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 Flic ou voyou + Rafa

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Nobby Leach
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Message#Sujet: Flic ou voyou + Rafa   Flic ou voyou + Rafa Icon_minitimeDim 10 Sep - 1:16



Flic ou voyou
Rafa et Nobby
« Je vais voir Eleanor, Jill ! Je serai rentré ce soir pour le diner ! » Nobby n’obtient pas de réaction particulière. Dans un sens, tant mieux. Il n’aimerait pas devoir expliquer où il va à sa femme, ni pourquoi il a revêtu un complet des plus moldus. Le directeur de la police magique jauge ce dernier d’un œil critique dans le miroir. C’est noir et gris, le pardessus est un pardessus tout ce qu’il y a de plus pardessus.  Ça lui ressemble et donc ça hurle « flic en civil » - déformation professionnelle, sans doute - mais au moins ça ne détonnera pas dans le paysage. Rien de plus insupportable que ces sorciers qui ne savent pas – ou refusent de - s’adapter au monde moldu, selon Leach. L’uniforme de la police magique le préserve au moins de ça, et les robes de sorciers lui ont toujours semblé désuètes. S’il s’est habitué et a adopté beaucoup de choses de son nouveau monde, ça, il n’y est jamais parvenu.

Bref, le voilà parti. « Ce qu’il ne faut pas faire… » Grogne-t-il en courbant l’échine sous la pluie battante, faisant abstraction du fait que c’est lui qui a exigé de voir O’Riordan. Mais il faut bien : ce n’est pas Robin qui va être lucide sur ce garçon. Alors Nobby s’est arrangé avec Eve, même si ça ne lui plait pas de faire des cachotteries à sa nièce. Pour que chacun soit à l’aise – il ne veut pas d’un malfrat chez lui et la rousse lui a clairement dit que Rafael prendrait une rencontre dans le monde sorcier pour un traquenard – ils ont convenu d’un rendez-vous dans un endroit neutre, un café de Camden. Eve lui a écrit ensuite pour lui dire que c’était bon et qu’elle trouverait un moyen pour qu’ils se reconnaissent.

Nobby a naïvement pensé que ce serait la jeune femme elle-même. Il se trompait. Eve est peut-être bien dans le coin comme elle l'a dit. Mais le grand type carré qui l’attend devant le café et qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau dans son costume élimé, c’est son cadet, Walter. Leach croit comprendre. « Walt ? C’est toi le contact ? » Son frère se tourne vers lui avec un sourire gêné, mais ulcéré, le flic ne lui laisse pas le temps de répliquer. « C’est donc ça que tu fais ? Tu travailles pour eux ? Mer…Bon Dieu, je crois que je préférais encore quand je te croyais traine-savate… » Il était maussade et méfiant ; le voilà franchement en colère. « Oh, va te faire foutre, Nobby. Je t’emmerde pas alors que t’es flic pour les anglais, moi.  » En fait, la gêne est passée très vite chez Walt, qui a l’habitude des sermons un peu traditionalistes de son ainé. Nobby s’inquiète pour lui, de ne pas le voir marié, sans enfant, sans travail, depuis sa vie sorcière où il ne peut pas l’aider car il le croise peu, et surtout depuis sa vision un peu conservatrice du monde – être flic, ça rigidifie. Ils se sont éloignés, aussi. Il y a encore un vieux fond patriote irlandais chez Nobby, fier de son père représentant syndical, venu de Dublin, qui se frittait avec les contremaitres anglais. Mais ce sont des enjeux lointains, qui n’ont presque plus de sens pour lui. Pourtant, Walt continue à râler : « Tu vis pas avec ce que verse le DWP et avec ma patte folle personne ne voulait m’embaucher. Et puis Callahan et O’Riordan sont arrivés et ils ont donné du boulot à tout le monde à Kilburn.  Je sais pas ce que tu leur veux. Mais c’est pas de sales types. Rafa, c’est un bon petit gars. Il m’a toujours fait penser à toi quand t’étais gamin. »

Leach en reste coi. C’est assez rare pour être noté. Est-ce le fait que Walt dise qu’il ressemble à Rafa ? Non. Tout flic est un gangster qui a mal tourné, tout gangster est un flic raté. Non, c’est plutôt le fait que son frère défende ses patrons jusqu’à la mort et contre lui. Comme Robin. Comme Eve. A croire que tout le monde a perdu la carte. Ou alors qu’il faut vraiment qu’il prenne la peine d’écouter le premier concerné. Ca tombe bien, il est là pour ça. En attendant, pour son frère…« Je t’emmerdes aussi, Walt. » Il lui propose une cigarette en ronchonnant et ajoute : « Je suppose que c’est ça d’être frères. » L'autre grogne : « Ouais. » Ca finit par sourire : « On se voit toujours pour l’anniversaire de Lenny ? » Walt se fend d’un signe de tête approbateur : « Sûr. »

