AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Passer le cap - Hari

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Moldu
Sa-Ri
▌ Messages : 69
Humeur :
Passer le cap - Hari  Left_bar_bleue50 / 10050 / 100Passer le cap - Hari  Right_bar_bleue

Nouveau nom (voyageurs temporels) : /

QUI SUIS-JE?
Baguette:
Camp: Neutre
Avatar:

Passer le cap - Hari  Empty
Message#Sujet: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeJeu 3 Nov - 22:16

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capRoy Kelly est quelqu’un de simple. Homme de main du clan Callahan, il fait partie de ces gars assez futés pour qu’on lui fasse confiance mais pas assez pour vraiment monter en grade. Il faut dire que si Roy a bon nombre de qualités, on compte généralement plus sur ses capacités physiques que intellectuelles. Ca lui allait très bien jusqu’il y a peu. En réalité, en homme d’habitude, il s’est toujours dit qu’il était très bien à sa place, sans jamais chercher à monter plus haut. Pourtant, depuis que Sa-Ri est dans le paysage, il sent une opportunité et alors que ce genre de choses ne l’avaient intéressé auparavant, il est frustré à l’idée qu’il pourrait louper sa chance.

Etre rangé ? Ça fait rire les gars, mais il se dit “ pourquoi pas”. A plus de trente cinq ans, l’homme se voit bien avoir des enfants. Ses frères en ont déjà et il se dit que ça ferait plaisir à sa mère. Si Roy réfléchissait un peu, il verait rapidement que ce n’est pas tant Sa-Ri qu’il regarde que ce qu’elle peut offrir. On lui en a d’ailleurs déjà fait la remarque mais il a balayé la réflexion d’un geste de la main. C’est une jolie femme, a-t-il argué, plutôt exotique. Assez agréable à vivre. Pas le genre qui viendra l’ennuyer et puis elle s’entend bien avec sa mère, elle est dans le milieu. Des avantages indéniables pour un homme qui se dit qu’il se caserait bien à peu de frais.

Ce qu’en pense Sa-Ri ? C’est très secondaire dans la tête de Kelly. Un peu vieux jeu, il se dit que toutes les femmes veulent se marier et que celle-ci ne doit pas faire exception à la règle puisqu’elle a quitté le voile pour redevenir une civile comme les autres. Irlandais jusqu’au bout des ongles, il n’est pas de ceux qui vont à l’église mais il croit en Dieu. Or, en un sens, il aime bien l’idée qu’elle ait été nonne. Elle est pure, on en est sûre. Le genre de femme qui n’irait pas faire des choses dans son dos. Le genre de femme respectable dont on fait la mère de ses enfants. Un plan tout trouvé qui devrait, selon lui, se mettre en oeuvre sans trop de soucis si ce démon de Shafiq décide de rester à l’écart.

Comme beaucoup d’hommes du clan, ça a fait tiquer la première fois qu’on a vu Hari au Cohan. Oh bien sûr, les hommes de couleurs sont des hommes libres depuis longtemps en Angleterre mais tout de même, il y a les colonies et on sait que si tous font partie du Commonwealth, tous n’ont pas le même statut. Alors quand il a débarqué et qu’on a finalement vu que c’était un ami du patron, on a laissé passer mais ça n’a pas empêché certains de grincer des dents. Roy, lui, peu occupé par la politique interne du Cohan n’en avait cure mais ça, c’était avant Sa-Ri et avant que Shafiq ne semble lui porter une attention particulière.

D’ailleurs, alors que la porte s’ouvre pour laisser passer la jeune femme, c’est vers elle que son regard se tourne et se fixe sans la quitter des yeux alors qu’elle descend l’escalier en saluant d’un signe de tête les quelques personnes qu’elle connaît. Elle lui fait signe de loin avant de se diriger vers le bar pour parler à Liam. Il ne l’a pas vu regarder Hari, ça le rassure, mais lui, ses yeux sont toujours fixés sur l’étranger et il constate, agacé qu’il continue de la regarder tout en buvant son verre.

De son côté, Sa-Ri, contrairement à ce que Roy pense, a vu Hari en arrivant. Elle ne lui a jeté qu’un bref regard avant de se diriger vers le bar où elle a demandé où se trouvait Florence. En réalité, la jeune femme espérait trouver le sorcier au bar. Après avoir discuté avec Rafa et réfléchi, elle a fini par se dire que Shafiq était probablement sa seule solution. Si elle n’est tout de même pas nécessairement rassurée par l’homme en question, le témoignage du second en sa faveur pèse tout de même dans la balance. Le Cohan était un repère a commère et étant peu désireuse de lancer toute sorte de rumeur, Sa-Ri fait comme d’habitude et se dirige là où se trouvent les filles. Florence, qu’elle a appris à connaître saura sûrement l’aider. Elle ne tarde pas à partir, sans un regard pour Hari et faisant un nouveau signe de tête à Roy. Un peu déçu de ne pas avoir pu lui parler, il retourne à sa bière alors que Florence arrive au niveau de la table de l’étranger. Après un bref dialogue, lui aussi se lève, se dirigeant vers la sortie sans soulever la moindre suspicion si ce n’est celle de Roy.

Sa-Ri, elle, est déjà partie depuis un moment. En route pour un salon de thé un peu en dehors du quartier où elle a indiqué à Hari, par l’intermédiaire de Florence, de la rejoindre. C’est d’ailleurs probablement là que le sorcier se dirige quand, dehors, il se fait arrêter par Roy.

- Eh l’ami, pas si vite. J’espère que ce n'est pas Miss Sa-Ri après qui tu pars si précipitamment, c’est pas ce genre de fille. Revient plutôt à l’intérieur, on te trouvera quelqu’un.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
Hari Shafiq
▌ Messages : 31
Humeur :
Passer le cap - Hari  Left_bar_bleue50 / 10050 / 100Passer le cap - Hari  Right_bar_bleue

En couple avec : Veuf.

QUI SUIS-JE?
Baguette: Sycomore, 29,4 cm, ventricule de dragon
Camp: Neutre
Avatar: Riz Ahmed

Passer le cap - Hari  Empty
Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeDim 6 Nov - 1:01



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
Attablé dans un coin du Cohan, Hari ne prête guère attention à la salle, plongé dans la lecture de la revue historique qu’il annote consciencieusement dans un carnet dans une série d’observations aussi précises qu’illisibles. Il a bien conscience que certains le regardent, cependant, quoiqu’il fasse semblant de ne pas le voir. Le briseur de sort en a pris son parti et compris très vite qu’il valait mieux procéder ainsi. En général, il cesse rapidement d’être un objet de curiosité, passé la première vision de sa personne, la consigne du second étant passée très vite. Ayant eu l’occasion de jouer au poker et de raconter quelques histoires de voyages aux plus hardis d’entre eux, l’entente est devenue réciproque. Mais hormis Liam et Florence, qui l’a salué avec bonne humeur, Shafiq ne connait aucun des habitués du jour. Aussi fait-il non pas profil bas, mais preuve de discrétion. Tant qu’on ne lui demande rien, il ne demande rien, et tout le monde cohabite pour le mieux.

Cela dit, Hari relève de temps en temps la tête lorsque la porte s’ouvre. Quand c’est calme, il lui arrive de disputer de longues parties de cartes avec Callahan et O’Riordan. Aucun des deux n’était là à son arrivée, aujourd’hui, un peu après le déjeuner. Liam n’a rien pu lui dire, même si l’archéologue soupçonne fortement le barman de ne pas avoir voulu parler de ce qu’il savait, en réalité. Hari ne lui en veut pas, c’est une preuve de loyauté, et lui est patient. Comme il n’a rien d’autre à faire qu’attendre, il s’est tout simplement installé. Mieux vaut ça que l’affreux déjeuner passé avec ses parents, âprement négocié avec son père qui a argué que ça ferait plaisir à sa mère. Tu parles. Entre deux reproches sur le fait qu’il ne vienne pas assez souvent et qu’il ne daigne pas faire la conversation à sa mère lorsqu’il vient, c’est une Sélène très en forme qui est revenue à la charge concernant son remariage et qui lui a annoncé qu’elle lui avait trouvé deux autres prétendantes. Ça a été la goutte d’eau pour Hari, déjà contrarié par le fait qu’il stagne sur son dossier en cours à Gringotts – et il se connait, tant qu’il n’aura pas résolu cette affaire Mallory, il n’arrivera pas bien à avancer le reste.

