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 Passer le cap - Hari

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Sa-Ri Shafiq
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Message#Sujet: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeJeu 3 Nov - 22:16

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capRoy Kelly est quelqu’un de simple. Homme de main du clan Callahan, il fait partie de ces gars assez futés pour qu’on lui fasse confiance mais pas assez pour vraiment monter en grade. Il faut dire que si Roy a bon nombre de qualités, on compte généralement plus sur ses capacités physiques que intellectuelles. Ca lui allait très bien jusqu’il y a peu. En réalité, en homme d’habitude, il s’est toujours dit qu’il était très bien à sa place, sans jamais chercher à monter plus haut. Pourtant, depuis que Sa-Ri est dans le paysage, il sent une opportunité et alors que ce genre de choses ne l’avaient intéressé auparavant, il est frustré à l’idée qu’il pourrait louper sa chance.

Etre rangé ? Ça fait rire les gars, mais il se dit “ pourquoi pas”. A plus de trente cinq ans, l’homme se voit bien avoir des enfants. Ses frères en ont déjà et il se dit que ça ferait plaisir à sa mère. Si Roy réfléchissait un peu, il verait rapidement que ce n’est pas tant Sa-Ri qu’il regarde que ce qu’elle peut offrir. On lui en a d’ailleurs déjà fait la remarque mais il a balayé la réflexion d’un geste de la main. C’est une jolie femme, a-t-il argué, plutôt exotique. Assez agréable à vivre. Pas le genre qui viendra l’ennuyer et puis elle s’entend bien avec sa mère, elle est dans le milieu. Des avantages indéniables pour un homme qui se dit qu’il se caserait bien à peu de frais.

Ce qu’en pense Sa-Ri ? C’est très secondaire dans la tête de Kelly. Un peu vieux jeu, il se dit que toutes les femmes veulent se marier et que celle-ci ne doit pas faire exception à la règle puisqu’elle a quitté le voile pour redevenir une civile comme les autres. Irlandais jusqu’au bout des ongles, il n’est pas de ceux qui vont à l’église mais il croit en Dieu. Or, en un sens, il aime bien l’idée qu’elle ait été nonne. Elle est pure, on en est sûre. Le genre de femme qui n’irait pas faire des choses dans son dos. Le genre de femme respectable dont on fait la mère de ses enfants. Un plan tout trouvé qui devrait, selon lui, se mettre en oeuvre sans trop de soucis si ce démon de Shafiq décide de rester à l’écart.

Comme beaucoup d’hommes du clan, ça a fait tiquer la première fois qu’on a vu Hari au Cohan. Oh bien sûr, les hommes de couleurs sont des hommes libres depuis longtemps en Angleterre mais tout de même, il y a les colonies et on sait que si tous font partie du Commonwealth, tous n’ont pas le même statut. Alors quand il a débarqué et qu’on a finalement vu que c’était un ami du patron, on a laissé passer mais ça n’a pas empêché certains de grincer des dents. Roy, lui, peu occupé par la politique interne du Cohan n’en avait cure mais ça, c’était avant Sa-Ri et avant que Shafiq ne semble lui porter une attention particulière.

D’ailleurs, alors que la porte s’ouvre pour laisser passer la jeune femme, c’est vers elle que son regard se tourne et se fixe sans la quitter des yeux alors qu’elle descend l’escalier en saluant d’un signe de tête les quelques personnes qu’elle connaît. Elle lui fait signe de loin avant de se diriger vers le bar pour parler à Liam. Il ne l’a pas vu regarder Hari, ça le rassure, mais lui, ses yeux sont toujours fixés sur l’étranger et il constate, agacé qu’il continue de la regarder tout en buvant son verre.

De son côté, Sa-Ri, contrairement à ce que Roy pense, a vu Hari en arrivant. Elle ne lui a jeté qu’un bref regard avant de se diriger vers le bar où elle a demandé où se trouvait Florence. En réalité, la jeune femme espérait trouver le sorcier au bar. Après avoir discuté avec Rafa et réfléchi, elle a fini par se dire que Shafiq était probablement sa seule solution. Si elle n’est tout de même pas nécessairement rassurée par l’homme en question, le témoignage du second en sa faveur pèse tout de même dans la balance. Le Cohan était un repère a commère et étant peu désireuse de lancer toute sorte de rumeur, Sa-Ri fait comme d’habitude et se dirige là où se trouvent les filles. Florence, qu’elle a appris à connaître saura sûrement l’aider. Elle ne tarde pas à partir, sans un regard pour Hari et faisant un nouveau signe de tête à Roy. Un peu déçu de ne pas avoir pu lui parler, il retourne à sa bière alors que Florence arrive au niveau de la table de l’étranger. Après un bref dialogue, lui aussi se lève, se dirigeant vers la sortie sans soulever la moindre suspicion si ce n’est celle de Roy.

Sa-Ri, elle, est déjà partie depuis un moment. En route pour un salon de thé un peu en dehors du quartier où elle a indiqué à Hari, par l’intermédiaire de Florence, de la rejoindre. C’est d’ailleurs probablement là que le sorcier se dirige quand, dehors, il se fait arrêter par Roy.

- Eh l’ami, pas si vite. J’espère que ce n'est pas Miss Sa-Ri après qui tu pars si précipitamment, c’est pas ce genre de fille. Revient plutôt à l’intérieur, on te trouvera quelqu’un.
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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeDim 6 Nov - 1:01



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
Attablé dans un coin du Cohan, Hari ne prête guère attention à la salle, plongé dans la lecture de la revue historique qu’il annote consciencieusement dans un carnet dans une série d’observations aussi précises qu’illisibles. Il a bien conscience que certains le regardent, cependant, quoiqu’il fasse semblant de ne pas le voir. Le briseur de sort en a pris son parti et compris très vite qu’il valait mieux procéder ainsi. En général, il cesse rapidement d’être un objet de curiosité, passé la première vision de sa personne, la consigne du second étant passée très vite. Ayant eu l’occasion de jouer au poker et de raconter quelques histoires de voyages aux plus hardis d’entre eux, l’entente est devenue réciproque. Mais hormis Liam et Florence, qui l’a salué avec bonne humeur, Shafiq ne connait aucun des habitués du jour. Aussi fait-il non pas profil bas, mais preuve de discrétion. Tant qu’on ne lui demande rien, il ne demande rien, et tout le monde cohabite pour le mieux.

Cela dit, Hari relève de temps en temps la tête lorsque la porte s’ouvre. Quand c’est calme, il lui arrive de disputer de longues parties de cartes avec Callahan et O’Riordan. Aucun des deux n’était là à son arrivée, aujourd’hui, un peu après le déjeuner. Liam n’a rien pu lui dire, même si l’archéologue soupçonne fortement le barman de ne pas avoir voulu parler de ce qu’il savait, en réalité. Hari ne lui en veut pas, c’est une preuve de loyauté, et lui est patient. Comme il n’a rien d’autre à faire qu’attendre, il s’est tout simplement installé. Mieux vaut ça que l’affreux déjeuner passé avec ses parents, âprement négocié avec son père qui a argué que ça ferait plaisir à sa mère. Tu parles. Entre deux reproches sur le fait qu’il ne vienne pas assez souvent et qu’il ne daigne pas faire la conversation à sa mère lorsqu’il vient, c’est une Sélène très en forme qui est revenue à la charge concernant son remariage et qui lui a annoncé qu’elle lui avait trouvé deux autres prétendantes. Ça a été la goutte d’eau pour Hari, déjà contrarié par le fait qu’il stagne sur son dossier en cours à Gringotts – et il se connait, tant qu’il n’aura pas résolu cette affaire Mallory, il n’arrivera pas bien à avancer le reste.

Avec tout ça, il en oublierait presque Sa-Ri. Hari n’est pas du genre à courir après les gens si on ne veut pas de lui. Ce qui le conduit parfois à l’isolement pur et simple, qu’il sait mal rompre et qui le fait souffrir quoiqu’il en dise. C’est bien pour cela qu’il a pris autant de distance avec sa famille lorsqu’il s’est marié, et têtu, il n’a pas su – et ne sait toujours pas vraiment – renouer les liens. Même si ça va mieux, ça ne sera jamais comme avant, l’archéologue le sait. Mais en tout cas, s’il s’agit de laisser aux gens une période de réflexion pour se décider, Hari est suffisamment fin et patient pour voir lorsque c’est nécessaire. Cependant, lorsqu’il lève la tête une nouvelle fois alors que la cloche de la porte d’entrée tinte et qu’il aperçoit la jeune femme, il ne peut s’empêcher de se demander si c’est pour lui qu’elle est là. Mais Sa-Ri ne parait pas décidée à venir lui parler, ni même à rester. Scrutant de loin son curieux manège, sans prendre garde au fait qu’il est lui-même observé, Shafiq la voit repartir rapidement après avoir glissé quelques mots à Florence.

Quelques instants plus tard, celle-ci s’approche mine de rien pour lui expliquer ce que lui a dit Sa-Ri. « Oh. D’accord. Je vais y aller. Merci beaucoup. » Ainsi, elle veut donc le voir. Bon. Hari se fend d’un sourire. Ainsi elle s’est donc bien décidée. Ravi de voir que les choses avancent, et peut-être aussi qu’elle n’est pas traumatisée au point de le fuir éternellement, il paye et attrape son manteau pour partir. C’est là qu’un grand type à la dégaine de brute le rattrape. « Plait-il ? » Hari n’a pas l’habitude qu’on lui dise quoi faire ou dire. Comment peut-on être sans gêne à ce point là ? Ce n’est même pas que le type lui fasse peur, d’ailleurs. C’est simplement qu’il ne comprend pas ce qui lui vaut cette soudaine hostilité, ni une telle grossièreté. Bonne ou mauvaise réaction, la seule manière dont il sait traiter ce genre d’insultes latentes est de les traiter avec hauteur et mépris. « Et vous êtes ? Je ne crois que nous ayons été présentés…oh. Le fils de la logeuse, évidemment. » Hari, jusqu’à là neutre quant à Roy Kelly, ne peut s’empêcher de trouver le personnage extrêmement déplaisant. Il n’est certainement pas petit, mais il est manifeste qu’il prendrait bien le rôle de fiancé et qu’il est aussi rustre que goujat et prompt à se faire des idées. S’il avait abordé les choses plus poliment, Shafiq se serait contenté de dissiper le malentendu, puisque le briseur de sort n’a aucun intérêt pour la vie amoureuse de Sa-Ri. Mais il déteste les intentions que Roy lui prête ; pire il lui semble que c’est Kelly qui fait des sous-entendus quant à la moralité de Sa-Ri. Et si l’archéologue aimerait éviter une nouvelle bagarre – sans compter qu’il risque d’être en retard - il n’est pas question qu’il laisse passer ce genre de comportements : « Je ne crois pas avoir à v… » Il n’a pas le temps de finir que l’autre lui enfonce un doigt rageur dans la poitrine : « Roy Kelly, ouais. Écoute-moi bien mon gars, joue pas au plus malin avec moi. T’es peut-être dans les bonnes grâces du patron et de Rafa, alors t’es le bienvenu au Cohan. Mais Miss Sa-Ri n’est pas du clan. Tu comprends ce que je veux dire ? » Shafiq comprend parfaitement, mais il ne goute guère aux menaces qu’il reçoit et il ne compte certainement pas se laisser faire.

Cependant, l’arrivée de Florence, sortie fumer une cigarette, lui épargne d’avoir à décider s’il va oui ou non coller son point dans la figure de Roy Kelly : « Qu’est-ce que vous faites, vous deux ? Vous ne m’aviez pas dit que vous partiez, Hari ? » Un grand sourire aux lèvres, Roy s’écarte : « Oh, c’est rien, Flo’, tu nous connais, on discutait. J’expliquais à Shafiq comment fonctionne le quartier. Tu sais bien comment c’est, quand on connait pas Kilburn. Vaut mieux pas y trainer tout seul. Salut, Shafiq. » Et de s’en retourner dans le bar en sifflotant, manifestement certain que son message est passé et qu’on ne reverra pas Hari de sitôt au Cohan. Ce dernier le suit du regard, pensif. Il n’est pas impressionné, ayant parfaitement la capacité de se défendre, ce que Kelly n’a pas du tout réalisé, mais il se dit aussi qu’on aurait tort de sous-estimer l’irlandais. Il est plus vicelard qu’il en a l’air, sous ses airs de grands dadais.  L’archéologue a effectivement très bien saisi les menaces à peine voilées que Kelly lui a adressé, mais il ne peut pas vraiment se permettre de contredire l’homme de main, sans quoi ce serait lui qui passerait pour un imbécile, voire un menteur, à présent. Contraint de faire bonne figure,  il a un geste vague à l’intention de Florence, signe de laisser couler, et la salue pour se diriger vers le lieu de rendez-vous fixé par Sa-Ri.

La jeune femme est déjà installée lorsqu’il arrive. « Bonjour. » S’installant en face d’elle, Hari en profite pour commander un café. « Je suis navré, j’ai eu un léger contre-temps au Cohan. J’ai croisé Roy Kelly…il est du genre possessif, non ? »  Il se voit mal ne rien en dire, malgré tout. Au moins pour qu’elle comprenne que Roy est sérieux dans ses intentions et qu’elle puisse lui répondre, parce qu’elle n’avait l’air de le réaliser. « Bref. Florence m’a transmis votre message. Vous vouliez me voir ? »
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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeLun 7 Nov - 0:26

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capVoilà, c’est fait. Cette fois-ci, on ne peut plus revenir en arrière. En arrivant au Cohan tout à l’heure, Sa-Ri a senti, l’espace d’un instant, sa résolution faiblir. Il faut dire qu’elle n’est toujours persuadée qu’apporter sa confiance à Hari Shafiq soit la meilleure idée qu’elle ait eu mais, pour le moment, elle n’en a pas d’autres. O’Riordan comme Callahan se sont portés garant de l’homme, Florence comme Liam ont l’air de l'apprécier et il semble que, dans le quartier, ça soit les meilleures références qu’elle puisse avoir. De toute façon, il faut se lancer. Cette lettre ne peut tout simplement pas rester dans son tiroir. Pendant un moment, il a été question de l’oublier. La mettre entre deux livres et faire comme si elle ne l’avait jamais reçue. La tentation est grande, tout comme celle de confier le courrier au sorcier et de s’en laver les mains mais Sa-Ri n’a pas réussi à s’y résoudre. Toute son éducation l’en empêche et ce n’est pas à son âge qu’elle peut se départir des valeurs qui ont fait sa vie. Finalement, il n’y a donc que Hari pour vraiment lui prêter main forte. Rafael, Finn et apparemment celle que l’on appelle la patronne mais que Sa-Ri n’a encore jamais croisé, font d’une certaine façon partie de ce monde sans y être assez associé que pour vraiment lui être utile.

Quoiqu’elle fasse généralement preuve de peu de fierté, il lui a tout de même fallu un moment pour se décider à aller trouver l’homme. Lorsqu’elle est arrivée dans le bar, il ne lui a fallu qu’un coup d'œil pour le voir attablé de toute évidence occupé avec des choses qu’elle ne reconnaissait pas. Préférant éviter les ragots, c'est vers Florence qu’elle a décidé de se tourner. Elle sait que la rousse n’est pas moins friande de ragots que le reste du Cohan mais elle sait au moins faire preuve de discrétion. Nul doute qu’elle se fera son opinion sur la situation et n’hésitera pas à les presser de question mais mieux vaut ça que d’avoir l’ensemble du Cohan qui spécule sur leur dos.

La pauvre Sa-Ri est bien loin de se douter que Roy, a qui elle n’a prêté que le minimum d’attention, lui suit ses moindres faits et gestes. Son manège n’est pas passé inaperçu et si le fils de sa logeuse ne sait pas qu’elle est à l’initiative de la rencontre qui doit avoir lieu, il comprend rapidement que Hari ne part simplement pas parce qu’il en avait assez des lieux. En réalité, elle est même en train de se demander ce qui lui prend autant de temps. Assise près de la fenêtre du salon de thé, elle regarde la rue en se demandant pourquoi elle ne voit pas le sorcier arriver. Aurait-il changé d’avis et décidé que c’était trop d’ennuis ? On ne sait jamais lui, il semble aussi changeant et insaisissable que l’eau si bien que la jeune femme a en réalité un peu de mal à le cerner. Tant pis, songe-t-elle en examinant sa montre. Elle a fait ce qu’elle a pu et s’il ne vient pas, on ne pourra pas dire qu’elle n’a pas utilisé tous les moyens à sa disposition pour essayer d'éclaircir cette histoire.

Elle en est au stade où elle évalue le temps qu’elle peut encore l’attendre lorsque la clochette de la porte se fait entendre et Shafiq apparaît enfin. Il semble un peu déplacé dans le salon de thé, tout comme elle. C’est un bel endroit, assez petit et confortable, réservé aux habitués. La population est plutôt âgée que jeune et la décoration, assez chargée, est au goût de la population qui le fréquente. Néanmoins, c’est avec un sourire et beaucoup d’amabilité qu’on vient prendre leur commande.

