pour lui… En froid peut-être, mais capables de dépasser leur mauvaise humeur pour lui.

Et lui qui les menace de les prendre en otages s’ils n’obtempèrent pas ! Contrairement à Rafa, Eve pense immédiatement au transplanage. C’est vrai, tiens. Elle pourrait se barrer sans même avoir besoin de passer devant Slim. O’Riordan a un sourire :


-Moi oui, je m’en rends compte. Mais lui, c’est une autre paire de manches. C’est pas à toi que je vais l’apprendre.

Il y a quelque chose de curieux dans leur façon de se parler, trop fraîche pour plaisanter, pas assez hostile pour se lancer franchement des piques. L’arrivée de Shane qui dévale l’escalier apporte une distraction bienvenue ; fou de joie, le chien se jette sur Eve, qu’il fait tomber assise sur l’une des banquettes, dans une position parfaite pour s’installer sur ses genoux et quémander des caresses. Mais cette entrée spectaculaire du chien est suivie par celle de Finn qui se montre en haut de l’escalier, au mépris de toutes les consignes de prudence du médecin. Instinctivement, Rafa se rapproche de l’escalier, prêt à bondir pour rejoindre le patron ; Liam, lui aussi, redoute ce qui va se passer, et il gravit quelques marches pour se retrouver à mi-chemin entre le patriarche, sur le palier, et le bas peuple coupable, dans la salle. Curieuse mise en scène, avec Liam comme intermédiaire entre ciel et terre. Il y aurait presque de quoi ricaner, à voir cette bande de bras cassés - le barman pâle comme un linge, Callahan exténué, Rafa guettant anxieusement sa chute, et Eve, toujours fumace, coincée sous le chien. C’est bien le seul à se contrefoutre de la situation, le chien. Il continue de lécher les mains de la rousse, tandis que Finn essaie de prêcher la paix. Son second l’observe, songeant qu’il semble plus vieux, tout à coup. Que ce soit à cause de la blessure qu’il vient de subir ou des propos moralisateurs qu’il tient, il a l’air d’avoir pris dix ans. Toujours pas assez pour être le père de Rafa, mais c’est pourtant un rôle de paterfami
lias qu’il se donne. O’Riordan, si prompt, d’ordinaire, à brocarder, ne trouve rien à répliquer aux remarques du patron. Sans doute parce qu’il a conscience de l’effort surhumain que Callahan a dû faire pour sortir de la chambre et venir leur parler, il écoute en silence, respectueusement - chose rare chez lui.

Rafa se précipite dans l’escalier avant même d’avoir eu clairement conscience que Finn allait tomber, par réflexe. À force de guetter chaque mouvement du blessé, il finit par pouvoir les anticiper ; il arrive juste à temps pour rattraper le patron, blafard, haletant.


-Appuyez-vous, là, patron… Vous êtes infernal, vous le savez, ça ? Matthews vous tuerait, s’il vous voyait crapahuter dans cet escalier. Ou il me tuerait moi. Ça va ? Respirez doucement.

Finn Callahan et sa solide carcasse ne pèsent rien sur son bras, et Rafa a presque l’impression de soutenir un petit vieux. Un sale petit vieux, d’ailleurs, têtu, péremptoire, qui croit encore pouvoir dicter ses conditions. Implacable, O’Riordan balaie ses illusions :

-Vous allez remonter illico, et vous recoucher, sinon c’est sur votre tombe qu’on se réconciliera. Vous êtes dingo de vous surmener comme ça, parole.

Il lui lance un regard de panique, pour lui demander de ne plus lui faire des frousses pareilles, pour essayer de lui faire comprendre qu’il n’a pas envie de le ramasser aux trois quarts mort une fois de plus. Profitant d’avoir un ascendant physique sur Callahan, il prend, d’autorité, la direction de la chambre, en murmurant :

-Couchez-vous, patron, reposez-vous. On est réconciliés. Si on se faisait toujours la gueule, vous seriez plus là pour le savoir, on se serait entretués plutôt que de vous soigner. C’est bon, le dossier est classé, maintenant. Dis-lui, toi, Eve, ajoute-t-il à haute voix, par-dessus son épaule, qu’on a fait la paix.

La paix, c’est beaucoup dire ; ni l’un ni l’autre n’a formulé d’excuses, ce qui n’est pas étonnant venant de deux têtes de mule comme eux. Mais certaines choses n’ont pas besoin d’être dites pour être réelles ; c’est du moins comme ça que Rafa le comprend.