Et puis c’est fini. Après tout ils sont frères – quasiment des copies conformes, à les voir côte à côte. Il n’y a rien à faire à propos de ça. Alors, comme toute les autres fois, ce mensonge un peu plus gros que les autres est oublié, parce que Walt ne va pas si mal et qu’il ne mendie pas, et que Nobby ne veut pas savoir. Alors ça parle de Jill, de Rebecca, du « non toujours pas de gosses pour moi » côté Walt. Et puis – noblesse oblige – Nobby en revient à Rafa. Oh, pas directement. Via la petite-amie. Pour savoir ce qu’on en pense, dans le milieu. Pour savoir comment ça se passe. « Elle est pas comme nous, elle. » Affirme Walter d’un air sûr de lui. « C’est-à-dire ? » Son frère hausse les épaules : « Bah, anglaise. Et sophistiquée surtout. Je sais pas où il est allé la chercher, mais elle vient clairement de la haute. C’est pas une poule comme les filles du Cohan - tu verrais la tête qu'il a fait quand j'ai eu le malheur de demander ! Ma faute, j'ai pas l'habitude de voir des filles comme ça, là-bas. J'aurais du me douter. Elle est pas comme la patronne, non plus, d'ailleurs. »

Bon, évidemment, il y a de quoi faire la grimace, même si ce n’est pas faux en soi et que la comparaison n’est guère heureuse. Comme il n’a pas envie de préciser à Walter que Robin est sa nièce – il ne connait guère la famille de Jill – ni de parler des sorciers en général – la connexion qu’ils font là est déjà hasardeuse – Nobby rebondit sur autre chose : « La patronne ? » Walt hausse les épaules : « Ouais, la copine du patron, quoi… Ah bah le voilà. » Il lève une main vers un type qui arrive, costume cravate comme eux, mais plus jeune, et puis, dès que celui-ci est à portée de voix, annonce : « Bon, bah moi j’y vais, hein, Rafa. Je sais pas si vos trucs vont marcher mais bon courage. Et toi écoute le Nobby, je te dis, c’est un type bien. » Et il file sans demander son reste, alors que Nobby en est encore à se demander ce qu’il doit penser du fait que le clan Callahan considère Eve comme sa cheffe avec Finn.

Cela dit, il faut dire quelque chose. « Alors c’est vous, O’Riordan. » C’est marrant, il ne le voyait pas comme ça. Habitué à lire les gens, Nobby note les détails à la volée. Brun, taille moyenne, un peu monsieur tout le monde. Pas l’air d’un mafieux, plutôt d’un comptable. Un peu austère. Propre sur lui. Une bonne tête de caboche irlandaise, ça oui, par contre. Il comprend ce que Walt voulait dire. Beau garçon, sans doute, mouais, dans ce genre là, pour ce qu’il peut en juger. Mais au fond, ça ne l’intéresse que moyennement. « Et donc vous avez embauché mon frère. Ca s’arrête là ou je dois comprendre que toute ma famille vous connait ? » Ca l’agace et il a du mal à le cacher. Ils le feraient pour le contrarier qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Alors forcément, Nobby doit prendre sur lui pour déclarer : « Je ne vais pas vous mordre ou vous passer les menottes. Ni vous balancer de sort. Il y a des règles. Au-delà de ce que j’ai promis à Eve. Je voulais voir à quoi vous ressembliez. Et vous parler. » Le blanc s’éternise, alors qu’ils se regardent dans le blanc des yeux. Serrant les dents, il finit par désigner le café : « On s’assoit ? » A une table au fond, Eve. Elle est donc bien là. Quel bordel...

Par réflexe, il allume une cigarette et en propose une à son interlocuteur avant de poursuivre. « Ma nièce vous aime beaucoup. Pour une raison qui m’échappe, elle serait prête à tout vous pardonner. Moi…moi j’ai l’habitude de juger sur pièce et je ne suis pas sûr de pouvoir pardonner beaucoup de choses, dans votre cas. Vous comprenez sans doute pourquoi. »

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Rafael O'Riordan
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Message#Sujet: Re: Flic ou voyou + Rafa   Flic ou voyou + Rafa Icon_minitimeDim 10 Sep - 11:57

Flic ou voyouNobby & Rafa

Ca ressemble un peu - toutes proportions gardées, bien entendu - à la conférence au sommet qu’il avait fallu organiser au lendemain des obsèques de Tony Montenza, entre les héritiers du défunt et les têtes d’affiche de la côte Est. Même défiance réciproque, même répugnance à faire la moindre concession à la partie adverse. Bien sûr, Nobby Leach n’est pas Lucky Luciano, mais il n’en demeure pas moins que la situation est comparable : des hommes qui doivent se parler mais qui n’en ont guère envie. Rafa a exigé que la rencontre se déroule côté moldu : ce n’était pas négociable pour lui. Pas question de se jeter dans la gueule du loup en se rendant de l’autre côté, avec ses piètres compétences en magie et son absence de contacts fiables là-bas. De son côté, il a dû accepter de se déplacer en terrain neutre ; comme il fallait s’y attendre, Leach, aussi méfiant que lui-même, n’entendait pas se rendre à Kilburn. Le choix s’est porté sur Camden ; Walt Leach, envoyé en éclaireur, a suggéré de fixer le rendez-vous dans un pub appelé le Black Bird, un établissement relativement calme en journée, à l’angle de deux rues.