- Je pensais que vous aviez renoncé à venir en réalité, j’hésitais à partir, répond-elle avec honnêteté quand son interlocuteur s’excuse de son retard.

La suite l’étonne et la surprise se lit sans difficulté sur son visage lorsqu’elle répète avec incrédulité :

- Roy ?

Difficile de ne pas comprendre où Shafiq veut en venir et là voici donc embarrassée et ne sachant pas très bien quoi dire. Voilà une chose à laquelle elle ne s’attendait pas.

- Ça doit être un malentendu. Probablement parce que je vis chez sa mère. Rien d’autre.


Néanmoins, les sous-entendus de O’Riordan et la remarque de Hari lui font penser qu’elle se fourvoie probablement.

- J’espère qu’il ne vous aura pas trop importuné à cause de moi. Je suis vraiment navrée.

Elle l’est réellement et en réalité, Roy, sans le savoir, permet de briser la glace entre eux. Puisque la discussion est finalement tout ce qu’il y a de plus banal, Sa-Ri se détend et son ton est un peu moins formel quand elle demande :

- Que voulait-il exactement ?

Hélas, Kelly ne peut pas être leur unique sujet de conversation et elle a bien demandé à Hari de venir pour autre chose. Elle s’apprête à lui répondre quand leurs boissons arrivent. La jeune femme laisse la serveuse déposer les tasses et elle s’autorise un sucre, une gourmandise par rapport à ce qu’elle faisait au couvent, avant de reprendre :

- Oui, j’imagine que vous vous doutez du pourquoi. Ce n’est pas vraiment une surprise.

Sans compter qu’elle n’aurait, sans cette raison précise, aucun besoin de l’inviter à prendre un verre.

- J’ai réfléchi à votre proposition et je crois que c’est ma seule possibilité, je vais donc accepter votre aide même si je ne sais pas réellement ce que ça implique.

Et Dieu sait que si elle savait, peut-être reverrait-elle ses positions.
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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeVen 11 Nov - 1:13



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
Encore un peu contrarié de l’incident avec Roy, Hari ne prend pas la peine de prendre ombrage de ce que lui dit Sa-Ri. D’ordinaire, il s’offusquerait peut-être ce que l’on puisse douter de son éducation, alors qu’on lui a appris à faire preuve de la plus extrême correction, dont le premier élément est bien entendu d’entretenir une exactitude parfaite quant à l’heure de ses rendez-vous. En réalité, s’il se fend d’une grimace contrariée, celle-ci est encore liée à Kelly et au fait que celui-ci le fasse, en plus du reste, passer pour un retardataire discourtois au possible. « Je comprends. J’aurais essayé de vous prévenir, tout de même. Ça n’aurait pas été très poli de ma part, sinon. » Abonde-t-il donc.

Il n’a donc pas le choix que d’expliquer les raisons de son retard et de parler de Roy Kelly. « Je crois qu’il se verrait bien être pour vous un peu plus que le fils de votre logeuse, justement, si vous voyez ce que je veux dire. » Du moins l’espère-t-il, car Sa-Ri ne paraissait pas du tout l’avoir envisagé de cette manière, jusqu’à là. Peut-être Roy Kelly n’est-il tout simplement pas son genre d’homme, à supposer qu’elle en ait un. S’il n’en était pas la victime collatérale, Hari s’amuserait follement de ce malentendu et des efforts de Roy. Les déboires amoureuses des autres sont une distraction efficace, comme beaucoup de choses un peu futiles qui lui évitent de penser aux siennes, qui sont graves. Il a sans doute hérité d’un léger côté cancanneur, pris de sa mère, tendance représentative de l’état d’esprit sang pur et des gens riches qui n’ont rien à faire d’autres en général. Mais à la différence de ceux-là, le briseur de sorts n’est pas du genre à être insensible au malheur des autres et lorsque les gens en souffrent, il considère que l’amusement et les ragots doivent cesser. Rire avec les gens, oui, caricaturer peut-être, mais pas à leurs dépens. Or ici, Sa-Ri lui parait bien malgré elle victime de tout cela, et qui plus est gênée de sa mésaventure, comme si elle en était la source. Hari se fend donc d’un sourire rassurant : « Vous n’y êtes rien et j’en ai vu d’autres, ne vous en faites pas. Il en faut plus pour m’impressionner. »

Quant à ce qu’il voulait réellement… Shafiq n’est pas très impressionné, alors il se contente de hausser les épaules et de remarquer avec tranquillité : « Oh, je pense qu’il me perçoit comme un rival, ne pouvant imaginer pourquoi vous souhaitiez me voir. » En le disant, l’archéologue se rend compte que c’est – une nouvelle fois – un peu gênant et vexant. Il n’est pas intéressé par Sa-Ri, dans le sens où il n’y a aucune ambiguïté entre eux et il ne la drague pas, mais ce genre de remarque, si on s’y attarde trop, peu devenir vexante et/ou être mal interprétée. Il a déjà donné lorsqu’elle a cru qu’il proposait de l’aider une première fois, alors Hari décide de ne pas s’attarder, trouvant le sujet précaire, et revient à Kelly lui-même en espérant que la jeune femme ne lui posera pas de questions en retour. « Il a donc essayé de me faire comprendre qu’il ne fallait pas que je m’intéresse à vous et que je vous laisse tranquille. C’était un peu menaçant, même si je ne pense pas qu’il essayera de faire plus. Il y a beaucoup de gueule, si j’ose dire, et pas grand-chose qui suit derrière. » Du moins rien qui ne soit réellement menaçant du point de vue de l’archéologue. Cette assurance n’est pas feinte. Il est en réalité largement en mesure de se défendre contre un type comme Roy Kelly. C’est même plutôt pour ce dernier qu’il faudrait s’inquiéter. Hari est plutôt bon duelliste, mais ici, ce serait clairement inégal, et l’homme de main fait preuve sans le savoir, et pour cause, d’une certaine inconscience en le provoquant. De toute façon, l’archéologue doute que ça soit apprécié au Cohan. Dans l’un ou l’autre cas, Roy gagnerait à ce qu’on lui parle. Sa-Ri serait la mieux placée pour cela et ce serait aussi l’occasion de lui dire si elle est intéressée. Il semble d’ailleurs à Hari que non. Mais il s’abstient de ce conseil. Elle parait déjà tomber des nues et il la voit mal initier une telle conversation, car elle semble avoir peu d’expérience de ce genre d’aventure. Peut-être vaut-il mieux attendre de voir si Roy se déclare de lui-même.

Une fois leurs consommations arrivées, le sujet change de toute façon pour en venir au cœur de la conversation. Est-ce une surprise de voir Sa-Ri accepter son aide ? Oui et non. Taquin, Hari rétorquerait bien volontiers à Sa-Ri qu’il a fini par se dire que lui aussi se disait qu’elle ne reviendrait jamais vers lui. Mais puisque le dialogue semble se nouer plus facilement aujourd’hui, il s’abstient de cette tentative d’humour, assez fin pour savoir s’arrêter à temps et ne pas trop pousser sa chance. Heureux de ne pas avoir à s’expliquer de nouveau de ses motivations – il en serait bien incapable, gêné qu’il est par le fait d’aider quelqu’un – Shafiq passe avec enthousiasme aux aspects concrets de ce qu’il appelle déjà l’enquête. « Eh bien…à vrai dire, tout dépend. Je ne suis pas sûr, mais j’y ai réfléchi, et voilà ce que je peux vous proposer. » A vrai dire, l’archéologue a vraiment beaucoup réfléchi. Pour lui, tout ceci ressemble aux enquêtes qu’il mène pour Gringotts. C’est simplement bien plus mystérieux, parce qu’il n’a pas toutes les pièces du puzzle, mais cela, il n’y a que Sa-Ri qui pourra les lui donner. Or elle parait encore appréhender les conséquences de sa propre décision, comme si elle avait franchi le Rubicon sans savoir ce qu’elle trouverait derrière. Hari entreprend donc d’expliquer de la manière la plus franche et la plus claire possible ce qu’il peut faire, sans sous-estimer ni sur-estimer leurs pistes. « Nous avons 3 angles d’attaques : le mourant que vous avez aidé, la lettre, et son destinataire. Pour votre mourant, nous pouvons chercher du côté des personnes disparues du côté sorcier. Nous pourrions interroger le Ministère - notre gouvernement - à ce sujet, mais j’ai crainte qu’ils ne posent des questions embarrassantes…et ils sont censés effacer la mémoire de ceux qui découvrent des informations disons…compromettantes sur nous. » De quoi effrayer Sa-Ri, il le sait. Evidemment, il pourrait s’adresser à Riyadh pour contourner le système. Mais Hari a la sensation curieuse que toute l’entreprise qu’il mène ne serait pas comprise par sa famille. Le jugement de son frère cadet, tout comme le risque de voir l’information se répandre, l’agacent par avance. Mieux vaut donc faire autrement.

« Je pense donc qu’il vaut mieux chercher du côté des journaux. Ils ont des archives qui devraient être facilement accessibles et ils publient des avis de recherche avec des photos. En regardant les éditions publiées autour de la période où il est arrivé dans votre…monastère ? c’est bien ça ? nous pourrons peut-être mettre un nom sur son visage. Quand est-il venu, déjà ? » Il avale une gorgée de café avant de continuer, alternant questions et propositions avec aisance, comme à chaque fois qu'un enjeu lui plait et lui semble stimulant. Chercher suppose de monter un plan et de s'organiser ; c'est ce qui plait à Hari dans son métier à Gringotts et dans l'archéologie de terrain. Ici, c'est exactement pareil. « Je peux aussi de voir si je peux faire réapparaitre le texte de la lettre. Ça nous permettrait d’en savoir plus ce que nous cherchons, même si je ne garantis rien quant à mes chances de succès, puisqu’elle a été créée pour ne pas être lu. Par contre je devrais pouvoir faire au moins réapparaitre le nom du destinataire. Il ne vous l’avait pas donné ? Que vous avait-il donné comme indication pour la remise de la lettre, d’ailleurs, vous vous souvenez ? Rien de plus précis que le Chemin de Traverse ? En fonction du lieu, cela pourrait nous aider à identifier le destinataire…Si j’ai un nom, je pourrais identifier un compte en banque. Il n’y a qu’une seule banque chez nous – Gringotts - qui se trouve être mon employeur, et j’ai accès aux  informations liées aux comptes des clients. Donc nous pourrons trouver une adresse. »

Cela lui parait assez concret et donc, moins terrifiant. Mais il sait bien qu’en la matière, il a bien plus d’informations et de recul que Sa-Ri pour comparer monde sorcier et monde moldu, ce qui lui donne certes un avantage, mais ce qui le conduit aussi tenir pour acquis ce qui ne l’est pas forcément pour l’ancienne religieuse. Réalisant qu’il a aussi beaucoup parlé, Hari avale une autre gorgée de café et demande du ton du professeur qui cherchent à évaluer la compréhension qu’ont ses élèves d’un sujet particulièrement compliqué : « Je ne sais pas par quoi vous préférez commencer ? Si vous avez des questions ou si ça va trop vite, n’hésitez pas à m’interrompre pour que je vous explique. » Si possible sans attirer l’attention de la clientèle et des serveuses, cela va sans dire, ce pour quoi il a employé le vocabulaire le plus neutre possible. Néanmoins, il lui reste un point à aborder, qui risque de ne pas plaire à la jeune femme : « Je pense que dans tous les cas, il faudra à un moment donné que vous vous rendiez de l’autre côté. Je vous accompagnerai, si vous voulez. »
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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeLun 14 Nov - 19:24

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capS’il avait décidé de ne pas venir, il aurait tenté de la prévenir. C’est ce qu’il lui affirme en tout cas. Si Sa-Ri ne commente pas, ça ne l’empêche pas d’être septique. Après tout, comment aurait-il pu la prévenir ? Il ne connaît pas son adresse, sa logeuse n’a pas de téléphone. Tant de points qui semblent rendre ses propos impossibles. Il ne lui vient pas à l’idée que, en tant que sorcier, il est fort probable que l’homme ait des moyens de communiquer qu’elle ne connaît pas. Habitué à considérer qu’ils sont à la pointe de la technologie, émerveillée par les prouesses de leurs scientifiques, elle oublie qu’il y a désormais un autre monde qu’ils côtoient sans le savoir et qui a évolué différemment.

Elle n’a pas le temps de s’attarder sur ce détail puisque Shafiq lui explique rapidement ce qui a provoqué son retard. L’étonnement ne manque pas de se peindre sur le visage de la jeune femme, qui, justement, ne voit pas ce qu’il veut dire.

- Roy ?, demande-t-elle incrédule.

Il lui faut un temps pour digérer l’information. Certes, le fils de sa logeuse a toujours été très sympathique mais la jeune femme n’y voyait qu’une extension des instructions de Callahan qui veut probablement garder son infirmière de fortune contente et disponible pour le clan. N’ayant jamais considéré le sexe opposé comme une option viable pour elle, voilà longtemps qu’elle s’en est désintéressée au point de ne plus le sexualisé. Bien entendu, comme toutes les jeunes femmes et les adolescentes, elle a eu ses émois mais ceux-ci ont tendance à vite s’éteindre dans la sérénité et la froideur du couvent. Du reste, les hommes ne l’ont jamais - semble-t-il - regardé de la sorte, l'habit et mettant une barrière entre eux qui n’existe désormais plus.

- Mon dieu, je suis navrée. Je n’avais pas imaginé une seule seconde … mais comment est-ce qu’il a pu …

Elle s’interrompt, mal à l’aise, tandis que Hari lui assure que ce n’est rien. C’est pourtant beaucoup pour Sa-Ri qui n’avait pas un seul instant songé à cet aspect de la chose. Il faut dire qu’elle a beau avoir quitté le voile, ses habitudes de vie, elles, sont toujours conditionnées par le couvent. Elle y a passé sa vie, presque trente ans, si bien que ce n’est pas étonnant, pourtant, jamais elle n’avait réalisé qu’en abandonnant ses soeurs, elle redevenait également une femme avec tout ce que ça incluait.

Du reste, l’idée que le sorcier s’intéresse à elle est ridicule. L’inverse également. Ils se sont vus deux fois, trois si on compte aujourd’hui et aucune de ces rencontres ne s’est faite sous le signe de la détente et de la cordialité. Evidemment, Roy ne sait rien de tout ça mais Sa-Ri, un peu indignée pour l'occasion, dirait bien que ce n’est pas ses affaires si elle n’était pas occupée à être aussi mortifiée.

Préférant laisser ce sujet de côté, ils reviennent sur ce qui les réunit aujourd’hui : la lettre. Hari a déclaré vouloir l’aider mais le comment reste encore un peu flou pour la jeune femme. Demandant des éclaircissements, elle l’écoute avec attention tout en buvant sa boisson. Autour d’eux, personne ne prête attention à eux, ni à leur conversation, ce qui va très bien à la jeune femme. Elle ne voudrait pas, à peine débarquée dans le quartier, que l’on a catégorise comme la folle de Kilburn parce qu’elle parle de sorcellerie avec le plus grand sérieux.

- Rien qui puisse attirer l’attention de votre gouvernement. Ça ne me semble pas prudent. En particulier si je ne suis pas censé savoir que vous existez.

Le reste des options la rendent un peu perplexe et elle ne manque pas de le signaler.

- Je peux retrouver le jour où il est arrivé. C’était un peu après la fin de la guerre. La prieure note dans un livre tous les décès qui arrivent dans les murs du couvent. On aura noté son identité pour peu qu’il m’ait donné la bonne, explique-t-elle songeuse.

Car en effet, s’il lui a bien donné un nom et un prénom, rien ne dit qu’il n’a pas menti pour se protéger. Néanmoins, voilà les seules informations qu’elle a à son propos, ça et l’emplacement de l’entrée dans son monde à lui. Autant dire qu’avec cette lettre effacée, les indices sont très minces et elle se demande si même Shafiq saura réellement faire quelque chose pour elle. S’abimant dans les détails de la nappe de dentelle qui recouvrent la table, ses doigts tracent distraitement les motifs tout en se demandant quelle option est la plus susceptible de l’aider à clôturer cette affaire.

- Faire réapparaître le texte de la lettre, vous pourriez faire ça ?, demande-t-elle, septique. Et non, il ne m’a rien dit d’autre. Peut-être pensait-il avoir plus de temps avant de mourir ou dans son délire il a cru me l’avoir dit. Je n’en sais rien je dois dire.

Il faut dire que c’est une proposition peu comme mais après tout elle est dans une situation peu commune. L’idée même que la lettre ait émis du son et que le texte ait disparu est en réalité tellement extraordinaire qu’elle ne le réalise toujours pas réellement. Ca ne veut pas dire qu’elle est distraite pour autant et là voilà qui fronce les sourcils suite aux proposition de son interlocuteur :

- Je m’en voudrais de paraître grossière mais le secret bancaire n’existe pas dans votre monde ? N’est-ce pas illégal ce que vous proposez de faire ?