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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeSam 29 Mai - 1:10

❝Rafael, Finn & Eve ❞Daddy, don't ever die on a fridayOui, ils se font la gueule. Et alors ? Eve dirait bien que c’est leur droit le plus strict. Ils n’en sont plus au point où les coups partiraient sans avertissement, mais ils ne sont pas réconciliés pour autant. Il faut dire que si Eve n’est pas du genre à parler de ses sentiments, son ancien camarade n’est pas mieux dans son genre. Extension de son patron, il vit par lui et, finalement, supprimerait presque son ressenti pour accommoder Callahan. Quand Finn lui demande de se réconcilier avec elle, on ne peut pas dire qu’il ait vraiment le choix. Il dit oui et s’il ne veut pas, c’est le même prix. Une méthode qui ne plaît guère à la jeune femme plutôt adepte du libre arbitre. Plus espion que soldat, elle a tout de même l’habitude de suivre des ordres, mais ceux de l’irlandais ne valent rien pour elle. Estimant qu’ils sont sur un pied d’égalité, il titille ce qu’il y a de plus mauvais en elle en tentant de lui imposer sa volonté. Alors que les relations entre les deux jeunes gens sont en phase d’adoucissement, elle aurait presque envie de rester campée sur ses positions, ne serait-ce que pour emmerder l’acteur.

Non content d’ordonner, il décide aussi de se déplacer - chose que le médecin lui a probablement interdite. Annoncé par nul autre héraut que Shane, Eve sait qu’elle va le voir dans les minutes qui suivent l’arrivée du chien sur ses genoux. Un constat qui n’améliore pas spécialement son humeur malgré les jappements de joie du chien, heureux d’avoir retrouvé sa maîtresse en bonne santé. Un coup d'œil à Rafa lui indique qu’elle a vu juste. Par automatisme, celui-ci s’est rapproché de l’escalier, tout comme Liam, au cas où leur patron viendrait à vaciller. Entre Eve et Finn, il y a un écran de protection, qui finalement n’est pas superflus tant elle-même n’est pas sûre des sentiments qu’il lui inspire.

Leurs regards se croisent. Pendant un bref moment, il n’y a qu’eux dans la pièce, mais ce n’est ni lieu, ni le moment et Eve n’est pas prête à le voir et encore moins à lui parler. Volontairement, elle détourne le regard, niant son existence, une main sur la tête de Shane pendant qu’il tente de les convaincre qu’il est temps de se réconcilier. D’une voix sèche, elle répond :

- Je n’ai pas passé mon temps à te recoudre pour que tu salopes mon travail, Callahan. Occupe-toi de ta guérison et je m’occuperais de mes affaires avec Rafa. Ce qui se passe entre lui et moi, ça ne te regarde pas.

Faire ce qu’il leur demande ? La bonne blague, ricane-t-elle. Est-il resté lui, quand elle lui demandait en pleurs sur la bas de sa porte ? Non. Il est partit ! Alors maintenant qu’il est revenu, la queue entre les jambes, enfin conscient que son cousin n’est qu’un affreux connard qui s’est joué de lui pendant des années, il a bon dos de demander qu’on l’écoute. S’il avait écouté Rafa ou Eve. Personne ne serait dans la situation actuelle. Quoique la jeune femme ait ses propres griefs contre le second, elle lui reconnaît une lucidité que Finn n’avait pas. Lui non plus, même s’il n’en a jamais rien dit à haute voix, n’aimait pas Montenza plus qu’elle. Elle l’a instantanément su. Quelque chose dans l’attitude de’O’Riordan et sa façon de parler au fils de Tony qui l’a mise sur la voie. On ne fait pas un métier comme le sien sans avoir un minimum d’intuition et le sienne lui dit que Rafael ne sera pas mécontent quand Ludovico serait définitivement hors d’état de nuire.

Sans surprise, il finit par vaciller. Quoiqu’elle évite son regard, Eve ne perd rien de la scène. Elle-même ne bouge pas d’un pied alors que Rafa et Liam se précipitent vers leur patron, le premier, profitant de l’accès de faiblesse de Finn pour le forcer à remonter à l’étage. Une fois hors de vue, la jeune femme respire un peu mieux, mais sans être à l’aise pour autant. Liam,qui n’a pas osé monté avec Rafa, est redescendu pour garder un œil sur Eve suivant, un peu mal à l’aise, les ordres du chef tout en se demandant comment il va l’empêcher de partir si elle décide de se lever. Le ton est à la fois hésitant et suppliant quand il lui chuchote :

- Faites au moins semblant, comme ça tout le monde est content.