Avec tout ça, il en oublierait presque Sa-Ri. Hari n’est pas du genre à courir après les gens si on ne veut pas de lui. Ce qui le conduit parfois à l’isolement pur et simple, qu’il sait mal rompre et qui le fait souffrir quoiqu’il en dise. C’est bien pour cela qu’il a pris autant de distance avec sa famille lorsqu’il s’est marié, et têtu, il n’a pas su – et ne sait toujours pas vraiment – renouer les liens. Même si ça va mieux, ça ne sera jamais comme avant, l’archéologue le sait. Mais en tout cas, s’il s’agit de laisser aux gens une période de réflexion pour se décider, Hari est suffisamment fin et patient pour voir lorsque c’est nécessaire. Cependant, lorsqu’il lève la tête une nouvelle fois alors que la cloche de la porte d’entrée tinte et qu’il aperçoit la jeune femme, il ne peut s’empêcher de se demander si c’est pour lui qu’elle est là. Mais Sa-Ri ne parait pas décidée à venir lui parler, ni même à rester. Scrutant de loin son curieux manège, sans prendre garde au fait qu’il est lui-même observé, Shafiq la voit repartir rapidement après avoir glissé quelques mots à Florence.

Quelques instants plus tard, celle-ci s’approche mine de rien pour lui expliquer ce que lui a dit Sa-Ri. « Oh. D’accord. Je vais y aller. Merci beaucoup. » Ainsi, elle veut donc le voir. Bon. Hari se fend d’un sourire. Ainsi elle s’est donc bien décidée. Ravi de voir que les choses avancent, et peut-être aussi qu’elle n’est pas traumatisée au point de le fuir éternellement, il paye et attrape son manteau pour partir. C’est là qu’un grand type à la dégaine de brute le rattrape. « Plait-il ? » Hari n’a pas l’habitude qu’on lui dise quoi faire ou dire. Comment peut-on être sans gêne à ce point là ? Ce n’est même pas que le type lui fasse peur, d’ailleurs. C’est simplement qu’il ne comprend pas ce qui lui vaut cette soudaine hostilité, ni une telle grossièreté. Bonne ou mauvaise réaction, la seule manière dont il sait traiter ce genre d’insultes latentes est de les traiter avec hauteur et mépris. « Et vous êtes ? Je ne crois que nous ayons été présentés…oh. Le fils de la logeuse, évidemment. » Hari, jusqu’à là neutre quant à Roy Kelly, ne peut s’empêcher de trouver le personnage extrêmement déplaisant. Il n’est certainement pas petit, mais il est manifeste qu’il prendrait bien le rôle de fiancé et qu’il est aussi rustre que goujat et prompt à se faire des idées. S’il avait abordé les choses plus poliment, Shafiq se serait contenté de dissiper le malentendu, puisque le briseur de sort n’a aucun intérêt pour la vie amoureuse de Sa-Ri. Mais il déteste les intentions que Roy lui prête ; pire il lui semble que c’est Kelly qui fait des sous-entendus quant à la moralité de Sa-Ri. Et si l’archéologue aimerait éviter une nouvelle bagarre – sans compter qu’il risque d’être en retard - il n’est pas question qu’il laisse passer ce genre de comportements : « Je ne crois pas avoir à v… » Il n’a pas le temps de finir que l’autre lui enfonce un doigt rageur dans la poitrine : « Roy Kelly, ouais. Écoute-moi bien mon gars, joue pas au plus malin avec moi. T’es peut-être dans les bonnes grâces du patron et de Rafa, alors t’es le bienvenu au Cohan. Mais Miss Sa-Ri n’est pas du clan. Tu comprends ce que je veux dire ? » Shafiq comprend parfaitement, mais il ne goute guère aux menaces qu’il reçoit et il ne compte certainement pas se laisser faire.

Cependant, l’arrivée de Florence, sortie fumer une cigarette, lui épargne d’avoir à décider s’il va oui ou non coller son point dans la figure de Roy Kelly : « Qu’est-ce que vous faites, vous deux ? Vous ne m’aviez pas dit que vous partiez, Hari ? » Un grand sourire aux lèvres, Roy s’écarte : « Oh, c’est rien, Flo’, tu nous connais, on discutait. J’expliquais à Shafiq comment fonctionne le quartier. Tu sais bien comment c’est, quand on connait pas Kilburn. Vaut mieux pas y trainer tout seul. Salut, Shafiq. » Et de s’en retourner dans le bar en sifflotant, manifestement certain que son message est passé et qu’on ne reverra pas Hari de sitôt au Cohan. Ce dernier le suit du regard, pensif. Il n’est pas impressionné, ayant parfaitement la capacité de se défendre, ce que Kelly n’a pas du tout réalisé, mais il se dit aussi qu’on aurait tort de sous-estimer l’irlandais. Il est plus vicelard qu’il en a l’air, sous ses airs de grands dadais.  L’archéologue a effectivement très bien saisi les menaces à peine voilées que Kelly lui a adressé, mais il ne peut pas vraiment se permettre de contredire l’homme de main, sans quoi ce serait lui qui passerait pour un imbécile, voire un menteur, à présent. Contraint de faire bonne figure,  il a un geste vague à l’intention de Florence, signe de laisser couler, et la salue pour se diriger vers le lieu de rendez-vous fixé par Sa-Ri.

La jeune femme est déjà installée lorsqu’il arrive. « Bonjour. » S’installant en face d’elle, Hari en profite pour commander un café. « Je suis navré, j’ai eu un léger contre-temps au Cohan. J’ai croisé Roy Kelly…il est du genre possessif, non ? »  Il se voit mal ne rien en dire, malgré tout. Au moins pour qu’elle comprenne que Roy est sérieux dans ses intentions et qu’elle puisse lui répondre, parce qu’elle n’avait l’air de le réaliser. « Bref. Florence m’a transmis votre message. Vous vouliez me voir ? »
(C) CANTARELLA.

_________________
Restless
People are crazy and times are strange, I'm locked in tight, I'm out of range, I used to care...but things have changed
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Moldu
Sa-Ri
▌ Messages : 69
Humeur :
Passer le cap - Hari  Left_bar_bleue50 / 10050 / 100Passer le cap - Hari  Right_bar_bleue

Nouveau nom (voyageurs temporels) : /

QUI SUIS-JE?
Baguette:
Camp: Neutre
Avatar:

Passer le cap - Hari  Empty
Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeLun 7 Nov - 0:26

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capVoilà, c’est fait. Cette fois-ci, on ne peut plus revenir en arrière. En arrivant au Cohan tout à l’heure, Sa-Ri a senti, l’espace d’un instant, sa résolution faiblir. Il faut dire qu’elle n’est toujours persuadée qu’apporter sa confiance à Hari Shafiq soit la meilleure idée qu’elle ait eu mais, pour le moment, elle n’en a pas d’autres. O’Riordan comme Callahan se sont portés garant de l’homme, Florence comme Liam ont l’air de l'apprécier et il semble que, dans le quartier, ça soit les meilleures références qu’elle puisse avoir. De toute façon, il faut se lancer. Cette lettre ne peut tout simplement pas rester dans son tiroir. Pendant un moment, il a été question de l’oublier. La mettre entre deux livres et faire comme si elle ne l’avait jamais reçue. La tentation est grande, tout comme celle de confier le courrier au sorcier et de s’en laver les mains mais Sa-Ri n’a pas réussi à s’y résoudre. Toute son éducation l’en empêche et ce n’est pas à son âge qu’elle peut se départir des valeurs qui ont fait sa vie. Finalement, il n’y a donc que Hari pour vraiment lui prêter main forte. Rafael, Finn et apparemment celle que l’on appelle la patronne mais que Sa-Ri n’a encore jamais croisé, font d’une certaine façon partie de ce monde sans y être assez associé que pour vraiment lui être utile.