Du reste, elle ne sait pas par quoi elle veut commencer. Ça lui tire un soupir. De sa vie, elle s’est rarement sentie aussi démunie, telle une enfant qui cherche désespérément la bonne direction sans aucun panneau pour la lui indiquer. L’idée qu’elle puisse aller de son côté lui tire un rire presque sarcastique :

- Ce n’est pas comme si je pouvais aller sans vous, s’amuse-t-elle. Il lui faut un moment pour comprendre qu’il ne se fout pas d’elle. Parce que vous êtes sérieux ?, elle pâlit. Comment voulez-vous que j’aille avec vous là-bas ? On verrait tout de suite que je ne suis pas comme vous, répond-elle par réflexe.

En réalité, serait-ce vraiment le cas ? La couleur de peau, d’après Hari, n’est pas un facteur discriminant chez eux et elle-même n’aurait pas compris ce qu’il était s’il ne lui avait pas dit. Néanmoins, n’est-il pas plus facile de se faire passer pour quelqu’un qui n’a pas de pouvoir que pour quelqu’un qui en a. Une réflexion qu’elle lui partage.

- Les gens s’interrogeraient, je n’ai pas de pouvoir après tout.

Et puis il n’y a pas que ça, comment s’habillent-ils, comment vivent-ils, tout doit être différent, songe-t-elle. Une perspective effrayante mais également attirante et tout au fond d’elle, maintenant, c’est la curiosité de la jeune femme qui est titilée.
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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeJeu 17 Nov - 0:45



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
D’un signe de la main, Hari fait signe qu’il passe l’éponge lorsque Sa-Ri réitère ses excuses, plus désolé pour elle que pour lui. Le sujet Roy Kelly ne lui importe que peu, tant il n’est qu’un contretemps. Une fois évacué ce sujet déplaisant, viennent les questions concrètes. C’est oui, donc. Shafiq n’aurait pas forcément misé là-dessus, mais maintenant la jeune femme semble s’être décidée, il y a donc du progrès. Il pourrait lui demander à son tour pourquoi elle a changé d’avis, mais ça ne serait pas fair-play et on parlerait bien trop vite de ses propres motivations. Au lieu de ça, l’archéologue est ravi que la conversation s’oriente vers des questions concrètes. Ça devient comme toutes ses recherches ou les enquêtes pour Gringotts, quelque chose qu’il maitrise. C’est dans ces moments, depuis la mort de Marianne, qu’il est le plus heureux, parce que Hari Shafiq a toujours été comme ça : organiser, bâtir des plans, réfléchir, établir des connexions, chercher et surtout trouver, c’est ce qui lui convient le mieux. La conversation se fait alors naturellement alors qu’ils cherchent tous les deux à en apprendre plus. « La prieure ? » L’expression le laisse perplexe. La religion catholique est aussi mystérieuse, pour le briseur de sort, que la sorcellerie l’est pour Sa-Ri. En tout cas, ça lui permet de récolter quelques informations. Ils auront peut-être un nom, en tout cas des dates. « Ça nous fait du…44 ? 45 ? » Son visage s’assombrit un instant. Ces années le ramènent à la mort de Marianne, et comme toujours, ce souvenir le contrarie. Evidemment, Sa-Ri n’en sait rien, et ça ne dure pas : rapidement, Hari reprend comme si de rien n’était. « Je suppose qu’on devrait pouvoir réduire le champ des recherches dans les archives à ces années-là. Disons 43 pour être sûr. » Ce serait plus facile avec un nom précis, mais il se rend bien compte que leur mystérieux inconnu n’a rien fait pour aider la jeune femme, si tant est qu’on puisse vraiment l’en tenir responsable alors qu’il était à l’agonie. Idéalement, il faudrait donc récupérer le contenu de la lettre, ce qui ne parait pas infaisable à Hari. « Je peux essayer. Ça dépend de la manière dont le texte a été protégé. Il faudrait que je voie la lettre pour être vraiment affirmatif. » Après tout, il a des capacités. Autant s’en servir. « Mais en principe oui. Mon employeur me paye pour récupérer certains biens archéologiques de grande valeur et qui sont protégés par des techniques de ce genre. »

À défaut, s’ils trouvent un destinataire, cela devrait suffire. En fait, Gringotts étant une banque bien faite, n’importe quel nom devrait être utile. C’est probablement leur moyen le plus solide de résoudre le mystère. D’où la proposition de Hari, pas peu fier de son idée. Il est donc un peu surpris du manque de d’enthousiasme de l’ancienne religieuse. « Oui ? » Il y a dans ce simple mot, qui témoigne d’une incompréhension aussi sincère que polie envers les scrupules de Sa-Ri, une forme de nonchalance indéniable. En réalité, Hari ne voit tout simplement pas le problème et assume parfaitement sa proposition. D’abord, c’est la plus rationnelle et la seule qu’ils aient vraiment. Ensuite, ce n’est pas très grave, du point de Shafiq. La loi l’autorise à consulter les comptes des clients, il interprète seulement un peu largement l’étendue de son habilitation. Ce n’est pas comme s’ils avaient pour projet de nuire à quelqu’un ; là, ce serait différent. D’aucun diraient que la loi est la même pour tous et qu’on ne doit pas pouvoir s’en affranchir, même pour de bonnes raisons. Mais à vrai dire, tout bien intentionné qu’il soit, Hari considère que ça n’est pas le cas. Dans son monde, on écrit un hibou au juge, on fait appel à l’avocat le plus cher de la place d’un simple patronus, et si vraiment ça va mal, on paye une amende, et les choses s’arrangent. En bref, on règle ça par des moyens civilisés, on ne fait pas appel à ce moyen archaïque de règlement des conflits qu’est le droit appliqué par la police. Les règles sont pour ceux qui ne peuvent s’offrir le luxe de les contourner et de faire autrement que d’en passer par elles. Si Hari n’est certainement pas le pire des sangs purs, cette arrogance a de quoi agacer et Marianne, par exemple, ne s’est jamais privée de lui signaler qu’il était parfaitement insupportable. La similarité de la réaction de Sa-Ri, qui le regarde avec incrédulité, lui tire un sourire. « Pardon. Je ne moque pas. C’est juste…ma femme aurait probablement dit ça aussi. » L’archéologue le dit avec naturel, sans penser aux informations qu’il donne, moins contrarié que tout à l’heure par la résurgence forcée du souvenir de sa femme. Avec malice, il ajoute : « Vous attendiez une explication plus précise. Oui, le secret bancaire existe. Et oui, c’est sans doute illégal dans la mesure où mon habilitation ne s’étend normalement qu’aux besoins de mes missions. Cela dit, je n’ai pas de meilleure option, à moins de contacter le Ministère. Si vous avez une meilleure idée, je vous écoute. » C’est un peu traitre, mais le briseur de sort trouve que c’est bien trop de scrupules pour quelqu’un qui dépend entièrement de ses propositions à lui. « Je ne pense pas que ça gênerait celui qui a écrit la lettre ni son destinataire. Ça leur rend service. Ce n’est pas comme si c’était de l’espionnage, du chantage, ou que nous pensions commettre un vol. » Hasarde-t-il ensuite, sans vraiment se soucier de cette justification. Hari ajouterait bien que de toute façon, cette histoire est louche depuis l’origine. Un homme qui meurt sans blessures apparentes, ce n’est pas normal, même chez les sorciers. Lui soupçonne quelque chose de bien plus louche et plus illégal que la consultation d’informations normalement destinées à rester confidentielles.

Si Shafiq s’abstient, c’est parce qu’il a conscience que Sa-Ri a déjà peur, quoiqu’elle n’en dise rien. Il sera toujours temps de lui expliquer après que comme chez les moldus, il y a chez les sorciers des héros et des salauds. Pour le moment, c’est la nouveauté qui la terrorise, il le voit bien, alors il estime qu’elle n’est clairement pas prête pour les criminels. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner ses hésitations face à ce monde où elle ne maitrise rien, alors qu’elle peine à le regarder et qu’elle ne répond clairement à aucune de ses propositions. Peut-être aurait-il dû en lancer une seule en décidant pour elle, puisqu’il a plus de recul. Mais Hari a tout de même du mal à priver ainsi l’ancienne religieuse de son libre-arbitre, sans compter qu’il n’est pas très aimable d’insister sur cet état d’infériorité. Sa-Ri en a parfaitement conscience, en témoigne sa réaction à la simple idée d’aller dans le monde sorcier, même si elle ne parait pas vraiment s’en rendre compte. « Je me disais que c’était assez grossier de le rappeler en permanence. Et c’était surtout pour signaler que je ne vous obligeais pas à le faire non plus. » Hari ne serait pas du genre à la blâmer si elle renonçait ou qu’elle refusait, mais c’est tout de même un peu ingrat de ne lui accorder aucun crédit pour cela. Voire de penser qu’il le disait pour retourner le couteau dans la plaie…

Cependant, la proposition est sérieuse, ce que Sa-Ri semble, là aussi, comprendre à retardement. Cette fois, Hari ne sait pas bien quoi répondre, tant cela lui semblait évident : « Eh bien…oui ? Je suppose ? Je ne pense pas pouvoir transporter trois ou quatre années d’archives de ce côté-ci pour les éplucher sans que ça ne se remarque… » Il se voit surtout mal laisser chez Sa-Ri elle-même des journaux agrémentés de photographies animées – expliquer le concept même de ce sortilège risque de ne pas être une partie de plaisir. Mais ça reste faisable, en tout cas, si bien qu’il finit par hausser les épaules avec bonhommie face à ses récriminations : « Ça n’est pas le plus compliqué. Certains d’entre nous ont de la famille chez vous et passent d’un côté à l’autre sans problème. La difficulté est plutôt de trouver l’accès, mais si vous êtes avec moi, il ne devrait pas y avoir de soucis... »

La phrase suivante lui coupe la chique – d’indignation, à l’évidence. Alors qu’il allait boire une nouvelle gorgée de café, le briseur de sort repose finalement sa tasse, un peu agacé, et il doit faire un effort pour maitriser son agacement : « Pas comme...hm. Laissez tomber, je vais faire comme si je n’avais rien entendu, ça vaut mieux. » C’est qu’elle peut être vexante, mine de rien, sans le vouloir...du moins, Hari espère que ce n’est pas volontaire. Certes, ils sont différents, c’est la vérité, mais il aime à croire que s’il avait été moins bête, il serait parvenu à se fondre – à peu près – dans la masse et que Sa-Ri n’en saurait rien. Ce n’est pas agréable d’être une bête curieuse pour les autres, ni d’être résumé à ses pouvoirs – ou à son absence de pouvoir, il veut bien l’admettre. « Les gens ne regardent jamais vraiment. C’est très facile de faire illusion en suivant la mode d’un lieu et en ne disant rien. » En fait, le problème est peut-être que la jeune femme surestime les sorciers. Hari se fend d’un sourire : « Vous savez que…enfin, personne ne va vous demander de faire des tours et de démontrer vos capacités en pleine rue. Ce n’est pas la première chose qu’on remarque ou qu’on demande aux gens. Si vous êtes de l’autre côté, tout le monde partira du principe que vous êtes l’une d’entre nous. Il suffit juste d’avoir un peu confiance en vous. »

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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeVen 18 Nov - 22:40

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capBientôt Roy n’est, tristement pour lui, plus qu’un lointain souvenir. Sa-Ri est certes perturbée par l’information que vient de lui fournir Hari mais elle ne fait que s’ajouter à une longue liste de choses qui perturbent sa vie pour le moment. Il faut dire qu’au vu des chamboulements qui ont eu lieu ces dernières années, Roy Kelly est probablement l'événement le plus anodin de tous. Elle a d’autres chats à fouetter, des problèmes autrement plus urgents et d’une toute autre nature. Nul doute qu’elle aura, cette année, d’autres challenges que celui d’éconduire un prétendant non désiré. Un des plus durs d’entre eux risque d’être Hari. Shafiq est bavard, comme Rafa lui a dit, c’est un homme aisé qui vient des hautes sphères de la société sorcière et nul doute qu’il a l’habitude de parler et d’occuper le devant de la scène. Ça ne veut pas dire qu’ils vont se comprendre pour autant. Sa-Ri a vécu dans un monde à part et déjà pour ceux que lui appellerait les moldus, elle fait figure d’exception. Autant dire que cette différence est renforcée face au sorcier. Chacun d’eux possède sa grammaire, sa façon de voir le monde et avant de pouvoir réellement faire quelque chose ensemble, il faut commencer par se comprendre. Une tâche plus complexe qu’elle n’en a l’air.

- La prieure c’était la dirigeante de notre couvent. Notre directrice si vous préférez. Voyez ça comme une école avec des élèves adultes qui suivent un enseignement et ses règles. Elle faisait office de chef.

Sans remarquer le visage de son interlocuteur qui s’assombrit, Sa-Ri s’étonne qu’il ne sache pas exactement quand la guerre s’est finie. Le conflit a ravagé l’Angleterre, tué des millions de personnes à travers le continent européen, brisé des fortunes, des familles. Ça les a profondément meurtris et marqués. Tout le monde a été touché d’une manière où d’une autre. Tout le monde sauf les sorciers peut-être. Une pensée extraordinaire qu’elle n’ose pas formuler par peur de tout ce que ça pourrait impliquer. Sans montrer ce qui l’agite, elle le corrige donc calmement :

- Hmm, on était plutôt en quarante-six. La guerre s’est terminée le deux septembre mille neuf cents quarante-cinq.

C’était il y a à peine trois ans qu’ils ont, pour la dernière fois, entendu les sirènes annonçant les raids aériens allemand. Elle se souvient encore des gens se précipitant dans les métros, des cris, des pleurs et de l’angoisse sourde de voir tout détruit une fois l’attaque terminée. Elle chasse ses sombres souvenirs et bois une gorgée, soulagée de parler d’autre chose.

- Des biens archéologiques, répète-t-elle avec curiosité. Vous êtes archéologue vous-même ?

Voilà une profession qui ne semble pas trop étrange et qu’elle peut appréhender sans mal, on ne peut pas en dire autant du reste de la discussion et c’est sans mentionner le reste de la discussion. Si Sa-Ri a à cœur de rester dans la légalité ; une ironique quand on sait qu’elle travaille pour le Cohan, il ne semble pas en être de même pour Shafiq qui en rirait presque. De son côté, elle a bien du mal à voir ce qu’il pourrait y avoir de drôle, elle se concentre donc sur l’information la plus improbable de la journée :

- Oh vous êtes marié. Je ne savais pas.

Son regard se porte inévitablement sur les mains de son interlocuteur. Elle n'aperçoit pas de bague. Peut-être les sorciers n’en utilisent-ils pas. Une question qui semble indiscrète et peu pertinente pour l’affaire qui les occupe aussi revient-elle sur le secret bancaire et le peu de cas que son interlocuteur semble en faire. Du point de vue de la jeune femme, sa défense semble bancale mais l’argument est imparable. Elle ne veut pas avoir affaire à leur gouvernement. Pas si elle peut l’éviter. La perspective de voir sa mémoire effacée est loin de l'enthousiasmer si bien qu’elle répond de mauvaise grâce :

- Non, je n’en ai pas de meilleure. Je ne sais pas comment fonctionne votre monde après tout. Par contre, nul besoin d’essayer de faire passer des vessies pour des lanternes, ça reste tout de même moralement très limite. Tenons-nous-en à ça.

Les ronds de jambe et dissimulation lui font lever les yeux au ciel si bien qu’elle est assez franche dans son commentaire.

- Je ne suis pas faite de sucre, monsieur Shafiq. Il me semble couler de source que je ne saurais rien faire sans vous. C’est précisément pour ça que nous sommes attablés ensemble et pas simplement pour le plaisir de notre compagnie mutuelle.

Elle est un peu tendue, donc plus sèche qu’elle ne le voudrait, ce n’est pas dans ses habitudes. Il faut dire que la perspective de passer dans un monde totalement inconnu pour se faire passer pour ce qu’elle n’est pas aurait de quoi angoisser. D’autres trouveraient peut-être ça exotique ou enthousiasmant, elle, elle ne peut pas s’empêcher de trouver ça inquiétant.

- Confiance en moi, c’est vite dit, grommelle-t-elle entre deux gorgées de café. J’ai déjà bien du mal à faire illusion depuis que je suis sortie des ordres alors dans un monde que je ne connais pas.

Elle ferme les yeux un instant et se masse les tempes. Tout ça prend des proportions tellement folle qu’elle ne sait finalement plus par quel bout prendre la chose, pourtant elle est sûre d’une chose, elle veut que ça avance. Elle n’en peut plus de stagner sur cette affaire et elle a l’impression qu’elle n’arrivera pas à prendre possession de sa vie tant que les choses ne seront pas résolues.