Le regard noir de la journaliste le dissuade d’en dire plus et, consciencieusement, il retourne derrière son comptoir, essuyant avec passion ses verres déjà propres. Comme toute la troupe, Eve n’a pas un caractère facile, ajoutons à ça une rancune tenace et vous avez un cocktail détonnant. Dans le fond, sa présence ici, quoique ni Finn, ni Rafa ne le sachent, est déjà un effort considérable.

De l’étage, elle entend qu’on parlemente. Rafa, soucieux de calmer l’acteur, est bien décidé à au moins prétendre. Eve, qui n’a pas envie d’avoir de nouveau droit à un discours de son ancien amant, se contente de grogner à haute voix un "si tu le dis" peu convainquant, mais c’est probablement le mieux qu’ils obtiendront d’elle. Il faut encore un moment avant que Rafa ne redescente, elle-même étant bien décidée à ne pas monter à l’étage.

Comme elle l’a dit à Rafa, elle pourrait partir. Il lui suffirait de transplaner, même devant Liam. Les règles du monde sorcier ? Le secret magique ? Elle n’en a que faire, ce n’est pas le Ministère qu’elle sert et ce genre de règles n’a pas d’importance pour elle. Pourtant, elle reste là, à attendre que le second descende. Même si elle a du mal à parler, même si exprimer ses pensées n’est pas aisé pour elle, il y a un abcès que la jeune femme aimerait crever. Comment le faire ? Elle n’en a aucune idée, mais avec son ancien camarade, l’abysse n’est pas aussi grand que celui qui la sépare de Finn alors ça lui semble déjà moins insurmontable. Après un moment de silence à se regarder dans le blanc des yeux, elle se tourne vers Liam :

- Si tu allais tenir compagnie à Slim ?

Pas vraiment une suggestion, pas tout à fait un ordre non plus. Eve n’a aucune autorité, mais elle a tout de même un poids. Peu importe à quel point ils se sont embrouillés, elle reste, dans l’esprit de beaucoup, la compagne du patron. Alors on n’ose pas la contrarier, mais on ne sait pas non plus si on doit lui obéir. Liam finit pourtant par sortir, non sans avoir jeté un regard au second pour être sûr de ne pas faire un impair. Désormais, dans le bar, il n’y a plus qu’eux.

- Alors, tu crois toujours que je vais vous dénoncer quand tout ça sera fini ?

Une inquiétude légitime, elle-même en convient. Pourtant, ironiquement, elle a toujours été la moins susceptible de leur mettre des bâtons dans les roues tant son objectif est éloigné de leur occupation quotidienne.

- On est pas obligé de faire ce truc où quelqu’un dit quelque chose, on pleure et puis on se serre dans les bras en se disant à quel point on s’aime. Tu ne t'excuseras pas et moi non plus, je crois. Honnêtement, le poing dans la figure, tu le méritais.

Elle fouille dans son sac à la recherche de quelques chose et finit par en sortir trois petites fioles identiques qu'elle pose sur la table à côté d'elle. Shane descend enfin de ses genoux et se couche à ses pieds tandis qu'elle désigne ce qu'elle a apporté.

- Je n'étais pas venue pour ça de toute façon. Je passais apporter ça. Ce sont des médicaments. Ca accéléra sa guérison. C'est pour ça que j'ai pu être sur pied aussi vite après ...

Elle ne finit pas sa phrase, elle n'en a pas envie et les mots restent coincés au travers de sa gorge. C'est encore trop frais et douloureux. Détournant le regard, elle conclut :

- Ca ira plus vite, c'est tout.

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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeLun 31 Mai - 21:10

Daddy, don't ever die on a FridayFinn, Eve & Rafa

Ramener Callahan jusqu’à son lit n’est pas une mince affaire. Même épuisé, il reste teigneux, l’animal. Il lutte jusqu’au dernier moment pour faire promettre à Rafa qu’il va se réconcilier avec Eve, en le pressant comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. Il connaît bien son second et sait qu’il ne pourra pas lui dire non. C’est la grande différence entre O’Riordan et Eve ; si tête de mule qu’il soit, Rafa n’aime pas contrarier Finn. Il ferait même tout pour lui complaire, quitte à aller contre ses propres inclinations. Aussi, lorsqu’il quitte la chambre du convalescent, a-t-il promis dix fois de faire tout ce qui est en son pouvoir pour se rabibocher avec Eve.