Va pour le Black Bird, donc. Comme pour être raccord avec le lieu du rendez-vous, Rafa a endossé son costard des jours de tournée des popotes, celui qui le fait ressembler, dixit le patron, à un croque-mort ; cependant, il a noué une cravate bordeaux à très fines rayures dorées, que d’aucuns pourraient prendre pour un clin d’oeil à la maison de Leach à Poudlard. Il a troqué sa casquette pour un chapeau, histoire de faire un peu moins gangster, mais sans abandonner l’accessoire fétiche du voyou, son flingue, bien au chaud dans sa ceinture. Un manteau en tweed gris complète une panoplie classique, très passe-partout, mais dont la qualité générale dit assez que l’homme qui la porte a du répondant. Le contraste est d’ailleurs saisissant lorsque Walt, choisi pour faire le trait d’union, vient à sa rencontre ; comme d’habitude, Leach porte un complet fatigué, surmonté d’un imper auquel manque un bouton. Il ne s’arrête pas pour parler à Rafa, et leur échange se résume à quelques mots.


-Merci, Walt. T’oublies pas ce qu’on a dit, hein…
-T’en fais pas, Rafa,
rétorque l’autre en touchant sa casquette.

Ce qu’on a dit, c’est que l’absence du second ne devait pas excéder une heure. Au-delà, Walt est prié d’envoyer un gars vérifier ce qui se passe, et si besoin de dépêcher la cavalerie. C’est étrange de confier ainsi sa peau au propre frère du chef de la police magique, mais O’Riordan espère bien ne pas avoir besoin de ses services. Eve a proposé de se pointer elle aussi au rendez-vous ; pas pour parler, mais pour tempérer toute velléité, d’où qu’elle vienne, de régler les choses à l’ancienne. La garantie a semblé excellente à Rafa ; Robin a décrit Leach comme un type droit, pas le genre à faire un coup de pute en présence d’Eve.

Difficile de rater Nobby Leach, quand on connaît son frangin. C’est le même, à quelques détails près. Rafa s’approche précautionneusement, le salue d’un doigt porté au chapeau, et répond tranquillement :


-Me semble que c'est déjà pas mal, Robin et Walt. On va tâcher de s'en tenir là, pour le moment.

Beaucoup trop, comme liens avec un flic rempli de soupçons à ras la gueule. Les mains dans les poches, Rafa écoute le laïus de son interlocuteur ; pas de menottes, pas de sort.

-Eve m’a répondu de vous, sans ça j’aurais jamais accepté de venir. Je suppose qu’elle en a fait autant pour moi. Y aura pas d’entourloupe de mon côté, tant que vous tenez votre parole.

Après ces préliminaires pleins de cordialité, les voilà qui entrent dans le pub. Au fond, comme promis, Eve qui semble passionnée par un journal étalé devant elle. Elle ne manifeste rien à l’entrée des deux comiques, mais Rafa a un petit sourire en la voyant.

-Minute, faut commander au comptoir. Vous prenez quoi ? Choisissez une table, j’arrive avec les verres.

C’est l’affaire d’un instant. Le pub est tranquille, et O’Riordan n’a guère à attendre pour récupérer les consommations. Il les dépose nonchalamment sur la table, ôte manteau et chapeau, et prend place alors que Leach sort son paquet de clopes. Accepter ou pas ? Chaque geste a un sens, dans leur situation. Rafa prend une cigarette, mais c’est lui qui allume son briquet pour donner du feu au flic. Donnant, donnant. Ça donne le ton de la rencontre. Tant que t’es civilisé, je le serai aussi. Il écoute attentivement le préambule de Leach, sans le lâcher des yeux. L’homme a le visage fermé, mais il semble sincère. Derrière sa cigarette, Rafa a un sourire un peu narquois pour répliquer :

-Je crois qu’on va commencer par le commencement, monsieur Leach. La seule qui ait des choses à me pardonner, comme vous dites, c’est Robin. Et s’il en reste, c’est Dieu qui s’en chargera, en temps voulu. Comme vous n’êtes ni l’un, ni l’autre, je suppose que vous n’avez rien à me pardonner. Je n’ai jamais rien fait de répréhensible qui vous concerne.

Leach ne doit pas goûter ce discours, mais Rafa a embrayé :

-Il se trouve que moi aussi, j’aime beaucoup Robin. Enfin, c’est même pas que je l’aime beaucoup. Juste que je l’aime. Et je crois que c’est réciproque. C’est sans doute pour ça qu’elle m’a pardonné le passé, et pour tout vous dire, c’est pour ça que j’ai accepté de vous voir. Pour elle. Parce qu’elle est ce que j’ai de plus cher.