- Très bien. Imaginons que j’aille avec vous. Qu’est-ce que j’aurais besoin de faire ou de savoir pour me fondre dans la masse ? J’imagine qu’on ne peut pas prétendre que je suis muette. Il faudra bien que je communique à un moment.


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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeLun 5 Déc - 0:43



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« Je vois. » Bon, s’il est tout à fait honnête, Hari ne voit pas tout à fait, ni pour la prieure, ni pour la guerre, la première parce que ça reste un peu flou, la seconde parce que leur guerre a eux ne s’est pas fini à la même date, qu’il s’est tenu à l’écart de l’une comme de l’autre, et surtout parce que la seule date qu’il retient de cette période, c’est la mort de Marianne. Comme s’il ne souhaite ni en parler ni s’en expliquer, l’archéologue se concentre sur des détails pratiques et note mentalement la période sur laquelle ils devront effectuer des recherches. C’est fou comme ça fait mal alors que c’était pourtant il y a trois ans. C’est fou comme un rien l’y renvoie. Tout à ses pensées, il ne devine guère l’étonnement, voire le jugement, de la religieuse à son égard, et c’est justement une question plus concrète et plus neutre qui lui fait reprendre le fil de la conversation. « Oui, de formation. Même si je ne fais plus beaucoup de recherches au sens propre, quoique j’écrive encore un peu…il s’agit plutôt de retrouver des héritages perdus pour le compte de clients, ou de retrouver des biens sans maitre. L’intérêt archéologique des biens recherchés importe moins que leur valeur historique propre à mon employeur, mais ça permet parfois de faire avancer un peu la science. »

D’aucun diraient qu’on peut le qualifier de pilleur de tombes. Hari n’est pas d’accord avec cela, jugeant qu’il vaut mieux que les trésors qu’il découvre soit conservés et protégés, même si c’est par Gringotts, qu’ils ne restent enfouis sous terre. Mais il prend la critique avec amusement, ça fait un peu romantique et aventurier, ce qui lui plait. D’ordinaire, il le dirait à Sa-Ri pour plaisanter, mais ce serait aggraver son cas alors que ses propositions semblent déjà lui déplaire dès lors qu’il parle d’illégalité. Et c’est par là qu’ils en reviennent à Marianne, qui ne supportait pas non plus la nonchalance avec laquelle Shafiq traitait avec l’illégalité, à la manière d’un impondérable dont il faut tenir compte, mais guère plus qu’un retard dans les horaires du Magicobus, par exemple.  La question de Sa-Ri le laisse d’ailleurs pantois, parce que le briseur de sort ne s’est pas rendu compte de la facilité qu’il a eu à mentionner sa femme, ni même qu’il l’avait fait. Or il n’a absolument envie d’en parler. Une fois qu’il a réalisé, il ne faut pas longtemps que son visage se ferme. C’est que Hari est partagé entre l’envie de demander pourquoi cela est si surprenant qu’il puisse l’être, ou de simplement clore le sujet en lui indiquant sèchement que ça ne la regarde pas. Instinctivement, il voit qu’elle l’observe, cherchant une bague, et il n’a pas envie de détailler ou de parler, alors nerveusement, il ramène ses mains sous la table, ce qui lui vaut un coup d’œil encore plus surpris de la part de la brune. C’est ce qui lui fait réaliser qu’il se comporte de manière fort étrange et globalement injustifiée. C’est ce qui le pousse à s’excuser : « Pardon, c’est un sujet un peu difficile. Je l’étais. Ma femme est décédée il y a un peu moins de trois ans. C’est toujours un peu dur d’en parler. Est-ce qu’on peut…passer à autre chose ? » Il y a une tristesse indéniable dans ses paroles et dans le sourire qu’il renvoie. C’est un sourire qui se voudrait poli et digne, qui ne demande pas de compassion ni d’empathie, juste de la pudeur et de paix, simplement ce qu’il faut pour se recomposer une mine sérieuse et continuer cette discussion sur un ton pragmatique. Le pire serait de sombrer dans le pathos, surtout avec quelqu’un qu’il connait aussi peu.  

Autant dire que tout autre sujet, même celui de ses méthodes, convient à Hari. Au contraire, même, ça lui remonte un peu le moral. Il y a indéniablement une raison qui fait qu’il s’entend bien avec Callahan. Ils ont un goût commun pour le fait de choquer le chaland, les méthodes peu orthodoxes – ou catholiques, c’est selon – et la provocation. Pour Callahan, c’est un signe de révolte, pour Shafiq…peut-être un trait de sale gosse hérité de sa position, qui lui permet de faire avec insolence à peu près ce qu’il veut. Quoiqu’il en soit, ici, c’est surtout la seule solution qu’il a proposée, comme il le fait remarquer à Sa-Ri, qui finit par s’y résigner sans être convaincue. « Soit. Je ne suis pas sûr d’être d’accord, mais je ne chercherai pas à vous convaincre. » Il aurait bien envie de lui faire remarquer que la moralité et l’illégalité, ce n’est déjà pas tout à fait la même chose, mais Hari est lucide. Elle est butée, il le voit bien, et ça ne servirait à rien de se disputer à ce propos. Peu importe combien il aime le débat, l’archéologue sait quand un combat vaut la peine d’être mené ou non, et ici, quoiqu’il juge avoir raison, il sait qu’il ne gagnera pas. En ce qu’il concerne, il a toujours jugé que perdre du temps à essayer de prouver qu’on a raison était stupide quand on peut juste laisser les autres avoir tort. En l’occurrence, de toute façon, c’est une question relative à la manière de penser de chacun, ce qui est encore plus difficile à modifier : non, décidément, mieux vaut passer à autre chose.

Mais il faut croire que rien de ce que Hari ne pourra faire ne pourra vraiment convaincre Sa-Ri, même si ses remarques le laissent un peu perplexe : « Hm. Vous auriez préféré une instruction en forme d’ordre ? » C’aurait été certes plus honnête, mais guère poli, et quoiqu’elle en dise, il n’est pas tout à fait certain qu’elle l’aurait mieux pris. « Je note en tout cas que vous n’aimez pas beaucoup ma compagnie, vous m’en voyez désolé. » Le ton est faussement désolé mais l’éclat de malice qui passe dans ses yeux ne laisse pas de place au doute. Le briseur de sort s’en remettra sans problème, mais c’est sa manière, polie et rieuse, de faire passer les messages. De son point de vue, être perdu et obligé de travailler avec quelqu’un qu’on ne connait pas ne mérite pas de reproche. Mais ce n’est pas licence pour devenir vexante ou presque grossier.

Ca ne l’empêche pas d’être désolé – pour de bon, cette fois – lorsque la jeune femme maugréée que quoi qu’il en dise, ça ne sera pas facile pour elle. « Je sais. » Le regard de compassion qu’il lui lance n’est pas feint. S’il a plus de recul qu’elle, il se rappelle le choc qu’il a eu la première fois qu’il est passé dans le Londres moldu. Pour le reste, il ne peut qu’imaginer le bouleversement dans la vie de la jeune femme et c’est un peu flou pour lui. Mais le briseur de sort comprend bien qu’elle doit s’ajuster à son propre monde en plus du reste et finalement, cet aveu de vulnérabilité lui fait de la peine. Alors, espérant qu’elle ne se remette pas immédiatement sur la défensive et qu’elle ne se crispe pas d’avantage, il tente de dédramatiser : « Mais est-ce que ça ne serait pas plus facile dans un monde qui ne vous connait pas non plus, justement ? Je veux dire…personne n’attend que vous répondiez à un quelconque standard d’intégration de l’autre côté et tout le monde ignore votre passé. Personne ne sait d’où vous venez. Enfin je ne sais pas et je ne veux pas préjuger…mais il me semble ? » Hari hésite un peu, mais ça se voudrait rassurant, si c’est possible, comme lorsqu’il a dit que personne ne lui demanderait de faire de magie.

Patiemment, il attend donc qu’elle se décide et continue à boire son café. La question, pragmatique et décidée, comme si elle essayait elle-même de se faire à l’idée qu’elle va y aller et qu’elle se concentrait sur les modalités concrètes pour éviter de penser à l’ensemble de l’entreprise, lui arrache un sourire : « Eh bien… » La liste se fait en même que Hari parle, pensif : « Vous n’avez pas tout à fait le look, mais ça peut s’arranger. Pour le moment vous n’aurez pas besoin de beaucoup parler si vous venez, il suffira de me laisser répondre. Dans un premier temps, nous ne resterons pas longtemps. Je préférerais que vous vous familiarisiez un peu avec l’endroit avant de partir pour une explication plus longue, et je vous expliquerai au fur et à mesure.  Idéalement, il faudrait que vous essayiez de ne pas avoir l’air trop surpris en permanence, ça risque d’attirer l’attention… mais j’ai conscience que ça risque d’être un peu difficile. Peut-être que si nous vous faisons passer pour une touriste, mettons une cousine en visite, l’explication sera assez crédible… les gens ne devraient pas demander plus. Dans un premier temps ça devrait suffire. Nous aviserons après quand vous reviendrez. » Parce qu’alors il lui faudra peut-être une baguette et un nom, mais Hari n’a pas encore fait le lien entre l’explication de la venue de Sa-Ri qu’il propose et ce détail, qui n’en sera sans doute pas un pour la jeune femme elle-même.

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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeDim 11 Déc - 1:11

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capIl faut reconnaître ça à Hari Shafiq : il agace autant qu’il intéresse. En un sens, c’est un compliment. Mieux vaut titiller que laisser les gens indifférents. Ca peut attirer des ennuis pour peu que l’on se trouve au mauvais endroit au mauvais moment ; or Sa-Ri a l’intuition que c’est un talent que possède son interlocuteur, mais ça vaut tout de même mieux que d’être invisible. Hari serait sûrement de son avis si elle prenait la peine de lui partager ses observations. Sagement, la jeune femme juge que ce n’est pas indispensable. Au mieux, elle risquerait de le vexer - un talent qu’elle semble posséder - au pire alimenter son ego ; ce dont, d’après elle, il n’a absolument pas besoin.

Cela dit, elle ne cherche pas à le froisser intentionnellement. La voilà d’ailleurs désolée d’avoir mentionné sa femme. Il faut admettre que c’était de la pure curiosité, un élément de discussion familier mais également une information rassurante en temps que femme face à un inconnu. Or voici que celle-ci est décédée et que le deuil n’est pas encore fait. Sa-Ri ne peut s’empêcher de compatir après tout c’est autant dans sa nature que dans ses habitudes. Par réflexe, elle fait le signe de croix et baisse la tête le temps de murmurer une petite prière avant de se reprendre et de s’interrompre. Évidemment, Hari ne doit y voir qu’une bizarrerie moldue comme il dirait, mais pour Sa-Ri c’est plus que ça. Elle s’en veut presque de céder à ses vieux réflexes. Elle a beau savoir que ses prières sont dénuées de sens et qu’elle s’adresse désormais au néant, certains réflexes sont plus difficiles à perdre que d'autres. Or, la religion a tant fait partie de sa vie qu’elle a peur de ne plus pouvoir l’oublier et tel un amant trop collant, devoir en garder les résidus jusqu’à la fin.

- Désolé, murmure-t-elle avec un brin de contrition. Je ne voulais pas vous rappeler des évènements difficiles. Je ne … Enfin, je ne savais pas.

Bien entendu, elle ne pouvait pas savoir. Même lors de sa discussion avec O’Riordan, le second n’a rien mentionné. Il n’avait pas de raison de le faire d’ailleurs si bien que ça ne semble pas étonnant à la jeune femme.

- Vous voulez autre chose à boire ?

C’est un prétexte comme un autre pour changer de sujet. C’est indispensable. Il y a, chez l’homme, une espèce de fierté qui ne demande pas de compassion ou en tout cas qui en refuse une manifestation trop marquée. Sa-Ri, sensible à ce genre de chose, se garde donc bien d’en montrer. Il ne faut pas grand-chose pour que la conversation s’oriente vers un autre sujet en attendant que la serveuse vienne prendre une nouvelle commande. Les définitions des mots “moralité” et “légalité” ne semblent pas les mêmes chez l’ancienne religieuse et l’archéologue. Une façon de plus de souligner leurs différences. Or, Sa-Ri se rend compte qu’ils n’ont absolument pas la même vision du monde. Comment le pourraient-ils quand leurs réalités respectives sont si différentes ? Ça ne l’empêche pas de faire la grimace quand il souligne son hostilité.

Un peu contre son gré, Hari excite quelque chose d’incontrolable chez elle, entre l’agacement, l’intérêt et l’antipathie. C’est un mélange détonnant mais si elle est honnête, Sa-Ri se rend bien compte que ce n’est jamais qu’un écran de fumée qui sert à cacher ce qui la met réellement mal à l’aise. Depuis qu’elle a reçu cette lettre, son univers a été bouleversé. Mis à mal, elle a perdu tous ses repères, sa famille et sa tranquillité d’esprit. Hari étant le premier sorcier à qui elle a réellement l’occasion de parler plus de deux minutes, il est finalement l’incarnation physique de tout ce qui la bouleverse. Ajoutons à ça une dose de préjugés qu’elle ne savait même pas posséder et on se retrouve avec une réaction disproportionnée que l’homme ne mérite réellement pas. Avec un soupir, elle s’excuse :

- Pardon. Ce n’est pas l’intention que je veux donner. Je comprends bien que vous essayez de m’aider même si je dois bien admettre que vous n’avez pas l’air du genre à aider votre prochain juste par bonté d’âme si bien que je me demande ce que vous retirez vraiment du processus mais en réalité, c’est ma meilleur solution et je ne devrais pas être aussi mordante.

Il y a un moment de silence puis elle ajoute :

- Ce n’est pas contre vous personnellement. On ne se connaît pas assez pour que ça soit le cas. Je crois simplement que la situation joue avec mes nerfs et que vous faites, hélas pour vous, un peu office de défouloir sans que je m’en aperçoive.


Des excuses honnêtes de la part de quelqu’un qui a du mal à l’être avec elle-même pour le moment. C’est amusant comme certaines choses changent vite et la jeune femme ne peut pas s’empêcher de se dire qu’elle ne se serait jamais voilée la face de la sorte quand elle étai au couvent. Néanmoins, il ne sert à rien de regretter la vie qu’elle menait à l’époque. Celle-ci est révolue et il est impossible de retourner en arrière. Elle doit se réinventer et suivre un autre chemin qu’elle le veuille ou non. Celui-ci semble mener au monde sorcier et que ça lui plaise ou non ça sera en compagnie de Shafiq. Evidemment, il faudra se revoir et la jeune femme appréhende ce moment quoiqu’elle n’en dise rien. Ce n’est pas la compagnie de Hari lui-même ; même s’il a le don de dire ce qu’il faut pour l’irriter mais bien l’idée que chaque rendez-vous la rapprochera de l’échéance. Ils conviennent de se revoir au même endroit d’ici quelques jours, quand Hari aura du temps libre et se quitte un peu plus cordialement qu’ils se sont salués.

Quelques jours plus tard, armée de son parapluie pour faire face à la pluie diluvienne, c’est une Sa-Ri tout de même un peu trempée qui passe la porte du salon de thé, faisant tinter la clochette. La serveuse se précipite vers elle, commentant l’horrible temps dont ils ont hérité ces derniers jours et propose de prendre son manteau ainsi que son parapluie pour les faire sécher. D’un sourire, Sa-Ri confie ses effets à la serveuse et jette un regard à la salle pour voir si elle repère le sorcier. Il n’est pas encore arrivé, alors elle va s’installer à une table de deux près de la fenêtre. La buée recouvre celle-ci si bien qu’on ne voit pas vraiment ce qui se passe à l’extérieur. Tout juste des silhouettes floues qui se hâtent pour échapper à la pluie. Sans plus les regarder, elle sort son calepin. Dedans, toutes les questions auxquelles elle a pensé. Si elle doit pénétrer dans le monde sorcier, il faut qu’elle soit préparée et même si le but est pour elle d’en dire le moins possible, mieux vaut préparer toutes les éventualités. Quelques gouttes tombent sur le papier, brouillant l’encre alors qu’elle relit ses notes. Malgré son chapeau et son parapluie, l’eau a fini par percer et ses cheveux sont trempés. Ôtant une à une les épingles qui retiennent le chignon strict qu’elle fait le matin - un souvenir de son passage au couvent - elle libère sa longue chevelure qu’elle essore discrètement avec sa serviette. C’est dans cette position que Shafiq la trouve quand il arrive enfin. Un peu embarrassée et ne sachant pas vraiment comment le saluer, elle l’invite à s’asseoir et commente avec un sourire aimable qui dénote de son attitude lors de leur précédente rencontre :

- J’ai l’impression que les montres sorcières ne marchent pas sur le même fuseaux horaire que les nôtres. Vous avez eu un souci en chemin ?