Lui n’y tient pas, en réalité. Il estime qu’ils ne sont plus fâchés, et il trouve que c’est vraiment pinailler que de lui demander une paix en bonne et due forme. Mais si ça peut faire plaisir à Callahan, après tout… ça ne coûte pas bien cher. L’essentiel, songe-t-il, est que le patron cesse de s’agiter et de se mettre la rate au court-bouillon. Il a besoin de calme, de sérénité, Matthews le leur serine à chacune de ses visites, pour que le sang se reconstitue et que l’organisme se renforce. La transfusion l’a provisoirement tiré d’affaire, mais il n’est pas guéri pour autant. Les consignes du médecin (“évitez au maximum de le contrarier”) ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd ; le patron n’hésite pas à en jouer pour essayer d’apitoyer Rafa. Il ne s’est pas gêné, d’ailleurs, pour mettre sa guérison dans la balance ; à l’en croire, l’unique condition de sa survie est la réconciliation entre Eve et Rafa. Ce chameau de Callahan ne se rend pas compte du mouron qu’il fait faire à son second. Sur le pas de la porte, O’Riordan parlemente encore :


-Allez, patron, c’est promis, je vais essayer. Mais de votre côté, mettez-y du vôtre aussi, d’accord ? Tâchez de vous reposer. Si je vous reprends à vous balader comme ça sans autorisation, je vous attache au plumard, c’est vu ?

Il quitte la pièce en se marrant, laissant Callahan s’indigner de son insolence ; de son côté, la rigolade ne dure pas. Il n’a pas vraiment envie d’avoir cette conversation avec Eve, quoi qu’il ait pu promettre pour rassurer le patron. D’un signe de tête, il confirme à Liam qu’il serait bien inspiré d’aller voir le temps qu’il fait dehors ; de son côté, il se dit que ce sera certainement plus facile de parler à Eve sans témoin, et sans avoir le regard anxieux du barman fixé sur eux.

Elle attaque direct, sans prendre de pincettes, en demandant à Rafa s’il croit toujours qu’elle va les dénoncer. Le second de Callahan se laisse tomber sur une banquette, et, dans un soupir, fait non de la tête. Parmi de multiples défauts, il a au moins quelques qualités d’un Poufsouffle, et notamment un sens aigu de la justice - y compris contre lui-même. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être lucide et de savoir reconnaître qu’on s’est planté ; c’est inconfortable, mais Rafa accorde trop de valeur à la franchise pour s’en dispenser.

Et maintenant, on fait quoi ? Rafael ne sait pas vraiment par quoi commencer. Par chance, Eve est moins indécise, et elle prononce un discours très sensé. Personne n’a envie de s’excuser, les torts sont partagés, et O’Riordan méritait son gnon dans la tronche. Il a une moue fataliste :


-Je n’ai jamais dit le contraire, tu sais. J’ai essayé de l’expliquer au patron, mais tu sais comment il est ? Toujours à vouloir s’attribuer les mérites de tout, même de mes pains dans la gueule.

Cette plaisanterie en demi-teinte est ce qu’elle obtiendra de plus proche de véritables excuses. Rafa n’avait pas volé cette beigne, il n’en disconvient pas - ce qui revient à reconnaître qu’il a été infect, probablement. De toute façon, Eve n’a pas l’intention de s’éterniser sur le sujet ; elle était venue pour autre chose, dit-elle en donnant trois fioles à Rafael. Il se sent un peu mal à l’aise lorsqu’elle évoque son agression, et essaie de plaisanter pour changer de sujet :

-Des potions. Ça va être marrant d’essayer de lui faire prendre des trucs sorciers, tiens. J’te raconterai.

Il examine un instant l’étiquette d’un des flacons, avant de remiser le tout dans la poche de sa veste et d’aouter, sur un ton inhabituellement grave :

-Merci, Eve.

Ils se sont tout dit, apparemment. Rafa se lève avec l’intention de monter voir Finn, puis se ravise :

-Tant que t’es là, j’ai une faveur à te demander. Quand t’auras coincé Mariotti et Montenza, je serais pas fâché de pouvoir leur dire un mot. Si tu veux bien, évidemment…

Encore une marque de bonne volonté que ces précautions oratoires. Il ne lui conteste plus le privilège de s’occuper de ces deux fumiers, Ludovico compris. Les deux jeunes gens se séparent en bons termes, et Rafa, revenu à l’étage, peut rassurer Callahan sur ce point :

-Eh ben, vous dormez pas, vous ? Parole, patron, vous devriez faire gaffe. Les idées fixes, ça vous réussit pas. Mais bon, vous pouvez vous détendre, on est réconciliés, Eve et moi.