Quoiqu’elle fasse généralement preuve de peu de fierté, il lui a tout de même fallu un moment pour se décider à aller trouver l’homme. Lorsqu’elle est arrivée dans le bar, il ne lui a fallu qu’un coup d'œil pour le voir attablé de toute évidence occupé avec des choses qu’elle ne reconnaissait pas. Préférant éviter les ragots, c'est vers Florence qu’elle a décidé de se tourner. Elle sait que la rousse n’est pas moins friande de ragots que le reste du Cohan mais elle sait au moins faire preuve de discrétion. Nul doute qu’elle se fera son opinion sur la situation et n’hésitera pas à les presser de question mais mieux vaut ça que d’avoir l’ensemble du Cohan qui spécule sur leur dos.

La pauvre Sa-Ri est bien loin de se douter que Roy, a qui elle n’a prêté que le minimum d’attention, lui suit ses moindres faits et gestes. Son manège n’est pas passé inaperçu et si le fils de sa logeuse ne sait pas qu’elle est à l’initiative de la rencontre qui doit avoir lieu, il comprend rapidement que Hari ne part simplement pas parce qu’il en avait assez des lieux. En réalité, elle est même en train de se demander ce qui lui prend autant de temps. Assise près de la fenêtre du salon de thé, elle regarde la rue en se demandant pourquoi elle ne voit pas le sorcier arriver. Aurait-il changé d’avis et décidé que c’était trop d’ennuis ? On ne sait jamais lui, il semble aussi changeant et insaisissable que l’eau si bien que la jeune femme a en réalité un peu de mal à le cerner. Tant pis, songe-t-elle en examinant sa montre. Elle a fait ce qu’elle a pu et s’il ne vient pas, on ne pourra pas dire qu’elle n’a pas utilisé tous les moyens à sa disposition pour essayer d'éclaircir cette histoire.

Elle en est au stade où elle évalue le temps qu’elle peut encore l’attendre lorsque la clochette de la porte se fait entendre et Shafiq apparaît enfin. Il semble un peu déplacé dans le salon de thé, tout comme elle. C’est un bel endroit, assez petit et confortable, réservé aux habitués. La population est plutôt âgée que jeune et la décoration, assez chargée, est au goût de la population qui le fréquente. Néanmoins, c’est avec un sourire et beaucoup d’amabilité qu’on vient prendre leur commande.

- Je pensais que vous aviez renoncé à venir en réalité, j’hésitais à partir, répond-elle avec honnêteté quand son interlocuteur s’excuse de son retard.

La suite l’étonne et la surprise se lit sans difficulté sur son visage lorsqu’elle répète avec incrédulité :

- Roy ?

Difficile de ne pas comprendre où Shafiq veut en venir et là voici donc embarrassée et ne sachant pas très bien quoi dire. Voilà une chose à laquelle elle ne s’attendait pas.

- Ça doit être un malentendu. Probablement parce que je vis chez sa mère. Rien d’autre.


Néanmoins, les sous-entendus de O’Riordan et la remarque de Hari lui font penser qu’elle se fourvoie probablement.

- J’espère qu’il ne vous aura pas trop importuné à cause de moi. Je suis vraiment navrée.

Elle l’est réellement et en réalité, Roy, sans le savoir, permet de briser la glace entre eux. Puisque la discussion est finalement tout ce qu’il y a de plus banal, Sa-Ri se détend et son ton est un peu moins formel quand elle demande :

- Que voulait-il exactement ?

Hélas, Kelly ne peut pas être leur unique sujet de conversation et elle a bien demandé à Hari de venir pour autre chose. Elle s’apprête à lui répondre quand leurs boissons arrivent. La jeune femme laisse la serveuse déposer les tasses et elle s’autorise un sucre, une gourmandise par rapport à ce qu’elle faisait au couvent, avant de reprendre :

- Oui, j’imagine que vous vous doutez du pourquoi. Ce n’est pas vraiment une surprise.

Sans compter qu’elle n’aurait, sans cette raison précise, aucun besoin de l’inviter à prendre un verre.

- J’ai réfléchi à votre proposition et je crois que c’est ma seule possibilité, je vais donc accepter votre aide même si je ne sais pas réellement ce que ça implique.

Et Dieu sait que si elle savait, peut-être reverrait-elle ses positions.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
Hari Shafiq
▌ Messages : 31
Humeur :
Passer le cap - Hari  Left_bar_bleue50 / 10050 / 100Passer le cap - Hari  Right_bar_bleue

En couple avec : Veuf.

QUI SUIS-JE?
Baguette: Sycomore, 29,4 cm, ventricule de dragon
Camp: Neutre
Avatar: Riz Ahmed

Passer le cap - Hari  Empty
Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeVen 11 Nov - 1:13



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
Encore un peu contrarié de l’incident avec Roy, Hari ne prend pas la peine de prendre ombrage de ce que lui dit Sa-Ri. D’ordinaire, il s’offusquerait peut-être ce que l’on puisse douter de son éducation, alors qu’on lui a appris à faire preuve de la plus extrême correction, dont le premier élément est bien entendu d’entretenir une exactitude parfaite quant à l’heure de ses rendez-vous. En réalité, s’il se fend d’une grimace contrariée, celle-ci est encore liée à Kelly et au fait que celui-ci le fasse, en plus du reste, passer pour un retardataire discourtois au possible. « Je comprends. J’aurais essayé de vous prévenir, tout de même. Ça n’aurait pas été très poli de ma part, sinon. » Abonde-t-il donc.

Il n’a donc pas le choix que d’expliquer les raisons de son retard et de parler de Roy Kelly. « Je crois qu’il se verrait bien être pour vous un peu plus que le fils de votre logeuse, justement, si vous voyez ce que je veux dire. » Du moins l’espère-t-il, car Sa-Ri ne paraissait pas du tout l’avoir envisagé de cette manière, jusqu’à là. Peut-être Roy Kelly n’est-il tout simplement pas son genre d’homme, à supposer qu’elle en ait un. S’il n’en était pas la victime collatérale, Hari s’amuserait follement de ce malentendu et des efforts de Roy. Les déboires amoureuses des autres sont une distraction efficace, comme beaucoup de choses un peu futiles qui lui évitent de penser aux siennes, qui sont graves. Il a sans doute hérité d’un léger côté cancanneur, pris de sa mère, tendance représentative de l’état d’esprit sang pur et des gens riches qui n’ont rien à faire d’autres en général. Mais à la différence de ceux-là, le briseur de sorts n’est pas du genre à être insensible au malheur des autres et lorsque les gens en souffrent, il considère que l’amusement et les ragots doivent cesser. Rire avec les gens, oui, caricaturer peut-être, mais pas à leurs dépens. Or ici, Sa-Ri lui parait bien malgré elle victime de tout cela, et qui plus est gênée de sa mésaventure, comme si elle en était la source. Hari se fend donc d’un sourire rassurant : « Vous n’y êtes rien et j’en ai vu d’autres, ne vous en faites pas. Il en faut plus pour m’impressionner. »

Quant à ce qu’il voulait réellement… Shafiq n’est pas très impressionné, alors il se contente de hausser les épaules et de remarquer avec tranquillité : « Oh, je pense qu’il me perçoit comme un rival, ne pouvant imaginer pourquoi vous souhaitiez me voir. » En le disant, l’archéologue se rend compte que c’est – une nouvelle fois – un peu gênant et vexant. Il n’est pas intéressé par Sa-Ri, dans le sens où il n’y a aucune ambiguïté entre eux et il ne la drague pas, mais ce genre de remarque, si on s’y attarde trop, peu devenir vexante et/ou être mal interprétée. Il a déjà donné lorsqu’elle a cru qu’il proposait de l’aider une première fois, alors Hari décide de ne pas s’attarder, trouvant le sujet précaire, et revient à Kelly lui-même en espérant que la jeune femme ne lui posera pas de questions en retour. « Il a donc essayé de me faire comprendre qu’il ne fallait pas que je m’intéresse à vous et que je vous laisse tranquille. C’était un peu menaçant, même si je ne pense pas qu’il essayera de faire plus. Il y a beaucoup de gueule, si j’ose dire, et pas grand-chose qui suit derrière. » Du moins rien qui ne soit réellement menaçant du point de vue de l’archéologue. Cette assurance n’est pas feinte. Il est en réalité largement en mesure de se défendre contre un type comme Roy Kelly. C’est même plutôt pour ce dernier qu’il faudrait s’inquiéter. Hari est plutôt bon duelliste, mais ici, ce serait clairement inégal, et l’homme de main fait preuve sans le savoir, et pour cause, d’une certaine inconscience en le provoquant. De toute façon, l’archéologue doute que ça soit apprécié au Cohan. Dans l’un ou l’autre cas, Roy gagnerait à ce qu’on lui parle. Sa-Ri serait la mieux placée pour cela et ce serait aussi l’occasion de lui dire si elle est intéressée. Il semble d’ailleurs à Hari que non. Mais il s’abstient de ce conseil. Elle parait déjà tomber des nues et il la voit mal initier une telle conversation, car elle semble avoir peu d’expérience de ce genre d’aventure. Peut-être vaut-il mieux attendre de voir si Roy se déclare de lui-même.