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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeJeu 29 Déc - 1:01



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
« Je sais bien. » Le sourire de Hari est crispé, un peu forcé. Bien sûr que Sa-Ri ne pouvait pas savoir pour Marianne, ils se connaissent à peine. De toute façon, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, puisqu’il a mentionné sa femme le premier. Mais ça ne change rien, ça fait mal, malgré tout ce qu’il dit. « Ce n’est pas grave. Ne vous en faites pas. » Bien sûr que si, ça l’est, mais ni lui ni Sa-Ri n’y peuvent rien. Elle est morte, et c’est comme ça. C’est ce qui fait le plus mal, d’ailleurs. De ne rien pouvoir faire, sinon de changer de sujet. Si Shafiq a fini par l’accepter, sa vie ne continue pas pour autant. S’il s’y attarde trop, c’est peut-être ça, plus que la mort de Marianne elle-même, ou peut être les deux, qui font qu’il se mettra à pleurer. Il en remarque à peine la prière de Sa-Ri.

Finalement, le briseur de sort ne revient dans la conversation que pour faire des propositions plus concrètes sur leurs affaires, sans rencontrer le succès escompté. La remarque qu’il adresse à la jeune femme sur le fait qu’elle ne l’apprécie pas beaucoup parait déstabiliser la brune. Sa-Ri finit par lui avouer ce dont il se doute déjà : qu’il paye parce qu’elle ne le comprend pas bien et qu’il représente tout le monde sorcier, qui lui parle encore moins. Mais dans un premier temps, c’est de la vision qu’elle a de lui que Hari s’amuse. « Ah non ? Pourtant c’est la deuxième fois que je le fais. Les italiens, » précise-t-il devant son regard intrigué. « En ce qui les concerne, je ne vous connaissais encore moins et ce n’était pas – théoriquement – mes affaires non plus. » Certes, il lui a fait peur par la suite, mais l’intention était là, alors que l’archéologue aurait pu tout aussi bien ne rien faire. Et toc, songe d’ailleurs Shafiq, persuadé d’avoir le dernier mot. D’aucuns diraient que cet acharnement à prouver qu’il n’est pas indifférent est un peu suspect. Peut-être est-ce parce qu’il n’aime pas que la jeune femme pointe du doigt ce travers. Peut-être est-ce parce que le briseur de sort est réellement vexé qu’elle ait de lui l’image de quelqu’un incapable d’être désintéressé. À moins que ce soit l’idée même d’agir de façon désintéressée et au fond, irrationnelle, et de devoir l’avouer ou s’en expliquer qui le perturbe autant, parce que lui-même n’a pas vraiment d’explication.

Pourtant, il y avait bien une question muette dans les explications de Sa-Ri, en même temps qu’une auto-critique un peu honteuse, et il ne peut plus tellement fuir, cette fois. Haussant les épaules, Hari déclare donc : « Votre histoire m’intrigue, si je suis parfaitement honnête. Je suis curieux de voir où elle vous mènera. Et comme vous aurez effectivement du mal à y parvenir toute seule…autant vous aider, même si je reste persuadé que ce sera difficile et que l’issue de tout cela est incertaine. » Tu es inquiet pour elle, jugerait Marianne avec un amusement jubilatoire. Tu devrais lui dire. Mais ils ne se connaissent pas assez, ce serait bizarre, même si c’est vrai, alors il choisit une autre formulation : « Et puis… Ce n’est pas extraordinaire sur le plan moral de refuser son aide à quelqu’un qui n’a pas d’autre solution alors que ça ne vous coute rien de l’accorder. » Il détourne le regard, observant d’un air concentré sa tasse désormais quasiment vide, regrettant de ne pas avoir demandé autre chose lorsque Sa-Ri l’a proposé. Hari Shafiq n’a en réalité rien contre aider les autres, simplement il n’aime pas qu’on lui rappelle que lui aussi fait des choix parfois irrationnels. Alors forcément, il est plus à l’aise s’il s’agit de compatir à la perplexité et à la tension qui habitent la jeune femme au moment où ils parlent. « Je comprends. Ce n’est pas grave. » Prudemment, il ajoute ce qui lui semble être une vérité plutôt apaisante, histoire de dédramatiser : « Ça passera, vous verrez. Notre monde n’est pas si différent du votre, en réalité. Les gens sont partout les mêmes, en réalité. Et en réalité, on s’habitue à tout. C’est la nouveauté qui fait paraitre les choses extraordinaires. »

Et de fait, il n’a pas tort. Lorsqu’il franchit la porte du salon de thé, à moitié de courant, le jour où ils ont convenu de se donner rendez-vous, Sa-Ri parait un peu moins hostile, presque amusée de son retard. Essoufflé, Hari se laisse tomber sur la chaise en face d’elle. À vrai dire, il n’aime guère le retard et il a couru sur la fin. L’idée que cela devienne une habitude le catastrophe, lui à qui on a enseigné les bonnes manières et que le respect envers ses interlocuteurs passe par le fait d’arriver à l’heure. Pour autant, comme elle ne parait pas trop mal le prendre, il décide de le prendre, pour le moment, sur le ton de la plaisanterie et réplique à son tour : « Vous voulez voir ? Vous ne croyez pas si bien dire. » D’un mouvement vif, l’archéologue sort sa montre à gousset de la poche de son gilet, et la pose devant la jeune femme. Avec ses douze aiguilles sur fond bleu, et ses petites planètes qui tournent sur le bord du cadran, elle donne bien l’heure, mais elle doit paraitre effectivement bien étrange à une moldue. Hari la referme d’un coup sec, souriant encore, avant de déclarer plus sérieusement : « En tout cas, je vous présente mes excuses. J’ai aperçu au loin Roy Kelly et je me suis dit que j’allais faire un détour…je me suis perdu. Kilburn ne m’est pas encore très familier. » D’ordinaire, il aurait utilisé un sort, ou même transplaner. Ici, il ne peut pas le faire et il n’a jamais eu – comble du comble pour un archéologue de terrain - un excellent sens de l’orientation. Alors, comme l’idée d’une nouvelle scène avec le fils de la logeuse de Sa-Ri ne l’enchantait guère, Hari a préféré renoncé – la confrontation lui collait par avance une flemme impériale.

Préférant se concentrer sur son interlocutrice, il fronce les sourcils : « Vous êtes trempée…vous savez que nous avons un sortilège qui pourrait sécher vos cheveux ? » Manifestement, la proposition effraie la jeune femme et c’est à grand peine que Hari doit se retenir de lever les yeux au ciel. Au lieu de ça, il se fend d’un petit rire : « Ne me regardez pas comme ça, si je comptais vous faire du mal je ne m’y prendrais pas comme ça. C’est parfaitement inoffensif. Personne ne le remarquera. Pas même vous. Ce sera fait en un clin d’œil. » Oh, il sait bien d’où vient la méfiance, puisque la dernière fois qu’il a envisagé de jeter un sort à Sa-Ri, c’était pour effacer sa mémoire, mais les circonstances ont changé et la magie n’est pas toujours une arme. Mais aller lui faire comprendre tout cela, c’est autre chose, comme le fait qu’il n’a pas exactement besoin d’agiter sa baguette devant tout le monde, de parler, ou de lancer des éclairs avec. Hari décide donc de remettre cette question à plus tard, de laisser le choix à l’ancienne religieuse et se contente d’un commentaire badin : « Au demeurant, ça vous change de votre chignon strict. J’ai failli ne pas vous reconnaitre. Vous faites plus jeune, comme ça. » Il n’a pas l’impression qu’elle se permette beaucoup d’excès ni qu’elle s’intéresse beaucoup à la mode moldue, alors il ignore comment sera prise cette remarque ou même si elle fera simplement mouche.

Alors qu’il va pour s’emparer de la carte, Hari aperçoit le carnet déplié par la jeune femme : « …est-ce que vous êtes venue avec une liste de questions ? » En voilà une bonne élève, plus studieuse que la plupart des étudiants qu’il a croisé dans sa vie. Si bien que ce n’est pas une critique, dans la bouche de Shafiq, surtout dans la mesure où il lui a dit de ne pas hésiter à lui demander si des interrogations lui venaient. Au contraire, il est même plutôt impressionné par la motivation de la brune. De toute façon, il est encore un peu tôt pour lui faire visiter le monde sorcier. Quelques explications s'imposent, et c'est un bon moyen de les organiser, si bien qu'il ne peut que valider cette méthode. « Ce n’est pas une mauvaise idée. Je crois que je ne saurais pas par où commencer sinon. Il y a beaucoup à dire… On attend le thé et on s’y met ? »

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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeVen 30 Déc - 21:53

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capSa-Ri aurait dû s’en douter mais même lorsqu’il s’agit de donner l’heure, Hari ne sait pas faire simple. A peine arrivé, il sort sa montre à gousset, un bel objet au cadran compliqué qu’elle observe avec curiosité. Posée sur la table, elle dénote avec le cadre cosy du salon de thé. Sa-Ri, qui pourtant n’a pas connaissance de ce genre de chose, ne peut pas s’empêcher de noter qu’elle a l’air coûteuse. Délicatement, elle la prend, s’étonnant de son poids et caresse d’un air pensif les gravures discrètes sur le côté de la montre. Elle donne l’heure, en effet et celle-ci indique 15h43, tout comme l’horloge accrochée au mur. Néanmoins, c’est bien tout ce qu’elle a en commun avec une montre classique.

- C’est un très bel objet. Un héritage familial ?

L’objet retourne rapidement dans les mains de son propriétaire dont elle accepte les excuses en bonnes et dues formes. Après tout, elle comprend qu’il n’ait pas voulu une autre discussion avec Roy. Lorsqu’elle est repassée par le Cohan, un ou deux jours plus tard, Roy s’y trouvait, accompagné de quelques-uns de ses acolytes. Depuis sa discussion avec le sorcier, impossible de ne pas voir des sous-entendus dans ses phrases et c’est une Sa-Ri fort mal à l’aise qui s’est retrouvée à discuter avec l’homme de main de Callahan.

- Il faut faire attention à ce genre de type vous savez. Je sais que vous êtes une gentille et vous ne verriez pas le mal chez qui que ce soit mais j’ai vos intérêts à cœur. J’oserai jamais contredire le patron et le second, je sais que c’est un ami mais je pense qu’envers vous, il n’a pas des intentions honorable.

Le pauvre. Comment lui expliquer que rien dans cette histoire n’est honorable mais pas à cause de ce qu’il croit ? Quant à ses intentions à lui , pas une seule fois il n’en a fait mention mais difficile de s’y tromper. Ses gestes, ses propos, la façon dont il a continué à la couvrir du regard alors qu’elle parlait avec Florence, etc. Rien de tout ça n’a échappé à Sa-Ri cette fois-ci et c’est d’ailleurs à se demander comment est-ce qu’elle a pu ne pas le voir la première fois.

- Oh, je comprends, lui répond-elle donc avec sympathie lorsqu’il lui explique avoir voulu éviter la rencontre. Je l’ai croisé quelques jours après. Je pense qu’il ne vous porte vraiment pas dans son cœur. D’autant plus parce que vous avez les faveurs de son patron. J’imagine que sa marge de manœuvre est très réduite.

La jeune femme a beau admettre que son interlocteur avait raison et qu’il est fort probable que le fils de sa logeuse ait des vues sur elle, ce n’est pas pour autant qu’elle a envie d’en discuter à haute voix aussi s’abstient-elle de tout commentaire. A la place soucieuse de penser à autre chose, mais également de changer de sujet, elle se dit qu’elle n’a pas demandé à Hari à quoi correspondaient les planètes sur sa montre. C’est stupide, songet-t-elle, peut-être est-ce important. Après tout, elle est là pour ça aujourd’hui : poser des questions et obtenir des réponses.

Poli, l’un comme l’autre, ils ne rentrent pas directement dans le vif du sujet et s’ensuit un échange de remarques communes qui mène à l’aspect plutôt négligé de la jeune femme. Puisque rien n’est jamais simple avec le sorcier, il n’en faut pas plus pour qu’il lui propose de l’aider à se sécher les cheveux. Gênée mais également un peu surprise de cette facilité avec laquelle ils se proposent d’utiliser la magie partout et pour tout, Sa-Ri se voit rougir et refuser d’un signe de tête.

- Non, c’est gentil. Je crois que je préfère la méthode naturelle.

Si la jeune femme est plus détendue que lors de leurs précédentes rencontres, ça ne veut pas dire qu’elle est déjà à l’aise avec l’idée de la magie. Loin de là ! Moins raide dans sa communication, presque plus hostile, des efforts ont été fait mais chaque chose en son temps. Ils ne se connaissent pas encore vraiment et les choses sont toujours gênantes. Presque autant que le compliment qu’il lui fait. Instinctivement, Sa-Ri baisse les yeux et se touche les cheveux d’une main. Le rouge envahit ses joues et elle se racle la gorge avant de répondre d’une voix peu assurée :

- Hem, merci. Je trouvais que ça faisait un peu négligé personnellement, je n’ai pas l’habitude de les porter ainsi.

Il y a un silence un peu embarrassant pendant lequel Sa-Ri ne sait pas trop où poser les yeux. Tout semble intéressant, les serviettes, la nappe, la fenêtre pleine de buée, les autres clients, etc. Tout si ce n’est Hari. Heureusement, c’est lui s'apercevant de sa gêne, ou ne la voyant justement pas, qui relance la discussion.

- Oh oui, je n'arrivais pas à penser à autre chose donc j’ai noté les questions qui me passaient par la tête. Il y en a sûrement qui sont ridicules mais je me suis dis que vous me le signaleriez si c’était le cas.

Après tout, l’archéologue, elle l’a constaté, n’est pas le genre d’homme à vraiment prendre des pincettes avec les sentiments d’autrui. En tout cas, c’est l’impression qu’il lui donne même s’il ne manquerait pas de se vexer s' il savait ce qu’elle pense de lui. Pressée de commencer, elle fait un signe discret à la jeune femme qui l’a accueillit pour que celle-ci vienne prendre leur commande. Une fois leur thé commandé et apporté à table avec une jolie tranche d’un cake à l’air aérien accompagné d’une jolie crème fraîche ; cadeau de la maison, leur a dit la serveuse, puisqu’ils ont trop de stock à cause du temps, les voilà prêt à rentrer dans le vif du sujet en bonne et due forme.

Tout en touillant son thé d’une main pour dissoudre le sucre qu’elle vient d’y mettre, Sa-Ri relit ses questions d’un oeil distrait et finit par demander un peu brusquement :

- Ce n’est pas vraiment une question, plutôt une constatation mais est-ce que l’on ne devrait pas se parler moins formellement ? Si on doit me faire passer pour une cousine en visite, j’imagine qu’il ne faut pas que l’on ait l’air de deux étrangers.


D’un œil un peu septique, elle jauge Hari du regard avant de demander :

- Vous pensez vraiment que l’on peut passer pour des cousins ? Administrativement, je n’existe que sous le nom de Sa-Ri ce n’est donc pas un problème mais, je veux dire, physiquement, on ne se ressemble pas vraiment, si ce n’est la couleur des cheveux. Les sœurs qui m’ont recueillie affirment que je parlais probablement chinois quand j’étais plus jeune, quoique je n’en ai aucun souvenir. De vôtre côté, vous n’auriez pas plutôt des origines indiennes ?

Une question en entraînant une autre, elle demande :

- D’ailleurs, si je suis une cousine, est-ce que je ne devrais pas connaître le reste de votre famille ? Il faudrait peut-être commencer par là. Je me souviens que Monsieur O’Riordan a mentionné que vous étiez “sang pur”, ça avait l’air important mais j’imagine que ça n’a rien à voir avec le pedigree d’un cheval, si ?
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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeLun 2 Jan - 0:59



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Sa-Ri & Hari
Après avoir brièvement expliqué que la montre est un héritage et qu’il espère que Roy en restera là, contraint, comme Sa-Ri le dit, par son engagement envers ses chefs, voilà qu’ils passent aux choses sérieuses, c’est-à-dire la magie. Peut-être Hari aborde-t-il encore les choses trop frontalement avec sa proposition. L’archéologue n’insiste pas et hausse les épaules avec bonhommie : « Comme vous voudrez. » Il ne se refera pas. La magie est trop pratique et trop naturelle, chez lui, pour que cela se produise. Aussi la méthode naturelle, comme le dit la brune, parait au briseur de sort inutilement longue et complexe. Mais c’est l’appréhension qui parle, il le comprend. Comme pour les compliments – et pourtant le sien est très neutre et banal - c’est trop peu familier pour qu’elle soit encore à l’aise avec, pour des raisons différentes, tenant à la découverte du monde qu’elle fait, qu’il soit moldu ou sorcier d’ailleurs. Hari aurait bien envie de lui dire, pour s’amuser, que négligée est bien la dernière chose qui lui viendrait à son égard, mais l’archéologue se rend compte que ce ne serait pas très charitable. Alors voyant Sa-Ri rougir et en tirant les conclusions qui s’imposent, il choisit avec tact de ne pas relever et finalement, les voilà bien lancés sur le cœur de leur conversation, ce pour quoi ils voient.