À vous d'en faire autant, maintenant, brûle d’ajouter l’insolent - mais il préfère garder la vanne pour lui, et essayer de convaincre le patron d’avaler le contenu d’une des fioles.

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Message#Sujet: Re: Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve   Daddy, don't ever die on a Friday || Finn, Eve Icon_minitimeMer 2 Juin - 0:27



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Eve, Rafa & Finn
Le regard de Finn tombe sur Eve, et un moment, il ne voit plus qu’elle, oubliant Rafa, Liam, le Cohan, et jusqu’à ses blessures. Il voudrait lui parler, et trouver quelque chose à dire, mais rien ne sort. Les mots se bloquent dans sa gorge et c’est comme si son cerveau refusait de réfléchir correctement. Il voudrait, pourtant, mais l’épuisement et le fait que ce ne soit ni le lieu, ni le moment, se rappellent gentiment à lui. Ce n’est pas le moment. Et puis la voix de la jeune femme claque, sèche et sévère, et le mafieux a une réaction que n’importe qui le connaissant bien pourrait juger curieuse : il baisse les yeux. De honte, ou de tristesse ? Sans doute un peu des deux. La culpabilité de l’avoir laissée seule alors que elle n’a pas hésité à le soigner malgré tout, la résurgence de l’inquiétude qu’il a ressenti quand Rafa lui a appris l’agression de la jeune femme, la peine liée à la perte de Eve et puis de cet enfant, de leur enfant…tout s’emmêle, l’écorche, l’épuise, plus sûrement que ses blessures ou que la morphine. L’acteur n’a rien à répondre, rien qu’il puisse dire à présent, rien qui ne changerait, tout simplement quoique ce soit, et un moment il voudrait juste remonter.

Mais Callahan est un type têtu et puis Rafa est là : c’est plus facile d’insister, encore et encore, auprès de son second, quitte à risquer la perte de connaissance. Alors c’est vers ce dernier qu’il se tourne et qu’il essaie d’embobiner pour rester : « Ça va aller, regarde, je tiens debout, non ? » Il tente un pas, manque de s'écrouler, et son second le rattrape fermement. Le mafieux voudrait se dégager, par fierté, mais il découvre à Rafa une sacrée poigne, qui l’agace parce qu’il trouve humiliant de se faire manœuvrer ainsi, littéralement, par un type qu’il a connu minot et à qui il a appris à boxer.

Pourtant, il se laisse faire sans plus essayer de lutter : c’est qu’au fond, Finn ne doute pas un instant de la loyauté de Rafa. En d’autres circonstances, il serait même fier, content de voir comment ce dernier a intégré ses leçons, et comment il parvient à maintenir la barque. Oui, c’est un digne héritier qu’il a là, peut-être même meilleur que lui, ne serait sa foutue insolence, parce qu’il est bien plus raisonnable, songe-t-il avec un brin de tendresse, raccord avec le fait qu’il cède et écoute les instructions de ce dernier. Foutu infirmière. Foutu meilleur pote, aussi, voilà. D’ailleurs, Finn s’en veut un peu, ayant capté le regard de panique de son second, de lui en faire voir de toutes les couleurs. Le sentiment, comme toujours, se dissipe vite, cependant – peut-être même encore plus vite tant il est inquiet d’autre chose et qu’il ne supporte pas de devoir subir les décisions des autres alors qu’il est censé les donner, surtout pour lui-même. Alors il écoute, mais il grogne : « Elle y croit pas elle-même, arrête, et toi, t’as même pas essayé. Je suis juste claqué, je suis pas devenu débile. » Callahan voudrait encore se retourner, revoir une dernière fois Eve, mais trop tard, ils ont déjà passé la porte, et O’Riordan l’a déjà forcé à se rassoir sur son lit. Il ne l’avouerait pas, mais le mafieux commençait à ne plus sentir du tout ses jambes et il est content de pouvoir s’assoir. « Je ferai ce que Matthews dira, mais après…d’accord ? Après… » Il peine à reprendre son souffle et sa respiration est douloureuse.