Curieux comme c’est plus facile de le proclamer à la face de Leach, presque d’en faire un cri de guerre, que de le murmurer à l’oreille de la blonde. On a des pudeurs idiotes, parfois. Soucieux de trouver un terrain d’entente, Rafa lève sa pinte :

-Je suppose qu’on peut donc boire à Robin ?

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Message#Sujet: Re: Flic ou voyou + Rafa   Flic ou voyou + Rafa Icon_minitimeLun 23 Oct - 1:15



Flic ou voyou
Rafa et Nobby
« Si je voulais vous chercher des noises, je ne m’y serais pas pris comme ça. » Il n’y a ni sourire ni plaisanterie dans cette remarque, qui tient moins du défi que du constat. Leach n’est pas du genre à entourlouper qui que ce soit – les magouilles, c’est un truc de Serpentard et de traîtres – et Rafael O’Riordan ne lui fait pas vraiment peur. Il a vu pire que lui, plus teigneux, plus méchant. Pour le moment, si l’échange est froid, il est donc destiné à rester civil. Pour un peu, Nobby retrouverait la tension familière des interrogatoires, dans un cadre un peu plus agréable. « Guinness. » S’entend-il indiquer, justement, parce qu’il n’est pas en service et qu’il peut se permettre ça, vieux réflexe irlandais. C’est un genre de madeleine de Proust, celle du premier verre partagé avec Walt, parce qu’on ne trouve pas la grande marque de l’Éire côté sorcier. Pour le reste, c’est business as usual, ou presque, parce que le sujet est bien plus personnel.

C’est donc avec ça que sort Robin, songe-t-il alors qu’il lance les hostilités. C’est curieux, encore une fois. Où est le type charmant et drôle qu’on a essayé de lui vendre ? O’Riordan semble aux antipodes de sa nièce, ça doit faire un drôle de couple, un peu chat noir chat blanc. Evidemment, leur situation n’arrange rien à l’affaire, puisque chacun est sur la défensive. Il n’empêche que le chef de la police magique trouve le mafieux bien trop cabotin et provocateur à son goût, pour le gamin qu'il est, ce qui justifie quasiment immédiatement le passage au tutoiement. Pas de compte à rendre, eh ? C’est ce qu’on va voir. « Ca, c’est toi qui le dis. On pourrait discuter, concernant toi et ton patron, pour ce que vous avez fait à une de mes employées. » Nobby tire sur sa cigarette avec un demi-sourire qui n’a rien d’amical. Il écarte la fumée du tabac d’un geste bref, comme pour disperser l’idée d’une mise à exécution de la menace larvée qu’il profère de façon implicite : « Oh, je me doute qu’elle s’est défendue et je sais qu’elle ne voudrait pas que je creuse plus loin. Xena n’a pas deux sous de jugeote. Mais ça reste une de mes employées, et agression d’un agent sur un dépositaire de l’autorité publique, ça va quand même chercher dans les cinq ans. » Non, il ne fera rien. La petite Xena a réglé ses comptes elle-même, sans plainte il n’a pas les moyens de lancer une enquête, mais ça n’a pas d’importance. Leach veut simplement remettre les pendules à l’heure. Rafa n’a pas encore de comptes à lui rendre. Mais s’il moufte, Nobby n’hésitera pas.

En dehors de ça, pourtant, il se tient coi. Ce serait mentir que de dire que la détermination de son interlocuteur ne force pas un peu le respect. Peut-être qu’une partie de lui, la plus confiante en l’homme et en la bonté des gens, celle qui croit à la rédemption, celle qui est pour, dans le doute, donner une chance aux repentis, y croit un peu. Parce qu’il y a une réelle différence de ton, entre la véhémence qu’à Rafa pour parler de Robin, comme s’il oubliait à qui il parle, et la défiance qu’il a eu au début pour s’adresser au flic. Nobby, qui sait un peu lire la nature humaine, y voit de la sincérité. Mais la confiance aveugle n’est pas son genre. Il en a connu, des voleurs et des assassins qui juraient leurs grands dieux qu’ils étaient innocents. Ils paraissaient des agneaux. On leur aurait donné le bon Dieu sans confession. Rien ne dit que Rafael O’Riordan n’est pas de ceux-là. Alors Leach ne modifie pas d’un pouce le discours qu’il comptait tenir depuis le début. « En même temps, tu ne vas pas me dire le contraire. » Cette fois, il sourit presque pour de bon, cette fois, et boit une gorgée de Guinness, très calmement, sans trinquer. « Maintenant c’est moi qui vais parler. » Il pose la bière, reprend sa cigarette, tire une nouvelle bouffée de tabac. Avec la lenteur du type qui n’a pas l’intention de s’en laisser compter ou d’être interrompu. « Je l’ai dit à Robin : si tu n’étais qu’un né-moldu irlandais avec un peu de mal avec le monde sorcier, je n’aurais pas de problème avec toi. Au contraire. Je sais bien qu’il y a de sales cons de l’autre côté. J’en ai fait les frais aussi. Sur ça, on est pareil, toi et moi, ou presque. » Il peut se reconnaitre dans Rafa, comme l'a dit son frère, c'est vrai. La preuve de ça, c’est Walt lui-même. Leach trouverait d’ailleurs étonnant, s’il savait que sa nièce a eu l’occasion de rencontrer son frère, que Robin n’ait pas fait le pont entre eux – le contexte, sans doute. Toujours est-il que Nobby aurait sans doute emprunté le même chemin s’il n’avait pas eu de pouvoir. Comme son père, il aurait fini docker, syndicaliste, et puis peut-être là bas, à Kilburn, homme de main de Callahan. Et peut-être que ça aurait été la même chose s'il avait été moins têtu et décidé à prouver que personne ne pouvait lui dire quelle place il devait occuper dans le monde sorcier.