Il secoue d’ailleurs la tête vivement lorsqu’elle en revient, pour la deuxième fois, à douter d’elle-même : « Non. Il n’y a pas de questions idiotes. Seulement des réponses intelligentes. » Certes, c’est une réponse un peu provocatrice et certainement assez arrogante, mais c’est là typique de Shafiq. On ne se refait pas. Pourtant, c’est avec le plus grand sérieux que Hari écoute les premières questions de ce qui risque d’être un fort long interrogatoire. « Si, en effet. Je me demandais quand vous y viendrez. Enfin, quand tu y viendrais, plutôt, donc. » Le sourire s’est fait un peu narquois, mais le briseur de sort a le bon gout de ne pas pousser plus loin la remarque et de relever que ce changement de pied, venant de Sa-Ri, est radical. Peut-être parce que lui non plus n’est pas encore très à l’aise avec ce tutoiement qu’il vient d’initier, peu enclin à la familiarité malgré tout.

À l’aise, il l’est plus avec les autres questions de Sa-Ri et hoche pensivement la tête : « Cette branche-là de la famille, oui. Mais il y a aussi une branche en Chine et une branche au Japon, ainsi qu’en Arabie Saoudite. Shafiq est en soi un patronyme d’origine arabe, qui signifie compatissant, ou miséricordieux. » Sans commentaire, concernant son propre cas. « Dans tous les cas, nous sommes assez nombreux et implantés de façon assez étendue en Asie pour que tu passes pour une parente de façon crédible. » Il n’y aura pas besoin de préciser vraiment, les gens ne poseront pas de questions. A entendre ce que Sa-Ri lui dit, Hari se demande si elle ne le souhaiterait pas inconsciemment. Mais il n’a pas vraiment de réponse à lui offrir, sinon qu’il est très probable qu’elle soit également d’origine chinoise, ce qui n’est pas des plus précis lorsqu’on connait ladite Chine – à moins que ce ne soit Taiwan ou Hong Kong, mais le problème resterait sensiblement le même.

Paradoxalement, il offre le parfait contrepied de ce qu’elle est. Lui, son identité, il la connait, et c’est une part importante de sa vie, preuve que cela joue réellement sur le destin des gens. Néanmoins si Shafiq s’attendait à avoir droit, tôt ou tard, à des questions sur sa famille à lui et sur les sangs purs, toutes très pertinentes d’ailleurs, il n’en prévoyait certainement pas la formulation. Il manque donc de s’étouffer avec son cake. Jamais personne ne lui a ainsi parlé des sang purs et l’irrévérence involontaire de Sa-Ri est donc totalement inédite pour lui. S’efforçant de reprendre sa respiration, Hari tousse d’une voix enrouée : « Ne dites pas ça devant les gens de l’autre côté…ils le prendraient mal. Plus que moi, je pense. » Force est d’en rire, de son côté, parce qu’au fond…ce n’est pas si faux que ça. Dans la sélection méticuleuse qu’ils font, dans le rapport qu’ils entretiennent avec le monde, dans le fait qu’ils sont un clan fermé…la comparaison, tout insultante qu’elle soit, même pour lui qui se montre plutôt ouvert, n’est pas idiote. Mais plutôt mourir étouffé par son cake que de l’avouer.

Le briseur boit une gorgée de thé pour s’éclaircir la gorge, puis reprend d’un ton un peu pincé : « Non, ça n’a rien à voir avec les chevaux. Pour te donner un ordre de comparaison, cela s’approcherait plus de votre noblesse. Une sorte d’élite sorcière. En plus fermé. Beaucoup plus fermé. On ne peut pas y entrer. On nait sang pur ou on ne l’est pas, c’est tout. » Bientôt, cependant, le ton de Hari se fait moins sec. Comme toujours, il a cette tendance des passionnés qui font de la recherche à transformer toute explication en cours : « Il s’agit de familles qui ne comptent que des sorciers dans leurs ascendants et qui n’admettent pas que leurs enfants se marient avec des non-sorciers – les moldus, comme toi – ou des sorciers d’origine moldus, comme Rafa, par exemple. Les plus radicaux se croient supérieurs aux moldus et aux nés-moldus, et même aux sorciers de sang mêlés. Ils les méprisent, les détestent ou les persécutent. Cela s’étend aux sangs purs qui ne sont pas d’accord avec eux - on parle de traitres à leur sang - et fréquentent, même sans se marier, des non-sang purs. Et aux enfants qui naissent sans pouvoir, les cracmols. A beaucoup de gens en somme. »

L’exposé est un peu pince sans rire. Coup de chance pour elle, Rafa n’a pas menti à Sa-Ri. Hari n’est pas, malgré tous ses travers, comme les autres sangs purs. Et s’il en partage les traits, il est conscient des défauts de sa famille, d’autant plus qu’il en a fait les frais souvent, et lucide sur les siens. Si bien qu’il a tout de même la capacité d’en rire et d’admettre la critique. Mieux, il sait aussi expliquer d’où cela vient et nuancer les choses lorsqu’elles ont besoin de l’être. « Ca n’a pas toujours été comme ça. Autrefois, les sorciers vivaient au su et à la vue de tous. Certains ont même fait partie de la noblesse moldue. Puis il y a eu des persécutions et des massacres. L’Inquisition, aussi, je ne sais pas si ça vous dit quelque chose ? Bref. Les bûchers se sont multipliés. Et puis il y a eu le procès de Salem, aussi. La convention internationale des sorciers a alors décidé de décréter le secret magique. Nous vivons à part depuis ce temps là et évitons de nous faire connaitre, mais les mariages mixtes sont admis. Les familles sang pures sont plus strictes, par crainte de disparaitre. » La remarque lui vaut un regard interrogateur, et il précise : « Nous sommes très peu nombreux. Quelques milliers à peine en Grande-Bretagne. » L’argumentaire ne sera pas forcément convaincant. Pour une moldue ayant vécu le racisme, le fonctionnement des sangs pur ne peut que passer pour une autre forme de ségrégation, semblable et différente à la fois de la xénophobie de la Grande Bretagne du milieu du siècle. Hari lui-même serait surpris qu’on trace ce parallèle, tant il a l’impression d’être différent de ces irlandais qui le traitent quasiment de nègre.

Revenant à des détails plus pratiques, il entreprend de préciser qui est la famille Shafiq. Tâche difficile : il y aurait, là aussi, beaucoup à dire, sur sa famille en soi et il n’a pas tellement l’impression de lui rendre justice.  « Bref. En ce qui concerne la branche anglaise des Shafiq, nous sommes parmi les modérés. Enfin…mais j’y reviendrai. Nous possédons une grande chaine de boutiques d’apothicaires – l’équivalent de vos pharmacies ?  - et un manoir à Londres, acquis à notre arrivée il y a une centaine d’année. Mon père Sarang, dirige les affaires. Mais c’est ma mère, Sélène Selwyn, qui dirige vraiment la famille. Que dire de plus ? J’ai trois frères et une sœur, Keylan, Chandra, Riyadh et Reha. Tous sont mariés sauf Reha, et moi. Riyadh va avoir un enfant dans deux mois, je crois. C’est Keylan qui succédera à mon père, je crois. Reha, Riyadh et ma mère sont plus radicaux. C’est encore un peu tendu entre nous, à cause de ma femme. Elle était de sang mêlé. » Encore une fois, il n’a pas envie de parler de ça. C’est trop intime, et puis assumer son statut de paria et cette querelle familiale dont les plaies sont encore ouvertes reste difficile en soi. Il ne veut pas donner l’image de quelqu’un à plaindre. Il n’est pas si seul que ça. Alors pour donner le change, Shafiq plaisante, un peu sarcastique : « Maintenant que je suis veuf, je ne suis plus vraiment un traitre à mon sang. Je suppose que te fréquenter n’arrangerait pas mon cas, s’ils savaient. » Il y a un silence, pendant lequel il se contente d’apprécier son cake, se demandant quel effet il peut faire et s’il n’aurait pas effrayé de nouveau Sa-Ri – cette fois sous la masse de détails.  « Hum. J’ai déjà beaucoup parlé, je crois. Ça va, c’est clair ? »


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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeMar 3 Jan - 0:51

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capDieu merci - difficile de perdre l’habitude de l’invoquer à tout bout de champ - Shafiq n’insiste pas pour lui sécher les cheveux. Il a la baguette facile, dirait-elle si elle n’avait pas peur de faire un mauvais jeu de mot. Peut-être est-ce naturel pour lui, de vouloir l’agiter pour la moindre petite chose. Néanmoins, la jeune femme sait qu’elle a raison. Quoiqu’il en dise, les gens le remarqueraient si ses cheveux se mettaient à sécher naturellement. Pour peu qu’ils fassent attention en tout cas. Sa-Ri n’irait pas jusqu’à dire qu’ils sont sous le feu des projecteurs ; elle n’est pas vaniteuse mais il faut admettre que, elle, comme lui, ne sont pas du genre à passer inaperçus. C’est une discussion qu’il lui faudra avoir mais une chose à la fois. Des questions, elle n’en manque pas. Des remarques, elle en a à ne plus savoir qu’en faire et celle-ci est loin de faire partie des plus urgentes.

Il ne faut d’ailleurs pas longtemps pour que leur conversation devienne sérieuse et si l’ego de son interlocuteur lui fait lever les yeux au ciel, ça n’empêche pas celle-ci d'avancer plus constructivement que la dernière fois. Sans surprise, il voit, comme elle, la nécessité qu’il y ait à ce qu’ils se parlent moins formellement. Les impressions sont peut-être trompeuses, pourtant il semble plus à l’aise qu’elle dans l’exercice. Ça a quelque chose de frustrant, en particulier parce que c’est gênant pour elle. L’habit de religieuse a toujours mis une distance finalement bienvenue entre elle et les autres. Or, sans l’habit, il ne lui restait finalement que cette formalité un peu désuète pour se protéger. L’abandonner, c’est abandonner un bouclier et elle se sent particulièrement nue.

- On ne peut pas continuer à se parler comme des étrangers. Vous admettrez, enfin, tu admettras que ce n’est pas vraiment confortable comme situation. On est loin de se connaître assez pour s’appeler par nos prénoms et faire comme si on se connaissait depuis longtemps. Elle pousse un soupir, se résignant à se faire violence. Je suppose qu'on n'a pas le choix. Il faudra que je t’appelle Hari.

Pourtant, le prénom sonne mal. Il faut que tu t’y habitues, songe-t-elle. Tout comme il faudra qu’elle s’habitue à ce qu’il l’appelle Sa-Ri. Personne ne l’appelle comme ça, pas même à Kilburn. Ils lui donnent du “Ma soeur” ou “Ma soeur Sa-Ri” mais personne ne l’appelle simplement par son prénom. Peut-être parce que eux, comme elle, trouveraient ça un peu trop familier pour que ce soit poli.

Parler de nom et de prénom mène à autre chose, le patronyme de Hari et l’absence du sien. Ca rend les choses plus faciles, elle n’a pas besoin d’en abandonner un pour en prendre un autre et qui ferait des recherches sur elle ne trouverait rien pour contredire le fait qu’elle est une Shafiq. L’origine du nom l’intéresse d’ailleurs et elle écoute avec attention ce que le sorcier a à lui dire. Un peu pour elle-même, elle commente en jouant avec sa petite cuillère :

- Hmm, c’est intéressant. Votre .. Je veux dire, ta famille est très étendue. Rien d’étonnant à ce que vous n’en connaissiez pas tous les membres. On pourra donc s’attendre à ce que je vienne de Chine, tout dans mon apparence donne à penser que c’est d’où je viens mais je ne parle pas la langue. Pas un mot et je n’ai pas le moindre accent. Tu ne penses pas que ça risque de poser problème ?

Pour une raison qu’elle n’explique pas, Sa-Ri ne s’est jamais intéressée à la langue qu’elle parlait quand elle était plus jeune. Peut-être, dans un désir d’effacer tout souvenir douloureux, elle s’est accrochée à cette identité anglaise qu’elle construisait comme si ça pouvait aussi effacer sa différence physique. Il n’en est évidemment rien, elle l’a vite compris mais sachant qu’il était impossible qu’elle puisse retrouver un jour sa famille, elle a finalement décidé d’ignorer cette partie de son identité. Qui eut crû que ça pourrait devenir un handicap ? On n’apprend pas le chinois comme ça et nul doute que Sa-Ri ne saura jamais faire croire que c’est bel et bien sa langue naturelle.

Une question en entraînant une autre, c’est sur la notion de Sang-pur qu’elle se penche rapidement. Rafa a tellement insisté là-dessus que l’ancienne religieuse a vite compris que ça faisait partie intégrante de leur monde. A en voir la réaction du sorcier, elle doit avoir touché une corde sensible et ce n’est pas sans sollicitude qu’elle lui demande :

- Est-ce que vous allez bien ? Vous avez avalé de travers ?

Difficile de ne pas redevenir formelle. Ça lui semble tellement naturel pourtant. Qu’importe, il faut le temps que les choses se fassent. Après tout, ne serait-ce pas étrange si elle y arrivait du premier coup ? Bien sûr que si. Personne ne s’attend à ce que deux personnes qui ne se sont rencontrées que quatre fois, dont deux ans des circonstances pour le moins particulières, s’adressent la parole comme s’ils étaient de vieux amis qui s’étaient perdus de vue.

Rassurée par sa propre logique et Hari lui ayant assuré qu’il ne s’était pas étouffé, ils en reviennent à sa question. La réaction de l’archéologue lui semble démesurée mais elle ne commente pas. A la place, elle écoute attentivement ses explications, consciente que sur cette question se joue quelque chose d’essentiel mais qui lui échappe pour le moment. L’explication est loin de la rassurer et elle se dit que Rafael a peut-être intentionnellement minimisé la xénophobie latente des sorciers ne pas l’effrayer. Après avoir pris une bouchée de son cake, elle profite d’un silence pour commenter avec un sourire, ne résistant pas à une pique :

- Il faudra m’excuser mais vous …, un nouveau soupir. Tu peux bien dire ce que tu veux mais ça ressemble à la façon dont on accouple les chevaux pour obtenir des sang pur.

Elle mange un autre bout de gâteau, repose sa fourchette sur la table avant de se saisir d’une serviette et de se tamponner délicatement les lèvres avec. Son sourire a disparu :

- Cela dit, si je suis sérieuse un moment, je dirais que c’est tout simplement effrayant comme façon de penser. Tu n’es pas sans savoir que notre monde sort d’une guerre meurtrière et qu’une des raisons qui fût invoquer, parmi tant d’autres, pour discriminer les gens et pour les tuer dans des endroits horribles dont je préfère ne même pas parler, ce fut de dire qu’il y avait une race supérieure. Une race pure qui ne pouvait se reproduire qu’entre elle pour mettre au monde des êtres parfaits.

Sa voix se casse, son regard se perd. Non, elle ne saurait même pas expliquer tout ce qui s’est passé. Ce n’est qu’une partie de ce qu’ils ont appris et ça ne recouvre même pas un seul iota des horreurs qui ont été perpétrées au nom d’une race pure ces dernières années. On ne peut pas l’expliquer à quelqu’un qui ne l’a pas vécu et il y a des choses tellement horribles qu’elle ne saurait pas en parler.

- Quoiqu’il en soit, ça ressemble étrangement à ce que j’ai vu faire et jamais rien de bon ne sort de ce genre de raisonnement. Jamais.


Elle se trompe peut-être mais son intuition lui dit que l’homme en face d’elle aime les choses rationnelles aussi ce sont des arguments scientifiques qu’elle oppose :

- De toute façon, sans même parler des valeurs morales autour de cette question, je m’étonne que cette façon de penser perdure chez vous. J’imagine que vous avez des scientifiques, des chercheurs ? Ici, on s’est rendu compte que chez les animaux, comme chez les humains, on ne peut pas laisser les gens qui ont le même patrimoine génétique se reproduire entre eux. C’est malsain, ça conduit à des tares physiques et mentales après quelques générations.

Difficile d’imaginer un temps où les sorciers et des gens comme elles vivaient ensemble. La mention de l’Inquisition la fait taire puis grimacer. Difficile, même quand on a fait partie des ordres, de dire que l’Eglise a toujours été un exemple. Elle n’est pas exempte de fautes, loin de là et son passé est parfois aussi douloureux à regarder que les quatre années qui viennent de s’écouler.

- Seulement quelques milliers ? A vous entendre parler l’autre jour, je pensais que vous étiez une beaucoup plus grande communauté. D’ailleurs où vivez-vous ? Pas avec nous si j’ai bien compris mais comment se fait-il qu’on ne soit jamais tombé sur une de vos villes ?