Pourtant, Finn n’en démord pas, et il finit par obtenir gain de cause. Ou presque puisqu’il n’échappe à une ultime provocation. Tentant de se redresser tant bien que mal, l’œil brillant d’une colère qui ressemble furieusement à de l’amusement, ce qui ne lui fait pas de mal, le mafieux s’époumone du mieux qu’il peut : « Non mais dis voir, reviens par là, Rafa, je suis peut-être mourant, mais je suis encore capable de te foutre la rouste que tu mérites, hein ! » Mais son second a déjà passé la porte en se marrant. Il ne reste plus à Finn que la possibilité de grogner seul en attendant de savoir ce que donnera la conversation de Eve et Rafa, si jamais l’un des deux daigne la lui rapporter. En attendant, ce dernier coup d’éclat, pourtant minime, l’a privé du peu d’énergie qui lui restait. Se rallongeant tant bien que mal, il s’efforce de se calmer, et de laisser la morphine agir. Le sang lui bat aux tempes et des tâches de couleurs dansent devant ses yeux. S’étendre lui vaut une douleur violente dans la région de l’abdomen, qui le laisse exsangue.

Resté éveillé lui coute, mais le mafieux s’y efforce. Il veut savoir, et essaye malgré tout de deviner ce qui se dit en bas tout en arrangeant comme il peut, c’est-à-dire difficilement, les couvertures et en tachant de ne pas piquer du nez, se morigénant dès qu’il se prend à somnoler. Quand Rafa remonte, il lui semble que ça fait peu de temps qu’il est parti, ce qui l’inquiète. Son second a sans doute raison en disant que c’est une idée fixe, ce qui laisse Finn boudeur. Rafael a raison, bien sûr, et il s’épuise pour rien, mais il fonctionne comme ça. Les idées fixes, ça fait autant parti de Finnegan Callahan que son gout pour les cravates douteuses, sa passion pour le cinéma ou son tempérament lunatique. Dire qu’il fonctionne par obsessions ou idées fixes, c’est aussi banal, finalement, de dire que l’eau mouille ou que la terre est ronde.

Il en va de même pour son côté bavard : s’il est content, il parle. Et s’il est inquiet, ou agité, comme là, il mitraille les gens de questions, ne supportant pas de ne pas contrôler ce qu’il se passe. Secouant la tête en réponse à Rafa : « Je dormirai quand tu m’auras raconté ce qu’il s’est passé. Alors ? Parce que ça m’étonne que tu sois déjà revenu. C’est court, non ? Vous vous êtes dit quoi ? T’as été aimable, au moins ? » Se laissant porter par la conversation et la requête de Rafa, qui lui sort un nouveau remède de nulle part : « C’est quoi, ça ? Une potion ? D’où ça sort ? Je prends pas ça, Rafa. Pourquoi tu veux que je le prenne ? C’est censé servir à quoi ? Attends, c’est Eve qui te l’a donné ? Pour me soigner ? » Finn en reste soufflé, écoutant son second, pour une fois, sans rien dire, avant de grogner, face à l’insistance de Rafa : « Bon, bon, je vais le prendre…m’emmerde, moi. T’es sûr que ça va pas me tuer, ou me transformer en un truc glauque ? Genre une méduse ? » Il faut dire, même si ça vient d’Eve – à plus forte raison parce que ça vient d’elle et qu’elle a de sacrées raisons de lui en vouloir et donc de décider de le transformer en méduse – que le monde sorcier, ça reste effrayant pour Finn. S’il avait moins mal, il s’obstinerait à refuser, mais il est fatigué et il en assez de lutter, alors, prenant son courage à deux mains, il finit par s’exécuter : « Putain, c’est dégueulasse. Oh…attends. Attends, je vais me coucher maintenant. » La potion l’engourdit d’un coup, et c’est d’une voix un peu pâteuse qu’il ajoute pour Rafa, revenant au sujet initial avec constance : « Est-ce que… Elle a dit quelque chose, sur mon compte ? » Sait-on jamais ; quoiqu’il ait résolu de la laisser en paix, toute parole de Eve importe à Finn. En attendant, son second a gagné, et il se laisse peu à peu sombrer. « Je vais dormir un peu, va…m’en voudrais de te contrarier, hein. T’es encore plus brute que Eve, comme infirmière, t’sais ça ? Et c’est pas peu dire. » Et il se marre doucement, comme il se remet : doucement aussi.


 
(C) CANTARELLA.

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