Une fois leurs consommations arrivées, le sujet change de toute façon pour en venir au cœur de la conversation. Est-ce une surprise de voir Sa-Ri accepter son aide ? Oui et non. Taquin, Hari rétorquerait bien volontiers à Sa-Ri qu’il a fini par se dire que lui aussi se disait qu’elle ne reviendrait jamais vers lui. Mais puisque le dialogue semble se nouer plus facilement aujourd’hui, il s’abstient de cette tentative d’humour, assez fin pour savoir s’arrêter à temps et ne pas trop pousser sa chance. Heureux de ne pas avoir à s’expliquer de nouveau de ses motivations – il en serait bien incapable, gêné qu’il est par le fait d’aider quelqu’un – Shafiq passe avec enthousiasme aux aspects concrets de ce qu’il appelle déjà l’enquête. « Eh bien…à vrai dire, tout dépend. Je ne suis pas sûr, mais j’y ai réfléchi, et voilà ce que je peux vous proposer. » A vrai dire, l’archéologue a vraiment beaucoup réfléchi. Pour lui, tout ceci ressemble aux enquêtes qu’il mène pour Gringotts. C’est simplement bien plus mystérieux, parce qu’il n’a pas toutes les pièces du puzzle, mais cela, il n’y a que Sa-Ri qui pourra les lui donner. Or elle parait encore appréhender les conséquences de sa propre décision, comme si elle avait franchi le Rubicon sans savoir ce qu’elle trouverait derrière. Hari entreprend donc d’expliquer de la manière la plus franche et la plus claire possible ce qu’il peut faire, sans sous-estimer ni sur-estimer leurs pistes. « Nous avons 3 angles d’attaques : le mourant que vous avez aidé, la lettre, et son destinataire. Pour votre mourant, nous pouvons chercher du côté des personnes disparues du côté sorcier. Nous pourrions interroger le Ministère - notre gouvernement - à ce sujet, mais j’ai crainte qu’ils ne posent des questions embarrassantes…et ils sont censés effacer la mémoire de ceux qui découvrent des informations disons…compromettantes sur nous. » De quoi effrayer Sa-Ri, il le sait. Evidemment, il pourrait s’adresser à Riyadh pour contourner le système. Mais Hari a la sensation curieuse que toute l’entreprise qu’il mène ne serait pas comprise par sa famille. Le jugement de son frère cadet, tout comme le risque de voir l’information se répandre, l’agacent par avance. Mieux vaut donc faire autrement.

« Je pense donc qu’il vaut mieux chercher du côté des journaux. Ils ont des archives qui devraient être facilement accessibles et ils publient des avis de recherche avec des photos. En regardant les éditions publiées autour de la période où il est arrivé dans votre…monastère ? c’est bien ça ? nous pourrons peut-être mettre un nom sur son visage. Quand est-il venu, déjà ? » Il avale une gorgée de café avant de continuer, alternant questions et propositions avec aisance, comme à chaque fois qu'un enjeu lui plait et lui semble stimulant. Chercher suppose de monter un plan et de s'organiser ; c'est ce qui plait à Hari dans son métier à Gringotts et dans l'archéologie de terrain. Ici, c'est exactement pareil. « Je peux aussi de voir si je peux faire réapparaitre le texte de la lettre. Ça nous permettrait d’en savoir plus ce que nous cherchons, même si je ne garantis rien quant à mes chances de succès, puisqu’elle a été créée pour ne pas être lu. Par contre je devrais pouvoir faire au moins réapparaitre le nom du destinataire. Il ne vous l’avait pas donné ? Que vous avait-il donné comme indication pour la remise de la lettre, d’ailleurs, vous vous souvenez ? Rien de plus précis que le Chemin de Traverse ? En fonction du lieu, cela pourrait nous aider à identifier le destinataire…Si j’ai un nom, je pourrais identifier un compte en banque. Il n’y a qu’une seule banque chez nous – Gringotts - qui se trouve être mon employeur, et j’ai accès aux  informations liées aux comptes des clients. Donc nous pourrons trouver une adresse. »

Cela lui parait assez concret et donc, moins terrifiant. Mais il sait bien qu’en la matière, il a bien plus d’informations et de recul que Sa-Ri pour comparer monde sorcier et monde moldu, ce qui lui donne certes un avantage, mais ce qui le conduit aussi tenir pour acquis ce qui ne l’est pas forcément pour l’ancienne religieuse. Réalisant qu’il a aussi beaucoup parlé, Hari avale une autre gorgée de café et demande du ton du professeur qui cherchent à évaluer la compréhension qu’ont ses élèves d’un sujet particulièrement compliqué : « Je ne sais pas par quoi vous préférez commencer ? Si vous avez des questions ou si ça va trop vite, n’hésitez pas à m’interrompre pour que je vous explique. » Si possible sans attirer l’attention de la clientèle et des serveuses, cela va sans dire, ce pour quoi il a employé le vocabulaire le plus neutre possible. Néanmoins, il lui reste un point à aborder, qui risque de ne pas plaire à la jeune femme : « Je pense que dans tous les cas, il faudra à un moment donné que vous vous rendiez de l’autre côté. Je vous accompagnerai, si vous voulez. »
(C) CANTARELLA.

_________________
Restless
People are crazy and times are strange, I'm locked in tight, I'm out of range, I used to care...but things have changed
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Moldu
Sa-Ri
▌ Messages : 69
Humeur :
Passer le cap - Hari  Left_bar_bleue50 / 10050 / 100Passer le cap - Hari  Right_bar_bleue

Nouveau nom (voyageurs temporels) : /

QUI SUIS-JE?
Baguette:
Camp: Neutre
Avatar:

Passer le cap - Hari  Empty
Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeLun 14 Nov - 19:24

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capS’il avait décidé de ne pas venir, il aurait tenté de la prévenir. C’est ce qu’il lui affirme en tout cas. Si Sa-Ri ne commente pas, ça ne l’empêche pas d’être septique. Après tout, comment aurait-il pu la prévenir ? Il ne connaît pas son adresse, sa logeuse n’a pas de téléphone. Tant de points qui semblent rendre ses propos impossibles. Il ne lui vient pas à l’idée que, en tant que sorcier, il est fort probable que l’homme ait des moyens de communiquer qu’elle ne connaît pas. Habitué à considérer qu’ils sont à la pointe de la technologie, émerveillée par les prouesses de leurs scientifiques, elle oublie qu’il y a désormais un autre monde qu’ils côtoient sans le savoir et qui a évolué différemment.

Elle n’a pas le temps de s’attarder sur ce détail puisque Shafiq lui explique rapidement ce qui a provoqué son retard. L’étonnement ne manque pas de se peindre sur le visage de la jeune femme, qui, justement, ne voit pas ce qu’il veut dire.

- Roy ?, demande-t-elle incrédule.