« Le truc, c’est que tu n’es pas que ça, Rafael. » Ici, Nobby est relativement transparent – il suffira à Rafa de demander à Robin s’il a dit vrai et qu’il lui a bien parlé dans les mêmes termes – et surtout il ouvre une porte. Ce n’est pas un non définitif. Ce n’est pas une hostilité de principe. Au contraire, il y a chez lui un brin de compassion et de sympathie inaliénable pour Rafa de ce seul fait, et ce n’est pas un mauvais point de départ, même si la partie est loin d’être gagnée pour O’Riordan. « Le seul avantage que je te trouve pour l’instant, c’est que tu n’es pas Hawthorn Avery. Tu me diras, ce n’est pas très dur, presque tout le monde vaut mieux qu’un sang pur dégénéré plein de dettes doublé d’un mage noir. » C’est déjà ça, diraient d’autres. C’est le minimum, dirait le chef de la police magique. « Mais les gars comme toi, je les connais. Je sais que vous avez une belle gueule et que vous mentez comme des arracheurs de dents. Moldus ou sorciers, aucune différence. C’est toujours le même discours. On n’était pas là, on ne sait rien, on n’a violé aucune loi, m’sieur l’agent, en tout cas pas les mauvaises. » Pour un peu, il lèverait les yeux au ciel. De vrais gosses, alors qu’il s’agit d’affaires sérieuses. « Je sais aussi que vous êtes de beaux baratineurs avec vos copines. Eve, c’est moi qui l’ai récupéré quand ton patron l’a laissé tombée. » En fait, c’est sans doute l’une des principales raison qui pousse Nobby à se méfier. Ici, Rafa n’a pas de chances : il fait grandement les frais de l’attitude de son patron, même si Finn est revenu. Et le fait qu’il soit déjà lui-même déjà parti une fois n’arrange pas la méfiance que Leach peut avoir à son égard.

Anticipant une justification qu’il ne veut pas entendre – elle l’agacerait – et décidé à aller au bout de son discours, le résistant reprend dans la foulée : « Je crois ce que je vois. Garde tes beaux discours. Je veux des actes. » Il fiche un regard grave dans les yeux de O’Riordan, parce qu’il veut que Rafa l’écoute et comprenne. Nobby se fiche bien, au fond, que le mafieux l’apprécie, comme il se moque en réalité de son métier, un peu fataliste. Il n’a pas les moyens de pression, pour le moment du moins, pour l’en faire changer. Il y aurait un enfant – Merlin et Godric les en protègent ! – et ce serait différent. Pour l’heure, il veut juste s’assurer que Rafa traitera bien sa nièce et qu’il se comportera en être humain digne de ce nom à défaut de comprendre le sens du mot « légalité ». « Comprends-moi bien. Je ne veux pas que Robin soit prise dans des trucs glauques dont elle ne comprendra aucun tenants et aboutissants à cause de toi. Que tu la mettes en danger. Et ne me dis pas que tu ne le ferais pas volontairement. Ce n'est pas une excuse. Je m'en doute, mais reste que ton métier et ton environnement est dangereux. Ce qui est arrivé à Eve le prouve. Alors qu'est-ce tu comptes faire, à partir de là, dis moi ? Et puis je voudrais bien savoir ce que tu comptes faire quand elle voudra faire des projets. Tu dis que tu l’aimes, et je pense qu’elle t’aime, oui, moi aussi...mais ça va où, tout ça ? Qu'est-ce que tu feras lorsqu'elle voudra faire des projets ? Quand elle te parlera enfants et mariage ? Elle a été élevée comme ça. Si elle t'aime, ça viendra. Moi, je veux savoir si tu seras là ou aux abonnés absents à ce moment là. » Il désigne le verre du mafieux et conclut : « Si je peux te faire confiance sur ça, c’est bon pour moi et on trinque. Mais si tu veux autre chose, si tu n'es pas clair avec elle ou avec toi même, si c’est pour la laisser tomber et lui faire miroiter des choses que tu ne comptes pas lui donner, Rafael, autant arrêter les frais maintenant. »