Sur sa famille, elle prend des notes. C’est important, nul doute que, si elle est une cousine, on s'attend à ce qu’elle connaisse ce genre de détails même si elle n’aurait probablement jamais l’occasion de rencontrer sa famille. En l’écoutant parler, Sa-Ri ne peut pas s’empêcher d’être un peu envieuse. Hari ne s’entend pas avec toute sa fratrie, elle le comprend rapidement mais au moins en a-t-il une. Elle, elle n’a jamais pu avoir ça et parfois, elle ne peut pas s’empêcher de se demander à quoi sa vie aurait ressemblé si ses parents l’avaient gardée. Avec tact, elle évite tout commentaires sur sa femme décédée, ayant bien compris que c’était un sujet encore douloureux, par contre elle ne peut pas s’empecher de dire :

- Non tout est clair mais par contre, tu as raison, ce n’est probablement pas raisonnable de me fréquenter. Imagine si on découvrait notre stratagème ? On peut encore faire marche arrière, tu sais ?

Oui, ils peuvent encore tout arrêter même si Sa-Ri n’a pas d’autres plans et qu’elle ne sait pas comment elle fera pour tenir sa promesse. Il n’empêche qu’elle doit le proposer, parce que ça semble être la chose à faire. Hari, lui, n’a pas l’air de voir les choses de la même façon et la discussion ne tarde pas à reprendre.

- Et tes frères et sœurs, quel âge ont-ils ? En réalité, je ne connais même pas ton âge, si ça se trouve je suis ton aînée … D’ailleurs, tu disais que ta mère dirigeait, est-ce que j’en déduis que c’est une société matriarcale ou plutôt patriarcale et ta famille fait figure d’exception ?

Elle regarde encore ses notes et marmonne pour elle-même :

- Donc vous n’avez pas de religion si j’ai bien compris. Vos enfants sont envoyés dans un pensionnat, je crois que c'est ce que Rafa m’a dit. A l’adolescence c’est ça ? Et avant ? Est-ce qu’il y a une autre école ? Comment ça se passe ?

Un peu distraite, elle reprend :

- Ca me fait penser, je crois que tu as mentionné quelque chose à propos des vêtements une fois ? On ne porte pas les mêmes ?

A chaque questions, une autre s’ajoute et la liste ne fait que s’agrandir.

- On n'a même pas évoqué l'essentiel ! Si je viens de Chine, comment est-ce qu'on s'est rencontré ? Tu connais de la famille à toi là-bas ?


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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeLun 16 Jan - 0:28



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
La conversation se fait à bâtons rompues. D’ailleurs Hari a l’impression que son interlocutrice est bien plus à l’aise, comme si elle avait finalement accepté la situation et arrivait enfin à se projeter. Dès lors, en tout cas, qu’ils ne parlent pas de choses trop intimes ou s’il n’est pas question d’insister sur cette proximité que créé fatalement le tutoiement. Néanmoins Shafiq reste un peu surpris de la facilité avec lequel elle accepte ce plan. Il voudrait bien dire à la jeune femme qu’il comprendrait parfaitement si elle ne voulait pas prendre le nom du quasi-inconnu qu’il est ou que ce n'est que temporaire, de toute façon. S’il n’avait pas de nom de famille et qu’il devait s’en choisir un, le briseur de sort se dit qu’il aimerait en prendre un qui ait du sens, même si le raisonnement est peut-être faussé par le fait qu’il a, précisément, un nom. On ne peut pas manquer de ce qu’on ne connait pas, peut-être.  Sa-Ri semble en tout cas. indifférente à cette considération, ou du moins, parait ne pas avoir envie de s’y arrêter. Noyé sous les questions plus techniques, l’archéologue songe que cette avalanche de questions concrètes est peut-être destinée à éviter de penser à ce point précis, ou peut-être à l’entreprise elle-même, comme pour écarter la tentation de faire machine arrière.

Gardant ses questions pour lui, il réfléchit donc à haute voix entre un morceau de gâteau et une gorgée de café. Cela fait de toute façon bien assez de sujets de discussions comme ça. « Hmm. Il faut que je réfléchisse. Souvent, il y a des précepteurs et on apprend plusieurs langues…le fait que tu parles un anglais parfait ne devrait pas interpeller les gens plus que ça. On parle souvent plusieurs langues, dans nos familles. Ils présumeront que c’est ça… »  En réalité, Hari compte beaucoup sur le contexte pour induire les gens dans une explication particulière, ainsi que sur leur manque d’imagination. Son histoire est crédible et il est assez bien placé pour dire que le champ des possibilités admises par les autres sangs purs est restreint. Dans leur logique, il n’est simplement pas imaginable qu’une moldue comme Sa-Ri puisse le fréquenter, alors il espère qu’ils accepteront sans broncher, du fait de leurs préjugés, sa version. « Et ce serait très impoli de te demander de faire une démonstration de chinois au pied levé… Mais c’est vrai qu’il pourrait y avoir des gens voulant bien faire. Hmm. Je devrais pouvoir informuler un sort de traduction…ça devrait suffire pour qu’ils y croient si tu dois parler chinois, ou si on se met en tête de vouloir te parler ta langue maternelle. »

Fatalement, ils en arrivent rapidement aux sang purs et Hari peine à se remettre de la position si frontalement iconoclaste de Sa-Ri. « Ça va, ça va, je survivrais. C’était juste…surprenant. J’insiste, par contre, il ne faudra pas dire ça, de l’autre côté. Il y en a qui le prendront bien plus mal que moi. »  Ce n’est même pas qu’il soit frontalement en désaccord, d’ailleurs, c’est simplement que personne – à part Marianne – ne lui a jamais présenté les choses comme ça. Et d’ailleurs, il y a chez Sa-Ri la même indignation que chez sa femme, mélange de tristesse et d’incrédulité, plus que de colère réelle. Et Hari, qui sait bien que rien de toute ça n’est faux, se trouve étrangement muet. Le sourire qu’il offre à la brune est donc un peu triste, une fois qu’il a plus ou moins retrouvé contenance : « Je sais. Nous avons eu la notre aussi. A peu près en même temps que vous. Pour à peu près les mêmes raisons. Ils ont perdu aussi. » Grindelwald n’est pas un bon souvenir et l’idée que certains excités aient repris ses idées ne lui plait pas plus. Mais ils ont le temps pour aborder tout cela. Il a aussi un peu de temps pour lui demander ce qu’elle fera si le sorcier qu’elle cherche fait partie de ces gens là…

Hari voudrait déjà pouvoir lui expliquer que tous ne sont pas comme ça et que c’est une minorité. Que beaucoup sont plus tolérants. Mais lui-même se rend compte qu’il minimiserait un phénomène auquel il n’adhère pas, mais duquel il profite. Comme lorsqu’il débattait avec Marianne, il se sent mal à l’aise, le cul entre deux chaises. « Oh, certains sont un peu hypocrites. Voire beaucoup. Nous aurions disparu depuis longtemps, s’il n’y avait pas eu d’autres alliances...simplement ça ne se dit pas. » Ne serait-ce que les Malefoy, par exemple, même si tout le monde feint de ne rien voir. Ca ferait rire Hari si ça ne le mettait pas dans une colère noire, dans le même temps. Parce que lui, puisqu’il l’a assumé, en a payé les conséquences pour les autres, et qu’il a toujours trouvé ça injuste. Mais c’est comme ça, il le sait. Il y a des batailles qu’on ne peut pas gagner ou qu’on n’a pas besoin de mener, si on peut s’en dispenser. Dans les paroles de Sa-Ri, il entend une révolte sincère, peut-être motivée par l’expérience réelle de la guerre passée, et il a pitié de la plonger dans un monde qui s’en approche, si bien qu’il ne peut s’empêcher de commenter avec un sourire compatissant : « Si je n’ai qu’un conseil à te donner, c’est de t'en mêler le moins possible. Je vois bien que te trouves ça révoltant, mais il faut choisir savoir ses combats. Ca ne fait pas vraiment partie des choses qu’on peut changer. Ou alors très lentement, et pas tout seul. Ca prendra sans doute des siècles pour que cette mentalité là disparaisse. Ça ne sert à rien de s’épuiser contre elle. » Parfois l’indifférence est la meilleure façon de se protéger et de se préserver. C’est la mentalité d’Hari, rationnelle et posée, qui veut ça, aussi. Il a acquis la conviction qu’on ne gagne rien à se dresser seul contre le système, surtout lorsque, comme la jeune femme, on n’a rien à y gagner. Son cas est un peu différent : malgré tout, il est difficile de renier totalement sa famille.

Une explication rapide sur les sorts permettant de faire disparaitre des quartiers et rendre des zones incartables et un commentaire sur le nombre de sorciers dans le monde plus tard, en évitant pour le moment de parler  - une chose à la fois - la nécessité de cacher des dragons, les voilà revenus à sa famille. La question de la brune fait un instant douter Hari. Pas de sa décision en elle-même, non, plutôt de la manière de formuler les choses et de la façon de répondre, alors qu’il triture distraitement ce qui reste de son gâteau. « Je sais. C’est gentil. » Il le pense vraiment, parce que la manière d’agir de Sa-Ri lui fait se dire qu’elle a bon cœur et que c’est une fille bien. De son côté, il ne peut rien faire sinon dédramatiser et lui adresse finalement un sourire rassurant : « Il ne faut pas t’en faire.  Je ne te le proposerai pas si je n’étais pas décidé. En fait, j’ai choisi depuis longtemps… Je ne peux pas passer mon temps à décider de ce que je fais en fonction de leur opinion. Ca n’est pas une vie. » Il y a de la détermination dans ces paroles, même s’il ne saurait pas bien lui expliquer qu’en épousant Marianne et même si ça va mieux aujourd’hui, il a de toute façon scellé son destin. Mais après tout, la rébellion de Hari Shafiq se trouve là, dans les marges qu’il se créé, poussant les murs d’un système qu’il ne peut pas abattre et jouant sur les avantages qu’il lui offre. « On continue ? »  

Chacun, après tout, a ses propres limites. On continue donc et ce sont des Shafiq qu’ils parlent à présent. « Oh, j’ai 38 ans depuis le mois dernier. Mais je ne sais pas quel âge tu as non plus, ceci dit… » Hari jette un regard curieux à la jeune femme, réalisant qu’il ne s’est jamais posé la question de savoir quel âge peut avoir la jeune femme. A vue de nez, il se juge plus vieux et elle plutôt dans les âges de Riyadh ou Reha, mais pas plus. « Je suis le troisième. Keylan a 41 ans – et deux enfants - et Chandra 39 – un enfant de son côté. Riyadh a 34 ans et Reha 33. Et…on peut dire que c’est un genre d’exception. Ma mère a une tendance dirigiste quand elle s’y met. Mais c’est une société à plusieurs vitesses, si tu veux. On attend des femmes des familles comme la mienne qu’elles se marient tôt et qu’elles aient des enfants. C’est moins le cas pour les autres sorcières, qui sont plus libre. Par contre je pense qu’on admet mieux qu’ici que les femmes travaillent, au moins avant le mariage. Et nous avons déjà eu sept femmes ministres de la magie – Wilhelmina Tuft est la huitième… » Même si la société anglaise évolue elle aussi et qu’elle comptera bientôt une nouvelle reine, paradoxalement, sur ce point, les sorciers semblent plus en avance, quoique pas de beaucoup.

Mais il est aussi très difficile de comparer les choses, en témoigne leur système scolaire : une école publique comme Poudlard, dont Hari explique ensuite le principe, serait inimaginable côté moldu. « Poudlard, pour les iles britanniques, oui. On y entre à 11 ans. Avant ce sont les parents qui font cours à la maison, ou des précepteurs pour ceux qui ont les moyens, même si ce n’est pas exactement comme ça partout. Il y a d’autres écoles, dans le monde. Il faut que je cherche de quelle école dépend la Chine, par contre… »

Il sort à son tour le carnet qui le suit partout et entreprend d’y noter cette nouvelle interrogation. Au moins, ils n’auront pas à chercher une maison crédible pour Sa-Ri, encore que Shafiq l’aurait bien vu, comme lui, à Serdaigle. Ou peut-être à Poufsouffle, mais certainement pas à Gryffondor ou à Serpentard. Quant aux vêtements, en revanche, elle est plus proche de la mode sorcière, même si elle n’a guère conscience, que beaucoup de compatriotes moldus : « Tout à fait. Je ne mentais pas pour les robes et les capes. Il va falloir qu’on trouve quelque chose pour toi… des préférences pour les couleurs ? » À nouveau, l’archéologue note quelques mots dans son carnet. Pendant ce temps, il continue à répondre au feu roulant des questions de Sa-Ri, qui semble, constate-t-il avec amusement, ne jamais devoir se tarir, au plus grand bonheur du professeur qui sommeille en lui : « Oh, je suis allé à Pondichéry il y a peu et je suis passé à Pékin, pour le travail. Je pense qu’on peut admettre que je t’ai rencontrée là-bas…si ça te va ? »


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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeMer 1 Fév - 16:56

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capDerrière le calme de Sa-Ri, il y a, en réalité, une certaine fébrilité. Elle est là, bien cachée, sous un vernis de pragmatisme et de curiosité mais il suffirait de gratter un peu pour découvrir les angoisses de la jeune femme. On pourrait s’étonner de la facilité avec laquelle elle s’en remet à Shafiq pour exécuter ce qui est devenu leur plan. Après tout, qui est-il, lui, inconnu aux pouvoirs dangereux qui n’a que deux mafieux pour le recommander ? Quoiqu’ils en disent, peu importe à quel point ils nient, ils sont tous les trois sorciers. Ils forment une caste dont les liens ne se défont pas aussi facilement qu’ils le prétendent. En tout cas, ils font partie d’un monde inconnu à Sa-Ri et dont elle n’a pas les codes. C’est bien pour ça que, allant contre ses instincts et contre toute logique, elle est bien obligée, autant que faire se peut, de se laisser guider par Hari.

C’est un gars bien, lui a murmuré O’Riordan entre deux pintes de bière. Certes mais “un bon gars”, ça veut dire quoi déjà ? Le terme est galvaudé, trop usé et a perdu sa signification. La jeune femme, qui apprécie le second, malgré sa profession, s’est bien gardée de lui expliquer que leurs échelles de valeurs n’étaient probablement pas identiques ; si bien que sa recommandation n’avait peut-être pas la pertinence qu’il pensait. Néanmoins, Sa-Ri suppose que c’est déjà ça. Si l’homme avait été dangereux pour elle, sans doute le second de Callahan l’aurait-il avertit de surveiller ses arrières. Un avertissement probablement inutile au vu des pouvoirs du sorcier. Qu’est-ce qu’une femme comme elle pourrait bien faire contre lui s’il lui prennait la fantaisie de lui faire du mal ? Sans vouloir à tout prix imaginer le pire, il faut admettre qu’elle ne connaît des sorciers que ce qu’on a bien voulu lui dire. Or, son principal fournisseur d’information reste l’archéologue et sur cette question, comme sur bien d’autres, l’ancienne religieuse n’a pas d’autres choix que de lui faire une confiance presque aveugle.

Pour canaliser ses angoisses, la jeune femme n’a trouvé qu’une seule solution, trouver le plus d’informations possibles sur le monde dans lequel elle s’apprête à entrer. A cet effet, elle a préparé toute une série de questions pour son interlocuteur. Il faut bien admettre que, tant que maintenant, celui-ci n’a fait aucune difficulté à répondre, même aux plus personnelles. De son côté, Sa-Ri a scrupuleusement noté tout ce qui lui semblait pertinent, inquiète de ne pas avoir assez d'informations pour pouvoir gérer les différentes situations dans lesquelles elle risque de se retrouver. On pourrait presque qualifier son comportement de Serdaigle tant elle s’applique à la tâche alors que, selon Hari, il est fort peu probable qu’on lui demande de prouver qu’elle est bel et bien une sorcière.

- Je ne sais pas. Ici, ça ne serait pas anodin. Ça m'arrive souvent je dirais. Quand on proposait des soins dans les quartiers plus populaires avec mes sœurs, les étrangers d’origine chinoise me parlaient d’abord dans leur langue avant de tenter de communiquer en anglais. On ne s’est jamais adressé à toi en Hindi, en Ourdou ou en Marathi au lieu d’utiliser l’anglais ?

Sa question est sincère, après tout, on peut difficilement nier les origines du sorcier mais Sa-Ri serait bien incapable de dire s’il parle une autre langue qu’anglais. L’Inde, certes moins vaste que la Chine, est un pays complexe aux multiples langues nationales, si son interlocuteur parle l’une d’elle, difficile de dire laquelle. Sans compter que la famille de Hari est sur le sol anglais depuis plusieurs générations si bien qu’il n’est pas dit qu’il ait appris la langue du pays de ses ancêtres.

Une question en amenant une autre, Sa-Ri demande, baissant la voix à l’arrivée de la serveuse qui vient débarrasser leur tasse vide :

- Informuler ? Une sorte de traduction ? Mais … Pourquoi parler une autre langue si vous pouvez tout traduire ?