Il lui faut un temps pour digérer l’information. Certes, le fils de sa logeuse a toujours été très sympathique mais la jeune femme n’y voyait qu’une extension des instructions de Callahan qui veut probablement garder son infirmière de fortune contente et disponible pour le clan. N’ayant jamais considéré le sexe opposé comme une option viable pour elle, voilà longtemps qu’elle s’en est désintéressée au point de ne plus le sexualisé. Bien entendu, comme toutes les jeunes femmes et les adolescentes, elle a eu ses émois mais ceux-ci ont tendance à vite s’éteindre dans la sérénité et la froideur du couvent. Du reste, les hommes ne l’ont jamais - semble-t-il - regardé de la sorte, l'habit et mettant une barrière entre eux qui n’existe désormais plus.

- Mon dieu, je suis navrée. Je n’avais pas imaginé une seule seconde … mais comment est-ce qu’il a pu …

Elle s’interrompt, mal à l’aise, tandis que Hari lui assure que ce n’est rien. C’est pourtant beaucoup pour Sa-Ri qui n’avait pas un seul instant songé à cet aspect de la chose. Il faut dire qu’elle a beau avoir quitté le voile, ses habitudes de vie, elles, sont toujours conditionnées par le couvent. Elle y a passé sa vie, presque trente ans, si bien que ce n’est pas étonnant, pourtant, jamais elle n’avait réalisé qu’en abandonnant ses soeurs, elle redevenait également une femme avec tout ce que ça incluait.

Du reste, l’idée que le sorcier s’intéresse à elle est ridicule. L’inverse également. Ils se sont vus deux fois, trois si on compte aujourd’hui et aucune de ces rencontres ne s’est faite sous le signe de la détente et de la cordialité. Evidemment, Roy ne sait rien de tout ça mais Sa-Ri, un peu indignée pour l'occasion, dirait bien que ce n’est pas ses affaires si elle n’était pas occupée à être aussi mortifiée.

Préférant laisser ce sujet de côté, ils reviennent sur ce qui les réunit aujourd’hui : la lettre. Hari a déclaré vouloir l’aider mais le comment reste encore un peu flou pour la jeune femme. Demandant des éclaircissements, elle l’écoute avec attention tout en buvant sa boisson. Autour d’eux, personne ne prête attention à eux, ni à leur conversation, ce qui va très bien à la jeune femme. Elle ne voudrait pas, à peine débarquée dans le quartier, que l’on a catégorise comme la folle de Kilburn parce qu’elle parle de sorcellerie avec le plus grand sérieux.

- Rien qui puisse attirer l’attention de votre gouvernement. Ça ne me semble pas prudent. En particulier si je ne suis pas censé savoir que vous existez.

Le reste des options la rendent un peu perplexe et elle ne manque pas de le signaler.

- Je peux retrouver le jour où il est arrivé. C’était un peu après la fin de la guerre. La prieure note dans un livre tous les décès qui arrivent dans les murs du couvent. On aura noté son identité pour peu qu’il m’ait donné la bonne, explique-t-elle songeuse.

Car en effet, s’il lui a bien donné un nom et un prénom, rien ne dit qu’il n’a pas menti pour se protéger. Néanmoins, voilà les seules informations qu’elle a à son propos, ça et l’emplacement de l’entrée dans son monde à lui. Autant dire qu’avec cette lettre effacée, les indices sont très minces et elle se demande si même Shafiq saura réellement faire quelque chose pour elle. S’abimant dans les détails de la nappe de dentelle qui recouvrent la table, ses doigts tracent distraitement les motifs tout en se demandant quelle option est la plus susceptible de l’aider à clôturer cette affaire.

- Faire réapparaître le texte de la lettre, vous pourriez faire ça ?, demande-t-elle, septique. Et non, il ne m’a rien dit d’autre. Peut-être pensait-il avoir plus de temps avant de mourir ou dans son délire il a cru me l’avoir dit. Je n’en sais rien je dois dire.

Il faut dire que c’est une proposition peu comme mais après tout elle est dans une situation peu commune. L’idée même que la lettre ait émis du son et que le texte ait disparu est en réalité tellement extraordinaire qu’elle ne le réalise toujours pas réellement. Ca ne veut pas dire qu’elle est distraite pour autant et là voilà qui fronce les sourcils suite aux proposition de son interlocuteur :

- Je m’en voudrais de paraître grossière mais le secret bancaire n’existe pas dans votre monde ? N’est-ce pas illégal ce que vous proposez de faire ?

Du reste, elle ne sait pas par quoi elle veut commencer. Ça lui tire un soupir. De sa vie, elle s’est rarement sentie aussi démunie, telle une enfant qui cherche désespérément la bonne direction sans aucun panneau pour la lui indiquer. L’idée qu’elle puisse aller de son côté lui tire un rire presque sarcastique :

- Ce n’est pas comme si je pouvais aller sans vous, s’amuse-t-elle. Il lui faut un moment pour comprendre qu’il ne se fout pas d’elle. Parce que vous êtes sérieux ?, elle pâlit. Comment voulez-vous que j’aille avec vous là-bas ? On verrait tout de suite que je ne suis pas comme vous, répond-elle par réflexe.

En réalité, serait-ce vraiment le cas ? La couleur de peau, d’après Hari, n’est pas un facteur discriminant chez eux et elle-même n’aurait pas compris ce qu’il était s’il ne lui avait pas dit. Néanmoins, n’est-il pas plus facile de se faire passer pour quelqu’un qui n’a pas de pouvoir que pour quelqu’un qui en a. Une réflexion qu’elle lui partage.

- Les gens s’interrogeraient, je n’ai pas de pouvoir après tout.

Et puis il n’y a pas que ça, comment s’habillent-ils, comment vivent-ils, tout doit être différent, songe-t-elle. Une perspective effrayante mais également attirante et tout au fond d’elle, maintenant, c’est la curiosité de la jeune femme qui est titilée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
Hari Shafiq
▌ Messages : 31
Humeur :
Passer le cap - Hari  Left_bar_bleue50 / 10050 / 100Passer le cap - Hari  Right_bar_bleue

En couple avec : Veuf.

QUI SUIS-JE?
Baguette: Sycomore, 29,4 cm, ventricule de dragon
Camp: Neutre
Avatar: Riz Ahmed

Passer le cap - Hari  Empty
Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeJeu 17 Nov - 0:45



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
D’un signe de la main, Hari fait signe qu’il passe l’éponge lorsque Sa-Ri réitère ses excuses, plus désolé pour elle que pour lui. Le sujet Roy Kelly ne lui importe que peu, tant il n’est qu’un contretemps. Une fois évacué ce sujet déplaisant, viennent les questions concrètes. C’est oui, donc. Shafiq n’aurait pas forcément misé là-dessus, mais maintenant la jeune femme semble s’être décidée, il y a donc du progrès. Il pourrait lui demander à son tour pourquoi elle a changé d’avis, mais ça ne serait pas fair-play et on parlerait bien trop vite de ses propres motivations. Au lieu de ça, l’archéologue est ravi que la conversation s’oriente vers des questions concrètes. Ça devient comme toutes ses recherches ou les enquêtes pour Gringotts, quelque chose qu’il maitrise. C’est dans ces moments, depuis la mort de Marianne, qu’il est le plus heureux, parce que Hari Shafiq a toujours été comme ça : organiser, bâtir des plans, réfléchir, établir des connexions, chercher et surtout trouver, c’est ce qui lui convient le mieux. La conversation se fait alors naturellement alors qu’ils cherchent tous les deux à en apprendre plus. « La prieure ? » L’expression le laisse perplexe. La religion catholique est aussi mystérieuse, pour le briseur de sort, que la sorcellerie l’est pour Sa-Ri. En tout cas, ça lui permet de récolter quelques informations. Ils auront peut-être un nom, en tout cas des dates. « Ça nous fait du…44 ? 45 ? » Son visage s’assombrit un instant. Ces années le ramènent à la mort de Marianne, et comme toujours, ce souvenir le contrarie. Evidemment, Sa-Ri n’en sait rien, et ça ne dure pas : rapidement, Hari reprend comme si de rien n’était. « Je suppose qu’on devrait pouvoir réduire le champ des recherches dans les archives à ces années-là. Disons 43 pour être sûr. » Ce serait plus facile avec un nom précis, mais il se rend bien compte que leur mystérieux inconnu n’a rien fait pour aider la jeune femme, si tant est qu’on puisse vraiment l’en tenir responsable alors qu’il était à l’agonie. Idéalement, il faudrait donc récupérer le contenu de la lettre, ce qui ne parait pas infaisable à Hari. « Je peux essayer. Ça dépend de la manière dont le texte a été protégé. Il faudrait que je voie la lettre pour être vraiment affirmatif. » Après tout, il a des capacités. Autant s’en servir. « Mais en principe oui. Mon employeur me paye pour récupérer certains biens archéologiques de grande valeur et qui sont protégés par des techniques de ce genre. »