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Message#Sujet: Re: Flic ou voyou + Rafa   Flic ou voyou + Rafa Icon_minitimeMar 24 Oct - 20:24

Flic ou voyouNobby & Rafa

Deux Guinness, donc. Rafa a un demi-sourire en commandant les bières, puis en les apportant à la table. C’est que les points d’accord risquent d’être difficiles à trouver, avec Nobby Leach ; alors démarrer sur une telle unanimité relève déjà de l’exploit. La lune de miel ne dure pas, cependant ; à peine Rafa assis et les politesses élémentaires expédiées, les deux protagonistes se mettent en garde, comme des boxeurs qui se jaugent et lancent quelques coups avant de passer aux choses sérieuses. Leach semble le plus combatif des deux. C’est lui qui ouvre les hostilités en évoquant Xena, tirant à Rafa une moue désolée qui signifie clairement qu’il n’a rien à se reprocher de ce côté-là. Eh, c’est même moi qui ai retenu le patron, vous savez ? Sans ça, elle aurait le look corned beef, votre pote. Ce serait drôle à balancer, juste pour voir, mais O’Riordan a trop conscience de ce pourquoi il est là - Robin - pour s’y amuser. Il laisse donc passer l’orage, sans accorder une grande importance au fond. La forme l’intéresse déjà un peu plus ; en silence, il note que Leach est déjà passé au tutoiement, comme un flic avec avec un prévenu, ou alors comme un homme mûr avec un gamin. Il y a sans doute un peu des deux dans ce changement. La seule chose qu’on ne peut pas y voir, c’est le tutoiement affectif, celui qu’un oncle pourrait réserver, au hasard, à son neveu par alliance. Il faudrait être sacrément bigleux pour s’y méprendre, même.

Apparemment, Leach a des tas de choses à dire.
“Je vous écoute, monsieur Leach”, assure doucement Rafael lorsque le sorcier lui annonce que maintenant, c’est lui qui cause. Sans doute était-il inutile de le préciser ; cette phrase a surtout le mérite de constituer une réponse au tutoiement employé par le flic. Chaque petite chose ayant son importance, Rafa fait ainsi, estime-t-il, la preuve de sa bonne volonté : il pourrait regimber, utiliser le même ton, ce qui serait pris, à juste titre, pour de l’impertinence ; mais sa petite sorcière a des pouvoirs insoupçonnés, et il se contente de prendre note de l’asymétrie de la discussion, sans broncher. Si Nobby le connaissait, il se rendrait compte de l’inhabituelle placidité que le voyou lui réserve. Une chance qu’Eve soit installée loin de leur table et ne puisse profiter du numéro de gentil garçon de son ami ; elle n’aurait pas fini de ricaner, sinon. Eh ben, Rafa, t’as perdu ton caquet ? Callahan aussi trouverait ça poilant. Et injuste, parce qu’avec moi, tu ne files jamais doux comme ça. Mais poilant. Mais injuste.

Bref : sans paraître prendre garde aux quelques mots de Rafa, Leach se fend d’un discours ferme, mais attendu. Rien de nouveau sous le soleil. Toutes les objections qu’il soulève, O’Riordan y a pensé lui-même, et il a eu les mêmes interrogations. Il laisse filer quelques secondes après la fin du monologue de son vis-à-vis, le temps d’une gorgée de bière, puis il rétorque, rigolard :


“Moins infâme qu’Avery, hein ? Je suppose que c’est ce que vous pouvez trouver de mieux comme compliment. Je m’en contenterai. Pour le moment,” ne peut-il s’empêcher d’ajouter avec un brin de provocation.

Très vite, cependant, le sérieux reprend le dessus. La mine grave, Rafa déclare :


“Je pourrais essayer de vous jouer de la flûte, mais on a passé l’âge de croire aux belles histoires, autant vous que moi. C’est vrai que toutes nos affaires ne sont pas légales à cent pour cent, je peux pas nier. Mais je voudrais pas que vous vous imaginiez que mon patron règne sur un champ de cadavres, et que je l’aide à le remplir. On est pas plus amateurs de violence que vous, vous savez.”

L’affirmation est hardie, mais tout ce qu’il y a de sincère. Si on demande à Rafa, il est prêt à jurer que le principal point commun entre les condés et les mafieux, c’est leur amour pour l’ordre. Les uns parce que ça leur fait moins de boulot, les autres, au contraire, parce que ça leur permet de travailler tranquilles. Chacun voit midi à sa porte, pas vrai ? O’Riordan se laisse le temps d’une autre gorgée de bière avant de poursuivre d’une voix posée :

“Je comprends toutes vos réticences, monsieur Leach, et à votre place, je pense que j’aurais les mêmes. Ce que je ne partage pas, par contre, c’est votre conviction que mon monde est forcément plus dangereux que le vôtre. Vous êtes dans votre rôle, hein, je comprends bien, mais vous croyez vraiment que le monde des affaires légales est un rassemblement de boy-scouts ? Les voyous sont pas forcément pires que les businessmen de la City, ou qu’un pauvre type criblé de dettes à qui n’importe qui ferait faire n’importe quoi en lui faisant miroiter un peu de fric. Bref, on pourrait épiloguer des heures, sans jamais tomber d’accord, parce qu’aucun des deux ne dira jamais que l’autre a peut-être raison. Par contre, on a un point commun, tous les deux, et un sacré point commun. Robin.”