Pour son interlocuteur, ça n’a pas l’air d’être grand chose et il lui explique ça comme lui dirait qu’il va faire du thé. Pourtant, du point de vue de Sa-Ri, ça semble extraordinaire. Ainsi, chacun peut comprendre l’autre sans jamais que la barrière de la langue ne soit un obstacle si bien que, soudain, une partie des problèmes que l’humanité rencontre pourraient être effacés. Une réflexion un peu simpliste, elle s’en doute et Hari ne tarde pas à le confirmer. Les sorciers, eux aussi, ont leur guerre. Preuve que la langue, si elle est un élément d’incompréhension entre les hommes, n'est pas celle qui excite le plus les conflits. Curieuse, elle voudrait comprendre les tenants et les aboutissants de ce conflit qui, d’après Hari, n’est éloigné de celui qu’ils ont vécu. Néanmoins, ça voudrait dire comprendre la politique interne sorcière (il doit bien en exister une) et elle est loin d’avoir les éléments nécessaires pour pouvoir le faire. Notant la question dans le coin de son esprit, elle continue leur discussion qui, inévitablement, devient un peu politique :

- Je comprends ce que tu veux dire, il ne serait pas sage pour moi d’attirer l’attention sur moi et de me mêler de ce qui ne me regarde pas. J’en conviens. Cela dit, on a une morale ou on en a pas. On ne peut pas juste fermer les yeux et attendre que ça passe.

Le tout est dit d’une voix douce et posée mais, consciente que ça peut être pris comme une critique directe de l’attitude de son interlocuteur, elle nuance son propos :

- Je me rends bien compte que la situation est probablement plus complexe que ce que tu m’as expliqué et que tout est loin d’être noir et blanc, je veux simplement dire que mettre la tête dans le sable en attendant que les choses se fassent donne rarement de bons résultats.


En réalité, l’ensemble de ce projet, quand elle se penche rapidement dessus semble une mauvaise idée. Aussi bien pour lui que pour elle d’ailleurs. Or, même si Sa-Ri souhaiterait être en paix avec sa conscience, elle n’a pas l’intention de le faire au détriment des autres. C’est pour ça qu’elle ne peut pas s’empêcher de proposer à Hari de mettre un terme à ce qu’ils font avant même d’avoir commencé. Ne serait-ce pas la solution la plus raisonnable pour tout le monde ? A sa grande surprise, Shafiq ne prend même pas la peine de réfléchir et lui propose de continuer. Un peu saisie, Sa-Ri profite du passage de la serveuse qui vient leur demander s’ils veulent une nouvelle théière pour cacher sa surprise.

- Avec plaisir, un thé noir, quelque chose de fruité si vous avez pour moi. Tu veux autre chose ?

La suite de la discussion est plus légère et Sa-Ri écoute attentivement la description des principaux membres de sa famille et prend quelques notes tout en répondant :

- Moi ? Oh, j’ai trente ans pour autant qu’on sache. Elle s’explique : On a estimé que je devais avoir deux ans quand on m’a trouvé alors on a arbitrairement décidé que j’étais née à la fin de la guerre en 1918 et on a décidé que le vingt-sept mars, le jour où les sœurs m’ont recueillies sur le pas de leur porte deviendrait mon jour de naissance officiel. J’ai peut-être un an de plus ou de moins. Je suppose que ce n’est pas très important. Et pour ce qui est de ma famille ma foi …

Comme tout enfant adopté, Sa-Ri s’est souvent demandé à quoi ressemblait sa famille. Qui étaient ses parents, a-t-elle des frères et sœurs ? Des questions auxquelles elle pensait que seul Dieu avait la réponse. Maintenant, comprenant l'ampleur de la supercherie, la tranquillité avec laquelle elle considérait la question a disparu et elle comprend que puisque l’au-delà n’existe pas, elle n’en saura sûrement jamais rien. En triturant le bracelet, sa seule coquetterie, qui remplace son chapelet, Sa-Ri songe que même si elle est probablement imparfaite, Hari ne mesure pas la chance qu’il a de savoir d’où il vient.

- Ça a dû être animé,
commente-t-elle avec envie.

D’amour, Sa-Ri n’en a jamais manqué. Les sœurs, parfois austères, parfois maladroites mais toujours bien intentionnées, ont fait de leur mieux pour fournir à l’enfant trouvée qu’elle était toute l’affection qu’elle méritait. Néanmoins, si elle n’a jamais manqué de rien, elle s’est souvent sentie seule. A la fois trop ordinaire et extraordinaire pour avoir de réels amis proches, le fait d’être la seule enfant du couvent lui a souvent pesé. Rien d’étonnant à ce que, au terme de ses années d’études, elle se soit tournée vers celui qui l’aidait dans ses moments difficiles.

Après avoir discuté de quelques autres questions pratiques, ils se tournent vers le vestimentaire et Sa-Ri se sent un peu gênée d’aller expliquer ses préférences à un homme. Sa tasse de thé en main pour se donner une contenance, elle essaie de dissimuler sa gêne :

- Oh non, je ne suis pas difficile. J’évite le noir, ça me rappelle souvent l’uniforme du couvent. Enfin, si vous êtes adeptes des robes et des capes, ça ne changera pas beaucoup de ce que j’avais l’habitude de porter au couvent.. Devançant une question, elle explique : Les moniales portent généralement une longue robe noire, quoiqu’elle puisse être blanche, bleu ou brune dans certains ordres recouvert d’un grand scapulaire blanc, c’est une pièce d’étoffe qui recouvre notre dos et notre poitrine. Certaines d’entre nous portaient encore la Guimpe, ça entourait le visage et recouvrait les épaules mais c’était rare, la plupart portaient simplement un voile.

Il y a un silence et Sa-Ri s’éclaircit la gorge, clairement gênée :

- Par contre, comment va-t-on faire pour les acheter ? Et pour les payer ? Pour dire les choses platement, je ne suis pas spécialement en fond. Les moniales n’ont pas de possession personnelle.

Oh bien sûr, Sa-Ri a un peu d’argent mais elle doit toujours rembourser O’Riordan pour son prêt et elle n’a aucune idée de la valeur de l’argent dans le monde sorcier. Particulièrement mal à l’aise, elle saute sur l’occasion lorsqu’ils changent de sujet :

- Oui, ça me semble cohérent. Je suppose qu’on devrait mêler un peu de vérité aux mensonges. Mes parents sont décédés et je n’ai pas de frères et sœurs. Ca éviterait toutes questions gênantes et surtout ça ne leur donnera pas l’idée de contacter qui que ce soit.

Pour elle, il vaut mieux prévenir que guérir et avoir un background satisfaisant leur évitera bien de déconvenues. Ca ne l’empêche pas de pousser un long soupir devant l’étendue de ce qu’elle ne sait et pour la centième fois depuis le début de la journée, dès qu’elle prend la peine de rationaliser ce qu’elle est en train de faire, Sa-Ri prend peur et se demande dans quoi elle s’est lancée.

- Tu n’aurais pas un livre qui parlerait des sujets généraux ? Votre système politique, l’éducation, etc. Rafael me disait qu’il y avait beaucoup de gens comme lui, issus de famille non sorcière qui arrivait à Poudlard un peu perdu. Il doit bien y avoir des livres pour les parents ou pour les enfants pour pouvoir se mettre à jour, non ? Plus j’en sais, mieux ça sera, je ne risquerais pas de faire un faux pas. D’ailleurs, il faudrait définir d’une date où on commencerait vraiment à mettre tout ça en marche, non ? Sans quoi on risque de procrastiner indéfiniment.






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Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeLun 6 Fév - 22:05



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
Les incompréhensions ne s’en iront pas en un jour, entre Hari et Sa-Ri. Il faudrait déjà qu’ils comprennent que ce qui est naturel pour un ne l’est pas pour l’autre. C’est de là que vient leur surprise mutuelle et perpétuelle. Les questions qu’ils se posent mutuellement sur l’usage des langues et leur rapport respectifs à leurs origines en témoigne parfaitement. Ainsi l’archéologue est assez surpris lorsque l’ancienne religieuse lui demande si personne n’a jamais essayé de lui adresser la parole dans une langue indienne. « Non. Enfin, pas chez nous. Mais comme je le disais, c’est un tout petit monde : les gens savent qui nous sommes. » Les Shafiq sont connus, on sait qu’ils sont anglais et comment leur parler. Pour certains d’entre eux, on sait même si on peut leur adresser la parole ou non, à commencer par Sélène, la mère de Hari, si bien qu’il ne voit pas à quel moment, sauf en Inde, effectivement, la situation décrite par Sa-Ri pourrait se produire. Et à l’inverse, il ne comprend pas quel tourment vient soudainement de la prendre lorsqu’il se met à parler de traduction et explique simplement : « L’informulation est une technique qui permet de faire de la magie sans prononcer de formule magique – un sort, si tu préfères. Et on apprend des langues pour la culture général, je suppose, mais tout le monde ne le fait pas, justement parce que l’on peut traduire par magie ce que dit l’autre... Je suppose que c’est un peu comme chez vous sur ces points, il est de bon ton d’apprendre plusieurs langues lorsqu’on est fortuné ? On m’a fait apprendre le français et le latin – beaucoup de formules magiques sont latines - de mon côté, mais c’est tout. »

Paradoxalement, leur divergence de vue concernant la hiérarchie sociale du monde sorcier est, elle, plus révélatrice de leur personnalité et de leur vision du monde que de leur origine. Hari hésite d’ailleurs à laisser couler. Finalement, il se contente de hausser les épaules sans vraiment contredire la jeune femme : « Je sais. Mais il y a d’autres alternatives entre faire front seul et tout laisser couler. On l’apprend au fur et mesure, après quelques gifles. Crois-moi. J’en ai pris quelques unes. » Que dire de cette réponse un peu vague ? Qu’il applique ses propres principes et qu’il ne cherche pas à perdre son temps dans un conflit inutile. Le briseur de sort sait qu’il ne convaincra pas la brune. A moins qu’il ne reste sur cette position un peu défensive pour éviter de reconnaitre ce qu’il dirait s’il était parfaitement honnête : que Sa-Ri a raison, et qu’il se trouve un peu honteux d’avoir abandonné le combat. Mais c’est qu’il est difficile à mener pour Hari : comment réussit-on à s’extraire d’un système où on est né et dont on profite, même en gardant un regard critique sur lui ? A moins, encore, que ce ne soit pour éviter, s’il s’avisait de répondre plus précisément, de lui qu’elle parle ainsi parce qu’elle ne sait rien de ce que cela coute de se dresser seul contre les sang purs, contrairement à lui, et que c’est facile de parler tant qu’on n’a pas vraiment à se battre. Mais ça n’est pas sa faute, et quelque part, Hari ne lui souhaite pas de payer le même prix que lui. Au contraire, parce qu’elle a bon cœur, s’il pouvait le lui éviter, il le ferait, d’où cette mise en garde. C’est bien, que tout le monde ne soit pas aussi amer que lui. C’est dur à vivre, l’amertume, surtout celle qui vient de sa propre impuissance. Il faut être capable de s’y habituer. Il ne la souhaite à personne.

Pour autant, Hari est-il justement si amer, si blasé ? Peut-être pas. Il a encore des sursauts de fierté et de compassion pour l’autre, des élans de courages irrationnels, et c’est de là que vient sa réponse si rapide et si ferme. Comme si l’envie d’y croire était encore là, sous-jacente, prête à se réveiller. Au fond, beaucoup d'amis autoproclamés du genre humain, n'ayant à la bouche que les mots de bienveillance et de compassion, sont en réalité plus égoïstes et indifférents que ce garçon qui a passé sa vie à se peindre sous les traits d'un indifférent. Mais il n’aimerait pas qu’on le découvre ou devoir s’en justifier. Heureusement, Sa-Ri ne parait pas trop savoir quoi en dire. Lui a un instant envie de lui demander si ça la surprend, mais il renonce, content de son effet, parce que lui évite devoir s’expliquer. « Juste un café, merci. »

Bizaremment, l’écouter ensuite parler de son âge lui fait de la peine, sans qu’il ne sache bien pourquoi ni trop quoi dire. Finalement Hari se sent un peu coupable de lui avoir retourné la question, quoique la jeune femme ne paraisse pas en prendre vraiment ombrage. Peut-être est-ce l’habitude et le fait qu’elle n’ait connu que cela et qu’elle ait appris à vivre avec. Mais tout de même. Comment est-ce qu’on est censé vivre, avec aussi peu d’informations sur soi même, et se construire sans savoir d’où on vient ? « J’aurais dit ça aussi. C’est un bel âge. » Il lui offre un sourire, mais ne sait pas quoi dire d’autres. Ses querelles familiales sembleraient probablement dérisoires à Sa-Ri et il se sent un peu coupable et fautif, comme s’il avait gâché une chance qu’elle n’a pas. Alors Hari ne peut qu’ajouter avec le maximum de tact possible : « J’en profite…n’hésites pas à me dire si tu trouves mes questions indiscrètes ou quoique ce soit, je ne le prendrai pas mal. Je me doute qu’on a du te les poser des milliers de fois sans se demander si tu voulais y répondre ou non, et je ne voudrais pas être blessant sans m’en rendre compte. »

On pourrait croire que les détails pratiques seront plus facile à régler, une fois évoquée sa famille - "ça l'était", commente-t-il sobrement - bien que ce soit tout aussi nécessaire. En fait, aucun des deux ne l’est. Car une fois que Hari a saisi que les religieuses sont très traditionalistes - « Je vois. C’est un peu strict, non ? Et pourtant, je ne crois pas que nous soyons les plus modernes… » - le reste devient plus complexe. « Hum. Je n’avais pas pensé à ça. Je peux…enfin, l’argent n’est pas un problème de mon côté et je m’en voudrais de t’imposer cette charge alors que c’est lié à nos exigences vestimentaires et pas à un choix de ta part. » Comme tous les gens riches, il n’imagine pas qu’on puisse manquer d’argent, car ça n’a jamais été un problème pour lui. Et comme ça ne l’est pas, il est tout disposé à tout offrir à Sa-Ri – ça ne lui manquera pas – en se disant que ça l’aidera. Sans réaliser, évidemment, que de tels cadeaux peuvent froisser la fierté de la brune et la gêner alors qu’ils se connaissent à peine. L’idée que cela puisse être un prêt ne l’effleure pas plus que celle qu’elle puisse se sentir redevable et ne pas aimer cela et il ajoute avec bonhommie, comme si l’affaire était entendue, pour clore le sujet : « De toute façon, tu ne pourrais pas payer directement, il faut de l’argent sorcier. »

Reste que ça ne leur dit pas comment faire. « Et pour le reste…Je suppose que ça attirerait trop de questions si tu devais venir avec moi chez le tailleur. Et si je te fais livrer chez ta logeuse il en ira de même…Le plus simple est peut-être que j’achète quelques robes et que tu les essayes ensuite chez moi. S’il y a des ajustements à faire, je devrais pouvoir les réaliser…si ça te convient ? Je sais que ce n’est pas tout à fait idéal, mais je ne vois pas d’autres solutions. » A son tour, cette fois, d’être un peu gêné. Hari n’a jamais acheté de robe pour qui que ce soit sinon lui-même, même pas à Marianne, se limitant aux bijoux, alors s’y prendre seul pour Sa-Ri, qu’il connait à peine, lui semble quasiment insurmontable. C’est comme s’il entrait soudainement dans son intimité et le voilà bien gêné pour lui demander : « Et…est-ce que tu as des préférences en termes de taille ? Je n’ai pas vraiment l’habitude d’acheter des vêtements pour femme… »

Finalement, ce qui le met le plus à l’aise, c’est encore de peaufiner leurs mensonges. « Ca me semble parfait. » Approuve-t-il résolument. C’est plus facile aussi si elle s’implique de toute façon, et c’est comme si elle avait moins peur, ou du moins qu’elle se connaissait assez pour chercher à combattre celle-ci. Alors Shafiq se décide à lui donner un coup de main et répond d’un ton affable : « Je peux regarder si je trouve quelque chose chez Fleury & Bott. C’est une de nos librairies. Je te ferai passer ça par Rafa, si tu veux ? En début de semaine prochaine ? » Ce qui le mène à proposer en dernier lieu : « Le temps que tu lises ça, je pense qu’on pourrait se donner rendez-vous dans deux semaines. Je peux venir te chercher. On va chez moi, tu essaies les robes, et de là, je pourrais t’emmener visiter Pré-au-Lard. Un de nos villages. Ce sera vers Noel, c’est plutôt joli à cette période. En tout cas, ce sera plus calme que le chemin de Traverse, ici. Nous pourrons y aller dans un deuxième temps, quand tu seras plus familière et plus à l’aise avec l’autre côté, et puis commencer à mener nos recherches dans les archives des journaux. Ca te convient ? dans deux semaines donc ? »
(C) CANTARELLA.

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