À défaut, s’ils trouvent un destinataire, cela devrait suffire. En fait, Gringotts étant une banque bien faite, n’importe quel nom devrait être utile. C’est probablement leur moyen le plus solide de résoudre le mystère. D’où la proposition de Hari, pas peu fier de son idée. Il est donc un peu surpris du manque de d’enthousiasme de l’ancienne religieuse. « Oui ? » Il y a dans ce simple mot, qui témoigne d’une incompréhension aussi sincère que polie envers les scrupules de Sa-Ri, une forme de nonchalance indéniable. En réalité, Hari ne voit tout simplement pas le problème et assume parfaitement sa proposition. D’abord, c’est la plus rationnelle et la seule qu’ils aient vraiment. Ensuite, ce n’est pas très grave, du point de Shafiq. La loi l’autorise à consulter les comptes des clients, il interprète seulement un peu largement l’étendue de son habilitation. Ce n’est pas comme s’ils avaient pour projet de nuire à quelqu’un ; là, ce serait différent. D’aucun diraient que la loi est la même pour tous et qu’on ne doit pas pouvoir s’en affranchir, même pour de bonnes raisons. Mais à vrai dire, tout bien intentionné qu’il soit, Hari considère que ça n’est pas le cas. Dans son monde, on écrit un hibou au juge, on fait appel à l’avocat le plus cher de la place d’un simple patronus, et si vraiment ça va mal, on paye une amende, et les choses s’arrangent. En bref, on règle ça par des moyens civilisés, on ne fait pas appel à ce moyen archaïque de règlement des conflits qu’est le droit appliqué par la police. Les règles sont pour ceux qui ne peuvent s’offrir le luxe de les contourner et de faire autrement que d’en passer par elles. Si Hari n’est certainement pas le pire des sangs purs, cette arrogance a de quoi agacer et Marianne, par exemple, ne s’est jamais privée de lui signaler qu’il était parfaitement insupportable. La similarité de la réaction de Sa-Ri, qui le regarde avec incrédulité, lui tire un sourire. « Pardon. Je ne moque pas. C’est juste…ma femme aurait probablement dit ça aussi. » L’archéologue le dit avec naturel, sans penser aux informations qu’il donne, moins contrarié que tout à l’heure par la résurgence forcée du souvenir de sa femme. Avec malice, il ajoute : « Vous attendiez une explication plus précise. Oui, le secret bancaire existe. Et oui, c’est sans doute illégal dans la mesure où mon habilitation ne s’étend normalement qu’aux besoins de mes missions. Cela dit, je n’ai pas de meilleure option, à moins de contacter le Ministère. Si vous avez une meilleure idée, je vous écoute. » C’est un peu traitre, mais le briseur de sort trouve que c’est bien trop de scrupules pour quelqu’un qui dépend entièrement de ses propositions à lui. « Je ne pense pas que ça gênerait celui qui a écrit la lettre ni son destinataire. Ça leur rend service. Ce n’est pas comme si c’était de l’espionnage, du chantage, ou que nous pensions commettre un vol. » Hasarde-t-il ensuite, sans vraiment se soucier de cette justification. Hari ajouterait bien que de toute façon, cette histoire est louche depuis l’origine. Un homme qui meurt sans blessures apparentes, ce n’est pas normal, même chez les sorciers. Lui soupçonne quelque chose de bien plus louche et plus illégal que la consultation d’informations normalement destinées à rester confidentielles.

Si Shafiq s’abstient, c’est parce qu’il a conscience que Sa-Ri a déjà peur, quoiqu’elle n’en dise rien. Il sera toujours temps de lui expliquer après que comme chez les moldus, il y a chez les sorciers des héros et des salauds. Pour le moment, c’est la nouveauté qui la terrorise, il le voit bien, alors il estime qu’elle n’est clairement pas prête pour les criminels. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner ses hésitations face à ce monde où elle ne maitrise rien, alors qu’elle peine à le regarder et qu’elle ne répond clairement à aucune de ses propositions. Peut-être aurait-il dû en lancer une seule en décidant pour elle, puisqu’il a plus de recul. Mais Hari a tout de même du mal à priver ainsi l’ancienne religieuse de son libre-arbitre, sans compter qu’il n’est pas très aimable d’insister sur cet état d’infériorité. Sa-Ri en a parfaitement conscience, en témoigne sa réaction à la simple idée d’aller dans le monde sorcier, même si elle ne parait pas vraiment s’en rendre compte. « Je me disais que c’était assez grossier de le rappeler en permanence. Et c’était surtout pour signaler que je ne vous obligeais pas à le faire non plus. » Hari ne serait pas du genre à la blâmer si elle renonçait ou qu’elle refusait, mais c’est tout de même un peu ingrat de ne lui accorder aucun crédit pour cela. Voire de penser qu’il le disait pour retourner le couteau dans la plaie…

Cependant, la proposition est sérieuse, ce que Sa-Ri semble, là aussi, comprendre à retardement. Cette fois, Hari ne sait pas bien quoi répondre, tant cela lui semblait évident : « Eh bien…oui ? Je suppose ? Je ne pense pas pouvoir transporter trois ou quatre années d’archives de ce côté-ci pour les éplucher sans que ça ne se remarque… » Il se voit surtout mal laisser chez Sa-Ri elle-même des journaux agrémentés de photographies animées – expliquer le concept même de ce sortilège risque de ne pas être une partie de plaisir. Mais ça reste faisable, en tout cas, si bien qu’il finit par hausser les épaules avec bonhommie face à ses récriminations : « Ça n’est pas le plus compliqué. Certains d’entre nous ont de la famille chez vous et passent d’un côté à l’autre sans problème. La difficulté est plutôt de trouver l’accès, mais si vous êtes avec moi, il ne devrait pas y avoir de soucis... »

La phrase suivante lui coupe la chique – d’indignation, à l’évidence. Alors qu’il allait boire une nouvelle gorgée de café, le briseur de sort repose finalement sa tasse, un peu agacé, et il doit faire un effort pour maitriser son agacement : « Pas comme...hm. Laissez tomber, je vais faire comme si je n’avais rien entendu, ça vaut mieux. » C’est qu’elle peut être vexante, mine de rien, sans le vouloir...du moins, Hari espère que ce n’est pas volontaire. Certes, ils sont différents, c’est la vérité, mais il aime à croire que s’il avait été moins bête, il serait parvenu à se fondre – à peu près – dans la masse et que Sa-Ri n’en saurait rien. Ce n’est pas agréable d’être une bête curieuse pour les autres, ni d’être résumé à ses pouvoirs – ou à son absence de pouvoir, il veut bien l’admettre. « Les gens ne regardent jamais vraiment. C’est très facile de faire illusion en suivant la mode d’un lieu et en ne disant rien. » En fait, le problème est peut-être que la jeune femme surestime les sorciers. Hari se fend d’un sourire : « Vous savez que…enfin, personne ne va vous demander de faire des tours et de démontrer vos capacités en pleine rue. Ce n’est pas la première chose qu’on remarque ou qu’on demande aux gens. Si vous êtes de l’autre côté, tout le monde partira du principe que vous êtes l’une d’entre nous. Il suffit juste d’avoir un peu confiance en vous. »

(C) CANTARELLA.