Le regard de Rafael s’est fiché dans celui de Leach, comme s’il pouvait le convaincre de sa sincérité en l’hypnotisant.

“Quand je vous dis que je l’aime, c’est que je l’aime. Pas que je l’aime bien ou ce genre de truc. Je me suis déjà posé toutes les questions que vous me posez, parce que j’ai quand même assez de jugeote pour me rendre compte qu’elle et moi, c’est le jour et la nuit, et que je veux pas lui faire de mal. Je sais que vous me portez pas dans votre coeur, et ce que je vais vous raconter, c’est pas pour essayer de vous mettre dans ma poche, d’acc ? C’est juste pour situer. Avant Robin, n’importe qui m’aurait parlé mariage, vie à deux ou famille, j’aurais doucement rigolé. Je vous aurais dit que c’était pas pour moi, et puis voilà. La famille, ça m’a toujours foutu des crampes d’estomac. Ben croyez-le ou non, mais maintenant, tout ça, c’est du passé. Je sais, vous croyez ce que vous voyez, c’est de bonne guerre, et vous vous dites que je vous sers juste le couplet que vous voulez entendre. Alors je vais vous en servir un autre, un peu plus concret, parce que vos inquiétudes sont légitimes. Je vous l’ai dit tout à l’heure, toutes les affaires qui passent entre mes mains ne voient pas forcément le jour. Le mot exact serait : elles voient pas encore le jour. Mais c’est en cours. Vous encadrez pas plus mon patron que moi, mais n’empêche qu’on est tombé d’accord, tous les deux, pour tout rapatrier du bon côté. Pour Eve, pour le gosse, et puis pour Robin, parce que c’est du sérieux, tout ça.”

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Nobby Leach
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Message#Sujet: Re: Flic ou voyou + Rafa   Flic ou voyou + Rafa Icon_minitimeJeu 4 Jan - 0:38



Flic ou voyou
Rafa et Nobby
Il faudrait voir à ne pas trop forcer sur la corde. Nobby a un léger froncement de sourcil, désapprobateur, à la provocation de Rafa, qui devient un peu trop insolent à son gout. Car ce n’est pas un compliment que de faire le constat que O’Riordan n’est pas un mage noir. Après tout, c’est simplement un minimum pour être un être humain décent. Que le mafieux pense qu’il arrivera à se le mettre dans la poche, c’est faire preuve d’une audace que Leach n’est pas bien sûr d’approuver, surtout quand le jeune homme n’a encore rien démontré et qu’il est toujours plus que sceptique – en fait, Rafa a bien de la chance qu’il se montre conciliant concernant l’affaire Xena. « La balle est dans ton camp. Les compliments, ça se mérite. » Grogne-t-il sans montrer le moindre signe d’aménité. Pourtant, c’est une base comme une autre. Leach croit à la rédemption, mais il sait d’expérience qu’une fois qu’on a mis un pied chez les mages noirs, on ne revient pas. Tout le monde peut changer, mais cela c’est autre chose, d’abord parce que la magie noire ne vous laisse pas revenir en arrière facilement, ensuite parce qu’il faut être un drôle d’être humain pour se laisser entrainer là-dedans ; ça dit quelque chose du drôle d’oiseau qu’est Avery.

A défaut, s’il juge Rafa sans complaisance, il ne lui semble pas absolument perdu pour la société. Capable de progresser. Capable de s’occuper de Robin, éventuellement, une fois qu’il aura fait ses preuves. « Ne te plains pas trop. C’est ce qui fait que je te laisse une chance. Lui n’en aurait aucune. » Cela pourrait passer pour une remontrance, mais pour qui sait lire entre les lignes, force est de constater qu’il y a un progrès, dont Rafa devrait s’estimer heureux, car c’est bien la première fois que Nobby admet aussi explicitement que la porte n’est pas fermée et qu’il y a peut être quelque chose à négocier. Rien n’est acquis, ce n’est pas oui définitif, mais au moins ce n’est pas une fin de non recevoir et c’est déjà quelque chose qui doit être pris. Contrairement à ce que les apparences laissent croire, ou plutôt à ce qu’il s’évertue à laisser penser, Leach n’est pas si fermé qu’il n'y parait. C’est une technique classique, ça aussi. Il a toujours pensé qu’il fallait être ferme au début, histoire de poser les choses et de voir ce que les gens ont dans le ventre – parce que c’est ça, en réalité, le but de cet entretien, voir ce que Rafael O’Riordan a dans le ventre – quitte à s’assouplir ensuite, une fois qu’ils ont fait leurs preuves et que le cadre est intégré.

Au demeurant, il n’est pas prêt à concéder quoi que ce soit facilement ou immédiatement, justement, ni même le droit de faire ses preuves. Encore moins si Rafa persiste à lui servir la même soupe habituelle. « Ouais, vous dites tous ça. On n’aime pas la violence, c’est pas dans notre intérêt, ça attire l’attention des flics, je connais la chanson. C’est vrai neuf fois sur dix. Jusqu’au jour où quelqu’un s’avise de mal vous parler, ou alors vous vous en prenez à plus puissant que vous, et le retour de flamme efface les neuf autres fois… » Leach souffle doucement une bouffée de tabac, adressant un regard presque triste à O’Riordan – celui de quelqu’un qui parle d’expérience. Le chef de la police magique pourrait bien entrer dans un débat sans fin avec son cadet, mais ça ne servirait à rien. Oui, les mafieux aiment l’ordre, comme les sangs purs aiment l’ordre, tant qu’il sert leurs intérêts. On pourrait bien dire que c’est exactement la même chose pour les flics et qu’ils ne servent que leurs propres intérêts, il connait d’avance la réponse. Mais ça n’est pas comme ça avec lui, et pour le reste du monde, si ça peut se révéler vrai, ça ne devrait pas l’être, ou plus l’être. C’est simplement que le système est dévoyé, mais l’État est ou devrait être au service de tous, et la police avec.

Bref, ça ne mènerait nulle part, parce qu’aucun des deux ne céderait. Il faut dire qu’il est impossible, ce O’Riordan, avec sa manie d’avoir réponse à tout et de ne pas se dégonfler, comme lorsqu’il embraye sur la violence ou la dangerosité de leurs professions. Le pire, c’est que Nobby ne peut même pas vraiment lui donner tort, même s’il n’a guère envie de le reconnaitre. Jill a râlé tellement de fois, souvent à juste titre, quand il revenait blessé de mission, et s’il est sincère, il sait bien que son métier n’est moins dangereux que l’activité de mafieux, même aujourd’hui, alors qu’il dirige la brigade de police magique. Au-delà, l’assurance même de Rafa agace le policier encore une fois. Moins, d’ailleurs, pour son insolence en elle-même que parce qu’il a l’air réellement convaincu de ce qu’il dit. Ce serait bien plus facile, à tout prendre, s’il se dégonflait ou s’il s’emportait, si finalement il se révélait être autre chose que sincère ou que le type bien que Robin et Eve ont essayé de lui vendre. Là, Nobby aurait une réaction toute prête, il pourrait dire qu’il l’avait bien dit, que tout se passe comme prévu. Mais ici, évidemment, ça ne marche pas et ça tombe à plat.

Alors forcément, c’est presque pour la forme, comme si c’était une étape, un rite de passage nécessaire, qu’il grogne, pour ne pas rester coi face à tout le discours que Rafa vient de lui servir : « Ne fais donc pas trop de promesses, ça t’évitera de déplaisantes histoires si tu ne les tenais pas, à tout hasard… Et c’est plutôt à elle qu’il faudrait les faire. C’est facile, devant moi, ça ne t’engage à rien… Ca aura de la valeur quand ce sera à elle que tu les feras. » Il ne se doute pas encore de ce qui va se passer. De façon un peu contradictoire, Nobby est presque heureux que Rafa résiste et passe le test. Il y a une part de lui qui répugne à rendre sa nièce malheureuse, même pour son bien. Parce que c’est une chouette gamine, sa nièce, parce qu’elle mérite d’être heureuse. Peut-être est-ce précisément pour ça qu’il se doit de faire la leçon à Rafa. Pour qu’il se rende compte de la chance qu’il a, qu’il passe le test, et encore une fois, après, une fois que le cadre sera posé, peut-être que ça ira. Si bien qu’il finit presque par s’amuser, devançant une explication ou une justification : « Cette fois c’est la bonne, je vous promets, je ne recommencerais pas, j’ai changé, ça aussi, je connais… »

Avant de continuer, il écrase sa cigarette et en allume aussitôt une autre. Le ton se fait pensif, presque doux : « Contrairement, à ce que tu crois, je sais bien qu’il y a une différence entre légalité et dangerosité. Toi et ton patron pouvez bien tout lisser pour paraitre clean, ça ne regarde que mes collègues du côté de Kilburn. Moi, comme oncle, je n’ai à m’occuper de savoir si Robin est heureuse ou malheureuse. Et le flic en chef est plus sympathique que l’oncle en colère que je pourrais être, crois-moi. » Il marque une assez longue pause, comme s’il cherchait à se décider, avant de ficher à son tour son regard dans celui du mafieux avec une détermination proche de celle que ce dernier affichait il y a encore un instant : « J’ai une bonne mémoire, Rafael. On est tous les deux d’accord sur le fait que je saurais me souvenir de cette conversation s’il arrive quoique ce soit à Robin, si jamais je vois que tu ne tiens pas tes promesses, ou qu’elles tardent à venir ? »

(C) CANTARELLA.

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