_________________
Restless
People are crazy and times are strange, I'm locked in tight, I'm out of range, I used to care...but things have changed
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Moldu
Sa-Ri
▌ Messages : 69
Humeur :
Passer le cap - Hari  Left_bar_bleue50 / 10050 / 100Passer le cap - Hari  Right_bar_bleue

Nouveau nom (voyageurs temporels) : /

QUI SUIS-JE?
Baguette:
Camp: Neutre
Avatar:

Passer le cap - Hari  Empty
Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeVen 18 Nov - 22:40

❝ Hari & Sa-Ri❞Passer le capBientôt Roy n’est, tristement pour lui, plus qu’un lointain souvenir. Sa-Ri est certes perturbée par l’information que vient de lui fournir Hari mais elle ne fait que s’ajouter à une longue liste de choses qui perturbent sa vie pour le moment. Il faut dire qu’au vu des chamboulements qui ont eu lieu ces dernières années, Roy Kelly est probablement l'événement le plus anodin de tous. Elle a d’autres chats à fouetter, des problèmes autrement plus urgents et d’une toute autre nature. Nul doute qu’elle aura, cette année, d’autres challenges que celui d’éconduire un prétendant non désiré. Un des plus durs d’entre eux risque d’être Hari. Shafiq est bavard, comme Rafa lui a dit, c’est un homme aisé qui vient des hautes sphères de la société sorcière et nul doute qu’il a l’habitude de parler et d’occuper le devant de la scène. Ça ne veut pas dire qu’ils vont se comprendre pour autant. Sa-Ri a vécu dans un monde à part et déjà pour ceux que lui appellerait les moldus, elle fait figure d’exception. Autant dire que cette différence est renforcée face au sorcier. Chacun d’eux possède sa grammaire, sa façon de voir le monde et avant de pouvoir réellement faire quelque chose ensemble, il faut commencer par se comprendre. Une tâche plus complexe qu’elle n’en a l’air.

- La prieure c’était la dirigeante de notre couvent. Notre directrice si vous préférez. Voyez ça comme une école avec des élèves adultes qui suivent un enseignement et ses règles. Elle faisait office de chef.

Sans remarquer le visage de son interlocuteur qui s’assombrit, Sa-Ri s’étonne qu’il ne sache pas exactement quand la guerre s’est finie. Le conflit a ravagé l’Angleterre, tué des millions de personnes à travers le continent européen, brisé des fortunes, des familles. Ça les a profondément meurtris et marqués. Tout le monde a été touché d’une manière où d’une autre. Tout le monde sauf les sorciers peut-être. Une pensée extraordinaire qu’elle n’ose pas formuler par peur de tout ce que ça pourrait impliquer. Sans montrer ce qui l’agite, elle le corrige donc calmement :

- Hmm, on était plutôt en quarante-six. La guerre s’est terminée le deux septembre mille neuf cents quarante-cinq.

C’était il y a à peine trois ans qu’ils ont, pour la dernière fois, entendu les sirènes annonçant les raids aériens allemand. Elle se souvient encore des gens se précipitant dans les métros, des cris, des pleurs et de l’angoisse sourde de voir tout détruit une fois l’attaque terminée. Elle chasse ses sombres souvenirs et bois une gorgée, soulagée de parler d’autre chose.

- Des biens archéologiques, répète-t-elle avec curiosité. Vous êtes archéologue vous-même ?

Voilà une profession qui ne semble pas trop étrange et qu’elle peut appréhender sans mal, on ne peut pas en dire autant du reste de la discussion et c’est sans mentionner le reste de la discussion. Si Sa-Ri a à cœur de rester dans la légalité ; une ironique quand on sait qu’elle travaille pour le Cohan, il ne semble pas en être de même pour Shafiq qui en rirait presque. De son côté, elle a bien du mal à voir ce qu’il pourrait y avoir de drôle, elle se concentre donc sur l’information la plus improbable de la journée :

- Oh vous êtes marié. Je ne savais pas.

Son regard se porte inévitablement sur les mains de son interlocuteur. Elle n'aperçoit pas de bague. Peut-être les sorciers n’en utilisent-ils pas. Une question qui semble indiscrète et peu pertinente pour l’affaire qui les occupe aussi revient-elle sur le secret bancaire et le peu de cas que son interlocuteur semble en faire. Du point de vue de la jeune femme, sa défense semble bancale mais l’argument est imparable. Elle ne veut pas avoir affaire à leur gouvernement. Pas si elle peut l’éviter. La perspective de voir sa mémoire effacée est loin de l'enthousiasmer si bien qu’elle répond de mauvaise grâce :

- Non, je n’en ai pas de meilleure. Je ne sais pas comment fonctionne votre monde après tout. Par contre, nul besoin d’essayer de faire passer des vessies pour des lanternes, ça reste tout de même moralement très limite. Tenons-nous-en à ça.

Les ronds de jambe et dissimulation lui font lever les yeux au ciel si bien qu’elle est assez franche dans son commentaire.

- Je ne suis pas faite de sucre, monsieur Shafiq. Il me semble couler de source que je ne saurais rien faire sans vous. C’est précisément pour ça que nous sommes attablés ensemble et pas simplement pour le plaisir de notre compagnie mutuelle.

Elle est un peu tendue, donc plus sèche qu’elle ne le voudrait, ce n’est pas dans ses habitudes. Il faut dire que la perspective de passer dans un monde totalement inconnu pour se faire passer pour ce qu’elle n’est pas aurait de quoi angoisser. D’autres trouveraient peut-être ça exotique ou enthousiasmant, elle, elle ne peut pas s’empêcher de trouver ça inquiétant.

- Confiance en moi, c’est vite dit, grommelle-t-elle entre deux gorgées de café. J’ai déjà bien du mal à faire illusion depuis que je suis sortie des ordres alors dans un monde que je ne connais pas.

Elle ferme les yeux un instant et se masse les tempes. Tout ça prend des proportions tellement folle qu’elle ne sait finalement plus par quel bout prendre la chose, pourtant elle est sûre d’une chose, elle veut que ça avance. Elle n’en peut plus de stagner sur cette affaire et elle a l’impression qu’elle n’arrivera pas à prendre possession de sa vie tant que les choses ne seront pas résolues.

- Très bien. Imaginons que j’aille avec vous. Qu’est-ce que j’aurais besoin de faire ou de savoir pour me fondre dans la masse ? J’imagine qu’on ne peut pas prétendre que je suis muette. Il faudra bien que je communique à un moment.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SORCIER
Hari Shafiq
▌ Messages : 31
Humeur :
Passer le cap - Hari  Left_bar_bleue50 / 10050 / 100Passer le cap - Hari  Right_bar_bleue

En couple avec : Veuf.

QUI SUIS-JE?
Baguette: Sycomore, 29,4 cm, ventricule de dragon
Camp: Neutre
Avatar: Riz Ahmed

Passer le cap - Hari  Empty
Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitimeLun 5 Déc - 0:43



Passer le cap
Sa-Ri & Hari
« Je vois. » Bon, s’il est tout à fait honnête, Hari ne voit pas tout à fait, ni pour la prieure, ni pour la guerre, la première parce que ça reste un peu flou, la seconde parce que leur guerre a eux ne s’est pas fini à la même date, qu’il s’est tenu à l’écart de l’une comme de l’autre, et surtout parce que la seule date qu’il retient de cette période, c’est la mort de Marianne. Comme s’il ne souhaite ni en parler ni s’en expliquer, l’archéologue se concentre sur des détails pratiques et note mentalement la période sur laquelle ils devront effectuer des recherches. C’est fou comme ça fait mal alors que c’était pourtant il y a trois ans. C’est fou comme un rien l’y renvoie. Tout à ses pensées, il ne devine guère l’étonnement, voire le jugement, de la religieuse à son égard, et c’est justement une question plus concrète et plus neutre qui lui fait reprendre le fil de la conversation. « Oui, de formation. Même si je ne fais plus beaucoup de recherches au sens propre, quoique j’écrive encore un peu…il s’agit plutôt de retrouver des héritages perdus pour le compte de clients, ou de retrouver des biens sans maitre. L’intérêt archéologique des biens recherchés importe moins que leur valeur historique propre à mon employeur, mais ça permet parfois de faire avancer un peu la science. »

D’aucun diraient qu’on peut le qualifier de pilleur de tombes. Hari n’est pas d’accord avec cela, jugeant qu’il vaut mieux que les trésors qu’il découvre soit conservés et protégés, même si c’est par Gringotts, qu’ils ne restent enfouis sous terre. Mais il prend la critique avec amusement, ça fait un peu romantique et aventurier, ce qui lui plait. D’ordinaire, il le dirait à Sa-Ri pour plaisanter, mais ce serait aggraver son cas alors que ses propositions semblent déjà lui déplaire dès lors qu’il parle d’illégalité. Et c’est par là qu’ils en reviennent à Marianne, qui ne supportait pas non plus la nonchalance avec laquelle Shafiq traitait avec l’illégalité, à la manière d’un impondérable dont il faut tenir compte, mais guère plus qu’un retard dans les horaires du Magicobus, par exemple.  La question de Sa-Ri le laisse d’ailleurs pantois, parce que le briseur de sort ne s’est pas rendu compte de la facilité qu’il a eu à mentionner sa femme, ni même qu’il l’avait fait. Or il n’a absolument envie d’en parler. Une fois qu’il a réalisé, il ne faut pas longtemps que son visage se ferme. C’est que Hari est partagé entre l’envie de demander pourquoi cela est si surprenant qu’il puisse l’être, ou de simplement clore le sujet en lui indiquant sèchement que ça ne la regarde pas. Instinctivement, il voit qu’elle l’observe, cherchant une bague, et il n’a pas envie de détailler ou de parler, alors nerveusement, il ramène ses mains sous la table, ce qui lui vaut un coup d’œil encore plus surpris de la part de la brune. C’est ce qui lui fait réaliser qu’il se comporte de manière fort étrange et globalement injustifiée. C’est ce qui le pousse à s’excuser : « Pardon, c’est un sujet un peu difficile. Je l’étais. Ma femme est décédée il y a un peu moins de trois ans. C’est toujours un peu dur d’en parler. Est-ce qu’on peut…passer à autre chose ? » Il y a une tristesse indéniable dans ses paroles et dans le sourire qu’il renvoie. C’est un sourire qui se voudrait poli et digne, qui ne demande pas de compassion ni d’empathie, juste de la pudeur et de paix, simplement ce qu’il faut pour se recomposer une mine sérieuse et continuer cette discussion sur un ton pragmatique. Le pire serait de sombrer dans le pathos, surtout avec quelqu’un qu’il connait aussi peu.  

Autant dire que tout autre sujet, même celui de ses méthodes, convient à Hari. Au contraire, même, ça lui remonte un peu le moral. Il y a indéniablement une raison qui fait qu’il s’entend bien avec Callahan. Ils ont un goût commun pour le fait de choquer le chaland, les méthodes peu orthodoxes – ou catholiques, c’est selon – et la provocation. Pour Callahan, c’est un signe de révolte, pour Shafiq…peut-être un trait de sale gosse hérité de sa position, qui lui permet de faire avec insolence à peu près ce qu’il veut. Quoiqu’il en soit, ici, c’est surtout la seule solution qu’il a proposée, comme il le fait remarquer à Sa-Ri, qui finit par s’y résigner sans être convaincue. « Soit. Je ne suis pas sûr d’être d’accord, mais je ne chercherai pas à vous convaincre. » Il aurait bien envie de lui faire remarquer que la moralité et l’illégalité, ce n’est déjà pas tout à fait la même chose, mais Hari est lucide. Elle est butée, il le voit bien, et ça ne servirait à rien de se disputer à ce propos. Peu importe combien il aime le débat, l’archéologue sait quand un combat vaut la peine d’être mené ou non, et ici, quoiqu’il juge avoir raison, il sait qu’il ne gagnera pas. En ce qu’il concerne, il a toujours jugé que perdre du temps à essayer de prouver qu’on a raison était stupide quand on peut juste laisser les autres avoir tort. En l’occurrence, de toute façon, c’est une question relative à la manière de penser de chacun, ce qui est encore plus difficile à modifier : non, décidément, mieux vaut passer à autre chose.

Mais il faut croire que rien de ce que Hari ne pourra faire ne pourra vraiment convaincre Sa-Ri, même si ses remarques le laissent un peu perplexe : « Hm. Vous auriez préféré une instruction en forme d’ordre ? » C’aurait été certes plus honnête, mais guère poli, et quoiqu’elle en dise, il n’est pas tout à fait certain qu’elle l’aurait mieux pris. « Je note en tout cas que vous n’aimez pas beaucoup ma compagnie, vous m’en voyez désolé. » Le ton est faussement désolé mais l’éclat de malice qui passe dans ses yeux ne laisse pas de place au doute. Le briseur de sort s’en remettra sans problème, mais c’est sa manière, polie et rieuse, de faire passer les messages. De son point de vue, être perdu et obligé de travailler avec quelqu’un qu’on ne connait pas ne mérite pas de reproche. Mais ce n’est pas licence pour devenir vexante ou presque grossier.

Ca ne l’empêche pas d’être désolé – pour de bon, cette fois – lorsque la jeune femme maugréée que quoi qu’il en dise, ça ne sera pas facile pour elle. « Je sais. » Le regard de compassion qu’il lui lance n’est pas feint. S’il a plus de recul qu’elle, il se rappelle le choc qu’il a eu la première fois qu’il est passé dans le Londres moldu. Pour le reste, il ne peut qu’imaginer le bouleversement dans la vie de la jeune femme et c’est un peu flou pour lui. Mais le briseur de sort comprend bien qu’elle doit s’ajuster à son propre monde en plus du reste et finalement, cet aveu de vulnérabilité lui fait de la peine. Alors, espérant qu’elle ne se remette pas immédiatement sur la défensive et qu’elle ne se crispe pas d’avantage, il tente de dédramatiser : « Mais est-ce que ça ne serait pas plus facile dans un monde qui ne vous connait pas non plus, justement ? Je veux dire…personne n’attend que vous répondiez à un quelconque standard d’intégration de l’autre côté et tout le monde ignore votre passé. Personne ne sait d’où vous venez. Enfin je ne sais pas et je ne veux pas préjuger…mais il me semble ? » Hari hésite un peu, mais ça se voudrait rassurant, si c’est possible, comme lorsqu’il a dit que personne ne lui demanderait de faire de magie.

Patiemment, il attend donc qu’elle se décide et continue à boire son café. La question, pragmatique et décidée, comme si elle essayait elle-même de se faire à l’idée qu’elle va y aller et qu’elle se concentrait sur les modalités concrètes pour éviter de penser à l’ensemble de l’entreprise, lui arrache un sourire : « Eh bien… » La liste se fait en même que Hari parle, pensif : « Vous n’avez pas tout à fait le look, mais ça peut s’arranger. Pour le moment vous n’aurez pas besoin de beaucoup parler si vous venez, il suffira de me laisser répondre. Dans un premier temps, nous ne resterons pas longtemps. Je préférerais que vous vous familiarisiez un peu avec l’endroit avant de partir pour une explication plus longue, et je vous expliquerai au fur et à mesure.  Idéalement, il faudrait que vous essayiez de ne pas avoir l’air trop surpris en permanence, ça risque d’attirer l’attention… mais j’ai conscience que ça risque d’être un peu difficile. Peut-être que si nous vous faisons passer pour une touriste, mettons une cousine en visite, l’explication sera assez crédible… les gens ne devraient pas demander plus. Dans un premier temps ça devrait suffire. Nous aviserons après quand vous reviendrez. » Parce qu’alors il lui faudra peut-être une baguette et un nom, mais Hari n’a pas encore fait le lien entre l’explication de la venue de Sa-Ri qu’il propose et ce détail, qui n’en sera sans doute pas un pour la jeune femme elle-même.

(C) CANTARELLA.

_________________
Restless
People are crazy and times are strange, I'm locked in tight, I'm out of range, I used to care...but things have changed
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

Passer le cap - Hari  Empty
Message#Sujet: Re: Passer le cap - Hari    Passer le cap - Hari  Icon_minitime

Revenir en haut Aller en bas
 

Passer le cap - Hari

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Les liens de Hari
» Qui vole un boeuf est vachement musclé || Hari, Sa-Ri
» Quand Hari rencontre Sa-Ri + Sa-Ri
» J'avais oublié de passer...
» S'il faut en passer par là... (pv Aristide)
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
T.rouble O.r M.isery (or both) ::  :: 
Londres
-